vendredi 30 janvier 2015

SPIDER-MAN 2

                                                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site screenrant.com

de Sam Raimi. 2004. U.S.A. 2h07. Avec Tobey Maguire, Kirsten Dunst, James Franco, Alfred Molina, Rosemary Harris, J.K. Simmons, Lucy Liu.

Sortie salles France: 14 Juillet 2004. U.S: 30 Juin 2004

FILMOGRAPHIE: Sam Raimi est un réalisateur, acteur, producteur et scénariste américain, né le 23 Octobre 1959 à Franklin, Etats-Unis.
1981: Evil-Dead. 1985: Mort sur le Grill. 1987: Evil-Dead 2. 1990: Darkman. 1993: Evil-Dead 3. 1995: Mort ou Vif. 1998: Un Plan Simple. 1999: Pour l'amour du jeu. 2000: Intuitions. 2002: Spi-derman. 2004: Spider-man 2. 2007: Spider-man 3. 2009: Jusqu'en Enfer. 2013: Le Monde fantastique d'Oz.


Second volet d'une trilogie Ă  succès, Spider-man 2 s'avère indubitablement le meilleur volet de la sĂ©rie. Que ce soit en terme d'action anthologique au service de l'intrigue et de caractĂ©risation humaine finement auscultĂ©e, le spectacle de Sam Raimi s'avère en tous point de vue Ă©clatant de virtuositĂ© dans une structure narrative passionnante. Cette fois-ci, Spider-man doit combattre Octopus, un savant ayant rĂ©ussi Ă  créé 4 bras mĂ©caniques soudĂ©s Ă  son corps et manipulĂ©s par son cerveau. Alors que Harry Osborn, meilleur ami de Peter Parker, souhaite se venger auprès de spider-man depuis la mort de son père, Mary-Jane Watson est sur le point de se marier. PartagĂ© entre le dĂ©sir de la reconquĂ©rir et son devoir hĂ©roĂŻque, Peter finit envisage de mener une vie paisible avant que sa conscience et les conseils avisĂ©s de ses proches ne le rappellent Ă  la raison. 


Sous couvert de film de super-hĂ©ros trĂ©pidant dĂ©ployant moult rixes urbaines entre Octopus (nouvel ennemi tentaculaire hyper charismatique !) et Spider-man, Spider-man 2 sĂ©duit surtout par sa nature romantique oĂą l'amour s'avère le centre d'intĂ©rĂŞt de Peter Parker, notamment pour prĂ©server sa muse contre l'ennemi. Puisque livrĂ© Ă  un choix cornĂ©lien, il doit aujourd'hui se confronter au choix moral de son statut de super-hĂ©ros lorsque celle qu'il a toujours aimĂ© est sur le point de se consacrer Ă  une nouvelle vie sentimentale. RĂ©flexion sur le dĂ©passement et la confiance en soi (Peter perd ses pouvoirs Ă  partir du moment oĂą il commence Ă  dĂ©nigrer son destin hĂ©roĂŻque), sur la notion de hĂ©ros (quitte Ă  sacrifier un rĂŞve, doit-il consacrer toute son existence Ă  combattre l'ennemi pour protĂ©ger les innocents après s'ĂŞtre rendu coupable de la mort de son oncle ?) et sur l'influence du Mal du point de vue du rival (Octopus, dĂ©passĂ© par ses ambitions scientifiques, se retrouve esclave de sa machine avant que son intelligence ne le rappelle Ă  une noble rĂ©flexion !), Spider-man 2 privilĂ©gie le portrait de personnages en conflit intrinsèque. A l'instar d'Harry Osborn envahi par sa rancoeur afin de venger l'honneur de son père (alors qu'il dĂ©couvrira bientĂ´t que son meilleur ami s'avère Spider-man ! ), et Ă  l'exemple de Mary-Jane Watson espĂ©rant au fond d'elle que Peter lui avouera enfin ses sentiments. Cette densitĂ© impartie Ă  la contrariĂ©tĂ© des personnages s'avère donc le pilier Ă©motionnel de l'intrigue sans que le spectacle homĂ©rique de Sam Raimi ne pâtisse d'un manque de rythme dans les pugilats belliqueux. Les scènes d'action hyper vigoureuses et inventives s'avĂ©rant Ă  couper le souffle, de par la fluiditĂ© technique mais aussi l'agilitĂ© des comĂ©diens en roue libre ! 


Projet ambitieux de blockbuster intelligent alternant caractĂ©risation psychologique et corps Ă  corps dantesques entre super-hĂ©ros stoĂŻques, Spider-man 2 fait autant la part belle au lyrisme et Ă  l'Ă©motion empathique dans la force sentimentale de deux amants compromis au dilemme cornĂ©lien. Un spectacle aussi grandiose dans la dĂ©mesure (les FX numĂ©riques sont ahurissants de rĂ©alisme Ă  l'instar de l'assaut du mĂ©tro et des envolĂ©es aĂ©riennes de Spider-man !) qu'intimiste dans la force de l'amour et la foi en l'accomplissement de soi ! 

Bruno Matéï
2èx

jeudi 29 janvier 2015

Une Hache pour la lune de miel / Il Rosso segno della follia

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site bmoviezone.wordpress.com

de Mario Bava. 1970. Italie/Espagne. 1h28. Avec Stephen Forsyth, Dagmar Lassander, Laura Betti, Jesus Puente, Femi Benussi, Antonia Mas, Luciano Pigozzi.

Sortie salles Italie: 2 Juin 1970. Espagne: 14 Septembre 1970

FILMOGRAPHIE: Mario Bava est un rĂ©alisateur, directeur de la photographie et scĂ©nariste italien, nĂ© le 31 juillet 1914 Ă  Sanremo, et dĂ©cĂ©dĂ© d'un infarctus du myocarde le 27 avril 1980 Ă  Rome (Italie). Il est considĂ©rĂ© comme le maĂ®tre du cinĂ©ma fantastique italien et le crĂ©ateur du genre dit giallo. 1946 : L'orecchio, 1947 : Santa notte, 1947 : Legenda sinfonica, 1947 : Anfiteatro Flavio, 1949 : Variazioni sinfoniche, 1954 : Ulysse (non crĂ©ditĂ©),1956 : Les Vampires (non crĂ©ditĂ©),1959 : Caltiki, le monstre immortel (non crĂ©ditĂ©),1959 : La Bataille de Marathon (non crĂ©ditĂ©),1960 : Le Masque du dĂ©mon,1961 : Le Dernier des Vikings (non crĂ©ditĂ©),1961 : Les Mille et Une Nuits,1961 : Hercule contre les vampires,1961 : La RuĂ©e des Vikings, 1963 : La Fille qui en savait trop,1963 : Les Trois Visages de la peur, 1963 : Le Corps et le Fouet, 1964 : Six femmes pour l'assassin, 1964 : La strada per Fort Alamo, 1965 : La Planète des vampires, 1966 : Les Dollars du Nebraska (non cĂ©ditĂ©), 1966 : Duel au couteau,1966 : OpĂ©ration peur 1966 : L'Espion qui venait du surgelĂ©, 1968 : Danger : Diabolik ! , 1970 : L'ĂŽle de l'Ă©pouvante ,1970 : Une hache pour la lune de miel ,1970 : Roy Colt e Winchester Jack, 1971 : La Baie sanglante, 1972 : Baron vampire , 1972 : Quante volte... quella notte, 1973 : La Maison de l'exorcisme, 1974 : Les Chiens enragĂ©s,1977 : Les DĂ©mons de la nuit (Schock),1979 : La Venere di Ille (TV).

Sorti discrètement en VHS sous le titre fallacieux La Baie Sanglante 2, alors qu’il fut tournĂ© un an avant La Baie Sanglante, Une Hache pour la Lune de Miel s’avère fascinant Ă  plus d’un titre, malgrĂ© une rĂ©putation longtemps timorĂ©e, dĂ©sormais rĂ©habilitĂ©e par les puristes du maestro Mario Bava.

Le pitch : John Harrington, riche hĂ©ritier d’une maison de couture, est un psychopathe incapable de rĂ©frĂ©ner ses pulsions meurtrières : il assassine de jeunes mariĂ©es pour tenter d’exhumer un souvenir traumatique enfoui dans l’enfance.

