jeudi 25 avril 2013

FLASH GORDON

                                    Photo empruntée sur Google, appartenant au site mariolikesmovies.com

de Mike Hodges. 1980. U.S.A/Angleterre. 1h51. Avec Sam J. Jones, Melody Anderson, Ornella Muti, Max Von Sydow, Topol, Timothy Dalton, Brian Blessed.

Sortie salles France: 28 Janvier 1981. U.S: 5 Décembre 1980

FILMOGRAPHIE: Mike Hodges est un producteur, réalisateur et scénariste britannique, né le 29 Juillet 1932 à Bristol (Royaume-Uni).
1971: La Loi du Milieu. 1972: Retraite Mortelle. 1974: l'Homme Terminal. 1978: Damien, la malédiction 2 (non crédité). 1980: Flash Gordon. 1985: Les Débiles de l'espace. 1987: L'Irlandais. 1989: Black Rainbow. 1998: Croupier. 2003: Seul la mort peut m'arrêter.


Film culte pour une frange de spectateurs (j'ai volontairement éludé le terme "générationnel" !), estampillé dans la catégorie "nanar suprême", Flash Gordon est une improbable production évoquée par l'intarissable Dino de Laurentiis et réalisée par Mike Hodges. Un cinéaste inégal à qui l'on doit tout de même un authentique chef-d'oeuvre du polar britannique, La Loi du Milieu.
D'après le comic créé par Alex raymond en 1934, Flash Gordon revient sur nos écrans en ce début des années 80 avec cette super production influencée par le phénomène Star Wars. La distribution éclectique composée d'illustres comédiens comme Max Von Sidow (tout en raideur, il EST l'empereur Ming, sadique et impassible !), Ornella Muti (en nympho écervelée) et Timothy Dalton (en prince versatile accoutré d'un pyjama vert !), a de quoi dérouter le spectateur au vu de leur prestance excentrique. Mais la palme de l'acteur le plus incongru en revient à l'inexpressif Sam J. Jones dans la peau du super héros féru de football américain (la partie sportive improvisée sur le temple de Ming est un moment d'anthologie couillu !). Il s'agit ici de son 2è rôle à l'écran puisqu'un an au préalable il avait partagé l'affiche avec la comédienne Bo Derek pour y faire une apparition dans Elle de Blake Edwards. En l'occurrence, il faut avouer que ce piètre acteur fait bien pâle figure pour endosser le rôle majeur de Flash Gordon. Hormis sa silhouette saillante, le jeune comédien au minois bien docile semble complètement dépassé par les évènements au fil de ces déboires avec des E.T insidieux. Par miracle, il réussit d'une certaine manière à nous amuser dans son jeu cabotin alliant l'esprit pugnace et la bonhomie puérile.


Pour en revenir à l'ovni risible de Mike Hodges, son grand spectacle s'avère une pantalonnade disco (chargé de teintes polychromes !) alternant désarroi, rire grinçant et plaisir coupable. Le scénario impayable est à lui seul une blague de comptoir ! A la suite du crash d'une fusée sur une planète hostile, Flash Gordon et ses comparses vont rencontrer une société d'extra-terrestres régis par un tyran totalitaire. Pour tenter de survivre, ils vont devoir s'allier avec les hommes oiseaux et le prince Barin afin de déjouer les ambitions diaboliques du leader Ming ! Entre les désirs conjugaux de ce dernier pour s'accaparer d'une princesse, les caprices insidieux de sa fille nympho et les querelles jalouses du prince Barin, une guerre se prépare du côté des deux clans pour l'avenir de l'humanité ! Pour compenser la vacuité de son scénario, Mike Hodges émaille son intrigue d'un concours d'épreuves mortelles que nos héros doivent entreprendre pour mesurer leur courage. Enfin, la dernière demi-heure laisse place à un baroud d'honneur intergalactique assez réjouissant dans ses nombreux échanges de tirs au rayon laser. L'action échevelée se résumant à une bataille spatiale auquel l'armée des hommes volants s'est déployée en masse parmi l'entraide de Flash (équipé pour le coup d'un scooter aérien !) afin de réduire en poussière l'empire de Ming.


Surveillez bien les étoiles du ciel, un Flash aux cheveux blonds n'est jamais trop loin !
Avec ses dialogues hilarants, ses décors criards en matte painting, ses costumes en paillette au look disco et surtout la complicité amicale des comédiens, Flash Gordon est une énorme farce débridée. S'il est sans doute l'un des plus absurdes films de super-héros, la sympathie et l'attachement que l'on y éprouve nous préserve un sourire amusé jusqu'au mot "fin" exclamé d'un point d'interrogation ! (la suite présagée n'ayant jamais vu le jour !). Enfin, le score tonitruant composé par le groupe Queen est loin d'être étranger au plaisir (coupable) procuré !

25.04.13. 4èx
Bruno Matéï


mercredi 24 avril 2013

ANGEL HEART

                                  Photo empruntée sur Google, appartenant au site forum.nanarland.com

d'Alan Parker. 1987. U.S.A/Angleterre/Canada. 1h53. Avec Mickey Rourke, Robert De Niro, Lisa Bonet, Charlotte Rampling, Stocker Fontelieu, Brownie McGhee, Michael Higgins.

Sortie salles France: 8 Avril 1987. U.S: 6 Mars 1987

FILMOGRAPHIE: Alan Parker, né Alan William Parker le 14 Février 1944 à Islington, Londres, est un réalisateur, compositeur, scénariste et producteur anglais.
1975: The Evacuees (télé-film). 1976: Bugsy Malone. 1978: Midnight Express. 1980: Fame. 1982: l'Usure du Temps. 1982: Pink Floyd the Wall. 1984: Birdy. 1987: Angel Heart. 1988: Mississippi Burning. 1990: Bienvenue au Paradis. 1991: The Commitments. 1994: Aux bons soins du Dr Kellogg. 1996: Evita. 1999: Les Cendres d'Angela. 2003: La Vie de David Gale.


Thriller occulte imprégné de magie noire par le culte du vaudou, Angel Heart est un voyage au bout des ténèbres auquel Mickey Rourke prête son talent pour endosser le rôle d'un détective privé en perdition.

1955, New-York. Un détective privé est enrôlé par le mystérieux Louis Cyphre. L'objet de son enquête est de retrouver un ancien chanteur, Johnny Favorite, disparu depuis 12 ans après la guerre. Au fil de ses rencontres avec certains témoins, les cadavres s'amoncellent autour de lui !


