mardi 7 août 2018

LA FELINE (Cat People)

                                              Photo empruntée sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Paul Schrader. 1982. U.S.A. 1h58. Avec Nastassja Kinski, Malcolm McDowell, John Heard, Annette O'Toole, Ruby Dee, Ed Begley Jr, Scott Paulin, Frankie Faison, Ron Diamond, Lynn Lowry.

Sortie salle France: 8 Septembre 1982. U.S: 2 Avril 1982

FILMOGRAPHIEPaul Schrader est un réalisateur, scénariste et producteur américain, né le 22 Juillet 1946 à Grand Rapids (Michigan). Blue Collar: 1978. 1979: Hardcore. 1980: American Gigolo. 1982: La Féline. 1985: Mishima. 1987: Light of Day. 1988: Patty Hearts. 1990: Etrange Séduction. 1992: Light Sleeper. 1994: Witch Hunt (télé-film). 1997: Touch. 1997: Affliction. 1999: Les Amants Eternels. 2002: Auto Focus. 2005: Dominion. 2007: The Walker. 2008: Adam Resurrected.


"L'amour a fait d'elle une bête érotique". 
Etrange film que cette Féline, remake (ou plutôt variation !) du chef-d'oeuvre (contrairement éthéré) de Jacques Tourneur. Car en abordant avec une certaine ambiguïté les thèmes de l'inceste et du refoulement sexuel, Paul Schrader entreprend un film fantastique à la charge érotique invariante sous l'impulsion charnelle de Nastassja KinskiIrena retrouve son frère Paul après de longues années d'absence. Passées les retrouvailles, celui-ci tente rapidement de la convaincre qu'une malédiction les unis. Spoil ! Parce que leurs ancêtres accordaient le sacrifice d'enfants à des panthères, les âmes infantiles grandissaient dans le coeur et le corps de ces félins pour peu à peu devenir des humains. Ainsi, afin d'éviter la prochaine métamorphose, le frère et la soeur devaient avoir une relation incestueuse. Fin du Spoil. Irena, déconcertée par ces révélations improbables repousse les avances de son frère. Le lendemain, une jeune prostituée est sauvagement blessée par un animal dans une chambre d'hôtel. A la vue de cette version modernisée assez trouble et sulfureuse, voir parfois  spectaculaire, le cinéaste adopte un parti-pris démonstratif à contre-emploi de son modèle de suggestion. Si bien qu'en l'occurrence les quelques scènes chocs qui jalonnent le récit s'avèrent d'un réalisme intense à défaut du racolage bon marché (la métamorphose, l'arrachage du bras ou l'éviscération de la panthère concoctés par de superbes FX de Tom Burman !). Quand bien même l'érotisme qui en émane est décuplé par la posture électrisante d'une Nastassja Kinski mise à nu !


Sa silhouette lascive magnétisant l'écran dans une fragilité candide, de par sa personnalité timorée et torturée à s'éveiller aux autres puis tenter de percer le mystère qui entoure sa filiation maudite. Car en quête identitaire et de désir sexuel, Irena est profondément troublée par les allégations de son frère compromis par une étrange malédiction. Quand bien même sa romance toujours plus ardente et passionnelle auprès d'un vétérinaire de zoo l'accule à passer à l'acte sexuel afin d'y perdre sa virginité. Mais à quel prix ? Tant et si bien que cette troublante relation entre eux découle sur une étrange rédemption répressive où la passion des sentiments ne peut toutefois se résoudre à les séparer. A travers ses plages fantasmagoriques stylisées accentuées de l'entêtant score de Giorgio Moroder (les images chimériques sont d'une flamboyance ensorcelante), La Féline fascine et séduit parmi l'élément perturbateur de l'inceste et du désir torride qu'instille le triangle amoureux. La présence patibulaire  du génial Malcolm McDowell (une fois de plus habité par son rôle équivoque !) renforçant le climat insolite que Schrader parvient avec élégance à mettre en images (photo léchée en sus), notamment auprès de sa première partie tantôt macabre illustrant ses virées nocturnes et exactions meurtrières avec machisme condescendant (ses nuits de débauche avec de jeunes prostituées). Le second acte aussi captivant se focalise enfin vers l'initiation sexuelle d'Irena prise entre le dilemme de son instinct primitif et son amour irrépressible pour son amant. Ce qui nous vaudra d'ailleurs une originale transformation de la belle en bête avant d'osciller entre le crépuscule d'une traque urbaine et d'un ultime coït mélancolique.


"Femme en cage". 
Troublante métaphore sur l'emprise sexuelle par le biais d'un amour interdit, réflexion sur la perte de virginité par le biais d'une angoisse du désir, de l'engagement et de la passion, La Féline transfigure le portrait névrosé d'une jeune vierge assujettie à sa malédiction ancestrale. Objet de désir et de fantasme, Natassja Kinski  irradie l'écran de sa beauté aussi bien virginale que concupiscente. Cette charge érotique constante, son climat diaphane inusité et l'efficacité de son script à la fois couillu et vénéneux élevant La Féline au Classique du Fantastique contemporain (quasi impénétrable).

Gaïus
07/08/18. 6èx
02.07.12. 5èx (209 vues)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire