vendredi 28 septembre 2012

ROBOCOP

Photo empruntée sur Google, appartenant au site cinecri.artblog.fr

de Paul Verhoeven. 1987. U.S.A. 1h43. Avec Peter Weller, Nancy Allen, Miguel Ferrer, Ray Wise, Paul McCrane, Kurtwood Smith, Dan O'Herlihy, Michael Gregory, Ronny Cox, Lee de Broux.

Sortie salles France: 20 Janvier 1988. U.S: 17 Juillet 1987

FILMOGRAPHIEPaul Verhoeven est un réalisateur néerlandais, né le 18 Juillet 1938 à Amsterdam.
1971: Business is business. 1973: Turkish Delices. 1975: Keetje Tippel. 1977: Le Choix du Destin. 1980: Spetters. 1983: Le Quatrième Homme. 1985: La Chair et le Sang. 1987: Robocop. 1990: Total Recall. 1992: Basic Instinct. 1995: Showgirls. 1997: Starship Troopers. 2000: l'Homme sans Ombre. 2006: Black Book.


Deux ans après son chef-d'oeuvre médiéval, La Chair et le Sang, Paul Verhoeven change de registre avec Robocop pour s'ériger vers l'actionner destroy sous couvert d'anticipation alarmiste. Gros succès public et critique à sa sortie, ce monument d'ultra violence et de satire politique reste en l'occurrence incroyablement jouissif, spectaculaire et d'un cynisme ébouriffant ! A travers la vengeance d'un flic préalablement massacré par une milice extrémiste et destitué de son identité par sa propre hiérarchie pour se substituer en machine à tuer, Paul Verhoeven s'autorise tous les excès afin de décrire un monde futuriste régi par une criminalité en effervescence. Cette société déclinante est ici représentée par l'OCP, un conglomérat militaro-industriel et commercial ayant une certaine influence pour gérer la police de détroit. Dehors, c'est l'anarchie la plus complète ! La délinquance et la criminalité ont envahi les quartiers et les flics souvent pris pour cible envisagent de faire grève. C'est au cours d'une mission de routine qu'Alex Murphy et sa collègue Anne Lewis vont se retrouver pris à parti avec les terroristes du leader Clarence Boddicker dans un entrepôt industriel. Murphy est lâchement exécuté, pour ne pas dire massacré sous les balles des tireurs alors qu'Anne survit de ses blessures. Après le rapatriement du corps, un des membres de l'OCP se charge de transplanter le corps du policier en cyborg mi-homme, mi-machine. Mais de manière confuse, la mémoire de Murphy va peu à peu se réveiller pour lui rappeler l'être humain qu'il était au préalable.


Sous couvert de divertissement ultra efficient et furieusement barbare, Robocop caricature une charge contre les médias ainsi que les travers d'une multinationale corrompue par le vice et la cupidité. Alors que dehors, les criminels et prolétaires incultes (car abreuvés de séries TV, pubs débilitantes et pages d'infos éhontées) évoluent dans la déshumanisation d'un univers factice. Comme ce financier licencié qui aura décidé de braquer sa succursale en exigeant le dernier modèle d'une voiture flambant neuf. En pourfendeur sarcastique, Verhoeven décrit notamment une société de consommation démagogique, tributaire de sa technologie moderne, de son armement sophistiqué, tentant par tous les moyens de se transcender avec dommage collatéral. Dans cet avenir pessimiste où l'éthique n'a plus aucune morale, nos capitalistes tentent de s'accaparer du pouvoir par esprit de mégalomanie. C'est donc sans vergogne qu'ils décident de profaner l'identité d'un cadavre de flic pour mieux contrecarrer la criminalité. D'une façon nouvelle, Paul Verhoeven traite aussi du mythe de Frankenstein ou plus précisément de Metropolis avec sa créature asservie par son maître chanteur. De l'être humain ici réduit à l'état de machine à tuer dans une société dépravée où sexe, drogue et alcool sont devenus les seuls hobby. Avec une certaine émotion empathique, la dernière partie nous dévoile justement l'aspect humaniste de cet homme déchu en quête identitaire, à la recherche de son passé, mais finalement engagé dans la justice expéditive pour se venger de ses tortionnaires.


Novateur pour son inventivité technique et d'une ultra violence ébouriffante, Robocop est un sommet de nihilisme où l'homme objet est aujourd'hui destiné à devenir un modèle technologique belliqueux sous la mainmise de sa démocratie. Bourré d'humour sardonique et baignant dans un cynisme au vitriol, ses thèmes de l'insécurité criminelle et d'une hiérarchie policière impuissante préfigurent l'état régressif de notre société actuelle.

La critique de Robocop 2: http://brunomatei.blogspot.fr/2014/02/robocop-2.html

28.09.12. 5èx
B-M

mercredi 26 septembre 2012

BREAKFAST CLUB (The Breakfast Club)

                                                                 Photo empruntée sur Google, appartenant au site dvdclassik.com

de John Hughes. 1985. U.S.A. 1h37. Avec Judd Nelson, Perry Crawford, Anthony Michael Hall, Emilio Estevez, John Kapelos, Paul Gleason, Molly Ringwald, Ally Sheedy, Ron Dean, Tim Gamble.

Sortie salles France: 11 Septembre 1985. U.S: 15 Février 1985

FILMOGRAPHIE: John Hughes est un réalisateur, scénariste et producteur américain, né le 18 Février 1950 à Lansing (Michigan, Etats-Unis), mort le 6 Août 2009 d'une crise cardiaque à New-York. 1984: Seize bougies pour Sam. 1985: The Breakfast Club. 1985: Une Créature de rêve. 1986: La Folle Journée de Ferris Bueller. 1987: Un Ticket pour deux. 1988: La Vie en plus. 1989: Uncle Buck. 1991: Le P'tite Arnaqueuse.

"...Ces enfants sur lesquels tu craches alors qu'ils essaient de refaire le monde n'ont que faire de tes conseils. Ils savent très bien ce qu'ils font..." David Bowie


Don't you
Film culte de toute une génération, chef-d'oeuvre du Teen movie à son avènement, Breakfast Club traverse sans réserve les décennies par son thème existentiel sur le malaise d'une jeunesse en quête de repère. A travers la journée de retenue de cinq adolescents rebelles mais au caractère bien distinct, John Hughes nous décrit de prime abord leur relation conflictuelle pour culminer finalement vers une thérapie de groupe. Sous la surveillance d'un prof castrateur, trois lycéens, un intello, un sportif et un délinquant se partagent une journée de "colle" parmi la présence d'une introvertie excentrique et d'une allumeuse notoire. Au fil de leur raillerie, brimades et provocations, les 5 étudiants vont peu à peu apprendre à se connaître, s'extérioriser leurs blessures les plus préjudiciables et ainsi changer à jamais leur destin.


