vendredi 22 juin 2018

LA QUEUE DU SCORPION

                                                 Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

"La coda dello scorpione" de Sergio Martino. 1971. Italie/Espagne. 1h31. Avec George Hilton, Anita Strindberg, Alberto de Mendoza, Ida Galli, Janine Reynaud, Luigi Pistilli, Tom Felleghy.

Sortie salles France: 4 Octobre 1973. Italie: 16 Août 1971

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Sergio Martino est un réalisateur, producteur et scénariste italien né le 19 Juillet 1938 à Rome (Italie). 1970: l'Amérique à nu. Arizona se déchaine. 1971: l'Etrange vice de Mme Wardh. La Queue du Scorpion. l'Alliance Invisible. 1973: Mademoiselle Cuisses longues. 1973: Torso. 1975: Le Parfum du Diable. 1977: Mannaja, l'homme à la hache. 1978: La Montagne du Dieu Cannibale. 1979: Le Continent des Hommes poissons. Le Grand Alligator. 1982: Crimes au cimetière étrusque. 1983: 2019, Après la Chute de New-York. 1986: Atomic Cyborg. 1989: Casablanca Express. 1990: Mal d'Africa. Sulle tracce del condor.


Influencé par la célèbre trilogie animalière d'Argento, Sergio Martino réalise en 1971 La Queue du Scorpion avec un savoir-faire particulièrement efficace de par son intrigue sinueuse irrésistiblement machiavélique. A la suite de la mort de son époux lors d'un mystérieux crash d'avion, Lisa hérite de la somme d'1 million de dollars. Au moment de s'exiler à Tokyo en compagnie d'un de ses amants, cette dernière est persécutée par un mystérieux tueur. Voilà brièvement condensé le pitch afin d'occulter tout indice d'une intrigue viciée mettant en valeur une poignée de personnages à la fois effrontés, sans vergogne et volages puisque avides d'empocher le magot avant qu'un de leur concurrent ne les devancent. Dès le 1er acte savamment inquiétant et couillu, Sergio Martino nous ébranle sans crier gare avec un homicide d'une sauvagerie acérée clignant de l'oeil à Hitchcock  (Spoil puisque nous venions de nous familiariser avec l'héroïne depuis 25 minutes ! fin du Spoil). Le tueur n'accordant aucune pitié à sa victime si bien que nous craignons ensuite ses futures exactions avec une appréhension métronomique.


C'est dire si le cinéaste maîtrise cette faculté de distiller un suspense oppressant à chacune des ses sombres apparitions, notamment parmi le détail fétichiste de ses gants noirs comme de coutume dans la tradition giallesque. Qui plus est, à travers un défilé d'actrices sublimes sévèrement mises à mal par l'assassin (on y croise les yeux bleux d'Ida Galli, de Janine Reynaud et surtout d'Anita Strindberg absolument électrisante en reporter sexy !), Martino filme leur fragilité démunie avec un érotisme soft. Tant auprès de quelques ébats amoureux que des étreintes criminelles qu'elles se partagent violemment avec le tueur rivalisant de cruauté pour parfaire ses sévices. Sur ce point, on est également frappé par la verdeur des meurtres superbement filmés avec stylisme tranché initialement imposé par Argento, notamment grâce au dynamisme du montage épaulé d'agressifs gros plans. Quand bien même le score entêtant de Bruno Nicolai enrobe l'intrigue afin d'exacerber le mystère diffus autour des va-et-vient de personnages interlopes présumés coupables. Martino parvenant aisément à captiver et nous interroger sur les éventuelles complicités cupides avec comme indice subsidiaire la broche d'une queue de scorpion. Ce dernier entretenant le suspense de la véritable identité du meurtrier jusqu'au dernier quart-d'heure volontairement tacite (avec l'accord amiable du cinéaste) se déroulant dans un décor maritime idyllique. Et de nous offrir en guise de point d'orgue rebondissements, poursuites et angoisse éprouvante quant au sort précaire de l'ultime victime complètement isolée de soutien externe.


Passionnant, sexy et raffiné autour d'une solide intrigue ramifiée, la Queue du Scorpion redouble d'efficacité à communier suspense et horreur même s'il doit tout au maestro fondateur Dario Argento. Un des fleurons du genre irrésistiblement grisant et jubilatoire si bien qu'aujourd'hui encore on reste happé par sa troublante modernité. 

* Bruno
3èx

jeudi 21 juin 2018

SWEET COUNTRY. Prix du Jury, Mostra de Venise.

                                                    Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Warwick Thornton. 2017. Australie. 1h53. Avec Sam Neill, Ewen Leslie, Bryan Brown, Thomas M. Wright.

Sortie salles Australie: 25 Janvier 2018. U.S: 6 Avril 2018. France: Uniquement diffusé sur Netflix à partir du 15 Juin 2018.

FILMOGRAPHIE: Warwick Thornton est un réalisateur, scénariste et directeur de la photographie australien né le 23 juillet 1970 à Alice Springs.1996 : From Sand to Celluloid: Payback. 2002 : Mimi. 2005 : Green Bush. 2007 : Nana (TV). 2009 : Samson and Delilah. 2010 : Art+Soul (série télévisée). 2011 : Stranded. 2013 : The Turning (segment Big World). 2013 : The Darkside. 2014 : Words with Gods. 2017 : Sweet Country.


Puissant réquisitoire contre la vilenie du racisme à travers l'outback australien de 1929, Sweet Country s'inspire d'un tragique fait divers lorsqu'un aborigène tua un fermier blanc en guise de légitime défense. Spoil ! Traqué en plein désert durant un périple de longue haleine avant de se livrer à la justice depuis la grossesse de sa femme, Philomac finira sur le banc des accusés lors d'un tribunal de fortune afin de juger de son sort promu à la pendaison. Fin du Spoil. Contemplatif et limite sensoriel dans sa manière onirique de filmer une nature placide auquel y survit une tribu primitive plutôt farouche à l'étranger (tant auprès de son propre peuple urbanisé que de l'homme blanc impérieux), Sweet Country s'épargne de partition musicale afin de mieux nous immerger au sein d'un western monocorde dont le rythme assez langoureux pourrait toutefois rebuter certains d'entre nous (principalement lors de la traque sauvage à la limite de l'expérimental dont la nature éclectique s'octroie un rôle majeur). Le réalisateur prenant son temps à structurer son intrigue autour de la  familiarité des protagonistes en constante discorde.


Pour autant, grâce à la personnalité de sa mise en scène (même si les nombreux flashbacks et surtout flashforwards s'avèrent plutôt dispensables, notamment afin de préserver 2/3 effets de surprise), de la sobriété des acteurs notoires (Sam Neil en chrétien sollicitant, Bryan Brown en sergent atrabilaire) ou des aborigènes amateurs absolument crédibles dans leur jeu posément sentencieux, et surtout à l'intensité de son récit vitupérant le racisme le plus couard (j'évoque surtout la dichotomie du dénouement !), Sweet Country provoque une émotion "réservée" poignante à travers le portrait éhonté d'une Australie profonde à la fois conservatrice, réactionnaire et xénophobe. Warwick Thornton observant la fracture entre deux cultures étrangères en voie de modernisme et de rébellion sans discours moralisateur (le film est d'ailleurs plutôt laconique) ni fioriture. Si bien que sa dernière partie s'attardant sur les postures taiseuses des accusés victimes de leur condition soumise nous provoque un désarroi scrupuleux quant à leur précarité à oser s'exprimer pour se défendre face à l'autorité d'un juge inopinément clément.


Violent et poignant sous une forme autonome de western contemplatif à la lisière de l'insolite, Sweet Country dénonce avec force la haine et l'obscurantisme parmi l'autorité de son auteur réfractaire aux conventions si bien que son fait-divers inéquitable nous reste en travers de la gorge pour son vibrant hommage en faveur du peuple aborigène victime de l'esclavage et de leur ignorance à l'aube d'une société en mutation (si je me réfère surtout au symbolisme de l'équité juridictionnelle). 

