lundi 31 octobre 2016

The descent, Part 2

                                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Jon Harris. 2009. Angleterre. 1h34. Avec Shauna Macdonald, Natalie Mendoza, Gavan O'Herlihy, Anna Skellern, Krysten Cummings, Joshua Dallas.

Sortie salles France: 14 Octobre 2009. Angleterre: 2 Décembre 2009

FILMOGRAPHIE: Jon Harris (né le 11 juillet 1967 à Sheffield en Angleterre) est un monteur et réalisateur britannique. 2009: The Descent 2.


4 ans après le succès public et critique de The Descent, Jon Harris, monteur de son modèle, entreprend pour la première fois de sa carrière de passer derrière la caméra avec The Descent, Part 2.
Pour info subsidiaire, le pitch de cette nouvelle mouture s'inspire du final alternatif US. 

Synopsis:  Devenue amnĂ©sique, Sarah accepte Ă  nouveau de retourner dans la grotte depuis l'espoir des secouristes Ă  retrouver d'Ă©ventuels rescapĂ©s. Mais les crĂ©atures aussi sanguinaires restent Ă  l'affĂ»t du moindre intrus.

Reprenant à peu de choses près le même schéma narratif qu'au préalable (stratégies de survie d'une équipe de secouristes contre les agressions récursives des "Crawlers"), cette séquelle parvient pourtant à se démarquer de la routine sans excès de zèle. De par le savoir-technique d'une réalisation un peu mieux maîtrisée que son modèle (les confrontations barbares entre assaillants et victimes s'avérant cette fois-ci plus lisibles), la spontanéité des comédiens habités par la pugnacité (avec toujours cette louable louange pour la cause féminine) et quelques idées retorses renforçant en prime en dernière partie une intensité dramatique inopinément poignante.


Si bien qu'en empruntant les thèmes de la bravoure, de la rédemption et du sacrifice, Jon Harris développe intelligemment la relation divergente de deux personnages à nouveau mis à l'épreuve dans leurs sentiments contradictoires de courage, de loyauté et de solidarité. Et si une ou deux invraisemblances et certaines facilités (l'idée saugrenue des menottes pour empêcher une protagoniste de fuir) nuisent un tantinet à la crédibilité de situations (en suspens), l'énergie toujours plus épique des péripéties ainsi que ses habiles rebondissements traduisent une intensité barbare n'ayant point à rougir de son modèle. Qui plus est, exploitant à nouveau avec attention la scénographie crépusculaire de sa grotte tentaculaire, Jon Harris relance efficacement l'action des enjeux belliqueux vers des directions familières parfois inexplorées parmi l'appui d'un nouvel allié somme toute farouche. Et comme le veut la loi traditionnelle des séquelles à succès, cette seconde partie préconise la surenchère dans son lot de pugilats aussi homériques que teigneux (nullement gratuits !) si bien que le gore craspec s'avère généreux en diable entre deux jump scares tétanisants. Et à ce niveau furibond on est toujours plus comblés par le déchainement de violence primale qui en découle.


Sous couvert de sĂ©rie B ludique honorablement rĂ©alisĂ©e et menĂ©e avec assez de tempĂ©rament pour Ă  nouveau compromettre de plein fouet le spectateur dans des situations d'autant plus connues, The Descent 2 ne déçoit nullement en optant le parti-pris d'une esbroufe belliqueuse une nouvelle fois abrupte et en y dĂ©veloppant intelligemment l'Ă©tude caractĂ©rielle, Spoil ! principalement au niveau de deux emblèmes fĂ©minins fin du Spoil. Le tout en Ă©ludant une seconde fois le fameux happy-end de circonstance qui risque de faire grincer des dents le spectateur le plus vulnĂ©rable. Formidable sĂ©quelle donc n'omettant qui plus est jamais l'Ă©motion auprès de son intensitĂ© dramatique en crescendo, Ă  voir absolument. 

*
Bruno
25.11.23. 
3èx. Vostfr. 


                                                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Neil Marshall. 2005. Angleterre. 1h40. Avec Shauna Macdonald, Natalie Mendoza, Alex Reid, Saskia Mulder, MyAnna Buring, Nora-Jane Noone

Sortie salles France: 12 Octobre 2005. U.S: Angleterre: 8 Juillet 2005

FILMOGRAPHIENeil Marshall, né le 25 mai 1970 à Newcastle upon Tyne en Angleterre au Royaume-Uni, est un réalisateur, scénariste, monteur et producteur britannique.
2002: Dog Soldiers. 2005: The Descent. 2008: Doomsday. 2010: Centurion.


ConsidĂ©rĂ© aujourd'hui comme une rĂ©fĂ©rence des annĂ©es 2000, The Descent n'a pas usurpĂ© sa rĂ©putation de modèle du survival horrifique alors qu'il s'agissait de la seconde rĂ©alisation du British Neil MarshallA la suite d'un accident routier qui aura valu la perte de son Ă©poux et de sa fille, Sarah dĂ©cide un an plus tard de se rĂ©unir avec ses amies le temps d'un week-end afin d'y explorer pour une première fois une grotte. Alors que les difficultĂ©s s'amoncellent au fil de leur parcours semĂ©e d'embĂ»ches, une menace beaucoup plus lĂ©tale va les emmener droit en enfer ! A partir d'un concept original de claustration plus vraie que nature (mĂŞme si l'unitĂ© de la grotte avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© traitĂ© dans le très Bis Le Monstre Attaque), le cinĂ©aste est parvenu Ă  allier oppression et terreur avec un hyper rĂ©alisme Ă  couper au rasoir si bien que nos nerfs seront mis Ă  rude Ă©preuve ! Sur ce point, la première partie fustigeant l'Ă©preuve physique de nos alpinistes rampant hardiment dans les conduits et escaladant les parois rocheuses nous provoque dĂ©jĂ  un sentiment viscĂ©ral d'insĂ©curitĂ© Ă  perdre haleine !


DĂ©diĂ© Ă  la cause fĂ©minine, notamment afin de mettre en exergue l'endurance et la rĂ©silience de ces hĂ©roĂŻnes en herbe, le cinĂ©aste s'est entourĂ© du charisme sauvage et sensuel de comĂ©diennes au caractère bien trempĂ©. Nous sommes donc ici aux antipodes de la potiche dĂ©cervelĂ©e traditionnellement coursĂ©e par le tueur sans vergogne ! A travers leurs rapports de force parfois en contradiction, Marshall a l'habiletĂ© d'y inclure une transfuge au sein du groupe si bien que sa lâchetĂ© quelque peu Ă©quivoque nous provoque une certaine empathie si je me rĂ©fère Ă  son courage primal lorsqu'elle affronte sauvagement les crĂ©atures (les "Crawls" aura dĂ©cidĂ© de les nommer Marschall). Par le biais de leur caractère bien distinct ou rĂ©sistance morale et bravoure physique trĂ©pignent d'audace malgrĂ© leur effroi de trĂ©passer, The Descent dĂ©veloppe une intensitĂ© dramatique perpĂ©tuellement rigoureuse au fil d'un cheminement de survie jusqu'au-boutiste ! Le cinĂ©aste recourant Ă  une violence graphique d'une brutalitĂ© inouĂŻe afin de renchĂ©rir dans l'ultra rĂ©alisme acĂ©rĂ©, quand bien mĂŞme il n'hĂ©sitera jamais Ă  sacrifier ses hĂ©roĂŻnes les plus tĂ©mĂ©raires ! Exploitant Ă  merveille chaque recoin et chambres des grottes Ă  l'instar d'un dĂ©dale sans repères, Marschall en extirpe une Ă©prouvante Ă©preuve de survie sous l'impulsion d'une spartiate aux confins de la folie.


Un ticket pour l'enfer dans les entrailles d'une grotte sans échappatoire !
Fort d'un climat de claustration aussi irrespirable que belliqueux n'accordant aucun rĂ©pit Ă  ces victimesNeil Marshall est parvenu Ă  renouer avec une horreur irascible, digne hĂ©ritière des pellicules insalubres des Seventies, pour dĂ©cupler la terreur pure. C'est sans compter sur la vigueur dĂ©munie des comĂ©diennes criantes d'animositĂ© dans leur parcours sanguinaire contre la menace insidieuse que The Descent nous agrippe Ă  la gorge sous l'impulsion fragile du magnifique thème (Ă  la fois lourd et Ă©lĂ©giaque !) de David Julyan. Un classique incontournable. 

3èx


vendredi 28 octobre 2016

ABIMES

                                                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

"Below" de David Twohy. 2002. U.S.A. 1h45. Avec Holt McCallany, Bruce Greenwood, Matthew Davis, Olivia Williams, Scott Foley, Zach Galifianakis, Jason Flemyng, Dexter Fletcher, Nick Chinlund, Andrew Howard.

Sortie salles France: 30 Juillet 2003. U.S: 11 Octobre 2002

FILMOGRAPHIEDavid Twohy est un réalisateur et scénariste américain, né le 18 octobre 1955 à Los Angeles (États-Unis). 1992 : Timescape. 1996 : The Arrival. 2000 : Pitch Black. 2002 : Abîmes.
2004 : Les Chroniques de Riddick. 2009 : Escapade fatale. 2013 : Riddick.


Par le rĂ©alisateur des sympathiques Timescape / The Arrival et des excellents Pitch Black et sa suite les Chroniques de Riddick, AbĂ®mes explore très efficacement l'unitĂ© de lieu du huis-clos marin sous l'impulsion de pĂ©ripĂ©ties et rebondissements redoutablement haletants. Les sĂ©quences homĂ©riques redoublant d'intensitĂ© grâce Ă  la facultĂ© du rĂ©al Ă  exploiter les corridors du sous-marin avec souci du dĂ©tail technique et d'immersion vertigineuse ! D'un rĂ©alisme Ă  toutes Ă©preuves, David Twohy s'est mĂŞme permis d'utiliser un vĂ©ritable sous-marin de la Seconde Guerre mondiale (l'USS Silversides !) afin de renforcer le caractère crĂ©dible des situations au sein de son dĂ©corum aussi longuet qu'Ă©troit.


Alors que le sous-marin USS Tiger Shark vient de repĂŞcher Ă  son bord trois rescapĂ©s britanniques, un destroyer allemand les ciblent Ă  l'aide de grenades anti-sous-marines. Depuis cet incident ayant causĂ© quelques dommages matĂ©riels, d'Ă©tranges Ă©vènements intentent Ă  la tranquillitĂ© de l'Ă©quipage au point que ces derniers insinuent une cause surnaturelle. Leur ancien capitaine ayant Ă©tĂ© prĂ©alablement tuĂ© lors d'une circonstance accidentelle restĂ©e en suspens, certains des membres agitent le remord de n'avoir pu le secourir quand bien mĂŞme d'autres prĂ©fèrent taire leur secret. A travers ce pitch simpliste mais efficient embrayant en seconde partie sur une investigation en ascension, AbĂ®mes recourt Ă  un Fantastique Ă©thĂ©rĂ© comme le souligne les rares apparitions fantomatiques que certains passagers croient entrevoir. Dosant habilement l'action des revirements par le biais d'incidents techniques meurtriers, AbĂ®mes imprime d'autant mieux un climat anxiogène aussi inquiĂ©tant que palpitant Ă  travers le pilier solidaire de personnages discrĂ©ditĂ©s par la paranoĂŻa. Sur ce point, on peut saluer la distribution solide composĂ©e d'acteurs de seconde zone au charisme viril quand bien mĂŞme Olivia Williams tente d'amadouer la clientèle machiste avec une spontanĂ©itĂ© vaillante. Si le caractère prĂ©visible de sa rĂ©vĂ©lation finale n'apporte pas vraiment de surprise quant Ă  l'identitĂ© du coupable et de ses Ă©ventuels complices, sa rĂ©alisation toujours aussi appliquĂ©e et les Ă©vènements dramatiques en crescendo perdurent dans la tension parmi une vĂ©nĂ©neuse aura d'angoisse.


Fort d'une rĂ©alisation classieuse exploitant Ă  merveille le cadre claustro d'un sous-marin de toutes les peurs et dangers, AbĂ®mes symbolise la sĂ©rie B intelligente par excellence, notamment dans sa facultĂ© retorse de provoquer l'angoisse parmi l'art de suggestion, de manière Ă  nous faire constamment douter de l'irrationalitĂ© des Ă©vènements. 

mercredi 26 octobre 2016

SING STREET

                                                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site leblogtvnews.com

de John Garney. 2016. Irlande. 1h46. Avec Ferdia Walsh-Peelo, Aidan Gillen, Jack Reynor, Maria Doyle Kennedy, Lucy Boynton, Kelly Thornton, Kyle Bradley Donaldson

Sortie salles France: 26 Octobre 2016. Irlande: 17 Mars 2016

FILMOGRAPHIE: John Carney, né en 1972 à Dublin, est un réalisateur et scénariste irlandais de films pour le cinéma et la télévision. 1996 : November Afternoon. 1999 : Park. 2001 : La Vie à la folie. 2006 : Once. 2006 : Bachelors Walk Christmas Special (téléfilm). 2009 : Zonad. 2012 : The Rafters. 2013 : New York Melody. 2016 : Sing Street (également producteur).


RĂ©vĂ©lĂ© par l'excellent Once, comĂ©die musicale romantique taillĂ©e dans la pudeur, John Carney renoue avec ces trois genres dans Sing Street, et au final de nous offrir un conte de fĂ©e aussi sĂ©millant que tendre lorsqu'un ado dĂ©cide de former un groupe (les Sing Street !) afin de conquĂ©rir sa dulcinĂ©e. Plaçant le cadre de son action dans le Dublin des annĂ©es 80, Sing Street constitue Ă©galement un hommage passionnel envers cette dĂ©cennie marquĂ©e par l'avènement du video-clip outre-atlantique et de la starisation de groupes baroques comme pouvaient l'incarner The Cure (look gothico-psychĂ©dĂ©lique, coiffure arachnĂ©enne, fard au visage, liner aux yeux, rouge Ă  lèvre) et Duran Duran (style autrement effĂ©minĂ©e et clips sexy provocateurs). C'est d'ailleurs Ă  travers ses stars notoires que le jeune Conor et ses musiciens comptent s'identifier afin d'aviver la modernitĂ© de la pop rock et de la New-Wave, et ce en dĂ©pit de l'homophobie rĂ©gnante chez le corps enseignant et dans la cour du lycĂ©e.


Par leur initiation mélomane et leur ambition de bricoler des video-clips en camescope Vhs, Sing Street dégage une poésie galvanisante où nostalgie et féerie s'harmonisent en toute simplicité. Sous la fougue attendrissante de comédiens pleins de charme et de naturel, Sing Street se laisse gagner par une sensibilité prude en perpétuelle ascension si bien que l'on est partagé entre sourires et larmes sans pouvoir régir nos émotions ! Tant pour les séances de concert extrêmement stimulantes dans leur sonorité entraînante parmi la foule en liesse que pour les relations amicales et sentimentales que se partagent Conor avec ses acolytes, son frère et sa compagne. Au-delà de cette fureur de liberté et de la passion du premier émoi romantique que les acteurs extériorisent sans racolage sentimental, John Carney en profite notamment pour égratigner le conservatisme religieux depuis que notre héros est envoyé dans un établissement catholique emminemment drastique. A ce titre, outre sa fulgurance enjouée, la dernière séquence musicale s'avère redoutablement jouissive pour son pied de nez conféré à la caste religieuse. En combinant tous ces thèmes sociaux au sein de l'époque sacro-sainte des eighties en innovation musicale (principalement la new-wave et la nouvelle vague du pop-rock anglais), le réalisateur parvient à cristalliser une intrigue simple fondée sur le ressort des sentiments et l'ardent désir de se libérer du conformisme. Là encore, l'ultime séquence anthologique inscrite dans une rédemption libertaire et amoureuse insuffle une acuité incontrôlée dans son alliage d'émotions contradictoires (expressions de joie et de tendresse nous convergeant irrésistiblement au vertige des larmes !).


Bain de jouvence pour sa mĂ©taphore impartie Ă  l'affranchissement, Ă  la volontĂ© de la rĂ©ussite et Ă  l'anticonformisme, Sing Street transfigure la comĂ©die musicale avec un atout de sĂ©duction aussi puissant qu'inexplicable (on peut d'ailleurs Ă©voquer la locution prĂ©cieuse "magie du cinĂ©ma" !). Tant pour le rythme entĂŞtant de ses tubes en sĂ©dition que de la bonhomie des comĂ©diens surprenants de tempĂ©rance dans leur caractĂ©risation rebelle et humaniste. Un anti-dĂ©presseur tenant presque du miracle quant Ă  sa simplicitĂ© narrative et Ă  l'exploitation retorse de ses clichĂ©s pour l'un des meilleurs films de l'annĂ©e 2016. 

Dédicace à Pascal Frezzato

mardi 25 octobre 2016

THE DESCENT

                                                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Neil Marshall. 2005. Angleterre. 1h40. Avec Shauna Macdonald, Natalie Mendoza, Alex Reid, Saskia Mulder, MyAnna Buring, Nora-Jane Noone

Sortie salles France: 12 Octobre 2005. U.S: Angleterre: 8 Juillet 2005

FILMOGRAPHIENeil Marshall, né le 25 mai 1970 à Newcastle upon Tyne en Angleterre au Royaume-Uni, est un réalisateur, scénariste, monteur et producteur britannique.
2002: Dog Soldiers. 2005: The Descent. 2008: Doomsday. 2010: Centurion.


ConsidĂ©rĂ© aujourd'hui comme une rĂ©fĂ©rence des annĂ©es 2000, The Descent n'a pas usurpĂ© sa rĂ©putation de modèle du survival horrifique alors qu'il s'agissait de la seconde rĂ©alisation du British Neil Marshall. A la suite d'un accident routier qui aura valu la perte de son Ă©poux et de sa fille, Sarah dĂ©cide un an plus tard de se rĂ©unir avec ses amies le temps d'un week-end afin d'y explorer pour une première fois une grotte. Alors que les difficultĂ©s s'amoncellent au fil de leur parcours semĂ©e d'embĂ»ches, une menace beaucoup plus lĂ©tale va les emmener droit en enfer ! A partir d'un concept original de claustration plus vraie que nature (mĂŞme si l'unitĂ© de la grotte avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© traitĂ© dans le très Bis Le Monstre Attaque), le cinĂ©aste est parvenu Ă  allier oppression et terreur avec un hyper rĂ©alisme Ă  couper au rasoir si bien que nos nerfs seront mis Ă  rude Ă©preuve ! Sur ce point, la première partie fustigeant l'Ă©preuve physique de nos alpinistes rampant hardiment dans les conduits et escaladant les parois rocheuses nous provoque dĂ©jĂ  un sentiment viscĂ©ral d'insĂ©curitĂ© Ă  perdre haleine !


DĂ©diĂ© Ă  la cause fĂ©minine, notamment afin de mettre en exergue l'endurance et la rĂ©silience de ces hĂ©roĂŻnes en herbe, le cinĂ©aste s'est entourĂ© du charisme sauvage et sensuel de comĂ©diennes au caractère bien trempĂ©. Nous sommes donc ici aux antipodes de la potiche dĂ©cervelĂ©e traditionnellement coursĂ©e par le tueur sans vergogne ! A travers leurs rapports de force parfois en contradiction, Marshall a l'habiletĂ© d'y inclure une transfuge au sein du groupe si bien que sa lâchetĂ© quelque peu Ă©quivoque nous provoque une certaine empathie si je me rĂ©fère Ă  son courage primal lorsqu'elle affronte sauvagement les crĂ©atures (les "Crawls" aura dĂ©cidĂ© de les nommer Marschall). Par le biais de leur caractère bien distinct ou rĂ©sistance morale et bravoure physique trĂ©pignent d'audace malgrĂ© leur effroi de trĂ©passer, The Descent dĂ©veloppe une intensitĂ© dramatique perpĂ©tuellement rigoureuse au fil d'un cheminement de survie jusqu'au-boutiste ! Le cinĂ©aste recourant Ă  une violence graphique d'une brutalitĂ© inouĂŻe afin de renchĂ©rir dans l'ultra rĂ©alisme acĂ©rĂ©, quand bien mĂŞme il n'hĂ©sitera jamais Ă  sacrifier ses hĂ©roĂŻnes les plus tĂ©mĂ©raires ! Exploitant Ă  merveille chaque recoin et chambres des grottes Ă  l'instar d'un dĂ©dale sans repères, Marschall en extirpe une Ă©prouvante Ă©preuve de survie sous l'impulsion d'une spartiate aux confins de la folie.