Quand tu deviens adulte, ton coeur meurt
Parmi l'attachante complicité de cinq comédiens juvéniles se livrant à nu devant la caméra, la dimension humaine qui émane de chacun d'eux émeut, bouleverse, ébranle le spectateur, l'identification émanant directement de notre propre vécu. Jalonné de dialogues ciselés et de blagues potaches impayables, le cheminement narratif de Freakfast Club illustre surtout le malaise universel de cette époque pubère sur le fil du rasoir. Les relations parentales conflictuelles, l'influence insolente des camarades de classe et le comportement orgueilleux des adultes plongent nos adolescents dans l'interpellation. Pour occulter ce mal-être intrinsèque flirtant avec le désarroi, quoi de plus profitable que de s'imaginer un personnage pour se forger une carapace afin de mieux se mesurer à la suprématie des autres (les parents inculquant à leurs enfants la doctrine élitiste du dépassement de soi !). Mais  lorsque cinq adolescents épris de liberté sont cloîtrés dans une salle de lycée pour rédiger une dissertation sur leur identité, les prises de becs dérisoires, les préjugés et leur prise de conscience solidaire auront décidé de lever le voile sur leur véritable profil. A la question inhérente soulevée dans le film : Qui pensez vous être ? Je vous laisse en guise de conclusion la lettre de l'"intello" du club ! Cher Mr Vernon, nous avons entièrement mérités d'être collés tout un samedi. Mais à quoi bon écrire une dissert sur la façon dont nous nous voyons ? Vous nous avez déjà catalogués selon les termes et les définitions qui vous arrangent le plus. Le fait est que nous avons tous en nous un intello, un athlète, une folle, une princesse et un criminel. Cela répond-il à votre question ? Bien à vous, le club des lève-tôt.


Une seule rencontre suffit pour changer la vie
Avec une sensibilité prude souvent émouvante, Breakfast Club transcende le portrait fragile de cinq adolescents inhibés d'une société arriviste. L'incommunicabilité, la démission parentale et cette morale élitiste repliant un peu plus nos ados dans le confinement. Car ce qui nous bouleverse ici émane du sentiment inéquitable d'une jeunesse déboussolée livrée à sa propre conscience dans une période immature de puberté. Avec modestie, John Hughes livre l'un des plus lucides constats sur la névrose adolescente, transcender la peur de l'autre par l'amitié et la cohésion fraternelle afin de pouvoir s'émanciper. Sous pivot psychanalytique de cinq gamins avides d'amour et de considération émane un portrait intimiste d'une délicate tendresse à travers leur initiation à la sagesse, à la connaissance et à l'estime de soi. 
26.09.124èx
B.M


mardi 25 septembre 2012

Le Ciel peut attendre (Heaven Can Wait). Golden Globe du Meilleur Film, 1978.

                                           Photo empruntée sur Google, appartenant au site hollywood70.com

de Warren Beatty. 1978. U.S.A. 1h41. Avec Warren Beatty, James Mason, Julie Christie, Jack Warden, Charles Grodin, Dyan Cannon, Buck Henry, Vincent Gardenia, Joseph Maher, Hamilton Camp.

Sortie salles France: 13 Décembre 1978. U.S.A: 28 Juin 1978

FILMOGRAPHIE: Warren Beatty (Henry Warren Beatty) est un acteur, scénariste, producteur et réalisateur américain, né le 30 Mars 1937 à Richmond, Virginie. 1978: Le Ciel peut attendre. 1981: Reds. 1990: Dick Tracy. 1998: Bullworth. 


Remake du Défunt Récalcitrant réalisé en 1941 et adapté d'une pièce de Harry Segall, le Ciel peut attendre est la première réalisation de l'acteur bellâtre Warren Beatty. Une comédie surprenante de par son ton sarcastique et l'aisance à laquelle l'acteur/réalisateur s'y emploie pour nous esbaudir à l'aide d'un pitch désopilant. Ainsi, en dépit d'un montage un peu désordonné, l'histoire ludique du Ciel peut attendre traite de la vie après la mort lorsque Joe Pendleton, joueur de football américain, est contraint de rejoindre par erreur le paradis à la suite d'un accident de circulation. Avec l'approbation d'un guide spirituel, Joe peut rester sur terre quelques temps pour prendre l'apparence d'un milliardaire fraîchement décédé mais pas encore découvert, Mr Farnsworth. Incompétent dans la nouvelle peau d'un nanti pour diriger ses finances, Joe/Mr Farnsworth commence à troubler son entourage auprès de son comportement erratique. Mais sa passion immodérée pour le football et l'arrivée de la charmante Betty Logan vont notamment chambouler les anciennes habitudes du milliardaire. Ce canevas particulièrement cocasse est un prétexte à déployer une multitude de quiproquos et situations improbables souvent irrésistibles. En guise d'exemple farfelu, Mme Farnsworth, épouse orgueilleuse et infidèle, entreprend depuis longtemps une liaison avec Tony Abbott. Ensemble, ils complotent une série de tentatives de meurtres maquillés en accident pour se débarrasser du mari gênant. Mais par malchance, leurs exactions meurtrières se soldent lamentablement par une déroute !


Alors que Mme farsworth est au bord de la crise de nerf, son amant essaie de relativiser la défaite pour pouvoir élaborer une prochaine manigance. Autre exemple échevelé, Joe Pendleton (Mr Farnsworth donc !) dirige en l'occurrence sa hiérarchie d'une manière si puérile et antinomique que son discours est énoncé à l'instar d'une véritable partie de football face à son assemblée décontenancée ! Même topo pour les majordomes de sa nouvelle demeure familiale, écoutant par le trou de la serrure les bavardages récurrents de Joe adressés à une personne invisible (le guide spirituel est uniquement perceptible aux yeux du réincarné !). Ces situations rocambolesques donnent souvent lieux à des fou-rires incontrôlés, d'autant plus que la complicité fringante des comédiens s'en donnent à coeur joie ! Tant auprès de Dyan Cannon absolument irrésistible dans la peau d'une épouse irascible que de l'impayable Charles Grodin en amant flegme aussi sournois dans ses démarches machiavéliques. En prime d'autres seconds rôles aussi attractifs et attachants, Warren Beatty détonne à endosser le rôle désinhibé d'un défunt récalcitrant dont la verve et l'abattage font toujours illusion. Enfin, la charmante Julie Christie s'alloue d'un rôle romantique pour s'acheminer vers l'idylle après avoir découvert le nouveau visage du milliardaire subitement altruiste ! Pour ce faire, l'épilogue attendrissant ne manque pas de poésie en nous affectant sans mièvrerie pour ces nouvelles retrouvailles escomptées.


Hormis sa facture obsolète et sa mise en scène parfois elliptique, le Ciel peut attendre demeure une vraie comédie débridée plutôt espiègle si bien que la plupart des gags restent en l'occurrence bougrement hilarants. Sa ferveur décapante émanant des comédiens décomplexés renforçant la fantaisie expansive de cette comédie fantastique occasionnant notamment un regard fructueux sur le thème de la réincarnation, une réflexion existentielle sur notre identité (intimement liée à notre enveloppe corporelle) et notre instinct à sillonner la voie du bien ou du mal.  

Récompenses: Golden Globe du Meilleur Film, 1978
Oscar de la Meilleure Direction Artistique, 1978
Saturn Award du Meilleur Film Fantastique, 1979

Remerciement à l'Univers Fantastique de la Science-Fiction
25.09.12
Bruno Matéï


lundi 24 septembre 2012

LE CIMETIERE DES MORTS-VIVANTS (5 tombe per un medium)

                                                         Photo empruntée sur Google, appartenant au site Horreur.net

de Massimo Pupillo. 1965. 1h26. Italie. Avec Walter Brandi, Mirella Maravidi, Barbara Steele, Alfredo Rizzo, Riccardo Garrone, Luciano Pigozzi, Tilde Till, Ennio Balbo, Steve Robinson, René Wolf.