Pour la première fois de sa carrière, le réalisateur notoire Alan Parker aborde le genre horrifique sous couvert du film noir d'après un roman de William Hjorstsberg. En apportant un soin consciencieux à l'esthétisme crépusculaire d'une photo en clair-obscur, le réalisateur nous immerge dans l'antre tentaculaire d'une cité new-yorkaise avant d'entreprendre son voyage touristique vers l'état de la Louisiane. A partir d'une investigation abstraite menée par un détective scrupuleux, Angel Heart nous illustre sa lente descente aux enfers auquel la rencontre avec des témoins ombrageux va finalement l'amener à reconsidérer sa propre identité. La réalisation formelle et maîtrisée d'Alan Parker atteint un tel degré de perfection qu'une aura maléfique semble planer sur chaque recoin de l'écran. L'atmosphère feutrée qui enveloppe tout le cheminement scabreux du héros nous dirige lentement vers un climat malsain davantage poisseux, à l'image morbide des rituels pratiqués sur les cadavres. Jalonné de visions sanguinolentes et de rêves obsédants, le parcours d'Harry Angel est une introspection mentale, une forme d'hantise diabolique influencée par la culture du vaudou et de la sorcellerie. De manière latente mais avec une intensité toujours plus contraignante, le réalisateur tisse une toile autour de son protagoniste pour mieux le piéger et nous manipuler avant l'issue nihiliste de sa résolution traumatisante.
Motivé par l'indiscrétion afin de débusquer un chanteur énigmatique mais davantage compromis par sa contrariété et les troubles d'une psychose névrotique, Mickey Rourke excelle dans son jeu viscéral à incarner le rôle d'un détective discrédité. Dans celui de Louis Cypher, Robert De Niro lui partage la vedette avec autant de persuasion même si sa discrète présence ne s'impose pas aussi prégnante. Inquiétant dans son élégance mortifère et sa posture de baron aristocrate (ongles acérés à l'appui !), le comédien use de plaisir masochiste à molester son comparse dans un jeu psychique de duperie.


Jusqu'au bout des ténèbres
Oeuvre de pur cauchemar à la beauté opaque ensorcelante, Angel Heart semble avoir été façonné par le diable en personne tant son récit perfide nous achemine vers une effroyable révélation schizophrène. L'intensité toujours plus acerbe de son atmosphère lugubre, l'aura machiavélique qui en émane et l'interprétation transie d'émoi de Mickey Rourke renforcent l'aspect délétère de l'omnipotence du Mal. 

24.04.13. 3èx
Bruno Matéï


mardi 23 avril 2013

LE DERNIER REMPART (The Last Stand)

                               Photo empruntée sur Google, appartenant au site vivalacinema.superforum.fr

de Kim Jee-Woon. 2013. U.S.A. 1h47. Avec Arnold Schwarzenegger, Forest Whitaker, Eduardo Noriega, Peter Stormare, Rodrigo Santoro, Jaimie Alexander, Zach Gilford, Luis Guzman.

Sortie salles France: 23 Janvier 2013. U.S: 18 Janvier 2013

FILMOGRAPHIE: Kim Jee-Woon est un réalisateur, scénariste et directeur de la photo sud-coréen, né le 6 Juillet 1964 à Séoul.
1998: The Quiet Family, 2000: The Foul King. 2003: Deux Soeurs. 2005: A Bittersweet Life. 2008: Le Bon, la brute et le cinglé. 2010: I saw the devil. 2013: Le Dernier Rempart.


Après plus de 10 ans d'absence, Arnold Schwarzenegger revient sur les écrans dans un rôle majeur de dur à cuir sous la caméra de Kim Jee-Woon. Pur hommage aux séries B d'action des années 80 qui envahissaient nos écrans et nos étagères Vhs, Le Dernier Rempart est un plaisir coupable du samedi soir conçu pour divertir sans modestie.

Afin qu'un dangereux criminel preneur d'otage évite de franchir la frontière mexicaine, un shérif et ses adjoints décide de s'allier pour lui barrer le chemin au sein de leur petite bourgade. 


Actionner bourrin dénué de prétention en assumant pleinement sa fonction de divertissement, le Dernier Rempart s'affiche en western moderne sous l'égide d'un shérif sclérosé délibéré à ne pas se laisser intimider par la pègre d'un leader mafieux. Ca démarre fort avec une spectaculaire évasion high-tech élaborée par les sbires du dangereux repris de justice culminant sa fuite à bord d'un bolide blindé. Alors que la police tente par tous les moyens de le mettre hors d'état de nuire, il réussit haut la main à esquiver les barrages routiers avec l'ingérence d'hommes de mains suréquipés. Mais afin de gagner la frontière mexicaine, il doit emprunter l'itinéraire d'une petite ville du Texas. Dans cette bourgade reculée, le Shérif Owens décide de le cueillir parmi le volontariat d'adjoints débutants. C'est à ce moment propice que le clou du spectacle promu achève son apothéose dans un déluge d'échanges de tirs (sulfateuse à l'appui s'il vous plait !) et d'explosions. Avec l'efficacité d'une réalisation nerveuse décuplant sans répit ses séquences d'action continuellement cinglantes, le Dernier Rempart gagne d'autant plus notre sympathie par la dérision accordée à chaque personnage. Et en priorité vis à vis des adjoints couards du shérif, plutôt indécis à devoir se mesurer contre des malfrats belliqueux, mais davantage engagés dans un élan (suicidaire) de bravoure solidaire. La palme de l'hilarité en revenant à l'ancien trublion maso de Jackass, Johnny Knoxville, ici reconverti en benêt artilleur ! Avec une ferveur délurée, certaines de ses pitreries provoquent facilement le rire par sa démesure héroïque incontrôlée. Dans celui du shérif sexagénaire redresseur de tort, Arnold Schwarzenegger nous revient avec une forme lénifiante beaucoup moins agile pour sa posture stoïque qu'à l'époque de sa notoriété. Raison pour laquelle l'affrontement au corps à corps entamé avec Cortez relève plus du combat de catch que des traditionnelles bastons homériques. Néanmoins, sa présence avenante et sa bonhomie attachante nous émeut d'une certaine manière dans sa volonté de daigner renouer avec la symbolique du héros vaillant.


Nanar survitaminé assumant pleinement son rôle ludique d'actionner décérébré, le Dernier Rempart est une jouissive offrande pour tous les fans du genre. Et en particulier à ceux de la génération 80 qui auront été bercés par les buddy movies et films de guerre post-vietnamiens où leurs héros préférés (Stallone / Schwarzenegger, même combat !) se partageaient l'affiche avec une foi imperturbable. 

23.04.13
Bruno Matéï

lundi 22 avril 2013

LA PART DES TENEBRES (The Dark Half)

                                      Photo empruntée sur Google, appartenant au site filmaffinity.com

de George A. Romero. 1992. U.S.A. 2h02. Avec Timothy Hutton, Amy Madigan, Michael Rooker, Julie Harris, Robert Joy.

Sortie salles France: 18 Août 1993

FILMOGRAPHIE: George Andrew Romero est un réalisateur, scénariste, acteur, auteur américain, né le 4 Février 1940 à New-York.
1968: La Nuit des Morts-vivants. 1971: There's Always Vanilla. 1972: Season of the Witch. 1973: The Crazies. 1977: Martin. 1978: Zombie. 1981: Knightriders. 1982: Creepshow. 1985: Le Jour des Morts-vivants. 1988: Incidents de parcours. 1990: Deux Yeux Maléfiques. 1992: La Part des Ténèbres. 2000: Bruiser. 2005: Land of the Dead. 2008: Diary of the Dead. 2009: Survival of the Dead. 2011: Deep Red.


Oeuvre mésestimée aujourd'hui sombrée dans l'oubli, La Part des Ténèbres est l'un des films les moins appréciés du maître Romero. S'il s'agit de l'un de ces projets les moins personnels, on ne peut pas occulter l'originalité de son scénario (tiré d'un roman de Stephen King) ainsi que la conviction de ces interprètes. A la suite d'un chantage avec l'un de ses fans, l'écrivain Thad Beaumont décide de se débarrasser de son pseudonyme en divulguant sa véritable identité aux médias. Depuis ses déclarations, une série de meurtres sanglants ébranlent son entourage. Thad est rapidement suspecté par la police puisque ses empreintes digitales sont relevées sur les lieux de chaque crime.


