vendredi 29 novembre 2019

Dr Rictus / Dr Giggles

                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Manny Coto. 1992. U.S.A. 1h35. Avec Larry Drake, Holly Marie Combs, Cliff De Young, Glenn Quinn, Keith Diamond, Richard Bradford.

Sortie salles France: 27 Janvier 1993. U.S: 23 Octobre 1992.

FILMOGRAPHIE: Manny Coto est un producteur, réalisateur et scénariste américain. 1989 : Jack in the Box. 1989 : Monsters (1 épisode). 1990 : Schizo. 1991 : Envoyé Spécial. 1991 : Les Contes de la crypte (1 épisode). 1992 : Dr. Rictus. 1997 : Star Kid. 2000 : Mon clone et moi. 2001 : Zenon: The Zequel.


SĂ©rie B d'exploitation surfant sur la mode dĂ©clinante du Psycho-killer Ă  l'orĂ©e des annĂ©es 90 (et ce avant que Scream n'y reprenne Ă  nouveau le filon 4 ans plus tard), Dr Rictus repartit avec les honneurs du Prix SpĂ©cial du Jury au Festival d'Avoriaz. Rien que ça ! MĂŞme si on peut Ă©mettre des rĂ©serves sur cette rĂ©compense aussi reconnue. Car si le schĂ©ma narratif archi convenu n'augure rien de substantiel, le rĂ©alisateur Manny Coto compte sur l'inventivitĂ© des scènes chocs parfois adroitement cadrĂ©es (FX artisanaux en sus en dĂ©pit de son gĂ©nĂ©rique liminaire artificiel !), son ambiance gentiment cauchemardesque et surtout sur la prĂ©sence sardonique de Larry Drake (rĂ©vĂ©lĂ© dans Darkman) pour emporter l'adhĂ©sion. L'acteur au visage poupard comptant sur l'expressivitĂ© enjouĂ©e de ses yeux bleus et son ricanement Ă  la fois concis et aigu pour incarner un praticien revanchard n'ayant plus la lumière dans le crane Ă  la suite du dĂ©cès de son père Ă©plorĂ©.


Ainsi, nanti de situations dĂ©bridĂ©es parfois hallucinĂ©es (l'accouchement incongru, il fallait oser !), Dr Rictus amuse et innove sous l'impulsion d'une action gore aussi jouissive que dĂ©complexĂ©e. Et ce par le biais d'ustensiles chirurgicaux que le demeurĂ© perpĂ©tue avec une diabolique perversitĂ© d'y varier les instruments pour chaque victime promue. Dès lors, nos ados crĂ©tins ont beau ĂŞtre inexpressifs (comme de coutume) dans leur fonction de chair Ă  pâtĂ©, on s'impatiente finalement de leur inĂ©vitable sort avec un art consommĂ© du sadisme badin. Quand bien mĂŞme la jeune Holly Marie Combs (la sĂ©rie Charmed), ne manque pas de charme dans son petit corps sexy en dĂ©pit de son jeu largement perfectible d'ado souffreteuse peinant Ă  combattre son assaillant auprès de ses expressions timorĂ©es. Pour autant, et en dĂ©pit de ses maladresses gestuelles et labiales, on s'attache gentiment Ă  ce personnage fĂ©minin pourchassĂ©e sans relâche par le tueur obsessionnel alors que son père, son entourage amical et sentimental seront Ă©galement la cible d'un chassĂ© croisĂ© meurtrier. 


Y'a t-il un médecin dans la salle ?
DĂ©nuĂ© de prĂ©tention auprès de sa complicitĂ© friponne avec le spectateur (savoureux clin d'oeil lors de l'affrontement final !), Dr Rictus n'a d'autre but que de divertir comme toute bonne sĂ©rie B du Samedi soir que l'on privilĂ©gie de prĂ©fĂ©rence entre amis. FrĂ©quemment fun, folingue et percutant auprès de la fantaisie de ses sĂ©quences chocs quelque peu rĂ©vulsives (et saugrenues !), il maintient l'attention grâce Ă  cette ambiance sardonique (notamment dans le cadre Ă©trangement ludique de cette fĂŞte foraine) que Larry Drake impulse par sa bedonnante prĂ©sence espièglement hystĂ©rique. 

*Bruno
30.07.22. 4èx

RécompensePrix Spécial du jury, Avoriaz 93.

jeudi 28 novembre 2019

Panics / Bad dreams

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com

de Andrew Fleming. 1988. U.S.A. 1h24. Avec Jennifer Rubin, Bruce Abbott, Richard Lynch

Sortie salles France: 6 Juillet 1988

FILMOGRAPHIE: Andrew Fleming est un réalisateur et scénariste américain né (selon certaines sources le 14 mars 1963) le 30 décembre 1965. 1988 : Bad Dreams. 1994 : Deux garçons, une fille, trois possibilités. 1996 : Dangereuse Alliance. 1999 : Dick : Les Coulisses de la présidence. 2000 : Grosse Pointe (série TV). 2002 : Paranormal Girl (TV). 2003 : Espion mais pas trop ! 2005 : Head Cases (série TV). 2007 : Nancy Drew. 2008 : Hamlet 2


"Saignée Spirituelle".
Que voilĂ  un excellent B movie horrifique, pur produit de la sacro-sainte Ă©poque des vidĂ©oclubs, que la gĂ©nĂ©ration 80 pouvait louer de prĂ©fĂ©rence un samedi soir, entre amis (Ă©mĂ©chĂ©s, c’est selon). Et pour une première rĂ©alisation, Andrew Fleming s’extirpe honorablement de la routine, concoctant un divertissement pur jus, bâti sur l’efficacitĂ© brute d’une moisson de scènes chocs, particulièrement percutantes et sanguinolentes. Ă€ ce niveau, Panics ne déçoit jamais — entre maquillages gorasses soignĂ©s, montage acĂ©rĂ©, et rythme Ă©chevelĂ© baignant dans une ambiance dĂ©licieusement malsaine, le film dĂ©roule sa partition trouble avec une prĂ©cision presque clinique. On peut notamment compter sur l’incroyable prĂ©sence de Richard Lynch (et son fameux visage de rapace calcinĂ©) pour instiller une tension sourde, tapie dans les recoins moites du cadre, semant visions d’effroi et menace rampante.

Du moins… c’est ce que le rĂ©alisateur tente de nous faire gober pendant une large portion de l’intrigue. Cynthia, seule survivante d’un suicide collectif orchestrĂ© treize ans plus tĂ´t par son gourou, sort du coma. InternĂ©e dans un centre mĂ©dico-psychologique, elle tente de recoller les morceaux d’un passĂ© brisĂ©, tandis que le spectre de son persĂ©cuteur revient la hanter — aussi insidieux que dominateur, dans des visions hallucinĂ©es oĂą la rĂ©alitĂ© se fissure. Autour d’elle, les autres jeunes patients, tourmentĂ©s eux aussi, tombent un Ă  un dans un cycle de suicides inexpliquĂ©s. Fleming, visiblement influencĂ© par la saga de Freddy Krueger, s’amuse Ă  brouiller les pistes entre rĂŞve et cauchemar, entre l’appel du nĂ©ant et la rĂ©demption frelatĂ©e. Un nouveau croquemitaine s’immisce, poussant ces âmes fragiles Ă  cĂ©der au vide dans un vertige pseudo-mystique.

Et bien que son dĂ©nouement — un brin capillotractĂ©  — puisse arracher un sourire, on reste indulgent devant l’audace d’un concept aussi baroque que singulier (une charge en filigrane contre les antidĂ©presseurs aux effets pervers et addictifs).


"Panique sous sédatif".
PortĂ© par l’interprĂ©tation touchante de Jennifer Rubin (dĂ©jĂ  entrevue dans Freddy 3 : Les Griffes du Cauchemar), qui soutient le film sur ses Ă©paules lascives avec un dĂ©sarroi nĂ©vrotique palpable, Panics s’impose comme un petit train fantĂ´me perturbant, dirigĂ© par un Richard Lynch au charisme vĂ©nĂ©neux, subtilement manipulateur. Ă€ revoir absolument, malgrĂ© ses invraisemblances (comme cette hallucinante douche de sang ou l’Ă©pilogue rĂ©vĂ©lateur), largement compensĂ©es par une dĂ©rision bien sentie (le flic obstinĂ©, merveilleusement grotesque), et un savoir-faire technique souvent payant.

*Bruno
4èx

mardi 26 novembre 2019

Joker. Lion d'Or, Venise 2019

                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Todd Philips. 2019. U.S.A. 2h02. Avec Joaquin Phoenix, Robert De Niro, Zazie Beetz, Frances Conroy, Shea Whigham, Bill Camp.

Sortie salles France: 9 Octobre 2019 (Int - 12 ans avec Avertissement). U.S: 4 Octobre 2019

FILMOGRAPHIE: Todd Phillips est un réalisateur américain né le 20 décembre 1970 à Brooklyn (New York). 2000 : Road Trip. 2003 : Retour à la fac. 2004 : Starsky et Hutch. 2006 : L'École des dragueurs. 2009 : Very Bad Trip. 2010 : Date Limite. 2011 : Very Bad Trip 2. 2013 : Very Bad Trip 3. 2016 : War Dogs. 2019 : Joker.


Lorsque l'injustice sociale mène Ă  la folie meurtrière. 
AurĂ©olĂ© du Lion d'Or Ă  Venise, d'une presse dithyrambique et d'un succès commercial inespĂ©rĂ© (eu Ă©gard de sa sinistrose sociĂ©tale d'une noirceur plombante), Joker restera l'un des Ă©vènements clef de 2019 sous l'impulsion d'un jeu d'acteur transi d'Ă©moi. Celui du camĂ©lĂ©on Joaquin Phoenix transperçant l'Ă©cran Ă  chaque seconde de par sa posture borderline compromise au mal ĂŞtre existentiel qu'ils nous communique avec une intensitĂ© aussi bien poignante que bouleversante. Oscillant le rictus nerveux pathologique avec le dĂ©hanchement sensuel lors de ses fantasmes pailletĂ©s (celui d'accĂ©der au podium mĂ©diatique), Arthur tente de se faire une place dans la masse d'une mĂ©tropole urbaine toujours plus divisĂ©e quand Ă  l'inĂ©galitĂ© des classes entre riches et pauvres. Co-existant avec sa mère dans un appartement vĂ©tuste, il s'efforce pour autant de relativiser en se fondant dans le corps d'un clown afin d'y communiquer rire et joie auprès des enfants cancĂ©reux hospitalisĂ©s. Quand bien mĂŞme son rĂŞve de devenir humoriste est peut-ĂŞtre sur le point de se cristalliser grâce aux encouragements d'une illustre vedette d'un show satirique, Murray Franklin. Mais son agression dans le mĂ©tro par 3 jeunes rupins, sa divergence morale avec sa thĂ©rapeute, ses rapports toujours plus houleux avec sa mère et le monde externe vont le mener au point de non-retour. Film choc s'il en est, de par sa violente diatribe contre l'incommunicabilitĂ©, le capitalisme, l'ultra-conservatisme et une rĂ©pression policière dictatoriale, Joker demeure un immense cri d'alarme contre l'intolĂ©rance d'une sociĂ©tĂ© dĂ©shumanisĂ©e rĂ©pudiant souffres-douleur, prolĂ©taires et laissĂ©s pour compte. Arthur s'Ă©rigeant malgrĂ© lui porte-parole contestataire d'une populace sĂ©ditieuse en crise existentielle, de par leur condition de vie Ă©conomique toujours plus arbitraire.


Toute sociĂ©tĂ© engendre les monstres qu'elle mĂ©rite. 
MĂ©taphore Ă©vidente sur le malaise contagieux de nos sociĂ©tĂ©s contemporaines en proie la rĂ©volte de peuples davantage atrabilaires et sur cette soif de reconnaissance individuelle, Joker implore un climat crĂ©pusculaire Ă  la fois baroque et dĂ©senchantĂ© sous l'impulsion d'un anti-hĂ©ros dangereusement schizo. La puissance dramatique de Joker Ă©manant notamment des violences inciviques de la populace de Gotham glorifiant aveuglĂ©ment un criminel grimĂ© en clown depuis que ce dernier osa perpĂ©trer l'irrĂ©parable sur de jeunes bourgeois gouailleurs Spoil ! et un prĂ©sentateur TV fin du Spoil (symboles de l'Ă©litisme). Fort d'une mise en scène personnelle sublimant sans fioriture les faits et gestes de ce schizophrène extravagant en proie Ă  sa psychose endogène, Joker est un uppercut moral aussi puissant qu'un Taxi Driver vitriolĂ© lorsque Arthur laisse s'Ă©chapper ses instincts de colère les plus primitifs. LA rĂ©fĂ©rence cinĂ© que tout le monde eut comparĂ© afin de qualifier cette oeuvre inclassable d'une fragilitĂ© psychologique nĂ©vralgique ("on perd son humanitĂ© dans un ocĂ©an de chagrin"). Si bien que le public le plus lambda s'y reconnait Ă  travers la douloureuse introspection nĂ©vrosĂ©e d'Arthur, puisque compromis par une compassion bipolaire quant Ă  la dĂ©gĂ©nĂ©rescence morale de celui-ci d'une vigueur expressive tristement dĂ©rangeante. Pour ce faire, et pour atteindre un tel niveau de vĂ©risme et d'acuitĂ© dramatique (Ă©maillĂ©e d'estocades gores tranchĂ©es !); Todd Phillips aura pris soin de nous planter son dĂ©cor blafard et d'y radiographier l'Ă©volution (im)morale de son personnage avec une mĂ©ticulositĂ© ensorcelante. Et ce mĂŞme si l'interprĂ©tation emblĂ©matique de Joaquin Phoenix y doit Ă©normĂ©ment de par l'Ă©motion Ă  la fois si froide et chaleureuse qu'il nous suscite. Tant auprès du reflet existentiel de son insupportable solitude (tant permĂ©able et si d'actualitĂ© !) que de ses exhibitions fantasques afin d'y esquisser la caricature d'un justicier redresseur de maux sociĂ©taux.


Je suis Joker. 
Grand film s'il en est d'une infinie mĂ©lancolie Ă  travers son dĂ©sespoir humanitaire que Joaquim Phoenix nous transcende des pores de son visage martyr, et Ă  travers la langueur de son rĂ©alisme cafardeux que Tod Phillips inscrit dans une pellicule vitriolĂ©e, Joker laissera une trace dans l'histoire du genre inclassable sous le pilier de ce porte parole annihilĂ© par l'isolement identitaire. 

*Bruno

Récompense:
Mostra de Venise 2019 : Lion d'or avec une ovation de 8 minutes

lundi 25 novembre 2019

Les Survivants de l'Infini

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com

"This Island Earth" de Joseph M. Newman et Jack Arnold (non crédité). 1955. U.S.A. 1h27. Avec Jeff Morrow, Faith Domergue, Rex Reason, Lance Fuller, Russell Johnson, Douglas Spencer, Robert Nichols.

Sortie salles France: 19 Octobre 1955

FILMOGRAPHIE PARTIELLE: Joseph M. Newman (né le 7 août 1909 à Logan et mort le 23 janvier 2006 (à 96 ans) à Simi Valley) est un réalisateur américain.1951 : The Guy Who Came Back. 1951 : Nid d'amour. 1952 : Duel dans la forêt. 1952 : Les Bannis de la Sierra. 1952 : La Dernière Flèche. 1953 : Meurtre à bord. 1954 : Dans les bas-fonds de Chicago. 1955 : Les Survivants de l'infini. 1955 : El Tigre. 1956 : Flight to Hong Kong. 1957 : Death in Small Doses. 1958 : War of the Planets. 1958 : Fort Massacre. 1959 : Le Shérif aux mains rouges. 1959 : Le Cirque fantastique. 1959 : Tarzan, l'homme singe. 1961 : King of the Roaring 20's - The Story of Arnold Rothstein. 1961 : Tonnerre apache. 1961 : The George Raft Story.