Un ticket pour l'enfer dans les entrailles d'une grotte sans échappatoire !
Fort d'un climat de claustration aussi irrespirable que belliqueux n'accordant aucun rĂ©pit Ă  ces victimes, Neil Marshall est parvenu Ă  renouer avec une horreur irascible, digne hĂ©ritière des pellicules insalubres des Seventies, pour dĂ©cupler la terreur pure. C'est sans compter sur la vigueur dĂ©munie des comĂ©diennes criantes d'animositĂ© dans leur parcours sanguinaire contre la menace insidieuse que The Descent nous agrippe Ă  la gorge sous l'impulsion fragile du magnifique thème (Ă  la fois lourd et Ă©lĂ©giaque !) de David Julyan. Un classique incontournable. 

3èx

lundi 24 octobre 2016

METALSTORM - La tempĂŞte d'acier

                                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site wrongsideoftheart.com

"Metalstorm: The Destruction of Jared-Syn" de Charles Band. 1983. U.S.A. 1h24. Avec Jeffrey Byron, Michael Preston, Tim Thomerson, Kelly Preston, Richard Moll, R. David Smith, Larry Pennell.

Sortie salles U.S: 19 Aout 1983

FILMOGRAPHIECharles Band est un producteur, réalisateur et scénariste américain, né le 27 décembre 1951 à Los Angeles, en Californie (États-Unis).1973 : Last Foxtrot in Burbank. 1977 : Crash! 1982 : Parasite. 1983 : Metalstorm. 1984 : Trancers. 1985 : The Dungeonmaster. 1986 : L'Alchimiste. 1990 : Crash and Burn (vidéo). 1990 : Meridian : Le Baiser de la Bête (vidéo). 1991 : Trancers II. 1992 : Doctor Mordrid. 1993 : Prehysteria!. 1993 : Dollman vs. Demonic Toys (vidéo). 1996 : Le Cerveau de la famille . 1997 : Mystery Monsters. 1997 : Hideous! 1997 : The Creeps. 1999 : Blood Dolls. 2000 : NoAngels.com (vidéo). 2002 : Pulse Pounders. 2002 : Full Moon Fright Night (série TV). 2003 : Puppet Master: The Legacy (vidéo). 2004 : Dr. Moreau's House of Pain (vidéo). 2005 : Decadent Evil (vidéo). 2005 : Doll Graveyard. 2005 : The Gingerdead Man. 2006 : Petrified (vidéo). 2006 : Evil Bong. 2007 : Ghost Poker . 2007 : Decadent Evil II (vidéo). 2011 : Killer Eye: Halloween Haunt.


Sorti en pleine vogue du post-nuke initiĂ© par le succès notoire de Mad Max 2, Metalstorm porte la signature de Charles Band, aimable faiseur (et producteur prolifique) de sĂ©rie B et Z bien connues des amateurs bisseux. TournĂ© Ă  l'Ă©poque en 3D (procĂ©dĂ© anaglyphe avec ses lunettes Ă  filtres colorĂ©s !), ce nanar inspirĂ© notamment de Star Wars (poursuites aĂ©riennes en vaisseau spatial, armes de combat Ă  rayons laser) et de la Fantasy (Ă©mergence clairsemĂ©e de crĂ©atures mythologiques) ne brille pas par son originalitĂ© Ă  empiler sans modĂ©ration nombre de clichĂ©s pillĂ©s chez les classiques du genre. Pâtissant d'un scĂ©nario puĂ©ril (un ranger tente d'endiguer les exactions du dictateur Jared-Syn dĂ©tenteur d'un cristal aux Ă©tranges pouvoirs), Charles Band compte uniquement sur la vigueur des combats, poursuites et cascades automobiles maladroitement exĂ©cutĂ©s pour divertir un spectateur amusĂ© de sa facture parodique. Fort d'un casting cabotin dont le hĂ©ros mad-maxien (blouson "Perfecto", regard azur perçant Ă  l'appui) s'avère inexpressif dans un surjeu prĂ©somptueux, Metalstorm parvient miraculeusement Ă  Ă©veiller notre intĂ©rĂŞt dans son panel de pĂ©ripĂ©ties timidement homĂ©riques et redondantes (attaques, contre-attaques entre rivaux jusqu'au fameux point de rendez-vous) que notre duo hĂ©roĂŻque amorce avec un charisme hilarant. En dĂ©pit du cĂ´tĂ© fauchĂ© de l'entreprise (FX et maquillages approximatifs, costumes et dĂ©cors ringards, score Ă©pique pillant le thème de "Brian May"), ce nanar au rabais sĂ©duit donc grâce Ă  la sincĂ©ritĂ© du rĂ©alisateur Ă  tenter d'Ă©muler ses classiques avec une gĂ©nĂ©rositĂ© attachante. Et ce, malgrĂ© le caractère rĂ©pĂ©titif de l'action (corps Ă  corps musclĂ©s, "cache-cache" de courses automobiles !) souvent localisĂ©e dans le cadre naturel de plaines rocheuses et carrières dĂ©saffectĂ©es.  


Avec indulgence et nostalgie, Metalstorm devrait encore divertir l'inconditionnel du post-nuke gentiment amusĂ© par cet ersatz ricain, digne hĂ©ritier des productions Z transalpines ayant empruntĂ© la mĂŞme dĂ©marche de singer George Miller avec une maladresse impayable.

vendredi 21 octobre 2016

LA FIANCEE DE FRANKENSTEIN

                                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site fan-de-cinema.com

"Bride of Frankenstein" de James Whale. 1935. U.S.A. 1h15. Avec Boris Karloff, Colin Clive, Valerie Hobson, Ernest Thesiger, Elsa Lanchester, Gavin Gordon, Douglas Walton, Una O'Connor.

Sortie salles France: 7 Juin 1935. U.S: 22 Avril 1935

FILMOGRAPHIE: James Whale est un réalisateur américain, né le 22 Juillet 1889 à Dudley en Angleterre, décédé le 29 Mai 1957 à Hollywood, Los Angeles.
1930 : La Fin du voyage (Journey's End). 1930 : Les Anges de l'enfer. 1931 : Waterloo Bridge.
1931 : Frankenstein. 1932 : Impatient Maiden. 1932 : Une soirée étrange (The Old Dark House)
1933 : The Kiss Before the Mirror. 1933 : The Invisible Man. 1933 : By Candlelight. 1934 : One More River. 1935 : La Fiancée de Frankenstein (Bride of Frankenstein). 1935 : Remember Last Night. 1936 : Show Boat. 1937 : The Road Back. 1937 : Le Grand Garrick (The Great Garrick)
1938 : Port of Seven Seas. 1938 : Sinners in Paradise. 1938 : Wives Under Suspicion. 1939 : L'Homme au masque de fer (The Man in the Iron Mask). 1940 : L'Enfer vert (Green Hell). 1941 : They Dare Not Love. 1942 : Personnel Placement in the Army. 1950 : Hello Out There.


Suite mythique s'il en est rĂ©alisĂ©e 4 ans après son modèle, La FiancĂ©e de Frankenstein repose sur un rythme plus vigoureux que son prĂ©dĂ©cesseur dans son florilège de pĂ©ripĂ©ties alertes que le monstre affronte au fil d'une traque nocturne avec des villageois rancuniers. Durant sa course Ă©chevelĂ©e Ă  travers bois, sĂ©duit par la douce mĂ©lodie d'un violoncelle, il s'arrĂŞte Ă  proximitĂ© d'une chaumière pour y rencontrer un aveugle qui lui inculquera la valeur de l'amitiĂ©, la grammaire et les plaisirs culinaires. C'est Ă  cet instant propice que le monstre va parvenir Ă  distinguer le bien du mal et connaĂ®tre la fraternitĂ© (tenter de sauver son compagnon) lorsque deux villageois feront irruption dans le foyer pour tenter de l'assassiner ! Nanti d'une mise en scène plus maĂ®trisĂ©e et renouant avec un esthĂ©tisme gothico-onirique (sa nature crĂ©pusculaire et ses arbres dĂ©charnĂ©s sublimant le cadre sĂ©pulcral d'une nĂ©cropole, son château baroque richement dĂ©corĂ©), La FiancĂ©e de Frankenstein transfigure le destin du monstre sous le pilier d'un apprentissage humaniste. En quĂŞte d'une main secourable et d'affection, ce dernier se laisse gagner par ses Ă©motions (larmes en sus !) Ă  l'Ă©coute d'une tendre mĂ©lodie et en la prĂ©sence rassurante de l'aveugle tout aussi esseulĂ© que lui. Ces derniers s'identifiant communĂ©ment dans leur situation dĂ©munie, faute du poids de leur solitude et de l'Ă©goĂŻsme de l'homme n'accordant aucun crĂ©dit aux laissĂ©s-pour-compte.


Parmi leurs moments intimistes et quelques autres rencontres impromptues que le monstre tentera timidement d'aborder, l'intrigue imprime Ă©galement une certaine lĂ©gèretĂ© cocasse afin de dĂ©tendre l'atmosphère (d'Ă©pouvante). Nous sommes donc loin de la vigueur dramatique imposĂ©e dans son modèle si bien que James Whales dĂ©samorce parfois l'horreur (et la violence) des situations parmi l'extravagance de certains personnages volontairement outranciers (la servante du château de Frankenstein souvent irritante dans ses hystĂ©ries colĂ©riques ou horrifiĂ©es). C'est donc sur le principe du divertissement menĂ© tambour battant que James Whale compte nous captiver tout en Ă©voquant intelligemment une leçon d'amitiĂ©, d'indulgence et d'amour. Ce qui nous amène au point d'orgue anthologique lorsque le monstre, impatient de rencontrer sa muse, va prendre conscience du cynisme de l'homme (et Ă  nouveau distinguer le bien du mal) qu'incarne symboliquement Pretorius dans ses ambitions mĂ©galos (Ernest Thesiger, parfait d'expressivitĂ© impassible dans une stature longiligne !). Ce dernier redoublant de machiavĂ©lisme Ă  duper et impressionner ses adversaires pour parvenir Ă  ses fins utopiques (notamment lorsqu'il dĂ©voile ses dons d'alchimiste au Dr Frankenstein en lui arborant des humains miniaturisĂ©s ! - FX renversants de rĂ©alisme Ă  l'appui ! -). Quant Ă  l'apparition exubĂ©rante de "la fiancĂ©e", Elsa Lanchester volerait presque la vedette au monstre sacrĂ© Boris Karloff tant ses expressions furibondes (symbolisant une sorte de volatile indomptable !) bâties sur l'instinct d'apprĂ©hension nous foudroie du regard dans sa panique viscĂ©rale !