En habile conteur, George A. Romero empreinte ici la voie du thriller fantastique en préconisant un suspense haletant parfaitement planifié. Le film se focalisant essentiellement sur une série  d'évènements meurtriers perpétrés au sein d'une petite bourgade et l'investigation autonome qui s'ensuit vis à vis de l'écrivain. En traitant du thème du double et de notre "part des ténèbres" enfouie en chacun de nous, George Romero dirige avec savoir faire un thriller diabolique reposant sur les épaules de Timothy Hutton. Dans un double rôle en demi-teinte, l'acteur véhicule une belle spontanéité à incarner deux personnages antinomiques confrontés à l'éthique du bien et du mal. A l'instar de Jekyll et Hyde, Thad Beaumont et Georges Starck forment la dualité d'une gémellité schizophrène. Leurs enjeux impartis à la soif de survivre, d'exister et de perdurer sont traités avec une certaine intensité dans leur esprit de rancoeur et intelligence pour sa réflexion identitaire sur l'influence du mal. Cette dense confrontation opposant un personnage de fiction avec son propre créateur (l'écrivain, prisonnier du genre qui a taillé sa réputation), suscite trouble et fascination, notamment par la caractérisation délétère de Georges Starck. Figure renfrognée du Mal matérialisée par la tumeur cérébrale de Thad Beaumont, insatiablement délibérée à cultiver sa nouvelle existence. Pour ajouter un aspect insolite à l'intrigue, George Romero fignole l'esthétisme d'une séquence cauchemardesque (le rêve prophétique de Thad), ainsi que l'onirisme d'une métaphore divine sous l'entremise de volatiles destinés à emporter l'âme des damnés. Sur ce point, la dernière séquence finale se révèle assez spectaculaire et singulière dans son imagerie poético-morbide déployant l'offensive d'une nuée de passereaux carnivores.


Avec modestie, George A. Romero s'impose en l'occurrence en habile conteur, dans l'art et la manière de transfigurer une intrigue originale. La densité de son interprétation et surtout la maîtrise acerbe de son suspense renforçant le caractère attachant de cet inquiétant thriller injustement méprisé. 

22.04.13. 3èx
Bruno Matéï

samedi 20 avril 2013

THE PACT

                        
                                                             Photo empruntée sur Google, appartenant au site nerdappropriate.com

de Nicholas McCarthy. 2012. U.S.A. 1h29. Avec Agnès Bruckner, Casper Van Dien, Caity Lotz, Mark Steger, Haley Hudson, Kathleen Rose Perkins, Sam Ball.

FILMOGRAPHIE: Nicholas McCarthy est un réalisateur, scénariste, compositeur américain.
2004: Maid (court-métrage). 2005: Cry for Help (court-métrage). 2009: The Chinese Box (court-métrage). 2011: The Pact (court-métrage). 2012: The Pact


Première oeuvre de Nicholas McCarthy passée directement par la case DTV, The Pact est une série B retorse malencontreusement occultée par un bouche à oreille timoré. Annie retourne dans la maison familiale auquel sa mère vient de succomber. D'étranges évènements surnaturels vont sérieusement l'ébranler après la disparition inexpliquée de sa soeur et sa cousine. En désespoir de cause, elle fait appel à un inspecteur de police puis s'engage personnellement dans une investigation criminelle.



Ambiance anxiogène aussi latente que diffuse baignant dans un climat malsain toujours plus prégnant, The Pact emprunte au thème de la demeure hantée avec une efficience constante. Sous prétexte d'un esprit frappeur perturbant la tranquillité de ses occupantes juvéniles, cette série B agréablement troussée utilise avec intelligence ses codes horrifiques en éludant toute esbroufe inutile. Ici, le procédé du "ouh fait moi peur" est exploité avec la dextérité d'une angoisse sous jacente avant de devenir plus tangible au fil d'une investigation criminelle aléatoire. Incarné avec sobriété par la jeune Agnès Bruckner, celle-ci campe le rôle d'une fille solitaire plutôt bourrue mais davantage enclin à évoluer dans un instinct de survie salvateur. Sa prestance timorée provoque de prime abord une certaine antipathie avant de nous attacher par ses accès de vaillance héroïque. En dépit de quelques ellipses et effets éculés, The Pact insuffle une certaine tension et suscite l'angoisse au rythme d'une enquête inquiétante. Qui plus est, à 2/3 passages intermittents, il réussit notamment à provoquer l'effroi par l'entremise d'apparitions macabres judicieusement amenées ! (l'intervention incisive de la voyante anémique au sein de la pièce secrète). Sans outrance gore (en dépit de l'estocade brutale d'un meurtre inopiné), le réalisateur soigne le cadre d'une maison familiale sévèrement compromise par un sombre secret. Avec une certaine habileté, le réalisateur réussit donc à s'approprier des conventions du genre en se focalisant sur la suggestion d'une ambiance glauque et la structure narrative d'une intrigue tortueuse plutôt malsaine. Quand au point d'orgue alarmiste, il ne manque pas de nous ébranler une dernière fois au sein d'un huis-clos restreint compromis à l'emprisonnement.


Pour les amateurs de frissons ludiques utilisés à bon escient, The Pact est une bonne surprise auquel le spectateur s'implique facilement par son savant dosage de suspense haletant et d'angoisse oppressante. A réhabiliter et faire connaître au plus grand nombre tant la petite frousse est lestement acheminée. 

Dédicace à Jenny
20.04.13
Bruno Matéï

HIERRO

                                      Photo empruntée sur Google, appartenant au site identi.li

de Gabe Ibanez. 2009. Espagne. 1h29. Avec Elena Anaya, Bea Segura, Mar Sodupe, Andrés Herrera, Miriam Correa, Kaiet Rodriguez.

Sortie Dvd France: 24 Novembre 2010. Sortie salles Espagne: 15 Janvier 2010

FILMOGRAPHIE: Gabe Ibanez est un réalisateur espagnol, né le 7 Juin 1971 à Madrid.
2009: Hierro


A la suite de la disparition inexpliquée de son fils sur un ferry, une mère décide de partir à sa recherche mais se retrouve plongée dans un désarroi paranoïaque.

Pour un premier film, le réalisateur Gabe Ibanez opte pour un fantastique éthéré sous couvert d'un drame psychologique intimiste. Au suspense lattent avare en péripéties, Hierro privilégie surtout un climat d'étrangeté prégnant sous l'égide d'une mère démunie, persuadée que son fils est resté en vie à la suite de sa disparition. S'agit-il d'un enlèvement ou d'un accident mortel ? Le rythme lancinant découlant des va-et-vient successifs d'une héroïne perdue au milieu d'un archipel et le manque d'aplomb de la réalisation risquent toutefois de rebuter certains spectateurs. Qui plus est, sa structure narrative indécise manque de conviction pour nous convaincre pleinement de son dénouement prévisible. Les quidams suspicieux étant mal exploités dans leur autorité hostile et leur potentielle culpabilité. Toute en fragilité humaine, l'actrice Elena Aneya véhicule une inévitable empathie dans le combat d'une mère désespérée à daigner retrouver son fils. Elle réussit avec sobriété à provoquer une émotion candide dans son instinct maternel subordonné à l'amour d'un enfant.


