vendredi 29 décembre 2017

Les Aventures de Buckaroo BanzaĂŻ / The Adventures of Buckaroo Banzai Across the 8th Dimension

                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Notrecinema.com

de W. D. Richter. 1984. USA. 1h42. Avec Peter Weller, John Lithgow, Ellen Barkin, Jeff Goldblum, Christopher Lloyd, Lewis Smith, Rosalind Cash.

Sortie salles France: 15 Août 1984. U.S: 10 Août 1984

FILMOGRAPHIEWalter Duch Richter est un scénariste, producteur et réalisateur américain, né le 7 décembre 1945 à New Britain, dans le Connecticut. 1984 : Les Aventures de Buckaroo Banzaï. 1991: Passeport pour le futur (late for dinner).


Echec commercial Ă  sa discrète sortie (notamment une sortie limitĂ©e aux States) si bien que sa suite initialement prĂ©vue fut annulĂ©e, les Aventures de Buckaroo Banzai fait vĂ©ritablement office d'ofni dans le paysage de la science-fiction. On peut d'ailleurs aussi parler de film culte si bien qu'il ne ressemble Ă  aucun autre et que son scĂ©nario dĂ©bridĂ© gĂ©nère quelques sĂ©quences aussi pittoresques que sĂ©rieuses auprès de son aspect scientifique filmĂ© Ă  la manière d'un doc et d'une action dĂ©bridĂ©e en roue libre sans jamais se laisser piĂ©ger par l'esbroufe. RĂ©alisĂ© sans prĂ©tention aucune de façon aussi sobre que dĂ©complexĂ©, les Aventures de Buckaroo Banzai ne cesse d'alterner la stupeur, l'interrogation, le dĂ©concertement, le sentiment de rĂŞve et d'Ă©vasion avec une humeur expansive. De par la complicitĂ© très solidaire des comĂ©diens particulièrement jouasses (on y croise John Lithgow, Ellen Barkin, Jeff Goldblum, Christopher Lloyd) Ă  se laisser gouverner par un Peter Weller taillĂ© sur mesure en hĂ©ros slasheur (il est Ă  la fois neurochirurgien, chanteur de Rock, auteur de BD et aventurier), et l'aspect agrĂ©ablement rĂ©tro de ses effets-spĂ©ciaux artisanaux faisant parfois mouche (Ă  l'instar de son spectaculaire prologue ouvrant le seuil d'une 8è dimension ou de la morphologie loufoque des ET. que l'on croirait issus des annĂ©es 50 !).


Ainsi, Ă  l'aide de son vĂ©hicule supersonique, Buckaroo BanzaĂŻ vient de traverser une montagne au creux de la 8è dimension. PeuplĂ© d'extra-terrestres, il ramène avec lui un spĂ©cimen. Pendant que d'autres extra-terrestres tentent d'entrer en contact avec lui afin de l'avertir du danger planĂ©taire, le Dr Emlilio Lizardo Ă©labore un plan pour dĂ©rober son invention (le sur-propulseur). C'est le dĂ©but d'une guerre entre humains et E.T que Buckaroo affrontera pour l'enjeu d'une otage (sa nouvelle maĂ®tresse dĂ©pressive) et de l'humanitĂ© toute entière. Affichant un esprit cartoonesque de sĂ©rie B dĂ©calĂ©e littĂ©ralement inusitĂ©e, Les Aventures de Buckaroo BanzaĂŻ distille un (dĂ©lirant) climat insolite assez dĂ©routant pour peu que le fan du genre accepte qu'on y bouscule sans cesse ses habitudes. On comprend donc qu'Ă  sa sortie ce divertissement soufflant le chaud et le froid se soit soldĂ© d'un Ă©chec retentissant, quand bien mĂŞme l'action mise en scène s'avère somme toute classique au cours d'un rĂ©cit sciemment confus truffĂ© de pĂ©ripĂ©ties et situations saugrenues (notamment Ă  travers le jeu dĂ©mesurĂ©e de John Lithgow en savant court-circuitĂ© !). Et donc grâce Ă  la bonhomie excentrique des comĂ©diens jouant les redresseurs de tort ou les extra-terrestres patibulaires, l'aventure bigarrĂ©e parvient inĂ©vitablement Ă  sĂ©duire pour nous laisser sur un sentiment final de satisfaction proprement indicible tant le pĂ©riple nous donna le tournis dans la raison et la dĂ©raison. A l'instar de sa conclusion musicale aussi entĂŞtante qu'entraĂ®nante restĂ©e dans toutes les mĂ©moires de la gĂ©nĂ©ration 80. Tout simplement l'un des plus beau gĂ©nĂ©riques de fin de l'histoire du cinĂ©ma.