Longtemps considĂ©rĂ©, Ă  tort, comme une Ĺ“uvre mineure, ce thriller vĂ©nĂ©neux reste pourtant singulier, troublant, captivant dans son portrait d’un schizophrène prisonnier d’un trauma infantile. Travesti parfois d’une robe de mariĂ©e pour parfaire son rituel, il Ă©voque Psychose par ses visions macabres de l’Ă©pouse dĂ©funte, ses thèmes de refoulement, d’amour maternel et de possessivitĂ©.


Bava, maĂ®tre du clair-obscur mental, jongle entre hallucination et rĂ©alitĂ© pour mieux nous Ă©garer dans les dĂ©dales d’un esprit rongĂ© de fantĂ´mes. Une sĂ©quence Ă  suspense hitchcockien reste mĂ©morable : quelques gouttes de sang perlent d’un escalier, prĂŞtes Ă  trahir le meurtre alors que la police interroge le monstre. Formellement somptueux (comme toujours chez Bava), baignant dans une atmosphère gothique oĂą dentelles nuptiales et gerbes de fleurs se confondent Ă  l’architecture baroque de la demeure, Une Hache pour la Lune de Miel brille aussi grâce Ă  Stephen Forsyth. L’acteur insuffle au tueur une ambiguĂŻtĂ© saisissante : paranoĂŻa incontrĂ´lĂ©e, charme insidieux, regard azur et silhouette longiligne, il hypnotise l’Ă©cran, figure Ă©cartelĂ©e entre Eros et Thanatos. Ă€ ses cĂ´tĂ©s, la troublante Laura Betti, Ă©pouse martyr devenue spectre vengeur, partage la vedette avec une force vĂ©nĂ©neuse : mĂŞme incinĂ©rĂ©e, elle vampirise encore la psychĂ© de John, fidèle Ă  sa promesse : ne jamais le quitter.
 

La Mariée Sanglante
Soutenu par la partition capiteuse de Sante Maria Romitelli - dont cette valse lascive autour de mannequins vĂŞtus de blanc - et aurĂ©olĂ© d’un esthĂ©tisme baroque Ă  la sensualitĂ© trouble, Une Hache pour la Lune de Miel mĂ©rite qu’on le ressuscite. Pour son climat d’incertitude obsĂ©dante, son glissement vers un fantastique fiĂ©vreux oĂą un ectoplasme d’Ă©pouse hante l’assassin, pour ses actrices italiennes Ă  la beautĂ© de porcelaine, pour le portrait poignant d’un psychopathe accablĂ© d’une fidĂ©litĂ© morbide. Ĺ’uvre atypique, prĂ©curseur discret de nombreux psycho-killers des annĂ©es 80 (Maniac, Henry, Schizophrenia), ce cauchemar satin et sang n’en finit pas de distiller son poison, encore et encore, dans la pĂ©nombre d’une salle obscure ou d’une VHS poussiĂ©reuse.

*Eric Binford
26.11.21.  
28.22.23. vostfr. 5èx


5

mardi 27 janvier 2015

Orange Mécanique / A Clockwork Orange

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site impawards.com

de Stanley Kubrick. 1971. Angleterre. 2h17. Avec Malcolm McDowell, Patrick Magee, Michael Bates, Warren Clarke, John Clive, Adrienne Corri.

Sortie salles France: 21 Avril 1972. Angleterre: 13 Janvier 1971. U.S: 2 Février 1972

FILMOGRAPHIE: Stanley Kubrick est un réalisateur américain, né le 26 Juillet 1928 à New-York, décédé le 7 Mars 1999 à Londres.
1953: Fear and Desire. 1955: Le Baiser du Tueur. 1956: l'Ultime Razzia. 1957: Les Sentiers de la Gloire. 1960: Spartacus. 1962: Lolita. 1964: Dr Folamour. 1968: 2001, l'Odyssée de l'Espace. 1971: Orange Mécanique. 1975: Barry Lindon. 1980: Shining. 1987: Full Metal Jacket. 1999: Eyes Wide Shut.

