lundi 15 juin 2015

L'INCROYABLE ALLIGATOR

                                                                                Photo empruntée sur Google, appartenant au site imgsoup.com

"Alligator" de Lewis Teague. 1980. U.S.A. 1h29. Avec Robert Forster, Robin Riker, Michael V. Gazzo, Dean Jagger, Sydney Lassick, Jack Carter, Perry Lang, Henry Silva.

Sortie salles France: 16 Juin 1982. U.S: 2 Juillet 1980

FILMOGRAPHIE: Lewis Teague (né le 8 mars 1938 à Brooklyn, New-York, Etats-Unis) est un réalisateur, monteur, acteur et directeur de la photographie américain.
1974: Dirty O'Neil. 1979: The Lady in red. 1980: L'Incroyable Alligator. 1982: Fighting Back. 1983:Cujo. 1985: Cat's Eye. 1985: Le Diamant du Nil. 1989: Collision Course. 1990: Navy Seals: les meilleurs. 1991: Wedlock.


Dans la lignée de C.H.U.D et d'Epouvante sur New-York réalisés quelques années plus tard et d'une poignée de séries Z (Killer Crocodile, Alligator, Crocodile), L'incroyable Alligator exploite le filon du gigantisme animalier lorsqu'un croco devient la victime d'une mutation génétique à la suite d'un produit toxique déversé dans les égouts par des scientifiques peu scrupuleux. Confiné dans les canalisations, il hante les lieux à la quête de proies humaines. Après la découverte de cadavres déchiquetés, les médias s'emparent de l'affaire et créent un vent de panique alors que l'inspecteur David Madison est chargé de l'enquête. Inspiré par les Dents de la mer pour reprendre son concept horrifico-catastrophiste, l'Incroyable Alligator se porte également héritier des classiques alarmistes des années 50 tels que Des monstres attaquent la ville ou la Chose surgie des ténèbres.


Dénonçant en sous-texte les dérives illégales de la vivisection lorsque des scientifiques sans vergogne ont décidé d'expérimenter un produit chimique (un dérivé de la testostérone) sur des animaux de labo, Lewis Teague aborde les dangers de la pollution au mépris de l'agroalimentaire. Outre sa volonté militante de fustiger les dérives de la science sans toutefois en châtier ses responsables, l'intrigue met surtout en pratique l'investigation ardue d'un flicard et d'une charmante scientifique afin de débusquer l'alligator. Arpentant sans succès les égouts parmi une escorte de spécialistes, David Madison est également compromis par l'accueil impromptu d'un chasseur mégalo avant de se réconforter dans les bras de sa collègue. Si sa structure narrative conventionnelle (massacres, enquête, idylle amoureuse, traque en règle) fait preuve de paresse pour renouveler son concept horrifique, la bonhomie attachante du couple de héros formé par Robert Foster et Robin Riker, et l'aspect fascinant de la créature disproportionnée conservent une certaine efficacité à l'ensemble sans provoquer d'ennui. Notamment par le biais débridé de deux séquences aussi spectaculaires qu'audacieuses dans leur schéma catastrophique, témoignage de masse d'une population en panique à l'appui ! L'alligator ayant parvenu à rejoindre les ruelles de la ville, particulièrement celle où une réception bat son plein parmi l'élite d'invités mondains. Avec modestie, et afin de renforcer son degré de réalisme, le cinéaste combine la qualité d'effets mécaniques avec l'authenticité d'un saurien déambulant autour de maquettes. En dépit de son aspect quelque peu désuet, ses séquences jouissives parviennent autant à amuser qu'à provoquer le frisson, effets gores soignés en sus.


Si l'Incroyable Alligator pâti d'un manque de densité dans sa structure narrative et d'une absence de psychologie du point de vue de nos héros, la décontraction amusée de l'excellent Robert Foster, ses seconds rôles tous aussi charismatiques (Henry Silva en tête !), ses touches d'humour fantaisiste (l'intrusion grotesque du poseur de bombe dans le commissariat, le merchandising prôné grâce à la célébrité de l'alligator) et la présence surdimensionnée du caïman parviennent néanmoins à rendre fréquentable cette sympathique série B.

Bruno Matéï
3èx.

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