de Robert Wise. 1977. U.S.A. 1h53. Avec Marsha Mason, Anthony Hopkins, John Beck, Susan Swift, Norman Lloyd, John Hillerman, Robert Walden, Philip Sterling, Ivy Jones, Stephen Pearlman, Aly Wassil.
Sortie en salles en France:
Novembre 1977. US: 6
Avril 1977
FILMOGRAPHIE:
Robert Wise est un réalisateur, scénariste, producteur, monteur né le 10 Septembre 1914, décédé le 14 Septembre 2005 à Winchester (Indiana). 1944: La Malédiction des Hommes Chats, 1945: Le Récupérateur de cadavres, 1948: Ciel Rouge. Né pour Tuer. 1949: Nous avons gagné ce soir. 1952: La Ville Captive. 1952: Le Jour où la terre s'arrêta. 1954: Les Rats du Désert. 1957: Marqué par la Haine. 1958: l'Odyssée du sous-marin Nerka. 1962: West Side Story. 1964: La Maison du Diable. 1966: La Mélodie du Bonheur. 1967: La Canonnière du Yang-Tsé. 1972: Le Mystère Andromède. 1975: L'Odyssée du Hindenburg. 1977:
Audrey Rose. 1980: Star Trek. 1989: Les Toits. 2000: Une Tempête en été (télé-film)
"Pour l'âme, il n'y a ni naissance ni mort. L'âme ne connait pas la mort. Elle est éternelle, intemporelle, immortelle et primitive..." LA BHAGAVAD-GITA
"MĂ©moire d’une âme brĂ»lĂ©e".
En 1977, Robert Wise renoue avec le cinĂ©ma d’Ă©pouvante en s’inspirant du roman de Frank De Felitta, The Case for Reincarnation. Des aveux mĂŞmes de l’auteur, l’idĂ©e spirituelle de la rĂ©incarnation lui fut soufflĂ©e par une expĂ©rience intime : un jour, son fils de six ans se mit Ă jouer un air de ragtime au piano, sans jamais avoir pris la moindre leçon.
Le pitch : Un couple et leur fille Ivy sont importunĂ©s par un inconnu qui les Ă©pie. PersuadĂ© qu’Ivy est la rĂ©incarnation de sa propre fille Audrey Rose — morte brĂ»lĂ©e vive Ă l’âge de cinq ans dans un accident de voiture — il tente de convaincre les parents que l’enfant est en danger.
Longtemps occultĂ© depuis sa sortie et injustement considĂ©rĂ© comme un ersatz opportuniste de L’Exorciste ou La MalĂ©diction, Audrey Rose est en rĂ©alitĂ© un pur drame psychologique, poignant, bouleversant, enveloppĂ© d’un fantastique mystique. Son scĂ©nario dense, potentiellement inspirĂ© de faits rĂ©els, irrigue une Ĺ“uvre fragile et inquiĂ©tante, portĂ©e par la sobriĂ©tĂ© bouleversante de ses quatre interprètes.
Marsha Mason, déchirante de tendresse maternelle.
Anthony Hopkins, magnétique de persuasion en père endeuillé.
John Beck, irascible et cartésien, muré dans sa paternité orgueilleuse.
Et la petite Susan Swift — son tout premier rĂ´le ! — saisissante de naturel, entre innocence hagarde et angoisse croissante, traversĂ©e d’une conscience hantĂ©e.

Wise explore le trouble intime de deux parents dĂ©sarmĂ©s, confrontĂ©s aux dĂ©clarations dĂ©lirantes — ou prophĂ©tiques ? — d’un homme persuadĂ© que leur enfant est l’incarnation de sa fille morte. AsphyxiĂ©e, brĂ»lĂ©e vive, Audrey Rose succomba dans l’habitacle en flammes, sous les yeux de sa mère.
Et dès ses premières annĂ©es, Ivy est proie Ă des crises de somnambulisme violentes, ponctuĂ©es de convulsions, comme foudroyĂ©e par des cauchemars oĂą s’invoque un brasier.