 
"L’Agneau mĂ©canique".
Farce caustique violemment controversĂ©e lors de sa sortie pour sa rĂ©flexion virulente sur la violence, Orange MĂ©canique n’a cessĂ©, depuis plus de quarante ans, de faire perdurer son pouvoir de fascination. Provocant, dĂ©calĂ©, sarcastique, burlesque, ultra-violent, dĂ©rangeant, Ă©rotique, baroque, dĂ©bridĂ©, psychĂ©dĂ©lique, cauchemardesque — et j’en passe — ce pamphlet contre l’asservissement illustre, avec une verve d’insolence (rĂ©parties ciselĂ©es Ă  l’appui !), un dĂ©lire d’anticipation aussi singulier qu’incisif.

Pitch: Alex, jeune dĂ©linquant passionnĂ© par Beethoven et l’ultra-violence, erre la nuit avec ses acolytes, semant la terreur auprès de quidams paisibles, jusqu’Ă  ce que la police le cueille lors d’un homicide sauvage dans une demeure bourgeoise. CondamnĂ© Ă  14 ans de rĂ©clusion, il se voit offrir un traitement rĂ©volutionnaire par le ministre de l’IntĂ©rieur : le "guĂ©rir" du Mal. Le rendre aussi docile qu’un agneau par le contrĂ´le absolu de sa conscience.

D’une audace polissonne dans son esthĂ©tisme sexuel, traversĂ© par une partition dissonante oĂą l’Ă©lĂ©gance de Beethoven se frotte Ă  la violence stylisĂ©e, semi-parodique, Orange MĂ©canique multiplie les ironies pour rĂ©vĂ©ler l’instinct violent enracinĂ© en chacun. Indignation, rĂ©bellion, vengeance, dĂ©fense ou sĂ©vices gratuits : la violence affleure comme une composante tragiquement humaine, exutoire face Ă  l’injustice, l’inĂ©galitĂ©, l’intolĂ©rance.

Chaque ĂŞtre humain conserve pourtant ce choix moral : faire le Bien ou le Mal, au nom d’une libertĂ© individuelle, dans une sociĂ©tĂ© censĂ©e garantir l’Ă©galitĂ©.
Par le biais de ce traitement expĂ©rimental censĂ© expurger toute pulsion destructrice, Kubrick dĂ©nonce les dĂ©rives d’une sociĂ©tĂ© totalitaire, bien dĂ©cidĂ©e Ă  lobotomiser ses Ă©lĂ©ments dĂ©viants pour les soumettre aux exigences politiques.
Alex devient, en quinze jours d’expĂ©rimentations, un pantin vidĂ© de toute agressivitĂ© — incapable de se dĂ©fendre face Ă  l’humiliation, Ă  la menace, ou mĂŞme au dĂ©sir suscitĂ© par une sĂ©duction Ă©hontĂ©e.
Par sa satire acide, Kubrick pousse cette logique jusqu’Ă  l’absurde : Alex, rĂ©duit Ă  un objet d’obĂ©issance, voit ses anciennes pulsions réémerger. De prĂ©dateur sans vergogne, fĂ©ru de sexe et de violence, il devient une victime stĂ©rile.
Rejeté par ses parents rongés de honte, tabassé par ses anciens acolytes devenus policiers, persécuté par le mari de sa dernière victime...
Jusqu’Ă  ce que, ironie cruelle, une symphonie de Beethoven ravive ses bas instincts — quand l’art lui-mĂŞme Ă©choue Ă  contenir les Ă©lans de son âme dĂ©voyĂ©e.

"L’opĂ©ra des pulsions".
DominĂ© par l’interprĂ©tation hallucinĂ©e de Malcolm McDowell (son rĂ´le le plus magnĂ©tique et exubĂ©rant), transcendĂ© par la mise en scène baroque, nĂ©o-futuriste et stylisĂ©e du maĂ®tre Kubrick, Orange MĂ©canique s’Ă©rige en film-monstre. Un chef-d’Ĺ“uvre de dĂ©cadence, oĂą perce le dĂ©sespoir d’une jeunesse abandonnĂ©e, perdue entre dĂ©mission parentale, crise du chĂ´mage, et sociĂ©tĂ© conservatrice toujours plus Ă©touffante.
Et quand bien mĂŞme elle tente de tout censurer, la violence, elle, reste le catalyseur du malaise existentiel.
Indémodable.