FILMOGRAPHIEMassimo Pupillo est un réalisateur, scénariste et producteur italien, né le 7 Janvier 1929 à San Severo. 1961: Teddy, l'orsacchiotto vagabondo (doc). 1965: 5 Tombes pour un médium (le cimetière des morts-vivants). 1965: Vierges pour le bourreau. 1965: La Vendetta di Lady Morgan. 1968: Django le taciturne. 1970: Giovane Italia, Giovane Europa - Marternick (télé-film). 1970: L'Amore, questo Sconosciuto. 1980: Sajana, l'audace impresa


1965 est l'année où Massimo Pupillo a enchaîné successivement Vierges pour le Bourreau et l'oeuvre vintage qui nous intéresse aujourd'hui, le Cimetière des Morts-vivants. Relativement peu connu du public et occulté depuis pas mal de décennies, cette série B transalpine fleure bon le gothisme vétuste par son décor de château hanté et son atmosphère mystérieuse lattente. Parmi son esthétisme d'un noir et blanc prononcé et l'icone magnétique Barbara Steele, le Cimetière des morts-vivants ressemble à s'y méprendre à un vieil ouvrage que l'on aime feuilleter à travers un récit interlope. Après avoir reçu une lettre de Jeronimus Hauff, Albert Kovac, adjoint d'un notaire, se rend dans son château pour une affaire de succession. Sur place, il rencontre la fille et la femme de ce riche propriétaire adepte d'expériences occultes. Seulement, Jeronimus Hauff est décédé de manière accidentelle il y a déjà un an ! L'atmosphère particulièrement tendue dans la demeure inquiète Albert Kovac, notamment quand il apprend que le lieu familial fut autrefois un lazaret afin d'accueillir les lépreux lors de la peste de 1400.


Mystère diffus et suspense sous-jacent sont les principaux ingrédients de cette modeste production pour mettre en valeur une horreur sobre (renforcée par sa photo monochrome). Et ce en dépit du point d'orgue haletant illustrant de manière explicite les états pestiférés des victimes de la peste (focale variable sur les plaies vitriolées !) avec l'entremise de maquillages futiles mais crédibles. Cette intrigue criminelle conjuguée efficacement au fantastique occulte est suffisamment adroite et structurée pour laisser planer doute et manigances auprès des principaux témoins. Par le caractère sournois des protagonistes suspicieux, la quête de vérité d'Albert Kovac est une énigme délétère émaillée de morts terrifiantes, d'indices intrigants (l'eau s'atrophiant sans raison !) sous l'emprise diabolique d'esprits frappeurs ! A titre d'originalité bienvenue, un élément naturel purificateur va y jouer un rôle primordial afin de contrecarrer les forces du mal ! Avec la présence mystique de l'obscur Jeronimo, certains spectateurs pourront peut-être faire la comparaison avec le personnage de Robert Miles (Patrick MaGee) vu dans le sympathique Chat Noir de Lucio Fulci, pour ses pratiques occultes perpétrées dans un cimetière diaphane. On peut aussi évoquer le personnage de Ashley (Bruce Campbell) rendu célèbre dans Evil-Dead quand Albert découvre les travaux ésotériques de Jeronimo par l'entremise d'un phonographe. On retrouve ici un peu ce même sentiment d'insécurité et d'atmosphère macabre savamment distillée au sein d'un manoir où certaines armoires renferment des cranes humains ainsi qu'une rangée de mains sectionnées. 


Avec sa réalisation soignée, ses acteurs convaincants et un scénario plutôt captivant, le Cimetière des Morts-vivants demeure une bonne surprise brillamment efficace pour entretenir l'attention du suspense lattent. Son atmosphère palpable, la présence secondaire de la scream queen Barbara Steele ainsi que sa comptine mélancolique innocemment fredonnée renforçant son pouvoir fascinant d'un gothisme épuré. Pour info subsidiaire, on préférera son titre originel, 5 tombes pour un médium, beaucoup plus pertinent que son homologue commercial approuvé chez nous. 

Un grand merci à Artus Films ^^
24.09.12
Bruno Matéï


vendredi 21 septembre 2012

TYRANNOSAUR. Prix Spécial du Jury, Sundance 2011

Photo empruntée sur Google, appartenant au site filmosphere.com

de Paddy Considine. 2011. Angleterre. 1h32. Avec Peter Mullan, Olivia Colman, Eddie Marsan, Paul Popplewell, Ned Dennehy, Samuel Bottomley, Sally Carman.

Sortie salles France: 25 Avril 2012

Récompenses: Dinard 2011: Grand Prix du Jury, Meilleur Scénario
BIFA 2011: Meilleur Film, Meilleur Réalisateur, Meilleure Actrice
Sundance 2011: Prix Spécial du Jury, Meilleur Réalisateur, Meilleur Acteur, Meilleure Actrice

FILMOGRAPHIE: Paddy Considine est un acteur et réalisateur anglais né le 5 Septembre 1974.
2011: Tyrannosaur


Pour une première réalisation, le britannique Paddy Considine s'emploie au drame social pour nous relater la chronique aigrie d'un quinquagénaire irascible issue d'une banlieue défavorisée. Après la mort de sa femme diabétique, Joseph noie sa solitude dans l'alcool et les rixes de voisinage. Mais un jour, alors qu'il se balade dans une rue commerciale, il fait la rencontre d'une vendeuse de vêtement, Hannah. Catholique pratiquante vouée à l'espoir et l'amour de Dieu, cette épouse molestée est tributaire d'un mari tyrannique et pervers. Ensemble, ils vont apprendre à se connaitre, s'apprivoiser, s'entraider malgré la dureté d'une existence intransigeante. Climat blafard d'une banlieue défavorisée livrée au chômage, l'alcoolisme et la violence, alors que les voisins lambdas tentent d'imposer leur loi, Tyrannosaur  illustre de manière abrupte le portrait d'un couple en perdition. Sans pathos et avec un réalisme sordide parfois difficile, c'est de prime abord la trajectoire esseulée d'un quidam à bout de souffle qui nous ait conté, un individu rongé par la haine de l'injustice dans son environnement défavorisé. Tandis qu'au fil d'une rencontre entretenue avec une femme battue, Joseph va peu à peu renouer avec un regain d'humanité dans son cheminement hasardeux émaillé d'incidents compromettants.


A travers cette romance ardue auquel nos protagonistes sont constamment brimés par un climat insécuritaire et où les provocations ne cessent de les ébranler, Paddy Considine distille néanmoins l'espoir, le dévouement, le désir, l'attachement que chaque individu recèle au plus profond de son âme. Quelque soit notre condition d'être déchu ou sur le fil du rasoir, une parcelle d'optimisme, un regain d'empathie envers une personne intègre, cette envie soudaine de s'affirmer et d'avancer vers une horizon incandescente peuvent expier tous les pêchers du monde. Avec intensité austère, le réalisateur exprime donc le combat perpétuel qu'un quidam déboussolé puisse rencontrer à un moment fatal de son existence. C'est à dire daigner s'accepter et tenter contre vents et marée de se dépêtrer de l'infortune par ce besoin éprouvé de tendresse. Le visage buriné et d'une animosité innée, Peter Mullan impressionne de sa présence robuste, de son regard en demi-teinte à deux doigts de commettre un drame irréparable. A la manière d'un tyrannosaure (alors que le terme est ironiquement impartie à sa défunte !), ce laissé-pour-compte chargé de haine alterne poussés de violence incontrôlée et remise en question existentielle pour son affliction inconsidéré aux yeux de la société. En femme humiliée pourvue d'une indulgence désespérée, Olivia Colman magnétise chaque séquence de sa présence candide et se révèle bouleversante de fragilité pour tenter d'apprivoiser mais aussi accepter un erratique au bord du gouffre.


