jeudi 29 décembre 2016

LES RAISINS DE LA COLERE

                                                                          Photo empruntée sur Google, appartenant au site senscritique.com

"The Grapes of Wrath" de John Ford. 1940. U.S.A. 2h09. Avec Henry Fonda, Jane Darwell, John Carradine, Charley Grapewin, Dorris Bowdon, Russell Simpson, O. Z. Whitehead, John Qualen.

Sortie salles France: 31 Décembre 1947. U.S: 15 Mars 1940

FILMOGRAPHIE SELECTIVEJohn Ford, (John Martin Feeney), est un réalisateur et producteur américain, né le 1er février 1894 à Cape Elizabeth près de Portland (Maine) et mort le 31 août 1973 à Palm Desert (Californie). 1928 : Napoleon's Barber. 1932 : Tête brûlée. 1934 : La Patrouille perdue.
1939 : La Chevauchée fantastique. 1939 : Sur la piste des Mohawks. 1940 : Les Raisins de la colère.
1941 : Qu'elle était verte ma vallée. 1942 : La Bataille de Midway. 1946 : La Poursuite infernale.
1948 : Le Massacre de Fort Apache. 1949 : La Charge héroïque. 1950 : Le Convoi des braves.
1950 : Rio Grande. 1952 : L'Homme tranquille. 1953 : Mogambo. 1955 : Ce n'est qu'un au revoir.
1956 : La Prisonnière du désert. 1960 : Le Sergent noir. 1960 : Alamo, réalisateur de la 2e équipe
1962 : L'Homme qui tua Liberty Valance. 1962 : La Conquête de l'Ouest. 1963 : La Taverne de l'Irlandais. 1964 : Les Cheyennes. 1976 : Chesty: A Tribute to a Legend (documentaire)


Grand Classique des années 40, les Raisins de la Colère valu à l'illustre John Ford un Oscar pour le talent de sa mise en scène quand bien même Jane Darwell remporta celui du Meilleur Second Rôle Féminin pour son profil de matriarche au grand coeur. Photographié dans un splendide noir et blanc au jeu d'ombres et lumière expressionnistes, Les Raisins de la colère relate avec souci documenté l'épreuve de survie d'une famille de métayers ricains chassés de leur terre durant la Grande Dépression. Alors que Tommy vient de sortir de prison après avoir purgé 4 ans pour homicide, il retrouve sa famille dans une situation si précaire qu'ils doivent s'exiler vers la contrée Californienne. Manifeste contre la misère humaine et l'exploitation ouvrière, ce road movie rural imprime dans l'esprit du spectateur un sentiment intolérable d'injustice face au témoignage démuni de la famille Joad. Le film ne cessant d'illustrer avec une grande pudeur leur errance itinérante dans un pays en crise ne laissant nulle répit à ceux qui tenteraient de refonder un semblant de vie décente.


Ce poids de la sinistrose qui irrigue les pores du récit ne cède jamais au racolage ou au misérabilisme grâce au réalisme de sa reconstitution sociale et au charisme buriné d'une distribution poignante. L'immense Peter Fonda menant sa communauté parentale avec un humanisme à la fois pugnace et désespéré depuis qu'il enchaîne les infortunes au mépris d'une police aussi dictatoriale que véreuse. Ce portrait vérité de la crise économique de 29 qui engendra l'explosion du chômage (et la cupidité des institutions bancaires) s'avère proprement surréaliste face au discrédit de toutes ces familles affamées, violées de leur territoire, pour être ensuite parquées dans des taudis insalubres en se soumettant à une hiérarchie inéquitable. Par le biais du personnage de Tommy, John Ford insuffle à son portrait fragile une intensité dramatique en crescendo du fait de son caractère frondeur à s'attirer les ennuis au point d'être contraints d'abdiquer sa famille. Spoil ! Le film oscillant au final l'amertume et l'espoir quant à la destinée esseulée de ce laissé-pour-compte et la routine de sa famille que "Ma" (la matriarche) se résigne à poursuivre vers l'endurance Fin du Spoil.


Drame social d'une dureté âpre dans son réalisme glauque émanant d'un impitoyable pessimisme, Les Raisins de la Colère perce finalement vers l'optimisme lors de sa conclusion en demi-teinte afin de mettre en exergue l'initiation de survie d'une famille en perdition gagnée par le désir de persévérer et de s'affirmer pour la dignité. Un chef-d'oeuvre d'une puissance visuelle et émotionnelle que John Ford nous imprime avec une étonnante discrétion ! 

B-M. 3èx

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