A la fois amusant, dĂ©lirant et cocasse et Ă©tonnamment sĂ©rieux Ă  travers son esprit 1er degrĂ© que l'on croirait presque extirpĂ© d'un reportage scientifique dĂ©sincarnĂ©, les Aventures de Buckaroo BanzaĂŻ met en Ă©vidence la sincĂ©ritĂ© d'un cinĂ©aste autonome (après cet essai il ne rĂ©alisera qu'un dernier mĂ©trage) assorti d'une Ă©vidente gĂ©nĂ©rositĂ© (en dĂ©pit de son budget low-cost) dans son implication immodĂ©rĂ©e Ă  nous balloter l'encĂ©phale tous azimut. Sympathique, charmant, fascinant, ludique et romantique au sein d'une structure Ă©motionnelle hybride, Buckaroo BanzaĂŻ se redĂ©couvre sans modĂ©ration comme s'il s'agissait de la toute première fois tant le spectacle quasi irracontable, issu d'une dimension stellaire, dĂ©ploie des trouvailles (narratives et visuelles) incongrues Ă  corps perdu. Un expĂ©rience unique au monde que l'on peut compter sur les doigts d'une main. 

* Bruno
01.12.23. 4èx

jeudi 28 décembre 2017

La Fille qui en savait trop / La ragazza che sapeva troppo.

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site dvdclassik.com

de Mario Bava. 1963. Italie. 1h28. Avec Letícia Román, John Saxon, Valentina Cortese, Titti Tomaino, Luigi Bonos, Milo Quesada.

Sortie salles France: 29 Janvier 1964. Italie: 10 Février 1963

FILMOGRAPHIEMario Bava est un rĂ©alisateur, directeur de la photographie et scĂ©nariste italien, nĂ© le 31 juillet 1914 Ă  Sanremo, et dĂ©cĂ©dĂ© d'un infarctus du myocarde le 27 avril 1980 Ă  Rome (Italie). Il est considĂ©rĂ© comme le maĂ®tre du cinĂ©ma fantastique italien et le crĂ©ateur du genre dit giallo. 1946 : L'orecchio, 1947 : Santa notte, 1947 : Legenda sinfonica, 1947 : Anfiteatro Flavio, 1949 : Variazioni sinfoniche, 1954 : Ulysse (non crĂ©ditĂ©),1956 : Les Vampires (non crĂ©ditĂ©),1959 : Caltiki, le monstre immortel (non crĂ©ditĂ©),1959 : La Bataille de Marathon (non crĂ©ditĂ©),1960 : Le Masque du dĂ©mon,1961 : Le Dernier des Vikings (non crĂ©ditĂ©),1961 : Les Mille et Une Nuits,1961 : Hercule contre les vampires,1961 : La RuĂ©e des Vikings, 1963 : La Fille qui en savait trop,1963 : Les Trois Visages de la peur, 1963 : Le Corps et le Fouet, 1964 : Six femmes pour l'assassin, 1964 : La strada per Fort Alamo, 1965 : La Planète des vampires, 1966 : Les Dollars du Nebraska (non cĂ©ditĂ©), 1966 : Duel au couteau,1966 : OpĂ©ration peur 1966 : L'Espion qui venait du surgelĂ©, 1968 : Danger : Diabolik ! , 1970 : L'ĂŽle de l'Ă©pouvante ,1970 : Une hache pour la lune de miel ,1970 : Roy Colt e Winchester Jack, 1971 : La Baie sanglante, 1972 : Baron vampire  , 1972 : Quante volte... quella notte, 1973 : La Maison de l'exorcisme, 1974 : Les Chiens enragĂ©s,1977 : Les DĂ©mons de la nuit (Schock),1979 : La Venere di Ille (TV).

 
Ĺ’uvre sĂ©minale inaugurant le Giallo avec une Ă©tonnante maĂ®trise et une inventivitĂ© mordante, La Fille qui en savait trop conjugue avec brio l’horreur et le thriller sous l’Ĺ“il baroque de Mario Bava, qui filme statues et ornementations Ă  travers des cadrages alambiquĂ©s, comme un architecte du trouble. Écho fĂ©minin au cĂ©lèbre titre hitchcockien, cette perle rare — aussi paradoxale soit-elle — reste cruellement mĂ©connue, ignorĂ©e Ă  l’Ă©poque, jamais reconnue Ă  sa juste valeur. Ă€ cela s’ajoute le dĂ©sintĂ©rĂŞt croissant pour le roman de gare estampillĂ© “Giallo”, qui n’attirait plus les lecteurs au seuil des annĂ©es 60.

Si Bava, selon la rumeur, fut d’humeur irascible face Ă  un projet qu’il jugeait trop teintĂ© de comĂ©die romantique policière, il y imprima pourtant sa marque. Du moins dans la version italienne, bien plus audacieuse que le remontage Ă©dulcorĂ© et pittoresque destinĂ© au marchĂ© amĂ©ricain. En soignant une atmosphère d’Ă©trangetĂ©, Bava cisèle un suspense affĂ»tĂ©, comme un fil de rasoir entre rĂŞve et rĂ©alitĂ©. 

Pitch: ArrivĂ©e Ă  Rome pour visiter sa tante, la jeune AmĂ©ricaine Nora voit cette dernière succomber Ă  un arrĂŞt cardiaque. Errant dans la ville, hagarde, Nora devient le tĂ©moin d’un meurtre Ă  l’arme blanche... avant de s’Ă©vanouir. Ă€ son rĂ©veil : aucun corps, aucun article dans les journaux. Hallucination ? Cauchemar ? OĂą s’arrĂŞte l’imagination, oĂą commence le rĂ©el ?

 
Thriller horrifique passionnant, son intrigue charpentĂ©e distille maigres indices et faux-semblants autour de figures Ă©quivoques, de rebondissements suspendus. Entièrement centrĂ© sur Nora -fragile, attirĂ©e par l’inconnu, troublĂ©e par la perversitĂ© latente - le film scrute son esprit poreux Ă  la paranoĂŻa, Ă  la psychose. Bava esquisse ce portrait mental avec une prĂ©cision clinique : elle ira jusqu’Ă  tendre un piège domestique avec du talc et du fil de nylon pour piĂ©ger un intrus invisible. Car La Fille qui en savait trop joue de l’ambiguĂŻtĂ© : rĂŞve ou perception extra-lucide ? Hallucination ou prĂ©cognition ? L’enquĂŞte flotte entre rationalitĂ© bancale et menace invisible.

Et lorsque la vĂ©ritĂ© Ă©clot - le portrait du coupable se rĂ©vèle d’une puissance dĂ©rangeante. Glaçant dans sa prĂ©sence fuyante, il suinte la folie d’une pulsion homicide nourrie de .... Bava, fascinĂ©, scrute ce visage avec un fĂ©tichisme fiĂ©vreux. 

