lundi 14 décembre 2015

LE CHAT NOIR


"Il Gatto nero" de Lucio Fulci. 1981. Italie. 1h32. Avec Patrick Magee, Mimsy Farmer, David Warbeck, Al Cliver, Bruno Corazzari.

Sortie salles France: 9 Mars 1983.

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Lucio Fulci est un réalisateur, scénariste et acteur italien, né le 17 juin 1927 à Rome où il est mort le 13 mars 1996. 1966: Le Temps du Massacre, 1969 : Liens d'amour et de sang , 1971 : Carole, 1971: Le Venin de la peur,1972 : La Longue Nuit de l'exorcisme, 1974 : Le Retour de Croc Blanc, 1975: 4 de l'Apocalypse, 1976: Croc Blanc, 1977 : L'Emmurée vivante, 1979: l'Enfer des Zombies, 1980 : la Guerre des Gangs, 1980 : Frayeurs, 1981 : Le Chat noir, 1981 : L'Au-delà, 1981: La Maison près du cimetière , 1982 : L'Éventreur de New York , 1984 : 2072, les mercenaires du futur, Murder Rock, 1986 : Le Miel du diable , 1987 : Aenigma, 1988 : Quando Alice ruppe lo specchio, 1988 : les Fantomes de Sodome, 1990 : Un chat dans le cerveau, 1990 : Demonia, 1991 : Voix Profondes, 1991 : la Porte du Silence..


Une photographe et un inspecteur de police vont chacun de leur côté tenter de démystifier les découvertes de cadavres sauvagement agressés. Leurs investigations va les mener à fréquenter un médium solitaire alors qu'un chat noir semble être à l'origine de cette vague de meurtres. 


Film mineur au sein de la carrière de Fulci alors que la même année la Maison près du cimetière et l'Au-delà allaient traumatiser toute une génération de cinéphiles, Le Chat Noir connut néanmoins un certain succès auprès des vidéos-clubs des années 80 sous l'égide de Scherzo. Faute d'un scénario bien mal exploité, assez répétitif et sans surprise, le Chat Noir se contente du minimum syndical, à savoir aligner quelques scènes chocs parfois spectaculaires autour d'une ambiance d'étrangeté de temps à autre envoûtante. Pourtant, le concept original d'incriminer un chat à l'origine de sanglants méfaits ne manque pas d'attiser notre curiosité quand bien même un étrange medium communiquant avec l'au-delà semble en tirer les ficelles. Pour ce rôle interlope, on retrouve avec plaisir l'inoubliable acteur d'Orange Mécanique et d'Histoires d'Outre-tombe, Patrick Magee, campant ici un personnage antipathique aussi fourbe qu'égoïste dans son mobile vindicatif. Dans celle de la photographe fureteuse, l'illustre Mimsy Farmer lui partage la vedette en posture fragile d'investigatrice gagnée par la révélation d'indices macabres. Enfin, David Warbeck endosse avec plus de discrétion la carrure d'un inspecteur de police assez malhabile, à l'instar de son impuissance à se prémunir contre l'agression meurtrière du chat.


En dépit d'une intrigue superficielle néanmoins insolite, de son montage déstructuré et de ces maladresses de mise en scène (notamment la régularité de zooms intentés sur les regards suspicieux de protagonistes), le Chat Noir réussit par miracle à diluer charme et sympathie par sa facture latine. Que ce soit au niveau de la composition attachante de nos seconds couteaux pris dans la tourmente d'une énigme occulte, du climat d'étrangeté rehaussé parfois d'esthétisme gothique (principalement les intérieurs archaïques de la demeure de Robert miles), de l'accompagnement musical énergiquement orchestré par Pino Donnago et enfin de l'impact graphique conféré aux meurtres les plus complaisants (le sort du couple finissant par succomber à un horrible asphyxie, l'agression de l'inspecteur dans la cité nocturne et le châtiment par le feu imparti à une quinquagénaire dans la quiétude de son foyer).

Bruno Matéï
4èx

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