mercredi 16 décembre 2015

FOU A TUER

                                                                         Photo empruntée sur Google, appartenant au site senscritique.com

"Crawlspace" de David Schmoeller. 1986. U.S.A. 1h21. Avec Klaus Kinski, Talia Balsam, Barbara Whinnery, Carole Francis, Sally Brown, Jack Heller, David Abbott, Tane McClure.

Sortie salles France: 21 Mai 1986

FILMOGRAPHIE: David Schmoeller est un acteur, monteur, producteur, réalisateur et scénariste américain, né le 8 décembre 1947 à Louisville, dans le Kentucky (Etats-Unis).
1976: The Spider will kill you (Court-Metrage). 1979: Le Piège. 1982: The Seduction. 1986: Fou à Tuer. 1988: Catacombs. 1989: Puppet Master. 1991: The Arrival. 1992: Le Rebelle ("Renegade"). Série TV. 1992: Netherworld. 1998: The Secret Kingdom. 1999: Please Kill Mr Kinski. 1999: Search for the Jewel of Polaris: Mysterious Museum (télé-film).


Petit maître du fantastique reconnu des vidéophiles au début des années 80 avec le formidable Tourist Trap, David Schmoeller est également responsable d'une petite série B horrifique auquel la présence symbolique du monstre sacré Klaus Kinski y doit beaucoup. Fou à tuer décrivant les stratagèmes meurtriers et voyeuristes d'un fils de criminel nazi, Karl Gunther, résidant dans un appartement parmi de jeunes voisines de palier. Surveillant leurs moindres faits et gestes par le vide sanitaire, ce dernier a également élaboré des pièges sophistiqués afin de les appréhender de la manière la plus cruelle. Dans son appartement est également retenue prisonnière une déportée juive réduite à l'état animal au sein d'une petite cage. Mais un chasseur de nazi avide de revanche décide de rendre visite à Gunther pour lui faire savoir qu'il connait sa véritable identité. 


Ce pitch alléchant au cheminement néanmoins orthodoxe constitue surtout un prétexte pour brosser le fascinant portrait d'un tueur en série obsédé à l'idée de tuer avec ménagement depuis l'héritage de son paternel. Un criminel de guerre ayant autrefois endossé la fonction de médecin SS. Avec souci documentaire et par le biais de la prestance magnétique de Klaus Kinski délivrant une fois encore une fois un numéro d'acteur à la mesure de son talent, Fou à tuer parvient tour à tour à inquiéter et captiver. David Schmoeller s'efforçant de crédibiliser ce personnage cynique dans la quiétude de sa plus stricte intimité. A l'instar de son journal intime où il s'applique à délivrer ses impressions subjectives sur sa fascination morbide, sa mission à perpétrer le Mal, son goût addictif à supprimer autrui et son sentiment de supériorité après y avoir commis l'irréparable. Analogie évidente sur le spectre du fascisme et les effets pervers de la débauche criminelle, Fou à tuer distille un drôle de climat malsain dans son souci scrupuleux de détailler l'existence solitaire de ce chirurgien aussi cynique que pervers. Nanti d'un réalisme dérangeant et parfois poignant lorsque le cinéaste s'efforce à relater l'agonie mentale d'une détenue juive, l'intrigue provoque également une forme de dérision sardonique à travers le voyeurisme de Gunther (scruter les corps féminins parmi la complicité de rats), et par le biais de son masochisme suicidaire (son goût toujours plus risqué pour la roulette russe !), alors qu'un jeu du chat et de la souris va bientôt culminer entre lui et la survivante. David Schmoeller intensifiant en fin de parcours le caractère haletant d'une course-poursuite perpétrée à travers le vide sanitaire. 


En dépit d'une intrigue assez futile et finalement prévisible, Fou à tuer parvient admirablement à élever la série B horrifique en oeuvre d'auteur sous l'impériosité d'un comédien au charisme vénéneux et l'efficacité d'une réalisation exploitant habilement les chausse-trapes de l'immeuble. Intense, dérangeant et fascinant pour le portrait authentifié à son tortionnaire, Fou à tuer laisse surtout en mémoire, et sous couvert d'argument horrifique, un témoignage audacieux sur l'holocauste nazie ! 

Bruno Matéï
4èx
30/08/10
16/12/15

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