mercredi 24 juin 2015

MASSACRE A LA TRONCONNEUSE 2

                                                                              Photo empruntée sur Google, appartenant au site gallerytheimage.com

"The Texas Chainsaw Massacre 2" de Tobe Hooper. 1986. U.S.A. 1h40. Avec Dennis Hopper, Caroline Williams, Jim Siedow, Bill Moseley, Bill Johnson, Ken Evert, Harlan Jordan, Kirk Sisco.

Sortie salles France: 21 Janvier 1987. U.S: 22 Août 1986

FILMOGRAPHIE: Tobe Hooper est un réalisateur américain né le 25 Janvier 1943 à Austin (Texas). 1969: Eggshells, 1974: Massacre à la Tronçonneuse, 1977: Le Crocodile de la Mort, 1979: The Dark (non crédité), 1981: Massacre dans le Train Fantôme, 1982: Poltergeist, 1985: Lifeforce, 1986: l'Invasion vient de Mars, Massacre à la Tronçonneuse 2, 1990: Spontaneous Combustion, 1993: Night Terrors, 1995: The Manglers, 2000: Crocodile, 2004: Toolbox Murders, 2005: Mortuary, 2011: Roadmaster.


12 ans après avoir révolutionné le cinéma d'horreur avec le mythique Massacre à la Tronçonneuse, Tobe Hooper s'entreprend de réaliser une suite depuis que le public de l'époque n'avait pas percuté le ton sardonique de son ascendant. Echec commercial à sa sortie alors que la critique lui fit également grise mine, Massacre à la Tronçonneuse 2 prend l'énorme risque de désamorcer la crudité malsaine de son modèle en privilégiant la parodie cartoonesque et afin de relancer l'intérêt des exactions cannibales de la famille Sawyer. Témoin auditrice d'un double assassinat depuis sa station de radio, l'animatrice Stretch Brock se confronte rapidement à l'accueil improvisé des tueurs cannibales Chop Top et Leatherface après avoir osé retransmettre sur les ondes les hurlements stridents des victimes. Chargé de l'enquête, le lieutenant "lefty" Enright cherche de son côté à se venger des auteurs de la mort de Franklin Hardesty avec l'appui d'une tronçonneuse. Après avoir échappé à la mort lors d'une altercation sanglante dans sa station, Stretch Brock s'efforce de prendre en filature Leatherface et Chop Top confinés dans les sous-sols d'un abattoir désaffecté. C'est à ce moment même que Lefty s'engage également à arpenter le dédale depuis que l'animatrice est retenue prisonnière. 


Nanti d'un scénario avare en rebondissements, si ce n'est l'idylle amoureuse que Leatherface éprouve pour Stretch et la confrontation épique à la tronçonneuse entamée entre lui et le lieutenant Lefty, Massacre à la Tronçonneuse 2 pâti d'une structure narrative peu surprenante dans les agissements meurtriers de la famille Sawyer contraints de perpétrer leur tradition parmi l'appui du grand-père sénile. Afin de dynamiser l'intrigue et rendre l'ensemble ludique, Tober Hooper compte sur la posture belliqueuse de Dennis Hopper et l'extravagance des antagonistes s'égosillant et grimaçant à tout va pour provoquer l'émoi afin de motiver l'intérêt du spectateur partagé entre (sou)rire amusé et fascination morbide. A ce niveau, les maquillages conçus par Tom Savini s'avèrent remarquables de réalisme (à l'instar du dépeçage humain pratiqué sur une des victimes) si on épargne deux effets rustres (les bidoches éventrées à la tronçonneuse) lors du final grand-guignolesque. Dans son enjeu de survie, c'est donc une course poursuite haletante que nous retrace Tobe Hooper sous l'impulsion fraternelle d'une animatrice radio et d'un lieutenant pugnace, pris à parti avec les élucubrations macabres des Sawyer. Le cinéaste misant notamment sur l'exploitation souterraine de l'abattoir nanti pour le coup d'ornements de fête foraine. Si l'ensemble fait preuve de sympathie dans son goût couillu pour la parodie sardonique et d'une certaine tension dans quelques altercations homériques, l'humour grotesque et le jeu volontairement outrancier des personnages effleurent parfois (souvent ?) le ridicule à force de surenchérir dans la démesure cartoonesque.


Emaillé de séquences réussies (à l'instar de son prologue halluciné ou de cette confrontation sentencieuse partagée entre deux victimes défigurées !) et d'autres ratées (les interventions cabotines d'un Leatherface surjouant sa déficience mentale), Massacre à la Troçonneuse 2 semble mal supporter le poids des années, faute de sa dérision lourdingue et en dépit de la bonne volonté des comédiens (mention spéciale à Caroline Williams pleine d'aplomb dans sa condition d'animatrice molestée !). On comprend alors mieux aujourd'hui le facteur de son échec considérable malgré la sympathie que pourrait encore lui accorder une frange de cinéphiles nostalgiques.  

La Chronique de Massacre à la Tronçonneuse (1974): http://brunomatei.blogspot.fr/…/massacre-la-tronconneuse-te…
La Chronique du remake Massacre à la Tronçonneuse: http://brunomatei.blogspot.fr/2014/04/massacre-la-tronconneuse-2003-texas.html

Bruno Matéï
4èx


1 commentaire:

  1. perso j'ai eu bcp de mal à apprécier cette suite la 1ère fois. Mais après plusieurs visionnages, je trouve qu'elle a le mérite de se détacher du 1er, tout en proposant une folie jubilatoire. Le dernier bon épisode de la saga

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