 
"La lucidité est une blessure".
Soutenu par une distribution solide - avec un John Saxon juvĂ©nile en contrepoint avenant -, un suspense coupĂ© au cordeau et une imagerie charnelle au raffinement macabre, La Fille qui en savait trop amorce l’ADN du Giallo avec une modernitĂ© stupĂ©fiante. LetĂ­cia Román, littĂ©ralement magnĂ©tique dans la peau d’une investigatrice en Ă©moi, incarne la permĂ©abilitĂ© du regard fĂ©minin Ă  l’irruption du chaos. Une Ĺ“uvre Ă  redĂ©couvrir de toute urgence, Ă  marquer d’une pierre blanche - mĂŞme si, un an plus tard, Bava transcendera l’essai en chef-d’Ĺ“uvre absolu avec Six Femmes pour l’Assassin.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir

mercredi 27 décembre 2017

L'île de l'Epouvante / 5 Filles dans une nuit chaude d'été

                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site thebloggerscinemaclub.com

"5 bambole per la luna d'agosto" de Mario Bava. 1970. Italie. 1h22. Avec William Berger, Ira von FĂĽrstenberg, Edwige Fenech, Howard Ross, Helena Ronee

Sortie salles France: 22 Novembre 1972. Italie: 14 Février 1970

FILMOGRAPHIEMario Bava est un rĂ©alisateur, directeur de la photographie et scĂ©nariste italien, nĂ© le 31 juillet 1914 Ă  Sanremo, et dĂ©cĂ©dĂ© d'un infarctus du myocarde le 27 avril 1980 Ă  Rome (Italie). Il est considĂ©rĂ© comme le maĂ®tre du cinĂ©ma fantastique italien et le crĂ©ateur du genre dit giallo. 1946 : L'orecchio, 1947 : Santa notte, 1947 : Legenda sinfonica, 1947 : Anfiteatro Flavio, 1949 : Variazioni sinfoniche, 1954 : Ulysse (non crĂ©ditĂ©),1956 : Les Vampires (non crĂ©ditĂ©),1959 : Caltiki, le monstre immortel (non crĂ©ditĂ©),1959 : La Bataille de Marathon (non crĂ©ditĂ©),1960 : Le Masque du dĂ©mon,1961 : Le Dernier des Vikings (non crĂ©ditĂ©),1961 : Les Mille et Une Nuits,1961 : Hercule contre les vampires,1961 : La RuĂ©e des Vikings, 1963 : La Fille qui en savait trop,1963 : Les Trois Visages de la peur, 1963 : Le Corps et le Fouet, 1964 : Six femmes pour l'assassin, 1964 : La strada per Fort Alamo, 1965 : La Planète des vampires, 1966 : Les Dollars du Nebraska (non cĂ©ditĂ©), 1966 : Duel au couteau,1966 : OpĂ©ration peur 1966 : L'Espion qui venait du surgelĂ©, 1968 : Danger : Diabolik ! , 1970 : L'ĂŽle de l'Ă©pouvante ,1970 : Une hache pour la lune de miel ,1970 : Roy Colt e Winchester Jack, 1971 : La Baie sanglante, 1972 : Baron vampire  , 1972 : Quante volte... quella notte, 1973 : La Maison de l'exorcisme, 1974 : Les Chiens enragĂ©s,1977 : Les DĂ©mons de la nuit (Schock),1979 : La Venere di Ille (TV).

"L’ĂŽle aux Silences Mortels".

Ce n’est un secret pour personne : L’ĂŽle de l’Ă©pouvante est souvent relĂ©guĂ© parmi les Ĺ“uvres mineures de Mario Bava. Sorte de prototype encore brouillon de La Baie sanglante, rĂ©alisĂ© un an plus tĂ´t, ce huis clos insulaire s’adonne Ă  un jeu de massacre entre une poignĂ©e de touristes confinĂ©s sur une Ă®le, tous dĂ©sireux de s’emparer de la formule convoitĂ©e de leur camarade, le scientifique Fritz Farrel. Mais un tueur mystĂ©rieux dĂ©cide de semer la pagaille, dĂ©clenchant une sĂ©rie de meurtres implacables. 

