lundi 1 juin 2015

VENIN (Venom)

                                                                                  Photo empruntée sur Google, appartenant au site arte.tv
                                                
de Piers Haggard. 1981. UK. 1h32. Avec Klaus Kinski, Oliver Reed, Nicol Williamson, Sarah Miles, Sterling Hayden, Cornelia Sharpe, Lance Holcomb, Susan George.
Date de sortie : 11 Juin 1981.

Sortie salles France: 20 Janvier 1982

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Piers Haggard est un réalisateur anglais né le 18 Mars 1939.
1970: La Nuit des maléfices, 1979: The Quatermass conclusion, 1980: Le Complot diabolique du Dr. Fu Manchu, 1981: Venin, 1994: La Brèche, 2006: Les pêcheurs de coquillage (Télé-film).


Pour rappel, Venin est l'adaptation du roman "Des serpents sur vos têtes" d'Alan Scholefield, publié en France dans la collection "Série Noire". Les américains s'approprient les droits quand bien même l'illustre Tobe Hooper s'attelle à la réalisation. Mais préférant s'attaquer à son nouveau projet du fameux Massacre dans le Train Fantôme, il quitte précipitamment le tournage au bout de quelques jours. Le producteur Martin Bregman invoque alors au réalisateur britannique Piers Haggard de le remplacer après seulement une dizaine de jours de préparation. A Londres, trois gangsters prennent en otage un garçon et son grand-père contre une demande de rançon. Mais ce qui devait débuter comme un banal kidnapping va vite se transformer en huis-clos cauchemardesque lorsque un Mamba noir, le serpent le plus vénimeux au monde, s'est infiltré par erreur dans la maison. La police, dépêchée sur les lieux, tente de collaborer avec les ravisseurs. 


Série B d'exploitation efficacement gérée sous l'égide de Piers Haggard, petit artisan de série B à qui l'on doit notamment l'étonnant La Nuit des Maléfices, Venin empreinte le chemin balisé du suspense policier avec ce kidnapping d'un bambin que des malfaiteurs tentent de négocier parmi l'hostilité d'un intrus infiltré parmi eux dans l'enceinte de leur refuge. C'est là où l'intrigue, aussi modeste et sans surprises soit-elle dans ces attaques cinglantes, tentative d'effraction et concertation, tire parti de son originalité avec l'icone du Mamba Noir ! Le serpent le plus vénimeux au monde qu'un enfant venait de récupérer à son domicile après l'erreur de livraison d'un zoo. A cette occasion, et pour crédibiliser sa présence, on est d'ailleurs surpris d'apprendre au générique de fin qu'un réel Mamba eut été sélectionné pour le tournage après avoir été rigoureusement dressé ! Alternant suspense latent et tension horrifique, Venin parvient à divertir et retenir l'intérêt grâce à la présence sournoise du reptile parfois établie en caméra subjective (ses errances dans les conduits d'aération), quand bien même ses altercations s'avèrent parfois impressionnantes de réalisme par leur intensité incisive. A l'instar du premier meurtre invoqué chez la domestique, l'actrice Susan George parvenant à retranscrire avec beaucoup de vérité l'impuissance de son désemparement, son marasme contre l'asphyxie, faute du poison foudroyant injecté dans son sang. Grâce à sa vigueur dramatique, on reste encore impressionné par la violence de cette cruelle mise à mort au moment scrupuleux où la victime succombe à ses blessures. Outre la sympathique distribution des seconds-rôles (Sarah Miles en doctoresse altruiste, Nicol Williamson en détective flegme, Sterling Hayden en grand-père papounet et Lance Holcomb en garçonnet fragile), Venin s'affirme un peu plus avec la prestance notable de deux monstres sacrés. Oliver Reed et Klaus Kinski se disputant violemment leur autorité de pouvoir avec inimitié d'ego et insolence de la discorde.  


Sans surprise et trop modeste pour l'enjeu dramatique de sa prise d'otage mais efficace et indéniablement attachant grâce à la bonhomie de sa distribution et la présence fascinante du reptile tapi dans l'ombre, Venin reste un sympathique huis-clos à suspense que les nostalgiques des années 80 auront principalement plaisir à se remémorer. 

Bruno Matéï
01.06.15. 6èx 
01.01.11 5è (415 vues)

Photos ci-dessous, Lance Holcomb


 




                                         

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