                                                           Une chronique de Gand-Alf

Film de chevet de Joe Dante (qu'il citera généreusement dans son attachant Explorers), This Island Earth est une adaptation du roman de Raymond F. Jones mise en scène par Joseph Newman, paraît-il aidé par un Jack Arnold non-crédité au générique.

Sans bénéficier de l'aura d'un Forbidden Planet, This Island Earth marque pourtant l'histoire de la science-fiction au cinéma, proposant peut-être pour la première fois sur grand écran une vision spectaculaire du space opera. Bénéficiant d'un travail sans précédent sur les maquettes et les matte paintings, le film impressionne encore aujourd'hui, ses séquences spatiales s'avérant incroyables pour l'époque.

S'éloignant de l'anti-communisme primaire qui planait alors dans l'air, This Island Earth propose au contraire un récit bien plus intéressant que la simple menace extérieure, faisant même preuve d'un discours étonnamment nuancé. Dommage dès lors que le film de Joseph Newman souffre d'un rythme en demie teinte, mettant bien trop de temps à démarrer et souffrant (comme beaucoup de productions de cette période) d'une tendance au bavardage.

Reste que malgré ses longueurs et son kitsch inévitable (mais loin d'être rebutant), This Island Earth est une date importante dans le cinéma de science-fiction, ouvrant la porte à une poignée de longs-métrages qui sauront développer davantage ses expérimentations pour le plus grand bonheur des amateurs.

Gand-Alf 


                                                       Une chronique de Barbaltrouk

This Island Earth est un film sympathique mais qui possède malheureusement des défauts faisant ombre à ses grandes qualités. Le scénario est plus complexe qu'il n'y parait, l'histoire évoluant grandement durant tout le film. Cependant cela est entaché par des longueurs et un traitement pas toujours favorable... Par exemple la fin du film aurait pu être grandiose mais le développement du peuple des Metaluniens est baclé alors que c'est ce qu'on attend depuis le début...

Et c'est rageant car Exeter et les siens sont vraiment bien traitĂ©s durant tout le film, par leurs motivations par exemple, avant d’ĂŞtre gâchĂ©s dans le dernier quart d'heure... Et c'est d'autant plus dommage que les effets spĂ©ciaux sont vraiment très rĂ©ussis, prenant mĂŞme parfois le pas sur l'intrigue. Certains protagonistes servent aussi plus de faire valoir et d’Ĺ“il pour le spectateur, sans que cela dĂ©range forcement. Le hĂ©ros du film c'est bien Exeter, et le parallèle avec le capitaine NĂ©mo saute aux yeux.

En résumé This Island Earth est un film honorable mais qui aurait pu être vraiment très bon si il n'était pas gâché par certaines longueur et surtout un immense sentiment de "tout ça pour ça...?"

Barlbatrouk

vendredi 22 novembre 2019

Once upon a time... in Hollywood

                                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Quentin Tarantino. 2019. 2h41. Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Margot Robbie, Emile Hirsch, Margaret Qualley, Timothy Olyphant, Julia Butters, Austin Butler, Dakota Fanning, Bruce Dern, Mike Moh, Luke Perry, Damian Lewis, Al Pacino, Kurt Russel.

Sortie salles France: 19 Août 2019. U.S: 26 Juillet 2019

FILMOGRAPHIE: Quentin Tarantino est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, producteur et acteur amĂ©ricain, nĂ© le 27 mars 1963 Ă  Knoxville dans le Tennessee, aux États-Unis. Reservoir Dogs (1992). Pulp Fiction (1994). Jackie Brown (1997). Kill Bill: Vol. 1 (2003). Kill Bill: Vol. 2 (2004). Boulevard de la mort (2007). Inglourious Basterds (2009). Django Unchained (2012). Les Huit Salopards (2015). Once Upon a Time... in Hollywood.


"Le cinéma, ses églises du délire !"
SonnĂ©, estomaquĂ©, secouĂ©, traumatisĂ©, bouleversĂ©, en perte de repères sitĂ´t le gĂ©nĂ©rique bouclĂ©, Ă  l'instar du jeu dĂ©jantĂ© d'un Brad Pitt sous acide incapable de contenir son sĂ©rieux face Ă  une situation surgie de nulle part. Tels sont les premiers mots qui me viennent Ă  l'esprit face au nouvel Ă©vènement estampillĂ© Tarantino. Tarantino, ce gĂ©nie cinĂ©phile pur et dur dĂ©clarant ici une nouvelle fois sa flamme au cinĂ©ma et Ă  sa suprĂŞme essence. Mais attention, pas n'importe lequel, non ! Celui du cinĂ©ma(scope) de papa Ă  son plus noble essor, celui authentique des cinĂ©mas de quartier (oĂą l'on prĂ´ne les artisans Sergio Corbucci ou Antonio Margheriti !), celui de la Dernière sĂ©ance (avec ces westerns de sĂ©rie B en double programme), celui du cinĂ©ma rĂ©tro transcendĂ© de tĂŞtes d'affiches iconiques. A l'instar de la caricature de leurs rutilants posters esquissĂ©s de personnages et dĂ©cors flamboyants afin de susciter au spectateur le goĂ»t de l'envie, le dĂ©sir de s'Ă©vader. Celui d'une aventure tant promise donc. Des annĂ©es 50 Ă  la fulgurante dĂ©cennie 70, Tarantino pratique une mise en abyme jubilatoire Ă  travers le destin plein de mĂ©lancolie d'un ancien acteur des annĂ©es 50 tentant de se redorer une nouvelle image au travers de westerns spaghettis instaurĂ©s au prĂ©misse des Seventies. EpaulĂ© de sa doublure cascadeur Cliff avec qui il entretient une relation amicale indĂ©fectible, Rick Dalton accepte donc de se reconvertir dans ces nouveaux westerns Ă  contre-emploi, quand bien mĂŞme Charles Manson et ses disciples hippies sont sur le point d'assassiner Sharon Tate. Pratiquant l'uchronie comme il l'exerça plus tĂ´t si brillamment avec Inglorious BastardsQuentin Tarantino  rĂ©invente une nouvelle fois l'histoire lors de sa seconde partie au grĂ© d'une tension Ă  son paroxysme (pour ne pas dire insoutenable si bien que l'on en sort littĂ©ralement lessivĂ©, du moins auprès de mon jugement de valeur). C'est dire si ce dernier joue avec nos nerfs tel le marionnettiste alchimiste maniant Ă  la perfection ses ficelles pour donner chair Ă  l'illusion !


Pour cela, il mise sur l'expectative du carnage escomptĂ© en alternant les (dĂ©ambulations urbaines et) va et vient de Rick et Cliff se saoulant (au terme) jusqu'Ă  plus soif dans leur cocon domestique afin de clĂ´turer leur collaboration professionnelle, avec la stratĂ©gie planifiĂ©e d'un quatuor de droguĂ©s influençables dĂ©libĂ©rĂ©s Ă  parfaire l'irrĂ©parable (tuer des porcs qu'ils diront, de prĂ©fĂ©rence les plus nantis !). Ainsi, en distillant un infernal suspense autour du sort de Rick et Cliff avec celui de la douce Sharon Tate, indĂ©pendamment confinĂ©s dans leur villa rupin, Tarantino vient de parfaire un scĂ©nario aussi bien imprĂ©visible que rĂ©solument dinguo (si bien qu'il flirte carrĂ©ment avec le cartoon sardonique !). Et ce en pratiquant frĂ©quemment la mise en abyme Ă  travers les agissements de ces personnages se fondant dans l'aventure fictive pour y rejoindre un fait rĂ©el d'une ultra violence cinglante ! (les âmes les plus sensibles auront assurĂ©ment le souffle coupĂ© - ce qui Ă©tait mon cas - de par l'hallucinante maestria que Tarantino cultive pour susciter l'apprĂ©hension la plus sournoise, voire mĂŞme la terreur la plus suffocante). ScandĂ© d'un montage ultra fluide et d'une charpente narrative Ă  la fois irrĂ©prochable et doucement captivante (on prend ici son temps - sans nullement ennuyer -  Ă  planter un univers Hollywoodien afin d'y faire Ă©voluer des comĂ©diens de seconde zone en remise en question), Tarantino est parvenu une fois de plus Ă  nous conter (avec sa maĂ®trise infaillible) une VERITABLE histoire (de cinĂ©ma) imprĂ©gnĂ©e d'humanitĂ©, de folie, d'humour (notamment toutes ses sĂ©quences cocasses avec le chien de Cliff), de tendresse et surtout de nostalgie (celui d'un 7è art aujourd'hui rĂ©volu) et de tendre poĂ©sie. Ainsi, quelle conclusion sobrement Ă©mouvante/affectueuse Ă  travers une rĂ©invention de l'histoire en happy-end, Spoil ! dans la mesure d'y restituer la vie auprès de l'ĂŞtre disparu ! fin du Spoil


