vendredi 20 janvier 2012

WEEK-END SAUVAGE (Death Week-End / Fin de Semaine Infernale / Les Violents/The House by the Lake)


de William Fruet. 1976. Canada. 1h27. Avec Brenda Vaccaro, Don Stroud, Chuck Shamata, Richard Ayres, Kyle Edwards, Don Granberry, Ed McNamara. Elen Yarish, Roselle Stone.

Sortie en salles en France le 5 Janvier 1977. U.S: 4 Mars 1977.

FILMOGRAPHIE: William Fruet est un réalisateur, producteur et scénariste canadien, né en 1933 à Lethbridge (Canada).
1972: Wedding in White. 1976: Week-end Sauvage. 1979: One of our Own (télé-film). Search and Destroy. 1980: Funeral Home. 1982: Trapped. 1983: Spasms. 1984: Bedroom Eyes. 1986: Brothers by choice. Killer Party. 1987: Blue Monkey. 2000: Dear America; A line in the Sand (télé-film).


Sorti en pleine mouvance des Vigilante movies et Rape and Revenge initiés par Les Chiens de Paille, La Chasse SanglanteUn justicier dans la ville et consorts, Week-end Sauvage (ou Fin de semaine infernale comme l'avait averti sa célèbre BA française !) fut à l'époque des années 80 un véritable hit Vhs. Edité sous la bannière d'Hollywood Vidéo, ce titre phare a réussi à rameuter le spectateur avide d'ultra violence et de frisson ludique. Hormis une tension moins incisive qu'à son époque, ce pur film d'exploitation préserve son charme rétro grâce à son ambiance malsaine, à ses séquences-chocs complaisantes et surtout grâce au duo inopportun formé par la charmante Brenda Vaccaro et le robuste Don StroudUn chirurgien dentiste, séducteur machiste et propriétaire d'une villa champêtre, invite le temps d'un week-end sa nouvelle conquête Diana, une jeune mannequin affermie. Sur leur chemin, alors qu'Harry lui laisse conduire sa chevrolet corvette, ils entament une course-poursuite avec une bande de voyous. Vexés d'avoir été la risée d'une jeune conductrice beaucoup plus experte dans l'art de piloter un bolide, nos quatre lurons décident de retrouver leur trace pour se venger sans restriction.
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Réalisé dans un but lucratif afin d'émuler les succès d'oeuvres transgressives, telles La Dernière Maison sur la Gauche ou plus précisément Les Chiens de Paille, Week-end sauvage démarre furtivement sur les chapeaux de roue avec une séquence de course-poursuite sur bitume plutôt charpentée. Sur une route champêtre, quatre lascards décervelés décident de narguer un couple en corvette, mais la jeune conductrice particulièrement finaude réussit à les semer et provoque l'humiliation du leader. Après cette rixe échevelée, les deux amants arrivent au lieu dit et profitent de leur résidence fastueuse pour s'épanouir en toute tranquillité. Mais parmi le profil d'un nanti orgueilleux trop imbus de sa personne et d'une mannequin érudite plutôt affirmée, leur rapport antinomique va vite déchanter pour couper court à une éventuelle idylle. Alors que Diana est sur le point de quitter la demeure, nos quatre malfrats rancuniers investissent  brusquement la villa pour foutre le zouc et faire payer à ces bourgeois leur insolence goguenarde.


L'intrigue simpliste et prévisible n'est donc qu'un prétexte à un déchaînement de violence engagée par des marginaux faussement contestataires. Faute de leur déficience intellectuelle, ces ploucs alcoolisés sont résolus à dévaster la demeure du poltron corrompu par sa condition fortunée. La où la narration fait preuve d'une certaine originalité émane du rapport de force établi entre le bourreau et la victime. C'est à dire le tempérament spontané d'une femme juvénile forte en gueule car tenant tête face à la déchéance d'un délinquant frustré. Paradoxalement, au moment ou celui-ci envisage de la violer, leur rapport équivoque va subitement interpeller le spectateur puisque ce dernier semble épris d'un sentiment amoureux. L'épilogue reviendra d'ailleurs sur le caractère ambigu de leur relation lorsque l'héroïne vindicative se remémorera l'attitude timorée de son bourreau au moment du viol. Dans Week-end sauvage, le portrait établi par Diana permet de mettre en valeur l'émancipation d'une femme révoltée finalement beaucoup plus vaillante et pugnace que l'homme sournois, présomptueux et voyeuriste, réduit ici au machiste incapable de refréner ses pulsions sexuelles. Que se soit du côté du chirurgien dentiste avili par sa fortune et ses caprices lubriques ou de la rébellion des assaillants dépités par leur médiocrité. La dernière partie, intense et haletante, culmine avec le combat pour la survie de cette femme humiliée, enfin déterminée à retrouver sa liberté en se vengeant de ses oppresseurs.

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Hormis une tension un peu moins tangible aujourd'hui, Week-end sauvage reste un p'tit classique du Vigilante Movie avec son sens du rythme aussi insolent qu'efficace. Sa violence rugueuse parfois pénible (la mort d'Harry et l'égorgement graphique d'un des antagonistes), la partition intense d'Ivan Reitman, les décors naturels atmosphériques et la trogne burinée de nos comédiens de seconde zone rehaussant le charme (vintage) d'un produit d'exploitation assez hargneux. D'ailleurs, à l'époque de sa sortie, outre son interdiction au moins de 18 ans à travers le monde, le film aura tellement choqué la censure britannique qu'il fut sommairement répertorié chez les "vidéos nasties". 
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20.01.12.
Bruno Dussart
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