Pour qu'un amour soit inoubliable, il faut que les hasards s'y rejoignent dès le premier instant.
Si à mon sens La Fiancée de Frankenstein ne possède ni l'effet de surprise (l'émoi des 1ères expériences de Frankenstein) et ni l'intensité dramatique de son modèle, sa mise en scène plus affûtée, la puissance de ces images picturales ou baroques, l'interprétation toujours aussi magnétique de Boris Karloff et la présence iconique d'Elsa Lanchester contribuent malgré tout à immortaliser ce second opus. Poème mélancolique sur l'impossible quête amoureuse d'un monstre infortuné, faute de notre intolérance, de notre condescendance, de notre autocratie et de notre indifférence à l'anormalité.

Dédicace à Isabelle Paillard.
B-M (16/03/11 - 21/10/16 (63 v)
                                                          FRANKENSTEIN

                                             
                                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site luxedb.com

de James Whale. 1931. U.S.A. 1h11. Avec Boris Karloff, Colin Clive, Mae Clarke, John Boles, Edward Van Sloan, Dwight Frye.

Sortie salles France: 17 Mars 1932. U.S: 21 Novembre 1931

FILMOGRAPHIE: James Whale est un rĂ©alisateur amĂ©ricain, nĂ© le 22 Juillet 1889 Ă  Dudley en Angleterre, dĂ©cĂ©dĂ© le 29 Mai 1957 Ă  Hollywood, Los Angeles.
1930 : La Fin du voyage (Journey's End). 1930 : Les Anges de l'enfer. 1931 : Waterloo Bridge.
1931 : Frankenstein. 1932 : Impatient Maiden. 1932 : Une soirĂ©e Ă©trange (The Old Dark House)
1933 : The Kiss Before the Mirror. 1933 : The Invisible Man. 1933 : By Candlelight. 1934 : One More River. 1935 : La Fiancée de Frankenstein (Bride of Frankenstein). 1935 : Remember Last Night. 1936 : Show Boat. 1937 : The Road Back. 1937 : Le Grand Garrick (The Great Garrick)
1938 : Port of Seven Seas. 1938 : Sinners in Paradise. 1938 : Wives Under Suspicion. 1939 : L'Homme au masque de fer (The Man in the Iron Mask). 1940 : L'Enfer vert (Green Hell). 1941 : They Dare Not Love. 1942 : Personnel Placement in the Army. 1950 : Hello Out There.


"On dit souvent que la FiancĂ©e de Frankenstein est un meilleur film, mais il y a quelque chose de pur par rapport Ă  l'original. C'est comme explorer un territoire oĂą l'homme n'est jamais allĂ©. L'austĂ©ritĂ© de la mise en scène et l'absence de musique en font une expĂ©rience très onirique. Bien sĂ»r, l'artificialitĂ© du film est très prononcĂ©e, avec ces studios visibles et une direction artistique Ă©vidente, mais je vois une puretĂ© romantique dans son approche de l'horreur. Et bien sĂ»r, la performance de Karloff est phĂ©nomĂ©nale. Je pense qu'il s'agit de la meilleure version de Frankenstein, mĂŞme s'il en existe des plus opulentes et des plus complexes. C'est amusant, pendant longtemps, La FiancĂ©e de Frankenstein a Ă©tĂ© mon Ă©pisode favori. Les goĂ»ts Ă©voluent, et j'ai fini par embrasser la simplicitĂ© de l'original." Joe Dante.

Film mythique s'il en est, inaugurant l'âge d'or de la Universal et tous ces monstres qui prendront le relais, Frankenstein reste le chef-d'oeuvre incontournable du genre sachant qu'aucun cinĂ©aste ni comĂ©dien notoire n'ont rĂ©ussi Ă  le surpasser 80 ans après sa sortie ! Exception faite peut-ĂŞtre avec la sĂ©rie Penny Dreadful transcendant avec souci de rĂ©alisme l'intense dramaturgie de la crĂ©ature rĂ©duite au dĂ©sarroi de la solitude ! Outre l'idĂ©e singulière empruntĂ©e au roman de Mary Shelley, c'est Ă  dire crĂ©er un ĂŞtre vivant Ă  partir de morceaux de corps humains rĂ©cupĂ©rĂ©s sur les cadavres de sĂ©pulture, Frankenstein puise sa force d'Ă©vocation dans l'interprĂ©tation de Boris Karloff Ă©paulĂ©e des maquillages de Jack Pierce. Pourvu d'une taille imposante, d'une dĂ©marche hĂ©sitante, d'un front carrĂ© et d'un regard abattu, l'acteur se fond dans la carrure du monstre avec une intensitĂ© troublante par ses expressions de terreur ou de compassion.


Sur ce dernier point, personne ne peut oublier la sĂ©quence intime qui voit le monstre batifoler avec une fillette avant qu'un drame inĂ©luctable ne vienne ternir leur relation amicale. Spoiler ! PersuadĂ© qu'elle puisse flotter Ă  la manière des nĂ©nuphars de l'Ă©tang, il s'empressera de la jeter dans l'eau sans connaĂ®tre les consĂ©quences tragiques d'un acte aussi inconscient. Fin du Spoiler. La force dramatique du rĂ©cit Ă©mane justement de sa caractĂ©risation en quĂŞte identitaire et de paternitĂ© car ne sachant diffĂ©rencier le Bien du Mal depuis sa brutale rĂ©surrection. Qui plus est, avec le cerveau d'un ancien criminel, la crĂ©ature extĂ©riorise des pulsions de haine face Ă  l'autoritĂ© de l'homme incapable de comprendre son dĂ©sarroi dans sa position martyrisĂ©e ! A travers sa condition d'estropiĂ© par la mĂ©galomanie du savant (Colin Clive semble littĂ©ralement habitĂ© par la folie dans son regard monolithique !), James Whale aborde le sens de la responsabilitĂ© parentale et celui de l'Ă©ducation lorsque l'innocence se retrouve destituĂ©e de soutien et de personnalitĂ©. Spoiler ! PourchassĂ© par les villageois comme un vulgaire criminel depuis la dĂ©couverte macabre de la fillette, il s'enfuit dĂ©sespĂ©rĂ©ment dans la forĂŞt, tel un enfant apeurĂ© par la folie vindicative, avant de trouver refuge dans un moulin rapidement incendiĂ©. Fin du Spoiler.


Oeuvre charnière pour le genre horrifique, Frankenstein puise sa densitĂ© dans l'originalitĂ© d'un pitch mettant en exergue la dimension humaine d'une crĂ©ature livrĂ©e Ă  l'intolĂ©rance et l'instinct violent de l'homme. Baignant dans un noir et blanc aux Ă©clairages crĂ©pusculaires et entièrement dĂ©nuĂ© de musique, la forme adopte une ambiance baroque que la prestance exceptionnelle de Karloff va renforcer avec symbolisme. 

mercredi 19 octobre 2016

LE TRIANGLE DU DIABLE


"Satan's Triangle" de Sutton Roley. 1974. U.S.A. 1h11. Avec Kim Novak, Doug McClure, Michael Conrad, Alejandro Rey, Ed Lauter

Diffusion TV U.S: 14 Janvier 1975. France: 4 Février 1979 et Novembre 1975 (un mardi soir à 20h30)

FILMOGRAPHIE: Sutton Roley est un réalisateur américain né le 19 Octobre 1922 en Pennsylvanie, USA, décédé le 3 Mars 2007 en Virginie. 1968: How to Steal the World. 1971: Sweet, Sweet Rachel (Télé-film). 1972: The Loners. 1973: Snatched (télé-film). 1974: Chosen Survivors. 1975: Le Triangle du Diable (télé-film).


Intro:                                                         Souvenir d'enfance.
Pour l'anecdote extravagante (et ce n'est nullement un canular !), c'est le seul film de ma vie de cinéphile m'ayant provoqué une RÉELLE hallucination lorsque, à la fin de la séance, je me dirigeais dans ma cuisine en y rencontrant mon père ! C'est à cet instant que j'ai subitement entrevu le visage du personnage du curé à la place de sa trogne !!! (une substitution irréelle matérialisée sous mes yeux !). Je me suis soudainement senti évasif, car psychologiquement en apesanteur face à l'étrangeté de cette vision perturbante ! Depuis cet incident unique gravé dans mon encéphale, je n'ai jamais osé l'avouer à mes parents...

Le Dimanche 4 Février 1979 (4 ans après sa 1ère programmation française) est diffusé à 18h10 sur la chaîne TF1 le télé-film Le Triangle du diable. Faute de sa projection à heure de grande écoute dans un cadre dominical, une génération de spectateurs en sort traumatisé ! (pour preuve avec mes propres aveux précités !). 42 ans plus tard, grâce à sa résurrection commerciale en Dvd (version remasteurisée svp !), je m'empresse de revoir ce classique horrifique sur mon écran 16/9 !



Pour rappel de l'intrigue, 2 gardes-cĂ´tes sont enrĂ´lĂ©s afin de porter secours aux navigateurs d'un voilier. Sur place, alors que l'un d'eux descend sur les lieux, celui-ci dĂ©couvre plusieurs cadavres dissĂ©minĂ©s Ă  l'intĂ©rieur et en externe du bateau alors que leur mort porterait Ă  croire qu'elle serait accidentelle. Au dernier moment, le sauveteur dĂ©couvre une survivante dans la cale, Eva. Après un nouvel incident empĂŞchant le garde-cĂ´te de remonter Ă  bord de l'hĂ©licoptère, il est contraint de passer la nuit avec la charmante inconnue en attendant la rĂ©surgence de son coĂ©quipier le lendemain matin. ProfondĂ©ment secouĂ©e, cette dernière finit par lui expliquer les circonstances tragiques de son Ă©quipage après qu'ils eurent repĂŞcher Ă  bord un rescapĂ© en soutane. 