D'une violence parfois difficile mais jamais ostentatoire, Tyrannosaur est une oeuvre puissante, un drame social éprouvant car inscrit dans le désarroi pour ausculter le portrait à fleur de peau de deux écorchés vifs. Deux quidams à deux doigts de faire naufrage dans leur monde intolérant mais finalement gagnés par la rage de survivre par leur malheur imposé. Et pour authentifier cette romance épineuse, Peter Mullan et Olivia Colman (LA révélation !) livrent communément une interprétation d'une rare verdeur émotionnelle ! Sans toutefois négliger la présence cinglante de seconds rôles criant de vérité par leur trogne fracassée.

21.09.12
BM

jeudi 20 septembre 2012

POSSEDEE (THE POSSESSION)

Photo empruntée sur Google, appartenant au site sadgeezer.com

de Ole Bornedal. U.S.A/Canada. 1h32. Avec Jeffrey Dean Morgan, Kyra Sedgwick, Natasha Calis, Grant Show, Madison Davenport, Rob LaBelle, Jay Brazeau, Quinn Lord, John Cassini.

Sortie salles France: 26 décembre 2012. U.S: 31 Août 2012

FILMOGRAPHIE: Ole Bornedal est un réalisateur danois né le 26 Mai 1959.
1994: Le Veilleur de Nuit. 1997: Le Veilleur de Nuit. 2003: Dina. 2007: The Substitute. 2010: Just another love story. 2012: Possédée.


Y'a t-il un exorciste chez Rabbi Jacob ? (ou comment préfigurer au plus vite son Flop 1, 2012 !)

Clyde et Stephanie Brenek ne voient pas de raison de s’inquiéter lorsque leur fille cadette Em devient étrangement obsédée par un petit coffre en bois acheté lors d’un vide grenier. Mais rapidement, son comportement devient de plus en plus agressif et le couple suspecte la présence d’une force malveillante autour d’eux. Ils découvrent alors que la boîte fut créée afin de contenir un Dibbuk, un esprit qui habite et dévore finalement son hôte humain.

Une énième déclinaison de l'Exorciste pour une prod de luxe estampillée Raimi. Les clichés se ramassent à la pelle, les situations prévisibles sont tellement redondantes qu'elles provoquent inévitablement un ennui dépressif et l'ambiance horrifique tente d'intensifier l'intrigue par un score élégiaque
tout en sobriété. Le réal s'évertue comme il peut à privilégier la dimension humaine des parents divorcés de la petite Emi, en vain. Et cela en dépit de la bonne volonté des comédiens pour sauver les meubles. En prime, à titre d'originalité, introduire une légende juive par l'entremise d'une boite de pandore pour relancer la franchise sataniste sombre ici dans le ridicule. Un ou deux effets chocs sont peut-être à épargner de ce naufrage mercantile, parodie involontaire et véritable insulte au cinéma d'horreur transgressif. Mieux vaut se replonger pour la 10è fois dans les climats funestes ou malsains de l'Antéchrist d'Alberto De Martino ou encore du méconnu et mélancolique Emilie, l'enfant des Ténèbres de Massimo dallamano.

20.09.12
Bruno Matéï

http://brunomatei.blogspot.fr/2011/03/lantechrist-antichrist.html

http://brunomatei.blogspot.fr/2011/05/emilie-lenfant-des-tenebres-il.html


mercredi 19 septembre 2012

LA CHAIR ET LE SANG (Flesh and Blood)

Photo empruntée sur Google, appartenant au site impawards.com 

de Paul Verhoeven. 1985. U.S.A/ Espagne/Hollande. 2h06. Avec Rutger Hauer, Jennifer Jason Leigh, Jack Thompson, Brion James, Ronald Lacey, Simon Andreu, Jake Wood, Bruno Kirby, Tom Burlinson.

Sortie salles France: 2 Octobre 1985. U.S: 30 Août 1985

FILMOGRAPHIE: Paul Verhoeven est un réalisateur néerlandais, né le 18 Juillet 1938 à Amsterdam.
1971: Business is business. 1973: Turkish Delices. 1975: Keetje Tippel. 1977: Le Choix du Destin. 1980: Spetters. 1983: Le Quatrième Homme. 1985: La Chair et le Sang. 1987: Robocop. 1990: Total Recall. 1992: Basic Instinct. 1995: Showgirls. 1997: Starship Troopers. 2000: l'Homme sans Ombre. 2006: Black Book.


Première production hollywoodienne pour Paul verhoeven, en affiliation avec l'Espagne et son pays natal, La chair et le Sang se solde par un échec public dès sa sortie en 1985. Pour élucider cette défaite, son concentré de violence tranchante et de verdeur érotique eurent sans doute gêné un public trop frileux, habitué à l'édulcoration de récits moyenâgeux conformistes. Epaulé de son acteur fétiche Rutger Hauer et recrutant la jeune comédienne Jennifer Jason Leigh pour son premier grand rôle à l'écran, cette épopée médiévale transpire la chair (, la peste) et le sang comme aucune autre production n'avait osé la retranscrire. A travers l'idylle amoureuse d'un mercenaire immoral et d'une jeune femme manipulatrice, Paul Verhoeven nous confronte à une lutte de classes dans l'Europe du 16è siècle si bien que Steven, jeune seigneur pugnace va tenter de récupérer sa belle prisonnière du clan rival de frondeurs incultes. Transposé à l'époque du moyen-âge à l'aube de la renaissance, La Chair et le Sang nous confronte à partager l'intimité de ce groupe de voleurs mesquins, réfugiés au sein d'un château après l'avoir assailli. Au préalable, ces derniers eurent été trahis par leur propre seigneur durant une rude bataille. Mais une embuscade savamment planifiée par ces activistes leur aura permis de récupérer l'argent dérobé. C'est par cette occasion fructueuse que le leader Martin s'entreprend d'enlever la princesse Agnes pour la violer sous le témoignage de ses comparses. Mais la jeune vierge finaude et séductrice réussit in extremis à charmer son tortionnaire au point de le rendre éperdument amoureux. 