La mer des larmes
Si Hierro ne convainc pas pleinement, faute d'un scénario mal ficelé et d'un rythme un peu trop languissant, il réussit tout de même à provoquer une certaine émotion et un intérêt périodique au fil de séquences oniriques imprégnées d'une ambiance feutrée. En outre, son épilogue salvateur renoue avec une poésie diaphane lors d'une séquence fantasmagorique absolument bouleversante. En résulte un drame intimiste bancal qui manque de persuasion mais insuffle tout de même quelques bonnes idées et une certaine émotion au fil du cheminement hasardeux d'une héroïne déchue.

Dédicace à Cid Orlandu
20.04.13
Bruno Matéï

mercredi 17 avril 2013

JACK REACHER

                                                   Photo empruntée sur Google, appartenant au site collider.com

de Christopher McQuarrie. 2012. U.S.A. 2h10. Avec Tom Cruise, Rosamund Pike, Robert Duvall, Jai Courtney, Richard Jenkins, Werner Herzog.

Sortie salles France: 26 Décembre 2012. U.S: 21 Décembre 2012

FILMOGRAPHIE: Christopher McQuarrie est un réalisateur, producteur, acteur et scénariste américain, né en 1968 à Princeton dans le New Jersey.
2000: Way of the Gun
2012: Jack Reacher

Un mystérieux tueur abat froidement 5 citadins dans un jardin public. Une avocate et un ancien baroudeur vont faire équipe pour déjouer une mystérieuse conspiration.

Un bon polar d'espionnage déguisé en actionner contemporain. Un héros vindicatif pas comme les autres. Une intrigue tortueuse plutôt prenante qui converge vers le complot judiciaire. Tom Cruise est assez étonnant dans le rôle anti-conformiste d'un vagabond justicier particulièrement retors. Flegmatique mais véloce, il incarne son rôle avec sobriété, même si ces détracteurs pourraient lui reprocher sa rudesse d'esprit.
Attention tout de même aux amateurs d'action qui risqueraient d'être déçus, le film se focalisant surtout sur un suspense lattent au sein d'une intrigue à tiroirs quelque peu alambiquée. La réalisation appliquée, l'efficacité de son récit, les dialogues ciselés et le climat austère nous changent des sempiternels blockbusters conçus uniquement pour nous en mettre plein la vue. Ici, c'est tout l'inverse qui se produit, les deux seules scènes explosives étant uniquement au service d'une longue investigation policière. Tout cela manque quand même un peu de vigueur et d'intensité mais le polar déroutant s'avère néanmoins captivant pour ne pas ennuyer et fait presque figure d'ovni dans la caractérisation insolite de ce justicier infaillible.

18.04.13
Bruno Matéï


BASIC INSTINCT


                                      Photo empruntée sur Google, appartenant au site affiches-et-posters.com

de Paul Verhoeven. 1992. 2h08. Avec Michael Douglas, Sharon Stone, George Dzundza, Jeanne Tripplehorn, Denis Arndt, Leilani Sarelle, Dorothy Malone, Bruce A. Young

Sortie salles France: 8 mai 1992. U.S: 20 Mars 1992

FILMOGRAPHIE: Paul Verhoeven est un réalisateur néerlandais, né le 18 Juillet 1938 à Amsterdam.
1971: Business is business. 1973: Turkish Delices. 1975: Keetje Tippel. 1977: Le Choix du Destin. 1980: Spetters. 1983: Le Quatrième Homme. 1985: La Chair et le Sang. 1987: Robocop. 1990: Total Recall. 1992: Basic Instinct. 1995: Showgirls. 1997: Starship Troopers. 2000: l'Homme sans Ombre. 2006: Black Book.


Thriller érotique au succès international considérable (352 millions de dollars de recettes), Basic Instinct reçut un tel accueil enthousiaste qu'il généra une multitude d'ersatz particulièrement rustres. Outre le portrait psychologique imparti aux amants interlopes, sa grande réussite émane de son scénario délétère d'une subtile ambiguïté. Durant un rapport sexuel avec une mystérieuse blonde, une ancienne rock star est retrouvée sauvagement assassinée à coups de pic à glace. L'inspecteur Nick Curran mène l'enquête auprès de l'écrivain et psychologue Catherine Tramell, la maîtresse avec qui la victime avait eut une liaison la veille du crime. La rencontre sulfureuse avec cette femme retors va l'entraîner vers une relation amoureuse vénale jusqu'au point de non retour.


Suspense acéré, érotisme torride et violence incisive sont les ingrédients d'un thriller vertigineux au scénario impeccablement charpenté. L'extrême efficacité de son récit émane surtout des rapports de drague entretenus avec un flic indécis et une mante religieuse insaisissable. L'ambivalence de leur relation charnelle inscrite dans la romance et la suspicion convergent vers un jeu de manipulation où la potentielle coupable va tisser sa toile afin de mieux duper ses adversaires. Avec une maîtrise virtuose géométrique (les deux poursuites en voitures sont techniquement renversantes, l'estocade des meurtres d'une sauvagerie explicite et la stylisation érotique d'une audace épurée), Paul Verhoeven exploite sexe et violence avec une intelligence roublarde. Au sens aiguisé du suspense sans faille et en semant une suspicion progressive, il nous élabore une enquête criminelle jubilatoire par ses fausses pistes en pagaille, rebondissements et revirements sanglants. En mangeuse d'homme et lesbienne assumée, Sharon Stone explose littéralement l'écran et révèle son élégance charnelle avec une sensualité incongrue. La densité du scénario résulte en partie de la caractérisation de son personnage aussi trouble que clairvoyant. En victime galvaudée, subordonnée à l'amour d'une maîtresse bicéphale, Michael Douglas impose avec constance un jeu équivoque d'inspecteur en perdition entaché par ses sentiments. Un flic névrosé au passé torturé mais davantage délibéré à coincer sa présumée coupable pour vaincre ses doutes. A eux deux, ils forment un duo commun particulièrement indocile dans leurs pulsions sexuelles incontrôlées. Leur affrontement perfide est une guerre cérébrale sans merci mise en exergue sur le jeu de manipulation et l'appât de séduction.


Pulsions

Thriller érotique transgressif entièrement bâti sur la psychologie névrosée de ses personnages, Basic Instinct est un jeu de perversité transcendant le portrait d'amants déchus par l'échec amoureux. La révélation Sharon Stone et l'aura sulfureuse qui émane de ses ébats sexuels nous ensorcelle avec une grâce vénéneuse et achemine l'oeuvre novatrice de Verhoeven au rang de chef d'oeuvre des années 90.

17.04.13. 3èx
Bruno Matéï 

mardi 16 avril 2013

KING KONG (1976)

                         Photo empruntée sur Google, appartenant au site lescritiquesducritique.blogspot.com

de John Guillermin. 1976. U.S.A. 2h14. Avec Jeff Bridges, Jessica Lange, Charles Grodin, John Randolph, Rene Auberjonois, Julius W. Harris.

Sortie salles France: 8 Septembre 1976. U.S: 17 Décembre 1976

FILMOGRAPHIE: John Guillermin est un réalisateur, producteur et scénariste britannique, né le 11 Novembre 1925 à Londres (Royaume-Uni).
1950: Torment. 1959: La plus grand aventure de Tarzan. 1964: Les Canons de Batasi. 1965: La Fleur de l'âge. 1966: Le Crépuscule des aigles. 1968: Syndicat du meurtre. 1968: Un cri dans l'ombre. 1969: Le Pont de Remagen. 1970: El Condor. 1972: Alerte à la bombe. 1973: Shaft contre les trafiquants d'hommes. 1974: La Tour Infernale. 1976: King-Kong. 1978: Mort sur le Nil. 1980: Mr Patman. 1984: Sheena, reine de la jungle. 1986: King Kong 2. 1988: Poursuite en Arizona.


Gros succès à sa sortie en salles (90 millions de dollars de recettes pour un budget estimé à 23 000 000) mais aussi à la télévision puisqu'au milieu des années 80 Dino De Laurentiis eut l'idée de proposer une suite après sa projection record sur une chaîne américaine, King-Kong est un remake audacieux pour oser concourir au chef-d'oeuvre de Schoedsack. Surfant sur la vague des films catastrophes entrepris par La Tour Infernale et les Dents de la mer, son producteur fait appel au spécialiste John Guillermin pour réactualiser un classique du monster movie réputé imputrescible. Epaulé d'habiles artisans des FX, Carlo Rambaldi et Rick Barker, et offrant le premier rôle d'une jeune actrice débutante à Jessica Lange, ce King-Kong contemporain opte pour la démesure d'un spectacle exotique dont la réalisation ne manque pas d'aplomb. Le redécouvrir aujourd'hui prouve à quel point cette énorme production s'était donné les moyens afin de crédibiliser les vicissitudes du plus célèbre gorille du 7è art.


Avec l'aide d'habiles trucages confectionnés en animatronique ou à l'aide d'un simple costume en peau de primate, la plupart des séquences où le gorille apparaît se révèle tout à fait persuasive et non exempt d'émotion prude dans sa complicité charnelle avec la Belle. Justement, sur ce point, il s'agit de la version la plus érotisée illustrant avec fébrilité des moments de tendresse dont une séquence sulfureuse assez couillue (le viol implicite de Dwan provoqué par la bête). Avec la beauté de ses décors exotiques particulièrement grandioses (toute la partie confinée sur l'île du crane est esthétiquement flamboyante), King-Kong opte pour un spectacle ludique fertile en péripéties (la longue traque entamée par nos héros au sein de la jungle afin de retrouver Dwan, prisonnière de Kong, ou encore le combat de ce dernier contre un serpent géant). La spontanéité des comédiens (mentions à Jeff Bridges en pélerin écolo et à Charles Grodin dans celui du pétrolier cupide) et surtout le charme lascif de Jessica Lange accentuent l'aspect empathique que l'on éprouve pour le destin de la bête. Enfin, pour contenter les amateurs d'action catastrophiste, la seconde partie déploie plusieurs séquences spectaculaires assez impressionnantes (le crash ferroviaire, Kong se libérant de ses chaines sur la plate-forme externe devant une foule médusée et sa traque compromise au sommet des Twin Towers !) avant de nous chavirer vers un final tragique.


Sans jamais atteindre la magie, l'émotion et le souffle épique du chef-d'oeuvre de Cooper et Schoedsack, ce remake est suffisamment intègre, divertissant et attachant pour nous offrir un spectacle haut en couleurs gentiment rétro. La prestance innocente de Jessica Lange (non exempt de dérision dans ses réparties verbales infantiles) affectée par l'amour d'un gorille occasionne des séquences poétiques particulièrement touchantes. Enfin, l'impact émotionnel alloué à la mort tragique de la bête (moment d'anthologie resté dans toutes les mémoires) nous bouleverse bien au delà du générique de fin.  
A titre personnel, je reste aujourd'hui dans une certaine incompréhension à saisir les raisons équitables d'une oeuvre mal aimée et méprisée réfutant une certaine légitimité. 

16.04.14. 3èx
Bruno Matéï

lundi 15 avril 2013

L'EXORCISME D'EMILY ROSE (The Exorcism of Emily Rose)

                                       Photo empruntée sur Google, appartenant au site impawards.com

de Scott Derrickson. 2005. U.S.A. 2h02. Avec Laura Linney, Tom Wilkinson, Campbell Scott, Jennifer Carpenter, Colm Feore, Joshua Close, Kenneth Welsh, Scott Derrickson.

Sortie salles France: 7 Décembre 2005

FILMOGRAPHIE:  Scott Derrickson est un réalisateur, producteur et scénariste américain.
1995: Love in the Ruins. 2000: Hellraiser 5: Inferno. 2005: l'Exorcisme d'Emilie Rose. 2008: Le Jour où la terre s'Arrêta. 2012: Sinister. 2013: Goliath. Prochainement: Deus Ex.


Comme Emily l'avait prédit, son histoire a affecté de nombreuses personnes. Sa tombe est devenue un lieu de pèlerinage non officiel qui continue d'attirer des visiteurs du monde entier. Après le procès, le père Moore s'est mis à vivre en reclus, refusant de faire appel, et déclarant: "cette question concerne Dieu: les tribunaux de ce monde ne peuvent rendre de jugement sur elle". 
Erin Brune a communiqué son dossier a un expert médical et anthropologue dont les recherches et les travaux publiés sur la vie et la mort d'Emily Rose ont inspiré le film. 

Influencé par l'histoire d'Anneliese Michel, une jeune allemande décédée après une séance d'exorcisme dans les années 70, le film de Scott derrickson relate le calvaire d'Emily Rose, étudiante universitaire asservie par des forces démoniaques. Loin d'être un ersatz grossier de l'Exorciste de Friedkin ou d'un pseudo documenteur éculé, l'Exorcisme d'Emilie Rose s'en démarque lestement en privilégiant l'aspect médical d'un cas de possession (Emilie souffrirait de trouble épileptique psychotique !) plutôt que d'insister sur son caractère surnaturel lié à la spiritualité.


Avec l'efficacité d'un suspense lattent, le réalisateur alterne séances de procès pour la culpabilité du père Richard Moore (il est accusé d'homicide par imprudence) avec quelques moments horrifiques parfois terrifiants (les flash-back illustrant les premières manifestations surnaturelles infligées sur Emilie) ou impressionnants (la séance d'exorcisme confinée dans la grange). On sent bien que Scott Derrickson souhaite avant tout renforcer l'aspect crédible de son récit inspiré d'une authentique affaire de possession en juxtaposant les discours contradictoires de deux avocats. L'un préconisant une cause scientifique, l'autre une foi divine. Durant cette captivante session, le spectateur se pose donc en témoin, partagé entre l'explication rationnelle d'une grave pathologie, ou celle, irrationnelle, d'une existence démoniaque. Avec intelligence, le réalisateur ne prend pas parti sur ses théories antinomiques et nous laisse donc au final dans la suspicion. A savoir si une prescription médicale aurait pu influencer le décès d'Emilie ou s'il s'agissait d'un authentique cas de possession. Le débat argumenté accordant autant d'intérêt à la réflexion scientifique que mystique. En ce qui concerne la caractérisation interlope d'Emily, l'actrice Jennifer Carpenter réussit avec fébrilité à insuffler une dimension humaine dans son désespoir lamenté et ses crises de folie originaires d'une démence satanique. Son désarroi nous est retransmis avec réalisme rigoureux quand celle-ci se retrouve sujette à des visions hallucinatoires, ou quand elle doit endurer (ou s'infliger) diverses agressions corporelles d'une entité invisible. Qui plus est, sa silhouette longiligne et son faciès étrange renforcent le malaise éprouvé à la vue de ces contractions difformes.


Avec intelligence et efficacité, l'Exorcisme d'Emilie Rose allie le film de procès et l'épouvante pour mieux s'écarter des ficelles balisées du thème satanique. Sa réflexion spirituelle sur la foi catholique nous donne à réfléchir sur nos croyances intrinsèques (que l'on soit athée, pratiquant ou agnostique), sur nos doutes existentiels et surtout sur l'emprise chimérique du diable.