Ce pitch allĂ©chant rĂ©alisĂ© par un spĂ©cialiste de sĂ©ries TV parvient efficacement Ă  nous tenir en haleine par le biais d'Ă©pisodes accidentels inquiĂ©tants ! A l'instar du corps d'une victime retrouvĂ©e dans la cale et flottant inexplicablement dans les airs, Spoil ! du regard fĂ©minin inopinĂ©ment effrayant (je sous-entend le prologue mais aussi l'Ă©pilogue !) fin du Spoil ou de la croix d'un pendentif subitement disparue ! Soigneusement rĂ©alisĂ© pour une production tĂ©lĂ©visuelle (notamment au niveau du montage oĂą Ă©vènements du prĂ©sent et du passĂ© se tĂ©lescopent sans coupure !), Le Triangle du Diable exploite le huis-clos maritime par le biais d'une ambiance anxiogène sensiblement diaphane. A l'instar de l'arrivĂ©e fortuite du prĂŞtre surgit de nulle part et de son climat subitement tempĂ©tueux que les protagonistes s'efforcent de dĂ©jouer afin d'Ă©viter le naufrage. Sur ce point, la rĂ©alisation parvient assez habilement Ă  semer l'inquiĂ©tude par le biais d'une structure narrative combinant les mythes du triangle des Bermudes et du pouvoir du Diable. Sous l'impulsion d'une sobre distribution irrĂ©prochable, le Triangle du Diable n'a pas de peine Ă  nous convaincre des divergences morales et conflits d'intĂ©rĂŞt compromis entre la dynamique de groupe. Quand bien mĂŞme le garde-cĂ´te attentif aux rĂ©miniscences d'Eva s'efforce de trouver une explication plausible Ă  ces prĂ©alables incidents meurtriers causĂ©s en pleine bourrasque. Instaurant un suspense assez bien troussĂ© au fil d'un cheminement machiavĂ©lique opposant surnaturel et plausibilitĂ©, le Triangle du Diable culmine son ambiguĂŻtĂ© vers un dernier acte littĂ©ralement affolant ! Un twist final remarquablement pensĂ© dans sa gestion d'une tension oppressante et son effet de surprise que son montage nerveux renchĂ©rit habilement sans grand-guignol !


Classique tĂ©lĂ©visuel restĂ© dans toutes les mĂ©moires d'une gĂ©nĂ©ration collapsĂ©e, Le Triangle du Diable prĂ©serve sa dimension cauchemardesque par l'entremise d'une distribution implacable et d'un climat ombrageux quelque peu dĂ©pressif. Quant Ă  la teneur diabolique de son Ă©pilogue, il continue de hanter les spectateurs (Ă  Ă©chelle moindre quand on a Ă©videmment atteint la maturitĂ© !) lors d'un jeu de regards viciĂ©s terriblement dĂ©rangeants ! 

        LE SECOND TRAUMATISME TELEVISUEL DES                                                       ANNEES 70 !

                                                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Moviecovers.com

de Jerry Thorpe. 1977. U.S.A. 1h15. Avec James Farentino, Joan Hackett, Claudette Nevins, Eugene Roche, Harrison Ford, Ann Dusenberry.

Diffusion TV, U.S: 1er Mai 1977

FILMOGRAPHIEJerry Thorpe est un rĂ©alisateur et producteur amĂ©ricain, nĂ© en 1926.
1957: Minuit sur le grand canal. 1968: Le Jour des Apaches. 1970: Company of Killers (tĂ©lĂ©-film). 1970: Dial Hot Line (tĂ©lĂ©-film). 1971: Lock, Stock and Barrel (tĂ©lĂ©-film). 1971: Crosscurrent (tĂ©lĂ©-film). 1972: Kung-Fu (tĂ©lĂ©-film). 1974: Smile, Jenny, You're Dead (tĂ©lĂ©-film). 1975: Antonio and the Mayor (tĂ©lĂ©-film). 1976: The Dark side of Innocence (tĂ©lĂ©-film). 1976: Laissez moi mon enfant (tĂ©lĂ©-film). 1977: Yesterday's Child (tĂ©lĂ©-film). 1977: Les EnvoĂ»tĂ©s (tĂ©lĂ©-film). 1978: The Lazarus Syndrome (tĂ©lĂ©-film). 1978: Stickin'Together (tĂ©lĂ©-film). 1978: A Question of Love (tĂ©lĂ©-film). 1979: Heaven Only Knows (tĂ©lĂ©-film). 1980: Le Noir et le Blanc (tĂ©lĂ©-film). 1983: Happy Endings (tĂ©lĂ©-film). 1986: La Fleur EnsanglantĂ©e (tĂ©lĂ©-film).


TĂ©lĂ©-film des annĂ©es 70 dĂ©couvert chez nous un mardi soir dans le cadre des "Dossiers de l'Ecran", Les EnvoutĂ©s traumatisa toute une gĂ©nĂ©ration de spectateurs impressionnĂ©s par le caractère rĂ©aliste de son thème satanique, Ă  l'instar de son climax inoubliable faisant office de moment de trouille dĂ©rangeant. Sans doute influencĂ© par l'Exorciste et toute la vague de films dĂ©moniaques qui suivront (La MalĂ©diction pour citer le plus illustre), Jerry Thorpe nous relate ici la descente aux enfers de lycĂ©ennes prises Ă  parti avec des phĂ©nomènes surnaturels. Celui de la combustion spontanĂ©e s'emparant sans raison de leurs corps pour les brĂ»ler vif ! D'une durĂ©e Ă©courtĂ©e d'1h10, les EnvoutĂ©s sous-entend une rĂ©flexion sur l'existence du Mal Ă  travers le parcours Ă©quivoque d'un ancien prĂŞtre dĂ©libĂ©rĂ© Ă  s'expier une conduite après avoir offensĂ© Dieu. Dès lors, ressuscitĂ© d'un accident mortel, sa mission est de venir en aide aux tĂ©moins de l'emprise du diable. Ce qui l'amène Ă  s'orienter vers un lycĂ©e exclusivement fĂ©minin Ă  laquelle de graves incidents sont dĂ©pĂŞchĂ©s par la direction. 


Hormis sa facture tĂ©lĂ©visuelle, Jerry Thorpe rĂ©ussit avec une certaine efficacitĂ© Ă  entretenir un suspense sous-jacent parmi les vicissitudes qui Ă©branlent la tranquillitĂ© des pensionnaires tout en insufflant une atmosphère diabolique par le biais de l'emprise du feu. RenforcĂ© d'une bande-son inquiĂ©tante, la manière insidieuse dont les flammes se propagent sur le mobilier ou sur le corps enseignant provoquent un sentiment malsain, sachant qu'Ă  plus d'une reprise, la victime ciblĂ©e se retrouve embrigadĂ©e dans une pièce verrouillĂ©e de l'intĂ©rieur ! EpaulĂ© de comĂ©diennes fort convaincantes dans leur rĂ´le d'enseignantes contrariĂ©es ou de lycĂ©ennes apeurĂ©es, Les EnvoutĂ©s est Ă©galement dominĂ© par le jeu Ă©nigmatique de James Farentino dans celui de Kevin Leahy, le prĂŞtre dĂ©chu revenu de l'au-delĂ . DessapĂ© de sa soutane et d'insigne religieux (il ne croit qu'Ă  l'existence du Mal avouera t'il Ă  l'une des enseignantes !), il est pourtant rĂ©signĂ© Ă  combattre et se sacrifier pour sauver les proies innocentes des forces du Diable. Enfin, on reconnaĂ®tra dans un second rĂ´le l'apparition du dĂ©butant Harrison Ford dans celui d'un enseignant Ă©pris d'amour pour une jeune lycĂ©enne. Si le rĂ©cit oh combien inquiĂ©tant n'exploite pas complètement le potentiel de son sujet car empruntant les raccourcis (faute notamment d'une durĂ©e Ă©courtĂ©e !), il est suffisamment bien conduit pour distiller une angoisse latente au fil d'une intrigue toujours plus ombrageuse que Kevin Leahy tente de dĂ©mystifier. Ce qui nous conduit Ă  son point d'orgue rĂ©vĂ©lateur ayant tant traumatisĂ© les cinĂ©philes de l'Ă©poque lors de cette confrontation du prĂŞtre et de la directrice rĂ©fugiĂ©s Ă  proximitĂ© d'une piscine ! En victime ensorcelĂ©e exprimant râles inquiĂ©tants, rictus mesquin et regard pervers, l'actrice Joan Hackett rĂ©ussit Ă  provoquer l'effroi dans sa posture cynique de possĂ©dĂ©e. Aujourd'hui encore, son apparence "envoĂ»tĂ©e" (mais dĂ©pouillĂ©e de maquillage grand-guignolesque) nous provoque une rĂ©pulsion viscĂ©rale rĂ©ellement dĂ©rangeante au point de renouveler nos cauchemars nocturnes. 


En tant que film issu de la tĂ©lĂ©vision, Les EnvoutĂ©s reste l'une des rares rĂ©ussites Ă  avoir sur distiller avec sensibilitĂ© une angoisse malsaine plutĂ´t dĂ©rangeante, Ă  l'instar de son Ă©pilogue fĂ©tide restĂ© dans les mĂ©moires des tĂ©lĂ©spectateurs ! Une pĂ©pite Ă  redĂ©couvrir donc car tellement plus honorable et convaincante que la globalitĂ© des vulgaires ersatz ayant tentĂ© d'Ă©muler l'Exorciste et consorts

mardi 18 octobre 2016

CAPTAIN FANTASTIC. Prix de la Mise en scène, Cannes 2016.

                                                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site comingsoon.net

de Matt Ross. 2016. U.S.A. 1h59. Avec Viggo Mortensen, George MacKay, Samantha Isler, Annalise Basso, Nicholas Hamilton, Shree Crooks, Charlie Shotwell.

Sortie salles France: 12 Octobre 2016. U.S: 29 Juillet 2016

FILMOGRAPHIEMatt Ross est un réalisateur, scénariste et acteur américain né le 3 janvier 1970 à Greenwich, Connecticut (États-Unis). 2012 : 28 Hotel Rooms. 2016 : Captain Fantastic.