Cette romance empoisonnée traversée de batailles homériques conjugue de façon frénétique érotisme sordide (le viol d'Agnes distille un climat pervers particulièrement voyeuriste) et charnel (sa coucherie nocturne avec Martin dans un bain vaporeux éclairé de candélabres). L'ambition provocatrice de Verhoeven insuffle parfois même une poésie morbide singulière lorsque Agnes et Steven, réunis au coeur d'une prairie, roucoulent juste au dessus de deux pendus putréfiés ! Superbement photographié dans des décors naturels tantôt crépusculaires et magnifié par la vigueur d'une mise en scène virtuose, la Chair et le Sang est une perpétuelle bravade à transgresser la vérité historique d'une époque médiévale dans toute son immoralité. Son pouvoir de fascination prégnant émanant de la caractérisation de protagonistes subversifs, tour à tour délétères, sournois, équivoques, et, en prime, gagnés par la peur expansive de la peste bubonique. A ce sujet, la dernière partie illustrant la panique des mercenaires empoisonnés par l'eau contaminée provoque malaise, voir la nausée chez le spectateur. Avec réalisme malsain, le réalisateur nous distille une ambiance de claustration, nous enivre les sens face à l'odeur de quartiers de viandes avariés, vulgairement découpés sur un chien mort car envoyés par l'antagoniste sur la tête des occupants ! Le fanatisme religieux et son emprise sur les utopistes est également traité à travers le personnage du cardinal guidant ses amis vers un destin (ironiquement) moribond (la propagation de la peste), et ce par le truchement spirituel de sa statue St-Martin. A travers le destin misérable de cette poignée de brigands sans vergogne, la Chair et le Sang décrit donc avec force et souci d'authenticité l'instinct de survie chez l'être humain voué à corrompre, trahir et assassiner au prix de la liberté, l'amour ou la cupidité. Mais l'ascension de la renaissance, l'évolution de l'obscurantisme et les nouvelles techniques de la médecine laissent néanmoins augurer un regain d'humanité, un cheminement progressif dans l'inconscience de ses preux antagonistes. 


Sublimé par la présence diaphane de Rutger Hauer et de la délicieuse Jennifer Jason Leigh (plus équivoque, lascive et impudente que jamais !), La Chair et le Sang est LE chef-d'oeuvre médiéval conçu pour déroger à la norme traditionnelle dans son genre si lisse et orthodoxe. En résulte une oeuvre provocatrice à l'odeur de souffre parfois nauséeuse (la religieuse mortellement blessée  au crane par l'entaille d'une épée, l'accouchement du bébé mort-né, la fillette moribonde atteinte de la peste) mais pourvu d'une ambition intègre à reconstituer une épopée flamboyante, foisonnante et débauchée. 

19.09.12. 4
Bruno Matéï

 

Apport technique du blu-ray: 9/10



mardi 18 septembre 2012

THE MAGDALENE SISTERS. Lion d'Or Venise 2002.

                                         Photo empruntée sur Google, appartenant au site shop.silverdisc.com 

de Peter Mullan. 2002. Angleterre. 2h00. Avec Anne-Marie Duff, Nora-Jane Noone, Geraldine McEwan, Dorothy Duffy, Frances Healy, Eithne McGuiness, Mary Murray, Chris Simpson, Britta Smith, Eileen Walsh, Sean Mc Donagh, Phyllis MacMahon, Julie Austin.

Sortie salles France: 5 Février 2003. U.S: 1er Août 2003

FILMOGRAPHIE: Peter Mullan est un réalisateur, acteur et scénariste britannique, né le 2 novembre 1959 à Peterhead, en Ecosse. 1997: Orphans. 2002: The Magdalene Sisters. 2010: Neds


On estime à 30 000 le nombre de femmes ayant été détenues dans les asiles Magdalene en Irlande. La dernière laverie a fermé en 1996.

Lion d'Or à Venise, The Magdalene sisters est un choc cinématographique d'un réalisme et d'une acuité émotionnelle si cuisante qu'il confine au traumatisme ! Tiré de faits réels survenus dans un des Couvents de la Madeleine en 1964, cette descente aux enfers est un terrifiant réquisitoire contre l'intolérance, l'intégrisme et toute forme d'asservissement sous une hiérarchie christianiste. 
La film suit le parcours de trois jeunes femmes, Margaret, Bernadet et Rose, expédiées par leurs parents dans un couvent pour avoir commis de potentiels péchers. Les raisons invoquées ? Accablés par la honte, les parents de Margaret décident de se séparer d'elle après avoir appris qu'elle eut été sexuellement abusée par son propre cousin durant une fête familiale. Pensionnaire dans un orphelinat mais de plus en plus sujette aux remarques lubriques des garçons, Bernadet est également envoyée chez les soeurs Madeleine. Enfin, Rose rejoint le séminaire après avoir été séparée de son bébé, faute d'avoir eu une naissance avant le mariage. Contre leur gré, toutes trois vont se retrouver subordonnées à l'enseignement tyrannique de soeur Bridget ainsi qu'aux quotidiennes humiliations, soumissions et tortures perpétrées par l'allégeance des autres religieuses. 


Dans une photo naturaliste épousant un contraste entre la campagne irlandaise et la pâleur du monastère, Peter Mullan nous convie à la claustration d'un foyer catholique régit par une autorité inhumaine. Sans aucune complaisance et avec un souci glaçant d'authenticité, The Magdalene Sisters retrace le calvaire de trois jeunes filles dépréciées par leur propre famille puritaine pour se retrouver embrigadées au sein d'un sinistre pensionnat. Sanctionnées pour des fautes dérisoires, voires illusoires, elles vont devoir se plier aux exigences disciplinaires de nonnes impassibles. Tâches de labeur, prières spirituelles et interdiction de bavardage sont les règles quotidiennes afin de respecter l'ordre de la vie communautaire mais aussi apprendre à expier leurs pêchers et ainsi leur apporter la divinité de la sagesse. Si l'une d'entre elles s'oppose à la hiérarchie militaire des soeurs Madeleine, celle-ci sera sévèrement châtiée par la flagellation du fouet !


A travers son climat lourd et oppressant auscultant de prime abord la caractérisation distincte de quatre internes, The Magdalene Sisters transcende la dimension humaine de ces jeunes femmes livrées à la malnutrition, aux humiliations, aux brimades et aux châtiments, alors que l'une d'elles envisagera en désespoir de cause le suicide salvateur. L'autre issue de pouvoir s'extraire d'une dictature aussi barbare est d'y prendre la fuite pour s'échapper vers une contrée éloignée de toute autorité religieuse ! Autant dire qu'il vaut mieux avoir les nerfs solides, un flegme et une patience exemplaires pour réussir à survivre au coeur de ce lieu maudit érigé sous une bannière rigoriste. Séjourner ne serait ce que 24 heures dans cet asile licencieux (certains prêtres ont même pratiqué l'abus sexuel sur une interne lambda !), ce que des milliers de jeunes filles ont enduré durant des décennies, nous démontre à quel point il fallait user de résilience stoïque afin de ne pas se laisser gagner par la folie. Foyer sectaire corrompu par une communauté de religieuses conservatrices, The Magadalene Sisters nous remet donc en question sur les valeurs morales du culte catholique ainsi que son endoctrinement auprès d'une démographie puritaine, voire machiste dans l'Irlande des années 60. Le film met également en lumière le rôle précaire de la femme anglaise au sein du foyer conjugal, car tributaire d'un époux égocentrique en proie à la violence et la tyrannie contre l'émancipation de sa fille. Cette doctrine disciplinaire pour le bien-fondé de la bienséance annihilera le destin de milliers de femmes emprisonnées contre leur gré dans un cloître éhonté. 