15.04.13. 3èx
Bruno Matéï

La véritable Anneliese Michel  (source wikipedia)
Anneliese Michel (1951 - 1976) est une jeune Allemande célèbre pour avoir été prétendument possédée par des démons. Sa vie a servi de modèle pour les films L'Exorcisme d'Emily Rose (film de Scott Derrickson sorti en2005) et Requiem (film de Hans-Christian Schmid sorti en 2006).

BIOGRAPHIE:
Depuis sa naissance le 21 septembre 1952 à Leiblfing (Bavière), Anneliese Michel mena d'abord une vie normale, caractérisée seulement par une grande piété. Du jour au lendemain, sa vie bascula.

Un jour de 1968, elle commença à trembler violemment et à ne plus savoir contrôler son corps. Lors de ses crises, elle perdait sa voix, ne pouvait plus appeler à ses parents pour leur demander de l'aide. Un neurologue diagnostiqua qu'elle souffrait d'épilepsie et fut admise à l'hôpital pour un traitement.

Après ses premières attaques, elle crut voir des visages démoniaques en train de grimacer lors de sa prière quotidienne, elle avait aussi l'impression d'entendre des voix. Anneliese en parla aux médecins qui ne savaient plus comment l'aider.

Au début de l'année 1973, les parents d'Anneliese demandèrent à plusieurs prêtres d'exorciser leur fille, mais ils pensaient qu'il lui suffisait de continuer de prendre ses médicaments. De plus, pour pratiquer un exorcisme, il fallait que la personne possédée répondît à des caractéristiques bien spécifiques : parler une langue qu'elle n'avait jamais apprise, avoir des pouvoirs surnaturels et se sentir gênée par des objets religieux.

En 1974, un prêtre l'examina et accepta qu'on pratiquât un exorcisme, mais sa hiérarchie le lui interdit. Son état alors empira et les crises devinrent de plus en plus violentes. Elle insultait les membres de sa famille, les battait et les mordait.

Elle refusait de manger, prétendant que les démons ne lui permettaient pas de le faire. Elle dormait à même le sol. On pouvait l'entendre toute la journée en train de hurler, de briser les crucifix et de détruire des peintures représentant Jésus.

En 1975, après avoir vérifié l'état de sa possession, l'archevêché autorisa un exorcisme fondé sur le rituel romain. Le curé de sa paroisse considérait qu'Anneliese était possédée par plusieurs démons dont il fallait la libérer. À partir de 1975, on pratiqua un ou deux exorcismes sur elle chaque semaine. Parfois, les crises étaient tellement fortes qu'il fallait trois hommes pour la maîtriser si on ne l'enchaînait pas. Malgré cela, elle put reprendre un semblant de vie normale : retourner à l'école, participer à un concours….

Cependant, les crises ne cessèrent pas. De plus en plus souvent, elle se trouvait paralysée et inconsciente. Elle refusait complètement de manger. Ses nombreuses génuflexions (plus de 600 de suite), provoquèrent une rupture au niveau des genoux. Quarante cassettes audio furent enregistrées lors des exorcismes afin d'en conserver des détails.

Le dernier exorcisme eut lieu le 30 juin 1976. À ce stade, Anneliese souffrait d'une pneumonie. Elle avait le visage émacié et souffrait d'une grande fièvre. Elle était exténuée physiquement. Mais elle restait consciente de sa situation. Sa mère enregistra sa mort.

Un procureur fit alors une enquête à la suite de laquelle les deux prêtres exorcistes et les parents d'Anneliese furent inculpés de négligence ayant entraîné la mort, car les médecins affirmaient qu'elle était épileptique et psychotique.

Les prêtres exorcistes firent écouter des enregistrements des différents exorcismes qu'ils avaient pratiqués, au cours desquels ils affirmaient pouvoir distinguer la voix de deux démons en train de se disputer, se demandant lequel des deux quitterait le premier le corps d'Anneliese.

Les parents et les deux prêtres furent condamnés à 6 mois de prison.

Anneliese Michel est aujourd'hui enterrée au cimetière de Klingenberg am Main, sa mère va lui rendre visite chaque jour. C'est un lieu de pèlerinage sur lequel se rendent des personnes de différentes nationalités. Elle est considérée comme la femme qui a bravement combattu Lucifer et ses Démons.

samedi 13 avril 2013

THE DIVIDE

                                             Photo empruntée sur Google, appartenant au site zoom.lk

de Xavier Gens. 2012. U.S.A. 1h57. Avec Lauren German, Michael Biehn, Milo Ventimiglia, Courtney B. Vance, Mickael Eklund, Ashton Holmes, Rosanna Arquette.

Sortie Dvd en France: 1er Juin 2012

FILMOGRAPHIE: Xavier Gens est un réalisateur, scénariste, producteur exécutif et acteur français, né le 27 Avril 1975 à Dunkerque.
2007: Hitman. 2008: Frontières. 2012: The Divide. 2012: The ABCs of death (un segment)


Pour son troisième long-métrage, Xavier Gens nous assène un véritable coup de poing à l'estomac avec ce huis-clos post-apo d'une intensité toujours plus éprouvante. A la suite d'une explosion nucléaire, une poignée de survivants se réfugie sous l'abri d'un bunker en attendant les retombées radioactives. Davantage reclus dans le désespoir et l'individualisme, ils vont devoir faire face à leurs pires névroses meurtrières. Film choc s'il en est, The Divide est une véritable descente aux enfers auquel une poignée de rescapés vont se retrouver confrontés à leur pire ennemi: l'homme ! Dans un climat irrespirable de claustration suintant l'insalubrité et la puanteur des excréments, nos antagonistes vont peu à peu céder à la panique du désespoir dans leur conflit de rivalité. Affamés et épuisés par la fatigue, les plus téméraires opposés à la hiérarchie d'un leader vont peu à peu se laisser motiver par la rancune dans une folie meurtrière irréversible. D'une violence abrupte jusqu'au-boutiste, Xavier Gens livre ici un constat implacable sur la nature primitive de l'homme quand celui-ci se retrouve privé de sa liberté et de son environnement familier. En l'occurrence, quand il est contraint de co-habiter en réclusion parmi l'intrusion de quidams désoeuvrés. Avec une radicalité impassible inscrite sur la dégénérescence morale, le réalisateur traite de notre instinct meurtrier, de la contagion du mal, de l'esprit d'individualité qui s'accaparent de l'homme, où orgueil et rancoeur vont laisser libre court à  une haine incontrôlée. Notamment notre incapacité à pouvoir vivre en communauté quand la précarité, la peur de trépasser et la phobie de l'isolement nous écartent de la cohésion fraternelle.


Durant plus de deux heures, nous nous sentons piégés en vase clos parmi l'incivisme de ses huit occupants dont chaque membre ne pourra compter que sur sa propre indépendance. Dans un déchaînement de violence émanant de leur déchéance autodestructrice, The Divide nous plonge au coeur d'un cauchemar claustrophobique où la notion de désespoir nous laisse en état de collapse. Quand au final nihiliste, il converge vers la folie paroxystique et enfonce encore le clou pour la destinée précaire de certains survivants, quand bien même dehors, la fin de la civilisation a déjà sonné le glas !

