mercredi 7 septembre 2016

SOIF DE SANG

                                                               Photo empruntée sur Google, appartenant au site toutlecine.challenges.fr

"Thirst" de Rod Hardy. 1979. Australie. 1h34. Avec Chantal Contouri, Shirley Cameron, Max Phipps, Henry Silva, Rod Mullinar, David Hemmings.

Sortie salles Australie: 28 Septembre 1979

FILMOGRAPHIE: Rod Hardy est un réalisateur australien né en 1949 à Melbourne.
1979 : Soif de sang. 1997 : Robinson Crusoé. 2007 : December Boys.


Inédit en salles en France si je ne m'abuse, Soif de Sang fit quelques beaux jours des video-clubs lors de son exploitation Vhs dans les années 80. Relativement méconnue, cette bisserie horrifique issue de l'âge d'or du Fantastique australien tire-parti de sa fascination prégnante en l'apport de son concept saugrenu. Embrigadée de force au sein d'une mystérieuse ferme, véritable entreprise de donneurs de sang, Kate Davis est l'objet de toutes les convoitises depuis qu'une confrérie diabolique s'efforce de la conditionner à se nourrir de sang humain afin de succéder à son héritière, la Comtesse Bathory. Molestée et droguée, elle tente de résister à sa condition servile quand bien même tous les patients apathiques sont exploités à outrance lors de prélèvements sanguins afin de nourrir la secte en quête d'éternelle jeunesse et de pouvoir. Traitant du thème du vampirisme avec une originalité sans égale si bien que cette série B fait office d'ovni incongru, Soif de Sang ne cesse d'intriguer et de fasciner par le biais d'une intrigue prémâchée entrebâillée d'incohérences et petites maladresses (l'intrusion peu convaincante de l'époux de Kate au sein de la ferme et de quelques protagonistes au comportement interlope, sa conclusion un peu trop vite expédiée engendrant une chute nihiliste), faute notamment d'une mise en scène académique et d'un jeu d'acteurs parfois hésitant ou cabotin.


Pourtant, une partie de sa distribution reste attachante puisque l'on y croise les aimables seconds-couteaux Henry SilvaDavid Hemmings et Shirley Cameron, quand bien même l'indicible Chantal Contouri ne cesse de nous dérouter par son talent perfectible d'un jeu névrosé tantôt outré, tantôt trop anémique (les séquences hallucinogènes où fiction et réalité ne cessent de se contredire dans son psyché en perte de repère !). Et en dépit également d'un début déconcertant car enchaînant trop précipitamment les évènements pour son hospitalité forcée, Soif de Sang insuffle un climat trouble d'envoûtement en son témoignage fragile si bien qu'elle perdure une multitude d'expériences irrationnelles afin de s'accoutumer au sang humain. Quand bien même son entourage lobotomisé déambule dans le jardin à l'instar de zombies dénué de conscience. Multipliant avec une certaine redondance les tentatives d'évasion et d'endoctrinement d'une héroïne à bout de souffle réfutant au possible sa nouvelle condition vampire, Rod Hardy parvient miraculeusement à aviver notre attention par le biais d'évènements sataniques (les rituels de la communauté) et d'incidents horrifiques où les idées débridées fusent tous azimuts. Soif de Sang nous entraînant irrésistiblement dans un cauchemar schizo au fil d'une énigme aussi tortueuse qu'étrange, à l'instar de sa conclusion fortuite d'une audace pessimiste.


Aussi maladroit qu'étonnamment trouble et délirant, Soif de Sang ne peut laisser indifférent par ses audaces visuelles assez habiles et son concept sardonique aussi improbable que décapant ! Il en émane une série B hybride assez couillue oscillant défauts et qualités avec une miraculeuse alchimie ! Comme en témoignent notamment le rythme mélodique de sa partition entêtante (Brian May svp !), la splendeur de sa photo sépia ainsi que la beauté vénéneuse de l'impénétrable Chantal Contouri (son unique rôle à l'écran !). A (re)découvrir ! 

Eric Binford. 2èx

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