Hymne à la vie et à l'enseignement dans leur richesse épurée, cantique à l'amour de l'écologie, réflexion spirituelle remettant en cause les préceptes divins, Captain Fantastic constitue un moment de cinéma en apesanteur. De par son intensité émotionnelle fulgurante illustrée sans fard ni fioriture et sa philosophie existentielle rejetant les profits du capitalisme et du consumérisme. Ou comment un père en guerre contre le système décide de le fuir pour s'exiler dans une nature sauvage en éduquant rigoureusement ses enfants dans une doctrine métaphysique. Alternant les épreuves cérébrales et missions physiques, ces derniers encourent parfois certains risques lorsqu'il s'agit par exemple d'escalader une montagne ou de chasser le chevreuil à l'aide de poignards affûtés. Spoil ! Mais à la suite du décès de son épouse et du chantage de son beau-père, Ben va devoir remettre en cause l'éthique de son éducation paternelle après avoir pris conscience de sa culpabilité morale. Fin du Spoil.


Manifeste contre le totalitarisme et l'esclavagisme de nos sociĂ©tĂ©s modernes auquel le citoyen se morfond toujours un peu plus dans le caprice du matĂ©rialisme, Captain Fantastic renoue avec le lyrisme d'un cinĂ©ma porteur de messages en ces temps sinistrĂ©s oĂą caste religieuse et intolĂ©rance de la diffĂ©rence Ă©loignent les citoyens au lieu de les rassembler. A travers le portrait hĂ©tĂ©rodoxe d'une famille de Robinsons coexistants en harmonie dans les notions d'amour, de passion, de partage et de respect, Matt Ross dĂ©peint leur Ă©tude caractĂ©rielle parmi l'ambiguĂŻtĂ© du père en berne. Sous l'impulsion de cette figure paternelle soucieuse d'Ă©lever ses enfants dans une philosophie primale, le cinĂ©aste aborde les dangers du rigorisme, faute d'une pĂ©dagogie axĂ©e sur les principes de la lecture et du sport extrĂŞme, notamment afin de mieux les prĂ©parer Ă  la cruautĂ© de l'injustice et de la mort. Magistralement interprĂ©tĂ© par un Viggo Mortensen plein de maturitĂ©, celui-ci insuffle une vibrante Ă©motion dans sa posture hippie adepte du bouddhisme perpĂ©trant autour de ses rejetons l'amour et le respect de l'autre. En beau-père nanti rĂ©futant la marginalitĂ© et la subversion, Frank Langella lui dispute la vedette avec une impĂ©riositĂ© aussi intolĂ©rante que finalement lucide quant aux rĂ©vĂ©lations de l'intrigue. Époustouflants de naturel et d'extravagance, chacun des enfants illumine l'Ă©cran de leur prĂ©sence Ă  la fois candide et mature oĂą la cohĂ©sion familiale s'avère le maĂ®tre mot de leur raison d'obtempĂ©rer.


"Le bonheur dépend de l'attitude envers la vie et de la confiance intérieure"
Grand moment de cinĂ©ma destinĂ© Ă  rĂ©veiller les consciences si bien que nous sommes tous concernĂ©s par notre conditionnement esclavagiste des sociĂ©tĂ©s modernes, Captain Fantastic ne cesse de mettre en lumière les effets bĂ©nĂ©fiques d'une idĂ©ologie fondĂ©e sur l'Ă©veil de soi mĂŞme (une sagesse personnelle sans l'utopie du Dieu crĂ©ateur !) plutĂ´t que de se laisser aveugler par la pollution du consumĂ©risme. D'une (rare) intensitĂ© bouleversante par son onirisme prude et son climat naturaliste terriblement Ă©vocateur, Captain Fantastic enivre les sens, laisse en Ă©tat de choc pour nous rappeler les valeurs essentielles de la prospĂ©ritĂ©: passion et amour existentiels ! 

Récompenses:
Festival de Cannes 2016: catégorie Un Certain Regard, Prix de la mise en scène
Festival international du film de Seattle : Golden Space Needle du meilleur film.
Festival du cinéma américain de Deauville 2016: en compétition, Prix du jury et Prix du public

lundi 17 octobre 2016

DON'T BREATHE

                                                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site nerdly.co.uk

de Fede Alvarez. 2016. U.S.A. 1h28. Avec Stephen Lang, Jane Levy, Dylan Minnette, Daniel Zovatto, Franciska Töröcsik

Sortie salles France: 5 Octobre 2016. U.S: 26 Août 2016

FILMOGRAPHIE: Fede Alvarez est un réalisateur uruguayen, né le 9 Février 1978 à Montevideo.
2009: Ataque de Panico (court-mĂ©trage). 2013: Evil-Dead. 2016: Don't Breathe.


Avec son second long-mĂ©trage, Fede Alvarez confirme tout le bien que l'on pensait de lui après nous avoir dĂ©jĂ  Ă©branlĂ© avec son excellent remake Evil-dead ! Car Ă  partir d'un pitch Ă©lĂ©mentaire (de jeunes cambrioleurs s'introduisent par effraction chez un particulier), Don't Breathe joue la carte du suspense oppressant en renversant subitement les rĂ´les ! De par le brio de sa mise en scène exploitant Ă  merveille l'unitĂ© de lieu du foyer domestique rĂ©duit en chausse-trappe (et en champ de bataille !) et la performance viscĂ©rale d'acteurs spontanĂ©s dans leur fonction victimisĂ©e depuis la menace d'un ange de la mort aussi finaud qu'inĂ©branlable. LĂ  oĂą l'intrigue frappe juste et imprime un cachet d'originalitĂ©, c'est dans la caractĂ©risation de cet ancien vĂ©tĂ©ran d'Irak (Stephen Lang, impressionnant de charisme dĂ©moniaque avec sa voix gutturale !) aujourd'hui atteint de cĂ©citĂ© et profondĂ©ment traumatisĂ© par la mort accidentelle de sa fille. Ce dernier se taillant une carrure d'exterminateur vindicatif avec une sagacitĂ© et une vĂ©locitĂ© terrifiantes !


Car en confondant les rĂ´les de victimes/bourreau incessamment ballottĂ©es entre eux, Fede Alvarez conçoit une sorte de train fantĂ´me sardonique si bien que les nombreux rebondissements qui empiètent le cheminement de survie de nos anti-hĂ©ros nous scotchent Ă  notre siège de la première Ă  la dernière minute ! Tendu en diable, notamment sous le pilier d'un climat nocturne feutrĂ© et le mutisme des situations d'extrĂŞme d'urgence (les victimes contraintes d'endiguer leur respiration depuis la prĂ©sence tangible de l'aveugle), Don't Breathe renoue avec un cinĂ©ma brut de dĂ©coffrage sous le prisme du thriller adulte d'une rare cruautĂ© ! C'est Ă©galement Ă  mon sens l'une des grandes qualitĂ©s du mĂ©trage que de n'invoquer aucune concession aux victimes pourchassĂ©es et molestĂ©es depuis leur intrusion illĂ©gale chez un particulier terriblement rancunier ! Avec son ambiance d'angoisse palpable, Don't Breathe halète notre stress avec l'intelligence de relancer l'action dans des directions jamais prĂ©visibles si bien que nous nous acheminons de surprises en surprises jusqu'au gĂ©nĂ©rique de fin ! (Ă  une ou deux facilitĂ©s près Spoiler ! pour le sort perfide d'une des victimes et la facture increvable du tortionnaire fin du Spoiler).


Sous couvert de divertissement commercial déjà couronné de succès (140 millions de dollars de recettes dans le monde contre un budget de 9 900 000 $ alors qu'il débute son exploitation en salles !), Fede Alvarez manipule le genre au 1er degré afin de transfigurer un thriller acerbe sous l'impulsion d'un suspense à couper au rasoir ! Sans faire preuve de racolage et grâce à ces situations censées alternant bravoures stoïques des victimes et de leur bourreau, Don't Breathe nous plaque au siège avec le réalisme d'une vigueur dramatique en chute libre. Une excellente surprise.

vendredi 14 octobre 2016

RAMBO 3

                                                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Peter MacDonald. 1988. U.S.A. 1h41. Avec Sylvester Stallone, Richard Crenna, Marc de Jonge, Kurtwood Smith, SpĂ˝ros Fokás, Sasson Gabai

Sortie salles France: 26 Octobre 1988. U.S: 25 Mai 1988

FILMOGRAPHIE: Peter MacDonald est un réalisateur, producteur de cinéma, cadreur et directeur de la photographie britannique, né à Londres. 1988: Rambo 3. 1992 : Mo' Money.
1994: L'Histoire sans fin 3: Retour à Fantasia. 1997: Supply & Demand. 1998: Légionnaire. 2000: The Extreme Adventures of Super Dave (Vidéo). 2001: L'Empire du roi-singe


Trois ans après la sĂ©quelle pĂ©taradante Rambo 2, la mission, c'est au novice Peter MacDonad qu'incombe la tâche de prendre la relève avec un 3è opus aussi fun et encore plus dĂ©bridĂ© que son prĂ©dĂ©cesseur. Rambo 3 misant autant sur l'action improbable d'une violence belliqueuse lorsque notre (super-)hĂ©ros se charge de dĂ©livrer le colonel Trautman des griffes des soviets depuis l'Ă©chec d'une mission en Afghanistan. Pourvu d'un budget encore plus Ă©levĂ© que son homologue (62 000 000 $ contre 44 000 000 $), Rambo 3 joue plein pot la carte du divertissement dĂ©complexĂ© dans son lot de bravoures explosives quasi ininterrompues si bien que John Rambo est contraint de tenter une seconde fois de libĂ©rer son acolyte Trautman afin de dĂ©cupler les prises de risques inconsidĂ©rĂ©es. Fort d'une distribution cabotine n'hĂ©sitant pas Ă  caricaturer leur fonction hĂ©roĂŻque ou torve (Stallone compris puisque jouant les super-hĂ©ros avec une aimable mine de chien battu !), Rambo 3 imprime une ambiance surrĂ©aliste afin de dynamiter le genre guerrier pour peu que l'on sache apprivoiser le spectacle au second degrĂ©.


