vendredi 28 juillet 2017

The House on Sorority Row

                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site scopophiliamovieblog.com

de Mark Rosman. 1983. U.S.A. 1h31. Avec Kate McNeil, Eileen Davidson, Janis Ward, Robin Meloy, Harley Jane Kozak, Jodi Draigie, Ellen Dorsher

Sortie salles U.S: 21 Janvier 1983. Inédit en France.

FILMOGRAPHIE: Mark Rosman est un producteur, rĂ©alisateur et scĂ©nariste amĂ©ricain, nĂ© en 1959. 1983: The House on Sorority Row. 1985: Alfred Hitchcock prĂ©sente (Alfred Hitchcock Presents) (sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e). 1985 : The Blue Yonder (TV). 1986 : Capone Chien Gangster! (TV). 1994 : The Force. 1995 : Evolver. 1997 : Invasion Alien. 2000 : Grandeur nature (TV). 2000 : Mannequin d'un jour (TV). . 2004 : Comme Cendrillon. 2005 : L'Homme parfait. 2011 : Kate et William : Quand tout a commencĂ©... (TV).


Un groupe d'étudiantes se réunissent dans une sororité afin de célébrer la fête de fin d'année. Mais la matriarche, propriétaire de la demeure leur refuse illico de rester sur les lieux pour une éventuelle party. Les filles insolentes refusent de se laisser impressionner et se résignent à y séjourner. Mme Slater décide alors de se venger en provoquant un couple en coït. A leur tour, en guise de rancoeur, les étudiantes complotent une macabre mise en scène pour brimer la sexagénaire. Seulement, la mauvaise blague tourne au drame, celle-ci se noyant dans la piscine. Après avoir lesté le corps au fond du bassin, les filles entament leur fameuse party en compagnie de nombreux invités. Mais un mystérieux assassin rode aux alentours pour décimer un à un les responsables de la mort de Mme Slater.


Psycho-killer oublié des années 80 quand bien même il fut injustement proscrit de nos salles hexagonales, The House on sorority row exploite son filon en vogue avec une certaine efficacité. Et ce en dépit d'une réalisation académique, bien que relativement soignée, et d'incohérences parfois grossières (l'étudiant lambda inexplicablement sacrifié, aucune des filles ne s'interroge à savoir qui aurait pu planquer le cadavre de Mme Slater dans le grenier !). Pour autant, hormis ces anicroches et un schéma narratif usé jusqu'à la corde, ce psycho-killer parvient à distraire avec un charme et une sincérité qu'on ne retrouve plus dans nos productions contemporaines. La bonne idée de départ est de nous caractériser les futures victimes comme les coupables d'un meurtre accidentel ayant mal tourné. Ensemble, et d'un commun accord, elles décident de se débarrasser du cadavre sans en avertir la police, et ce en dépit de la réticence de certaines. Sournoises et véreuses mais rongées par le remord à l'exception de la responsable du crime, ces dernières parviennent à nous confronter à leur désarroi de s'être adonnées à un compromis aussi machiavélique.


Quand bien même le fantôme de Mme Slater pourrait sévir aux alentours après y avoir déplacer son corps à plusieurs reprises ! Nanti d'une photo saturée et d'une ambiance parfois disco lors d'une party nocturne, The house on sorority row laisse planer le mystère en la présence d'un tueur aussi invisible qu'invincible dont on devine toutefois assez rapidement l'identité si je me réfère à son prologue implicite. Pour autant, le suspense et la tension, aussi chétifs soient-ils, parviennent à faire leur petit effet lors de séquences d'angoisses et exactions morbides parfois percutantes ou envoûtantes. A l'instar de cette idée astucieuse de nous duper sur l'éventuel meurtre d'une future victime par le biais deux proies séparées à proximité d'un cimetière. Or, cette séquence trop furtive s'avère mal exploitée pour la résultante de son effet de surprise dénué d'intensité et de terreur. On se réconforte néanmoins vers son final haletant distillant une atmosphère onirique plutôt palpable lorsque l'unique survivante se retrouve confinée dans la demeure parmi le soutien d'un praticien et du tueur masqué. Et si l'héroïne manque un tantinet de conviction dans sa posture effarouchée, on se prête toutefois au jeu de son appréhension lors d'une partie de cache-cache assez inventive de par l'exploitation des décors domestiques et l'apparition finale du tueur assez surprenante.


Modeste psycho-killer des années 80, The house on Sorority row n'en demeure pas moins ludique, charmant et sympathique dans son intégrité d'y exploiter un efficace suspense sous le pivot d'une atmosphère horrifico-onirique gentiment prégnante. A (re)découvrir.

*Bruno

Dédicace à Célina Trinci

03.06.24. 3èx
28/07/17. 
11/05/11 (190 vues)

jeudi 27 juillet 2017

HOWARD LE CANARD

                                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cineclap.free.fr

"Howard the Duck" de Willard Huyck. 1986. U.S.A. 1h50. Avec Lea Thompson, Jeffrey Jones, Tim Robbins, Ed Gale, Chip Zien, Timothy M. Rose.

Sortie salles France: 10 Décembre 1986. U.S: 1er Août 1986

FILMOGRAPHIEWillard Huyck (né le 8 septembre 1945) est un scénariste, réalisateur et producteur américain. 1986: Howard... une nouvelle race de héros. 1984 Une défense canon. 1979 French Postcards. 1973 Messiah of Evil.


D'après le Comics Marvel éponyme créé par Steve Gerber et Val Mayerik, Howard the Duck est considéré comme l'un des plus gros échecs de l'histoire du cinéma au moment de remporter les pires Razzie Awards l'année même de sa sortie. Produit par Georges Lucas pour un budget avoisinant 30 millions de dollars, il n'en rapporte que 9 au grand dam du créateur de Star Wars. Véritable aberration filmique sortie tout droit d'une 4è dimension, Howard le canard est un nanar cosmique aussi impayable que lourdingue. Nanti d'un rythme folingue au travers de séquences d'actions homériques (trucages fluos en sus sans doute inspirés de S.O.S Fantômes !), de blagues de comptoir, d'allusions salaces (!?) et de gags infantiles conçus pour les - de 10 ans, ce divertissement familial parvient autant à amuser qu'à agacer un spectateur déconcerté par tant d'inepties. Le pitch à lui tout seul semble avoir été procréé par un cerveau déficient ! Jugez en !


De sa planète lointaine, un canard humanoĂŻde est subitement projetĂ© vers la terre par une masse Ă©nergĂ©tique expĂ©rimentĂ©e par un scientifique. Sur place, il fait la rencontre amicale d'une jeune rockeuse prĂŞte Ă  l'adopter, quand bien mĂŞme notre Ă©minent scientifique (incarnĂ© par l'excellent Jeffrey Jones - la Folle journĂ©e de Ferris Bueller - !) poursuit ses expĂ©riences Ă  l'aide de son spectroscope. Mais il libère incidemment un mĂ©chant monstre issue de la planète Sominus. Dès lors, ce dernier habitĂ© dans le corps du scientifique sème la panique dans New-york alors qu'Howard s'Ă©vertuera Ă  l'Ă©radiquer de sa petite taille vĂ©loce. MouvementĂ© car riche en pĂ©ripĂ©ties et catastrophes en roue libre (la pagaille dans le bar, l'Ă©chappĂ©e vertigineuse en ULM !), Howard le canard parvient tout de mĂŞme amuser la galerie sous l'impulsion d'un preux canard douĂ© de parole et de deux terriens que campent fougueusement la sĂ©millante et sexy LĂ©a Thompson et le grand dadais Tim Robbins Ă  ses prĂ©mices d'acteur (bien qu'il s'agisse de sa 6è apparition Ă  l'Ă©cran). Ce dernier se fondant dans la peau d'un novice scientifique avec un jeu outrĂ© d'olibrius intarissable. Le trio aussi bien attachant que crĂ©tin dans leurs bravoures de survie parvenant in extremis Ă  nous divertir, notamment grâce Ă  leur esprit (naĂŻf) de cohĂ©sion fraternelle.


Nanar de luxe oĂą se disputent dans un foutoir disproportionnĂ© gags potaches (souvent ridicules) et pyrotechnies parfois impressionnantes (FX assez convaincants Ă  l'appui !), Howard le canard risque de rendre une partie de son public cyclothymique Ă  la vue de cet ovni atypique ne sachant sur quel pied danser (tel ce fameux final avec l'intrusion d'une gigantesque crĂ©ature conçue en Animatronic !). Il faut le voir pour le croire, pour le meilleur et pour le pire ! 

Bruno Matéï2èx

mercredi 26 juillet 2017

THE BIG LEBOWSKI

                                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site senscritique.com

de Joel Coen et Ethan Cohen (non crédité). 1998. U.S.A/Angleterre. 1h57. Avec Jeff Bridges, John Goodman, Julianne Moore, Steve Buscemi, David Huddleston, Philip Seymour Hoffman, Peter Stormare, Flea, Torsten Voges, Tara Reid, John Turturro, Sam Elliott, Ben Gazzara, Leon Russom, David Thewlis.

Sortie salles France: 22 Avril 1998. U.S: 6 Mars 1998

FILMOGRAPHIE: Joel Coen (né le 29 novembre 1954) et Ethan Coen (né le 21 Septembre 1957) sont deux frères réalisateurs, scénaristes, monteurs, acteurs et producteurs américains.
1984: Sang pour Sang, 1987: Arizona Junior, 1990: Miller's Crossing, 1991: Barton Fink, 1994: Le Grand Saut, 1996: Fargo, 1998: The Big Lebowski, 2000: O'Brother, 2001: The Barber, 2003: Intolérable Cruauté, 2004: Ladykillers, 2006: Paris, je t'aime (tuileries), 2007: No country for old men, Chacun son cinéma (sktech: world cinema), 2008: Burn After Reading, 2009: A Serious Man, 2010: True Grit. 2013 : Inside Llewyn Davis. 2016 : Ave, César !


ConsidĂ©rĂ© quelques annĂ©es après sa sortie comme une oeuvre culte des nineties, The Big Lebowski n'a pas usurpĂ© cette rĂ©putation tant le divertissement purement rĂ©crĂ©atif confectionnĂ© par les Cohen s'avère aussi atypique que diablement rĂ©jouissant. Adoptant comme argument une classique histoire de kidnapping hĂ©ritĂ© d'un polar des annĂ©es 50, The Big Lebowski tire parti de son charme et de sa ferveur grâce Ă  sa distribution pĂ©tulante (on y croise Jeff Bridges, John Goodman, Julianne Moore, Steve Buscemi, Philip Seymour Hoffman, John Turturro, Sam Elliott et Ben Gazzara) et Ă  la disparitĂ© des genres (comĂ©die et polar) portĂ©s en dĂ©rision sous la camĂ©ra toujours aussi inventive des frères Cohen. Ces derniers rivalisant d'idĂ©es folingues pour pimenter leur rĂ©cit Ă  travers un cheminement de quiproquos, pĂ©ripĂ©ties et dĂ©convenues jamais Ă  court de carburant !


Et afin de rendre l'aventure plus exaltante et chimĂ©rique et de porter en Ă©difice leur amour du 7è art, les Cohen y intercalent quelques sĂ©quences onirico-baroques particulièrement stylisĂ©es (Ă  l'instar des Ă©vanouissements du Duc s'adonnant Ă  ses fantasmes après avoir Ă©tĂ© corrigĂ© par ses ennemis). Et Dieu sait si notre luron accumule les emmerdes et bĂ©vues après avoir tentĂ© d'arnaquer le notable Jeffrey Lebowski d'une rançon d'1 million de dollars. La femme de ce dernier ayant Ă©tĂ© kidnappĂ©e par de mystĂ©rieux malfrats, le Duc aura Ă©tĂ© dĂ©signĂ© comme intermĂ©diaire afin de dĂ©marcher leur transaction. Conçu Ă  la manière d'un trip hilarant sous les ressorts peu communs de l'oisivetĂ© et du jeu du bowling, The Big Lebowski baigne dans la dĂ©contraction la plus totale (pour ne pas dire la "cool attitude" !) autour d'un trio de losers aussi bonnards qu'empotĂ©s. Outre la composition dĂ©jantĂ©e d'un John Goodman pĂ©tri d'exubĂ©rances et rĂ©parties pĂ©dantes, et la prĂ©sence cinglante d'un John Turturro gĂ©nialement hilarant en bowler mafieux pourvu d'un pyjama violet, Jeff Bridges rafle la mise dans celui du tire-au-flanc insouciant adepte d'un alcool fĂ©tiche, le "Russe blanc" ! D'ailleurs, après la projo, on serait bougrement tenter de lui voler la recette !


ComĂ©die festive et tonique truffĂ©e de rebondissements et de partitions rock sous l'impulsion dĂ©bridĂ©e de comĂ©diens fringants, The Big Lebowski constitue une bouffĂ©e d'air frais au sein du paysage morose du cinĂ©ma conventionnel, voir aussi auteurisant. Les rĂ©alisateurs se permettant avec sincĂ©ritĂ© et avec une certaine Ă©motion (notamment ce final poignant iconisant le personnage du Duc !) de prĂ´ner les bienfaits de la flânerie par le principe d'une insouciance libertaire. En somme, faites ce que bon vous semble en vous rappelant incessamment que nous n'avons qu'une vie, aussi impermanente soit-elle ! 

Eric Binford.
2èx

mardi 25 juillet 2017

TIMECRIMES. Prix du Meilleur Inédit Video, Gerardmer 2009.

                                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site mjyoung.net

"Los cronocrímenes" de Nacho Vigalondo. 2007. Espagne. 1h35. Avec Karra Elejalde, Candela Fernández, Bárbara Goenaga, Nacho Vigalondo, Juan Inciarte.

Sortie Dtv France: 17 juin 2009. Espagne: 27 Juin 2008

FILMOGRAPHIENacho Vigalondo est un réalisateur et scénariste espagnol né le 6 avril 1977 à Cabezón de la Sal. 2007: Timecrimes. 2011: Extraterrestre. 2013: Open Windows. 2017: Colossal


Premier essai du dĂ©butant Nacho Vigalondo particulièrement remarquĂ© Ă  Fantastic Fest et Ă  GĂ©rardmer d'oĂą il remporte le Prix du meilleur inĂ©dit Video, Timecrimes exploite le thème du voyage temporel sous le pivot machiavĂ©lique du subterfuge. L'intrigue gigogne Ă©tant conçue Ă  la manière d'un puzzle Ă  rĂ©soudre autour de trois mĂŞmes personnages contraints de se chasser-croiser afin de rĂ©parer leur tort ainsi qu'un malencontreux incident mortel. Assis sur le hamac dans son jardin après avoir reçu un mystĂ©rieux appel tĂ©lĂ©phonique, Hector aperçoit de ses jumelles une jeune fille dĂ©vĂŞtue Ă  proximitĂ© des bois. DĂ©sireux d'en savoir un peu plus, il s'enfonce dans la forĂŞt mais est salement amochĂ© au bras Ă  la suite d'un coup de ciseaux perpĂ©trĂ© par un individu bandĂ©. Durant sa fuite, il trouve refuge dans un Ă©trange laboratoire dirigĂ© par un scientifique lui offrant son hospitalitĂ©. Mais sa vie va soudainement basculer et adopter une tournure ingĂ©rable lors d'un concours de circonstances temporelles pernicieuses. A la fois jubilatoire et constamment inquiĂ©tant et haletant, Timecrimes cultive un sens acĂ©rĂ© de la surprise par le truchement d'un sombre rĂ©cit riche en dĂ©convenues, simulacres et rebondissements. Et ce sous l'impulsion d'une victime malgrĂ© elle destinĂ©e Ă  retourner dans le passĂ© afin de le rendre rationnel et retrouver sa paix intĂ©rieure. Essentiellement endossĂ© par quatre comĂ©diens natifs d'Espagne, Timecrimes renforce d'autant plus son caractère crĂ©dible par leur identitĂ© mĂ©connue dans l'hexagone. Se glissant sobrement dans la peau de victimes et assaillants aussi bien empotĂ©s qu'infortunĂ©s, ces derniers redoublent pour autant d'audace, de vaillance, d'hypocrisie et de trahison afin de remporter la mise lors d'une Ă©preuve de force vertigineuse.


