mardi 19 février 2013

POPEYE

                                        Photo empruntée sur Google, appartenant au site royalbooks.com

de Robert Altman. 1980. U.S.A. 1h36. Avec Robin Williams, Shelley Duvall, Paul L. Smith, Paul Dooley, Ray Walston, Wesley Ivan Hurt.

Sortie salles U.S: 12 Décembre 1980

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Robert Altman est un réalisateur, scénariste et producteur américain, né le 20 Février 1925 à Kansas City dans le Missouri, décédé le 20 Novembre 2006 à Los Angeles.
1970: Mash. 1970: Brewster McCloud. 1971: John McCabe. 1972: Images. 1973: Le Privé. 1975: Nashville. 1976: Buffalo Bill et les Indiens. 1977: Trois Femmes. 1978: Un Mariage. 1979: Quintet. 1980: Popeye. 1982: Health. 1982: Reviens Jimmy Dean, reviens. 1987: Beyond Therapy. 1990: Vincent et Théo. 1992: The Player. 1993: Short Cuts. 1994: Prêt à porter. 1999: Cookie's Fortune. 2000: Dr T et les Femmes. 2001: Gosford Park. 2003: Company. 2006: The Last Show.


Véritable ovni dans la carrière du vénérable Robert Altman, Popeye est la transposition cinématographique du célèbre personnage de bande dessinée créé par Elzie Crisler Segar en 1929.
Succès public rentable mais contesté par une majorité de la critique de l'époque, cette comédie totalement décalée fait aujourd'hui figure de curiosité couillue dans son alliage d'insolence et d'extravagance. Desservi par un scénario aseptisé mais rattrapé par un humour débridé particulièrement effréné, le film de Robert Altman divisera sans conteste une partie du public, irrité ou amusé des pitreries infantiles de Popeye et ses acolytes. Un marin solitaire du nom de Popeye débarque dans une petite ville côtière et fait la connaissance d'Olive, une femme éprise d'affection pour la terreur du quartier: Brutus. Leur relation de prime abord amicale attise la colère et la jalousie de ce dernier. Au fil de leur relation, les deux tourtereaux découvrent un bébé abandonné, planqué dans un panier d'osier. Doué de prescience, le bambin est rapidement enlevé par un transfuge de Brutus qui voit là l'opportunité de débusquer un fabuleux trésor caché sous l'océan. Alors qu'Olive est à son tour kidnappée, Popeye décide de leur porter secours. 


Comédie pittoresque à l'esprit cartoonesque prégnant, Popeye doit son caractère sympathique grâce en priorité à l'excentricité de ses personnages tous plus saugrenus les uns que les autres. La reconstitution soignée allouée au village folklorique, les numéros musicaux chantonnés avec allégresse par nos comédiens et les séquences de baston improvisées autour d'un ring ou dans une taverne assurent un spectacle festif assez entraînant. Agrémenté d'une jolie photographie sépia, le film séduit par son esthétisme rétro et parvient majoritairement à contenter le public par son rythme fertile en gags burlesques et bagarres homériques. On a souvent l'impression d'assister à un dessin animé live complètement désinhibé par un sens de dérision insatiable. Et pour renforcer ce sentiment, la verve impayable (et inaudible !) de l'acteur Robin Williams ainsi que le charme filiforme de Shelley Duvall réussissent à donner chair à des personnages gaffeurs sortis tout droits de la fameuse bande dessinée. Dans le rôle de Brutus, l'impressionnant Paul L. Smith (Midnight Express, Mort sur le Grill, Sonny Boy) cabotine de manière furibonde pour parfaire un antagoniste hostile particulièrement sarcastique.


Irritant pour les uns par son esprit trop foutraque et sa minceur narrative, enthousiasmant pour les autres par son ton décalé et la caricature cartoonesque impartie aux protagonistes déficients, Popeye reste un ovni atypique dans l'univers cinématographique des adaptations BD. Un film mal aimé, aujourd'hui complètement sombré dans l'oubli, faute de sa liberté de ton aussi déroutante qu'originale. Ca passe ou ça casse !

19.02.13. 3èx
Bruno Matéï

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