Les martyrs du couvent
Dominé par la distribution bouleversante d'un quatuor féminin transi de fragilité névralgique, The Magdalene Sister constitue une épreuve de survie, une descente aux enfers contre la déliquescence morale d'une autorité messianique. Un pamphlet sans concession du fondamentalisme livré à la décadence de son autorité puritaine. Son mea-culpa n'ayant jamais été obtenu et les victimes jamais dédommagées, on est en droit de se demander ou se trouve la moralité d'un tel calvaire assigné contre des victimes ingénues, livrées à une solitude aliénante. En résulte un chef-d'oeuvre glaçant de réalisme et de terreur diffuse quand bien même son épilogue déchirant nous tolère des larmes de délivrance !

A Crispina/Harriet...
18.09.12
Bruno Matéï

Récompense: Lion d'Or à Venise, 2002



LA POLEMIQUE: Info Wikipedia:
Lorsque le film a été récompensé du Lion d'Or à Venise, le quotidien pontifical Osservatore Romano s’est élevé contre ce qu’il a vu comme un brûlot anticlérical à la vision manichéenne. Pourtant, Peter Mullan avait déclaré que le film « n'était pas dirigé contre l’église ».
Le film a été réalisé avec l’aide et l’attention d’une ancienne pensionnaire du couvent, ainsi que d’une religieuse qui a encadré l’un de ces établissements. Elles avaient pour fonction de veiller à l’authenticité du film.
Quant à l'Église, elle n'a formulé à ce jour aucune excuse ni proposé aucun dédommagement à ces femmes, qui, des années durant, ont travaillé pour son compte. Par ailleurs, ce sont bien les témoignages des victimes qui ont été la principale source d'information du réalisateur. Mais la polémique soulevée par le Vatican, et qui eut un certain écho en Italie, a conduit un certain nombre de témoins à commencer à parler en Irlande, venant contredire les dénégations du clergé.

Plus d'info: http://fr.wikipedia.org/wiki/Couvents_de_la_Madeleine


vendredi 14 septembre 2012

THE WICKER MAN. Director's Cut (1h39). Licorne d'Or au Festival du Rex à Paris

Photo empruntée sur Google, appartenant au site gillusreviews.blogspot.com

de Robin Hardy. 1973. Angleterre. 1h39. Avec Edward Woodward, Christopher Lee, Diane Cilento, Britt Ekland, Ingrid Pitt, Lindsay Kemp, Russell Waters, Aubrey Morris, Irene Sunters, Walter Carr.

Sortie salles France: 10 janvier 2007 en Dvd. U.S: Juin 1975. Royaume Uni: Décembre 1973

Récompenses: Licorne d'Or au Festival du rex à Paris
Prix de l'académie de science-fiction, fantasy et horreur aux Etats-Unis
Prix Saturn 1979 du meilleur film d'horreur

FILMOGRAPHIE: Robin Hardy est un réalisateur, scénariste, acteur et producteur anglais né en 1939 à Londres (Royaume-Uni).
1973: The Wicker Man
1986: Angoisse à Dublin (The Fantasist)
1989: E Street (série TV)
2010: The Wicker Tree


Licorne d'Or au Festival du Rex à Paris, The Wicker Man est devenu au fil du temps un authentique film culte dont la réputation n'a jamais cessé de grandir à tel point qu'un remake aseptisé vit le jour quelques décennies plus tard. Véritable chef-d'oeuvre atypique traitant avec éthique des thèmes religieux du christianisme et du polythéisme, le premier film de Robin Hardy est une descente aux enfers autour d'un Eden rural. En effet, sur l'île écossaise de Summerisle, les habitants vouent un culte à leur doctrine paganisme. En cas de mauvaise récolte de fruits, ils sont parfois contraints d'offrir en sacrifice un être humain au dieu du soleil afin que la prochaine saison soit plus florissante. Après avoir reçu une lettre lui indiquant qu'une petite fille aurait disparu sur l'archipel, l'inspecteur Neil Howie décide d'embarquer en avion pour rejoindre les habitants de Summerisle. Sur place, il découvre l'étrange rite de villageois dévergondés s'adonnant à une philosophie érigée sur la divinité de plusieurs dieux.


Film fantastique à l'imagerie fantasmagorique expansive, traversé de romances musicales chantonnés par certains habitants, Wicker Man est un fascinant voyage métaphysique en interne d'une nature épanouissante. A travers l'investigation drastique d'un flic conservateur en quête d'une disparition infantile, le film nous enseigne une véritable leçon de tolérance (l'éducation parentale en est un modèle d'enseignement !) et de respect d'autrui par l'entremise de païens adorateurs d'une écologie divine. Si leur foi rattachée à plusieurs dieux et leur célébration sont vouées à endosser des déguisements d'animaux pour glorifier l'univers terrestre, c'est un véritable hymne à la nature et à l'harmonie de la vie que Robin Hardy nous véhicule avec poésie fastueuse ! Un florilège d'images graciles, érotiques et charnelles nous sont illustrées parmi la volupté de danseuses nues pratiquant des rituels autour d'un feu. Ce spectacle extatique est familièrement conçu pour honorer et remercier la biologie des êtres vivants (humains, animaux, insectes) étroitement liés à la flore végétale (comme les arbres plantés sur les tombes symbolisant une nouvelle naissance pour les défunts). Les pratiques spirituelles invoquées dans le film sont une coutume afin de sublimer la chimère de la réalité et sa magie qui en émane, extériorisée par une croyance spéculative. Réflexion sur la foi et le besoin inhérent de se raccrocher à une religion pour se prouver l'intérêt existentiel, le film oppose les thèmes de la réincarnation (pour le polythéisme) et la résurrection (pour le catholicisme) afin de nous interroger sur la destinée de l'être humain. Si son point d'orgue, douloureux par la cruauté des faits tolérés, peut dérouter et déranger le spectateur impliqué dans un terrifiant subterfuge de grande ampleur, il pose à réfléchir sur les dangers des croyances et des pratiques culturelles. Notamment l'emprise qu'elles peuvent générer chez les adorateurs quand ils sont vouées à l'allégeance d'un culte divin. 


Fascinant voyage hypnotique dans une contrée reculée d'une île écossaise, The Wicker Man est une expédition introspective afin de questionner notre rapport existentiel à une idéologie religieuse. Réquisitoire contre l'intolérance et le droit à la différence par l'entremise d'une culture célébrant la vie, l'amour et la mort, ce bad trip réversible est une envoûtante expérience mystique avec nos peurs les plus indécises, sans oublier de dénoncer les dérives sectaires sous couvert de dénouement horrifique.

Dédicace à Jean Pierre Dionnet et Selena de Sade
14.09.12. 2èx
Bruno Matéï

                                     

mercredi 12 septembre 2012

L'EVENTREUR DE NEW-YORK (Lo Squartatore di New York / The New-York Ripper)

                                          Photo empruntée sur Google, appartenant au site Silver Ferox key art and design

de Lucio Fulci. 1982. Italie. 1h33. Avec Jack Hedley, Almanta Suska, Howard Ross, Andrea Occhipinti, Alexandra Delli Colli, Paolo Malco, Cinzia de Ponti, Cosimo Cinieri, Daniela Doria, Babette New.