Sympathique giallo au suspense soutenu, fertile en disparitions, coups bas et rebondissements parfois retors, L’ĂŽle de l’Ă©pouvante est rehaussĂ© par son cadre exotique, avec, en son Ă©picentre, une villa insolite Ă  la modernitĂ© frappante. TournĂ© en pleine ère psychĂ© des annĂ©es 70, on reste stupĂ©fait devant le design high-tech de cette demeure, dont Bava exploite chaque recoin avec un soin stylistique Ă©vident.

Notamment lors de ce moment suspendu oĂą une poignĂ©e de boules de verre dĂ©valent un escalier pour rĂ©vĂ©ler, dans une vision onirico-macabre, un cadavre alangui dans sa baignoire. ÉmaillĂ© d’un Ă©rotisme soft, portĂ© par des donzelles aussi insidieuses qu’envieuses (la plantureuse Edwige Fenech en tĂŞte !), le film nous livre une galerie peu recommandable de convives cupides, oĂą tous les coups sont permis - avec, pour clore le bal, un final surprenant aux relents de sarcasme noir.

Bava, en filigrane, saupoudre son rĂ©cit de rĂ©pliques sardoniques et de simulacres ingĂ©nieux, comme l’homicide liminaire qu’Edwige Fenech orchestre sans sourciller. Une Ĺ“uvre Ă  dĂ©couvrir, assurĂ©ment - mĂŞme si l’on peut dĂ©plorer le caractère docile de ses meurtres, trop souvent relĂ©guĂ©s hors-champ.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir

*Bruno
3èx

mardi 26 décembre 2017

LA SOUPE AUX CHOUX

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Jean Girault. 1981. France. 1h42. Avec Louis de Funès, Jean Carmet, Jacques Villeret, Christine Dejoux, Claude Gensac, Henri Génès, Marco Perrin.

Sortie salles France: 2 Décembre 1981

FILMOGRAPHIE: Jean Girault est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste français, nĂ© le 9 mai 1924 Ă  Villenauxe-la-Grande (Aube), dĂ©cĂ©dĂ© le 24 juillet 1982 Ă  Paris. 1960 : Les Pique-assiette. 1961 : Les Moutons de Panurge. 1961 : Les Livreurs. 1963 : Les Veinards (film Ă  sketchs corĂ©alisĂ©). 1963 : Les Bricoleurs. 1963 : Pouic-Pouic. 1963 : Faites sauter la banque ! 1964 : Les Gorilles. 1964 : Le Gendarme de Saint-Tropez. 1965 : Le Gendarme Ă  New York. 1966 : Monsieur le prĂ©sident-directeur gĂ©nĂ©ral. 1967 : Les Grandes Vacances. 1968 : Le gendarme se marie. 1968 : Un drĂ´le de colonel. 1969 : La Maison de campagne. 1970 : Le Gendarme en balade. 1971 : Jo. 1971 : Le Juge. 1972 : Les Charlots font l'Espagne. 1973 : Le Concierge. 1973 : Le Permis de conduire. 1974 : Deux grandes filles dans un pyjama. 1975 : L'IntrĂ©pide. 1976 : Les murs ont des oreilles. 1976 : L'AnnĂ©e sainte. 1977 : Le Mille-pattes fait des claquettes. 1978 : L'Horoscope. 1978 : Sam et Sally , (sĂ©rie TV), 2 Ă©pisodes : Le Collier et Isabelita. 1978 : Le Gendarme et les Extra-terrestres. 1979 : L'Avare. 1981 : La Soupe aux choux. 1981 : Ach du lieber Harry. 1982 : Le Gendarme et les Gendarmettes.


