mardi 12 septembre 2017

BABY DRIVER

                                                       Photo empruntée sur Google, appartenant au site Allocine.fr

d'Edgar Wright. 2017. U.S.A. 1h53. Avec Ansel Elgort, Kevin Spacey, Lily James, Jon Hamm, Jamie Foxx, Eiza González, Jon Bernthal.

Sortie salles France: 19 Juillet 2017. U.S: 28 Juin2017

FILMOGRAPHIE: Edgar Wright est un réalisateur et scénariste britannique, né le 18 avril 1974 à Poole, dans le Dorset (Royaume-Uni). 1994 : A Fistful of Fingers. 2005 : Shaun of the Dead. 2007 : Hot Fuzz. 2010 : Scott Pilgrim. 2013 : Le Dernier Pub avant la fin du monde. 2017 : Baby Drive.


Divertissement bourrin taillé sur mesure pour le grand public si je me réfère à sa pétulante bande-annonce, Baby Driver est beaucoup plus qu'un simple produit pop-corn (façon Fast and Furious) conçu pour rameuter les foules. Réalisé par le surdoué Edgar Wright dont on ne compte plus les réussites (sa filmo ressemble à un arc en ciel pour son amour du ciné de genre), Baby Driver est une madeleine de Proust aussi jouissive qu'intelligente dans le paysage aseptique de l'actionner movie. Et ce en dépit d'éclairs de violence assez réalistes qui pourrait toutefois impressionner le plus jeune public alors que sa facture détonante (et hybride) de conte de fée fait preuve d'une franche tendresse auprès du couple en étreinte (son final romantique s'avérant d'une vibrante émotion sans tirer pour autant sur la corde du sirupeux !). En tablant sur une idée empruntée à Driver et Drive (un chauffeur de braqueurs, as de la conduite, multiplie les poursuites effrénées sans jamais se faire alpaguer par la police), Baby Driver dresse l'attachant portrait d'un jeune orphelin pris dans la tourmente de la pègre et de la criminalité depuis la mort de ses parents. Le réalisateur prenant notamment soin de nous renseigner sur son passé infantile par le biais de flash-back concis assez poignants. Sa grande particularité (pour ne pas dire son addiction justifiée d'un passé traumatique) est d'écouter à plein volume de la musique sur son Ipod à chacune de ses missions jonchées d'embardées. Et sur ce point, Edgar Wright maîtrise admirablement la lisibilité des poursuites vertigineuses et gunfights par le biais du montage ciselé.


Contraint de rembourser une dette à son boss, Baby est bientôt apte à retrouver son autonomie au moment même de s'éprendre de la jeune serveuse, Debora. Mais son patron bien conscient de son statut de surdoué de la vitesse n'entend pas libérer de sitôt son poulain. Pourvu d'un scénario simpliste contrebalancé de rebondissements et d'idées retorses souvent surprenants, Baby Driver ne cède jamais à la facilité d'une vaine esbroufe grâce à une structure narrative solide. Mené sur le rythme trépidant d'une bande-son alternant constamment la soul et la pop-rock, la réalisation fringante d'Edgar Wright multiplie les expérimentations techniques avec une invention en roue libre. Coloré et fun au sein d'une cité urbaine en ébullition, truffé de dialogues créatifs par des personnages hauts en couleur formant une complicité davantage délétère (même Jamie Foxx s'avère convaincant dans un second-rôle égotiste !), Baby Driver carbure à l'adrénaline de la vitesse et de l'action explosive sous l'impulsion humaine d'un anti-héros en quête de rédemption. A cet égard iconique, le jeune acteur Ansel Elgort retransmet avec une belle dignité son dilemme de se compromettre à nouveau à la corruption au moment même d'une remise en question amoureuse et parentale (son attention scrupuleuse portée à son père adoptif). A travers son périple jonché de bévues meurtrières et de soumission morale, on peut d'ailleurs y déceler une métaphore sur le passage à l'âge adulte après l'acceptation du deuil parental.


Généreux en diable par son action chorégraphique époustouflante de vigueur et de maestria (nous nous accrochons à notre fauteuil au moindre écart de conduite !), et semé d'instants de cocasserie et de tendresse (le couple formé par Baby/Debora dégage une innocence parfois bouleversante quant à leur destinée indécise), Baby Driver redynamise le VRAI spectacle du samedi soir sous l'autorité infaillible d'un nouveau maître du divertissement pétri d'amour et de sincérité envers son public. Une authentique fable Rock'n Roll en somme assorti d'un brio technique étourdissant ! 

Bruno Dussart.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire