lundi 30 novembre 2015

THE HARVEST

                                                                                    Photo empruntée sur Google, appartenant au site filmosphere.com

de John Mc Naughton. 2013. U.S.A. 1h48. Avec Michael Shannon, Samantha Morton, Natasha Calis, Charlie Tahan, Peter Fonda, Leslie Lyles.

Sortie salles: INEDIT

FILMOGRAPHIE: John Mc Naughton est un réalisateur américain, né le 13 Janvier 1950 à Chicago.
1984: Dealers in Death. 1986: Henry, portrait d'un serial killer. 1991: Sex, drugs, Rock and Roll. 1991: The Borrower. 1993: Mad Dog and Glory. 1996: Normal Life. 1998: Sexcrimes. 2000: Condo Painting. 2001: Speaking of sex. 2004: Redliners. 2009: Backstabbers. 2013: The Harvest.


Révélé par Henry, portrait d'un serial-killer, John Mc Naughton renoue de manière plus édulcorée avec le genre horrifique avec The Harvest. Un thriller à suspense où se télescope habilement le drame psychologique lorsqu'une famille dysfonctionnelle s'efforce de préserver la santé de leur jeune fils paraplégique. Mais l'arrivée fortuite d'une jeune voisine soucieuse du sort de l'adolescent va semer le désordre au sein de leur cellule familiale. Un pitch facilement séduisant dans la manière leste dont John Mc Naughton juxtapose le thriller et le drame avec un sens du suspense calibré.


La condition estropiée d'Andy, l'humanisme fragile des parents et la suspicion de leurs comportements permettant au spectateur de s'y identifier avec une compassion interrogative. Eprouvant une inévitable empathie pour le sort d'Andy atteint de grave paralysie, le cinéaste nous confronte à son désarroi moral et physique (il est un fan de baseball) parmi le témoignage d'une jeune voisine, élément perturbateur car témoin-clef de circonstances aussi malchanceuses que profitables quant à la condition précaire d'Andy. En dépit de la fluidité de son intrigue soigneusement charpentée dosant avec juste mesure rebondissements et revirements surprenants, The Harvest tire-parti de son intensité dans la présence dépouillée des comédiens. Outre le plaisir de retrouver Michael Shannon (Take Shelter) dans celui du paternel équivoque, Samantha Morton en mère castratrice ou encore l'apparition annexe de Peter Fonda en grand-père avenant, la prestance de la néophyte Natasha Calis (découverte dans Possédée) leur vole presque la vedette tant elle apporte beaucoup de tension à la progression de l'énigme en porte à faux. Endossant de manière expressive une investigatrice juvénile aussi craintive que burnée, la comédienne oscille sentiments d'amitié, d'anxiété et de courage avec une sobre vigueur pour le sort de son compagnon d'infortune.


Thriller à suspense impeccablement soutenu parmi l'ossature de son intrigue et l'implication enjouée de comédiens pleins de tempérament, The Harvest aborde les thématiques de l'amour maternel, la maltraitance infantile et de la perte de l'être cher avec une dimension humaine davantage erratique. Une manière horrifique d'alimenter les frissons sous alibi d'un cheminement narratif aussi inopiné qu'efficace. Excellent. 

Bruno Matéï


vendredi 27 novembre 2015

ROCKY. Oscar du Meilleur Film, 1977.

                                                                 Photo empruntée sur Google, appartenant au site senscritique.com

de John G. Alvidsen. 1976. U.S.A. 2h00. Avec Sylvester Stallone, Talia Shire, Burt Young, Carl Weathers, Burgess Meredith, Thayer David, Joe Spinell

Sortie salles France: 25 Mars 1977. U.S: 3 Décembre 1976

FILMOGRAPHIE: John Guilbert Avildsen est un réalisateur américain né le 21 décembre 1935 à Oak Park, en banlieue de Chicago dans l'Illinois.
1969 : Turn on to Love (en). 1970 : Guess What We Learned in School Today? 1970 : Joe, c'est aussi l'Amérique. 1971 : Cry Uncle! 1972 : Okay Bill. 1972 : Sauvez le tigre. 1975 : W.W. and the Dixie Dancekings. 1976 : Rocky. 1978 : Slow Dancing in the Big City. 1980 : La Formule. 1981 : Les Voisins. 1984 : Karaté Kid. 1986 : Karaté Kid : Le Moment de vérité 2. 1987: Happy New Year
1988 : Et si on le gardait ? 1989 : Karaté Kid 3 (The Karate Kid, Part III). 1989 : Lean on Me
1990 : Rocky 5. 1992 : La Puissance de l'ange. 1994 : 8 secondes. 1999 : Inferno.


Oscars du Meilleur Film, Meilleur Réalisateur et Meilleur Montage, Rocky reçut un succès planétaire à travers le monde (même si en France le nombre d'entrées fut timoré) et marqua à jamais plusieurs générations de spectateurs éblouis par le récit initiatique d'un boxeur de seconde zone hanté par l'esprit de revanche. Un symbole du "rêve américain" dans sa détermination, sa philosophie, sa labeur et son courage à prouver aux yeux du monde qu'il n'est pas un loser comme l'a laissé sous-entendre son passé perfectible. Par le biais de ce personnage marginal inscrit dans la fragilité humaine et la volonté de transcender son train de vie précaire, Rocky révéla aux yeux du public la future égérie du cinéma d'action moderne, Sylvester Stallone. L'acteur, littéralement habité par son statut symbolique, laissant libre court à ses sentiments contradictoires de constance, d'endurance et d'angoisse de l'échec avec un humanisme romantique. A l'instar de l'idylle entamée avec Adrian que John G. Alvidsen dépeint avec beaucoup d'humilité. Tourné en seulement 28 jours avec un budget de 1 075 000 dollars, le film en rapporta 225 000 000 $ aux quatre coins du monde alors que son thème, Gonna Fly Now, composé par Bill Conti accèdera à la première place du Billboard Hot 100 du 2 au 8 Juillet 1977. D'après un scénario entièrement écrit par Sylvester Stallone, le film suit donc le parcours initiatique d'un boxer ayant l'opportunité de prouver ses atouts en affrontant un champion du monde de poids lourds le jour du bicentenaire.


Avec une émotion remplie de tendresse pour ces personnages, John G. Alvidsen brosse les portraits intimes de prolétaires conscients de leur statut besogneux car hantés par la peur de l'échec, la désillusion et l'hésitation d'affronter leur vie. Je songe surtout à Paulie Pennino, l'ami de Rocky, boucher bourru désespéré à l'idée de perdurer sa profession, quand bien même sa soeur introvertie Adrian, occupe une place de vendeuse en animalerie avec une discrétion timorée. Par le biais de ce duo atone, Rocky va tenter d'y apporter une touche d'optimisme et de s'y faire une place en courtisant de prime abord Adrian (ce qui nous vaut des scènes romantiques d'une pudeur émotionnelle souvent poignante). Ces personnages de désoeuvrés bourrés de fragilité dans leur condition d'exclu, John G. Alvidsen les filment avec une sobre dignité, quand bien même le personnage secondaire de Mickey, manager grincheux subitement épris d'empathie pour l'ambition de Rocky, intervient pour contrer l'angoisse de l'échec. A travers les thèmes antinomiques du manque de confiance et du dépassement de soi, le parcours personnel de Rocky n'est pas de remporter la victoire pour le trophée d'une ceinture mais de résister au combat, tenir la distance, marquer la cadence de l'endurance afin de tenir tête à son adversaire jusqu'au dernier round. Ce qui donne lieu à un combat final d'une intensité émotionnelle ardue dans l'appétence morale de notre boxeur délibéré à parvenir jusqu'au bout de son dessein avec une détermination fulgurante.


A travers les plages intimistes d'une romance inscrite dans la candeur des sentiments, et par l'initiation morale d'un boxeur avide de revanche sur sa condition précaire, Rocky nous offre une leçon de vie et d'obstination avec une vibrante acuité émotionnelle. Outre le caractère attachant de ces laissés pour compte que les comédiens endossent avec une spontanéité fragile, Rocky enivre les coeurs sous l'impulsion héroïque d'une légende de cinéma: Sylvester Stallone. Un grand moment de cinéma, une odyssée de l'espoir et du courage par le travail de l'endurance, doublé d'un hommage noble au sport de la boxe. 

Rocky 2http://brunomatei.blogspot.fr/20…/…/rocky-2-la-revanche.html
Rocky 3http://brunomatei.blogspot.fr/…/12/rocky-3-loeil-du-tigre.h…

Dédicace à Stéphane Passoni
Bruno Matéï
3èx

jeudi 26 novembre 2015

LA PLUIE DU DIABLE

                                                                          Photo empruntée sur Google, appartenant au site hollywood70.com

"The Devil's Rain" de Robert Fuest. 1975. U.S.A/Mexique. 1h30. Avec Ernest Borgnine, Tom Skerritt, Joan Prather, Eddie Albert, William Shatner, Ida Lupino, Woody Chambliss, Keenan Wynn, Claudio Brook, Erika Carlsson, George Sawaya, John Travolta

Sortie salles France: 27 juillet 1977. U.S: Juillet 1975.

FILMOGRAPHIE: Robert Fuest est un réalisateur et scénariste anglais, né le 30 Septembre 1927 à Londres, décédé le 21 Mars 2012.
1967: Just like a Woman. 1970: And soon the Darkness. 1970: Les Hauts de Hurlevent. 1971: L'Abominable Dr Phibes. 1972: Le Retour du Dr Phibes. 1973: Les Décimales du Futur. 1975: La Pluie du Diable. 1977: Three Dangerous Ladies. 1980: Revenge of the Stepford Wives (télé-film). 1981: The Big Stuffed Dog (télé-film). 1982: Aphrodite.


Relativement peu connu du public et oublié des cinéphiles, La Pluie du Diable fait office d'ovni horrifique pour sa thématique empruntée au satanisme auquel son esthétisme funéraire fait tout le sel d'une narration assez superficielle. Sa réussite formelle émanant de son ambiance ombrageuse particulièrement palpable au sein d'un village fantôme abritant une secte d'adorateurs du diable. En dépit de son scénario linéaire plutôt redondant et sans véritable surprise (si ce n'est la découverte du réceptacle des âmes maudites), La Pluie du Diable parvient néanmoins à entretenir l'intérêt grâce à la cristallisation de cette atmosphère insolite implantée en plein désert californien. Quand bien même des suppôts encapuchonnés récitent leur prière dans une église désaffectée après avoir dédié leur âme auprès de leur gourou. Enlaidis d'un visage tuméfié et de yeux énucléés, Robert Fuest y apporte une touche d'originalité pour leur physionomie difforme si bien que si la pluie venait à s'abattre sur eux, leurs corps s'y liquéfieraient jusqu'à former une mare gélatineuse sur le sol !


Récompensé du Prix des Meilleurs Effets Spéciaux au festival du Rex, ses séquences chocs s'avèrent assez convaincantes pour impressionner (et amuser) le spectateur, témoin contemplatif d'un spectacle d'épouvante assez délirant. Principalement lors de son final explosif auquel un orage purificateur va venir y semer la zizanie alors que l'église se retrouve assiégée par les flammes ! Epaulé d'une partition dissonante et d'une photo sépia mortuaire (horizon picturale d'une nature crépusculaire à l'appui), le film fait preuve d'une volonté expérimentale à nous immerger dans les manigances occultes d'une secte multipliant les sacrifices humains afin d'asseoir leur suprématie. L'intrigue se focalisant sur le patrimoine d'une famille maudite auquel l'un des membres, Jonathan Corbis, aura juré de se venger après avoir été condamné au bûcher. 300 siècles plus tard, par on ne sait quel miracle, ce dernier réapparaît d'entre les morts pour perdurer sa doctrine sataniste auprès de ses disciples en ascension. Mais pour parfaire son dessein et y sacrifier les âmes, il doit être en possession d'un précieux livre qu'un de ces ancêtres sauvegarde secrètement. Une intrigue parfois confuse qui ne passionne guère mais qui parvient néanmoins à convaincre par le biais d'une distribution impliquée (on y croise le vétéran Ernest Borgnine, Tom SkerrittWilliam Shatner et même John Travolta lors d'une apparition furtive !) tout en conférant une certaine empathie au sort précaire de la famille Preston. Pour l'anecdote, aussi étonnante que troublante, et afin de renforcer la véracité des faits diaboliques, Anton Szandor LaVey, créateur de l'Eglise de Satan édifiée en 1966, fut consultant et figurant durant les scènes des divers rituels.


En dépit d'une intrigue sommaire plutôt répétitive et d'un suspense à court de carburant, La Pluie du Diable puise son charme formel et son intérêt ludique dans la cristallisation d'une atmosphère démoniaque littéralement ensorcelante. Il en émane une sympathique série B, efficace, baroque et parfois même impressionnante pour la parenthèse des scènes-chocs, une expérience sataniste aussi convaincante dans sa description emphatique d'un séminaire macabre.   

Bruno Matéï
3èx

Récompenses: Prix du meilleur second rôle féminin pour Ida Lupino, par l'Académie des films de science-fiction, fantastique et horreur en 1976.
Prix des meilleurs effets spéciaux, lors du sixième festival du film fantastique de Paris en 1977.


mardi 24 novembre 2015

Y A-T-IL UN PILOTE DANS L'AVION ?

                                                                   Photo empruntée sur Google, appartenant au site board.dailyflix.net

"Airplane" de Jim Abrahams, David Zucker, Jerry Zucker. 1980. U.S.A. 1h25. Avec Robert Hays, Julie Hagerty, Lloyd Bridges, Leslie Nielsen, Robert Stack, Peter Graves, Kareem Abdul-Ja.

Sortie salles France: 24 septembre 1980. U.S: 2 juillet 1980

FILMOGRAPHIE: Les ZAZ est un trio de réalisateurs, scénaristes et producteurs américains que représentent les frères Zucker (David Zucker et Jerry Zucker) et Jim Abrahams. 1977 : Hamburger film sandwich. 1980 : Y a-t-il un pilote dans l'avion ? 1982 : Série télévisée Police Squad. 1984: Top secret ! 1986: Y a-t-il quelqu'un pour tuer ma femme ? 1988: Y a-t-il un flic pour sauver la reine ? 1991: Y a-t-il un flic pour sauver le président ? 1994: Y a-t-il un flic pour sauver Hollywood ?


Précurseur de la parodie survoltée dans laquelle chaque gag fuse en moyenne toutes les 10 secondes, Y a-t-il un pilote dans l'avion ? ébranla le public et la critique des années 80 peu habitués à fréquenter une comédie aussi désopilante. Pastichant les films catastrophes des Seventies, particulièrement A l'heure zéro et la série des Airport, cette comédie frénétique assura la notoriété d'un trio de réalisateurs surnommé ZAZ alors qu'il s'agissait de leur second long métrage. A destination de Chicago, les passagers et pilotes d'un avion sont victimes d'une intoxication alimentaire provenant du poisson avarié. Après avoir installé le pilote automatique, un praticien et une éminente hôtesse, Elaine Dickison, suggèrent l'aide d'un éventuel pilote parmi les voyageurs. C'est là qu'intervient Ted Striker, l'ancien petit ami d'Elaine embarqué à bord depuis qu'il tente en ultime recours de la reconquérir. C'est le début d'une nuit de panique que va endurer tout l'équipage alors que Ted tentera par tous les moyens d'imposer un atterrissage forcé aux supérieurs de la tour de contrôle.


Pratiquant sans modération l'humour nonsensique et l'hyperbole afin de surenchérir un suspense catastrophiste gagné par l'hilarité, Y a-t-il un pilote dans l'avion ? fait preuve d'une insolence effrontée sous l'impulsion de personnages tous plus erratiques les uns les autres. Les gags visuels autant que verbaux fusant de toutes parts pour alterner éclats de rire et sourires radieux aux moments les moins frappadingues. Car si tout n'est pas du meilleur goût, la bonne humeur qui émane des comédiens en roue libre et le déchaînement d'idées absurdes et grotesques défilant au rythme d'une progression dramatique parviennent à pallier l'inégalité des situations débridées. Outre l'irrésistible cocasserie qu'insufflent chacun des seconds-rôles impliqués dans un contexte d'extrême danger, le récit est dominé par la présence saugrenue de Robert Hays, incarnant avec un naturel volontairement maladroit un pilote faillible en initiation héroïque. Dépeignant en sous intrigue sa romance avec l'hôtesse de l'air, Julie Hagerty lui partage la vedette avec un charme aussi innocent que sémillant, à l'image de sa silhouette filiforme discrètement sensuelle. Ce duo improbable partagé entre les instincts de survie et de reconquête amoureuse parvient à nous familiariser dans la simplicité d'une complicité amicale bientôt rattrapée par le regain de tendresse. De cette romance en ascension émane une entraide folingue quand bien même de multiples flashback vont venir nous rappeler de quelle manière à pu débuter leur accointance. A savoir, sur la piste d'une danse disco faisant référence parodique à la Fièvre du Samedi soir !


Huis-clos de tous les dangers où les catastrophes les plus incongrues se déchaînent sans répit à bord d'un avion animé par l'hystérie collective, Y a-t'il un pilote dans l'avion ? n'a pas volé sa réputation de comédie culte tant la verve insolente du trio ZAZ fait des étincelles sous l'impulsion de gags et clins d'oeil aussi givrés que décomplexés. 

Bruno Matéï
3èx

lundi 23 novembre 2015

ELMER, LE REMUE-MENINGE

                                                                           Photo empruntée sur Google, appartenant au site avoir-alire.com

"Brain Damage" de Frank Henenlotter. 1987. U.S.A. 1h25. Avec Rick Herbst, Gordon McDonald, Jennifer Lowry, Lucille Saint-Peter, John Zascherle.

Sortie salles U.S: 15 Avril 1988

FILMOGRAPHIE: Frank Henenlotter est un réalisateur américain de films d'horreur né le 29 août 1950 à New-York. 1982: Frères de sang. 1988: Elmer, le remue-méninges. 1990: Frères de sang 2. 1990: Frankenhooker. 1992: Frères de Sang 3. 2008: Sex Addict.


Six ans après avoir surpris les fans d'horreur mal élevée avec Frères de SangFrank Henenlotter renoue avec le culte d'une série B underground toujours aussi effrontée et crapoteuse. Elmer retraçant avec beaucoup d'humour noir la déliquescence morale d'un junkie soumis à la liqueur qu'une créature lui injecte derrière la nuque. Seulement, le prix de sa récompense est de devoir sacrifier d'innocentes victimes pour l'appétit vorace de son nouveau compagnon. Ce dernier ne pouvant subsister qu'après avoir dévorer un cerveau humain. Métaphore évidente sur l'emprise de la drogue et les paradis artificiels, Elmer, le remue-méninge joue la carte du divertissement gore à renfort de séquences cradingues redoutablement efficaces, quand bien même l'humour ravageur surfe sur le mauvais goût de situations lubriques (la séquence de fellation alternant rire nerveux et dégoût viscéral !).


Grâce à l'inventivité des séquences gores et à la rigueur des effets-spéciaux artisanaux, Frank Henenlotter parvient à amuser et donner vie à une créature phallique aussi atypique qu'amicale. Du moins c'est ce qu'on en juge au premier abord car finalement cynique et sournoise lorsque l'on comprend rapidement les aboutissants de sa démarche perfide. Par la complicité harmonieuse d'Elmer et du jeune étudiant, le film nous entraîne vers une délirante odyssée meurtrière lorsque Brian se retrouve à la merci de ses hallucinations psychédéliques sans prendre conscience de la posture criminelle de son camarade ! En oscillant l'horreur des situations morbides et la féerie des manifestations oniriques (score envoûtant à l'appui !), Elmer cultive une fascination immersive chez le spectateur embarqué dans un trip tantôt stimulant, tantôt cauchemardesque. Frank Henenlotter ne lésinant pas sur la violence des agressions sanglantes avec une certaine verdeur. Si la conduite simpliste du scénario laisse à désirer, le film captive irrémédiablement sous l'impulsion excentrique du couple Brian/Elmer alors qu'un duo de vieillards erratiques (les anciens propriétaires d'Elmer) s'efforce de retrouver leur trace l'écume aux lèvres ! En dépit du jeu défaillant de quelques seconds-rôle amateurs, l'acteur Rick Herbst parvient totalement à nous convaincre pour retranscrire son état euphorique d'accoutumance au produit et ses affreuses crises de manque qu'il va endurer lors de la dernière partie. Un final aussi sanglant et débridé culminant vers une dernière image d'une singularité fantasmagorique. 


Drôlement morbide, cartoonesque et ultra violent, Elmer le remue méninge distille une étonnante liberté de ton dans son cocktail assumé de mauvais goût et d'horreur salace. Plus de 30 ans après sa sortie, Frank Henenlotter prouve donc qu'il reste un maître du genre, un franc-tireur aussi insolent qu'imaginatif d'avoir retranscrit sans prétention une diatribe persifleuse contre les effets pervers de la drogue.

Bruno Matéï
5èx


ROSALITA, POUR UNE POIGNEE DE SPAGHETTIS 2


de Pascal Frezzato. 2015. France. 16 minutes. Avec Bruno Dussart, Krystin Chaplain, Patrick Lalande, Martial Marie, Adrien Erault, Dominique Botras.