VilipendĂ© par la critique Ă  sa sortie et modestement apprĂ©ciĂ© par le public de l'Ă©poque si on en juge ses 3 093 019 entrĂ©es (un score moindre en rapport aux antĂ©cĂ©dents succès de De Funès), la Soupe aux Choux est devenu pour autant un film culte chez une frange du public et certains cinĂ©philes au fil de ses multiples rediffusions tĂ©lĂ©visuelles. IsolĂ©s dans leur ferme afin de fuir l'urbanisation moderne, Le Glaude et le BombĂ© tuent leur ennui Ă  bavasser en se saoulant quotidiennement. Un soir, après un concours de pets Ă  rĂ©veiller les Ă©clairs, un extra-terrestre vient leur rendre visite. C'est le dĂ©but d'une amitiĂ© que le Glaude va partager avec l'Ă©tranger après lui avoir fait goĂ»ter sa fameuse soupe aux choux. 


A la croisĂ©e du nanar cosmique et de la curiositĂ© viticole, La Soupe aux Choux pâti Ă  mon sens d'un rythme mollasson et d'une timide Ă©motion (mĂ©lancolique), faute d'une intrigue futile exploitant maladroitement les thèmes de l'amitiĂ©, de l'amour, de la vieillesse et du passĂ©isme Ă  travers le microcosme paysan dĂ©prĂ©ciĂ© par la civilisation moderne. Si De Funès et Jean Carmet font preuve de beaucoup de dynamisme dans leur fidĂ©litĂ© amicale; et que Jacques Villeret se fond (grotesquement) dans le corps d'un E.T avec une bonhomie digne de Casimir, La Soupe aux Choux piĂ©tine sur un cheminement routinier (toute la partie oĂą Francine revient d'entre les morts du haut de ses 20 ans peine Ă  maintenir l'intĂ©rĂŞt dans sa requĂŞte d'une seconde jeunesse exaltĂ©e). On se console au final sur quelques sourires et Ă©ventuellement de petits Ă©clats de rire (son prologue hilarant pour autant discutable car assez trivial, les mimiques dĂ©lirantes de la denrĂ©e dans sa combinaison fluo comparable Ă  un TĂ©lĂ©tubbies) dĂ©voilĂ©s en intermittence sous l'impulsion d'une mĂ©lodie folklo fichtrement entĂŞtante.


A réserver en priorité aux nostalgiques de l'époque révolue.

* Bruno
3èx

TOP / FLOP 2017

                                 1 / Ex-aequo

      

                               2 /  Ex-aequo
                        
                
             
                                 3 / Ex-aequo

  

                           Dans le dĂ©sordre:


    






                                  BONUS:










                                FLOP 2017: 
1/

2 / 

3 /

                          Dans le dĂ©sordre: 






lundi 25 décembre 2017

L'AILE OU LA CUISSE

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Claude Zidi. 1976. France. 1h45. Avec Louis de Funès, Coluche, Ann Zacharias, Julien Guiomar, Claude Gensac, Georges Chamarat, Jean Martin.

Sortie salles France: 27 Octobre 1976

FILMOGRAPHIE: Claude Zidi est réalisateur et scénariste français né le 25 juillet 1934 à Paris.
1971 : Les Bidasses en folie. 1972 : Les Fous du stade. 1973 : Le Grand Bazar. 1974 : La moutarde me monte au nez. 1974 : Les Bidasses s'en vont en guerre. 1975 : La Course à l'échalote. 1976 : L'Aile ou la Cuisse. 1977 : L'Animal. 1978 : La Zizanie. 1979 : Bête mais discipliné. 1980 : Les Sous-doués. 1980 : Inspecteur la Bavure. 1982 : Les Sous-doués en vacances. 1983 : Banzaï. 1984 : Les Ripoux. 1985 : Les Rois du gag. 1987 : Association de malfaiteurs. 1988 : Deux. 1989 : Ripoux contre ripoux. 1991 : La Totale ! 1993 : Profil bas. 1997 : Arlette. 1999 : Astérix et Obélix contre César. 2001 : La Boîte. 2003 : Ripoux 3. 2011 : Les Ripoux anonymes, série coréalisée avec son fils Julien Zidi.


Petit classique de la comĂ©die populaire signĂ© du maĂ®tre du genre Claude Zidi, l'aile ou la cuisse est la rĂ©union inattendue des deux talents De Funès / Coluche pour la première fois rĂ©unis derrière la camĂ©ra. Celui-ci ayant remplacĂ© au dernier moment l'acteur Pierre Richard pour des problèmes de planning. Enorme succès Ă  sa sortie si bien qu'il engrange pas loin de 6 millions d'entrĂ©es, l'Aile ou la cuisse est une comĂ©die cocasse menĂ©e sans temps morts, et ce en dĂ©pit d'Ă©clats de rire pas si nombreux et d'un cheminement narratif assez prĂ©visible. Zidi privilĂ©giant avec son savoir-faire habituel la fantaisie pittoresque entre deux instants de tendresse (les Ă©changes romantiques Ă  la fois loufoques, timorĂ©s et attendrissants que se partagent la secrĂ©taire Marguerite et GĂ©rard, fils de Duchemin).


Directeur du guide Michelin, Charles Michelin doit se confronter Ă  un magnat de la malbouffe dĂ©libĂ©rĂ© Ă  instaurer ses produits sur le marchĂ© national puis international. Avec l'aide de son fils exerçant en catimini le rĂ´le de clown dans un cirque, Charles Michelin tentera de dĂ©noncer les mĂ©thodes vĂ©reuses de son rival lors d'une Ă©mission de TV retransmise en direct. Satire caustique sur la junk-food avec un sens de dĂ©rision parfois dĂ©bridĂ© (les produits alimentaires synthĂ©tiques que Charles et GĂ©rard dĂ©couvrent dans l'usine s'avèrent surrĂ©alistes afin de mieux dĂ©noncer l'immoralitĂ© des industriels adeptes de la malbouffe), l'Aile ou la Cuisse doit beaucoup au charme de ses interprètes d'une attachante complĂ©mentaritĂ©. De Funès et Coluche endossant avec docile antinomie une relation familiale gentiment houleuse, tant et si bien que le père en prĂ©-retraite s'efforce d'enseigner Ă  son fils son savoir professionnel, celui-ci n'ayant d'autre ambition que d'amuser les enfants sous les chapiteaux. Autour de la divergence de ces deux personnages pour autant solidaires (Zidi insistant souvent sur leur altruisme mutuel lors de pĂ©ripĂ©ties mouvementĂ©es), la ravissante Ann Zacharias se prĂŞte au jeu de la sĂ©duction en secrĂ©taire hollandaise avec une amĂ©nitĂ© envoĂ»tante, de par sa sensualitĂ© candide et sa beautĂ© filiforme.


Si dans son rĂ´le de goĂ»teur gastronome (il enchaĂ®ne durant l'intrigue les opĂ©rations de camouflage dans les grands restaurants) on a connu Louis De Funès plus dynamique et spontanĂ© qu'au prĂ©alable (quelques temps avant le tournage il se remit d'un double infarctus alors que 6 ans plus tard il tirera sa rĂ©vĂ©rence), l'amicale complĂ©mentaritĂ© qu'il partage avec Coluche (plutĂ´t Ă  l'aise dans celui du faire-valoir clownesque) permet au film de s'Ă©lancer avec une bonne humeur mĂ©tronome. Derrière une louange Ă  la cuisine artisanale y Ă©mane donc un fort sympathique divertissement au charme bonnard aussi prĂ©gnant qu'Ă  sa sortie. 

* Bruno   
3èx