Les parents, d’abord sceptiques, refusent d’admettre que leur fille pourrait n’ĂŞtre qu’un rĂ©ceptacle pour une âme damnĂ©e, consumĂ©e par une mort injuste.
La première partie du film se concentre sur la montĂ©e d’un doute, l’Ă©tude psychologique d’une incrĂ©dulitĂ© en train de vaciller. PortĂ© par la sagesse sereine de Mr. Hoover, le rĂ©cit questionne en filigrane la validitĂ© d’une croyance millĂ©naire : la mĂ©tempsychose, pratiquĂ©e par plus de 700 millions d’hindouistes, Ă laquelle Hoover s’est converti après de longues annĂ©es d’anthropologie.
Cette quĂŞte intime, quasi mystique, interroge notre rapport au destin, au sens mĂŞme de la vie, Ă travers le profil bouleversant d’Ivy — victime d’un hĂ©ritage invisible, d’un trauma antĂ©rieur, d’une mĂ©moire Ă©trangère.
Et puis viennent les sĂ©quences-chocs, brèves mais intenses : Ivy tourmentĂ©e, brisĂ©e par un souvenir qui n’est pas le sien, terrassĂ©e par un feu qui n’existe plus. Les parents, dĂ©sorientĂ©s, refusent d’y croire, s’enferment dans leur rationalitĂ©, dans leur refus d’un passĂ© qu’ils n’ont pas vĂ©cu.
La seconde partie s’ouvre sur un procès Ă la fois poignant, inquiĂ©tant et bouleversant, dans lequel Mr. Hoover, accusĂ© de rapt, doit rĂ©pondre de son acte dĂ©sespĂ©rĂ© : protĂ©ger Audrey Rose dans le corps d’une autre.
Mais chut… n’en disons pas plus.
"Et si la douleur survivait Ă la mort ?"
Solide, sobre, profondĂ©ment digne, Audrey Rose s’impose comme une rĂ©flexion vertigineuse sur la rĂ©incarnation. Refusant le racolage, mĂŞme dans ses sĂ©quences les plus troublantes, Wise honore le genre en lui offrant une gravitĂ© neuve, une tendresse douloureuse, une spiritualitĂ© douce-amère.
Une Ĺ“uvre rare, sensible, portĂ©e par l’austĂ©ritĂ© poignante de ses protagonistes, tous hantĂ©s par une question intime : que devient l’âme, quand le corps disparaĂ®t ?
Et mĂŞme si son Ă©pilogue bouleversant tente de nous rĂ©conforter dans la croyance d’une rĂ©demption, c’est bien l’incandescence du doute qui demeure.
Ă€ redĂ©couvrir d’urgence.
* Bruno
16.10.19. 5èx
15.11.11. 430 v
La Bhagavad Gita:
Livre de chevet du Mahatma Gandhi, la Gita pourrait se dĂ©finir simplement comme un traitĂ© de philosophie humaniste. La Gita se compose Ă©galement de 18 chapitres. La lecture de chaque chapitre est censĂ©e apporter des « mĂ©rites » Ă son lecteur. Ignorer la faim et la soif, rĂ©aliser ses rĂŞves, connaĂ®tre ses vies passĂ©es, guĂ©rir de maladies incurables, se dĂ©barrasser de ses dettes ou de ses ennemis… Tels sont les bĂ©nĂ©fices qu’apporte sa lecture, selon les croyances populaires.
C’est Ă l’aube de la bataille finale qui oppose les Kauravas et les Pandavas, que Krishna est amenĂ© Ă prononcer ce cĂ©lèbre discours afin d’encourager Arjuna Ă se battre et Ă vaincre le Mal… Arjuna est alors prĂŞt Ă renoncer Ă sa couronne afin d’Ă©pargner ses amis et ses maĂ®tres qui composent les rangs ennemis. Krishna lui rappelle ses devoirs en qualitĂ© de guerrier, dĂ©finit alors la « voie de l’action » (karma-yoga) et lui rĂ©vèle enfin sa vĂ©ritable nature…
L'Hindouisme:
Plus qu’une religion, plus qu’une philosophie, l’Hindouisme apparaĂ®t comme un vĂ©ritable mode de vie, rythmant le quotidien de plus de 80% de la population indienne.