* Bruno

mercredi 20 juin 2018

DADDY'S DEADLY DARLING / THE 13 PIGS. Director's Cut.

                                            Photo empruntée sur Google, appartenant au site 3.bp.blogspot.com

"Pigs", "Horror Farm", "The 13th Pig", "Daddy's Girl", "The Strange Exorcism of Lynn Hart", "The Strange Love Exorcist and Roadside Torture Chamber", "Les Monstres Sanglants" de Marc Lawrence. 1972. U.S.A. 1h20. Avec Marc Lawrence, Toni Lawrence, Marc Laurent, Jesse Vint, Paul Hickey, Katharine Ross.

Sortie salles U.S: 25 May 1973 

FILMOGRAPHIE: Marc Lawrence est un réalisateur américain né le 17 Février 1910, décédé le 27 Novembre 2005 (95 ans). 1973: Daddy's Deadly Darling. 1965: Tendre garce.


Rareté horrifique bien ancrée dans son époque des Seventies, de par son climat malsain perméable, sa photo granuleuse, sa bande-son bigarrée (couinements stridents de porcs, mélopée décalée, country music) et ses meurtres brutaux préfigurant 2 ans au préalable la scénographie crapoteuse de Massacre à la Tronçonneuse, Daddy's Deadly Darling n'eut même pas le privilège d'être exploité en salle sur notre territoire. Quand bien même lors de sa location Vhs, il fut vulgairement tronqué et remanié sans l'accord de son auteur. Et si cette production Grindhouse  distribuée par la firme Troma s'avère relativement mineure, Marc Lawrence, réalisateur et acteur principal, parvient à faire naître une ambiance d'inquiétude assez fascinante sous un soleil californien n'ayant point à rougir du Texas nécrosé de Hopper. D'une grande simplicité, le pitch tourne autour de l'amitié entre un fermier régisseur de bar et une jeune itinérante, infirmière au passé étrangement trouble si je me fie à ses appels téléphoniques auprès d'un paternel mutique. Ainsi, ces deux personnages introvertis s'avèrent des serial-killers si bien que durant leur aimable accointances ils vont devoir s'épauler afin de planquer les meurtres que cette dernière perpétue, faute d'un traumatisme incestueux. Nanti d'un rythme assez laborieux, notamment auprès de sa première demi-heure peu motivante, Daddy's Deadly Darling insuffle pour autant un sentiment d'insécurité palpable, notamment à travers ses cadrages obliques et ses gros plans agressifs conçus pour renchérir le malaise.


Et donc, grâce à cette ambiance horrifique résolument fétide et rehaussée d'un réalisme documenté, cette série B maintient l'intérêt sous l'impulsion de la troublante Toni Lawrence (la propre fille du réalisateur), assez convaincante en meurtrière taiseuse gentiment délicate. D'ailleurs, lorsqu'elle accourt à travers champs bucoliques telle une aliénée pour fuir des couinements animaliers, on songe inconsciemment à Marilyn Burns lorsque celle-ci se faisait courser (de nuit et de jour) par Leatherface. Il est donc fort possible que Tobe Hooper se soit inspiré de cette production underground pour parfaire ses cauchemars rubigineux qu'uniformisent Massacre à la Tronçonneuse / Le Crocodile de la mort. Tant et si bien qu'à l'instar du vétéran Judd et de son fameux alligator grugeant les touristes imprudents, le fermier nourrit en l'occurrence ses cochons avec de la viande humaine pour se débarrasser des corps. Et d'y ajouter en guise de détail insolite une connotation fantastique (une espèce de légende égyptienne) lorsque le shérif local (pas très finaud pour démêler le vrai du faux lorsqu'il interroge à moult reprises deux voisines décaties !) et quelques citadins réacs se persuadent qu'un cadavre humain digéré par des porcs pourrait ensuite revenir d'entre les morts sous l'apparence d'un cochon ! Un programme délirant donc prêtant autant à sourire qu'à s'inquiéter d'une trouvaille aussi cintrée !


Curiosité fauchée quasi introuvable en version Uncut (il faut - pour l'instant - se reporter auprès du site L'Univers Étrange et Merveilleux du Fantastique et de la Science-Fiction afin de découvrir son Director's Cut !), Daddy's Deadly Darling tire attrait de son intérêt grâce à son ambiance putride préfigurant les grands classiques poisseux précités. Rien que pour son climat cauchemardesque aussi novateur que couillu (notamment à travers un songe maladif que la meurtrière endure dans sa psyché torturée ou lorsque le fermier grimé en polichinelle intimide ses voisines), Daddy's Deadly Darling mérite l'attention des fans de péloche déviante. 

* Bruno

mardi 19 juin 2018

LA CH'TITE FAMILLE

                                                     Photo empruntée sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Danny Boune. 2018. France. 1h47. Avec Dany Boon, Valérie Bonneton, Line Renaud, Laurence Arné, Guy Lecluyse, Pierre Richard, François Berléand.

Sortie salles France: 28 Février 2018

FILMOGRAPHIE: Danny Boon (Daniel Hamidou) est un humoriste, acteur et réalisateur français, né le 26 Juin 1966 à Armentières (Nord). 2006: La Maison du Bonheur. 2008: Bienvenue chez les Ch'tis. 2011: Rien à Déclarer. 2014: Supercondriaque. 2017 : Raid dingue. 2018 : La Ch'tite famille


10 ans après le succès historique de Bienvenue chez les ch'tis, Danny Boon, acteur et réalisateur, se réapproprie intelligemment du dialecte patois si bien que ceux qui comme moi redoutaient un épigone aussi gratuit que mercantile seront surpris de découvrir une comédie autrement inspirée dans son alliage de drôlerie, romance et tendresse mené à corps perdu. Et ce même si lors de certaines réparties et gestuelles irrésistibles, Danny Boon continue de surfer sur l'hilarité des calembours. Une recette gagnante largement inspirée des divertissements populaires des années 60 à 80 que De Funès, Bourvil, Fernandel, Pierre Richard (voir même les Charlots à degré moindre) immortalisèrent de leur empreinte indéfectible. Ainsi, et afin de lui rendre hommage, Danny Boon recrute en l'occurrence  Pierre Richard très à l'aise dans un rôle outrancier de patriarche bourru mais pour autant malencontreusement desservi par une poignée de gags franchement lourdingues il faut avouer. D'autre part, les 15/20 premières minutes de l'intrigue ne présagent pas vraiment une comédie endiablée à travers ses gags triviaux aux ressorts connus. Puis peu à peu, à partir du moment où la ch'tite famille s'incruste dans le pavillon high-tech de leur progéniture, l'histoire se met en place à partir d'un fâcheux incident perpétré par un chauffard (familier). Se moquant sans vulgarité de la mode et de la haute-bourgeoisie à travers un couple altier de designers que Danny Boon et la sémillante Laurence Arné parodient avec une spontanéité fringante, La Ch'tite Famille tire-parti de son efficacité grâce à l'incroyable fougue des comédiens militants pour les valeurs familiales et la fidélité de l'amour de par la simplicité de leurs sentiments humains.


Si bien que redoutant sa famille du Nord qu'il a lâchement abandonné à l'âge de 25 ans, Valentin (Danny Boon) tente malgré tout de se montrer sous son jour le plus hospitalier lors de retrouvailles aléatoires. Seulement, après s'être fait culbuter par une voiture, celui-ci plonge dans un coma suite à un traumatisme crânien. Passés quelques jours d'hospitalisation, il se réveille subitement frappé d'amnésie et retrouve le langage du patois bien d'chez lui. Dès lors, il se prétend dans la peau d'un ado traumatisé par un accident de mobylette. Et donc à travers cette intrigue inversant subitement les rôles du duo autrefois pédant, Danny Boon et Laurence Arné laissent libre court à la désinhibition lorsque ces derniers jubilent à l'idée d'endosser des designers contrairement affables, modestes et expansifs auprès de leur entourage condescendant. Ce pied de nez contre la déshumanisation de la cupidité est notamment une manière ostensible pour Danny de prouver à son public qu'il est resté un homme humble et modeste passé le raz-de-marée populaire de Bienvenue chez les ch'tis. Au-delà de ce duo extrêmement attachant et si crédible à l'écran (si bien qu'on les croirait franchement mariés à la ville !), La Ch'tite Famille resplendit de chaleur humaine sous l'impulsion de seconds-rôles aussi avenants et extravertis dans leur capacité d'insuffler à l'écran une émotion somme toute fragile (notamment la prestance éloquente de Line Renaud en maman susceptible débordante d'amour et de tendresse pour ses chérubins).


Comédie populaire menée sans temps morts par une troupe de comédiens en roue libre, eux mêmes épaulés d'un pitch efficace discréditant le lucre et le standing, La Ch'tite Famille rend nouvellement hommage aux gens de ch'Nord avec une tendresse beaucoup plus explicite qu'au préalable si bien que Danny Boon et ses acolytes pétris de générosité et simplicité nous offrent leur coeur avec une intégrité irréfragable (à l'instar du vibrant clin d'oeil offert à Johnny en guise d'adieu !). Et pour parachever, je tiens personnellement à déclarer ma flamme à l'incroyable Laurence Arné, actrice radieuse d'un panache naturel hors-pair à travers son jeu bicéphale. 

* Bruno

Box Office France: 5 502 509 entrées

La chronique de Bienvenue chez les ch'tis: http://brunomatei.blogspot.fr/2014/03/bienvenue-chez-les-chtis.html

lundi 18 juin 2018

KING-KONG REVIENT

                                              Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb

A*P*E de Paul Leder. 1976. U.S.A. Corée du Sud. 1h27. Avec Bob Arrants, Joanna Kerns, Alex Nicol, Nak-hun Lee.

Sortie salles France: 15 Février 1978. U.S: Octobre 1976

FILMOGRAPHIEPaul Leder est un réalisateur, scénariste, acteur, producteur, monteur américain, né le 25 mars 1926, décédé le 9 avril 1996 d'un cancer, à Los Angeles en Californie. 1970 : Marigold Man. 1974 : I Dismember Mama. 1976 : King Kong revient (Ape). 1976 : My Friends Need Killing. 1977 : Red Light in the White House. 1978 : The Chinese Caper. 1978 : Paranoid (Sketches of a Strangler). 1983 : I'm Going to Be Famous. 1983 : Vultures. 1986 : The Education of Allison Tate. 1987 : The Eleventh Commandment. 1990 : Exiled in America. 1990 : Murder by Numbers. 1991 : Frame Up. 1991 : Goin' to Chicago. 1991 : Twenty Dollar Star. 1993 : The Baby Doll Murders. 1994 : Molly et Gina. 1994 : Killing Obsession. 1995 : The Killers Within. 1995 : The Wacky Adventures of Dr. Boris and Nurse Shirley. 1996 : Frame-Up II: The Cover-Up.


"Plus le singe monte haut, plus il montre son cul"
Sorti 2 mois avant l'événementiel King-Kong de Guillermin afin de profiter du filon en vogue, King-Kong revient est une aberration filmique d'une nullité difficilement égalable eu égard de son scénar éculé, de sa réalisation "je-m'en-foutiste royal !", de sa distribution inexpressive déversant des répliques tantôt risibles, tantôt impayables, de son montage à la fois bordélique et chaotique, d'une partition musicale bien mal gérée (parfois même en décalage avec l'action dépeinte) et d'effets-spéciaux grotesques (tant auprès des maquettes en carton pâte que du grand singe incarné par un acteur ayant bien du mal à se fondre dans le corps du primate à travers sa gestuelle outrée). Plus proche donc du navet narcotique que du nanar festif, King-Kong revient bénéficie tout de même de quelques séquences un brin amusantes (à défaut d'être involontairement hilarantes) lors des déambulations furibondes du gorille au sein d'une ville réduite à feu et à sang (du moins c'est ce que tente de nous faire croire le réalisateur de par son maigre budget et du peu de figurants déployés). Quant aux fameux combats contre un squale et un serpent tant vantés sur l'affiche, les fans seront consternés par la mollesse de la timide action (filmée comme de coutume avec les pieds) si bien que le réalisateur employa un vrai requin mort (et donc statique face aux agressions) et un serpent de taille filiforme puisque comparable à une couleuvre (ah ah la grosse blague opportuniste des producteurs !). Ainsi, conscient de s'être fourvoyé dans une nullité purement mercantile, King-Kong en personne se permettra d'ailleurs en guise de geste railleur de nous adresser un doigt d'honneur face caméra à mi-parcours du récit. Et nous de lui balancer des cacahuètes via notre lucarne TV après tant d'âneries tolérées sans remord !

* Bruno

samedi 16 juin 2018

HEREDITE

                                           Photo empruntée sur Google, appartenant au site impawards.com

de Ari Aster. 2018. U.S.A. 2h06. Avec Toni Collette, Gabriel Byrne, Alex Wolff, Milly Shapiro, Ann Dowd.

Sortie salles France: 13 Juin 2018. U.S: 8 Juin 2018.

FILMOGRAPHIEAri Aster est un réalisateur, acteur et scénariste américain. Hérédité est sa première réalisation.


Précédé d'une réputation élogieuse (notamment auprès du festival de Sundance) et d'un trailer aussi bien percutant que bougrement efficace (dans son habile manière de ne rien dévoiler quant aux tenants et aboutissants de l'intrigue), Hérédité renouvelle brillamment peur et malaise sur grand écran alors qu'il s'agit du premier essai de Ari Aster derrière la caméra. Abordant le genre au 1er degré  avec un souci de persuasion infaillible dans l'enchaînement des situations surnaturelles hyper maîtrisées (exit le grand-guignol de comptoir !) et d'une intensité parfois rigoureuse (pour ne pas dire insupportable), Hérédité retrace avec souci d'humanisme "précaire" le parcours de résilience d'une famille dysfonctionnelle en proie à des évènements irrationnels passé le deuil inéquitable de deux de leurs défunts. Prenant son temps à planter son intrigue et à dépeindre ses personnages psychologiquement ébranlés par la perte d'êtres chers, Hérédité est entièrement voué à leur caractérisation fébrile que Tony Colette monopolise avec un désarroi maternel parfois bouleversant. Celle-ci se livrant corps et âme face caméra à travers une palette d'émotions névralgiques que le spectateur endure à l'instar de coups de poignard émotionnels. L'intrigue parcimonieuse dans son refus de dévoiler tout indice étant établi de son point de vue paranoïaque eu égard des témoignages de son époux et de son fils davantage perplexes, suspicieux face à sa posture versatile.


Sur ce point, la première partie riche en intensité dramatique et donc rigoureusement éthérée dans son refus de l'esbroufe se surpasse, notamment afin de défricher une atmosphère à la fois fétide, mortifère, malsaine sous l'impulsion d'un score dissonant (prioritairement un simple bourdonnement permanent) n'ayant rien à envier au climat oppressant de Shining de Kubrick avec qui il entretient quelques points communs (notamment dans la manière d'ausculter les regards hagards des protagonistes les plus vulnérables et dans sa façon de distiller l'interrogation auprès de personnages équivoques). Véritable coup de maître de la part d'Ari Aster (nouveau talent surdoué à surveiller, pour ne pas dire maître à venir de la trempe d'un Carpenter ou d'un Polanski - on songe d'ailleurs à Rosemary's Bay pour le portrait binaire de l'héroïne évoluant autour d'un thème occulte -), ce dernier maîtrise l'outil horrifique grâce en priorité à l'étude avisée de ses personnages confrontés à une énigme nonsensique si bien que le spectateur aussi désorienté, affaibli et accablé qu'eux observe leurs fragilité névrosée avec une empathie mêlée de désagrément. Notamment lorsque le fils de la mère, l'élément le plus fragile car rongé de culpabilité, s'enfonce dans un mutisme dépressif avant de se laisser chavirer vers la terreur de l'inconnu face à une hostilité d'autant plus fourbe. Ari Aster exploitant intelligemment les codes du genre avec comme ressort la ferme conviction des comédiens compromis par leur foi cartésienne et/ou spirituelle. Quant à sa seconde partie drastique, car plus intense, éprouvante et radicale, elle cède à des séquences de pure terreur (les 2 hantises de spiritisme diffusant une tension de malaise à couper au rasoir, l'agression durant le cours lycéen alternant authentique frayeur et malaise viscéral, morceau d'anthologie traumatique inégalé !) sous le pivot d'une descente aux enfers où les coups les plus couards seront tolérés. Et le spectateur de sortir abattu de la projo (du moins c'était personnellement mon cas) avec une amertume aussi blême qu'anxiogène (pour ne pas dire dépressive chez les plus sensibles).


Apocalypse Now.
Malsain et méphitique de par la vigueur de son climat inquiétant ne lâchant pas d'une semelle les états d'âme véreux des protagonistes, et la montée graduelle d'une violence horrifique semée de visions hyper dérangeantes (alors que le gore s'y fait si discret !), Hérédité réinterprète l'horreur la plus vicelarde derrière un drame psychologique d'une rare acuité dramatique. La réussite probante de ce premier métrage émanant avant tout de sa vibrante réflexion sur l'acceptation du deuil inéquitable avant de bifurquer vers une directive contrairement démoniale. Maîtrisant sur le bout des ongles (fourchus) sa bande-son magnétique, sa mise en scène au cordeau et sa direction d'acteurs hors-pair (notamment auprès de l'étrangement patibulaire Milly Shapiro dans un second-rôle concis mais pour autant proéminent), Ari Aster accomplit le prodige de susciter la frousse et la commotion (à l'instar de la Malédiction ou plutôt de l'Exorciste dans l'art et la manière de nous transmettre un malaise trop tangible) à travers le thème sempiternel du Mal le plus accompli. Une référence donc en bonne et due forme d'une épouvante séculaire (dans son sens le plus éminent et mature) que les ados acnéens fans d'Annabelle auront sans doute peine à acclimater.   

* Bruno

La chronique de Gilles Rolland : http://www.onrembobine.fr/critiques/critique-heredite/

Florian Veysselier:
Film d'horreur dont tout le monde parle, Hérédité pourrait bien être le renouveau de l'horreur. Premier film pour Ari Aster, phénomène à Sundance, se targuant d'une belle réputation, Hérédité vaut-il le coup? Oui! Il s'agit d'un vrai film d'ambiance qui met terriblement mal à l'aise, et cela dès le début, naviguant perpétuellement entre réalité complexe et cauchemar éthéré, afin de glisser une histoire bourrée de symboliques et de métaphores. C'est glauque au possible et cela est en partie dû au travail incroyable de la mise en scène, très lente, très contemplative, avec de lents mouvements, empruntant aussi bien à James Wan qu'à John Carpenter. Rien n'est laissé au hasard dans ce rêve éveillé, que ce soit l'image, le son, les symboles ou encore la prestation incroyable de Toni Collette. On pourra petu-être même y retrouver quelques références à Lovecraft, à Dante ou encore à Barker. Par contre, le film est très difficile d'accès, car il est très lent, très long et il peut laisser pas mal de monde sur le carreau. Mais bon Dieu que ça fait du bien de voir un film au cinéma qui a autant de parti pris et de couilles, dans tous les domaines.
5,5/6

Jean-marc Micciche:
Après l'énorme bonne surprise de sans bruit, voilà venir Hérédité et de tenir la dragée haute des œuvres qui viennent de nulle part et qui à la sortie de la projection donne le sentiment d'avoir assisté à une étrange expérience. Assurément, le film va divisé tant son partis pris se positionne aux antipodes du cinéma fantastique et à l'instar de The Witch et de Mother, il y a de grande chance pour que le film fasse son effet. Le plus curieux, c'est de constater à quel point le film est très éloigné de sa bande annonce ou alors de sa taglines 'un choc comme l'exorciste'. Pourtant, si je devais chercher une influence souterraine au film, c'est plus rosemary's baby en fait, tant le film noie franchement le poisson durant la première heure du film au point où on s'interroge sur la nature du film. Incroyable tension porté par une réal incroyablement immersive et des visions chocs qui se succèdent comme une inexorable descente aux enfers. Bourrés d'embardés étranges et poétiques, bourrés d'images inconfortables, le film explose dans ses dernières minutes dans toute son implacable horreur. La terre est en danger et un nouveau roi va régner !

Frederic Serbource:
J'ai surkiffé, je suis au bord du 5/5. Alors bien sûr, c'est l'antithèse des Annabelle ou autres Blumhouseries de seconde zone, c'est une proposition d'épouvante adulte et sujette à réflexion, les ados et le grand public vont détester. La mise en scène est juste virtuose, c'est beau, vraiment ! Quand tu crois que Toni Colette vient de livrer la performance de sa vie pendant une scène, il y en a une autre qui vient te prouver qu'elle en gardait sous la pédale. Et, niveau imagerie de l'épouvante, ça a réussi à me faire flipper, bordel (le nombre de fois ou j'ai fait "Whoo put*** !!" tout seul dans la salle -oui, j'avais la salle pour moi ^^ ).
Juste un petit bémol sur les ultimes secondes qui réexpliquent le pourquoi du comment, sûrement par peur de laisser une partie du public sur le carreau.
Sinon un sans-faute !
4,5/5

Ruffeet Nelly:
Je sors de la projection de 'Hérédité" et c'est prodigieux ! Ari Aster est un réalisateur à suivre qui a tout compris aux codes traditionnels du film d'épouvante. Il les réinvente dans ce film en nous emportant dans un drame familial putride et mortifère dont on ne sort pas indemne ! Mention spéciale à Tony Colette qui est incroyable en mère troublée par le deuil de sa mère puis de sa fille alors que dans la deuxième partie du film, on bascule dans tout autre chose. Elle est littéralement 'habitée" par le rôle et signe une très grande performance ! Les topos du film d'horreur sont là (bruits inquiétants, objets qui bougent, séances de spiritisme, personnages doubles etc) mais ils ont été digérés par le travail minutieux du réalisateur. La mise en scène de la première partie du film est très travaillée, le rythme est assez lent dans la première moitié afin de bien établir les caractères de chaque membre de la famille. La petite fille semble tout droit sortie de Freaks de par son allure et son regard qui semble en permanence habité par une autre dimension (d'ailleurs elle ne dort pas dans son lit). La deuxième partie, plus rythmée, enchaîne les retournements de situation et on ne cesse de se poser des questions sur la voisine, le pourquoi du comment du carnet de la petite fille, des hallucinations du fils, hallucinations très prenantes ! On se demande d'où vient cette répétition du scénario d'étranglement ( avec la fille puis le fils), les raisons de l'ensorcellement de la mère lors de la séance de spiritisme etc Questions la plupart du temps sans réponse jusqu'au feu d'artifice final, abrupt, qui nous laisse sur le cul ! c'est à la fois mon bémol et ce qui fait aussi que la fin est réussie: le mutisme final nous laisse dans un état très particulier de mal-être qui aurait peut-être pu être encore + développé. La photographie est sublimement neutre et sombre à la fois, la mise en scène est irréprochable en alternant les scènes avec chacun des membres de la famille jusqu'à petit à petit se resserrer et atteindre l'origine de ces dysfonctionnements familiaux ! Digne de "La malédiction" ou de "Rosemary's baby, ce film restera dans les annales ! <3 p="">

vendredi 15 juin 2018

TIMERIDER

                                             Photo empruntée sur Google, appartenant au site scifi-movies.com

"Timerider: The Adventure of Lyle Swann" de William Dear. 1982. U.S.A. 1h36. Avec Fred Ward, Belinda Bauer, Peter Coyote, Richard Masur, Tracey Walter.

Sortie salle France: 28 Mars 1984. U.S: 11 Décembre 1982

FILMOGRAPHIE: William Dear est un réalisateur, acteur, scénariste et producteur canadien né le 30 novembre 1943 à Toronto (Canada).1975 : Nymph. 1976 : Northville Cemetery Massacre. 1981 : Elephant Parts (vidéo). 1981 : An Evening with Sir William Martin (vidéo). 1982 : Timerider. 1983 : Nick Danger in The Case of the Missing Yolk (vidéo). 1984 : Garry Shandling: Alone in Vegas (TV). 1985 : Doctor Duck's Super Secret All-Purpose Sauce. 1985 : Histoires fantastiques (série télévisée, épisode Papa, momie). 1987 : Bigfoot et les Henderson. 1991 : Espion junior. 1993 : Journey to the Center of the Earth (TV). 1994 : Une équipe aux anges. 1997 : Beautés sauvages. 1999 : La Ferme aux ballons (TV). 2000 : Le Père Noël a disparu (TV). 2005 : School of Life (TV). 2006: Evil Twins. 2008: The Perfect Game. 2013: Angel et moi.


Sélectionné à Avoriaz 2 ans après sa sortie, Timerider aurait bien mérité un Prix du Public tant cette série B rondement menée fleure bon le divertissement de samedi soir de par son charme sémillant ! Et si son intrigue linéaire (un champion de moto-cross se retrouve incidemment projeté en 1877 dans un village mexicain où se disputeront 2 bandes rivales) laisser craindre une série Z de pacotille, William Dear s'extirpe honorablement du ridicule et de la trivialité avec un savoir-faire constamment convaincant. Tant auprès des gunfights et poursuites en règle plutôt lisibles et bien gérées d'un montage dynamique, de l'exploitation des panoramas naturels pleins d'oxygène que d'une direction d'acteur où ces derniers sont à la fête dans la peau de cow-boys hébétés à témoigner de l'intrusion d'un motard issu du futur. Parmi cet élément perturbateur, Fred Ward, l'interprète de l'inoubliable  Rémo, sans arme et dangereux, se prête sobrement au jeu du héros venu de nulle part avec une bonhomie bonnard dans sa défroque rutilante (il est affublé d'une combinaison rouge afin de contraster avec l'environnement westernien), quand bien même sa ravissante partenaire Belinda Bauer lui partage une tendre romance tout en jouant la rebelle vaillante à s'opposer aux maraudeurs en quête de la machine sur 2 roues.


Ce qui nous vaut à travers leurs combines offensives des séquences parfois hilarantes lorsque deux hors-la-loi vont tenter de conduire l'engin avec une maladresse impayable. Bourré d'aimables seconds-rôles si familiers de la série B, Timerider est en prime rehaussé du charisme séducteur de Peter Coyote en bandit borderline si obsédé à dérober coûte que coûte la machine du futur. L'acteur se prêtant au jeu de la caricature indocile avec une dérision souvent irrésistible à courser sans relâche le motard avide de retrouver son bercail. Et si les séquences d'action ont tendance à se répéter au sein d'un schéma sans surprises (attaques, contre-attaques et vice versa), William Dear parvient miraculeusement à relancer l'action parmi le dépaysement des décors où se confondent futur et passé d'un contexte temporel (l'homme moderne des années 80 transplanté dans le cadre du western afin de côtoyer des cow-boys anachroniques !), et parmi la complicité fringante des acteurs jouant au jeu du gendarme et du voleur avec autant d'humour que de panache héroïque.


Le Chevalier des temps perdus. 
Pépite de série B bourrée de charme et de sympathie (à l'instar de son score pop-électro irriguant toute l'intrigue), Timerider transpire la modeste sincérité à immerger le spectateur dans une action délirante (pour ne pas dire improbable) si bien que western et anticipation se chevauchent avec une homogénéité inopinément crédible. A revoir avec émotion ! 

* Bruno 
3èx

jeudi 14 juin 2018

LE MASQUE DE FU-MANCHU

                                               Photo empruntée sur Google, appartenant au site senscritique.com

"The Face of Fu Manchu" de Don Sharp. 1965. Angleterre/Allemagne. 1h32. Avec Christopher Lee, Nigel Green, Joachim Fuchsberger, Karin Dor, James Robertson Justice, Howard Marion-Crawford, Tsai Chin.

Sortie salles France: 2 Février 1966. U.S: 24 Octobre 1965

FILMOGRAPHIE: Don Sharp est un réalisateur, scénariste, acteur et producteur britannique, d'origine australienne, né le 19 avril 1921 à Hobart (Australie), décédé le 14 décembre 2011.
1955 : The Stolen Airliner. 1958 : The Adventures of Hal 5. 1958 : The Golden Disc. 1959 : The Professionals. 1960 : Linda. 1962 : Two Guys Abroad. 1963 : It's All Happening. 1963 : Le Baiser du vampire. 1964 : Les Pirates du diable. 1964 : Witchcraft. 1965 : La Malédiction de la mouche. 1965 : Le Masque de Fu-Manchu. 1966 : Raspoutine, le moine fou. 1966 : Opération Marrakech. 1966 : Les Treize Fiancées de Fu Manchu. 1967 : Le Grand Départ vers la Lune. 1968 : The Violent Enemy. 1969 : Taste of Excitement. 1971 : Psychomania. 1973 : Le Manoir des fantasmes. 1974 : Callan. 1975 : Hennessy. 1978 : Les 39 Marches. 1979 : Le Secret de la banquise. 1980 : Guardian of the Abyss. 1985 : What Waits Below.


Premier opus d'une série de 5 films d'après un roman de Sax Rohmer, le Masque de Fu-Manchu fleure bon l'aventure exotique mâtinée d'horreur sous l'autorité de l'habile artisan Don Sharp (le Baiser du Vampire, Raspoutine, le Manoir des Fantasmes). Servi par une solide distribution que Christopher Lee monopolise avec un machiavélisme presque aussi probant que l'illustre Dr Phibes  (réalisé 6 ans plus tard !), Le Masque de Fu-Manchi tire parti de son charme (rétro) grâce à l'attrait palpitant de son intrigue fertile en actions, poursuites et péripéties rocambolesques. Et ce à travers la topographie éclectique d'une Angleterre rurale et du Tibet soigneusement photographiés d'après une nuance sépia. Parmi l'endurance d'un jeu de cache-cache de longue haleine entre méchants et gentils doublée d'une course contre la montre pour retrouver un professeur et sa fille puis préserver la vie de 10 000 habitants, l'inspecteur Smith (Nigel Greenet prêtant ses traits de fin limier avec un charisme si familier que l'on pourrait le confondre avec Peter Cushing !) et ses comparses traquent sans relâche un baron du crime (accompagné de sa fille sadique !) adepte de l'hypnose, du camouflage et du subterfuge pour parfaire son dessein criminel.


Car planqué sous les tunnels de la ville, Fu-Manchu est sur le point de régenter le monde grâce à l'élaboration d'un gaz mortel entrepris avec un otage scientifique et d'une graine de pavot qui pourrait lui apporter la vie éternelle. Bougrement inspiré à mettre en image son aventure singulière tantôt pimentée d'humour noir dans ses gadgets délétères et rebondissements cruels, le Masque de Fu-manchu fait preuve d'une efficacité endiablée à cumuler les affrontements physiques (notamment auprès des sbires chinois de Fu-Manchu davantage nombreux pour protéger leur maître) et poursuites en pagaille au fil d'un cheminement aventureux dépaysant. Don Sharp soignant également le cadre inquiétant de certains décors caverneux (la nécropole gothique, le repère technologique de Fu-Manchu et tous les sous-terrains qu'il arpente pour déjouer la police) avec un savoir-faire formel (aussi limité soit son budget). D'ailleurs, sur ce point artisanal, Le Masque de Fu-Manchu tire avantage de son côté bricolé avec un sens infaillible du travail soigné assorti d'une grande générosité par son rythme en roue libre. Et Christopher Lee d'y parfaire son jeu d'exubérance dans sa carrure hiératique de docteur mégalo se brocardant du corps policier avec une modestie pernicieuse.


A travers les composants hybrides de l'aventure, de l'horreur et de l'action décomplexées, Le Masque de Fu-Manchu y extrait une saveur de perle culte à trôner à proximité de l'Abominable Dr Phibes, de Fantomas ou encore de Théâtre de sang

* Bruno
3èx

mercredi 13 juin 2018

COLD HELL

                                                  Photo empruntée sur Google, appartenant au site Allocine.fr

"Die Hölle" de Stefan Ruzowitzky. 2017. Allemagne/Autriche. 1h32. Avec Violetta Schurawlow, Tobias Moretti, Robert Palfrader, Sammy Sheik, Friedrich von Thun, Murathan Muslu.

Sortie salles France, Festival de Beaune: 1er Avril 2017. Allemagne/Autriche: 19 Janvier 2017

FILMOGRAPHIEStefan Ruzowitzky est un réalisateur et scénariste de cinéma autrichien. Il est né le 25 décembre 1961 à Vienne. 1996 : Tempo. 1998 : Les Héritiers. 2000 : Anatomie. 2001 : Les Hommes de Sa Majesté. 2003 : Anatomie 2. 2007 : Les Faussaires. 2009 : Lili la petite sorcière, le dragon et le livre magique. 2012 : Cold Blood. 2017 : Cold Hell.


Production binaire entre l'Allemagne et l'Autriche supervisée par l'auteur des efficaces Anatomie 1 et 2Cold Hell est un sympathique psycho-killer en dépit de son climat versatile ne sachant pas trop sur quel pied danser (polar, action, horreur, suspense, romance se chevauchent de façon sporadique). En prime, et de manière inopinée, les combats à mains nues (l'héroïne étant adepte de la boxe thaï) désamorcent le réalisme des confrontations dans leur chorégraphie dégingandée.
Les points les plus positifs: l'exploitation d'une métropole urbaine tentaculaire saturée de teintes flashy, une action parfois épique (la poursuite en voiture, l'affrontement dans le métro) et la force de tranquille de Violetta Schurawlow en justicière impassible s'acharnant avec plus moins de crédit à inverser les rôles afin de venir à bout d'un serial-killer rigoriste.

* Bruno

RécompensePrix du Jury au Festival International du Film Policier de Beaune; 2017

mardi 12 juin 2018

LES DIABLESSES

                                            Photo empruntée sur Google, appartenant au site arcadesdirect.fr

"La morte negli occhi del gatto" de Antonio Margheriti. 1973. Allemagne/France/Italie. 1h35. Avec
Jane Birkin, Hiram Keller, Françoise Christophe, Venantino Venantini, Serge Gainsbourg, Anton Diffring, Doris Kunstmann.

Sortie salles France: 23 Janvier 1974. Italie: 12 Avril 1973

FILMOGRAPHIE: Antonio Margheriti (Anthony M. Dawson) est un réalisateur italien, né le 19 septembre 1930 à Rome, décédé le 4 Novembre 2002 à Monterosi. 1960: Le Vainqueur de l'espace. 1962: Les Derniers jours d'un empire. 1963: La Vierge de Nuremberg. 1964: La Sorcière Sanglante. 1964: Les Géants de Rome. 1964: Danse Macabre. 1968: Avec Django, la mort est là. 1970: Et le vent apporta le Violence. 1971: Les Fantômes de Hurlevent. 1973: Les Diablesses. 1974: La brute, le colt et le karaté. 1975: La Chevauchée terrible. 1976: l'Ombre d'un tueur. 1979: l'Invasion des Piranhas. 1980: Pulsions Cannibales. 1980: Héros d'Apocalypse. 1982: Les Aventuriers du Cobra d'Or. 1983: Yor, le chasseur du futur. 1985: L'Enfer en 4è vitesse.


Exhumé de l'oubli grâce à l'éditeur Cine2genre, Les Diablesses (titre français mercantile habilement fallacieux !) est un formidable suspense gothico-giallesque que notre illustre Antonio Margheriti imprime sur pellicule avec souci formel vertigineux. Et si l'intrigue simpliste n'est que prétexte à une série de crimes sanglants comme de coutume chez le genre codifié, sa scénographie gothique inopinément envoûtante maintient l'intérêt jusqu'à la révélation finale assez surprenante (même si on peut déceler l'identité du coupable à mi parcours du métrage et que son mobile s'avère plutôt conventionnel). Qui plus est, Margheriti, jamais avare d'originalité baroque, se permet d'inclure à travers sa scénographie inquiétante 2 personnages animaliers (un chat, un gorille) afin de surfer sur une ambiance surnaturelle effleurant à deux reprises le thème du vampirisme. Impeccablement campé par une poignée de seconds-couteaux transalpins bien connus des amateurs (notamment auprès du regard azur de la sublime et troublante Doris Kunstmann), Les Diablesses bénéficie en outre de la beauté anglaise de Jane Birkin assez convaincante en jeune convive timorée, témoin malgré elle d'évènements particulièrement macabres.


Tant et si bien que durant son séjour dans le château de sa génitrice, Corringa s'égare fragilement dans les corridors, chambres à coucher et passage souterrain avec une appréhension escarpée eu égard d'une vague de meurtres sanglants qu'un mystérieux tueur ne cesse de provoquer. Et ce, au moment de se rapprocher (sentimentalement parlant) auprès de James, cousin arrogant victime d'un passé aussi nébuleux que torturée. En dépit de la présence subsidiaire de Serge Gainsbourg peu à l'aise en inspecteur à la fois apathique et peu finaud (bien que les spectateurs français s'amuseront de son cabotinage un brin extravagant, notamment auprès de sa démarche altière), la galerie de personnages interlopes évoluant autour de Jane Birkin parvient à distiller un charme vénéneux au gré de rapports familiaux dysfonctionnels. Margheriti nous interrogeant en permanence, et avec efficacité, sur leurs rôles équivoques, comme les confirment aussi à degré moindre le couple de domestiques et l'homme d'église. Et d'amorcer durant sa seconde partie un rythme beaucoup plus alerte et oppressant au fil de péripéties brutales où le sentiment d'insécurité gagnera du galon.


La Résidence.
Baignant dans un climat nocturne d'onirisme gothique n'ayant rien à envier au travaux de Mario Bava ou de Roger Corman, Les Diablesses resplendit d'autant mieux à travers sa photo sépia si bien que le spectateur magnétisé par son élégance funèbre se laisse facilement embobiner par son cheminement giallesque sous le pilier d'attachants seconds-rôles se prêtant au jeu de la duperie avec assez de persuasion. A redécouvrir avec vif intérêt même si la forme tant artisanale phagocyte le fond plaisamment convenu.

* Bruno
2èx

vendredi 8 juin 2018

SPARRING

                                              Photo empruntée sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Samuel Jouy. 2018. France. 1h35. Avec Mathieu Kassovitz, Olivia Merilahti, Souleymane M’Baye, Billie Blain, Lyes Salem, David Saracino.

Sortie salles France: 31 Janvier 2018. Suisse: 5 Août 2017

FILMOGRAPHIESamuel Jouy est un acteur et réalisateur français, né en 1975.
2018: Sparring.