Sortie salles France: 4 Mai 1983. U.S: 1982

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Lucio Fulci est un réalisateur, scénariste et acteur italien, né le 17 juin 1927 à Rome où il est mort le 13 mars 1996.
1966: Le Temps du Massacre, 1969 : Liens d'amour et de sang , 1971 : Carole, 1971: Le Venin de la peur, 1972 : La Longue Nuit de l'exorcisme, 1974 : Le Retour de Croc Blanc, 1975: 4 de l'Apocalypse, 1976: Croc Blanc, 1977: l'Emmurée vivante, 1979: l'Enfer des Zombies, 1980 : la Guerre des Gangs, 1980 : Frayeurs, 1981 : Le Chat noir, 1981 : L'Au-delà, 1981 : La Maison près du cimetière , 1982 : L'Éventreur de New York, 1984 : 2072, les mercenaires du futur, Murder Rock, 1986 : Le Miel du diable, 1987 : Aenigma, 1988 : Quando Alice ruppe lo specchio, 1988 : les Fantomes de Sodome, 1990 : Un chat dans le cerveau, 1990 : Demonia, 1991 : Voix Profondes, 1991 : la Porte du Silence.


Un mystérieux tueur surnommé l'éventreur s'en prend à des femmes particulièrement aguicheuses. Chargé de l'enquête, l'inspecteur Williams prend sous son aile un psychologue de renom pour tenter de démasquer le criminel à la voix de canard. En effet, celui-ci se joue un malin plaisir à trafiquer sa voix au téléphone pour railler la police et l'avertir de son prochain méfait.


Sorti la même année que Ténèbres d'Argento, Lucio Fulci renoue également avec le giallo, ou plus exactement le psycho-killer car l'influence de Maniac, sorti en 1980, est particulièrement prégnante dans cette liberté de choquer avec des meurtres graphiques et la scénographie inquiétante d'un New-York dépravé. En l'occurrence, nos citadins caractérisés par un gigolo, une nympho et son mari notable laissent libre cours à leur fantasmes dans leurs pulsions sexuelles incontrôlées. Même le flic de routine peu perspicace dans son enquête couche avec une jeune prostituée pour combler son vide conjugal. A travers le canevas d'une investigation criminelle émaillée de fausses pistes, Lucio Fulci s'intéresse avec efficacité à nous façonner un show de sexe et de mort. Comme souvent chez le maître transalpin de l'horreur, une attention assidue est impartie aux séquences gores d'une extrême violence dans leur impact visuel. La qualité des effets de maquillage conçus par Rosario Prestopino se révèlent encore aujourd'hui frappants de réalisme et imposent des séquences d'anthologie à graver dans les annales (le meurtre au rasoir tranchant délicatement un téton pour ensuite pénétrer l'oeil de la victime, le tout filmé en focal variable !). La manière toute personnelle dont Fulci élabore ses séquences chocs avec un sadisme cuisant réfute miraculeusement la complaisance (à contrario des critiques défaitistes de l'époque !) par sa brutalité stylisée.


En dépit de son caractère sanglant, la sexualité déviante est largement mise en exergue au sein de l'urbanisation débauchée d'un new-york livré à la corruption sexuelle. Ce climat malsain d'un environnement subordonné au meurtre et la perversité va prendre au piège une poignée de libertins soumis aux exactions meurtrières d'un éventreur vindicatif. Si l'Eventreur de New-York extériorise un sentiment de claustration auprès du spectateur, c'est notamment pour ses séquences de sexe putassier filmées avec une audace dérangeante (on frôle parfois même le X pour certains plans dénudés). Ici, il n'est point question d'agrémenter de jolies séquences érotiques pour titiller la libido du spectateur, mais à contrario de nous placer dans la position de voyeur incommodé par ces provocations putanesques (le jeu de jambes improvisé dans un bar par trois clients pour exciter une bourgeoise nympho ou le show érotique diffusé dans une salle de peep-show auquel quelques spectateurs sont transis d'émoi !). Au fil de l'intrigue classiquement établie et de ses dérives précitées, Fulci va ensuite s'intéresser à l'unique survivante épargnée et entretenir un certain suspense quand à découvrir la véritable identité du meurtrier. L'idée inhabituelle d'associer une voix de canard afin de falsifier la personnalité du suspect se révèle amusante par son ton railleur et sardonique mais aussi inquiétante dans notre volonté de connaître les réelles motivations d'un éventreur misogyne. D'autant plus que son point d'orgue judicieux laisse préalablement place à un simulacre pour ensuite nous dévoiler une vérité sordide liée à l'agonie infantile. ATTENTION SPOILER !!! On quitte alors le film de Fulci avec un arrière goût amer dans la bouche d'avoir été finalement témoin de l'iniquité d'un mélodrame familial. Une tragédie auquel un père de famille a laissé place à ses instincts les plus bas pour réclamer une vengeance aveugle. FIN DU SPOILER


Joliment photographié dans un New-York documenté et esthétiquement soigné par ses décors saturés, l'Eventreur de New-york est la dernière pièce maîtresse du maître transalpin. Mis en scène avec une ambition artistique de se démarquer de ses homologues ricains, ce giallo novateur sait utiliser à bon escient les thématiques de sexe et de mort dans sa métaphore sur le malaise existentiel.

Dédicace à Berangere Soustre De Condat-Rabourdin
12.09.12. 4èx
Bruno Matéï

Apport technique du Blu-ray: 9/10


mardi 11 septembre 2012

BULLHEAD (Rundskop)

Photo empruntée sur Google, appartenant au site movies.tvguide.com

de Michael R. Roskam. 2011. Belgique. 2h08. Avec Matthias Schoenaerts, Jeroen Perceval, Jeanne Dandoy, Barbara Sarafian, Tibo Vandenborre, Frank Lammers, Sam Louwyck, Robin Valvekens, Baudoin Wolwertz.

Sortie salles France: 22 Février 2012. Belgique: 2 Février 2011

Récompenses: Prix du Meilleur premier film à FanTasia, 2011
Prix du Jury et du Public au Festival du film policier de Beaune, 2011
Propeler Motovuna au Festival du film de Motovun, 2011
Meilleur Film aux Prix du film Flamand, 2011
Prix André-Cavens de l'Union de la critique de cinéma (UCC), 2011
Magritte du cinéma du meilleur scénario et du meilleur film flamand en co-production, 2011

FILMOGRAPHIE: Michael R. Roskam (de son vrai nom Michaël Reynders) est un réalisateur et scénariste belge, né en 1972 à Saint Trond. 
2011: Bullhead


Lardé de récompenses dans son pays d'origine, Bullhead fait presque figure d'oeuvre inclassable dans sa structure narrative affilié au polar et au drame social, son ambiance cafardeuse, son humour parfois cocasse (les réparties verbales des 2 garagistes fort en gueule) et sa dimension humaine sur le déclin. Pour une première réalisation, Michael R. Roskam frappe fort et nous envoie un uppercut en pleine face dans son acuité émotionnelle à fleur de peau toujours plus abrupte ! Habité par l'interprétation transie de Matthias Schoenaerts, toute l'intrigue admirablement écrite repose sur ses robustes épaules et nous entraîne dans l'introspection mentale d'un homme profondément frustré car molesté par un trauma infantile.


A Limbourg, Jackie, fils de fermier corrompu, complote depuis toujours un trafic d'hormones auprès de la mafia pour sa viande bovine. Mais le meurtre inopiné d'un flic va contraindre la police à surveiller ses activités ainsi que celles de ses complices dont un ami d'enfance, Diederick. Compromis à un lourd secret lié à leur adolescence, les deux acolytes vont renouer avec le poids de cette réminiscence .