FILMOGRAPHIE: Pascal Frezzato est un réalisateur français de court-métrage, né le 4 Décembre 1972.
2010/11: Predator. 2012: Le Règne des Insectes. 2013: Memory of the dead. 2014: Pour une poignée de Spaghettis. 2015: Rosalita: Pour une Poignée de Spaghettis 2.

                                                          Court visionnable ci-dessous:
                                 https://www.dailymotion.com/…/x3eye27_per-un-pugno-di-spagh…


Suite au bouche à oreille enthousiaste des spectateurs internautes, Pascal Frezzato s'entreprend de réaliser une suite au détonnant Pour une poignée de Spaghettis en y ajoutant cette fois-ci une touche féminine en la présence lumineuse de Krystin Chaplain. L'actrice, charismatique en diable dans sa pétulance, volant quasiment la vedette au personnage de l'Etranger ici sévèrement raillé et malmené. Si le premier volet était parvenu à distraire efficacement dans son lot de cocasseries, d'action et d'effet de surprise couillu, cette suite techniquement plus ambitieuse compte sur l'action trépidante des règlements de compte tout en continuant de surfer sur la science-fiction parmi l'attirail d'effets spéciaux numériques. Sur ce point, Pascal Frezzato continue d'y soigner sa topographie avec un sens du bricolage et du détail faisant souvent illusion. On peut même prétendre qu'il s'agit là de sa plus belle réussite depuis l'entreprise de son premier court: Predators. Alors qu'il déambule au milieu de nulle part afin de retrouver une fugitive du nom de Rosalita, l'Etranger est lâchement blessé par cette dernière. Fait prisonnier par une équipe de mercenaires, il va tenter en désespoir de cause de prendre la poudre d'escampette. Mais l'autorité opiniâtre de Rosalita va le contraindre à nouveau au baroud d'honneur du duel. 


Ce pitch d'une linéarité scolaire, Pascal Frezzato l'exploite assez efficacement grâce au sens du cadrage, à la clarté des bruitages, à la rigueur du montage (à un ou deux faux raccords près), au stylisme de la mise en scène ayant parfois recours aux plans vertigineux (utilisation d'un drone pour ceux aériens) et au caractère épique des échanges de tir belliqueux. "L'étranger" usant notamment de sa technologie futuriste pour duper l'agressivité meurtrière de ses assaillants. Si l'effet de surprise ne joue plus quant à l'origine du héros, les genres détournés du western et de la science-fiction communient à merveille grâce à sa scénographie flamboyante (photo ocre à l'appui), l'inventivité des gadgets futuristes et la présence plus ostensible du vaisseau spatial. Sur ce dernier point, Pascal Frezzato filme cette apparition et son atterrissage à la manière d'un ballet dantesque (score lyrique à l'appui) afin d'insuffler chez le spectateur le même sentiment de fascination que les antagonistes éprouvent sans fléchir. Quant au jeu perfectible des comédiens cabotins issue de l'enseigne Z, il s'avère tantôt habile, tantôt maladroit, quand bien même la rutilante Krystin Chaplain fait preuve d'intense éloquence à exprimer ses sentiments castrateurs sous l'impulsion d'un regard félin. Quand au final, inopiné dans l'issue de la rivalité musclée, Pascal Frezzato prend le parti-pris de bousculer les habitudes du spectateur dans son refus du traditionnel happy-end. Un duel d'autant plus inéquitable que le héros maltraite sa partenaire avec une certaine violence misogyne. Il en émane un sentiment de frustration selon l'interprétation du spectateur, sachant qu'en inversant subitement les rôles on ne sait plus trop vraiment à qui accorder le bénéfice de l'héroïsme. En tous cas, cette conclusion à contre emploi des codes traditionnels ose se démarquer de la routine tout en prenant le risque de déstabiliser le spectateur (quitte à peut-être le décevoir), ce qui n'est pas négligeable.


Inévitablement moins surprenant que le premier opus mais techniquement plus soigné et tout aussi fun dans l'harmonie de son action fougueuse et l'usage délirant des trucages numériques, Pascal Frezzato consolide un sympathique divertissement Z inscrit dans la sincérité et l'émotion, à l'instar de la complicité dévouée des comédiens en herbe. 

Remerciement à toute l'équipe ^^
Bruno Matéï

Le film:
https://www.dailymotion.com/…/x3eye27_per-un-pugno-di-spagh…
Pour rappel, la 1ère partie : http://www.dailymotion.com/…/x28si2w_per-un-pugno-di-spaghe…
La Chronique de la 1ère partie: http://brunomatei.blogspot.fr/…/per-un-pugno-di-spaghetti-p…

vendredi 20 novembre 2015

L'ECHELLE DE JACOB. Grand Prix de l'étrange, Prix de la critique et Prix du public, Avoriaz 1991.

                                                                        Photo empruntée sur Google, appartenant au site horrorpedia.com

"Jacob's Ladder" de Adrian Lyne. 1990. U.S.A. 1h52. Avec Tim Robbins, Elizabeth Peña, Danny Aiello, Matt Craven, Pruitt Taylor Vince, Jason Alexander.

Sortie salles France: 16 janvier 1991. U.S: 2 novembre 1990.

FILMOGRAPHIE: Adrian Lyne est un réalisateur et producteur britannique, né le 4 Mars 1941 à Peterborough (Grande Bretagne).
1980: Ca plane les filles. 1983: Flashdance. 1986: 9 semaines et demi. 1987: Liaison Fatale. 1990: L'Echelle de Jacob. 1993: Proposition Indécente. 1997: Lolita. 2002: Infidèle. Prochainement: Back Roads.


Grand Prix de l'étrange, Prix de la critique et Prix du public à Avoriaz en 1991, classé comme l'un des 10 films les plus terrifiants de tous les temps selon certains sites spécialisés, l'Echelle de Jacob aborde le thème de la drogue synthétique que certains chimistes auraient expérimenté sur des soldats ricains afin de décupler leur performance physique au front vietnamien. Inspiré d'évènements réels quant à l'utilisation frauduleuse du Benzilate de 3-quinuclidinyle que le Pentagone s'est toujours forcé de nier (ce que surligne le générique de fin), l'Echelle de Jacob est une descente aux enfers paranoïde lorsque la réalité du quotidien se télescope parmi les hallucinations d'un groupe de survivants soumis à leurs effets secondaires psychotiques. Mais sous ses allures de thriller d'épouvante aussi oppressant qu'éprouvant (notamment ce prologue belliqueux illustrant de façon erratique le carnage d'un guet-apens !) se cache un douloureux drame psychologique du point de vue de Jacob. Un ancien vétéran du Vietnam sévèrement molesté par ces visions de cauchemar surgissant de son esprit sans prévenir. A ce titre, plusieurs visions d'effroi nous ébranlent durablement l'esprit lorsque que le héros, déjà fragilisé par son expérience du Vietnam et la mort de son fils, assiste impuissant à endurer ses images démoniaques.


