de Christian Nyby et Howard Hawks. 1951. U.S.A. 1h27. Avec Margaret Sheridan, Kenneth Tobey, Robert Cornthwaite, Douglas Spencer, James R. Young, Robert Nichols.
Sortie salles France: 14 Décembre 1951. U.S: 6 Avril 1951 / 29 Avril 1951
FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Christian Nyby est un monteur et réalisateur américain, né le 1er Septembre 1913 à Los Angeles (Californie), décédé le 17 Septembre 1993 à Temecula.
1951: La Chose d'un autre Monde. 1957: Hell on Devil's Island. 1962: Elfego Baca: Six gun Law. 1965: Furie sur le Nouveau-Mexique. 1965: Operation C.I.A. 1967: First to fight.
Howard Hawks est un réalisateur, producteur et scénariste américain, né le 30 Mai 1896 à Goshen dans l'Indiana, décédé le 26 Décembre 1977 à Palm Springs en Californie. 1930: La Patrouille de l'aube. 1932: Scarface. 1933: Après nous le déluge. 1936: Brumes. 1936: Les Chemins de la Gloire. 1938: l'Impossible Monsieur Bébé. 1939: Seuls les anges ont des ailes. 1941: Sergent York. 1944: Le Port de l'Angoisse. 1946: Le Grand Sommeil. 1948: La Rivière Rouge. 1951: La Chose d'un autre Monde. 1952: La Captive aux Yeux clairs. 1952: Chéri, je me sens rajeunir. 1953: Les Hommes préfèrent les Blondes. 1955: La Terre des Pharaons. 1959: Rio Bravo. 1962: Hatari. 1966: El Dorado. 1970: Rio Lobo.
Bien avant The Thing de Carpenter, deux rĂ©alisateurs s’Ă©taient dĂ©jĂ appropriĂ© le roman de John W. Campbell, Who Goes There ?, afin d’innover dans une anticipation alarmiste. Et mĂŞme si Howard Hawks est officiellement crĂ©ditĂ© au poste de producteur, il aurait en rĂ©alitĂ© largement influencĂ© - voire partiellement assurĂ© - la mise en scène confiĂ©e Ă Christian Nyby.
Dans une rĂ©gion polaire de l’Arctique, des chercheurs font la stupĂ©fiante dĂ©couverte d’un vaisseau spatial Ă©chouĂ© sur la banquise. Après l’avoir fait exploser, ils rapatrient Ă leur base militaire le corps congelĂ© d’un extra-terrestre. Rapidement, la crĂ©ature s’Ă©veille, s’Ă©chappe et sème la terreur au sein du groupe.
Ce qui frappe d’emblĂ©e, Ă la redĂ©couverte de ce classique de la science-fiction mâtinĂ©e d’Ă©pouvante, c’est la modernitĂ© de sa mise en scène rigoureuse, filmĂ©e Ă la manière d’un reportage pris sur le vif. D’illustres cinĂ©astes comme Ridley Scott ou John Carpenter reprendront plus tard cette mĂŞme recette pour façonner, avec un rĂ©alisme glaçant, leur terreur diffuse face Ă la menace extra-terrestre (Alien et, bien entendu, The Thing).
DotĂ© d’un sens aigu du suspense sous-jacent, La Chose d’un autre monde s’impose comme une redoutable machine anxiogène, privilĂ©giant l’effet de suggestion avec une efficacitĂ© remarquable. L’originalitĂ© de son rĂ©cit confinĂ© dans un dĂ©cor hivernal rĂ©frigĂ©rant, conjuguĂ©e Ă l’aspect hybride de sa crĂ©ature vĂ©gĂ©tale - une sorte de carotte vivante se rĂ©gĂ©nĂ©rant grâce au sang humain - confronte le spectateur Ă une menace inĂ©dite, irrĂ©mĂ©diablement fascinante.
La dextĂ©ritĂ© avec laquelle les rĂ©alisateurs retardent ses apparitions furtives afin de distiller l’angoisse permet de dĂ©ployer, par intermittence, des sĂ©quences d’agression particulièrement cinglantes. L’affrontement avec la crĂ©ature piĂ©gĂ©e dans un incendie demeure ainsi saisissant, lorsque les flammes se propagent Ă l’intĂ©rieur d’un espace clos, mettant brutalement en pĂ©ril la vie des membres de l’Ă©quipe.
La sobriĂ©tĂ© de jeu des comĂ©diens renforce l’aspect quasi documentaire du film, tandis que l’esprit de cohĂ©sion leur permet d’affronter avec courage cette menace singulière. Pour complexifier encore l’enjeu de survie, un scientifique renfrognĂ© choisit de bafouer la hiĂ©rarchie afin de prĂ©server l’existence d’une race inconnue.
IrrĂ©sistiblement fascinant et profondĂ©ment inquiĂ©tant, La Chose d’un autre monde n’a rien perdu de sa rigueur technique ni de la modernitĂ© de sa rĂ©alisation, fondĂ©e sur un suspense mĂ©thodique et implacable. Un modèle du genre, Ă©tonnamment pragmatique et toujours stimulant.
— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤
29.01.13. 3èxBruno Matéï
















