Transi d'Ă©moi Ă  la sortie de la projo, tant auprès de sa longue descente aux enfers faisant office d'anthologie horrifique (comptez 1 heure de modèle de mise en scène lors de son acte 2 suggĂ©rant en filigrane une rĂ©flexion sur l'influence de la violence au cinĂ©ma) que du dĂ©clin d'un acteur de sĂ©rie B terriblement attachant et d'autant plus brillant (professionnellement parlant), Once upon a time... in Hollywood demeure probablement l'une des plus belles dĂ©clarations d'amour au cinĂ©ma "vintage" Ă  l'orĂ©e des annĂ©es 70 (en sus d'un sublime hommage aux sĂ©ries TV policières en ascension). Fameux point d'orgue pour y bouleverser lors d'un parti-pris vĂ©riste les codes du paysage cinĂ©matographique. Pour parachever, comment ne pas Ă©voquer un mot sur les prestances intuitives de Leonardo Di Caprio (quelle fragilitĂ© Ă©motive dans son regard dĂ©chu !) et de Brad Pitt (quelle force tranquille dans sa posture dĂ©contracte !) formant un tandem singulier propice Ă  se tailler une place auprès des lĂ©gendes du cinĂ©ma rĂ©tro qu'ils (rĂ©)interprètent avec une complicitĂ© pleine de dĂ©rision. Quant Ă  la sublime et sexy Margot Robbie, rien que pour sa prĂ©sence Ă©motive confinĂ©e dans une salle de cinĂ©ma, car observant son propre personnage face Ă©cran; son sourire d'enfant Ă  la fois fripon et enchantĂ© (notamment pour y observer derrière les sièges les sentiments des spectateurs) me restera un poignant souvenir quant Ă  l'amour inextinguible que Tarantino porte pour les acteurs de cinĂ©ma. 

*Bruno

jeudi 21 novembre 2019

Barbarella / Barbarella: Queen of the Galaxy

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site filmaffinity.com

de Roger Vadim. 1968. France/Italie. 1h38. Avec Jane Fonda, John Phillip Law, Anita Pallenberg, Milo O'Shea, Marcel Marceau, Claude Dauphin, Serge Marquand, David Hemmings, Ugo Tognazzi, Véronique Vendell.

Sortie salles France: 25 Octobre 1968. U.S: 10 Octobre 1968

FILMOGRAPHIERoger Vadim est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, comĂ©dien, romancier et poète français, nĂ© le 26 Janvier 1928 Ă  Paris, dĂ©cĂ©dĂ© le 11 FĂ©vrier 2000. 1956: Et Dieu crĂ©a la femme. 1957: Sait-on jamais... 1958: Les Bijoutiers du clair de lune. 1959: Les Liaisons Dangereuses 1960. 1960: Et mourir de plaisir. 1961: La Bride sur le cou. 1962: Les 7 PĂŞchers capitaux. 1962: Le Repos du Guerrier. 1963: Le Vice et la Vertu. 1963: Château en Suède. 1964: Le Ronde. 1966: La CurĂ©e. 1968: Histoires Extraordinaires (sketch: Metzengerstein). 1968: Barbarella. 1971: Si tu crois Fillette. 1972: HellĂ©. (la Femme en grec). 1973: Don Juan 73. 1974: La Jeune fille assassinĂ©e. 1976: Une Femme Fidèle. 1980: Jeux Erotiques de Nuit. 1982: The Hot Touch. 1983: Surprise Party.


"Elle n'est pas de ce monde !"
Production improbable compromise entre Dino De Laurentiis et Roger Vadim (cĂ©lèbre rĂ©alisateur de Et Dieu crĂ©a la Femme), Barbarella est une aberration filmique tirĂ©e de la cĂ©lèbre bande-dessinĂ©e homonyme de Jean-Claude Forest. Co-produit entre la France et l'Italie, ce space opera criard et festoyant de par ses dĂ©cors hallucinĂ©s, son Ă©rotisme gentiment lubrique et ces Fx ringards, s'alloue d'un casting hĂ©tĂ©roclite aussi improbable que son compère Flash Gordon. Si bien que l'on y croise Marcel Marceau, Claude Dauphin, David Hemmings, Ugo Tognazzi et surtout la cĂ©lèbre pin-up Jane Fonda transperçant l'Ă©cran Ă  chaque plan de sa charnalitĂ© sexy. C'est d'ailleurs principalement grâce Ă  sa prĂ©sence sensuelle de blonde iconique au haut pouvoir de sex-appeal que le film de Vadim fait office de curiositĂ© saugrenue, suscitant notamment un charme rĂ©tro souvent irrĂ©sistible. Le pitchEn l'an 40 000, Barbarella est enrĂ´lĂ©e par le prĂ©sident de la Terre pour retrouver Durand Durand, un nuclĂ©ariste en possession d'une arme destructrice, le Positron. Sur la planète Lithion, la guerrière des Ă©toiles rencontrera une civilisation amorphe au sein d'une population asservie par les agissements totalitaires de la reine noire et de Durand Durand. Ainsi donc, Ă  travers sa combinaison de comĂ©die potache, d'Ă©rotisme soft et de science-fiction dĂ©gingandĂ©e, Roger Vadim nous concocte un divertissement dĂ©bridĂ© oĂą le scĂ©nario risible et l'extravagance lourdingue des personnages accouchent d'un nanar foutraque, Ă  consommer avec prudence selon l'humeur du jour pour les plus exigeants. Vous voilĂ  donc prĂ©venu !


Ainsi, de par sa narration agrĂ©ablement simpliste et surtout l'attrait pittoresque de certaines inventions surgies de nulle part (le dispositif masochiste de la machine Ă  mourir de plaisir ou les effets corporels de la pilule de l'amour, les envolĂ©es aĂ©riennes de l'ange Pygar, la rencontre avec une tribu d'enfants sardoniques, les poupĂ©es aux dents acĂ©rĂ©es) Barbarella se dĂ©cline en spectacle frĂ©tillant pour peu que l'on soit indulgent Ă  sa topographie narrative dĂ©structurĂ©e. L'intĂ©rĂŞt du spectacle psychĂ©dĂ©lique rĂ©sidant dans les rencontres impromptues que notre charmante hĂ©roĂŻne Ă©tablira afin de retrouver la trace de Durand Durand. Car frĂ©quemment molestĂ©e par ses rivaux de tous bords (une reine noire, un savant masochiste, des oiseaux agressifs et mĂŞme les poupĂ©es patibulaires susnommĂ©es - il fallait oser ! -) ou sujette aux avances sexuelles (corporelles ou virtuelles), Barbarella est Ă  la merci de ses ennemis avant de se confronter Ă  ses alliĂ©es (les insurgĂ©s contestataires). Qui plus est, jalonnĂ© d'Ă©parses batailles spatiales prĂ©figurant celles de la sĂ©rie TV San Ku KaĂŻ (si j'ose dire), l'aventure sidĂ©rale dĂ©payse en diable sous l'impulsion d'une partition musicale tantĂ´t dissonante, tantĂ´t pop. Tout un programme dĂ©calĂ© donc, quand bien mĂŞme la flamboyance de ses dĂ©cors de carton pâte, l'omniprĂ©sence de la divine Jane Fonda (parfaitement Ă  l'aise en vaillante amazone arborant une tenue distincte tous les quart d'heure !) et le ton dĂ©bridĂ© de certaines situations dĂ©concertantes transfigurent une sĂ©rie B kitch aimablement ringarde que Roger Vadim nous imprime sans complexe.


