vendredi 3 août 2018

CONTAMINATION


de Luigi Cozzi (Lewis Coates). 1980. Italie/Allemagne. 1h35. Avec Ian McCulloch, Louise Marleau, Marino Masé, Siegfried Rauch, Gisela Hahn, Carlo De Mejo, Carlo Monni.

Sortie salles France: 15 Juillet 1981. Italie: 2 Août 1980

FILMOGRAPHIE: Luigi Cozzi est un réalisateur et scénariste italien, né le 7 Septembre 1947 à Busto Arsizio (Italie). 1969: Le Tunnel sous le monde. 1973: Il Vicino di casa. 1975: L'Assassino è costretto ad uccidere ancora. 1976: Dedicato a una stella. 1976: La Portiera nuda. 1979: Starcrash. 1980: Contamination. 1983: Hercule. 1985: Les Aventures d'Hercula. 1988: Turno di notte (série tv). 1988: Nosferatu à Venise. 1989: Sinbad of the seven seas. 1989: Le Chat Noir. 1989: Paganino Horror. 1991: Dario Argento: Master of Horror. 1997: Il Mondo di Dario Argento 3: Il museo degli.  orrori di Dario Argento (video).

                                         

Gros hit des vidéos-club sous la bannière étoilée d'Hollywood Video, Contamination demeure l'un des classiques bisseux des années 80 que les fans de gore se sont empressés de louer grâce à l'aspect dégueulbif de sa jaquette explicite. Surfant sur le succès d'Alien réalisé un an au préalable, Luigi Cozzi en extirpe un jouissif ersatz transalpin dans sa manière ostentatoire d'étaler complaisamment une horreur cracra. Si bien qu'en l'occurrence, parmi l'appui stylisé du ralenti, les estomacs des victimes explosent leurs viscères au contact d'un acide découlant d'un oeuf étranger. Ainsi, à partir d'un argument incongru d'invasion extra-terrestre délibérée à conquérir notre planète, le réalisateur réexploite l'une des séquences anthologiques d'Alien (le xenomorphe s'extirpant de la cage thoracique de John hurt !) pour en extraire une anticipation horrifique beaucoup plus gore, et ce en réitérant cette mise à mort par intermittence. Entouré d'aimables seconds couteaux du ciné Bis (l'attachant trio badin Ian McCulloch, Louise Marleau, Marino Masé), Contamination  conjugue aventure exotique (leur expédition en Amérique du Sud afin de démanteler la société de café), suspense légèrement oppressant (la panique - assez peu crédible dans ses effets grossiers - de Stella recroquevillée dans sa salle de bain à proximité d'un cocon) et horreur cinglante (les corps déchiquetés volant en éclat parmi l'insistance du zoom au ralenti !).


Et si le récit s'avère linéaire, voir tracé d'avance, il est toutefois contrebalancé par l'efficacité de sa réalisation assez soignée (notamment au niveau de sa structure narrative ponctuée d'humour quant aux rapports contradictoires entre le colonel Stella et l'imbécile heureux Tony), un sens du rythme soutenu et le charisme familier (enfin pour les fans) des acteurs bisseux jouant les investigateurs héroïques avec autant de simplicité que de dérision. En prime, l'aspect niais de leurs répliques et l'humour lourdingue couramment prononcé par le cabotin Marino Masé irriteront facilement le spectateur lambda insensible aux productions Z. Pour autant, cette posture grossièrement pittoresque renforce le charme naïf, le second degré de l'entreprise "low-cost" conçue pour divertir l'aficionado d'une horreur à la fois crapoteuse et incongrue. Ainsi, les scènes gores spectaculaires font mouche de par leur aspect artisanal à dépeindre sans complexe les boyaux fraîchement fumés des victimes moribondes, quand bien même l'apparition finale du fameux cyclope impressionne franchement par son aspect éminemment délétère, visqueux, viscéral ! Face à cette icone monstrueuse résolument glauque, et grâce à un habile montage et à la conviction des protagonistes transis d'émoi, Luiggi Gozzi parvient à nous immerger dans un cauchemar malsain lors de son dernier quart-d'heure. Un point d'orgue homérique et hypnotique (dans le sens diégétique) rehaussé d'FX artisanaux étonnamment convaincants si bien que l'on se surprend de sa vigueur réaliste.


L'invasion vient de Mars
Classique bisseux des années 80 au pouvoir de fascination morbide inextinguible, Contamination  préserve son attrait bonnard en jouant principalement sur l'effet "révulsif/appréhensif" de l'oeuf extraterrestre aussi blafard que méphitique. L'aspect verdâtre de sa physionomie s'exacerbant au tempo d'une respiration gutturale imprégnant toute la pellicule. Et les Goblin de parachever ces intonations macabres idoines parmi l'impact entêtant d'un score électro imprimé dans chaque mémoire !

* Gaïus
03.08.18. 7èx
29.07.13. (104 vues)

Luigi Cozzi

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire