vendredi 22 juin 2012

DUEL. Grand Prix à Avoriaz, 1973

Photo empruntée sur Google, appartenant au site ivid.it
de Steven Spielberg. 1971. U.S.A. 1h32. Avec Dennis Weaver, Jacqueline Scott, Eddie Firestone, Lou Frizzell, Gene Dynarski, Lucille Benson, Tim Herbert, Charles Seel, Shirley O'Hara, Alexander Lockwood.

Sortie salles France: 21 Mars 1973. U.S: 13 Novembre 1971

Récompenses: Grand Prix à Avoriaz, 1973
Emmy Awards du Meilleur Montage sonore en 1972

FILMOGRAPHIE: Steven Allan Spielberg, Chevalier de l'Ordre national de la Légion d'honneur est un réalisateur, producteur, scénariste, producteur exécutif, producteur délégué et créateur américain, né le 18 décembre 1946 à Cincinnati (Ohio, États-Unis).
1971: Duel , 1972: La Chose (télé-film). 1974: Sugarland Express, 1975: Les Dents de la mer, 1977: Rencontres du troisième type, 1979: 1941, 1981: les Aventuriers de l'Arche Perdue, 1982: E.T. l'extra-terrestre , 1983: La Quatrième Dimension (2è épisode), 1984: Indiana Jones et le Temple maudit, 1985: La Couleur pourpre, 1987: Empire du soleil, 1989: Indiana Jones et la Dernière Croisade, Always, 1991: Hook, 1993: Jurassic Park, La Liste de Schindler, 1997: Le Monde Perdu, Amistad, 1998: Il faut sauver le soldat Ryan Saving Private Ryan, 2001: A.I., 2002: Minority Report, Arrête-moi si tu peux, 2004: Le Terminal , 2005: La Guerre des Mondes, 2006: Munich, 2008: Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal, 2011: Les Aventures de Tintin, cheval de guerre.


A l'origine, Duel est un télé-film réalisé par un jeune novice inconnu, Steven Spielberg, d'après une nouvelle de Richard Matheson. Fort de son succès d'audience à la télévision américaine, le réalisateur décide de rallonger son film de 16 minutes pour pouvoir le diffuser en salles. Le public et la critique sont conquis ! Ce film à petit budget tourné en 12 jours remporte un succès d'estime à travers le monde et se voit même gratifié 2 ans après sa sortie du prestigieux Grand Prix du Festival d'Avoriaz. 


Avec un pitch d'une désarmante simplicité (une course effrénée entre deux véhicules routiers à travers les routes de Californie, jusqu'à ce que l'un d'entre eux en perde le contrôle), le débutant Steven Spielberg concrétise un modèle de mise en scène et d'efficacité poussée à son paroxysme. Toute l'habileté de cette situation saugrenue digne d'un épisode de la 4è dimension est impartie à la dimension psychologique de son personnage principal, un employé de commerce en crise conjugale. Durant son périple bucolique à travers les routes clairsemées de la Californie, David Mann (campé par un Dennis Weaver hanté par l'appréhension !) va se retrouver confronté à une terrible épreuve de survie dans sa banalité quotidienne. Sous un soleil écrasant, un mystérieux routier dont on ne verra jamais le visage décide de poursuivre inlassablement cet automobiliste, alors que son unique vocation semble être un duel machiste jusqu'à ce que mort s'ensuive.


Mené de main de maître par un Steven Spielberg déjà surdoué pour élaborer des séquences virtuoses de courses-poursuites d'une rare intensité, Duel est un suspense délétère d'autant plus interlope que nous ne connaîtrons jamais l'identité du routier erratique. Une manière sournoise pour le réalisateur d'entretenir le mystère et ainsi exacerber une situation de crise anxiogène auprès de la victime dépourvue d'assistance. Avec son poids-lourd à combustible rubigineux, véritable monstre d'acier au faciès rugissant, ce conducteur n'aura de cesse de harceler cet employé de commerce déjà contrarié par un conflit familial. Père de famille pudique et inhibé, David va devoir user de bravoure et vaillance pour se dépêtrer d'un duel infernal entrepris avec cet antagoniste toujours plus intraitable. Pour accentuer la dimension humaine de la victime réprimandée, Spielberg établit notamment une introspection sur ses pensées intimes gagnées par la paranoïa. De façon intermittente, un monologue va nous rappeler que notre automobiliste désorienté est intrinsèquement épris d'une terreur incontrôlée par l'influence d'un psychopathe indéfectible. Emaillé de péripéties impromptues parfois spectaculaires (l'offensive du poids-lourd chez la propriétaire de reptiles ou l'altercation devant la voie ferrée), Duel nous transcende la plus aberrante course-poursuite automobile jamais conçue au cinéma !


A la limite du fantastique irrationnel, Duel est un chef-d'oeuvre immuable d'une puissance narrative et émotionnelle atypique ! Jouant avec les nerfs du spectateur autant que la victime prise à partie, Steven Spielberg aménage avec des moyens minimalistes un sommet de suspense Hitchcockien d'une efficacité extravagante ! Mis en scène avec précision, ce premier coup de maître d'un authentique magicien du 7 art symbolise notamment non sans originalité une allégorie sur la montée de la violence routière.

22.06.12. 4èx
Bruno Matéï

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