Ridicule auprès des pince sans rire, pittoresque (mĂŞme si parfois involontaire) auprès des fans de space opera surgis d'un esprit nonsensique, Barbarella demeure une production hybride Ă  situer entre le nanar dĂ©complexĂ© et la sĂ©rie B gĂ©nĂ©reusement foldingue. A (re)dĂ©couvrir au second degrĂ© donc, Ă  condition d'y ĂŞtre prĂ©parĂ©, selon votre humeur journalière.   

*Bruno
04.11.24. 4èx. Vostfr. 4K
21.11.19. 
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mercredi 20 novembre 2019

Kinjite sujets tabous

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Kinjite: Forbidden Subjects" de Jack Lee Thompson. 1989. 1h37. Avec Charles Bronson, Perry Lopez, Juan Fernández, James Pax, Peggy Lipton, Sy Richardson, Bill McKinney.

Sortie salles France: 26 Avril 1989

FILMOGRAPHIE (comprenant uniquement les productions des années 80): Jack Lee Thomson, de son vrai nom John Lee Thompson, est un réalisateur, scénariste et producteur britannique né le 1er août 1914 à Bristol (Royaume-Uni), décédé le 30 août 2002 à Sooke (Canada). 1980 : Cabo Blanco 1981 : Happy Birthday. 1981 : Code Red (TV). 1983 : Le Justicier de minuit. 1984 : L'Enfer de la violence. 1984 : L'Ambassadeur : Chantage en Israël. 1985 : Allan Quatermain et les Mines du roi Salomon. 1986 : La Loi de Murphy. 1986 : Le Temple d'or. 1987 : Le justicier braque les dealers. 1988 : Le Messager de la mort. 1989 : Kinjite, sujets tabous.


Ultime rĂ©alisation de Jack Lee Thompson Ă©paulĂ©e de son acteur fĂ©tiche Charles Bronson, Kinjite Sujets Tabous reprend Ă  peu près la mĂŞme recette que ces prĂ©dĂ©cesseurs (le Justicier de Minuit, l'Enfer de la Violence, La Loi de Murphy) de par son concentrĂ© de sadisme et de violence mâtinĂ©s de sexe scabreux. Si bien qu'en l'occurrence, le cinĂ©aste s'intĂ©resse au tabou de la pĂ©dophilie Ă  travers un rĂ©seau professionnel dĂ©libĂ©rĂ© Ă  kidnapper la fille d'un cadre japonais jouant les touristes afin d'oser mettre en pratique ses fantasmes. En somme l'arroseur arrosĂ© si j'ose dire, dans la mesure oĂą si celui-ci finit par se laisser dominer par ses fantasmes dĂ©viants lors d'attouchements sexuels sur une ado dans un bus scolaire (une sĂ©quence malsaine inĂ©vitablement dĂ©rangeante dans les Ă©changes de regards et la perversitĂ© de son geste illĂ©gal), sa propre fille fera un peu plus tard les frais du rĂ©seau pĂ©dophile lors d'un jeu de cache-cache avec la police. Quand bien mĂŞme l'agressĂ©e du car de ses odieux attouchements n'Ă©tait autre que la fille du lieutenant Crowe dirigeant l'enquĂŞte sans jamais se douter de la culpabilitĂ© du japonais (et ce jusqu'au gĂ©nĂ©rique de fin !???)


D'ailleurs, on peut rappeler que ce dernier s'inspira en faite des agissements d'un pédophile ayant commis plus tôt un attouchement auprès d'une autre victime paradoxalement consentante et un peu plus âgée !!! ???). Or, le problème s'avère que cette trame très équivoque, d'autant plus prémâchée, est à peine survolée par un Jack Lee Thompson peu inspiré par ce qu'il filme. Notamment si je me réfère à son montage chaotique, à ses seconds rôles cabotins (le supérieur du lieutenant vaut son pesant de cacahuètes à travers son autorité condescendante !) et à un cheminement narratif sporadique ponctué de règlements de compte corporels génialement grotesques. Le cinéaste se refusant à s'attarder sur la psychologie paraphile du voyeur japonais au profit de l'investigation musclée de Crowe jouant les redresseurs de tort avec une idéologie douteuse. Tant auprès de son racisme auprès des japonais que d'une exaction punitive carrément criminelle, et ce même si accidentelle (l'un des malfrats atterrira au fond d'une piscine après avoir été éjecté du haut d'un immeuble, ses chaussures ayant glissé des mains de ses oppresseurs !.)


Plaisir coupable du samedi soir truffĂ© de couacs narratifs et de failles techniques au sein d'un polar de sĂ©rie B imprĂ©gnĂ© de mauvais goĂ»t, Kinjite sujets tabous divertit sans ennuyer grâce Ă  la trivialitĂ© de son concept couillu que Charles Bronson impose avec son charisme viril imperturbable. Un nanar dĂ©complexĂ© en somme heureusement saturĂ© de sĂ©quences dĂ©bridĂ©es/incongrues que la gĂ©nĂ©ration 80 pourrait Ă  nouveau entĂ©riner avec autant de clĂ©mence qu'une pointe de nostalgie. En tout Ă©tat de cause, ce genre de divertissement limite irresponsable serait irrĂ©alisable aujourd'hui, faute de notre censure ultra conservatrice. 

*Bruno
2èx 

mardi 19 novembre 2019

Extrême Préjudice

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Notrecinema.com

de Walter Hill. 1987. U.S.A. 1h45. Avec Nick Nolte, Powers Boothe, Michael Ironside, MarĂ­a Conchita Alonso, Rip Torn, Clancy Brown, William Forsythe.

Sortie salles France: ? U.S: 24 Avril 1987

FILMOGRAPHIE: Walter Hill est un producteur, réalisateur et scénariste américain, né le 10 janvier 1942 à Long Beach, en Californie (États-Unis). 1975 : Le Bagarreur (Hard Times),1978 : Driver,1979 : Les Guerriers de la nuit, 1980 : Le Gang des frères James,1981 : Sans retour, 1982 : 48 heures, 1984 : Les Rues de feu,1985 : Comment claquer un million de dollars par jour,1986 : Crossroads, 1987 : Extrême préjudice, 1988 : Double Détente, 1989 : Les Contes de la crypte (1 épisode),1989 : Johnny belle gueule,1990 : 48 heures de plus,1992 : Les Pilleurs,1993 : Geronimo,1995 : Wild Bill, 1996 : Dernier Recours,1997 : Perversions of science (série TV),2000 : Supernova, 2002 : Un seul deviendra invincible, 2002 : The Prophecy, 2004 : Deadwood (série TV). 2006 : Broken Trail. 2012 : Du plomb dans la tête. 2016 : Revenger.


Réalisé entre Croosroads et Double Détente, Walter Hill rend hommage en 1987 à la Horde Sauvage de Peckinpah et aux 12 Salopards d'Aldrich en y juxtaposant deux bandes rivales compromises par la félonie (tant amicale que professionnelle et sentimentale). Si bien qu'un redresseur de tort, seul contre tous, est déterminé à faire sombrer Cash Bailey, un caïd de la drogue, ancien acolyte de jeunesse ayant eu autrefois une liaison avec sa compagne actuelle. Mais pour corser l'affaire, une armée de mercenaires, anciens vétérans du Vietnam passés pour mort, a pour mission d'éradiquer ce même trafiquant sous l'égide de la CIA. Ajoutez enfin entre ces conflits machistes à la verve parfois grotesque un enjeu sentimental autour de la mexicaine Sarita que se disputeront le Texas Ranger Jack Benteen et Cash Bailey en pleine dissension morale. En dépit d'une moisson de clichés, d'un scénario prévisible (même s'il tente de surprendre lors du second acte avec l'intrusion de nos vétérans en mission) et de personnages stéréotypés que les critiques de l'époque n'auront pas manqué de fustiger (en sus de son échec commercial), Extrême Prejudice joue la carte du film d'action du samedi soir sous le pivot d'une série B efficacement menée à défaut d'y révolutionner le genre.


