mardi 15 mars 2011

LE VAMPIRE ET LE SANG DES VIERGES (Die Schlangengrube und das Pendel)

                                              Photo empruntée sur Google, appartenant au site cinemadequartier.over-blog

de Harald Reinl. 1967. Allemagne. 1h20. Avec Lex Barker, Karin Dor, Christopher Lee, Carl Lange, Vladimir Medar, Christiane Rücker.

Sortie salles Allemagne: 5 Ooctobre 1967


Affichant une carrière prolifique de plus de soixante films, l'autrichien Harald Reinl est surtout connu pour les adaptations des romans d'Edgar Wallace et de Karl May, dont la série des Winnetou, ainsi que deux métrages illustrant le personnage notoire du docteur Mabuse. Mais c'est avec le Vampire et le Sang des Vierges qui restera probablement son oeuvre la plus reconnue et méritoire que son talent explose grâce à sa liberté de ton incongrue. A titre d'anecdote morbide, Harald Reinl accuse un triste destin si bien qu'il décéda le 9 octobre 1986 à Puerto de la Cruz (Espagne), assassiné par sa femme, l'actrice tchèque Daniela Maria DelisTiré d'une nouvelle d'Egard Poe, Le Vampire et le sang des vierges nous narre la terrible vengeance du Comte Regula autrefois écartelé par ses bourreaux pour avoir assassiné il y a 35 ans douze vierges innocentes. Ces obscures exactions expérimentales étaient conçues pour le compte de l'immortalité. En l'occurrence, Regula, miraculeusement survivant, a minutieusement concocté depuis des décennies une diabolique machination pour entraîner nos héros, (un faux prêtre, un avocat, une comtesse et sa dame de compagnie) au sein d'un dédale de tous les dangers. Parmi ses hôtes se retrouvent également le fils et la fille des ancêtres responsables de sa mort.


Dans la lignée des grands films gothiques influencés par Roger Corman, Bava ou encore par l'illustre firme anglaise, Hammer Film, Le Vampire et le sang des vierges, production allemande auréolée de la présence du dandy Christopher Lee, est un régal esthétique pour l'amateur d'ambiance gothique aux p'tits oignons. Un envoûtement permanent régi par de fastes décors d'une poésie morbide et d'agréments macabres qu'on nous improvise avec une insolence excentrique. Reprenant la trame canonique d'une vengeance spectrale héritée du Masque du Démon de Bava (le préambule avec l'idée du masque assorti de pointes pour l'écraser sur le visage de la victime), cet ovni Bisseux se révèle à la fois atypique, fascinant et irrésistiblement ludique. Une variation germanique à l'identité propre car dépeignant un univers baroque complètement décalé. Bienvenue dans ce corpus d'images gothiques déployant avec raffinement des auberges alsaciennes à l'accueil douillet, des villageoises aux joues rubicondes et à la poitrine opulente et des bourreaux trapus aux muscles d'airain affublés de cagoules noires. Pour les séquences marquantes, on parachève avec ce coché apeuré fuyant la mort à vive allure sur ses chevaux endiablés au sein d'une forêt enchantée, puis avec cette soudaine vision diaphane de pendus suspendus sur les branches d'un arbre quand bien même d'autres victimes nues y sont ensevelis à travers l'écorce. Mais d'autres surprises manquent aussi à l'appel ! Si bien que l'on peut répertorier ce défilé de vierges ensanglantées affalées sur des instruments de torture ingénieux, ces cranes humains encastrés dans les murs d'un corridor, ces reptiles rampants, volatiles carnassiers et autres mammifères sortis de nulle part, ces cachots humides insalubres suintant la mort ou encore ces pièges machiavéliques planqués sous le sol et à l'intérieur des murs. Un programme rétro aux airs connus mais qui puise sa force et son charme dans une forme extravagante et l'ossature d'une intrigue truffée de chausses trappes ! Joliment photographié parmi des teintes polychromes alternant le rouge, le jaune et une touche de mauve criard afin d'exacerber sa frénésie fantasmagorique, le Vampire et le sang des vierges détonne incessamment sous l'impulsion décalée d'une partition folklorique !


