mercredi 26 septembre 2012

BREAKFAST CLUB (The Breakfast Club)

                                                                 Photo empruntée sur Google, appartenant au site dvdclassik.com

de John Hughes. 1985. U.S.A. 1h37. Avec Judd Nelson, Perry Crawford, Anthony Michael Hall, Emilio Estevez, John Kapelos, Paul Gleason, Molly Ringwald, Ally Sheedy, Ron Dean, Tim Gamble.

Sortie salles France: 11 Septembre 1985. U.S: 15 Février 1985

FILMOGRAPHIE: John Hughes est un réalisateur, scénariste et producteur américain, né le 18 Février 1950 à Lansing (Michigan, Etats-Unis), mort le 6 Août 2009 d'une crise cardiaque à New-York. 1984: Seize bougies pour Sam. 1985: The Breakfast Club. 1985: Une Créature de rêve. 1986: La Folle Journée de Ferris Bueller. 1987: Un Ticket pour deux. 1988: La Vie en plus. 1989: Uncle Buck. 1991: Le P'tite Arnaqueuse.

"...Ces enfants sur lesquels tu craches alors qu'ils essaient de refaire le monde n'ont que faire de tes conseils. Ils savent très bien ce qu'ils font..." David Bowie


Don't you
Film culte de toute une génération, chef-d'oeuvre du Teen movie à son avènement, Breakfast Club traverse sans réserve les décennies par son thème existentiel sur le malaise d'une jeunesse en quête de repère. A travers la journée de retenue de cinq adolescents rebelles mais au caractère bien distinct, John Hughes nous décrit de prime abord leur relation conflictuelle pour culminer finalement vers une thérapie de groupe. Sous la surveillance d'un prof castrateur, trois lycéens, un intello, un sportif et un délinquant se partagent une journée de "colle" parmi la présence d'une introvertie excentrique et d'une allumeuse notoire. Au fil de leur raillerie, brimades et provocations, les 5 étudiants vont peu à peu apprendre à se connaître, s'extérioriser leurs blessures les plus préjudiciables et ainsi changer à jamais leur destin.


Quand tu deviens adulte, ton coeur meurt
Parmi l'attachante complicité de cinq comédiens juvéniles se livrant à nu devant la caméra, la dimension humaine qui émane de chacun d'eux émeut, bouleverse, ébranle le spectateur, l'identification émanant directement de notre propre vécu. Jalonné de dialogues ciselés et de blagues potaches impayables, le cheminement narratif de Freakfast Club illustre surtout le malaise universel de cette époque pubère sur le fil du rasoir. Les relations parentales conflictuelles, l'influence insolente des camarades de classe et le comportement orgueilleux des adultes plongent nos adolescents dans l'interpellation. Pour occulter ce mal-être intrinsèque flirtant avec le désarroi, quoi de plus profitable que de s'imaginer un personnage pour se forger une carapace afin de mieux se mesurer à la suprématie des autres (les parents inculquant à leurs enfants la doctrine élitiste du dépassement de soi !). Mais  lorsque cinq adolescents épris de liberté sont cloîtrés dans une salle de lycée pour rédiger une dissertation sur leur identité, les prises de becs dérisoires, les préjugés et leur prise de conscience solidaire auront décidé de lever le voile sur leur véritable profil. A la question inhérente soulevée dans le film : Qui pensez vous être ? Je vous laisse en guise de conclusion la lettre de l'"intello" du club ! Cher Mr Vernon, nous avons entièrement mérités d'être collés tout un samedi. Mais à quoi bon écrire une dissert sur la façon dont nous nous voyons ? Vous nous avez déjà catalogués selon les termes et les définitions qui vous arrangent le plus. Le fait est que nous avons tous en nous un intello, un athlète, une folle, une princesse et un criminel. Cela répond-il à votre question ? Bien à vous, le club des lève-tôt.


Une seule rencontre suffit pour changer la vie
Avec une sensibilité prude souvent émouvante, Breakfast Club transcende le portrait fragile de cinq adolescents inhibés d'une société arriviste. L'incommunicabilité, la démission parentale et cette morale élitiste repliant un peu plus nos ados dans le confinement. Car ce qui nous bouleverse ici émane du sentiment inéquitable d'une jeunesse déboussolée livrée à sa propre conscience dans une période immature de puberté. Avec modestie, John Hughes livre l'un des plus lucides constats sur la névrose adolescente, transcender la peur de l'autre par l'amitié et la cohésion fraternelle afin de pouvoir s'émanciper. Sous pivot psychanalytique de cinq gamins avides d'amour et de considération émane un portrait intimiste d'une délicate tendresse à travers leur initiation à la sagesse, à la connaissance et à l'estime de soi. 
26.09.124èx
B.M


5 commentaires:

  1. mon film culte (le 4ème en fait ;))

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  2. Un film magnifique, qui m'a touché et m'émeut encore maintenant ! Belle critique !

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  3. Oui, l'un de mes films cultes aussi ...... (*^-^*)

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  4. Un film assez sous-estimé qui, pour moi, dépasse en subtilité et qualité beaucoup d'autres films traitant du même sujet : un petit classique!

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