Car si on a largement connu plus inspirĂ© Walter Hill passĂ© maĂ®tre dans l'art du gunfight tonitruant (48 heures, les Guerriers de la Nuit, Sans Retour, Driver), ExtrĂŞme Prejudice ne manque pas de charme, d'ultra violence chorĂ©graphique et de charisme Ă  travers ses gueules d'acteurs viriles bien connues de la gĂ©nĂ©ration 80. Et ce mĂŞme si la plupart des seconds couteaux roulent des mĂ©caniques Ă  l'aide de rĂ©parties ironiques aujourd'hui obsolètes. En tout Ă©tat de cause, Nick Nolte parvient sobrement Ă  rehausser le niveau dans le rĂ´le du shĂ©rif impassible Ă  la moralitĂ© psycho-rigide. Sa posture hiĂ©ratique ainsi que ses petits yeux bleus perçants affichant Ă  l'Ă©cran une prĂ©sence impĂ©rieuse assez prĂ©dominante. Quant Ă  Powers Boothe, s'il livre une prestation moins intense que son homologue, il s'avère pour autant d'une Ă©lĂ©gance charismatique dans celui d'un trafiquant prĂ©somptueux jouant le leader snobinard (costard blanc poussiĂ©reux Ă  l'appui) Ă  l'aide d'un cabotinage outrancier si je me reporte Ă  ses rĂ©parties caustiques.


Western moderne traversĂ© d'Ă©clairs de violences rĂ©solument impressionnants, ExtrĂŞme Prejudice se dĂ©cline en honorable sĂ©rie B d'action sous l'impulsion d'une poignĂ©e d'acteurs zĂ©lĂ©s dĂ©nuĂ©s de complexes Ă  se fondre dans des situations pĂ©rilleuses suicidaires. A l'instar de son carnage final apocalyptique, hommage Ă©vident au baroud d'honneur de la horde sauvage lors d'un règlement de compte anthologique saturĂ© du montage ultra dynamique. 

*Bruno
19.11.19. 4èx
04.02.11. 91 v

lundi 18 novembre 2019

Le Zombie venu d'ailleurs / Prey

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site bubblegeek.eklablog.com

de Norman J. Warren. 1977. Angleterre. 1h25. Avec Barry Strokes, Sally Faulkner, Glory Annen, Sandy Chinney, Eddie Stacey.

FILMOGRAPHIE: Norman J. Warren est un rĂ©alisateur, producteur, scĂ©nariste et monteur anglais, nĂ© le 25 Juin 1942 Ă  Londres. 1962: The Dock Brief (troisième assistant rĂ©alisateur). 1965: Fragment. 1966: La Nuit des GĂ©nĂ©raux (troisième assistant rĂ©alisateur). 1967: Sailor from Gibraltar (troisième assistant rĂ©alisateur). 1967: Her Private Hell. 1968: Loving Feeling. 1976: L'Esclave de Satan. 1977: Le Zombie venu d'ailleurs. 1979: Outer Touch. 1979: La Terreur des Morts-vivants. 1981: Inseminoid. 1984: Warbirds Air Display. 1985: Person to Person. 1986: Gunpowder. 1987: RĂ©veillon Sanglant. 1992: Meath School. 1993: Buzz.

Avec Inseminoid et L’Esclave de Satan, Le Zombie venu d’ailleurs compte parmi les rĂ©ussites modestes de Norman J. Warren — artisan bisseux, adepte d’exploitations dĂ©viantes, Ă  la croisĂ©e d’un gore craspec et d’un Ă©rotisme sulfureux. Sous ce titre fallacieux mais savoureusement trompeur (j’imagine la perplexitĂ© des spectateurs français lors de la projection officielle) se cache Prey (Proie), bien plus appropriĂ© Ă  ce scĂ©nario d’invasion carnassière : la mission secrète d’un E.T. Ă  forme humaine, venu se repaĂ®tre de protĂ©ines. VĂ©ritable ovni de SF, Warren livre sans doute lĂ  son film le plus Ă©trange, arrimant son intrigue Ă  l’intimitĂ© Ă©touffante de deux lesbiennes que cet intrus va dĂ©vorer de l’intĂ©rieur.

C’est Ă  la lisière d’une forĂŞt que Jessica et JosĂ©phine croisent l’inquiĂ©tant visiteur tombĂ© du ciel. Sous l’influence de la première, malgrĂ© la mĂ©fiance tenace de la seconde, elles l’hĂ©bergent dans leur maison champĂŞtre. De ce canevas sans surprise Ă©merge un huis clos dĂ©lirant : une scène de mĂ©nage Ă  trois oĂą la dominatrice JosĂ©phine se consume de haine et de jalousie, ulcĂ©rĂ©e par l’intrusion du mâle. L’inquiĂ©tude s’aiguise quand, dans les bois, lapins et poules se retrouvent Ă©ventrĂ©s. L’alien, placide, observe ces misandres s’Ă©trangler de soupçons — jusqu’Ă  ce qu’un soir, elles le travestissent pour une fĂŞte grotesque, cimentant le drame Ă  venir. La rancune et la possession feront le reste.

VoilĂ , en somme, l’intrigue saugrenue : un marivaudage lesbien piquĂ© de morsures cannibales, entre Ă©treintes Ă©picĂ©es et mise Ă  mort sanglante. Aussi improbable que tenace, Le Zombie venu d’ailleurs soutient son intĂ©rĂŞt jusqu’au bout, portĂ© par un climat insidieusement malsain, une partition Ă©lectronique stridente et le jeu candide d’acteurs amateurs, aussi naĂŻfs qu’attachants. Warren y insuffle une Ă©trangetĂ© presque hypnotique, tissant sous la discorde fĂ©ministe un fil de perversion latente. Barry Stokes, impassible sous sa carapace d’E.T. carnassier, intrigue et inquiète : derrière sa façade humaine, il dissimule une gueule bestiale, canines aiguĂ«s et truffe de molosse — vision grotesque, presque risible, mais efficace dans son irrĂ©alitĂ©.

On se souviendra surtout de l’improbable sĂ©quence de noyade, filmĂ©e au ralenti expĂ©rimental : un moment suspendu, trouble, presque onirique, oĂą l’alien, pris de convulsions, dĂ©rive entre les bras de ses hĂ´tesses impuissantes. Une parenthèse cauchemardesque, savoureuse de bizarrerie.


Rencontre d'un certain type à éviter.
HermĂ©tique, glauque, dĂ©licieusement dĂ©calĂ©, Le Zombie venu d’ailleurs reste une bisserie horrifique d’un autre âge, tĂ©moin d’une Angleterre alors capable d’enfanter ces curiositĂ©s inclassables, inexplicablement ensorcelantes. Marque de fabrique d’un Norman J. Warren scabreux et malhabile, mais amoureux viscĂ©ral du genre, franc-tireur sans complexe. Un petit classique insolite Ă  dĂ©guster seul, pour mieux ressentir l’intimitĂ© vĂ©nĂ©neuse de ce trio diabolique.

*Bruno
18.11.19. 4èx
12.11.13. 103 v

vendredi 15 novembre 2019

47 Meters Down: uncaged

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Johannes Roberts. 2019. U.S.A. 1h30. Avec Sophie Nélisse, Corinne Foxx, Brianne Tju, Sistine Stallone, Davi Santos.