L'ennemi est en nous ! 
Jeu d'apparences biaisĂ©es et du chat et de la souris conduit avec une efficacitĂ© optimale, de par l'habiletĂ© d'une mise en scène plutĂ´t inventive, son sens de dĂ©rision sous-jacent et surtout ses pĂ©ripĂ©ties impromptues en roue libre (l'intrigue nous Ă©claircissant toujours un peu mieux au fil des investigations dĂ©doublĂ©es d'Hector !), Timecrimes sème doute et confusion afin de mieux nous surprendre l'instant d'après. Les va-et-vient rĂ©currents (et chaotiques) de notre victime temporelle en quĂŞte de rĂ©demption cultivant au cours de ses stratĂ©gies un fĂ©tide survival d'une cruautĂ© finalement amorale ! Une perle du genre, satire retorse sur la personnalitĂ© bicĂ©phale de l'homme victime de son ego et de sa nature sournoise.  

Bruno Matéï
2èx

Récompenses: 2007 : prix du public à Fantastic Fest
2007 : Grand prix du jury Ă  Fantastic Fest
2009 : Prix du meilleur inédit vidéo à Fantastic'Arts 2009

vendredi 14 juillet 2017

The Toxic Avenger / Toxic

                                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site avoir-alire.com

de Lloyd Kaufman et Michael Herz. 1984. U.S.A. 1h22. Avec Mitch Cohen, Mark Torgl, Andree Maranda, Pat Ryan Jr., Dan Snow, Gary Schneider, Cindy Manion

Sortie salles France: 29 mai 1985. U.S: 11 avril 1986

FILMOGRAPHIE: Lloyd Kaufman (né Stanley Lloyd Kaufman Jr. le 30 décembre 1945) est un réalisateur, producteur et acteur de cinéma underground et indépendant américain. 2017: Return to Return to Nuke 'Em High Aka Vol. 2. 2016 Grindsploitation. 2013 Return to Nuke 'Em High Volume
1. 2006 Poultrygeist: Night of the Chicken Dead. 2006 Debbie Rochon Confidential: My Years in Tromaville Exposed! (Video). 2004 Tales from the Crapper (Video) (non crédité). 2000 Citizen Toxie: The Toxic Avenger IV. 1999 Terror Firmer. 1996 Tromeo and Juliet. 1990 Sgt. Kabukiman N.Y.P.D. 1989 The Toxic Avenger Part III: The Last Temptation of Toxie. 1989 The Toxic Avenger Part II. 1988 Troma's War (as Samuel Weil). 1986 Atomic College (as Samuel Weil). 1984 Toxic (as Samuel Weil). 1983 The First Turn-On!! (as Samuel Weill). 1982 Stuck on You ! (as Samuel Weil). 1981: Waitress! (as Samuel Weil). 1979 Squeeze Play (as Samuel Weil). 1978 The Fur Trap. 1977 My Sex-Rated Wife (as David Stitt).1977 Exploring Young Girls (as David Stitt). 1976 Les Nympho Teens (as David Stitt). 1976 The Divine Obsession (as Louis Su). 1974 Sweet & Sour (as H.V. Spyder). 1973 The New Comers (as Louis Su). 1973 Ha-Balash Ha'Amitz Shvartz (non crédité). 1971 The Battle of Love's Return. 1969 The Girl Who Returned.


Film culte de la gĂ©nĂ©ration 80 considĂ©rĂ© Ă  juste titre comme l'un des plus rĂ©ussis de la firme Troma, The Toxic Avenger est l'idĂ©al trait d'union entre la parodie de films de super-hĂ©ros et la sĂ©rie Z horrifique sous couvert de gags potaches bas de plafond. Car grotesque et ridicule Ă  n'en plus finir de par son intrigue nonsensique truffĂ©e d'incohĂ©rences et de personnages cintrĂ©s littĂ©ralement erratiques, The Toxic Avenger est une immense farce de comptoir oĂą la dĂ©bilitĂ© règne en maĂ®tre ! Lloyd Kaufman et Michael Herz assumant fièrement leur dĂ©lire sardonique dans un esprit BD salement incorrect. Certaines sĂ©quences plutĂ´t trash empruntant l'itinĂ©raire du mauvais goĂ»t (le gosse Ă©crabouillĂ© Ă  deux reprises par une voiture, la mamie violemment tabassĂ©e par deux malfrats assoiffĂ©s de haine, le clĂ©bard flinguĂ© Ă  bout portant !) avec une dĂ©rision vitriolĂ©e risquant de faire grincer les dents aux non initiĂ©s. 

Le Pitch: EmployĂ© dĂ©ficient dans un club de musculation, Melville tombe dans un baril de dĂ©chets toxiques Ă  la suite d'une mauvaise blague infligĂ©e par sa clientèle. DĂ©figurĂ© et pourvu d'une force surhumaine, il devient le vengeur toxique en combattant le crime impuni ainsi que les responsables de sa mutation. DĂ©signĂ© par la population de Tromaville comme un super-hĂ©ros redresseur de tort, il est toutefois dĂ©nigrĂ© par le maire vĂ©reux de la ville avec l'appui de quelques policiers prĂŞts Ă  endiguer ses exactions hĂ©roĂŻques. Le vengeur toxique trucidant ses victimes avec une violence aussi dĂ©complexĂ©e que gĂ©nĂ©reusement sadique ! 


Baignant constamment dans une ambiance débridée de gore festif, d'humour crétin et d'action explosive, The Toxic Avenger distille une insolence effrontée en la présence volontairement grotesque d'un super-héros aussi bien fétide qu'attachant. Sa défroque insalubre, sa tête de plouc tuméfié et son caractère altruiste nous invoquant la sympathie à préserver la vie d'innocents dans un déluge d'ultra violence où le gore inventif ne connait aucune limite. Les effets spéciaux artisanaux s'avérant d'autre part réussis afin d'exacerber son réalisme grand-guignolesque. Qui plus est, la romance de Toxic amorcée avec une jeune aveugle au sein d'une cabane de fortune cultive des scènes intimistes volontairement mielleuses mais plaisamment potaches. Quand bien même, afin de relancer l'enjeu d'une action plutôt redondante, les auteurs se permettent d'évoquer en filigrane une réflexion sur les effets pervers de la vendetta meurtrière lorsque Toxic s'adonne à une exaction gratuite auprès d'une victime (faussement) innocente ! Toujours aussi irrévérencieux et imprégné de mauvais goût, le final pittoresque perdure les situations improbables avec l'intrusion massive de l'armée prête à y sacrifier notre vengeur depuis l'audace imbitable de son crime gratuit ! Spoil ! Pour autant, tout rentrera dans l'ordre avec un esprit bon enfant de happy-end salvateur lorsque la populace osera s'y interposer afin de sauver leur super-héros injustement incriminé ! Fin du Spoil.