The End
Soutenu par la partition désenchantée de Jean-Pierre Taïeb, The Divide s'érige en tragédie humaine sous l'entremise d'antagonistes transis de haine (Milo Ventimiglia et Mickael Eklund vampirisent communément l'écran en tyrans sociopathes) ou de désoeuvrement (Rosanna Arquette se livre corps et âme dans la débauche sexuelle !). Une épreuve de force immorale, un cauchemar du néant laissant au final un sérieux goût de souffre dans la bouche par son aura malsaine. Le film est d'autant plus maîtrisé dans sa réalisation appliquée, parfaitement interprété et immersif en diable qu'il fut injustement banni de nos salles obscures.

Dédicace à Xavier Gens
13.04.13. 2èx
Bruno Matéï

vendredi 12 avril 2013

LA SEPTIEME PROPHETIE (The Seventh Sign)

                                           Photo empruntée sur Google, appartenant au site listal.com

de Carl Schultz. 1988. U.S.A. 1h33. Avec Demi Moore, Michael Biehn, Jürgen Prochnow, Peter Friedman, Manny Jacobs.

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Carl Schultz est un réalisateur américain, né le 19 Septembre 1939 à Budapest (Hongrie). 1977: The Tichborne Affair (télé-film). 1978: Blue Fin. 1987: Bullseye. 1987: Travelling North. 1988: La Septième Prophétie. 1989: Cassidy (télé-film). 1991: La Traversée de l'enfer. 1992: Les Aventures du jeune Indiana Jones (série TV). 1993: Curacao (télé-film). 1997: l'Amour en embuscade (télé-film). 1999: l'Homme qui parlait aux lions.


..."Ce film est une métamorphose, un message sur la nécessité d'avoir confiance en l'homme, sur notre fragilité également, notre planète pourrait disparaître, nous devrions aujourd'hui sérieusement nous en soucier, selon moi, ce message est important"...  Paul R. GURIAN (producteur exécutif)

Dans l'univers ludique du cinéma de genre, il arrive parfois que certaines séries B sombrent dans l'oubli alors que tout avait été soigneusement mis en oeuvre pour interpeller les cinéphiles les plus aguerris. La Septième Prophétie fait indubitablement partie de cette catégorie de métrage préalablement vouée à respecter le genre (et donc son public) avec une foi inébranlable. Elaboré par un réalisateur méconnu et incarné par des comédiens en pleine ascension (Demi Moore, Michael Biehn, Jürgen Prochnow), cette déclinaison inspirée de la Malédiction surprend par sa véracité à tenter de nous convaincre que l'apocalypse est à son avènement ! Alors que Abby et Russel forment un couple harmonieux, l'arrivée d'un étrange locataire va sérieusement remettre en cause la naissance de leur future progéniture. Pour cause, selon une sombre prophétie de la bible, le bébé d'Abby serait un enfant sans âme destiné à provoquer la fin du monde.


Dans la lignée des films satanistes inspirés des versets de la bible, La 7è Prophétie nous refait le coup de la "malédiction" avec ses prédictions catastrophistes si bien que notre environnement écologique subira nombre de dérèglements climatiques avant le fameux jugement dernier. Si la première demi-heure inspire inévitablement un sentiment de déjà vu, la maîtrise de la mise en scène ainsi que sa structure narrative nous persuadent déjà de son potentiel d'efficacité. Le spectateur s'identifiant notamment au désarroi progressif d'une future mère de famille, toujours plus contrariée face aux allégations prémonitoires d'un clandestin divin. Il faut d'ailleurs louer la sobre prestance de notre juvénile Demi Moore, incarnant avec une candeur fragilisée le rôle d'une épouse meurtrie. Sa dimension humaine nous insuffle une réelle empathie et doit beaucoup au caractère crédible de l'intrigue, sans compter l'importance universelle de son dilemme moral. Dans celui du messager de dieu, Jürgen Prochnow (la Forteresse Noire) dégage une troublante personnalité dans son discours fanatique inspiré de la colère de Dieu en nous interrogeant de façon suspicieuse sur sa véritable motivation. Un peu plus en retrait, Michael Biehn endosse la fonction d'un époux en retenue non exempt de conviction. Alors que l'exercice de sa profession d'avocat va jouer un rôle déterminant pour le sort d'un condamné à mort et la destinée de notre monde. Si La 7è prophétie s'alloue d'une mise en scène inspirée, d'un scénario solide et d'une interprétation probante (jusque dans les seconds rôles, tel cet étudiant juif prêtant main forte à Abby), il faut également reconnaître la densité de son suspense progressif toujours plus vertigineux quant aux enjeux alarmistes des protagonistes.


Sans jamais faire preuve d'esbroufe ou de violence racoleuse, Carl Schultz entreprend avec la 7è Prophétie un film fantastique éthéré imprégné de mysticisme. Et ce en dépit du caractère spectaculaire de son point d'orgue pourvu d'effets spéciaux impressionnants (le cataclysme régi au sein de l'hôpital). A l'instar de la Malédiction de Richard Donner, ce divertissement intelligent puise sa force émotionnelle et son intérêt dans sa véracité narrative à nous convaincre que l'apocalypse est sur le point d'éclater ! Une perle des années 80 à revoir absolument !

12.04.13. 3èx
Bruno Matéï



jeudi 11 avril 2013

AMERICAN MARY

                                     Photo empruntée sur Google, appartenant au site horror-movies.ca

de Jen Soska et Sylvia Soska. 2012. Canada. 1h42. Avec Katharine Isabelle, Antonio Cupo, Tristan Risk, David Lovgren, Paula Lindberg, Clay St. Thomas.

FILMOGRAPHIE: American Mary est le premier long-métrage des soeurs Soska.


R.A.S

mercredi 10 avril 2013

DRIVER (The Driver)

                              Photo empruntée sur Google, appartenant au site forum.plan-sequence.com

de Walter Hill. 1978. U.S.A. 1h31. Avec Ryan O'Neal, Isabelle Adjani, Bruce Dern, Ronee Blakley, Matt Clark, Felice Orlandi.

Sortie salles France: 23 Août 1978. U.S: 28 Juillet 1978

FILMOGRAPHIE: Walter Hill est un producteur, réalisateur et scénariste américain, né le 10 janvier 1942 à Long Beach, en Californie (États-Unis).
1975 : Le Bagarreur (Hard Times),1978 : Driver,1979 : Les Guerriers de la nuit, 1980 : Le Gang des frères James,1981 : Sans retour, 1982 : 48 heures, 1984 : Les Rues de feu,1985 : Comment claquer un million de dollars par jour,1986 : Crossroads, 1987 : Extrême préjudice, 1988 : Double Détente, 1989 : Les Contes de la crypte (1 épisode),1989 : Johnny belle gueule,1990 : 48 heures de plus,1992 : Les Pilleurs,1993 : Geronimo,1995 : Wild Bill, 1996 : Dernier Recours,1997 : Perversions of science (série TV),2000 : Supernova, 2002 : Un seul deviendra invincible, 2002 : The Prophecy, 2004 : Deadwood (série TV).


