vendredi 12 août 2016

LA LOUVE SANGUINAIRE (la louve se déchaîne)

                                              Photo empruntée sur Google, appartenant au site todoelterrordelmundo.blogspot.com

"La Lupa Mannara" de  Rino Di Silvestro. 1976. Italie. 1h36. Avec Annick Borel, Frederick Stafford, Howard Ross, Tino Carraro, Andrea Scotti, Elio Zamuto, Dagmar Lassander, Ollie Reynolds, Karen Carter.

Sortie salles France: 1982. Italie: 18 Mars 1976

FILMOGRAPHIE: Rino Di Silvestro (1932-2009) est un réalisateur, scénariste et acteur italien. 1985: Les nuits chaudes de Cléopâtre. 1984 À seize ans dans l'enfer d'Amsterdam. 1980 Bello di mamma. 1979 Baby Love. 1976 Les déportées de la section spéciale SS. 1976 La louve sanguinaire. 1974 Prostituzione. 1973 La vie sexuelle dans une prison de femmes.


Plus connu auprès des fantasticophiles lors de son exploitation en Vhs sous la bannière de Super Video Production, la Louve Sanguinaire fait office d'ovni dans son alliage d'horreur gothique, d'érotisme racoleur et de Rape and Revenge. Typiquement transalpin dans l'illustration des meurtres graphiques, La Louve Sanguinaire baigne dans une ambiance macabre aussi trouble que malsaine, et ce, en dépit d'un scénario itératif plutôt prévisible. Hantée par des cauchemars nocturnes horrifiants, Daniella s'imagine lycanthrope les soirs de pleine lune à moins qu'elle soit la véritable réincarnation d'une ancêtre sacrifiée sur le bûcher il y a de cela 200 ans. Depuis l'arrivée de sa soeur et de son nouvel amant au domicile paternel, Daniella épie jalousement leurs ébats sexuels nocturnes. Souffrant de sexophobie depuis son agression brutale à l'âge de 15 ans, elle finit par se laisser influencer par des pulsions meurtrières incontrôlées. 


Empruntant la thématique du loup-garou chez un sujet féminin (un parti-pris identitaire rarement abordé dans le genre), la Louve Sanguinaire s'imprègne d'un climat onirico-macabre singulier si bien que le réalisateur issu de l'écurie Bis accumule sans relâche des séquences d'érotisme polisson et de gore outrancier (zoom grossier à l'appui façon Fulci !). L'ambiance d'étrangeté qui en émane (à l'instar du climat blafard et feutré régi en interne de l'hôpital parmi le témoignage d'une patiente nympho), sa partition musicale envoûtée et surtout le jeu outré de l'actrice Annick Borel, gesticulant et vociférant des insanités telle une possédée, instaurent une aura quasi ineffable au fil d'une narration fustigeant la gente masculine. Les mâles étant réduits à des phallocrates férus de luxure lorsque Daniella les séduit dans son plus simple appareil. Physiquement molestée après s'être laissée aguichée, celle-ci finit par s'adonner à une riposte primitive depuis la hantise de son agression infantile et de ses visions de sorcière lycanthrope. Seul, un cascadeur philanthrope lui invoquera amour et déférence lors d'une dernière partie encore plus baroque et déroutante qu'au préalable. Car empruntant la démarche du Rape and Revenge au sein du cadre fictif d'un décor de cinéma (un village western), La louve Sanguinaire renchérit dans la violence crue (la séquence scabreuse du viol et le meurtre qui s'ensuit) après nous avoir dupé avec la passion des sentiments et avant de nous dérouter lors d'un épilogue aussi banal qu'insolite.


Série B d'exploitation surlignant sans modération la dérive schizophrène d'une féministe sexuellement refoulée, La Louve Sanguinaire cultive un jeu de provocations putassières comme seuls les italiens ont le secret. A mi-chemin entre l'érotisme et l'épouvante ostentatoires, cette curiosité émaillée de détails saugrenus est à prescrire aux inconditionnels si bien que son ambiance baroque parvient souvent à nous ensorceler sous l'impulsion névralgique de l'inquiétante Annick Borel !

B-M. 3èx

2 commentaires:

  1. Il est bien sorti en France : en 1982 sous le titre "La Louve se déchaîne". ;-)

    RépondreSupprimer
  2. Merci Valor pour cette précieuse info, je rectifie ! ^^

    RépondreSupprimer