Dédicace à Chris Steadyblog
Bruno
4èx

lundi 26 janvier 2015

UNE MERVEILLEUSE HISTOIRE DU TEMPS (The Theory of Everything)

                                                                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de James Marsh. 2014. Angleterre. 2h03. Avec Eddie Redmayne, Felicity Jones, Maxine Peake, Charlie Cox, Harry Lloyd, Emily Watson, Guy Oliver-Watts.

Sortie salles France: 21 Janvier 2015. Angleterre: 1er Janvier 2015

FILMOGRAPHIE: James Marsh est un rĂ©alisateur anglais, nĂ© le 30 Avril 1963 Ă  Truro.
1999: Wisconsin Death Trip. 2005: The King. 2009: The Red Riding Trilogy: 1980. 2012: Shadow Dancer. 2014: Une Merveilleuse histoire du Temps.


Avez vous une philosophie de la vie qui vous aide ?
Nous ne sommes qu'une race avancĂ©e de primates, sur une petite planète en orbite autour d'une Ă©toile moyenne, dans la banlieue extĂ©rieure d'une galaxie, parmi d'autres centaines de milliards. Mais, depuis l'aube de la civilisation, l'homme a recherchĂ© Ă  connaĂ®tre l'ordre sous-jacent du monde. Les conditions aux limites de l'univers ont quelque chose de spĂ©cial. Quoi de plus spĂ©cial que l'absence de limites ? Il ne faut pas de limites Ă  l'activitĂ© humaine. Nous sommes tous diffĂ©rents. Aussi mauvaise que peut sembler notre vie, il y a toujours quelque chose que l'on peut faire, rĂ©ussir. LĂ  ou il y a de la vie, il y a de l'espoir. Stephen Hawking

Biographie du physicien thĂ©oricien Stephen Hawking, Une Merveilleuse histoire du temps (titre français beaucoup trop sirupeux que son modèle !) relate le destin singulier de ce professeur dans ses recherches scrupuleuses axĂ©es sur l'origine de la vie et la crĂ©ation de l'univers. L'action se dĂ©roule en Angleterre au dĂ©but des annĂ©es 60. Alors qu'il poursuit ses Ă©tudes de Cosmologie Ă  l'universitĂ© de Cambridge, Stephen Hawking tombe amoureux de Jane Wilde, une jeune fille passionnĂ©e des arts. Mais Ă  la suite d'une chute accidentelle, son destin bascule lorsqu'il apprend qu'il est atteint de la maladie de Charcot. Une dystrophie neuromusculaire le condamnant Ă  rester cloĂ®trer sur une chaise roulante. ParalysĂ© des muscles mais n'ayant aucune sĂ©quelles pour ses fonctions cognitives, il entreprend nĂ©anmoins de fonder une famille avec son amie tout en poursuivant ses ambitieuses Ă©tudes afin de remporter un doctorat et d'Ă©crire un livre sur la notion du temps. 


Quel superbe mĂ©lodrame que nous convie lĂ  le rĂ©alisateur James Marsh, Une Merveilleuse histoire du temps relatant autant la condition de vie prĂ©caire (il ne lui reste que 2 ans Ă  vivre selon le corps mĂ©dical) d'un paraplĂ©gique Ă©rudit que sa romance partagĂ©e avec une charmante Ă©tudiante. En Ă©vitant l'Ă©cueil du pathos et du sentimentalisme, la rĂ©alisateur rĂ©ussit Ă  nous bouleverser dans une mesure d'empathie que le duo Eddie Redmayne/Felicity Jones transcende avec complicitĂ© pugnace et amoureuse. L'acteur rĂ©ussissant Ă  se fondre dans la peau d'un infirme sans complaisance de cabotinage, un piège qui aurait pu facilement lui ĂŞtre fatal pour surjouer ce rĂ´le physique d'estropiĂ© ! Toujours plus inapte Ă  se dĂ©fendre contre la maladie dĂ©gĂ©nĂ©rative de son corps (notamment sa soudaine perte d'Ă©locution après un coma artificiel), il rĂ©ussit souvent Ă  suggĂ©rer une intense Ă©motion par la persuasion de son regard empli d'humanitĂ© et de volontĂ©. Avec beaucoup de dignitĂ©, de compassion et d'amour, sa partenaire se rĂ©serve l'aplomb d'une Ă©pouse de soutien dans un jeu flegmatique et en dĂ©pit de son physique radieux. A eux deux, ils forment un tandem proprement bouleversant dans leur Ă©preuve de force et leur soutien communs Ă  combattre la maladie dans le cadre de leur quotidiennetĂ©. Pourvu d'un esthĂ©tisme raffinĂ© (reconstitution classieuse) et parfois stylisĂ© (jeux de couleurs et dĂ©cors baroques), c'est une leçon de philosophie (LĂ  ou il y a de la vie, il y a de l'espoir !) et de courage, un hymne Ă  la vie que nous illustre sans fioriture James Marsh, son oeuvre nous emportant dans un tourbillon d'Ă©motions oĂą les maĂ®tres mots s'avèrent l'optimisme, la force des sentiments et de l'espoir.


