mardi 3 novembre 2015

BATMAN LE DEFI

                                                                  Photo empruntée sur Google, appartenant au site moviepostershop.com

"Batman Returns" de Tim Burton. 1992. U.S.A. 2h06. Avec Michael Keaton, Michelle Pfeiffer, Danny DeVito, Christopher Walken, Michael Gough, Michael Murphy, Cristi Conaway, Andrew Bryniarski.

Sortie salles France: 15 Juillet 1992. U.S: 19 Juin 1992

FILMOGRAPHIE: Timothy William Burton, dit Tim Burton, est un réalisateur, scénariste et producteur américain, né le 25 Août 1958 à Burbank en Californie.
1985: Pee-Wee Big Adventure. 1988: Beetlejuice. 1989: Batman. 1990: Edward aux mains d'argent. 1992: Batman, le Défi. 1994: Ed Wood. 1996: Mars Attacks ! 1999: Sleepy Hollow. 2001: La Planète des Singes. 2003: Big Fish. 2005: Charlie et la Chocolaterie. 2005: Les Noces Funèbres. 2008: Sweeney Todd. 2010: Alice au pays des Merveilles. 2012: Dark Shadows. 2012: Frankenweenie. 2014: Big Eyes. 2016 : Miss Peregrine's Home for Peculiar Children.


Véritable déclaration d'amour aux monstres, carnaval grotesque de deux infortunés gagnés par la vengeance, Batman le Défi fait office de vilain petit canard dans son ambition décalée de proposer un divertissement adulte prioritairement caustique. Alors que Tim Burton refusa dans un premier temps de réaliser une suite à Batman, les producteurs parviennent à le contredire en lui laissant la totale liberté de supprimer le personnage de Robin et d'y poursuivre à sa guise son entreprise. Ce qui donne lieu à une fantaisie flamboyante constamment inventive dans son lot de coups d'état, poursuites, règlements de compte et subterfuges que les ennemis de Batman et funambules imposteurs emploient avec une exubérance mal élevée. D'une fulgurance formelle ensorcelante, Tim Burton transcende l'univers gothique du comics par le biais de décors tantôt féeriques (climat enneigé des festivités de noël à l'appui !) tantôt baroques (sculptures grandioses parfois influencées par l'expressionnisme allemand !), quand bien même les antagonistes schizophrènes volent la vedette à l'homme chauve-souris, témoin empathique de leur condition névrosée. 


Deux monstres opprimés noyés par leur chagrin et leurs pulsions de haine depuis leur profonde solitude d'avoir été lâchement sacrifiés. Soit par la démission de parents intolérants, soit par la prétention cupide d'un patron sans vergogne. Derrière leur masque se cache donc une aigreur inconsolable que Tim Burton transfigure avec malingre émotion sous l'impulsion de comédiens en roue libre ! Outre la prestance infaillible de Christopher Walken en magnat mégalo particulièrement sournois, Batman le défi tire parti de sa fascination grâce à l'alliance des deux antagonistes au passé torturé. Quasi méconnaissable, Danny DeVito endossant le personnage du Pingouin avec l'ambition sardonique de martyriser la population de Gotham avant d'y manoeuvrer Batman. Avec son rictus grimaçant et son regard fielleux héritier de sa peine morale, l'acteur se surpasse à exprimer des sentiments de rébellion facilement influencés par l'immoralité d'une vendetta escarpée. Reflet de sa solitude, sa soif d'amour et sa douleur insurmontable d'avoir été considéré depuis son enfance comme un rebut de la société. Pleine de sensualité et de provocations lubriques, Michelle Pfeiffer lui partage la vedette avec une même rancoeur erratique depuis la condescendance criminelle de son patron, quand bien même ce dernier est impliqué dans les travaux d'une centrale électrique émanant des déchet toxiques. Avec autant de charisme dans son expressivité impérieuse, l'actrice se fond dans sa combinaison de latex avec autant d'intensité que de fragilité humaine depuis son identité introvertie de se soumettre à la peur de l'autorité. 


La Monstrueuse Parade
Plaidoyer pour le droit à la différence, superbes portraits désenchantés de freaks psychotiques, Batman le défi s'iconise en poème d'amour tragique pour l'impossible reconnaissance de ces laissés pour compte. Un chef-d'oeuvre absolu du fantastique baroque que Tim Burton parvient en toute autonomie à détourner du produit standard parmi l'appui d'un esthétisme crépusculaire pétulant ! Un conte de Noël frelaté d'une tristesse sous-jacente prépondérante... 

Bruno Matéï
3èx 


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