Echec public lors de sa discrète sortie en salles, Sparring fait office de film maudit eu égard de l'étonnant brio de sa réalisation (j'hésite d'ailleurs à employer la locution "coup de maître" si bien qu'il s'agit du 1er essai de Samuel Jouy), d'une direction d'acteurs hors-pair (dénués de toute diction théâtrale !) et de la présence viscérale de Mathieu Kassovitz littéralement habité dans celui d'un boxer sur le déclin enchaînant les défaites sans daigner raccrocher les gants (le rôle de sa vie pour ma part, rien que ça !). Mais au moment de devenir Sparring-partner (partenaire "adroit" d'entrainement) auprès d'un champion, ce dernier lui offrira l'opportunité d'accomplir un dernier match et peut-être parvenir à la victoire en dépit de ses échecs en chute libre. Retraçant avec souci de vérité humaine et de réalisme documenté le parcours épineux de Steve Landry, père de famille s'efforçant de gagner sa vie, notamment afin d'offrir le rêve de sa fille particulièrement douée pour le piano, Samuel Jouy provoque une émotion rigoureuse à travers ce profil de loser sur le fil du rasoir, si bien que sa situation précaire influera sur sa relation conjugale pas si épanouie.


Sa fragilité réservée, sa remise en question morale tacite (que le réalisateur sonde sans lourdeur dans sa psyché tourmentée), sa volonté autrement pugnace d'encaisser les coups les plus brutaux et d'y rester debout (sans jamais céder aux sirènes d'une action ostentatoire), sa tendre complicité (jamais démonstrative) avec sa fille férue d'amour et de dignité pour lui (notamment cette séquence bouleversante lorsque celle-ci assiste à un spectacle d'humiliations lors d'un match d'exhibition), Mathieu Kassovitz nous les retransmet avec une noble humilité. On peut également mettre en exergue, voir même carrément applaudir le naturel spontané de Billie Blain dans celle d'une ado sémillante, à la fois débordante de sensibilité, de fierté et d'amour pour son père mais aussi d'amertume, de regret et d'indignation eu égard de la risible renommée de celui-ci auprès de ses camarades de classes ou d'un public sado pour les perdants. Sans jamais romantiser le sport de la boxe et encore moins le transfigurer de manière homérique pour émuler Rocky, Samuel Jouy opte pour la pudeur émotive, la pureté de l'acte de bravoure, le réalisme percutant des combats comme si vous assistiez à un vrai match en direct si bien que les professionnels du milieu seront sans doute bluffés par la symétrie des chorégraphies, aussi concises et fluides soient-elles. A l'instar du match de dernier ressort fertile en émotions pures (notamment parmi l'appui d'un score solennel qui enrobe couramment, et sans fioritures, toute l'intrigue) dont nous ne connaîtrons même pas l'heureux vainqueur !


Un pas vers la réussite.
Vibrant hommage à tous ces losers incapables d'accéder à la notoriété mais pour autant passionnés par l'art de la boxe et d'une résilience à toute épreuve pour effleurer une éventuelle victoire, Sparring nous met finalement à genou grâce à son émotion rigoureuse d'une saisissante acuité humaine. Sublimé par la prestance écorchée de Kassovitz et de seconds-rôles communément irréprochables car d'un aplomb plus vrai que nature (notamment auprès de boxers burinés d'une force tranquille proéminente), Sparring scande au final les vainqueurs infortunés avec une dignité résolument bouleversante. Comme le souligne d'ailleurs brillamment son générique de fin faisant défiler des boxers anonymes gagnés par l'élégie du bonheur, l'ivresse de leur bravoure, aussi bref fut leur vertigineux instant de gloire. Offrez sa chance à Sparring, vous ne l'oublierez jamais !

* Bruno

jeudi 7 juin 2018

ORGIE SATANIQUE

                                               Photo empruntée sur Google, appartenant au site pinterest.fr

"Devils of Darkness" de Lance Comfort. 1965. Angleterre. 1h28. Avec William Sylvester, Hubert Noël, Carole Gray, Tracy Reed, Diana Decker, Rona Anderson.

Sortie salles France: 2 Décembre 1970

FILMOGRAPHIE: Lance Comfort est un réalisateur, producteur et scénariste anglais. né le 11 Août 1908 à Harrow, Londres, décédé le 25 Août 1966 à Sussex. 1965 Orgie satanique. 1965 Be My Guest. 1964 Blind Corner. 1963 Live It Up! 1963 Tomorrow at Ten. 1962 The Break. 1962 The Painted  smile. 1961 The Breaking Point. 1961 Touch of Death. 1961 Pit of Darkness. 1961 Rag Doll. 1959 The Ugly Duckling. 1959 Make Mine a Million. 1957 Man from Tangier. 1957 At the Stroke of Nine. 1957 Face in the Night. 1956 The Man in the Road. 1956 Faccia da mascalzone. 1954 The Last Moment. 1954 Bang! You're Dead. 1954 Eight O'Clock Walk. 1953 The Girl on the Pier. 1953 The Triangle (sement "American Duel"). 1953 The Genie (segments "The Heel", "The Genie"). 1950 Portrait of Clare. 1949 L'homme à la cicatrice. 1948 Daughter of Darkness. 1947 Le port de la tentation. 1946 La perle noire. 1945 Great Day. 1944 Hotel Reserve. 1943 Escape to Danger. 1943 Old Mother Riley Detective. 1943 When We Are Married. 1943 Squadron Leader X. 1942 Those Kids from Town. 1942 Le chapelier et son château. 1942 Penn of Pennsylvania.


Exhumé de l'oubli par Artus Film, Orgie Satanique aurait mieux fait de rester figé dans son tombeau, faute à une mise en scène académique, à une intrigue poussive dénuée de surprise et à des personnages peu attachants palabrant à n'en plus finir avec une apathie narcotique. En dépit d'un préambule à l'imagerie gothique soignée (si bien que l'on se croirait dans un "Hammer" !), de quelques décors domestiques saillants et de la trouble présence de Hubert Noël en maître de cérémonie, Orgie Satanique est une curiosité obsolète d'un intérêt plus que limité.

* Bruno

mercredi 6 juin 2018

FRANKENHOOKER

                                                Photo empruntée sur Google, appartenant au site imdb.com

de Frank Henenlotter. 1990. U.S.A. 1h24. Avec James Lorinz, Joanne Ritchie, Patty Mullen, J.J. Clark, Carissa Channing, Shirl Bernheim, Judy Grafe.

Sortie salles France: 21 Août 1991. U.S: 1er Juin 1990.

FILMOGRAPHIE: Frank Henenlotter est un réalisateur américain né le 29 août 1950 à New-York. 1982: Frères de sang. 1988: Elmer, le remue-méninges. 1990: Frères de sang 2. 1990: Frankenhooker. 1992: Frères de Sang 3. 2008: Sex Addict.


Déclinaison parodique de la Fiancée de Frankenstein supervisée par Frank Henenlotter, un des maîtres incontestés de l'horreur underground, Frankenhooker n'a rien à envier à ses homologues cultes, Frères de Sang / Elmer. Tant et si bien que cette série B au mauvais goût aussi irrésistible qu'assumé se savoure tel un bonbon acidulé dans son patchwork de situations à la fois génialement grotesques et improbables. A la suite de la mort accidentelle de sa fiancée déchiquetée par une tondeuse à gazon inventée par ses soins, Jeffrey Franken tente de la ranimer à l'aide de morceaux de cadavres provenant de prostituées. Passée l'expérience victorieuse, sa compagne revenue d'outre-tombe sillonne les quartiers malfamés à la recherche de mâles lubriques. Pure bande-dessinée déjantée (photo polychrome à l'appui façon Ré-animator !) exploitant avec une belle efficacité gore en latex et érotisme polisson (Henlotter prenant malin plaisir à filmer les jeunes donzelles aux poitrines dénudées de toutes tailles !), Frankenhooker parodie le roman de Mary Shelley avec une décontraction jubilatoire.


L'auteur s'en donnant généreusement à coeur joie à cumuler gags cartoonesques et blagues potaches sous l'impulsion d'un jeune électricien déconnecté de son morne quotidien. Outre l'interprétation charismatique de James Lorinz en savant gentiment azimuté (il faut le voir se trépaner le cerveau avec une tige à perceuse en guise de relâchement moral et de quête érudite !), Frankenhooker est littéralement transcendé par la performance de Patty Mullen en catin aussi difforme que sexy gesticulant tel un pantin démanché. Car derrière son look violacé de prostituée futuriste, ses tics, spasmes et grimaces hyperboliques, son regard déficient et sa démarche dégingandée nous provoquent une fascination de gosse émerveillé à chacune de ses extravagantes apparitions ! Et par le biais de ses pitreries aussi loufoques que putassières (elle offre son corps à la clientèle masculine en les faisant exploser d'orgasme si j'ose dire !), Frank Henenlotter, jamais avare d'inventivité cintrée, clôture son intrigue sur une conclusion orgiaque n'ayant rien à envier au bouquet final de Ré-animator ou encore de Society ! La fiancée inversant subitement les rôles de victime soumise avec une dérision inopinément saphique !


Jeu de massacre pour rire (et se rincer l'oeil !) au gré d'une renaissance morbide titulaire d'un quotidien dépravé, Frankenhooker baigne dans la stupre d'un comique horrifique galopin avec une insolence pétulante. Henenlotter généreusement culotté se renouvelant une 3è fois avec cette farce macabre où le dépaysement égrillard relève de l'unicité. 

* Bruno
2èx

mardi 5 juin 2018

LES EXPERIENCES EROTIQUES DE FRANKENSTEIN

                                             Photo empruntée sur Google, appartenant au site dvdtoile.com

"La maldición de Frankenstein" de Jess Franco. 1973. France/Espagne/Portugal. 1h14. Avec Alberto Dalbés, Dennis Price, Howard Vernon, Beatriz Savón, Anne Libert, Fernando Bilbao, Britt Nichols, Luis Barboo.

Sortie salles France: 31 Mai 1973 (Int aux - de 18 ans)

FILMOGRAPHIE: Jess Franco (Jesus Franco Manera) est un réalisateur espagnol, né le 12 Mai 1930 à Madrid, décédé le 2 Avril 2013. 1962: L'Horrible Dr orlof.  1962: Le Sadique Baron Von Klaus. 1964: Les Maîtresses du Dr Jekyll. 1966: Le Diabolique Dr Zimmer. 1969: L'Amour dans les prisons des femmes. 1969: Justine ou les infortunes de la vertu. 1970: Les Nuits de Dracula. 1970: Le Trône de Feu. 1971: Vampyros Lesbos. 1972: Les Expériences Erotiques de Frankenstein. 1972: Dracula prisonnier de Frankenstein. 1972: La Fille de Dracula. 1973: Quartier des Femmes. 1973: Christina chez les Morts-Vivants. 1974: La Comtesse Noire. 1974: Eugénie de Sade. 1976: Jack l'Eventreur. 1980: Terreur Cannibale. 1980: Mondo Cannibale. 1981: Sadomania. 1981: Le Lac des Morts-Vivants (co-réal). 1982: L'Abîme des Morts-Vivants. 1982: La Chute de la maison Usher. 1988: Les Prédateurs de la Nuit. 2002: Killer Barbys.


            "Le monde sombrait dans la démence et les humains pionçaient en toute inconscience."

Une aberration filmique hors du temps et de l'espace, un pitch capillotracté écrit par un Franco sous tranxene, des filles nues et velues parfois adeptes du SM, une femme oiseau dégénérée, un soupçon de gore en latex, un monstre argenté que l'on croirait issue d'un illustre épisode de James Bond, des images crépusculaires oniriques, des éclairages stylisés, des cadrages alambiqués, la présence ébaubie d'Horwan Vernon les yeux constamment exorbités, un score dissonant à se claquer la tête contre le carrelage !
Bienvenue dans l'univers inénarrable de Jess Franco, maître de la série Z hispanique pour le meilleur et pour la consternation. Il faut le voir pour le croire, à vos risques et périls !

* Bruno

lundi 4 juin 2018

AMERICAN WARRIOR 2: LE CHASSEUR

                                       Photo empruntée sur Google, appartenant au site shatpack.blogspot.com

"Avenging Force" de Sam Firstenberg. 1986. U.S.A. 1h44. avec Michael Dudikoff, Steve James, James Booth, William Wallace, John P. Ryan, Karl Johnson.

Sortie salles France: 31 Décembre 1986. U.S: 1 Mai 1987 

FILMOGRAPHIESam Firstenberg (de son vrai nom Shmulik Firstenberg) est un réalisateur israélo-américain né en Pologne le 13 mars 1950. 2003: The Interplanetary Surplus Male and Amazon Women of Outer Space. 2002 Quicksand. 2001: Spiders, le retour des araignées géantes. 2001: Criss, Cross. 2000: L'Alternative. 1998: Le Trésor de McCinsey. 1997: Motel Blue. 1997: Opération Delta  Force. 1994: Cyborg Cop 2. 1993: Blood Warriors. 1993: Cyborg Cop. 1992: La Loi du samouraï. 1991: Delta Force 3. 1990: Neshika Bametzach. 1989: Riverbend. 1987: Le Ninja blanc. 1986: American Warrior II : Le Chasseur. 1985: American Warrior. 1984: Breakin' 2: Electric Boogaloo. 1984: Ninja III. 1983: Ultime Violence. 1983: One More Chance. 1979: Simpatya Bishviel Kelev.


Synopsis: Résigner à retrouver les coupables de la mort de son meilleur ami et de sa famille, Matt Hunter doit se confronter à un groupuscule fasciste adepte de la chasse à l'homme.


Film d'action d'exploitation produit par la célèbre firme Cannon, American Warrior 2 fit les beaux jours des rayons VHS après avoir remporté un certain succès en salles sur notre territoire (869 196 entrées). A la revoyure, on ne peut s'empêcher de l'estampiller plaisir coupable, voir de "nanar" tant le métrage de Sam Firstenberg cumule clichés et personnages stéréotypés autour d'une intrigue rachitique aussi naïve que prévisible. En prime, les dialogues élémentaires parfois drôles et l'aspect impayable de certaines confrontations héroïques où les méchants grimacent en diable et où le gentil ne cesse de se relever de ses blessures avec une pugnacité désespérée renforcent le caractère décalé de l'attachant spectacle, clin d'oeil sardonique aux Chasses du comte Zaroff. La seconde partie surfant sur le survival d'une chasse à l'homme que notre héros improvisera dans les bayous tout en portant secours à une fille kidnappée. D'ailleurs, à travers son action en règle plutôt généreuse, on peut aujourd'hui s'étonner de la violence de certains passages homériques (notamment son prologue pétaradant confiné en pleine fête urbaine) et de certaines exactions meurtrières si bien que Sam Firtenberg ose même y sacrifier l'innocence la plus candide (2 enfants sont froidement abattus dont l'un face caméra !).


Sympathique, attachant et charmant sous son format d'actionner bisseux réservé aux prolos, American Warrior 2 enthousiasmera à nouveau la génération 80 en dépit de son inévitable "coup de vieux" si bien qu'aujourd'hui il s'avère souvent (involontairement) cocasse (voir même hilarant lors de 2/3 passages racoleurs, notamment auprès de l'affrontement final entre Matt et Elliott) et que les beaux yeux de Michael Dudikoff (gentiment expressif en redresseur de tort pour autant peu véloce !) émoustilleront encore la gente féminine. 

* Bruno
2èx