C'est donc une terreur "psychologique" que nous illustre froidement Adrian Lyne par le biais de ce cobaye en perdition, d'autant plus isolé à combattre son mal-être depuis la démission de ses collègues et celui de son avocat. Pour pimenter la donne, certains de ses comparses tous aussi marqués par la guerre sont sujets à d'étranges incidents mortels quand bien même la tête de Jacob se retrouve mise à prix par une organisation mafieuse ! Avec l'originalité d'un tel scénario inspiré d'un fait réel et témoignant du trauma de la guerre sous un aspect rarement abordé, l'intrigue dégingandée passionne de bout en bout sous l'impulsion d'un Tim Robins habité par l'aliénation. De par sa prestance viscérale névrosée où l'angoisse suinte de chaque pore de son visage, sa présence malingre distille un climat malsain terriblement anxiogène au fil de son investigation à tenter de percer les aboutissants de sa pathologie et à dénoncer au grand jour les expérimentations de la guerre chimique. Outre le fait de cafarder ces pratiques immorales de l'armée américaine, Adrian Lyne aborde en annexe une réflexion spirituelle vis à vis du cheminement introspectif de Jacob. Par le biais de séquences intimistes imparties à l'innocence sacrifiée, l'Echelle de Jacob évoque notamment la perte de l'être aimée et la peur de la mort avec une émotion poignante jamais sirupeuse. Spoil ! La mort ici rédemptrice et apaisante venant clarifier la donne pour délivrer notre héros de sa condition torturée. Fin du Spoil ! 


Malsain et dérangeant, anxiogène et proprement terrifiant par ses multiplies visions de cauchemar tout droit sorties de l'enfer, l'Echelle de Jacob insuffle un malaise paranoïaque au spectateur embarqué, comme le héros, dans un bad-trip expérimental sans échappatoire. Un grand film d'épouvante communié à l'intensité du drame humain car entièrement dédié à la psychologie d'une souffrance schizophrène. 

Dédicace à Pand Emy
2èx

Récompenses: Grand Prix de l'étrange, Prix de la critique et Prix du public au Festival international du film fantastique d'Avoriaz 1991.

jeudi 19 novembre 2015

BLUE STEEL

                                                                     Photo empruntée sur Google, appartenant au site nitehawkcinema.com

de Kathryn Bigelow. 1990. U.S.A. 1h42. Avec Jamie Lee Curtis, Ron Silver, Clancy Brown, Elizabeth Peña, Louise Fletcher, Philip Bosco, Kevin Dunn.

Sortie salles France: 25 Avril 1990. U.S: 16 Mars 1990

FILMOGRAPHIE: Kathryn Bigelow est une réalisatrice et scénariste américaine, née le 27 Novembre 1951 à San Carlos, Californie (Etats-Unis).
1982: The Loveless (co-réalisé avec Monty Montgomery). 1987: Aux Frontières de l'Aube. 1990: Blue Steel. 1991: Point Break. 1995: Strange Days. 2000: Le Poids de l'eau. 2002: K19. 2009: Démineurs. 2012: Zero Dark Thirty.


Trois ans après son sublime western vampirique, Near DarkKathryn Bigelow s'attelle au genre policier avec Blue Steel. Un thriller noir à la lisière de l'horreur lorsqu'un boursier, fasciné par l'héroïsme d'une flic novice, s'empresse de la séduire pour l'inciter à un duel de longue haleine après avoir dérobé le flingue d'un braqueur d'épicerie. A mi chemin entre Liaison Fatale (pour la romance puis le harcèlement du tueur délibéré à tyranniser sa victime féminine) et Un justicier dans la ville (pour le ressort vindicatif de cette dernière délibérée à bafouer les lois depuis l'incrédulité de ses supérieurs), Blue Steel multiplie rebondissements musclés et exactions sanglantes au sein d'une mégalopole soigneusement documentée. Baignant dans une photo azur, le stylisme imparti à la mise en scène fait preuve d'esthétisme léché parmi le score envoûtant de Brad Fiedel conçu pour sa part à alimenter un climat de séduction poisseux autour de l'inimitié des amants maudits.


Par le biais d'une intrigue aussi tortueuse que charpentée, Kathryn Bigelow brosse admirablement deux portraits sur la corde raide. Celui glaçant d'un sociopathe fasciné par les armes à feu et l'autorité de la mort, ce dernier jubilant de perversité à observer du regard des victimes leur peur lorsque l'arme est ciblée contre eux. Et le profil pugnace d'une jeune flic en herbe pleine de constance à pourchasser son ennemi tout en s'efforçant de prouver ses capacités professionnelles afin de convaincre le scepticisme de ses supérieurs. Hanté par sa déficience schizophrène (crises incontrôlées de démence à l'appui !), Ron Silver endosse un tueur cynique redoutablement retors dans ses stratégies d'attaques pour la victime molestée et dans ses subterfuges à déjouer les preuves policières. D'un charisme longiligne dans son costume de flic taillé sur mesure, Jamie Lee Curtis lui partage la vedette avec sensualité et héroïsme martial dangereusement vénéneux. De par ses pulsions vindicatives toujours plus addictives à courser le criminel depuis son impuissance d'assister à l'agonie de ses proches. Oscillant un jeu du chat et de la souris puis une chasse à l'homme de dernier ressort en plein centre urbain, Kathryn Bigelow convoque un duel à bout de souffle entre la victime et son persécuteur. Et si la succession de rebondissements parfois outranciers du dernier acte finissent malgré tout par ternir leur affrontement psychologique, la manière haletante dont l'intrigue est coordonnée et le savoir-faire technique de la réalisation finissent par transcender ses menus défauts.


En dépit de son final ostentatoire un peu fort de café pour les escapades du tueur rendu increvable, Blue Steel insuffle un climat trouble de fascination dans le portrait du schizophrène transi d'émotivité perverse. Quand bien même Jamie Lee Curtis lui dispute la vedette dans une fonction de flic novice attisée par une soif de justice et une volonté de convaincre ses atouts professionnels. Un thriller rondement mené donc autour d'une atmosphère urbaine aussi délétère que magnétique. 

Bruno Matéï
3èx

Récompenses: Mention spéciale pour Jamie Lee Curtis, lors du Festival du film policier de Cognac en 1990.
Prix de la meilleure actrice et nomination au prix du meilleur film, lors du Mystfest en 1990.


mercredi 18 novembre 2015

KILLING ZOE

                                                                 Photo empruntée sur Google, appartenant au site cinefacts.de

de Roger Avary. 1994. U.S.A/France.1h39 (Director's cut). Avec Eric Stoltz, Jean-Hugues Anglade, Julie Delpy, Tai Thai, Bruce Ramsay, Kario Salem.

Sortie salles France : 31 août 1994 (Interdit aux - de 16 ans). États-Unis : septembre 1994

FILMOGRAPHIE: Roger Avary est un réalisateur et scénariste canadien né le 23 août 1965 à Flin Flon, Manitoba. 1994 : Killing Zoe. 1995 : Mr Stitch. 2003 : Les Lois de l'attraction. 2005 : Glitterati.