Si l'aventure belliciste traversĂ©e de sĂ©quences homĂ©riques (la fameuse charge des moudjahidines en plein dĂ©sert nous remĂ©more le souffle Ă©pique de Lauwrence d'Arabie !) s'avère aussi creuse dans sa narration Ă©culĂ©e (sorte de contrefaçon de Rambo 2, la Mission, les otages amĂ©ricains Ă©tant ici substituĂ©s par un unique prisonnier, le colonel Trautman), Rambo 3 dĂ©tonne par sa gĂ©nĂ©rositĂ© insolente et l'Ă©nergie de sa mise en scène (montage retors Ă  l'appui). Rondement menĂ© donc et adoptant un esprit bande-dessinĂ©e assumĂ© comme le souligne la verve de ses dialogues pittoresques ainsi que la dĂ©contraction davantage prononcĂ©e de notre duo d'hĂ©ros engagĂ©s au front, Rambo 3 parvient Ă  nous impliquer dans l'action improbable avec un savoir-faire qu'on ne retrouve plus chez les Blockbuster numĂ©risĂ©s. C'est simple, Ă  partir du moment oĂą John Rambo intervient en filature dans le camp soviet afin de libĂ©rer Trautman durant la nuit, les sĂ©quences d'actions s'enchaĂ®nent sans rĂ©pit tout en se renouvelant par le biais de stratĂ©gies Ă  risques que Rambo entreprend Ă  pied, en hĂ©licoptère ou encore Ă  bord d'un tank. Les paysages d'Asie centrale superbement filmĂ©s assurant notamment le dĂ©paysement si bien que le rĂ©alisateur diversifie ses dĂ©cors dĂ©sertiques et rocailleux au fil de stratĂ©gies d'attaques que Rambo planifie avec un hĂ©roĂŻsme surhumain.


InĂ©vitablement naĂŻf pour l'Ă©change des confrontations musclĂ©es que se disputent nos hĂ©ros indestructibles et narrativement rachitique par son impression de dĂ©jĂ  vu, Rambo 3 parvient pourtant fougueusement Ă  divertir dans sa pyrotechnie ostentatoire oĂą le surrĂ©alisme se mĂŞle au dĂ©lire le plus fun comme le souligne son point d'orgue anthologique ! DominĂ© par un Stallone cabotin mais oh combien attachant dans sa fonction iconique de super-hĂ©ros, ce (second) plaisir coupable est Ă  rĂ©habiliter si bien qu'il semble encore plus pĂ©tulant qu'Ă  l'Ă©poque de sa sortie !  

B-M


de Ted Kotcheff. 1982. U.S.A. 1h33. Avec Sylvester Stallone, Richard Crenna, Brian Dennehy, Bill McKinney, Jack Starrett, Michael Talbott, Chris Mulkey, John Mc Liam, Alf Humhreys, David Caruso.

Sortie en salles en France le 2 Mars 1983, U.S.A: 31 Octobre 1982.

FILMOGRAPHIETed Kotcheff est un rĂ©alisateur, producteur, acteur et scĂ©nariste canadien d'origine bulgare, nĂ© le 7 avril 1931 Ă  Toronto (Canada).
1974: l'Apprentissage de Duddy Kravitz, 1978: La Grande Cuisine, 1982: Rambo, 1983: Retour vers l'Enfer, 1988: Scoop, 1989: Winter People, Week-end at Bernie's, 1992: Folks !

                                          

RĂ©alisateur touche Ă  tout, Ted Kotcheff explose le box-office en 1982 avec un film d'action rĂ©volutionnaire mettant en scène un vĂ©tĂ©ran du Vietnam de retour dans son pays mais rejetĂ© par sa sociĂ©tĂ©. Le phĂ©nomène Rambo est nĂ© et son personnage iconique interprĂ©tĂ© par un Stallone en pleine ascension (la mĂŞme annĂ©e sort Rocky 3 !) va influencer un nombre incalculable d'ersatz Ă  travers le monde. Retour sur un modèle du film d'action aussi jouissif et trĂ©pidant que sa première sortie officialisĂ©e 30 ans au prĂ©alable, le 31 Octobre 1982 ! John Rambo est un ancien bĂ©ret vert de retour dans son pays après avoir combattu la guerre du Vietnam. Sur le sol amĂ©ricain, l'homme gratifiĂ© d'une mĂ©daille d'honneur est pris Ă  parti avec un flic irascible et raciste. La tension entre les deux hommes va rapidement s'envenimer Ă  tel point que le shĂ©rif dĂ©cide de l'apprĂ©hender pour vagabondage et port illĂ©gal d'arme blanche. Au commissariat, après avoir Ă©tĂ© battu et maltraitĂ©, John Rambo parvient Ă  s'Ă©chapper de ses assaillants pour prendre la fuite Ă  moto en direction de la forĂŞt montagneuse. Une chasse Ă  l'homme est sommairement engagĂ©e !

                               

Quand on revoit 30 ans plus tard pour la Ă©nième fois cet illustre film d'action, on se rend compte Ă  quel point ses mĂ©caniques de suspense, de tension et d'action Ă©chevelĂ©e Ă©taient coordonnĂ©es Ă  leur paroxysme. Parce que Rambo constitue un concentrĂ© d'Ă©motions fortes, de par son rythme vigoureux d'une efficacitĂ© optimale. En y combinant l'aventure, le film de guerre, le survival, l'action et l'analyse sociale, Ted Kotcheff a trouvĂ© la formule magique pour crĂ©er un nouvel archĂ©type du divertissement moderne. En optant comme argument la difficile rĂ©insertion des soldats du Vietnam de retour dans leur pays, le rĂ©alisateur livre une impitoyable chasse Ă  l'homme, faute d'une AmĂ©rique hostile envers l'Ă©tranger, car rĂ©futant les marginaux d'apparence interlope. Après un prologue jubilatoire pour les rapports conflictuels entamĂ©s entre un flic orgueilleux et notre briscard arrĂŞtĂ© pour vagabondage, la première partie nous converge de plein fouet au sein d'un haletant survival. Une traque improbable auquel un fugitif devra user de subterfuge et traquenards belliqueux pour sauver sa peau contre une armĂ©e de 200 soldats lancĂ©s Ă  ses trousses. La mise en scène impeccablement maĂ®trisĂ©e rivalise d'adresse et d'efficacitĂ© en terme de courses poursuites incessante Ă  travers bois d'une forĂŞt montagneuse, transcendant ainsi la sauvagerie de ses paysages dantesques lors d'un saut dans le vide anthologique ! John Rambo, sĂ©vèrement rebelle contre l'hypocrisie condescendante des flicards, renoue avec son instinct guerrier pour reproduire la mĂŞme situation de guĂ©rilla dans son pays dit civilisĂ©. Pièges artisanaux, cachettes et camouflages de guerre sont savamment façonnĂ©s par un soldat Ă  nouveau en guerre contre sa propre patrie.
                                    
Ce fantasme viril de l'homme inĂ©quitablement traquĂ© contre une armĂ©e rĂ©ussit ici le prodige de contourner ses invraisemblances parmi l'agencement de situations censĂ©es et la conviction de la prestance humainement fouillĂ©e de Sylvester Stallone. En outre, les sĂ©quences d'action rondement menĂ©es et techniquement bien orchestrĂ©es Ă©ludent habilement l'outrance dans lequel elles auraient pu facilement se vautrer. A contrario, les pĂ©ripĂ©ties endiablĂ©es et cascades impondĂ©rables vont louablement servir le cheminement de l'histoire avant que ne culmine un règlement de compte pyrotechnique au sein d'une urbanisation rĂ©duite Ă  feu et Ă  sang. Pour le coup, la chasse Ă  l'homme inverse les rĂ´les lorsque notre hĂ©ros Ă©chappĂ© d'une mine dĂ©saffectĂ©e dĂ©cide de mener une vĂ©ritable guĂ©rilla urbaine au coeur de sa paisible bourgade. Ce baroud d'honneur survitaminĂ© dĂ©ploie gĂ©nĂ©reusement des sĂ©quences explosives toujours aussi spectaculaires et intenses avant de nous Ă©mouvoir lors d'un Ă©pilogue particulièrement poignant si bien que Stallone extĂ©riorise tout son potentiel dramatique. Un moment intime assez bouleversant dĂ©montrant en un laps de temps les stigmates de l'horreur inhumaine de la guerre, du traumatisme et des sĂ©quelles irrĂ©versibles assĂ©nĂ©s aux soldats du front. En pourfendeur contre l'autoritĂ© intolĂ©rante de son pays (les flicards sont constamment ridiculisĂ©s dans leur machisme primaire et arrogance dĂ©loyale), Ted Kotcheff recourt Ă  la sobriĂ©tĂ© pour dĂ©battre son rĂ©quisitoire contre l'abus de pouvoir, l'injustice et la haine de l'autre.

                                   
PhĂ©nomènes Ă  part entière dans le domaine du cinĂ©ma d'action contemporain, Rambo, le film, et Stallone, l'acteur, auront dĂ©finitivement marquĂ© la dĂ©cennie 80 en renouvelant l'actionner sous couvert d'Ă©tude sociale. Ultra efficace et spectaculaire, haletant en diable, intense et poignant , Rambo confine au chef-d'oeuvre sans jamais perdre de vue l'humanitĂ© dĂ©chue de son personnage emblème. Un hĂ©ros chevronnĂ© moralement blessĂ© par l'irrĂ©vĂ©rence de sa terre d'accueil n'ayant aucune rĂ©vĂ©rence pour la bravoure de ces anciens combattants. 

B-M


de George Pan Cosmatos. 1985. U.S.A. 1h36. Avec Sylvester Stallone, Richard Crenna, Charles Napier, Steven Berkoff, Julia Nickson-Soul, Martin Kove, George Cheung, Andy Wood, William Ghent, Voyo Goric.

