mercredi 19 avril 2017

LA CHOSE

                                                                                   Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Return of the Aliens: The Deadly Spawn" de Douglas McKeown. 1983. U.S.A. 1h21. Avec Charles George Hildebrandt, Tom DeFranco, Richard Lee Porter, Jean Tafler, Karen Tighe, James Brewster, Elissa Neil.

Sortie salles U.S: 22 Avril 1983

FILMOGRAPHIE: Douglas McKeown est un réalisateur et scénariste américain, ne lé 14 Janvier 1947 à New York City, 1983: La Chose.


Hommage aux films de monstres des années 50 à la sauce Tomato Ketchup, La Chose demeure un miracle de série Z que les vidéophiles ont gardé en mémoire avec un souvenir ému. Unique réalisation de Douglas McKeown, La Chose tire-parti de son charme par le côté candide d'une réalisation approximative palliant ses carences techniques et narratives et un jeu d'acteurs amateuristes par le biais d'effusions sanglantes irrésistiblement complaisantes. Le réalisateur ne lésinant pas sur les zooms des chairs entaillées ou corps démembrées afin de provoquer le choc esthétique, à l'instar de nos artisans italiens exploitant en cette époque décadente les films de zombies à renfort de gore putassier.


En prime, grâce au charisme dismorphique du monstre extra-terrestre nanti de trois têtes et d'une dentition proéminente, celui-ci insuffle un pouvoir de fascination prégnant par son apparence hybride. Ses nombreuses attaques sanglantes imputées aux occupants d'une demeure familiale s'avérant assez jouissives, notamment lorsque ces derniers tentent maladroitement de lui échapper parmi des instants de panique tantôt hilarantes. On ne manquera pas non plus d'évoquer la fameuse pause déjeuner que des mamies organisent autour d'une réunion amicale quand bien même des petites créatures semblables à des anguilles vont infester la salle à manger pour leur dévorer les jambes et le visage ! Au sein de ce chambardement horrifique assez cartoonesque, un ado féru de cinéma d'horreur, membre de la famille assiégée, va tenter de détruire le monstre après avoir assisté à ses exubérances sanglantes dans la cave. Etrangement inquiétant et laconique, ce personnage juvénile fascine le spectateur par son instinct voyeuriste à témoigner des exactions de la créature sans cligner de l'oeil (ou alors si peu à une exception près). A la fois observateur ambigu (il semble éprouver une fascination morbide pour les cadavres déchiquetés) et héros vaillant (il canalise sa peur lors de ses confrontations épiques avec le monstre), ce dernier parvient à donner chair à son personnage avec une trouble identité.


En dépit de faibles longueurs, de bavardages inutiles et d'un montage hasardeux, La Chose s'extirpe miraculeusement de la nullité grâce à l'implication intègre du réalisateur en herbe vouant un amour pour les monstres articulés ici réalisés avec assez de soin pour prétendre à sa voracité. Aujourd'hui encore, et avec un délicieux parfum de nostalgie (comme en témoigne son score monocorde efficacement envoûtant), il n'a rien perdu de son intensité attractive par son esprit sardonique aussi généreux que décomplexé. Le terme culte est d'ailleurs approprié afin de mieux définir cette perle gore typiquement bisseuse ! 

La séquence la + marquante: le dîner sanglant chez les mamies

Eric Binford
4èx

2 commentaires:

  1. Un de mes collectors en VHS! ^^
    Je ne sais pas s'il existe une édition DVD...

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  2. Il existe bien une édition dvd en france puisque je la possède

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