Expérience cinégénique comparable au trip hallucinogène oscillant les effets de drogues dures (Acide, Héro, Coco), Killing Zoe réinvente le film de braquage par la biais d'une ambiance horrifique immersive. Roger Avary créant à l'aide d'une scénographie d'un rouge criard (les couloirs et chambres du sous-sol où sont entreposés les lingots d'or) un univers cauchemardesque au sein d'un établissement pris en otage par une équipe de psychopathes effrontés ! Tout en exubérance, Jean Hugues Anglade se prête au jeu psychotique du leader toxicomane avec une verve sardonique et une irascibilité imprévisible. Entièrement vêtu de noir dans sa posture filiforme et sa chevelure raide, l'acteur insuffle une présence délétère aussi répulsive que fascinante, à l'instar de son flegme quasi imperturbable de réfuter la peur depuis la présence policière quadrillant l'extérieur de l'enceinte. Si le scénario éculé s'avère d'une limpidité scolaire, la manière opératique de porter à l'écran cette sanglante prise d'otages ne cesse de nous surprendre et d'y détourner les codes (notamment le rôle insaisissable imparti aux forces de l'ordre dont nous ne verrons jamais le visage à l'écran !). De par son climat baroque quasi indicible et l'excentricité conférée aux preneurs d'otages pleins de sérénité et de fantaisie (à l'instar de leur visage recouvert d'un masque grotesque !). A titre d'exemple, l'un d'eux énoncera de façon expansive une blague salace à ses comparses devant le témoignage médusé des otages, quand bien même leur leader se confine tranquillement dans les wc pour s'offrir un shoot en guise de manque.


Prenant pour cadre la métropole parisienne sous son aspect noctambule, la première partie s'oriente sur les défonces et beuveries récursives de nos braqueurs confinés dans leur appartement avant d'aller s'engouffrer dans la cave d'un cabaret. Par le biais d'une réalisation expérimentale où l'image se déforme au fil de leur état aviné, Roger Avary parvient de manière éthérée à nous faire retransmettre les sensations du trip que nos antagonistes éprouvent devant le témoignage novice du perceur de coffre peu habitué à tant de débauche (Eric Stoltz endossant la fonction d'un professionnel émérite avec une attitude paradoxalement docile !). La seconde partie, toute aussi sensorielle et immersive, nous invite enfin à participer au braquage escompté à la manière d'une vertigineuse descente vers l'enfer. Les sous-sols de l'établissement conférant une atmosphère sépulcrale au fil des exactions meurtrières du leader habité par le vice et le goût du sang. A partir du moment où les otages vont se confronter aux exactions aléatoires des gangsters, Killing Zoe se transforme en farce sardonique où les coups les plus couards sont permis sous l'impulsion de dégénérés en perte de vitesse ! Bêtes et méchants, ces derniers vont non seulement se confronter à la bravoure de certains otages mais aussi s'entretuer dans une déchéance suicidaire, et avant que la police n'intervienne à son tour pour surenchérir le chaos. Par le biais de ces explosifs règlements de compte, ces comportements délurés et la position vaillante d'un second-rôle féminin (superbe Julie Delpy en catin insurgée !), Roger Avary joue avec nos nerfs avec une diabolique maîtrise et une vigueur émotive éprouvante.


Speedball
Concentré d'adrénaline et d'ultra violence sardonique, Killing Zoe s'édifie en vilain petit canard dans son brassage de vulgarité et provocations assumées et de délire en roue libre. Expérience sensitive et immersive en compagnie marginale de psychopathes shootés à la coke, ce bad-trip s'avère sans conteste le film de braquage le plus atypique et couillu avant qu'une romance rédemptrice ne vienne adoucir la donne parmi le duo complémentaire Eric Stoltz/Julie Delpy

Bruno Matéï
3èx 

mardi 17 novembre 2015

COMME UN CHIEN ENRAGE

                                                                           Photo empruntée sur Google, appartenant au site pinterest.com

"At Close Range" de James Foley. 1986. U.S.A. 1h55. Avec Sean Penn, Christopher Walken, Mary Stuart Masterson, Chris Penn, Millie Perkins, Crispin Glover, Kiefer Sutherland, Tracey Walter

Sortie salles France: 14 janvier 1987. États-Unis: 18 avril 1986

FILMOGRAPHIE: James Foley est un réalisateur, scénariste et acteur américain né le 28 décembre 1953 à Brooklyn, New York. 1984 : Reckless. 1986 : Comme un chien enragé. 1987 : Who's That Girl. 1990 : La Mort sera si douce. 1992 : Glengarry. 1995 : Instant de bonheur. 1996 : Fear. 1996 : L'Héritage de la haine. 1997 : Gun ("Gun") (série TV). 1999 : Le Corrupteur. 2003 : Confidence. 2005 : Man and Wife. 2007 : Dangereuse Séduction. 2013-.... : House of Cards, série télévisée. 2017: Cinquante nuances plus sombres.


Le scénario s'inspire d'un fait réel survenu en 1978 à Chester County dans la banlieue de Philadelphie, Pennsylvanie. 

Film culte si j'ose dire chez toute une génération de vidéophiles, Comme un chien enragé marqua les esprits des années 80, de par son ambiance mélancolique terriblement prégnante et l'aspect dramatique du fait-divers où la figure paternelle impose à sa progéniture un enseignement sans foi ni loi. En inversant les codes, James Foley nous retrace avec une émotion délicate la déliquescence morale d'un jeune paumé destitué de pédagogie dès son enfance avant de se raviser en dernier ressort. Depuis sa démission scolaire, Brad Whitewood et son frère passent leur temps à flâner dans leur cocon familial autour de joints et de bières. Un soir, alors qu'il se dirige sur l'esplanade de son village, il aborde Terry, une jeune fille timorée âgée de 16 ans. Entre eux, c'est le début d'un coup de foudre, quand bien même le père, Brad senior, refait surface au domicile conjugal après de longues années d'absence. Fasciné par son train de vie plutôt aisé, Brad junior se laisse influencer à le fréquenter. Rapidement, il sombre dans la spirale du banditisme mais décide in extremis de se rétracter en dépit du chantage paternel. 


Polar noir d'une rigueur dramatique exponentielle quant au cheminement criminel d'un père de famille inculquant à son propre fils la déontologie du cambriolage et l'immoralité du meurtre, Comme un chien enragé hypnotise les sens du spectateur par son aspect aussi sombre que lyrique d'une suite d'évènements toujours plus compromettants. Mais en dépit du caractère fétide de son intrigue crapuleuse où le père se désolidarise de toute assistance, James Foley alimente en annexe une tonalité mélancolique pour la romance candide des deux amants juvéniles. Ressort de rédemption pour le héros dans sa considération sentimentale pour l'être aimée alors que le père déloyale tentera d'exploiter son autorité afin de s'y opposer. La gestation des émois amoureux, le cinéaste les transfigurent par le biais d'une mise en scène stylisée où la nature rurale se prête à merveille aux états d'âme insouciants des amants en herbe (photo onirique à l'appui). Exacerbé par le score instrumental de Patrick Leonard en concertation avec Madonna, le film distille les tonalités malingres d'une mélodie ensorcelante pour le cheminement de Brad et de son amie Terry, communément plongés dans leur passion au moment de converger vers une descente aux enfers irréversible. Outre la puissance émotionnelle qui émane du drame criminel inscrit dans la fourberie, Comme un chien enragé oppose la performance de deux monstres du cinéma. Sean Penn endossant avec fragilité le rôle d'un délinquant sur le fil du rasoir en instance de prise de conscience salvatrice, quand bien même Christopher Walken lui partage sobrement la réplique en imposant une figure paternelle aussi couarde qu'insidieuse dans ses stratégies criminelles en roue libre. Leur inimitié précaire donnant lieu en point d'orgue à une confrontation psychologique d'une rude vigueur dramatique.