Sortie en salles en France le 16 Octobre 1985. U.S: 24 Mai 1985

FILMOGRAPHIEGeorge Pan Cosmatos Ă©tait un rĂ©alisateur et scĂ©nariste grec nĂ© le 4 janvier 1941 Ă  Florence (Toscane, Italie), mort le 19 Avril 2005 Ă  Victoria (Colombie-Britannique, Canada) d'un cancer du poumon.
1977: Le Pont de Cassandra. 1979: Bons Baisers d'Athènes. 1983: Terreur à Domicile. 1985: Rambo 2, la Mission. 1986: Cobra. 1989: Leviathan. 1993: Tombstone. 1997: Haute Trahison


En 1982, Ted Kotcheff avait su renouveler le cinĂ©ma d'action avec Rambo, charge sociale illustrant avec beaucoup d'efficacitĂ© la difficile rĂ©insertion des vĂ©tĂ©rans du Vietnam de retour au pays amĂ©ricain. En prime, la notoriĂ©tĂ© de l'acteur Sylvester Stallone dĂ©jĂ  cĂ©lĂ©brĂ©e avec les 3 premiers Rocky va dĂ©finitivement asseoir le personnage sur le trĂ´ne de star mondiale. George Pan Cosmatos, habile artisan de la sĂ©rie B, prend cette fois-ci les reines de cette nouvelle mission axĂ©e sur l'action belliqueuse au sein d'une jungle vietnamienne ! Retenu en prison pour cinq ans de travaux forcĂ©s, John Rambo est rappelĂ© par le colonel Trautman pour obtenir une Ă©ventuelle rĂ©mission judiciaire. Pour cela et en guise de preuve, il aura pour mission de prendre des clichĂ©s de prisonniers de guerre amĂ©ricains retenus en pleine jungle vietnamienne. Rambo dĂ©cide contre l'autoritĂ© de son supĂ©rieur de ramener en vie un otage amĂ©ricain. DĂ©pitĂ©, Murdock ordonne d'abroger la mission pour laisser notre hĂ©ros seul contre les les viĂŞt-cĂ´ng et les alliĂ©s russes. 
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Ted Kotcheff avait su nous divertir et Ă©mouvoir avec Rambo, modèle du film d'action contemporain exacerbĂ© par le profil aigri d'un ancien vĂ©tĂ©ran du Vietnam dĂ©boutĂ© par sa propre patrie. En 1985, fort du succès mondial entrepris avec ce classique du survival musclĂ©, George Pan Cosmatos et ses complices, James Cameron et Sylvester Stallone (attitrĂ©s au poste de scĂ©naristes), entreprennent une suite entièrement conçue sur la surenchère guerrière. A titre anecdotique, c'est James Cameron qui Ă©crivit d'abord une première version du scĂ©nario Ă  rĂ©sonance politique avant que Stallone ne le remanie en privilĂ©giant l'action homĂ©rique. Le script originel avait d'ailleurs prĂ©vu que Trautman et Rambo se retrouvent en interne d'un hĂ´pital psychiatrique et non dans une prison fĂ©dĂ©ral comme on peut le voir en prĂ©ambule de l'oeuvre. Cette fois-ci, notre rĂ©alisateur dĂ©jĂ  responsable d'un excellent film catastrophe (Le Pont de Cassandra) et d'une sĂ©rie B horrifique roublarde (Terreur Ă  Domicile Ă©tait un modèle d'efficacitĂ©) concentre la totalitĂ© de son intrigue dans un florilège de bravoures ultra spectaculaires perpĂ©trĂ©es par notre (super) hĂ©ros seul contre tous ! Tout ce qui avait fait jubiler les amateurs d'action dĂ©bridĂ©e dans le dernier quart d'heure de Rambo (un condensĂ© de destruction massive au coeur d'une bourgade ricaine) se retrouve ici condensĂ© en 1h36 de pĂ©ripĂ©ties haletantes et explosions hĂ©ritĂ©es de l'univers de la BD.


D'une intrigue linĂ©aire Ă©ludĂ©e de surprise (hormis le coup de trafalgard optĂ© par Murdock contre Rambo), George Pan Cosmatos en tire donc un pur film d'action ludique et dĂ©cĂ©rĂ©brĂ©. Et cela mĂŞme s'il fustige une nouvelle fois en toile de fond social son gouvernement amĂ©ricain fraudant des preuves sur l'existence de survivants amĂ©ricains, retenus en otage en pays hostile depuis leur dĂ©tention au cours des seventies. S'ensuit Ă  un rythme effrĂ©nĂ© une succession d'Ă©vènements trĂ©pidants auquel nos antagonistes dĂ©ployĂ©s en masse vont tenter par tous les moyens de capturer Rambo, seul contre tous. Courses-poursuites Ă  pied ou en hĂ©lico, mitraillages frĂ©nĂ©tiques ou coups de flèches destructeurs Ă  embout explosif, torture Ă  l'ancienne sous haut voltage et Ă©puration de villages incendiĂ©s Ă  grands coups de roquettes ! Cette fois-ci, notre hĂ©ros indestructible rĂ©duit en machine Ă  tuer est confinĂ© en terrain connu pour s'engager Ă  dĂ©clarer une guerre impitoyable contre les preneurs d'otages, tout en rĂ©clamant vengeance auprès de son gouvernement, faute d'un leader bureaucrate vĂ©nal. A ce titre, le règlement de compte opposant Murdock et Rambo dans le local bureautique s'avère un moment de bravoure orgasmique, de par l'intensitĂ© des coups de mitraillettes gĂ©nĂ©reusement dĂ©chargĂ©es sur les archives administratives !


HandicapĂ© par un scĂ©nario improbable multipliant Ă  outrance les affrontements et prises de risques saugrenues, Rambo 2 la mission s'Ă©difie en sĂ©rie B bourrine Ă  l'efficacitĂ© certaine. Rondement menĂ© sous le score Ă©pique de Jerry Goldsmith et dominĂ© par l'icone virile d'un Stallone plus pugnace que jamais, le divertissement belliciste rĂ©ussit par miracle Ă  transcender ses lacunes dans une dĂ©contraction dĂ©cĂ©rĂ©brĂ©e.

B-M
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Note: le film restera dans l'histoire du box-office français, ayant été le premier film à passer la barre des 500 000 entrées en 1ère semaine d'exploitation (avec 510 096 entrée pour la capitale de Paris)

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site pixshark.com

de Sylvester Stallone. 2008. Allemagne/U.S.A. 1h31. Avec Sylvester Stallone, Julie Benz, Paul Schulze, Graham McTavish, Matthew Marsden, Reynaldo Gallegos.

Sortie salles France: 6 FĂ©vrier 2008. U.S: 25 Janvier 2008

FILMOGRAPHIESylvester Stallone est un rĂ©alisateur, acteur, scĂ©nariste et producteur amĂ©ricain, nĂ© le 6 Juillet 1946 Ă  New-York.
1978: La Taverne de l'Enfer. 1979: Rocky 2, la Revanche. 1982: Rocky 3, l'Oeil du Tigre. 1983: Staying Alive. 1985: Rocky 4. 2006: Rocky Balboa. 2008: John Rambo. 2010: Expendables: UnitĂ© SpĂ©ciale.


Après avoir brillamment clĂ´turĂ© la saga Rocky avec Rocky BalboaSylvester Stallone, acteur et cinĂ©aste, dĂ©cide d'en faire de mĂŞme pour la trilogie Rambo, 20 ans après le semi-Ă©chec du 3è Ă©pisode. Renouant un peu avec l'Ă©tat d'esprit du premier film pour la dimension humaniste du vĂ©tĂ©ran repliĂ© sur lui mĂŞme (on le retrouve reclus en Thailande entrain de chasser les cobras pour les vendre Ă  un dresseur), John Rambo s'engage tout de mĂŞme Ă  renouer avec la voie du spectacle homĂ©rique Ă  grand renfort d'ultra-violence jusqu'au-boutiste. C'est bien simple, jamais un film de guerre n'Ă©tait allĂ© aussi loin dans la barbarie pour dĂ©noncer les horreurs du pays le plus totalitaire au monde (la Birmanie reste en guerre depuis plus de 60 ans en dĂ©pit de l'indiffĂ©rence des mĂ©dias !) et pour nous divertir de scènes d'action dĂ©coiffantes Ă  l'efficacitĂ© optimale. Un peu comme si Rambo 2, la mission s'Ă©tait incidemment retrouvĂ© la tĂŞte plongĂ©e dans une bassine de vitriol ! Exit donc la caricature d'une bande dessinĂ©e dĂ©cĂ©rĂ©brĂ©e apte Ă  divertir son public de 7 Ă  77 ans, Stallone misant sur l'ultra rĂ©alisme d'un contexte de guerre animĂ© par l'emprise de la folie et de la haine.


A l'instar des exactions crapuleuses (et parfois diaboliquement inventives) quotidiennement perpĂ©trĂ©es par les soldats birmans sur une population prĂ©caire d'oĂą aucun enfant n'est Ă©pargnĂ© (Stallone refusant mĂŞme le hors-champs dans ses sĂ©quences les plus innommables !). Outre le caractère poignant des Ă©tats d'âme torturĂ©s de Rambo Ă  nouveau compromis par son sens du devoir Ă  rempiler une mission Ă  haut risque (sauver la vie d'un groupe de missionnaires religieux pris en otage dans un village), John Rambo assume le spectacle Ă©pique d'un film de guerre habitĂ© par la frĂ©nĂ©sie de la violence. Qu'elle soit purement gratuite du point de vue des soldats Birmans ou justifiĂ©e du cĂ´tĂ© des mercenaires hĂ©roĂŻques notamment impliquĂ©s dans une cause de survie. Dans ce maelstrom d'images apocalyptiques d'oĂą s'extrait une sauvagerie Ă  l'instinct primitif (Rambo arrachant de ses mains la gorge d'un geĂ´lier !), l'intrigue conjugue mission d'infiltration, stratĂ©gies d'attaques et de dĂ©fense et survival de dernier ressort avec une vigueur imperturbable ! Son pouvoir de fascination, son rĂ©alisme immersif et son sens jouissif de l'action explosive Ă©tant notamment vĂ©hiculĂ©s par l'autoritĂ© iconique de notre baroudeur une fois de plus contraint de reprendre les armes pour se donner une raison d'exister (celle de sauver la vie de son Ă©quipe et des missionnaires, en particulier un couple religieux). Et par cette occasion quasi suicidaire retrouver son blason de hĂ©ros face Ă  la considĂ©ration des survivants puis peut-ĂŞtre renouer avec sa paix intĂ©rieure.


Un spectacle monstrueux, Ă  feu et Ă  sang.
Pur divertissement d'action belliqueuse oĂą les bravoures anthologiques se succèdent Ă  une cadence effrĂ©nĂ©e, John Rambo rĂ©ussit nĂ©anmoins Ă  justifier sa barbarie graphique (corps dĂ©chiquetĂ©s, broyĂ©s, explosĂ©s, dĂ©capitĂ©s, Ă©ventrĂ©s !) pour dĂ©noncer le contexte historique de la dictature Birmane (le film reste chez eux officiellement interdit en salles et en video au risque d'encourir 10 ans de prison ou la perpĂ©tuitĂ© pour ceux qui en braveraient le règlement). RehaussĂ© du score intense de Brian Tyler et de la cĂ©lèbre reprise de Jerry GoldmisthSylvester Stallone en profite pour redorer la stature Ă©corchĂ©e de sa machine Ă  tuer, Ă  l'instar de son Ă©pilogue bouleversant auquel Rambo renoue avec la civilisation de sa patrie.

B-M