Bien avant le succès inattendu de Drive et la révélation Ryan Gosling, Walter Hill avait réalisé en 1978 un western urbain insolite, avec comme antagoniste principal, un chauffeur tout aussi mutique, conducteur infaillible de braqueurs de banque ! Honteusement occulté, ce polar dense magnifiquement interprété par le bellâtre Ryan O'Neal (à contre emploi de sa sage physionomie !) est une véritable perle noire d'une intensité acérée. Pour l'anecdote singulière, aucun protagoniste du film ne possède un quelconque patronyme ! Les personnages évolutifs se prénommant le "chauffeur", la "joueuse", le "détective" et le "contact" ! La trame, limpide, se résume à une traque incessante entre un chauffeur inébranlable et un flic bourru au sein d'une métropole crépusculaire. Délibéré à mettre en cabane ce roi de la conduite, le détective négocie la manigance d'un énième braquage de banque avec la complicité d'un gangster minable. Au préalable, une mystérieuse femme adepte des jeux de casino avait sauvé la mise du conducteur pour feindre un alibi après avoir été témoin du braquage. Pendant que le détective reste sur le qui-vive, une étrange relation équivoque se noue entre le couple.


Driver démarre sur les chapeaux de roue avec une séquence vertigineuse de poursuite automobile remarquablement coordonnée par le réalisateur assidu. Dans les rues nocturnes de New-York, une armada de véhicules de police est lancée à vive allure afin d'appréhender le fameux conducteur. Ce prologue incisif au montage fluide est l'entrée en matière d'un western urbain transcendant le portrait d'un anti-héros taciturne (Ryan O'Neal est habité par sa prestance austère), pourchassé par un flicard rancunier. Walter Hill organisant leur confrontation à la manière d'un jeu de compétition auquel le scénario charpenté multipliera trafalgars et revirements. Dans une ambiance de film noir typiquement seventie, Driver exploite magnifiquement le cadre d'un New-York ténébreux dont flics et gangsters semblent dominer la ville pour un enjeu imparti à l'appât d'une mallette. D'une efficacité redoutable dans son cheminement narratif jalonné de deux poursuites automobiles, le réalisateur dessine notamment le portrait subversif de trois antagonistes. Celui d'un détective cynique auquel Bruce Dern endosse son rôle perfide avec une hargne opiniâtre (non exempté de dérision). Celle d'une joueuse équivoque qu'Isabelle Adjani entretient avec un charme trouble, étrangement félin. Et enfin celui du fameux chauffeur de voiture, casse-cou stoïque que Ryan O'Neal transcende avec une stature hautaine impassible ! (Georges Miller s'en est d'ailleurs peut-être inspiré pour mettre en exergue la pugnacité suicidaire du personnage de Max !).


Rythmé par le tempo d'une bande son ombrageuse, dominé par la présence charismatique d'un trio d'antagonistes retors et mis en scène avec une rigueur formelle, Driver s'impose en modèle du film d'action, western urbain à la photogénie ensorcelante. 

Pour rappel, l'hommage de sa déclinaison: http://brunomatei.blogspot.fr/2011/12/drive-prix-de-la-mise-en-scene-cannes.html

10.04.13. 3èx
Bruno Matéï


 

mardi 9 avril 2013

HIGHLANDER


                   
                               Photo empruntée sur Google, appartenant au site backtothemovieposters.blogspot.com

de Russel Mulcahy. 1986. U.S.A/Angleterre. 1h55 (version européenne). Avec Christophe Lambert, Sean Connery, Roxanne Hart, Clancy Brown, Beatie Edney, Alan North, Jon Polito.

Sortie salles France: 26 Mars 1986. U.S: 7 mars 1986. Angleterre: 29 Août 1986.

FILMOGRAPHIE: Russel Mulcahy est un réalisateur australien, né le 23 Juin 1953 à Melbourne, dans l'état de Victoria.
1979: Derek and clive get the horn. 1984: Razorback. 1985: Arena. 1986: Highlander. 1991: Highlander 2. 1991: Ricochet. 1992: Blue Ice. 1993: l'Affaire Karen McCoy. 1994: The Shadow. 1996: Tireur en péril. 1998: La malédiction de la Momie. 1999: Resurrection. 2003: Swimming Upstream. 2007: Resident Evil: Extinction. 2008: Le Rois Scorpion 2. 2009: Fais leur vivre l'enfer, Malone !


Flop commercial aux States alors qu'en France il cumule pas moins de 4 141 203 entrées, Highlander aura tout de même engendré des suites mercantiles (séries TV en sus !) régressives comparé à l'oeuvre charnière de Russel Mulcahy. Avec le talent virtuose d'un jeune réalisateur novateur, cette grande fresque furibonde combine le genre fantastique puis l'action trépidante avec une singularité extravagante. Erigé sur le concept thématique de l'immortalité, Highlander nous illustre avec lyrisme la destinée d'un guerrier écossais, Connor Mc Leod. Condamné à vivre éternellement, il doit cependant faire face à son plus terrible rival, le chevalier noir Kurgan. Dans leur tradition, seul le dernier immortel victorieux peut remporter le "prix" à la fin du combat. Seulement, la décapitation est le seul moyen d'annihiler l'adversaire. Traqués depuis des siècles, les deux hommes s'engagent dans une lutte sans merci en plein New-York contemporain.


Dans un habile montage soucieux de créativité, Russel Mulcahy nous confronte à deux univers parallèles au sein de deux époques distinctes. L'Ecosse médiévale de 1536 et le New-York urbain de 1985. Grâce à cette transition narrative exploitant ses ruptures de ton par entremise de flash-back, le réalisateur alterne le souffle épique d'une fresque guerrière et l'action débridée d'une traque urbaine. Avec la spontanéité de deux comédiens habités par une verve exaltante (le jeune Christophe Lambert affilié au monstre sacré Sean Connery), Highlander nous relate leur incroyable odyssée avec un sens de bravoure et de loyauté digne des légendes séculaires. Outre le ton décalé de certaines situations débridées (le gymkhana de Kurgan avec une septuagénaire dans les ruelles nocturnes, la seconde course automobile entamée avec l'experte médicale ou encore sa rencontre blasphématoire avec Mc Leod en interne d'une église), Russel Mulcahy allie notamment le souffle romanesque d'une émotion prude pour la romance impartie entre Mc Leod et sa dulcinée. Sur ce dernier point, l'un des moments les plus bouleversants aborde avec acuité le thème douloureux de la perte de l'être cher quand un homme immortel doit témoigner de la vieillesse dégénérative de son épouse âgée. Cette dimension romantique que Christophe Lambert retransmet avec sensibilité doit beaucoup au caractère lyrique du film, en abordant notamment une réflexion existentielle sur le sens de la mortalité et le refus d'aimer (pour éviter de souffrir, Mc Leod doit s'engager à ne plus tomber amoureux). Sans compter l'ingérence de son mentor, Sean Connery, expert en apprentissage du maniement de l'épée (leurs séances d'entraînement exécutés sur les montagnes écossaises s'avèrent d'une puissance émotionnelle enivrante) et philosophe dans l'art d'exprimer la déontologie de la pérennité. Avec une belle efficacité et une originalité audacieuse (les combats physiques s'y mêlent au fracas des lames du katana, la puissance énergétique du "Quickening" qu'extériorise le vainqueur après chaque duel), Russel Mulcahy ne cesse d'alterner envolées lyriques, souffle épique et romantisme mélancolique.


Avec la densité d'un scénario singulier et le foisonnement de sa dimension humaine, Highlander s'érige en fresque ambitieuse multipliant les audaces visuelles dans son action échevelée. Au rythme d'une BO survitaminée imposée par Michael Kamen et le célèbre groupe Queen, le film culte de Mulcahy perdure les épreuves du temps par l'emprise de son pouvoir émotionnel, poème passionnel sur l'achèvement de la mortalité. 

09.04.13. 5èx
Bruno Matéï