D'une crétinerie en roue libre de par son humour décérébré qu'expriment sans modération nos personnages dinguos; hystérique, généreux et transgressif de par son déploiement d'ultra-violence gore, The Toxic Avenger ne peut que ravir les fans incorrigibles de délire trivial dans sa facture de BD marginale fièrement grotesque, débilos, décalée, démesurée. Attention toutefois à l'épuisement moral selon votre humeur journalière !

*Eric Binford.
4èx. Vostfr

jeudi 13 juillet 2017

Dr Jekyll et les Femmes. Prix du Meilleur réalisateur, Catalogne 81.

                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site therockyhorrorcriticshow.com

"L'Etrange cas du Dr Jekyll et Miss Osbourne" de Walerian Borowczyk. 1981. France, Allemagne, Angleterre. 1h31. Avec Udo Kier, Marina Pierro, Patrick Magee, Gérard Zalcberg, Howard Vernon, Clément Harari.

Sortie salles France: 17 Juin 1981 (Int - 18 ans). U.S: Inédit en salles.

FILMOGRAPHIE: Walerian Borowczyk est un cinéaste et plasticien polonais né le 2 septembre 1923 à Kwilcz, près de Poznań (Pologne), mort le 3 février 2006 au Vésinet en région parisienne.
1967 : Le Théâtre de monsieur et madame Kabal. 1968 : Goto, l'île d'amour. 1971 : Blanche. 1974 : Contes immoraux. 1975 : L'Histoire du péché. 1975 : La Bête. 1976 : La Marge. 1977 : Intérieur d'un couvent. 1979 : Les Héroïnes du mal. 1979 : Collections privées. 1980 : Lulu. 1981 : Docteur Jekyll et les femmes. 1983 : L'Art d'aimer. 1987 : Emmanuelle 5. 1988 : Cérémonie d'amour


Dr Jekyll et les Femmes - Aberration baroque d’un cauchemar charnel.
RepĂ©rĂ© par les vidĂ©ophiles lors de son exploitation VHS sous l’emblème sacrĂ© de Hollywood Video, Dr Jekyll et les Femmes demeure une aberration filmique comme le paysage horrifique en offre rarement. DĂ©jĂ  intriguĂ©s et glacĂ©s par sa bande-annonce monocorde, bâtie sur de simples arrĂŞts sur image - plans Ă©rotico-gores fondus les uns dans les autres - les amateurs s’Ă©taient ruĂ©s pour dĂ©couvrir ce que recelait cet objet supposĂ© sulfureux inspirĂ© de Stevenson. Ă€ rebours, Borowczyk ne s’appuie pas sur le roman que nous connaissons, mais sur une Ă©bauche que l’Ă©crivain dut sacrifier sous le joug de son Ă©pouse Fanny Van de Grift, jugeant l’Ĺ“uvre trop fade. C’est cette version fantĂ´me que le cinĂ©aste ressuscite, Ă  renforts de sexe et de sang (le film fut d’ailleurs interdit aux moins de 18 ans) sans sombrer dans l'outrance. Ă€ mi-chemin entre film d’auteur et sĂ©rie B provocatrice, Dr Jekyll et les Femmes orchestre une descente aux enfers singulière, au point d’en devenir l’adaptation la plus bizarre, la plus dĂ©rangeante et la plus insaisissable jamais projetĂ©e sur pellicule.

D’une simplicitĂ© presque triviale, le rĂ©cit expose la nuit de cauchemar que subiront les hĂ´tes aristocratiques du Dr Jekyll dans sa demeure tentaculaire. Depuis qu’une fillette battue Ă  mort a Ă©tĂ© retrouvĂ©e - prologue d’une brutalitĂ© malsaine malgrĂ© son hors-champ - un maniaque rĂ´de, prĂŞt Ă  frapper. Un Ă  un, les convives pĂ©rissent entre les mains du mystĂ©rieux Edward Hyde, tandis que la fiancĂ©e de Jekyll contemple ces exactions avec une fascination troublante. PortĂ© par une brochette d’illustres seconds couteaux chers aux amateurs de Bis (Udo Kier - Du sang pour Dracula -, Marina Pierro - La Morte-vivante -, Patrick Magee - Le Chat Noir -, GĂ©rard Zalcberg - Les PrĂ©dateurs de la Nuit -, Howard Vernon - L’Horrible Dr Orlof -, ClĂ©ment Harari - Inspecteur Labavure), Dr Jekyll et les Femmes distille une atmosphère fĂ©tide dans une unitĂ© de temps et de lieu Ă©touffante. SaturĂ©e d’une partition dissonante - littĂ©ralement envoĂ»tante, vĂ©nĂ©neuse - la mise en scène auteurisante de Borowczyk s’acharne Ă  composer des cadrages alambiquĂ©s, magnifiĂ©s par une photo ouatĂ©e, parfois traversĂ©e d’Ă©clairs d’un onirisme azurĂ©en. ExpĂ©rimental dans son stylisme et son goĂ»t provocateur pour les images scabreuses frĂ´lant un peu la pornographie Ă  travers 2/3 plans, le film se vit comme un cauchemar hallucinĂ©, pulvĂ©risant Ă  point nommĂ© les frontières du rĂ©el. Les acteurs, possĂ©dĂ©s par les pulsions de domination et de soumission, se livrent Ă  un jeu outrancier, presque rituel, littĂ©ralement fascinant.


"Déliquescence morale de la haute société."
RĂ©solument baroque - notamment cette mĂ©tamorphose impensable dans une baignoire souillĂ©e - et visuellement somptueux dans ses dĂ©cors gothiques tantĂ´t sensuels, tantĂ´t menaçants, Dr Jekyll et les Femmes renonce Ă  toute morale pour cĂ©lĂ©brer la funeste Ă©treinte d’amants maudits, submergĂ©s par la fascination du meurtre et la perversion sexuelle - jusqu’au vampirisme, voire Ă  un cannibalisme suggĂ©rĂ©. Il en Ă©mane une Ĺ“uvre hybride, ineffable, une expĂ©rience Ă©rotico-horrifique aussi charnelle que diaphane, au risque de diviser les spectateurs peu enclins Ă  apprivoiser un tel dĂ©lire inconfortable, mĂ©phitique et austère. Mais pour les amateurs d’ambiances atypiques baignĂ©es d’un surrĂ©alisme indicible, Dr Jekyll et les Femmes demeure une expĂ©rience hypnotique, unique en son genre, difficile Ă  oublier une fois le gĂ©nĂ©rique muet refermĂ©.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤

Dédicace à Isabelle Rocton

11.12.25. 3èx. VF

Récompense: Prix du Meilleur réalisateur lors du Festival international du film de Catalogne en 1981.

mercredi 12 juillet 2017

Sex Addict / Bad Biology

                                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cinemur.f

de Frank Hennenlotter. 2008. U.S.A. 1h25. Avec Charlee Danielson, Anthony Sneed, Krista Ayne, Jelena Jensen.

Sortie Dvd France: 18 Août 2009. U.S (dvd): 26 Janvier 2010

FILMOGRAPHIE: Frank Henenlotter est un réalisateur américain né le 29 août 1950 à New-York. 1982: Frères de sang. 1988: Elmer, le remue-méninges. 1990: Frères de sang 2. 1990: Frankenhooker. 1992: Frères de Sang 3. 2008: Sex Addict.


"Orgasmes mutants et pénis carnassier : Henenlotter lâche la bête !"

16 ans après Frères de sang 3, Frank Henenlotter ressurgit plus vigoureux et frondeur que jamais avec Bad Biology, vulgairement retitrĂ© chez nous Sex Addict. Si avec Frères de sang 3 il s’Ă©tait enlisĂ©, peinant Ă  raviver la folie de ses dĂ©buts (Frères de sang premier du nom, Elmer, et Frankenhooker), le voilĂ  rajeuni de seize ans — c’est le gouffre qui sĂ©pare son 3è opus de ce retour inattendu — retrouvant sa verve dĂ©bridĂ©e (les dialogues fusent Ă  tout va), sa causticitĂ©, son sens provocateur et son talent naturel de transgresseur, cette fois pour plonger Ă  corps perdu dans l’addiction sexuelle.