Sortie salles U.S: 16 Août 2019

FILMOGRAPHIE: Johanne Roberts est un rĂ©alisateur, producteur, scĂ©nariste amĂ©ricain, nĂ© le 24 Mai 1976 Ă  Cambridge. 2019: 47 Meters down: encaged. 2018 : The Strangers: Prey at Night. 2016: In the Deep/47 Meters down. 2016 The Door. 2012 Storage 24. 2011 Roadkill (TV Movie). 2010: F.  2005 Forest of the Damned. 2004 Darkhunters. 2004: Hellbreeder. 2002/II Alice. 2001: Sanitarium (Video).


Sans jamais atteindre le degrĂ© d'intensitĂ© claustro de son surprenant modèle (plutĂ´t mĂ©sestimĂ© si je ne m'abuse), 45 Meters down: encaged ne manque surement pas de peps Ă  travers sa moisson de scènes d'action se renouvelant grâce Ă  la disparitĂ© des dĂ©cors et de ses personnages scindĂ©s en 2 clans. Ainsi, en dĂ©pit d'un Ă©vident manque de maĂ®trise dans la mise en scène (notamment auprès de sa première partie parfois redondante lors de la partie de cache-cache Ă  travers les catacombes entre survivantes et squales), Johanne Roberts ne manque pas de trouvaille visuelle (et de sonoritĂ© musicale ombrageuse !) Ă  travers son incroyable scĂ©nographie maritime abritant un temple maya. Il fallait d'ailleurs oser exploiter un dĂ©corum aussi baroque sans jamais sombrer dans le ridicule, notamment si je me rĂ©fère Ă  l'ornement des statues de pierre. RĂ©aliste, crĂ©pusculaire et vertigineux, de par les nombreuses attaques que nos plongeuses tentent de dĂ©jouer lors d'une course contre la montre en perdition, 47 Meters down... joue la carte de la sĂ©rie B du samedi soir avec une efficacitĂ© assez payante. 


MĂŞme si on peut dĂ©plorer les clichĂ©s usuels (la souffre-douleur en initiation d'affirmation) et les facilitĂ©s auprès de situations dĂ©nuĂ©es de suspense (ou alors pas si escomptĂ© que prĂ©vu selon ma sensibilitĂ© subjective). Et ce en s'inspirant sans complexe de The Descent 2, de par l'amĂ©nagement de grottes labyrinthiques nanties de couloirs Ă©trangement hostiles que de son action en roue libre dĂ©nuĂ©e de concession. Qui plus est, nanti d'une photogĂ©nie Ă©tonnamment spectrale, les requins affamĂ©s de chair humaine parviennent parfois (souvent ?) Ă  provoquer leur effet de frousse. Tant auprès de ces jump-scares cinglants dissĂ©minĂ©s ici et lĂ  que de leur course effrĂ©nĂ©e Ă  alpaguer leur victime avec une voracitĂ© vĂ©loce. Leurs apparitions toujours plus imposantes provoquant un malaise tangible Ă  travers leur morphologie dĂ©moniale si j'ose dire. Johannes Robert relançant notamment l'action dans de multiples directions impromptues Ă  travers un final Ă  rallonge intensĂ©ment interminable. Probablement les meilleures sĂ©quences, tout du moins les plus haletantes et oppressantes, si bien que le rĂ©alisateur cultive en prime une incroyable cruautĂ© Ă  tester l'endurance de ses ultimes rescapĂ©s en initiation de dĂ©passement physique et mental.


Un bon divertissement donc, honorablement interprété par des comédiennes juvéniles de seconde zone aussi bien méconnues qu'attachantes, de par leur fragilité morale et leur posture désorientée à repousser la terreur dans une fonction de débutante crédule. D'où l'attrait gentiment magnétique à observer leur solidarité commune (à 1 ou 2 exceptions couardes) dans une compétition de survie cruellement indécise. Et ce sans pouvoir prophétiser la prochaine victime...

*Bruno

Pour rappel la chronique de son modèle: https://brunomatei.blogspot.com/2016/08/in-deep.html

jeudi 14 novembre 2019

Chinatown. Oscar du Meilleur Scénario.

                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Amazon.com

de Roman Polanski. 1974. U.S.A. 2h11. Avec Jack Nicholson, Faye Dunaway, John Huston, Perry Lopez, Roman Polanski, John Hillerman, Darrell Zwerling, Diane Ladd.

Sortie salles France: 18 Décembre 1974. U.S: 20 Juin 1974

FILMOGRAPHIERoman Polanski, nĂ© Rajmund Roman Thierry PolaĹ„ski est un rĂ©alisateur, producteur et scĂ©nariste franco-polonais, Ă©galement comĂ©dien, ainsi que metteur en scène de théâtre et d'opĂ©ra, nĂ© le 18 aoĂ»t 1933 dans le 12e arrondissement de Paris.  1962 : Le Couteau dans l'eau. 1965 : RĂ©pulsion. 1966 : Cul-de-sac. 1967 : Le Bal des vampires. 1968 : Rosemary’s Baby. 1971 : Macbeth. 1972 : Weekend of a Champion, corĂ©alisĂ© avec Frank Simon. 1972 : Quoi ? 1974: Chinatown. 1976 : Le Locataire. 1979 : Tess. 1986 : Pirates. 1988 : Frantic. 1992 : Lunes de fiel. 1994 : La Jeune Fille et la Mort. 1999 : La Neuvième Porte. 2002 : Le Pianiste. 2005 : Oliver Twist. 2010 : The Ghost Writer. 2011 : Carnage. 2013 : La VĂ©nus Ă  la fourrure. 2017 : D'après une histoire vraie. 2019: J'accuse.


Grand moment de cinéma mené de main de maître par Roman Polanski rendant ici hommage au film noir sous l'impulsion du duo incandescent Jack Nicholson / Faye Dunaway, Chinatown renoue avec le cinéma glamour des années 30 de manière aussi bien épurée qu'escarpée. Tant auprès de sa mise en scène perfectionniste (on peut d'ailleurs parler de "modèle" tant Polanski maîtrise le cadre sans vaciller), de sa charpente narrative (culminant vers une cinglante conclusion d'une radicalité dramatique traumatisante) que du jeu intuitif des acteurs éclaboussant l'écran de leur sobriété contrastée. Ainsi, à travers un suspense passionnant irrigué de corruption écolo autour d'un enjeu de pouvoir disproportionné (la construction d'un barrage hydraulique), Chinatown demeure une déclaration d'amour au film noir que Nicholson et Dunaway transcendent dans leur rapport feutré chargé de secrets. Dans la mesure où le détective Gittes se voit contraint de retrouver le (ou la) coupable de la mort de l'ingénieur en chef, Hollis Mulwray, qu'il se motive à résoudre après avoir été dupé par la requête d'un faux témoin. Quand bien même au fil de son épineuse investigation semée de rencontres inhospitalières, il n'aura de cesse de côtoyer menace et chantage avant d'y déjouer un secret inavouable auprès de la culpabilité éhonté d'une famille galvaudée d'amour interdit.