Au nom du Père.
D'une beauté formelle éthérée pour le stylisme accordé à sa mise en scène et surtout pour l'émotion exaltante émanant de la romance juvénile, Comme un chien enragé traite de l'endoctrinement du banditisme et de la banalisation du crime avec l'appui d'un fait divers édifiant de bassesse. Il en émane un moment de cinéma inoubliable que le score fragile de Patrick Leonard magnétise avec une émotion capiteuse. 

Dédicace à Ludovic Hilde et Nicolas Bruguet

lundi 16 novembre 2015

L'ETRANGE NOEL DE MR JACK

                                                                      Photo empruntée sur Google, appartenant au site maddysouris.com

"The Nightmare Before Christmas" de Henry Selick. 1993. U.S.A. 1h16. Basé sur une histoire et des personnages créés par Tim Burton

Sortie salles France: 7 Décembre 1994. États-Unis : 29 octobre 1993

FILMOGRAPHIEHenry Selick est un scénariste né le 30 novembre 1952, réalisateur et producteur américain de cinéma, spécialisé dans l'animation image par image (dite aussi  animation en volume).
1993 : L'Étrange Noël de Monsieur Jack. 1996 : James et la Pêche géante. 2001 : Monkeybone. 2009 : Coraline. 2015 : The Shadow King.


D'après un poème et des personnages imaginés par Tim Burton dans les années 80, l'Etrange Noel de Mr Jack retrace l'utopie de Jack Skellington, roi des citrouilles originaire de la ville d'Halloween. Lassé de sa fête, il décide de rejoindre la ville de Noel pour offrir aux enfants les traditionnels cadeaux après avoir kidnappé le père-Noël. Mais les jouets macabres généreusement distribués par la cheminée ne sont pas du goût de nos têtes blondes. Hymne à l'anticonformisme à travers une féerie macabre d'une inventivité fastueuse, l'Entrange Noel de Mr Jack est un plaisir esthétique permanent. De par le souci du détail imparti à l'expressionnisme de décors tantôt gothiques, tantôt enchanteurs, et la mobilité des personnages excentriques entièrement confectionnés en stop-motion. La puissance émotionnelle du métrage émanant de sa flamboyance macabre perpétuellement ensorcelante et de la posture rigide de nos pantins donnant chair à leur personnage avec une fantaisie exubérante. Ce tour de force technique animé image par image nécessita d'ailleurs 3 ans de préparation afin de parfaire l'ambition picturale du cinéaste perfectionniste. A travers la célébration de la fête des morts, ce dernier en profite pour dédramatiser son aspect macabre par le biais d'un humour noir caustique, alors que du point de vue des festivités de Noël, le conservatisme est roi lorsque les enfants dociles éprouvent la plus grande frayeur à se confronter à l'idée du changement. Bousculer les habitudes du spectateur afin de l'influencer à fréquenter un onirisme macabre aussi subversif que rédempteur (effrayer avec ironie les garnements pour mieux les exorciser de la peur de la mort), Henry Selick le prescrit avec un sens de l'imaginaire exaltant. Autant dire que la mission d'offrir un pied de nez aux conventions est pleinement réussie parmi l'appui complice d'un Tim Burton tout aussi amoureux de ces monstres (il refusa d'ailleurs de s'atteler à la réalisation au profit de Batman, le Défi).


Plaidoyer pour le droit à la différence et à la tolérance par le biais de créatures morbides irrésistiblement attachantes, hymne à la raison de la romance (le cheminement initiatique des deux héros), à la fête d'Halloween et son esprit sarcastique conçu pour dénaturer la peur de la mort, l'Etrange Noel de Mr Jack détourne avec une libre insolence le conte de noël au rythme de numéros musicaux harmonieusement chorégraphiés. 

Bruno Matéï
3èx

vendredi 13 novembre 2015

ERASERHEAD / LABYRINTH MAN

                                                                              Photo empruntée sur Google, appartenant au site mindpirates.org

de David Lynch. 1971-1976. U.S.A. 1h29. Avec Jack Nance, Charlotte Stewart, Allen Joseph,
Jeanne Bates, Judith Anna Roberts.

Sortie salles France: 17 décembre 1980. U.S: 28 septembre 1977.

FILMOGRAPHIE: David Lynch est un réalisateur, photographe, musicien et peintre américain, né le 20 Janvier 1946 à Missoula, dans le Montana, U.S.A.
1976: Eraserhead. 1980: Elephant Man. 1984: Dune. 1986: Blue Velvet. 1990: Sailor et Lula. 1992: Twin Peaks. 1997: Lost Highway. 1999: Une Histoire Vraie. 2001: Mulholland Drive. 2006: Inland Empire. 2012: Meditation, Creativity, Peace (documentaire).


Précédé d'un bouche à oreille sulfureux lors des séances des fameux Midgnight Movies, Eraserhead est un premier long-métrage d'une ambition singulière dans la motivation expérimentale du réalisateur à nous confiner dans l'antre de son univers cauchemardesque littéralement anxiogène. Etudiant en arts plastiques, le néophyte David Lynch aura mis plus de 5 ans à façonner cet essai en noir et blanc après l'avoir autoproduit. Ce n'est qu'au fil des ans et des décennies que le film accède à la renommée après avoir essuyé échec public et critique. Dérangeant, malsain, perturbant, mais surtout terriblement anxiogène et dépressif, Eraserhead transpire l'aigreur à travers l'errance de son héros sentencieux littéralement tourmenté par sa condition parentale. L'intrigue s'attachant à décrire par le biais de ses fantasmes et/ou celui du rêve sa situation démunie face au statut paternel puis conjugal. Son amie insomniaque ayant quitter précipitamment le foyer à la suite des braillements de leur bambin, Henry Spencer tente maladroitement de poursuivre sa morne existence en la présence de ce rejeton moribond.


Avec son décor blafard de banlieue industrielle et la sonorité infernale impartie aux bruit des machines et du vent tempétueux, Eraserhead ébranle nos sens, déstabilise nos habitudes sereines pour mettre en exergue le dépaysement d'une glauque scénographie auquel chaque membre d'une famille est servile au mal-être existentiel. Renforçant le malaise parmi la présence fétide d'un foetus difforme (FX bluffants de réalisme !) que Mary a enfantée de manière prématurée, l'intrigue multiplie les évènements nonsensiques au fil de l'introspection mentale du héros en léthargie. Outre le caractère baroque et surréaliste du design d'ameublement auquel cohabitent les personnages excentriques (notamment la dame du radiateur et les parents névrosés de Mary), Eraserhead planifie avec une inventivité schizophrène une descente aux enfers où l'illogisme des situations et l'incompréhension de certains évènements renforcent le malaise d'un bad-trip plus vrai que nature. Par l'acuité visuelle de son imagerie opaque extraite d'un esprit immature en perte de repère avec sa réalité, le film distille un sentiment de mal-être épidermique aussi rigoureux que Massacre à la Tronçonneuse, Martyrs ou encore La Dernière maison sur la gauche. Autant dire que l'expérience successivement éprouvante, oppressante et malsaine n'accorde aucune délivrance au spectateur privé d'émotions ludiques pour l'extraire de ce climat de sinistrose en chute libre.