Synopsis: Une jeune nymphomane, mutante invraisemblable dotĂ©e de sept clitoris, multiplie les Ă©treintes d’un soir Ă  cadence effrĂ©nĂ©e, jusqu’au jour oĂą elle entrevoit l’orgasme titanesque d’une prostituĂ©e, provoquĂ© par un cĂ©libataire tout aussi Ă©rotomane. Lui, pourtant, s’Ă©chine Ă  calmer la voracitĂ© de son pĂ©nis dĂ©mesurĂ© en le gavant de psychotropes. DĂ©bute alors une descente aux enfers que nos deux amants se partagent Ă  distance (le rĂ©cit, scindĂ© en journaux intimes parallèles, juxtapose leurs dĂ©rives) avant de se rejoindre pour transcender, ensemble, un orgasme commun, dĂ©miurgique.


MĂ©ga trip libidineux, monstre cinĂ©matographique Ă  la fois mal Ă©levĂ© et dĂ©licieusement immoral (nouveaux-nĂ©s jetĂ©s dans les poubelles, orgasmes dĂ©bridĂ©es, final horrifique en clin d’Ĺ“il Ă  Frères de sang et plus encore Ă  Elmer), Bad Biology alterne cocasserie et dĂ©goĂ»t viscĂ©ral au grĂ© de situations surrĂ©alistes, scabreuses, parfois proprement inconcevables. Et ce malgrĂ© une intrigue d’une linĂ©aritĂ© dĂ©sarmante, sauvĂ©e par moult situations hallucinĂ©es et un final orgasmique aussi foutraque que grotesque. Baignant dans le mauvais goĂ»t, la provocation outrancière et la subversion Ă©rotico-trash flirtant avec la pornographie, Henenlotter enfante ici une farce monstrueuse sur l’emprise sexuelle, jalonnĂ©e de scènes anthologiques — ah… cet orgasme fĂ©minin, sans doute le plus interminable et vertigineux de toute l’histoire du cinĂ©ma ! Une vision qu’on n’oublie pas de sitĂ´t.

Ovni dĂ©glinguĂ© Ă©clos de l’esprit d’un esprit tordu, mais d'une luciditĂ© sarcastique, Bad Biology accumule insolences salaces et orgasmes dĂ©lirants, portĂ© par des comĂ©diens cabotins Ă  souhait, s’abandonnant sans pudeur aux ultimes convulsions du plaisir. Le rĂ©cit, irrĂ©sistiblement barrĂ©, n’est qu’un florilège d’excès, de masturbation extatique et de coĂŻts fiĂ©vreux.

"Sexe, sang et clitoris : le monstre jouit encore".
Satire au vitriol de la dĂ©pendance sexuelle, exhibant fièrement le pĂ©nis le plus monstrueux du septième art, Bad Biology joue la provocation Ă©picurienne avec un second degrĂ© irrĂ©sistiblement dĂ©capant. Marque de fabrique intacte d’un maĂ®tre de l’underground, plus vivace et juvĂ©nile que jamais.
Public averti

Bruno
15.06.25. 3èx. VF

mardi 11 juillet 2017

ATOMIC COLLEGE

                                                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Class of Nuke 'Em High" de Richard W. Haines, Michael Herz et Lloyd Kaufman. 1986. 1h23. Avec Janelle Brady, Gil Brenton, Robert Prichard, Pat Ryan, James Nugent Vernon, Brad Dunker, Gary Schneider.

Sortie salles France: 3 Juin 1987. U.S: 12 Décembre 1986

FILMOGRAPHIE: Lloyd Kaufman (né Stanley Lloyd Kaufman Jr. le 30 décembre 1945) est un réalisateur, producteur et acteur de cinéma underground et indépendant américain. 2017: Return to Return to Nuke 'Em High Aka Vol. 2. 2016 Grindsploitation. 2013 Return to Nuke 'Em High Volume
1. 2006 Poultrygeist: Night of the Chicken Dead. 2006 Debbie Rochon Confidential: My Years in Tromaville Exposed! (Video). 2004 Tales from the Crapper (Video) (non crédité). 2000 Citizen Toxie: The Toxic Avenger IV. 1999 Terror Firmer. 1996 Tromeo and Juliet. 1990 Sgt. Kabukiman N.Y.P.D. 1989 The Toxic Avenger Part III: The Last Temptation of Toxie. 1989 The Toxic Avenger Part II. 1988 Troma's War (as Samuel Weil). 1986 Atomic College (as Samuel Weil). 1984 Toxic (as Samuel Weil). 1983 The First Turn-On!! (as Samuel Weill). 1982 Stuck on You ! (as Samuel Weil). 1981: Waitress! (as Samuel Weil). 1979 Squeeze Play (as Samuel Weil). 1978 The Fur Trap. 1977 My Sex-Rated Wife (as David Stitt).1977 Exploring Young Girls (as David Stitt). 1976 Les Nympho Teens (as David Stitt). 1976 The Divine Obsession (as Louis Su). 1974 Sweet & Sour (as H.V. Spyder). 1973 The New Comers (as Louis Su). 1973 Ha-Balash Ha'Amitz Shvartz (non crédité). 1971 The Battle of Love's Return. 1969 The Girl Who Returned.


Troma: office de la contre-culture
Film culte des années 80 au même titre que son homologue Toxic avenger, Atomic College demeure également le cartoon vitriolé de tous les excès. Baignant dans une insolence résolument décomplexée sous l'impulsion de protagonistes extravagants aussi bien fêlés qu'écervelés, Atomic College conjugue humour bas d'plafond et gore débridé à un rythme échevelé ! Le pitch d'une rare trivialité tournant autour de la rivalité d'une bande de punks, anciens élèves du lycée de Tromaville, contre l'autorité d'enseignants et d'étudiants les plus entêtés. A la suite d'une fuite radioactive d'une centrale nucléaire située à proximité de leur établissement scolaire, certains d'eux se transforment en mutants et sombrent dans une folie meurtrière. Toutefois, légèrement contaminés par les effets radioactifs d'un joint, un jeune couple tente de s'opposer à la bande lors de règlements de compte ultra-violents.


Dès lors, dans une ambiance électrique d'hyper tension et d'incidents meurtriers, élèves et délinquants se confrontent au moment même où un monstre né des conséquences de la radioactivité est sur le point d'éclore. Rustre, bête et méchant (le passage à tabac d'une vieille dame !) et déjanté comme de coutume chez la Firme Troma, Atomic College reprend à peu de choses près les ingrédients salaces et gorasses de Toxic Avenger avec une alchimie plus ou moins égale. Et ce en dépit d'un cheminement narratif foutraque truffé d'invraisemblances et d'incohérences mais pour autant transcendé d'un débordement de situations toutes plus folingues et hilarantes les unes que les autres. Et ce avec l'appui d'un montage ultra dynamique et d'une partition rock de seconde zone où son thème entêtant ("Nuke 'Em High" !) s'impose avec une plaisante métronomie ! Car si Atomic College empile sans modération des gags acnéens enfantés par un cerveau déficient, l'ambiance survoltée de bonne humeur que les acteurs parviennent outrancièrement à exprimer et surtout l'inventivité des séquences gores rehaussées d'FX en latex plutôt adroits parviennent à nous galvaniser par leur énergie récréative !


