Photo empruntée sur Google, appartenant au site fr.pinterest.com
de Francis Ford Coppola. 1983. U.S.A. 1h34. Avec Matt Dillon, Mickey Rourke, Diane Lane, Dennis Hopper, Diana Scarwid, Vincent Spano, Nicolas Cage, Chris Penn, Laurence Fishburne, William Smith.
Sortie salles France: 15 Février 1984. U.S: 21 Octobre 1983
FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Francis Ford Coppola est un réalisateur, producteur et scénariste américain né le 7 Avril 1939. 1963: Dementia 13. 1966: Big Boy. 1968: La Vallée du Bonheur. 1969: Les Gens de la pluie. 1972: Le Parrain. 1974: Conversation Secrète. Le parrain 2. 1979: Apocalypse Now. 1982: Coup de coeur. 1983: Outsiders. Rusty James. 1984: Cotton Club. 1986: Peggy Sue s'est mariée. 1987: Jardins de Pierre. 1988: Tucker. 1989: New-York Stories. 1990: Le Parrain 3. 1992: Dracula. 1996: Jack. 1997: l'Idéaliste. 2007: l'Homme sans âge. 2009: Tetro. 2011: Twixt.
Entrepris la même année que Outsiders et, une fois encore, adapté d’un roman de Susan Eloise Hinton, Francis Ford Coppola se montre plus ambitieux avec Rusty James. Véritable expérience cinégénique, imprimée de la personnalité baroque du cinéaste. Fable sur la lassitude, la fuite du temps et l’aliénation existentielle, cette errance fantasmatique de deux frères entravés envoûte les sens par une mise en scène expérimentale à l’esthétique expressionniste. À travers ce tableau dérisoire d’une jeunesse désœuvrée, laminée par l’ennui, le chômage et la démission parentale, Rusty James rêve de devenir le leader des gangs de rue, à l’image de son frère aîné Motorcycle, légende urbaine déchue. Vaillant et pugnace, Rusty James ne possède pourtant ni l’adresse ni l’intelligence instinctive de son aîné pour s’imposer comme chef de bande. Ses infidélités, l’absence d’un père alcoolique et la disparition inexpliquée de sa mère l’amènent à se focaliser sur la réputation mythifiée de son frère, dans l’espoir d’y trouver un sens à sa terne existence. Mais le hic demeure : l’ancienne icône des bandes s’est rétractée, refusant de renouer avec une vie marginale jalonnée de rixes héroïques. Penseur mutique, prisonnier de songes autonomes, Motorcycle n’aspire plus qu’à errer dans la petite contrée d’Oklahoma, murmurant à l’oreille de Rusty que les combats de rue ne mènent qu’à une impasse.

Avec sa bande-son aussi idoine que décalée, ses bruitages industriels lancinants et sa photographie monocorde d’une splendeur hypnotique, Coppola façonne une Fureur de vivre muée en élégie existentielle. La distribution s’avère tout aussi inspirée : Matt Dillon, habité d’une fougue brute, fait face à son frère taciturne incarné par un Mickey Rourke fantomatique, entourés d’une galerie de seconds rôles marquants - Dennis Hopper en paternel alcoolique déchu, Chris Penn et Nicolas Cage en rebelles vaniteux, ou encore la suave Diane Lane en dulcinée trahie. Rusty James demeure ainsi une œuvre atypique, où l’atmosphère irréelle insuffle un sentiment d’échappée à travers le profil galvaudé de deux frères esseulés, privés de leur propre identité. Ce besoin de fuite en avant vers l’immensité d’un océan azur, cette soif de liberté latente exprimée par un Motorcycle méditatif, compose un poème désenchanté sur la fuite - furtive - du temps et l’échec personnel. Une temporalité récursive rappelant que le passage à l’âge adulte ne devient franchissable qu’au prix d’une vocation nouvelle, plus sociable, plus résignée.

Avec sa bande-son aussi idoine que décalée, ses bruitages industriels lancinants et sa photographie monocorde d’une splendeur hypnotique, Coppola façonne une Fureur de vivre muée en élégie existentielle. La distribution s’avère tout aussi inspirée : Matt Dillon, habité d’une fougue brute, fait face à son frère taciturne incarné par un Mickey Rourke fantomatique, entourés d’une galerie de seconds rôles marquants - Dennis Hopper en paternel alcoolique déchu, Chris Penn et Nicolas Cage en rebelles vaniteux, ou encore la suave Diane Lane en dulcinée trahie. Rusty James demeure ainsi une œuvre atypique, où l’atmosphère irréelle insuffle un sentiment d’échappée à travers le profil galvaudé de deux frères esseulés, privés de leur propre identité. Ce besoin de fuite en avant vers l’immensité d’un océan azur, cette soif de liberté latente exprimée par un Motorcycle méditatif, compose un poème désenchanté sur la fuite - furtive - du temps et l’échec personnel. Une temporalité récursive rappelant que le passage à l’âge adulte ne devient franchissable qu’au prix d’une vocation nouvelle, plus sociable, plus résignée.
Chef-d’œuvre contemplatif, plus substantiel, abstrait et art et essai que son cadet Outsiders, sur lequel le temps semble n’avoir aucune prise, Rusty James demeure un moment de cinéma précieux. Un partage d’émotions troubles entre deux frères, porté par un humanisme à la fois torturé et romanesque. Sublime, et d’une sidérante modernité dans son écrin rétro, le film rend un hommage vibrant aux récits de bandes des années 50.
— le cinéphile du cœur noir 🖤
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La chronique d'Outsiders: http://brunomatei.blogspot.fr/2011/11/outsiders-outsiders.html
26.10.22. 4èx. Vost
27.06.12.



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