Expérience horrifique capiteuse parmi l'intensité de sa bande-son dissonante et son florilège de séquences cauchemardesques engendrées par un esprit dépressif incapable de s'assumer, Eraserhead aborde les thèmes de l'adultère, l'infanticide, la démission parentale et conjugale avec une originalité machiavélique. Tour à tour angoissant et étouffant au point de perdre tous nos repères, le film décuple le malaise parmi la présences iconique du bambin alité et celle de l'acteur Jack Nance traînant sa lourde dégaine à la manière d'un somnambule impassible. 
P.S: En raison de l'intensité scrupuleuse de son climat perturbant, les âmes sensibles sont priées d'être averties (le film étant interdit aux - de 18 ans lors de sa sortie)

Bruno Matéï
2èx

jeudi 12 novembre 2015

THE DEVIL'S REJECTS

                                                                    Photo empruntée sur Google, appartenant au site jeknight.deviantart.com 

de Rob Zombie. 2005. U.S.A. 1h50 (Director's Cut). Avec Sid Haig, Bill Moseley, Sheri Moon Zombie, William Forsythe, Ken Foree, Matthew McGrory, Leslie Easterbrook, Geoffrey Lewis.

Sortie salles France: 19 Juillet 2006 (Interdit aux - de 16 ans). U.S: 22 Juillet 2005

FILMOGRAPHIE: Rob Zombie est un chanteur, musicien et réalisateur américain, né le 12 Janvier 1965 à Haverhill, dans le Massachusetts.
2003: House of 1000 Corpses. 2005: The Devil's Rejects. 2007: Werewolf Women of the S.S. (trailer). 2007: Halloween. 2009: Halloween 2. 2012: The Lords of Salem. 2016: 31.


Faisant suite à la Maison des 1000 morts deux ans après sa confection, The Devil's Rejects en modifie sa topographie horrifique pour privilégier l'ultra-violence d'un road movie poisseux à travers la traque du shérif Wydell contre trois psychopathes qu'endossent le Capitaine Spaulding, Otis Driftwood et Baby Firefly. Fou de haine et de vengeance après que son frère eut été assassiné par ces derniers, John Quincy Wydell décide d'enfreindre les lois pour mieux les alpaguer quitte à en perdre son âme dans sa justice expéditive bafouée par la lâcheté et le goût du crime. Road movie pétulant consigné dans la démesure d'une ultra violence toujours plus dégénérée, hymne aux bandes crasseuses des Seventies dont Texas Chainsaw Massacre en porte les stigmates, Rob Zombie se surpasse à transfigurer le portrait d'anti-héros habités par des pulsions sanguinaires dans leur furieux désir de liberté. Avec le parti-pris jusqu'au-boutiste de nous illustrer sans détour leurs exactions gratuites, The Devil's Rejects dérange, incommode, ébranle le spectateur, partagé entre fascination morbide, rire nerveux et gêne morale. Les séquences les plus extrêmes imposant un réalisme cru à la limite du supportable lorsque les victimes moribondes supplient leur bourreau d'apaiser leur souffrance. 


Si le scénario linéaire s'avère une limpidité scolaire, la manière ultra efficace dont Zombie exploite sa narration par le brio de la mise en scène engendre des morceaux d'anthologie à une cadence métronomique. D'un réalisme documenté et d'une audace désinhibée, le cinéaste ne cesse de provoquer à étaler sans répit des séquences d'humiliations et de tortures avec une immoralité assumée. Que ce soit du point de vue de nos sociopathes fraternels ou de la dérive licencieuse du shérif soumis à sa vendetta, The Devil's Rejects dépeint avec une flamboyance débridée un jeu du chat et de la souris au sein d'une Amérique profonde peuplée de rednecks ignares. Sur ce point, les seconds-rôles aux gueules burinées parfois grotesques ne manquent pas de cocasserie dans leur verve de mauvais goût (à l'instar de cette discussion échangée autour d'une transaction de volailles). De par ses trognes aussi vulgaires que mal élevées et notre trio de psychopathes puant la sueur et l'insalubrité, Rob Zombie en extrait une forme de parodie sarcastique, limite cartoonesque pour la caricature de ses malfrats se complaisant sans retenue dans l'insouciance, le sexe, la drogue, l'alcool et surtout la violence. Autour de ces postures sans vergogne, Rob Zombie parvient in extremis à modifier la donne dans sa dernière partie lorsque nos bourreaux vont se substituer aux victimes puisqu'un shérif assoiffé de sang aura décidé de les molester en fraudant les règles du jeu. Et de manière miraculeuse, de nous invoquer un soupçon d'empathie pour la rédemption suicidaire de ces rebuts de la société ! De par leur fin de course déloyale sujette à sévices humiliants, leur sens de fraternité familiale et leur appétence d'une liberté absolue. Zombie provoquant également l'émotion durant cette fuite sur bitume à travers l'intrusion de clichés reminiscents imposant, non sans lyrisme, leurs retrouvailles chaleureuses (sourires exaltants à l'appui !) au sein d'une campagne ensoleillée. Comme si ces déchets de l'humanité n'étaient finalement pas si éloignés de notre sens du bonheur ! 


Les Nouveaux Sauvages. 
Aussi dérangeant qu'ultra jouissif dans son concentré d'ultra violence désinhibée et de mauvais goût cartoonesque (du moins pour les amateurs purs et durs de bandes déviantes sardoniques), Devil's Rejects transfigure le portrait au vitriol de psychopathes à la manière d'une "horde sauvage" contemporaine en quête ultime d'un enfer plus serein. Un moment de cinéma inoubliable transcendé par le talent viscéral des comédiens dans leur stature fétide, un chef-d'oeuvre d'immoralité où perce finalement (l'illusion) d'un humanisme désespéré. 

Bruno Matéï
3èx 

La Critique de Mathias Chaput:
Véritable bombe pondue par un Rob Zombie en état de grâce, "Devil's rejects" est un film qui devance tous ces prédécesseurs au niveau de la violence !

Outrancier dans son fond et dans sa forme mais passionnant à suivre car parfaitement rythmé et bien joué, ce métrage tient largement ses promesses et se distingue des autres par une originalité peu commune ou très peu exploité, à savoir qu'on a plus de compassion pour les tueurs que pour la police...

"The devil's rejects" est un mastodonte, une machine de guerre qui annihile tout sur son passage, recelant de moments d'anthologie et ponctué de dialogues cultes même si faisant la part belle aux invectives...

Faisant référence non sans un humour décalé et jubilatoire à plusieurs événements d'outre Atlantique ou à des figures emblématiques comme Groucho Marx ou même Elvis Presley, Rob Zombie se fait plaisir et NOUS fait plaisir et ne plagie à aucun moment les autres (même si le tout début peut faire légèrement penser à "Massacre à la tronçonneuse")...

Un montage ultra serré se servant de plans fixes et un final prodigieux tout en nuances permet au spectateur de garder un recul approprié face à ce déchaînement de brutalité (Rob Zombie n'y allant vraiment pas de main morte) et fait accéder l'oeuvre au sommet du genre, sorte de mélange entre "La dernière maison sur la gauche", "Tueurs nés" et "Dirty Harry"...

Toute une culture vintage se retrouve dans un film qui mettra tout le monde d'accord, transcendé par une folie pure et ambiante que l'on n'avait pas vue depuis longtemps !

Déjà huit ans et pas une seule ride !

Un pur must à déguster sans modération !
Note : 10/10