Ainsi, en opposant une motivation pĂ©cuniaire entre industriels vĂ©reux parmi Spoil ! la dĂ©viance sexuelle d'un riche homme d'affaire fin du Spoil (que Polanski suggère Ă  travers l'intensitĂ© de mots timidement confessĂ©s en dĂ©sespoir de cause), Chinatown adopte une ampleur davantage insoupçonnĂ©e sous l'impulsion de personnages interlopes tentant Ă  tout prix d'Ă©touffer l'esclandre. Photo sĂ©pia veloutĂ©e sous un rayon solaire aride (Los Angeles est en sĂ©cheresse Ă  l'orĂ©e des annĂ©es 30), direction d'acteurs hors-pair parmi des seconds-rĂ´les saillants Ă  travers leur fonction dĂ©lĂ©tère dĂ©nuĂ©e de scrupule, partition musicale tantĂ´t ombrageuse, tantĂ´t langoureuse (signĂ©e Jerry Goldsmith svp !), Chinatown Ă©pouse autant une forme hypnotique qu'un fond substantiel Ă  travers l'implication de rivalitĂ©s couardes emmĂŞlĂ©es dans une spirale de dĂ©convenues, traĂ®trises et dĂ©veine. Et ce mĂŞme si les forces de caractère contradictoires imparties Ă  l'Ă©lĂ©gance magnĂ©tique de Nicholson et Ă  la vĂ©nĂ©neuse Faye Dunaway (bon Dieu cette prude prĂ©sence emplie de contrariĂ©tĂ©s inavouables !) y sont pour beaucoup dans l'attrait envoĂ»tant que suscite cette tragĂ©die politico-familiale. Bref, Chinatown est un chef-d'oeuvre Ă©purĂ©, un vrai, que Polanski ose mĂŞme transgresser jusqu'au bout de son propos, quitte Ă  sĂ©vèrement contracter l'humeur du spectateur en guise d'adieu ! Le genre de proposition artistique que l'on ne rencontre qu'une seule fois par an sur la toile, approximativement parlant.


*Bruno
2èx

Récompenses:
New York Film Critics Circle Awards 1974 : meilleur acteur pour Jack Nicholson (également récompensé pour La Dernière Corvée)
Oscars 1975 : meilleur scénario original pour Robert Towne
Golden Globes 1975 : meilleur réalisateur pour Roman Polanski, meilleur film dramatique, meilleur acteur dans un film dramatique pour Jack Nicholson, meilleur scénario pour Robert Towne
BAFTA Awards 1975 : meilleur acteur pour Jack Nicholson (également récompensé pour La Dernière Corvée), meilleur réalisateur pour Roman Polanski, meilleur scénario pour Robert Towne (également récompensé pour La Dernière Corvée)
Bodil 1975 : meilleur film non-européen
Prix Sant Jordi 1975 : meilleur film étranger
Prix Edgar-Allan-Poe 1975 : meilleur film
Writers Guild of America Awards 1975 : meilleur scénario dramatique original pour Robert Towne
Kansas City Film Critics Circle Awards 1975 : meilleur acteur pour Jack Nicholson, meilleur acteur dans un second rĂ´le pour John Huston
Fotogramas de Plata 1975 : meilleur acteur étranger pour Jack Nicholson (également récompensé pour Cinq pièces faciles)
National Society of Film Critics Awards 1975 : meilleur acteur pour Jack Nicholson (également récompensé pour La Dernière Corvée)
1991 : entrée au National Film Registry
2000 : entrée au Hall of Fame de la Producers Guild of America



mercredi 13 novembre 2019

Je suis une Légende / The Last man on Earth / L'ultimo uomo della Terra

                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cinemachoc.canalblog.com

de Ubaldo Ragona et Sidney Salkow. 1964. U.S.A/Italie. 1h27. Avec Vincent Price, Franca Bettoia, Emma Danieli, Giacomo Rossi-Stuart

Sortie salles U.S 8 Mars 1964

FILMOGRAPHIE PARTIELLESidney Salkow est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur amĂ©ricain nĂ© le 16 juin 1909 Ă  New York (État de New York), mort le 18 octobre 2000 Ă  Valley Village (en) (Californie). 1936 : Four Days' Wonder. 1937 : Behind the Mike. 1938 : TempĂŞte sur le Bengale. 1939 : Fighting Thoroughbreds. 1939 : Woman Doctor. 1939 : Street of Missing Men. 1939 : The Zero Hour. 1940 : Girl from God's Country. 1941 : The Lone Wolf Takes a Chance. 1941 : Time Out for Rhythm. 1942 : The Adventures of Martin Eden. 1942 : Flight Lieutenant. 1943 : La CitĂ© sans hommes. 1943 : The Boy from Stalingrad. 1946 : Faithful in My Fashion. 1947 : Millie's Daughter. 1947 : Bulldog Drummond at Bay. 1948 : Sword of the Avenger. 1949 : La Rivale dell'imperatrice. 1950 : La Femme traquĂ©e. 1952 : Une fille Ă  bagarres. 1952 : Le Faucon d'or. 1952 : Le Trappeur des grands lacs. 1957 : Gun Duel in Durango. 1957 : Chicago Confidential. 1960 : The Big Night. 1963 : Trio de terreur. 1964 : The Long Rifle and the Tomahawk. 1964 : Je suis une lĂ©gende. 1964 : The Quick Gun. 1964 : Blood on the Arrow. 1965 : Le Massacre des sioux. 1965 : The Murder Game.


1ère adaptation du roman de Matheson (bien que celui-ci renia le film), Je suis une LĂ©gende magnĂ©tise l'Ă©cran parmi la prĂ©sence intuitive du gentleman de l'Ă©pouvante Vincent Price et pour son ambiance de dĂ©solation Ă©tonnamment rĂ©aliste, notamment sous le pilier de sa photo monochrome renforçant l'inquiĂ©tude d'un silence feutrĂ©. On apprĂ©cie d'autant plus les attaques rĂ©pĂ©tĂ©es lorsque le docteur Robert Morgan se dĂ©bat contre les vampires / zombies et leur perforent le coeur si bien que ces derniers, atones, insufflent l'inquiĂ©tude escomptĂ©e (Ă  l'instar du retour de son Ă©pouse dĂ©cati, effet de surprise effrayant de par l'expression de son regard aliĂ©nĂ© !). Solidement rĂ©alisĂ©, Je suis une LĂ©gende captive sans ennui Ă  travers la quotidiennetĂ© esseulĂ©e du dernier survivant de l'humanitĂ© immunisĂ© contre un terrible virus ayant dĂ©cimĂ© toute la planète. La 1ère partie s'attachant Ă  nous dĂ©crire sa routine Ă  façonner des pieux en bois pour y exterminer les vampires durant le jour, et ce avant que ne dĂ©barque une moisson d'assaillants encerclant sa demeure dès le crĂ©puscule. 


On apprĂ©cie Ă©galement la dramaturgie escarpĂ©e d'un long flash-back nous dĂ©taillant de quelle manière le virus s'est accaparĂ© de la population (sans pouvoir intenter Ă  la vie de Robert), notamment auprès de sa famille recroquevillĂ©e dans leur demeure en escomptant dĂ©sespĂ©rĂ©ment un vaccin qu'il  tentera d'expĂ©rimenter. La seconde partie, encore plus captivante Ă  travers ses rapports humains plongĂ©s dans un climat d'amertume, se focalise sur la relation intime entre Robert et une rescapĂ©e aux intentions douteuses quant aux prochains rebondissements que Sidney Salkow exploite efficacement auprès de leur caractĂ©risation Ă  la fois amiteuse et parano. Quand bien mĂŞme son final en demi-teinte Ă©tonne par sa brutale rupture de ton quant au sort prĂ©caire de notre hĂ©ros en proie au lynchage de masse. D'ailleurs, Ă  travers la caste des hommes en noir on apprĂ©cie d'autant plus son rĂ©quisitoire contre le fanatisme, l'intolĂ©rance et la paranoĂŻa menant tout droit Ă  l'erreur humaine dans leur refus d'approuver la diffĂ©rence. Enfin, Ă  titre anecdotique, on imagine aisĂ©ment que George A. Romero s'en est sans doute inspirĂ© pour y parfaire la Nuit des Morts-vivants sorti 4 ans plus tard, si bien que toutes les sĂ©quences nocturnes auquel les crĂ©atures s'agglutinent autour de la demeure anticipent le siège de la ferme du classique susnommĂ©. A redĂ©couvrir donc si bien que Je suis une lĂ©gende demeure la meilleure adaptation cinĂ©matographique auprès de son ambiance funeste particulièrement Ă©trange et envoĂ»tante et pour la prĂ©sence infaillible de Price tout Ă  fait Ă  l'aise en unique survivant Ă  l'hĂ©roĂŻsme finalement dĂ©sespĂ©rĂ©. 


* Bruno
16.01.25. 4èx. Vost
13.11.19.
16.04.18.