lundi 15 février 2016

LES PREDATEURS DE LA NUIT

                                                                                Photo empruntée sur Google, appartenant au site scifi-movies.com 

"Faceless / Los Depredadores de la noche" de Jess Franco. 1988. France/Espagne. 1h38. Avec Helmut Berger, Brigitte Lahaie, Telly Savalas, Chris Mitchum, Stéphane Audran, Caroline Munro, Christiane Jean, Anton Diffring.

Sortie salles France: 22 Juin 1988

FILMOGRAPHIE: Jess Franco (Jesus Franco Manera) est un réalisateur espagnol, né le 12 Mai 1930 à Madrid, décédé le 2 Avril 2013.
1962: L'Horrible Dr orlof.  1962: Le Sadique Baron Von Klaus. 1964: Les Maîtresses du Dr Jekyll. 1966: Le Diabolique Dr Zimmer. 1969: L'Amour dans les prisons des femmes. 1969: Justine ou les infortunes de la vertu. 1970: Les Nuits de Dracula. 1970: Le Trône de Feu. 1971: Vampyros Lesbos. 1972: Les Expériences Erotiques de Frankenstein. 1972: Dracula prisonnier de Frankenstein. 1972: La Fille de Dracula. 1973: Quartier des Femmes. 1973: Christina chez les Morts-Vivants. 1974: La Comtesse Noire. 1974: Eugénie de Sade. 1976: Jack l'Eventreur. 1980: Terreur Cannibale. 1980: Mondo Cannibale. 1981: Sadomania. 1981: Le Lac des Morts-Vivants (co-réal). 1982: L'Abîme des Morts-Vivants. 1982: La Chute de la maison Usher. 1988: Les Prédateurs de la Nuit. 2002: Killer Barbys.


Production Franco-espagnole supervisée par l'incorrigible Jess Franco, Les Prédateurs de la nuit fit les beaux des vidéos-clubs des années 80 sous l'étendard de René Chateau (lui même crédité au poste de scénariste). Interdit aux - de 18 ans à l'époque, ce pur produit d'exploitation risque aujourd'hui de faire sourire les cinéphiles et les jeunes néophytes tant les effets spéciaux risibles peinent à retranscrire l'effet choc escompté. Si le gore pallie un peu leur carence réaliste, les maquillages de latex impartis aux opérations chirurgicales sont autrement plus convaincants si bien qu'une certaine fascination morbide en découle, à 2/3 plans cheaps (les yeux et la machoire manquent de fluidité dans leur animation mécanique). Pour remédier au fardeau de sa soeur défigurée, un médecin et sa maîtresse kidnappent des jeunes filles afin de leur prélever la peau du visage. Pour parfaire l'opération, ils font appel à un chirurgien nazi quand bien même un détective privé tente de retrouver les traces d'une disparue, Barbara, fille d'un riche entrepreneur. Reprenant la même trame que l'Horrible Dr Orloff, lui même autrefois inspiré du classique Les Yeux sans Visage, Les Prédateurs de la nuit tente de renouveler son concept en version colorisée et dans un contexte contemporain bon chic bon genre.


Son aspect télé-film et la chanson pop ringarde se combinant au climat érotique, tant par les étreintes effrontées que la tenue lascive des actrices de seconde zone, Brigitte Lahaie et Caroline Munro.
On sera également surpris de voir réuni à l'écran une distribution internationale aussi éclectique ! Des rôles secondaires improbables auquel participent aimablement Telly Savallas, Helmut Berger, Chris Mitchum, Stéphane Audran, Christiane Jean et Anton Diffring. Nanar érotico-horrifique mené tambour battant, les Prédateurs de la Nuit attise la sympathie chez l'amateur de zèderies par son brassage de situations tantôt horrifiques, tantôt polissonnes confinées au sein d'une clinique de l'horreur. Notre trio d'amants s'efforçant d'optimiser le visage idéal auprès de jeunes noctambules influençables. En dépit de la répétition des séquences de rapt, certaines situations potaches à l'accent grotesque (chacune des interventions du directeur gay de l'agence de mannequin) et le cabotinage outré des comédiens de seconde zone cultivent un charme timoré par leur affable implication. Mal dirigés dans une caricature souvent grossière, ces derniers insufflent néanmoins suffisamment de charisme pour se fondre dans une carrure hostile ou héroïque, à l'instar de l'inexpressif mais patibulaire Gérard Zalcberg en suppléant déficient, ou encore de l'illustre Anton Diffring dans celui du chirurgien SS.


Gentiment plaisant chez l'aficionado indulgent de Nanars, Les Prédateurs de la Nuit laisse en mémoire un divertissement pittoresque pour l'insolence des quiproquos et rebondissements où l'enquête policière, les étreintes sexuelles, la chirurgie esthétique et les rapts de lorettes se télescopent à rythme métronome. A redécouvrir d'un oeil distrait. 


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