100% pur jus de culte chez la centrale Tromaville ! 
Teen movie horrifico-potache Ă  la croisĂ©e de Class 84 (notamment ce final explosif oĂą nos mĂ©chants punks kidnappent la fille du hĂ©ros afin de l'entraĂ®ner dans les sous-sols du lycĂ©e !) et de Toxic Avenger (les lycĂ©ens se transformant en super mutants alors qu'un monstre visqueux est sur le point de les dĂ©glutir !), Atomic College affiche un "politiquement incorrect" en roue libre sous une facture polychrome de bande dessinĂ©e viciĂ©e. A revoir illico avec un attendrissant sourire de sale gosse ! 

Bruno Matéï
4èx

lundi 10 juillet 2017

THE LOST CITY OF Z

                                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site senscritique.com

de James Gray. 2016. U.S.A. 2h21. Avec Charlie Hunnam, Robert Pattinson, Sienna Miller, Tom Holland, Angus MacFadyen, Edward Ashley, Nicholas Agnew, Ian McDiarmid.

Sortie salles France: 15 Mars 2017. U.S: 21 Avril 2017

FILMOGRAPHIE: James Gray est un réalisateur, scénariste et producteur américain né à New York en 1969. 1994 : Little Odessa. 2000 : The Yards. 2007 : La nuit nous appartient. 2008 : Two Lovers. 2013 : The Immigrant. 2016 : The Lost City of Z.


D'après l'histoire vraie de l'explorateur anglais Percy Fawcett dĂ©libĂ©rĂ© durant toute sa vie Ă  retrouver les traces d'une Ă©ventuelle citĂ© d'or au coeur de la forĂŞt amazonienne, The Lost city of Z renoue avec le souffle Ă©pique et romanesque des rĂ©cits d'aventures les plus authentiques. Car riche d'une intensitĂ© Ă©motionnelle parfois bouleversante au travers de sĂ©quences intimistes sans fard, James Gray semble touchĂ© par la grâce d'avoir aussi majestueusement narrĂ© (structure limpide en sus) cette incroyable Ă©popĂ©e humaine prĂ´nant les thèmes des valeurs familiales, du courage, de l'espoir, du dĂ©passement de la peur, de l'obsession, du sens de l'amitiĂ© (les rapports indĂ©fectibles entre Percy et ses 2 comparses) et de la tolĂ©rance envers les ethnies sauvages discrĂ©ditĂ©es ou parfois exploitĂ©es Ă  l'esclavage chez l'homme blanc.


D'une ampleur visuelle Ă  couper le souffle au sein de vastes dĂ©cors naturels hostiles (extĂ©rieurs tournĂ©s en Colombie) confrontant l'homme Ă  une survie suicidaire (rations prĂ©caires d'eau et de nourriture, maladies, affronts meurtriers de tribus indigènes Ă  proximitĂ© des fleuves, faune sauvage Ă  l'affĂ»t), The Lost city of Z nous oriente vers un voyage mystique (son final Ă©vocateur faisant appel Ă  une idĂ©ologie spirituelle) sous l'autoritĂ© inflexible de Percy Fawcett. Un explorateur Ă©rudit et patriotique pĂ©tri de valeurs, de sens du devoir et en avance sur son temps quant Ă  sa morale imputĂ©e Ă  l'Ă©galitĂ© des sexes et au racisme que l'acteur Charlie Hunnam endosse avec noble sobriĂ©tĂ©. Cette foi furibarde et dĂ©sespĂ©rĂ©e de sillonner sa citĂ© perdue, son endurance de poursuivre sans relâche cet Eldorado durant plusieurs dĂ©cennies nous invoque stupeur et dignitĂ© par son courage physique, sa force de caractère, sa rĂ©silience de longue haleine, et ce en dĂ©pit des sacrifices qu'il est contraint de s'imposer auprès de sa fonction parentale. Car partagĂ© entre le sens du devoir familial et sa passion professionnelle, ce dernier pour autant rĂ©vĂ©rencieux et comprĂ©hensif aura tout de mĂŞme l'aubaine de se confronter Ă  une Ă©pouse aussi humaine car d'autant plus patiente, optimiste et tolĂ©rante en dĂ©pit de son dĂ©sarroi affectif et de sa crainte du trĂ©pas. LĂ  aussi James Gray dresse l'honorable profil d'une femme fidèle privilĂ©giant au final l'entreprise hĂ©roĂŻque de son Ă©poux, l'actrice Sienna Miller l'incarnant avec une juste discrĂ©tion, entre force d'esprit, franchise et Ă©lĂ©gance Ă©purĂ©e.


En terre inconnue
Passionnant et subtilement envoĂ»tant en dĂ©pit d'un dĂ©but gentiment placide prenant son temps Ă  exposer sa trame, The lost city of Z est un grand moment de cinĂ©ma sous l'oeil avisĂ© de l'Ă©minent James Gray maĂ®trisant la puissance de son rĂ©cit sous une fulgurance visuelle tangible. Magnifique portrait d'un destin aventurier, progressiste avant-coureur dont la raison de vie n'Ă©tait que de changer l'avenir et y imposer sa signature afin de confronter l'Ă©volution du monde aux civilisations inconnues, The Lost city of Z demeure une flamboyante Ă©popĂ©e humaine derrière une rage de vaincre l'Ă©chec, et ce quitte Ă  en sacrifier son destin. D'une sensibilitĂ© jamais dĂ©monstrative Ă©mane un chef-d'oeuvre humble oĂą son intensitĂ© dramatique nous bouleverse sans nous prĂ©venir, et ce pour nous transformer psychologiquement parlant. 

Bruno Dussart

vendredi 7 juillet 2017

LES SORCIERES / PACTE AVEC LE DIABLE

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site priceminister.com

"The Witches" de Cyril Frankel. 1966. Angleterre. 1h31. Avec Joan Fontaine, Kay Walsh, Alec McCowen, Ann BellAnn Bell, Ingrid Boulting, John Collin, Michele Dotrice.

Sortie salles Angleterre: 9 Décembre 1966. U.S: Février 1967. Inédit en salles en France

FILMOGRAPHIE: Cyril Frankel est un rĂ©alisateur anglais nĂ© le 28 dĂ©cembre 1921 Ă  Stoke Newington en Londres. 1950 : Explorers of the depths. 1950 : Eagles of the fleet. 1951 : Wing to wing. 1953 : The nutcracker. 1953 : Man of africa (documentaire). 1954 : Make me an offer. 1955 : It's great to be youg. 1957 : No time for tears. 1958 : She didn't say no! 1958 : Alive and kicking. 1960 : Scheidungsgrund : Liebe. 1960 : Never take sweets from a stranger. 1960 : School for scoundrels. 1961 : Don't bother to knock. 1961 : On the fiddle. 1963 : The very edge. 1966 : Pacte avec le diable. 1967 : The trygon factor. 1975 : La Trahison. 1990 : Eine frau namens Harry.


Perle de la Hammer mĂ©connue en France si bien qu'elle resta inĂ©dite en salles si je ne m'abuse, les Sorcières prĂ©figure avec 2 ans d'avance le chef-d'oeuvre de Roman Polanski, Rosemary's Baby. De par son parti-pris de dĂ©poussiĂ©rer le thème de la sorcellerie dans un cadre contemporain et son sens suggĂ©rĂ© d'exploiter apprĂ©hension et paranoĂŻa de la victime sans outrance grand-guignolesque. Et ce en dĂ©pit de sa dernière partie autrement vrillĂ©e lors des incroyables sĂ©ances de sabbat incantĂ©es autour de fanatiques transis d'Ă©moi. Fascinant et dĂ©lirant, ce dĂ©nouement horrifique vaut son pesant de cacahuètes par son illustration flamboyante et l'audace de quelques situations scabreuses si j'ose dire, notamment si on se rĂ©fère Ă  l'Ă©poque dans lequel le film fut conçu (la mĂ©lasse comparable aux excrĂ©ments que se partagent goulĂ»ment chaque fidèle provoque un dĂ©goĂ»t viscĂ©ral !). Après avoir Ă©tĂ© agressĂ©e par une expĂ©rience vaudou lors d'une mission en Afrique, Gwen Mayfield retourne dans son pays anglais pour y exercer un nouveau poste d'institutrice. FraĂ®chement dĂ©barquĂ©e au sein du petit village de Cornouailles, celle-ci est rapidement contrainte de s'inquiĂ©ter de la relation amoureuse de deux adolescents que les habitants pointent du doigt avec mĂ©disance


