mercredi 4 avril 2012

HORROR HOSPITAL (La Griffe de Frankenstein / Computer Killers)


de Anthony Balch. 1973. Angleterre. 1h28. Avec Michael Gough, Robin Askwith, Ellen Pollock, Skip Martin, Vanessa Shaw, Dennis Price.

Sortie salles France: 7 Avril 1976. U.S: Avril 1975

FILMOGRAPHIE: Anthony Balch est un réalisateur anglais né le 10 Septembre 1937 à Londres, décédé en Avril 1980. 1963: William Buys a Parrot. Towers Open Fire. 1966: The Cut Ups. 1970: Secret of sex. 1972: Bill and Tony. 1973: Horror Hospital
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Dernier film du réalisateur (lambda) Anthony Balch, Horror Hospital (ou La Griffe de Frankenstein) est une version réactualisée du fameux mythe de Frankenstein avec un accent prononcé pour le délire assumé. Si bien que cette farce grotesque toujours plus aberrante par son intrigue désincarnée entretient la réjouissance auprès d'une galerie de personnages excentriques et d'idées grand-guignolesques sporadiques. En guise de cure de repos, un chanteur de rock rejoint la ferme de santé du Docteur Storm dans une contrée anglaise. Durant son trajet ferroviaire, il fait la connaissance de Janet, une jeune blonde convoquée par sa tante, l'épouse du chirurgien utopiste. Cet hôpital reculé est en fait un laboratoire d'expériences insensées pratiquées sur des individus lobotomisés. 
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Petit succès lors de sa sortie Vhs dans les vidéos-clubs des années 80, les fantasticophiles n'avaient pas manqué d'évoquer lors de discussions fougueuses son fameux prologue inconcevable. Jugez en ! A l'intérieur d'une limousine noire, deux hommes patibulaires installés à l'arrière attendent patiemment l'arrivée de deux fuyards à proximité d'une forêt ! Les proies étant rapidement localisées, la voiture s'engage furtivement pour les traquer, quand bien même l'un des commanditaires s'engage à actionner le levier d'un boitier afin d'extraire de l'arrière du véhicule une lame acérée pour décapiter les deux malheureux ! En guise de trophée, les têtes y retombaient pile-poil dans un panier disposé sous la lame d'acier ! Une situation totalement aberrante mais oh combien ludique puisque l'arme blanche encastrée au dessus des pneus ne pouvait avoir la faculté d'atteindre les têtes accrues des victimes !
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Quant aux péripéties prochaines, elles s'avèrent du même acabit puisque regorgeant de séquences impayables toutes aussi risibles ! A savoir qu'un couple abordé plus tôt dans un train sera pris au piège dans la maison du Dr Storm à travers un odieux trafic d'humains. Pour preuve, ce médecin utopiste (notre vétéran Michael Gough, toujours aussi charismatique dans sa sinistre physionomie impassible !) souhaite dominer le monde en lobotomisant des badauds par greffe de cerveau, et ce pour les rendre insensibles à la douleur. Ces automates téléguidés d'une machine révolutionnaire étant réduits à l'état végétatif, à l'instar de zombies aphones déambulant dans les locaux sous l'allégeance du Dr Storm. Nos deux héros déconcertés vont non seulement fréquenter ces trognes délavées mais aussi des geôliers pugnaces en combinaison de cuir affublés de casque de moto, un assistant nain, une tante sournoise et un monstre de foire, concurrent défaillant du Dr Phibes ! La posture ballot, inconséquente de nos deux protagonistes insuffle de manière permanente une cocasserie involontaire à force de se questionner sur les agissements suspicieux d'un personnel cynique et d'évènements inquiétants s'y déroulant de façon ostentatoire. Surtout qu'un troisième luron tout aussi déficient  égayera notamment l'horreur surréaliste en s'introduisant dans l'établissement pour tenter d'extraire nos deux héros des griffes de Storm.

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Les insatisfaites poupées inertes du Dr Storm !
Au-delà de l'aspect irrésistiblement pittoresque de l'entreprise médicale, Horror Hospital se permet également d'insuffler une ambiance futilement glauque de par ces décors blafards hospitaliers où des draps imbibés de sang y exaltent un parfum fétide. Ainsi, l'intimité d'une scène incongrue s'improvise également lorsqu'un monstre gluant réuni dans une chambre tamisée se met à battre à mort une godiche dévêtue ! On est également surpris du ton parfois décalé de l'entreprise émanant d'une truculence volontaire de la part du cinéaste car délibéré à désinhiber une épouvante vintage. En l'occurrence, Horror Hospital demeure un nanar encore plus fun de par son ton décalé/déjanté que lors de sa discrète sortie salles !

Dédicace à ARTUS FILMS 04.04.12
Bruno Matéï

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