lundi 9 mai 2016

10 CLOVERFIELD LANE

                                                             Photo empruntée sur Google, appartenant au site offi.fr 

de Dan Trachtenberg. 2016. U.S.A. 1h43. Mary Elizabeth Winstead, John Goodman, John Gallagher, Jr., Maya Erskine, Mat Vairo

Sortie salles France: 16 Mars 2016. U.S: 11 Mars 2016

FILMOGRAPHIE: Dan Trachtenberg est un réalisateur et scénariste américain.
2016: 10 Colverfield Lane



Prenant pour cadre le huis-clos intimiste d'un bunker auquel trois survivants s'y sont confinés depuis une éventuelle attaque chimique, 10 Cloverfield Lane n'est pas la suite du documenteur catastrophiste de Matt Reeves. Le titre du film se référant ici exclusivement à l'adresse du lieu unique de l'action. En dépit de son absence de pyrotechnie visuelle, nous restons tout de même un peu dans l'esprit de Cloverfield pour son aspect "fin du monde" ainsi que la révélation dantesque de son intrigue. Série B modeste privilégiant sans retenue la suggestion afin de cultiver un suspense tendu autour de trois personnages en discorde, 10 Cloverfield Lane parvient à retenir l'attention grâce à l'étude des caractères contradictoires. Renforcé du jeu équivoque de l'impressionnant John Goodman et des prestances aussi convaincantes de John Gallagher et surtout de Mary Elizabeth Winstead en fonction héroïque de dernier ressort, l'intrigue laisse planer assez habilement le doute quant aux agissements prévenants du propriétaire du bunker.


Sujet aux excès de colère et de violence lorsque l'un d'eux tente de s'échapper par la sortie au risque de contaminer les membres du bunker, Howard Stambler extériorise un caractère castrateur conçu sur la bienveillance d'autrui. Mais s'agit-il d'un kidnappeur (comme le laisse sous-entendre son ancienne relation avec Megan) ou d'un aimable secouriste ? (comme le souligne le prologue lorsque michelle opère une embardée sur l'autoroute). La réponse finira par éclore au fil des stratégies d'évasion que nos deux rescapés vont solidairement tenter de commettre en catiminie. Quant à la menace externe qui plane sur les épaules de nos survivants, nous restons constamment dans une perpétuelle perplexité à savoir si Howard Stambler aurait tout inventé pour mieux contenir l'interrogation de ses otages Spoil ! malgré la preuve oculaire d'une victime moribonde laissée à l'extérieur de la bâtisse fin du Spoil. La seconde partie autrement explicite nous dévoile enfin l'envers du décor de cette éventuel péril atomique par le biais de séquences inquiétantes assez réussies par leur réalisme, et ce en dépit du caractère prévisible de cette surprise finale. Le problème avec cette résolution est que dès le départ, le spectateur s'était préalablement mis en tête d'aborder cette hypothèse, notamment par le biais d'un hors-champ sonore que nos protagonistes percevaient à diverses reprises. Du coup, l'intensité de ces enjeux dramatiques mis à nu se révèle moins percutante que prévue malgré la bonne volonté du réalisateur à nous convaincre facilement de l'improbable.


Sympathique série B misant sur l'expectative d'une révélation dystopique, 10 Colverfield Lane loupe futilement le coche durant sa dernière partie ouvertement opaque et prévisible alors que les coups de théâtre du premier acte étaient parvenus à nous surprendre parmi un savant dosage de suspense oppressant et d'éclair de violence inopinément tranché. En dépit de ses lacunes narratives de fin de parcours, 10 Cloverfield Lane reste un agréable divertissement assez tendu et superbement photographié parmi l'autorité d'un jeu d'acteurs spontané. 


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