Sans se compromettre à l'outrance formelle et au patchwork d'idées grotesques, Le Vampire et le sang des vierges parvient à se matérialiser en rêve éveillé (à la croisée du cauchemar et du merveilleux) au travers d'une scénographie picturale parfois novatrice et souvent ensorcelante. Sans forcément de maîtrise mais avec une générosité et une sincérité sans égales, le franc-tireur Harald Reinl sacralise sous des allures de train fantôme une quintessence gothique influencée par ses pairs anglais et italiens mais dont sa patte, à la fois autonome et effrontée, se démarque au terme du tout venant !
     
Anecdote: Le réalisateur se maria entre 1954 et 1968 avec l'actrice allemande Karin Dor, notamment connue pour avoir incarné un rôle dans la série des James Bond, On ne vit que deux fois (1967).

17/06/10.
Bruno Matéï.

FILMOGRAPHIE: Harald Reinl, né le 8 juillet 1908 à Bad Ischl, Autriche, décédé le 9 octobre 1986 à Puerto de la Cruz (Espagne), était un scénariste et réalisateur allemand.
1937: Wilde Wasser, 1939: Osterkitour in Tirol, 1948: Zehn Jahre spater, 1949: Bergkristall, 1951: Gesetz ohne Gnade, Nacht am Mont-Blanc, 1952: Hinter Klostermauern, 1952: Der Herrgottschnitzer von Ammergau, 1953: Der Klosterjager, 1954: Der Schweigende Engel, Rosen-Resli, 1955: Solange du lebst, 1956: Ein Herz schlagt fur Erika, La Fée du Bodensee, Johannisnacht, 1957: Die Prinzessin von St.Wolfgang, Die Zwillinge vom Zillertal, Almenrausch und Edelweib, 1958: Les Diables verts de Monte Cassino, U47 - Kapitanleutnant Prien, Romarei, das Madchen mit den grunen Augen, 1959: Paradies der Matrosen, La Grenouille attaque Scotland Yard, 1960: Scotland Yard contre le masque, Wir wollen niemals auseinandergehen, 1961: Der Falsher von London, Le Retour du Dr Mabuse, 1962: L'invisible Dr Mabuse, 1962: Der Teppich des Grauens, Le Trésor du Lac d'Argent, 1963: L'Araignée blanche défie Scotland Yard, Le Mystère du chateau de Blackmoor, La Révolte des Indiens Apaches, 1964: Attaque au fourgon postal, Le Trésor des Montagnes Bleues, 1965: Le Dernier des Mohicans, Winnetou - 3. Teil, 1965: Der Unheimliche Monch, 1966: Das Schwert des Nibelungen, Die Nibelungen, Teil 1: Siegfried, 1967: Die Nibelungen, Teil 2: Kriemhilds Rache, Le Vampire et le Sang des Vierges, 1968: Dynamit in gruner Seide, L'Homme à la jaguar rouge, Winnetou und Shatterhand im Tal Der Toten , 1969: Todesschusse am Broadway, Dr Med. Fabian - Lachen ist die beste Medizin, Pepe, der Paukerschreck, 1970: Erinnerungen an die Zukunft, Wir hau'n die pauker in die Pfanne, 1971: Wer zuletzt lacht, lacht am besten, Kommissar X jagt die roten Tiger, Verliebte Ferien in Tirol, 1972: Sie Liebten sich einen Sommer, Der Schrei der schwarzen Wolfe, Grun ist die Heide, 1973: In search of Ancient Astronauts (TV), Die Blutigen Geier von Alaska, Schlob Hubertus, 1974: Ein Toter Taucher nimmt kein Gold, Der Jager von fall, 1976: Botshchaft der Gotter, 1977: ...und die Bibel hat doch recht, 1982: La Jungle en Folie, 1987: Sri Lanka - Leuchtendes Land.



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