L’inde compte ainsi plus de 330 millions de Dieux et DĂ©esses ! En fait, tous les villages, toutes les catĂ©gories sociales et professionnelles, toutes les familles et enfin tous les individus sont libres de se choisir, voir de se crĂ©er leurs propres divinitĂ©s. Ce n’est donc pas toujours facile de s’y retrouver…
Les origines de l’Hindouisme se trouvent dans des formes d’animisme, de fĂ©tichisme et de mysticisme ancestraux. Les premiers dieux vĂ©nĂ©rĂ©s en Inde, les Dieux VĂ©diques, Ă©taient le plus souvent reprĂ©sentĂ©s sous forme d’animaux et dĂ©diĂ©s aux Ă©lĂ©ments et aux manifestations naturelles. Ce sont les rĂ©cits Ă©piques (Ramayana et Mahabharata) qui donnèrent aux dieux une dimension plus humaine, tant dans leurs reprĂ©sentations que dans leurs interventions. Enfin, les rĂ©cits puraniques, tentent de rĂ©pertorier les diffĂ©rents dieux en regroupant les mythes et lĂ©gendes qui retracent la vie de chacun d’eux. En « humanisant » leurs Dieux, les Hindous souhaitaient se rapprocher d’eux et amoindrir l’influence parfois exagĂ©rĂ©e des Brahmanes.
Avec plus de 700 millions d’adeptes, l’hindouisme est l’une des principales religions du monde. Elle est Ă©galement Ă l’origine de nombreuses autres croyances (jaĂŻnisme, bouddhisme, zoroastrisme, sikhisme…), et est elle-mĂŞme fortement imprĂ©gnĂ©e de ces autres religions. L’Hindouisme a su Ă©voluer suivant les changements de la sociĂ©tĂ© du Sous-continent, s’adaptant localement, s’enrichissant et se diversifiant culturellement. Il en dĂ©coule une multitude de cultes, de doctrines et de coutumes…
Les fêtes en l'honneur des divinités se succèdent tout au long de l'année aux quatre coins du pays et rythment la vie de tous les hindous.
Et il n'est pas rare d'avoir vu se développer des coutumes locales particulières qui donnent à ses festivités des ampleurs considérables et les pèlerins se rassemblent parfois par millions en certains lieux sacrés.
Celui ou celle qui respecte le dharma et l'ordre cosmique sera délivré des souffrances humaines en échappant au Samsara, le cycle des renaissances.
En règle gĂ©nĂ©rale, on peut quand mĂŞme dire que les Hindous sont ceux « qui suivent la voie (dharma) dĂ©terminĂ©e par les castes (varna) et les quatre âges de la vie (ashrama) ».
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Accroches d'introduction:
Une petite fille hurle la nuit, son corps agitĂ© de convulsions, comme s’il se souvenait d’un feu que sa mĂ©moire ignore. Et si ce cri ne lui appartenait pas ? Si ce cauchemar venait d’un autre corps, d’un autre temps ?
Audrey Rose n’est pas un film d’horreur. C’est un cri Ă©touffĂ©, une litanie mystique sur l’errance des âmes. C’est la douleur d’une mĂ©moire qui cherche une voix pour revivre. Et c’est cette voix que Robert Wise fait trembler dans la gorge d’une enfant.
Certains films ne crient pas. Ils murmurent Ă travers les murs du rĂ©el. Audrey Rose est de ceux-lĂ : il vous effleure d’abord, puis vous brĂ»le lentement de l’intĂ©rieur. Jusqu’Ă vous faire douter de ce que vous ĂŞtes, de ce que vous avez Ă©tĂ©.
Il y a des douleurs que le temps ne dissout pas. Des âmes qui refusent l’oubli. Et parfois, les morts reviennent — pas pour hanter, mais pour s’expliquer.
Une fillette crie dans son sommeil, ravagĂ©e par un feu qui n’existe plus. Un homme la regarde comme on regarde un fantĂ´me revenu. Et vous, spectateur, vous vous demandez si la mort a vraiment le dernier mot.