Suspense horrifique charpentĂ© par le truchement d'une ossature narrative soigneusement contĂ©e, Les Sorcières joue la carte de la sobriĂ©tĂ© pour mieux nous adhĂ©rer Ă  son cauchemar Ă©sotĂ©rique oĂą les forces du Mal sont sur le point de parfaire un stratagème morbide Spoil ! (sacrifier une vierge pour le compte d'une Ă©gĂ©rie avide de seconde jeunesse Fin du Spoil). PonctuĂ© de quelques dĂ©tails inquiĂ©tants et du comportement suspicieux de certains citadins tantĂ´t irascibles, tantĂ´t sournois, l'intrigue est bâtie du point de vue aussi bien vulnĂ©rable que preux de l'institutrice en quĂŞte investigatrice depuis l'incident d'un ado mystĂ©rieusement sombrĂ© dans le coma. Davantage dramatique au fil de pĂ©ripĂ©ties macabres et machiavĂ©liques que notre hĂ©roĂŻne dĂ©couvre (et subit !) avec une contrariĂ©tĂ© contenue, les Sorcières insuffle un subtil climat de tension au sein d'une rĂ©alitĂ© quotidienne corrompue par la science de la sorcellerie. ElĂ©gante, droite et mature dans sa posture d'Ă©ducatrice empathique plongĂ©e dans une improbable Ă©nigme surnaturelle, Joan Fontaine domine l'Ă©cran avec densitĂ© cĂ©rĂ©brale dans sa facultĂ© de dĂ©celer les tenants et aboutissants d'une Ă©trange confrĂ©rie et d'y dĂ©jouer leurs forces obscures non sans subterfuge (coup de théâtre inopinĂ© Ă  la clef lors du sort prĂ©caire de la victime !).  


MĂ©connue et occultĂ©e en France malgrĂ© sa rĂ©surrection en Dvd (merci Seven 7 !), les Sorcières demeure un petit bijou de suspense et d'Ă©pouvante Ă©thĂ©rĂ© sous l'autoritĂ© infaillible de la Hammer et la prĂ©sence Ă©purĂ©e d'une Joan Fontaine bougrement convaincante dans sa fonction d'institutrice policière ballottĂ©e par une conspiration sectaire. Fascinant, captivant et lestement vĂ©nĂ©neux sous l'esthĂ©tisme sĂ©pia d'un charmant hameau faussement paisible ! 

Bruno Dussart
2èx

jeudi 6 juillet 2017

Mulholland Drive

                                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site senscritique.com

de David Lynch. 2001. 2h26. U.S.A/France. Avec Naomi Watts, Diane Selwyn, Laura Harring,
Justin Theroux, Ann Miller, Dan Hedaya, Lori Heuring, Angelo Badalamenti.

Sortie salles France: 21 Novembre 2001. U.S: 12 Octobre 2001

FILMOGRAPHIE: David Lynch est un réalisateur, photographe, musicien et peintre américain, né le 20 Janvier 1946 à Missoula, dans le Montana, U.S.A. 1976: Eraserhead. 1980: Elephant Man. 1984: Dune. 1986: Blue Velvet. 1990: Sailor et Lula. 1992: Twin Peaks. 1997: Lost Highway. 1999: Une Histoire Vraie. 2001: Mulholland Drive. 2006: Inland Empire. 2012: Meditation, Creativity, Peace (documentaire).


Une perte identitaire au sein de l'industrie du 7è art. 
Histoire d'amour passionnelle au sein de l'univers impitoyable et si illusionniste d'Hollywood, Mulholland Drive oppose deux rĂ©cits contradictoires afin de semer doute et confusion Ă  travers l'identitĂ© trouble de deux jeunes actrices prometteuses aptes Ă  concourir pour la cĂ©lĂ©britĂ©. A la suite d'un accident de voiture conduit par deux mystĂ©rieux individus, une jeune femme brune est frappĂ©e d'amnĂ©sie. A proximitĂ© du crash, elle s'enfonce dans un bosquet pour se diriger vers la ville de Mulholland Drive. Elle finit par entrer Ă  l'improviste au sein d'une demeure occupĂ©e par une actrice nĂ©ophyte, Betty Elms, elle-mĂŞme chaudement hĂ©bergĂ©e par sa tante. Rapidement Ă©prise d'amitiĂ©, Betty dĂ©cide d'Ă©pauler l'inconnue dans sa quĂŞte identitaire, ce qui les mèneront vers une dĂ©couverte macabre.  


Magnifiquement incarnĂ© par Naomi Watts et Laura Harring crevant l'Ă©cran Ă  chacune de leurs apparitions, Mulholland Drive emprunte le cheminement d'un thriller Ă  suspense comme seul Lynch, alchimiste innĂ©, a le secret. Car constamment trouble et envoĂ»tant, imbitable mais aussi limpide quant aux rapports (autrefois) intimes des deux hĂ©roĂŻnes en proie Ă  l'investigation, sa narration dĂ©structurĂ©e est conçue Ă  la manière d'un puzzle que le spectateur s'efforce de remodeler sans en saisir tous les tenants et aboutissants. EmaillĂ© de sĂ©quences Ă©rotiques d'une sensualitĂ© Ă©purĂ©e (l'intense Ă©change du baiser durant l'audition de Betty, l'Ă©treinte sexuelle de cette dernière avec Rita nous hypnotisant les sens !), Mulholland Drive demeure un vĂ©nĂ©neux objet de sĂ©duction que notre duo saphique se partage entre passion des sentiments et rancune meurtrière. C'est ce que la seconde partie, brutalement dramatique et ramifiĂ©e dans les psychĂ©s contradictoires des hĂ©roĂŻnes, nous impose Ă  travers le dĂ©dale tortueux de deux personnalitĂ©s oĂą se disputeront trahison, cupiditĂ© et jalousie.


Une histoire d'amour dans la cité des rêves
EnvoĂ»tant, onirique, cocasse, absurde et mĂ©thodiquement fascinant au sein d'un environnement baroque indicible, Mulholland Drive cultive au final une superbe histoire d'amour Ă©corchĂ©e vive sous l'impulsion torride de deux actrices talentueuses corrompues par la chimère d'Hollywood. Sombre rĂ©cit d'Ă©chec personnel parmi le tĂ©moignage d'une foule de complices aussi bien interlopes que vĂ©reux, David Lynch y revĂŞt son talent de conteur singulier afin d'imposer sa signature personnelle. Pour cela, il emprunte par ailleurs le truchement du thriller obsessionnel oĂą les indices irrĂ©solues nous laissent fatalement en suspens (du moins au 1er visionnage). On se laisse pour autant facilement bordĂ© par la main de ce rĂŞve Ă©veillĂ© parmi l'emprise lascive de deux Ă©gĂ©ries d'Hollywood traversant l'Ă©cran de Lynch avec une dĂ©sillusion romanesque. Rien que pour elles (les protagonistes et les comĂ©diennes ne faisant qu'une !), Mulholland Drive constitue un prĂ©cieux moment de cinĂ©ma d'une finesse sensorielle.  

