lundi 8 juin 2015

LES INSATISFAITES POUPEES EROTIQUES DU DOCTEUR HICHCOCK

                                               Photo empruntée sur Google, appartenant au site Notrecinema.com 

La Bestia uccide a sangue freddo (la Clinique Sanglante/La Clinique des Ténèbres/Les Poupées sanglantes du Dr X) de Frenando Di Leo. 1971. Italie. 1h32. Avec Klaus Kinski, Margaret Lee, Rosalba Neri, Jane Garret, John Karlsen, Gioia Desideri, John Ely.

Sortie salles France: 1er Mars 1973. Italie: 2 Août 1971

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Fernando Di Leo est un acteur, scénariste et réalisateur italien, né le 11 Janvier 1932 à San Ferdinando di Puglia, décédé le 1er Décembre 2003 à Rome.
1964: Gli Eroi di ieri, oggi, domani. 1968: Roses rouges pour le Furher. 1969: La Jeunesse du Massacre. 1971: La Clinique Sanglante. 1972: Milan calibre 9. 1972: Passeport pour 2 tueurs. 1973: Le Boss. 1973: Séduction. 1974: Salut les pourris. 1975: Ursula, l'anti-gang. 1975: Colère Noire. 1977: Diamants de sang. 1980: Vacance pour un massacre. 1982: Pover'ammore. 1984: La Race des Violents. 1985: Killer Contro Killers.


En pleine mouvance du Giallo, Fernando Di Leo s'essaie au genre dans une forme aussi gratuite que complaisante avec La Clinique Sanglante. Le pitch superficiel empruntant une ligne de conduite rébarbative dans son alternance de sexe et de gore ! Un tueur masqué s'est infiltré dans l'académie d'une clinique psychiatrique pour y assassiner de jeunes patientes lubriques. Sur place, le corps médical semble indifférent à l'affluence des victimes avant l'ingérence de la police !


Dépourvu du moindre suspense quant à discerner l'identité du meurtrier, et d'un cheminement narratif entièrement alloué aux étreintes sexuelles et mises à mort inventives, les Insatisfaites poupées érotiques... fait preuve de paresse à construire une intrigue substantielle autour des exactions routinières d'un maniaque déambulant sans contrainte (ou si peu !) dans les couloirs de la clinique. Clairement estampillé produit d'exploitation, cette curiosité possède néanmoins quelques atouts dans sa forme épurée d'une photographie flamboyante et de décors gothiques teintés d'onirisme. A l'instar du plan d'ouverture dévoilant sous un ciel crépusculaire l'apparence fantasmagorique de la bâtisse ! Enchaînant à intervalle métronomique les échanges sexuels de saphisme et de masturbation féminine auscultée en zoom pornographique (une première pour le genre !), le cinéaste en extrait une indicible atmosphère d'étrangeté. Notamment par les ruptures de ton adoptées à sa partition dissonante et la posture dégingandée du tueur affublé d'une combinaison moulante et d'une cape noire ! Utilisant les ustensiles séculaires d'armes médiévales répertoriées dans la salle des tortures, ce dernier arpente les couloirs pour y alpaguer ses futures proies à l'instar d'un "Arsène Lupin", ou plutôt d'un "Baron Blood" échappé de chez Bava ! Pourvu d'un esthétisme stylisé dans l'élégance de ses images sensuelles ou morbides (notamment parmi l'appui d'un superbe défilé d'actrices italiennes!), le film n'hésite pourtant pas à contredire son épure en y insérant quelques plans X et gores parfois gratinés (certains coups de hache filmés en gros plan, le carnage final particulièrement erratique !). Quant à la présence timorée de Klaus Kinski, il fait ici preuve d'une étonnante docilité à symboliser l'autorité d'un docteur aussi affable que respectable avant de se laisser sentimentalement attendrir par l'une de ses patientes. 


Inévitablement mineur pour le genre, de par la vacuité du scénario dépourvu d'enjeux dramatiques et le comportement anémique de personnages stériles, les Insatisfaites poupées érotiques du Dr Hichcock fait pourtant preuve d'ambition dans l'onirisme de sa stylisation sensuelle et de son climat d'étrangeté déconcertant ! Une curiosité Bis assez audacieuse donc, principalement dans la structure iconoclaste de son atmosphère baroque et polissonne, à apprivoiser comme une expérience irrationnelle ! 

Bruno Matéï
2èx

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