Avec simplicitĂ© et en comptant beaucoup sur l'humble complicitĂ© des deux comĂ©diens, Une Merveilleuse histoire du temps distille une Ă©motion aussi bouleversante que dĂ©chirante pour le destin exemplaire de Stephen Hawking, recréé avant tout dans l'intimitĂ© du rapport conjugal. Un homme partagĂ© entre l'amour de son Ă©pouse et l'amitiĂ© d'une aide-soignante, un physicien habitĂ© par l'ambition et la rĂ©ussite de ses projets, un philosophe athĂ©e et finalement agnostique lorsque le temps a dĂ©cidĂ© de lui accorder la part du doute et de l'espoir. 

Bruno Matéï 

Récompenses:
Festival du film de Hollywood 2014 : Hollywood Breakout Performance Award pour Eddie Redmayne
Festival du film Nuits noires de Tallinn 2014 : meilleur acteur pour Eddie Redmayne
New York Film Critics Online Awards 2014 : meilleur acteur pour Eddie Redmayne
Women Film Critics Circle Awards 2014 : meilleur acteur pour Eddie Redmayne
Golden Globes 2015 :
Meilleur acteur dans un film dramatique pour Eddie Redmayne
Meilleure musique de film pour JĂłhann JĂłhannsson

vendredi 23 janvier 2015

Les Yeux du Mal / The Godsend

                                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site fredanderson.typepad.com

de Gabrielle Beaumont. 1980. U.S.A. 1h26. Avec Malcolm Stoddard, Cyd Hayman, Angela Pleasance, Patrick Barr, Wilhelmina Green.

Sortie salle France: 16 Mars 1983. U.S: 11 Juin 1980

FILMOGRAPHIE: Gabrielle Beaumont est une rĂ©alisatrice, productrice, scĂ©nariste et actrice anglaise, nĂ©e le 4 Juillet 1942 Ă  Londres (Royaume-Uni). 1980: Les yeux du Mal. 1981: Meurtre d'une crĂ©ature de rĂŞve (tĂ©lĂ©-film). 1983: Secrets of a Mother and Daughter (tĂ©lĂ©-film). 1984: Gone are the Dayes (tĂ©lĂ©-film). 1987: He's my Girl. 1993: Fatal Inheritance. 1993: Riders (tĂ©lĂ©-film). 1996: Dar l'Invincible 3 (tĂ©lĂ©-film). 1998: Diana, princesse du peuple (tĂ©lĂ©-film).

Mea culpa ! 4 visionnages il m'eut fallu pour enfin l'apprĂ©cier. 

ExploitĂ© sous l’Ă©tendard Ă©toilĂ© d’Hollywood Video, Les Yeux du Mal fit fantasmer toute une gĂ©nĂ©ration de fantasticophiles de vidĂ©oclubs avec sa jaquette flamboyante, hĂ©ritĂ©e de La MalĂ©diction et de L’Exorciste. Une rutilante affiche crĂ©pusculaire, dans la droite lignĂ©e d’Une si gentille petite fille, des Tueurs de l’Ă©clipse ou encore de De si gentils petits monstres. Des plaisirs innocents, redoutablement ludiques, pour qui sait savourer les bisseries dĂ©complexĂ©es au dĂ©lire assumĂ©.

