mardi 22 janvier 2013

YAKUZA (The Yakuza)

                                                  Photo empruntée sur Google, appartenant au site cinebel.be

de Sydney Pollack. 1974. U.S.A. 1h52. Avec Robert Mitchum, Brian Keith, Herb Edelman, Richard Jordan, Keiko Kishi, Eiji Okada.

Durée: 123 minutes (Japon), 112 minutes (États-Unis), 107 minutes (Royaume-Uni)

Sortie salles U.S: 19 Mars 1975. Japon: 28 Décembre 1974

FILMOGRAPHIE: Sydney Pollack est un réalisateur, acteur et producteur américain, né le 1er Juillet 1934 à Lafayette, dans l'Indiana (Etats-Unis), mort d'un cancer à Los Angeles le 26 Mai 2008.
1965: The Slender Thread. 1966: Propriété Interdite. 1968: Les Chasseurs de Scalps. 1968: The Swimmer. 1969: Un Château en Enfer. 1969: On Achève bien les chevaux. 1972: Jeremiah Johnson. 1973: Nos plus belles années. 1974: Yakuza. 1975: Les 3 Jours du Condor. 1977: Bobby Deerfield. 1979: Le Cavalier Electrique. 1981: Absence de Malice. 1982: Tootsie. 1985: Out of Africa. 1990: Havana. 1993: La Firme. 1995: Sabrina. 1999: l'Ombre d'un Soupçon. 2005: l'Interprète. 2005: Esquisses de Frank Gehry


Rarement diffusé à la TV et souvent oublié des amateurs de polar, Yakuza fait parti se ses perles rares dont les défaveurs du temps n'ont eu aucune emprise. Les spectateurs qui avaient eu la chance de le découvrir sur petit écran ne manqueront pas de se remémorer avec nostalgie sa fameuse diffusion intervenue un certain mardi soir sur Antenne 2, estampillée du fameux "carré blanc" (faute d'une violence assez démonstrative). Avec la trempe d'un réalisateur aussi confirmé que Sydney Pollack, Yakuza est un superbe polar, dense et nerveux, tirant son originalité sur la culture nippone imposée aux fameux Yakuza. Une organisation du crime aux codes d'honneur et de fraternité bien spécifiques, notamment voués à un sens du sacrifice peu commun (pour éviter la peine de mort, le coupable doit se trancher l'index en guise de repentance). Un entrepreneur corrompu demande à l'un de ses amis, Harry Kilmer, ancien détective, de récupérer sa fille kidnappée au Japon par les membres d'un Yakuza. Harry en profite pour revoir une ancienne amie avec qui il eut une idylle amoureuse, et par la même occasion lui invoque l'aide de son frère. Avec l'entremise de ses équipiers, la tentative d'extraire la fille des membres des Yakuza se transforme en règlements de compte sanglants. 



Réalisé avec rigueur, épuré de décors insolites et rehaussé d'un solide scénario aux rebondissements surprenants, Yakuza est une fascinante incursion au sein de l'univers trouble des fameux Yakuzas. Dominé par l'interprétation notable du vétéran Robert mitchum, louablement secondé par la prestance magnétique du japonais Ken Takakura, cette vendetta familiale redouble d'intensité dramatique dans ces enjeux considérables où vaillance et sens du sacrifice vont être mis à rude épreuve. Autour de cette confrérie mafieuse, le réalisateur nous brode donc une histoire d'amour et d'amitié entachée de contrariété, vis à vis d'un trio d'amants compromis à leur éthique de probité. Unis dans le passé par un lien de solidarité pour la survie d'une jeune femme rescapée de la guerre, Harry Kilmer et son acolyte Ken Tanaka vont être amenés à s'échanger une dîme pour combattre toute une organisation criminelle. Sans cesse défiés au sens du courage et de la bravoure pour un code d'honneur aux règles archaïques, nos combattants vont devoir employer des risques considérables pour prémunir famille et acolytes avant leur dernier baroud d'honneur. A ce titre, les combats de sabre inévitablement imposés à Ken pour défier une armée de Yakuza, avant de pouvoir s'opposer au leader, déploient de furieux accès de violence homériques remarquablement chorégraphiées !


Formidablement tempéré par un savant dosage de suspense, d'émotion et d'action intense, Yakuza est surtout privilégié par sa densité narrative à la dramaturgie fraternelle. Sa fascinante incursion dans l'univers trouble des Yakuzas ne manque pas de nous interpeller avec leur hiérarchie drastique établie dans une discipline marginale. Un classique d'une éclatante modernité !

Dédicace à Franck Gossard
Remerciement au Ciné-club de l'antre !
22.01.13
Bruno Dussart

1 commentaire:

  1. Comme pour New York ne répond plus, je l'ai vu tout gamin et n'avait le souvenir que d'une seule scène(quand Mitchum demande pardon à Ken..............).Mais quel plaisir j'ai éprouvé en le revoyant!!!Quel duo!!Vraiment la grande classe. Un film magnifique basé sur l'honneur et sur ce que l'on doit à certaines personnes. Des valeurs révolues de nos jours......Un très gros coup de cœur. MAGNIFIQUE !!!!

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