*Bruno 
 20.01.25. 3èx. 4K Vost


Récompenses:
Festival de Cannes 2001 : Prix de la mise en scène, ex æquo avec The Barber de Joel et Ethan Coen.
César 2002 : Meilleur film étranger.
BAFTA 2002 : Meilleur montage pour Mary Sweeney.

mardi 4 juillet 2017

REMO, SANS ARME ET DANGEREUX

                                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cinematerial.com

"Remo Williams: The Adventure Begins" de Guy Hamilton. 1985. U.S.A. 2h01. Avec Fred Ward
Joel Grey, Wilford Brimley, J.A. Preston, George Coe, Charles Cioffi, Kate Mulgrew.

Sortie salles France: 19 Mars 1986. U.S: 11 Octobre 1985

FILMOGRAPHIEGuy Hamilton, né le 16 septembre 1922 à Paris (France) et mort le 20 avril 2016 à Majorque en Espagne, de parents britanniques, est un réalisateur britannique. 1952 : L'assassin a de l'humour (The Ringer). 1953 : Le Visiteur nocturne. 1954 : Un inspecteur vous demande. 1955 : Les Indomptables de Colditz. 1956 : Charley Moon. 1957 : Manuela. 1959 : Un brin d'escroquerie.
1959 : Au fil de l'épée. 1961 : Le Meilleur Ennemi. 1964 : L'Affaire Winston. 1964 : Goldfinger.
1965 : The Party's Over. 1966 : Mes funérailles à Berlin. 1969 : La Bataille d'Angleterre. 1971 : Les diamants sont éternels. 1973 : Vivre et laisser mourir. 1974 : L'Homme au pistolet d'or. 1978 : L'Ouragan vient de Navarone. 1980 : Le miroir se brisa. 1982 : Meurtre au soleil. 1985 : Remo sans arme et dangereux. 1989 : Sauf votre respect.


Film culte des annĂ©es 80 ayant bercĂ© toute une gĂ©nĂ©ration, Ă  l'instar du tout aussi fun et dĂ©bridĂ© Commando, Remo sans arme et dangereux est un divertissement d'action follement rĂ©jouissant sous l'impulsion Ă©pique d'un thème Ă©lectro de Craig Safan et Tommy Shaw aussi inoubliable. Et ce en dĂ©pit de l'aspect totalement improbable de l'entrainement rigoureux de RĂ©mo entamant une initiation hĂ©roĂŻque avec une agilitĂ© surrĂ©aliste (il faut le voir esquiver les balles par la seule vĂ©locitĂ© de son corps ainsi que la force de son esprit !). Officiellement dĂ©cĂ©dĂ© après une interpellation musclĂ©e avec des malfrats, le policier Samuel Makin est en fait le jouet d'une organisation secrète dĂ©libĂ©rĂ©e Ă  l'exploiter pour nettoyer la ville des dirigeants les plus vĂ©reux, notamment ceux appartenant Ă  une base militaire. Avec l'aide d'un vieux chinois et durant une longue Ă©preuve de force aussi bien morale et physique, Samuel devient Remo auprès de l'enseignement d'une bravoure sans armes. TruffĂ© d'humour voir d'hilaritĂ© (parfois involontaire quant au caractère "hĂ©naurme" de certains exploits physiques - Chiun accourant sur l'eau d'un lac Ă  grandes enjambĂ©es - !), de bonne humeur et de chaleur humaine autour de la relation amicale que se partagent progressivement Remo et son mentor, MaĂ®tre Chiun, Remo s'extirpe du ridicule, aussi naĂŻf soit son concept singulier (un super-hĂ©ros sans panoplie se dĂ©fendant Ă  mains nues contre les balles ennemies !). DĂ©nuĂ© d'une once de prĂ©tention et assumant pleinement le cĂ´tĂ© saugrenu de ces pĂ©ripĂ©ties au sein d'un schĂ©ma narratif somme toute classique, Guy Hamilton parvient pour autant Ă  rajeunir le genre acadĂ©mique en cette Ă©poque sacro-sainte des Eighties grâce Ă  la gĂ©nĂ©rositĂ© de son action tantĂ´t inventive, tantĂ´t vertigineuse.


A l'instar de certaines sĂ©quences de haute voltige (l'Ă©preuve d'acrobatie sur la grande roue, l'affrontement musclĂ© du haut de la statue de la libertĂ© en rĂ©novation - l'escalade sur le tronc d'arbre dĂ©placĂ© dans les airs par un câble porteur) provoquant la sensation d'ivresse ! Nous sommes d'autant plus impressionnĂ©s par l'habiletĂ© de la rĂ©alisation et du montage n'en faisant jamais trop (ou alors si peu !) pour Ă©pater la vue avec souci artisanal du dĂ©tail technique. Bref, une Ă©poque rĂ©volue donc conçue sur l'authenticitĂ© de cascades impeccablement coordonnĂ©es si bien que l'ère numĂ©rique n'en n'Ă©tait pas encore Ă  sa prĂ©mices. Au-delĂ  de l'aspect fun des moments d'entraĂ®nements Ă  la fois cocasses et improbables, et du passage Ă  l'acte belliqueux de Remo sur le terrain militaire, RĂ©mo renchĂ©rit son charme en la prĂ©sence d'un trio pĂ©tulant militant les valeurs d'amitiĂ© et d'amour (et ce en dĂ©pit du machisme badin de Chiun !). Fred Ward incarnant sans nul doute son rĂ´le le plus sympathique Ă  l'Ă©cran dans celui du (super) hĂ©ros infaillible si bien que l'acteur au charisme viril compte sur la dĂ©rision et la bonhomie de sa posture surhumaine afin de se dĂ©marquer de l'orgueil. Dans celui du manager placide plein de sagesse et de bons prĂ©ceptes, Joel Grey lui partage la vedette avec davantage de cocasserie puis l'empathie progressive qu'il cultive auprès de son comparse avec poignante dignitĂ© (notamment ce final oĂą perce une Ă©motion sensible quant Ă  l'Ă©ventuel sort dramatique de Chiun ou de Remo !). Enfin, affublĂ©e d'une robe militaire longiligne, la charmante et si rare Kate Mulgrew se fond dans la peau d'un major avec une innocence et un naturel fondĂ©s sur la noblesse de sentiments aussi sincères qu'amoureux.


InĂ©vitablement naĂŻf et Ă  la limite du grotesque lors de certaines sĂ©quences homĂ©riques hallucinĂ©es, Remo, sans arme et dangereux s'extirpe miraculeusement du ridicule, voir de la sĂ©rie Z de luxe, grâce Ă  sa cocasserie en roue libre monopolisant tout le cheminement narratif, Ă  ses pĂ©ripĂ©ties davantage explosives si je me rĂ©fère Ă  la touche guerrière de la dernière demi-heure (ajoutez notamment l'aspect dĂ©paysant du vaste cadre forestier magnifiquement filmĂ©) et surtout grâce Ă  la camaraderie de l'attachant trio hĂ©roĂŻque dĂ©bordant de spontanĂ©itĂ© et chaleur humaine (j'insiste encore lĂ -dessus !) pour nous combler de bĂ©atitude communicative ! 

Dédicace à Olivier Hancart, Ludovic Hilde, Abdala Bouzebiba
Bruno Dussart
3èx

lundi 3 juillet 2017

GHOST STORY

                                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr 

"Histoire de fantĂ´mes" de Stephen Weeks. 1974. Angleterre. 1h27. Avec Murray Melvin, Larry Dann, Vivian MacKerrell, Marianne Faithfull, Barbara Shelley, Anthony Bate, Leigh Lawson...

Sortie salles France: 22 Septembre 1976. Angleterre: 19 Mars 1974

FILMOGRAPHIE: Stephen Weeks est un réalisateur, scénariste et producteur anglais né en 1948 à Hampshire. 1984: The Bengal Lancers! 1984: L'épée du vaillant. 1976: Scars (TV Movie documentary). 1974: Histoire de fantômes. 1973: Gawain and the Green Knight. 1971: I, Monster.


Il y a des raretés dont on ferait mieux de ne pas exhumer de l'oubli.

Eric Binford