Photo empruntée sur Google, appartenant au site Cinemotions.com
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L'altro Inferno/Le Couvent Infernal/ The Other Hell" de Bruno Mattei et Claudio Fragasso. 1980. Italie. 1h28. Avec Carlo de Mejo, Franca Stoppi, Franco Garofalo, Francesca Carmeno, Susan Forget.
Sortie salles France:
2 Octobre 1981
FILMOGRAPHIE:
Bruno Mattei est un réalisateur, monteur et scénariste italien, né le 30 Juillet 1931 à Rome, décédé d'une tumeur au cerveau le 21 Mai 2007 à Rome (Italie). 1980: Virus Cannibale. 1980:
L'Autre Enfer. 1982: Caligula et Messaline. 1981: Holocausto Porno. 1982: Les Aventures sexuelles de Néron et de Poppée. 1982: Pénitencier de Femmes. 1983: Révolte au pénitencier de filles. 1984: Les Rats de Manhattan. 1986: Bianco Apache. 1987: Scalps. 1988: Robotwar. 1988: Zombie 3. 1995: Cruel Jaws. 2003: Horror Cannibal 1 et 2. 2007: L'île des Morts-vivants. 2008: Zombie: la création.
Claudio Fragasso est un réalisateur et scénariste italien, né le 2 Octobre 1951 à Rome. 1980: L'Enfer des Morts-Vivants. 1987: Bianco Apache. 1987: Scalps. 1988: Zombie 4. 1990: Au-delà des Ténèbres. 1990: Troll 2. 2007: Milano Palermo - il ritorno. 2010: Le ultime 56 ore. 2012: Operazione vacanze.

Bisserie transalpine issue de la mouvance nunsploitation, L’Autre Enfer porte la signature de l’inénarrable Bruno Mattei, spécialiste de la série à petit budget, qui partage ici la réalisation avec Claudio Fragasso, également scénariste du film. D’après les déclarations de ce dernier, recueillies dans les bonus du DVD édité par Neo Publishing, il serait même le véritable responsable de la mise en scène, qu’il aurait intégralement assurée. Quoi qu’il en soit, L’Autre Enfer porte la marque de ces artisans transalpins délibérément attachés à façonner un pur produit d’exploitation, sous l’ombre tutélaire de Suspiria. La référence aux sorcières est d’ailleurs évoquée dans l’épilogue sardonique, tandis que la mort du jardinier rappelle celle de l’aveugle égorgé et que les incursions dans les catacombes s’accompagnent d’éclairages stylisés, empruntant notamment aux Frissons de l’angoisse pour l'objet symbolique de la poupée.
Le pitch : Dans un couvent, d’étranges phénomènes surnaturels et des meurtres en série se produisent. Un exorciste et un prêtre appelés à la rescousse vont tenter de lever le voile sur ces incidents régis par une mystérieuse confrérie religieuse.
Cette intrigue linéaire, confuse et chaotique ne constitue finalement qu’un prétexte pour enchaîner les péripéties horrifiques, au gré de l’investigation de deux hommes d’Église progressivement ébranlés par la révélation d’un horrible secret.

Émaillé de séquences gores parfois audacieuses - à l’instar du prologue, où une victime sacrifiée est éviscérée, sans oublier un nourrisson ébouillanté et (hélas) un snuf animalier -, L’Autre Enfer revendique l’héritage transalpin de maquilleurs passés maîtres dans l’art du meurtre cradingue. Les sacrifices humains orchestrés au cours de processions satanistes en constituent l’une des manifestations les plus outrancières. Outre son aspect ludique, ce récit à dormir debout se soucie assez peu de la vraisemblance des situations de danger, de l’intrusion du Mal au sein du couvent ou de la résolution de l’énigme prémâchée. Le film ressemble alors à une sorte de carnaval de l’enfer, où les nonnes, hystérisées et envoûtées, redoublent de sournoiserie en perpétrant d’horribles messes noires dans les catacombes du couvent.
L’enquête des deux prêtres souffre, quant à elle, d’incohérences et d’outrances expressives, entre postures apathiques et regards exorbités face au danger. Or, ce joyeux chaos nullement déplaisant est heureusement sauvé par une ambiance mortifère délectable, magnifiée par le score entêtant des Goblin, qui vient rythmer l’ensemble à point nommé.
Certains morceaux proviennent d’ailleurs du poème macabre de Joe D’Amato, Blue Holocaust, ou encore de Patrick, réalisé par Richard Franklin. On reconnaît également, dans le rôle de la mère supérieure, la proverbiale Franca Stoppi, dont le physique glaçant avait déjà marqué les esprits dans le film précité de D’Amato, où elle incarnait une inoubliable gouvernante. Quant au prêtre subalterne, il est interprété par un second couteau familier de l’écurie horrifique italienne : Carlo De Mejo (Contamination, Frayeurs, Manhattan Baby, La Maison près du cimetière). Excusez du peu les amis bisseux !

Avec sa réalisation approximative, ses personnages tantôt lunaires et son récit foutraque au possible, L’Autre Enfer aurait pu sombrer dans la nullité exhaustive. Or, pour les aficionados, son ambiance sépulcrale - notamment ce corridor obscur orné de mannequins de bébés pendus -, saturée par l'inoubliable musique des Goblin, propulse le spectateur dans une dimension occulte irrésistible. Le final en apothéose, qui fait intervenir quelques macchabées revanchards, parachève ce carnaval macabre avec une réjouissante démesure.
Tout bien considéré, L’Autre Enfer figure parmi les œuvres les plus inspirées de Bruno Mattei sur le plan formel, même si son acolyte Claudio Fragasso revendique, dans l’ombre, la paternité effective de sa mise en scène !
— Celui du cœur noir des images 🖤
24.07.20
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