Avec la photo aigre d'un climat blafard, Bullhead empreinte la voie du polar moite pour décrire avec densité le drame humain d'une homme introverti car esseulé depuis le drame de son enfance. Parfois épris d'une violence incontrôlée par la prise addictive de ces stéroïdes mais aussi victimisé par son refoulement sexuel, Jacky est enfoui dans un mutisme nihiliste. Avec l'arrivée d'un ami qu'il n'avait pas revu depuis longtemps et d'une police en filature, son passé va refaire surface et lui remémorer une grave agression aux séquelles irréversibles. Dès lors, au gré de flash-back habilement insérés dans le cheminement hasardeux, une descente aux enfers latente nous ait confronté à travers le profil d'un homme livré à lui même car trop longtemps abdiqué par son entourage et sa famille. 
Il faut louer la dextérité limpide que Michael R. Roskam a su retranscrire à narrer un script en chute libre où les principaux protagonistes recèlent une dimension humaine chargée de remord ou de dépit. Avec la maîtrise inspirée d'une mise en scène autonome et une efficience haletante, Bullhead nous isole dans les vestiges d'un homme littéralement écrasé par la tare de la frustration et la morosité de son environnement animalier. Dans ce rôle torturé, Matthias Schoenaerts fait preuve d'un charisme animal impressionnant dans sa carrure robuste et ces furieux accès de violence extériorisés par une conscience martyrisée. Mais c'est aussi et surtout sa dimension humaine discréditée, sa désillusion de ne pouvoir concrétiser une vie de postérité qui interpelle le spectateur avec une empathie sensitive toujours plus inconfortable. ATTENTION SPOILER !!! D'ailleurs, le point d'orgue redouté, d'une intensité dramatique quasi insoutenable dans sa romance déchue nous arrache les larmes de l'amertume et nous ébranle viscéralement jusqu'au marasme, faute d'un nihilisme désespéré. FIN DU SPOILER


Comme un chien enragé
Fascinant par son réalisme âpre, ombrageux pour son cheminement indécis, voir parfois même déroutant dans ses sautes d'humour intermittentes, cet ovni venu de Wallonne implique le spectateur d'une façon si intime qu'il déséquilibre la maîtrise de nos sentiments. Sous couvert de polar austère, Bullhead est surtout une chronique déshumanisée d'un paysan meurtri, envoûté par l'interprétation magistrale de Matthias Schoenaerts . La déliquescence mentale d'un malfaiteur éperdument amoureux mais incapable de pouvoir transcender son handicap. Le rapport d'un viol irréparable en dépit d'un mutisme rural, l'impuissance inévitable d'un taureau au coeur flagellé. Déchirant jusqu'au malaise surmené. 

Dédicace à Daniel Aprin et Christophe Cosyns
11.09.12
Bruno Matéï



jeudi 6 septembre 2012

RUNNING MAN (The Running Man)


de Paul Michael Glaser. 1987. U.S.A. 1h40. Avec Arnold Schwarzenegger, Maria Conchita Alonso, Yaphet Kotto, Jim Brown, Jesse Ventura, Erland van Lidth, Marvin J. McIntyre, Gus Rethwisch.

Sortie salles France: 16 Mars 1988. U.S: 13 Novembre 1987

FILMOGRAPHIE: Paul Michael Glaser est un acteur et réalisateur américain, né le 25 Mars 1943 à Cambridge, Massachusetts.
1986: Le Mal par le Mal. 1987: Running Man. 1992: Le Feu sur la Glace. 1994: The air up there
1998: Kazaam


D'après un roman de Stephen King mais déjà adapté par l'écrivain Robert Sheckley en 1958, Running Man est le remake débridé de l'excellent brûlot le Prix du Danger d'Yves Boisset. Conçu sous le moule du film d'action et d'anticipation, avec, en tête d'affiche, l'une de ses plus grandes stars des années 80 (Arnorld Schwarzenneger), cette série B réjouissante joue à fond la carte du divertissement dans un esprit décomplexé de bande dessinée. Le look excentrique des antagonistes pourchassant sans répit Ben Richard et ses acolytes, accoutrés eux aussi de combinaisons futuristes en pijama criard, ainsi que le design high-tech d'une émission de télé-réalité éclairée par des néons flashys, mettent bien en évidence l'aspect dérisoire d'un jeu télévisé tributaire d'un voyeurisme vénal. 2019. Dans une société despotiste, un programme TV diffusé 24 heures sur 24 retransmet la course contre la mort d'ex taulards pourchassés par une horde de guerriers sanguinaires. Ben Richards, ancien flic injustement condamné pour une série de crimes qu'il n'a pas commis est recruté dans l'émission "Running Man" avec l'aide de deux anciens camarades de prison. Au sein d'un itinéraire semé d'embûches, les trois fugitifs vont tenter par tous les moyens de sortir vivants de ce traquenard auquel des millions de spectateurs sont rivés devant leur poste pour ovationner le spectacle barbare.


Bien entendu, son pitch préfigurant l'ascension de notre télé-réalité est ici un prétexte pour proposer un film d'action particulièrement bien troussé et à la mécanique d'efficacité indéniable. Toutefois, son ton sarcastique met en évidence la dérision d'un show tv inspiré des jeux de cirque de la Rome antique, alors que tous les citoyens lobotomisés par une propagande fasciste sont devenus de parfaits abrutis. Hormis son côté ludique diablement jouissif, mené à un rythme alerte, une certaine réflexion sur les dérives du sensationnalisme et le contrôle des masses populaires est néanmoins mise en exergue. Au sous-texte social, Paul Michael Glaser dénonce donc les exactions d'une télé spectacle avide de voyeurisme et la prohibition d'une société dictatoriale endoctrinant son peuple par le pouvoir des médias. Avec ses trépidantes séquences de courses-poursuites, sa panoplie de personnages grotesques, le charme latino de Maria Conchita Alonso et le cabotinage viril de Schwarzenegger (cigare au bec façon Commando !), Running Man s'avère un gros défouloir assumé ne se prenant jamais au sérieux. Mais la palme de l'hilarité en revient à la verve de ces dialogues et l'accoutrement de ces nouveaux guerriers aux pseudos saugrenus, endossés de déguisements futuristes comparables à des sapins de noël ! Que ce soit Buzzsaw, le vicking à la tronçonneuse, Subzero, le sumo adepte du hockey sur glace, Dynamo, le rondouillard garni d'ampoules électriques ou encore Fireball, le black power pourvu d'un lance-flamme !


Formidablement jouissif, bourré de dérision et complètement désinhibé dans sa violence cartoonesque, Running Man est en l'occurrence une petite perle du cinéma d'action encore plus attrayante qu'à l'époque de sa sortie. Car aujourd'hui son côté rétro est d'autant plus contrasté qu'il évoque de manière métaphorique l'aspect grand-guignolesque de nos émissions de télé-réalité. En prime, la qualité de ses effets-spéciaux (l'accès des joueurs par l'entrée vertigineuse du tunnel) est encore étonnamment concluante. 

06.09.12. 3èx
Bruno Matéï



Apport technique du Blu-ray: 7/10