jeudi 1 octobre 2015

LA FIEVRE DU SAMEDI SOIR

                                                          Photo empruntée sur Google, appartenant au site impawards.com

"Saturday Night Fever" de John Badham. 1977. U.S.A. 1h59. Avec John Travolta, Karen Lynn Gorney, Barry Miller, Joseph Cali, Paul Pape, Donna Pescow, Bruce Ornstein, Val Bisoglio.

Sortie salles France: 5 avril 1978 (Interdit aux - de 18 ans). U.S: 16 Décembre 1977

FILMOGRAPHIE: John Badham est un réalisateur et producteur britannique, né le 25 Août 1939 à Luton. 1976: Bingo. 1977: La Fièvre du samedi soir. 1979: Dracula. 1981: C'est ma vie après tout. 1983: Tonnerre de feu. 1983: Wargames. 1985: Le Prix de l'exploit. 1986: Short Circuit. 1987: Etroite Surveillance. 1990: Comme un oiseau sur la branche. 1991: La Manière Forte. 1992: Nom de code: Nina. 1993: Indiscrétion Assurée. 1994: Drop Zone. 1995: Meurtre en suspens. 1997: Incognito. 1998: Road Movie.


Le saviez-vous ? 40 Millions d'exemplaires de la bande originale du film ont été vendus à travers le monde.

Phénomène planétaire de la fin des années 70 ayant révélé l'acteur John Travolta dans son rôle de jeune premier animé par la fougue du Disco, La Fièvre du Samedi soir marqua toute une génération de spectateurs sous l'impulsion musicale des Bee Gees. Relatant sans prétention l'initiation à la Danse et à la maturité du point de vue d'un jeune play-boy issue d'une famille prolétaire italo-américaine, La Fièvre du Samedi soir alterne chorégraphies de danse sous les néons de boites de nuit et virées noctambules d'une bande de jeunes paumés alors que notre roi du disco tente de courtiser une danseuse d'un niveau social autrement érudit. Cette intrigue futile n'épargnant pas quelques longueurs et maladresses (principalement le développement perfectible de certains personnages) dépeint avec un certain réalisme le portrait d'une génération au mal-être existentiel sous l'autorité désabusée de Tony Manero. Un jeune ouvrier n'accordant toute son énergie qu'à sa passion du Disco sous l'enchaînement des pas et des mouvements du corps parmi l'appui d'une orgueilleuse difficilement apprivoisable. Cumulant les bévues pour ses dragues vulgairement improvisées et les virées marginales parmi ses comparses peu recommandables, Tony Manero finit par se lasser de son quotidien primaire sous le témoignage lucide de sa partenaire. 


Si les ressorts psychologiques du duo d'amants pâti d'un manque d'intensité et d'une certaine ambiguïté dans leur relation amoureuse houleuse (Karen Lynn Gorney s'avérant un peu trop versatile au travers de ses émotions), le charme finit tout de même par opérer grâce à la spontanéité de John Travolta plutôt à l'aise dans son rôle de dragueur et de danseur intarissables. Qui plus est, en témoignant avec émotion de l'ascension musicale du Disco à l'entrée des boites de nuit des Seventies, John Badham met en exergue des numéros de danse vertigineux que la musique inoxydable des Bee Gees et l'aplomb physique de Travolta vont transcender avec une acuité irrésistible. Sur ce point, la première demi-heure s'avère le pilier émotionnel d'un spectacle musical haut en couleur, véritable immersion sensitive dans l'univers fébrile des boites de nuit auquel Travolta impose son énergie de chorégraphe avec une agilité ensorcelante ! Si les autres séquences musicales qui interfèrent l'intrigue ne retrouvent pas cette même frénésie émotionnelle, La Fièvre du samedi soir réussit tout de même à diluer charme et empathie (nostalgique !) pour la remise en question de notre play-boy en quête sentimentale et professionnelle, quand bien même l'épilogue nous provoque une émotion poignante quant à l'ultime compromis amical des amants (notamment ce plan évocateur sur deux mains enlacées).


Peut-être moins percutant et fascinant qu'à l'époque de sa sortie mais indéniablement attachant, notamment dans le portrait fragile imparti à une jeunesse avide de reconnaissance et de tendresse (deux seconds-rôles y attribuent aussi dans leur fonction désoeuvrée), La Fièvre du samedi soir préserve son attrait sous la fulgurance musicale (et indémodable) des Bee Gees et le magnétisme séducteur d'un John Travolta en pleine consécration ! Un témoignage touchant d'une époque révolue, à revoir avec un pincement au coeur.

Dédicace à Pascale Pallante
Bruno Matéï
3èx

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