PrimĂ© au Festival Fantastique de Paris — dixit la jaquette française — Les Yeux du Mal embrasse le genre horrifique au premier degrĂ©, Ă  travers l’affrontement psychologique d’un père et d’une mère se disputant l’autoritĂ© sur leur enfant adoptif, depuis la disparition de sa mère biologique. La petite Wilhelmina Green s’impose d’ailleurs par une photogĂ©nie troublante : ce regard noir, Ă  la fois perçant et rigide, presque figĂ©. Son inexpressivitĂ© sert parfaitement le climat d’Ă©trangetĂ© qui l’entoure, entre mutisme et postures ambiguĂ«s, le rĂ©cit misant Ă  fond sur la suggestion, l’interrogation sans rĂ©ponse, l’ambiguĂŻtĂ© morale.

Et c’est ce qui renforce l’aspect captivant, envoĂ»tant (nappe musicale inquiĂ©tante Ă  l’appui) des Yeux du Mal : cette exploration des liens paternels en dĂ©liquescence, gangrenĂ©s par les disparitions infantiles qui ravagent une famille dĂ©jĂ  lourdement endeuillĂ©e. Une impuissance dĂ©sespĂ©rĂ©e, mais teintĂ©e de colère sourde.
On retiendra aussi deux sĂ©quences assez chocs, malsaines, inattendues : le sort d’un bambin violemment sacrifiĂ©, ou cette scène dĂ©rangeante oĂą la petite Bonnie embrasse son père sur la bouche, Ă  deux reprises, durant son sommeil.
Pour les amateurs de curiositĂ©s oubliĂ©es des annĂ©es 80, Les Yeux du Mal saura encore sans doute sĂ©duire les collectionneurs incorrigibles de films d’horreur bisseux, soigneusement contĂ©s, atmosphĂ©riques au possible et interprĂ©tĂ©s. Ă€ voir impĂ©rativement en VO — le jour et la nuit face Ă  une VF certes maladroite, mais non dĂ©nuĂ©e d’un certain charme Ă  travers ses inflexions familières.

Un divertissement intelligent, qui repousse tout effet racoleur pour miser sur le dĂ©veloppement de personnages meurtris. Et puis, il y a Angela Pleasence (oui, la fille de Donald), dont la froideur glaçante impressionne dès le prologue, et jusque dans un Ă©pilogue sans rĂ©ponse, venu mieux encore tourmenter l’esprit de cette Ă©ventuelle damnation occulte. 

*Bruno
18.05.25. VF

jeudi 22 janvier 2015

INTERSTELLAR

                                                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site flicksandbits.com

de Christopher Nolan. 2014. U.S.A/Angleterre. 2h49. Avec Matthew McConaughey, Anne Hataway, Jessica Chastain, Mackenzie Foy, Ellen Burstyn, Michael Caine, Casey Affleck, Timothée Chalamet, John Lithgow, Wes Bentley, David Gyasi, Matt Damon.

Sortie salles France: 5 Novembre 2014. U.S: 7 Novembre 2014

FILMOGRAPHIE: Christopher Nolan est un réalisateur, scénariste et producteur anglais, né le 30 Juillet 1970 à Londres en Angleterre.
1998: Following. 2000: Memento. 2002: Insomnia. 2005: Batman Begins. 2006: Le Prestige. 2008:The Dark Knight. 2010: Inception. 2012: The Dark Knight Rises. 2014: Interstellar.


Etablir un point de vue objectif Ă  la sortie de la projo d'Interstellar est pour moi une gageure irrĂ©alisable au premier visionnage. De par la complexitĂ© d'un scĂ©nario trop confus comme de ses nombreux termes scientifiques paraphrasĂ©es, l'odyssĂ©e de Nolan ne m'a pas empĂŞchĂ© de m'Ă©tourdir face Ă  ce trip interstellaire plus vrai que nature ! Pour faire bref, l'intrigue retrace l'expĂ©dition cosmique d'un groupe d'explorateurs partis en mission afin de sauver l'humanitĂ© en pĂ©nurie alimentaire et d'oxygène. C'est Ă  dire envisager une Ă©vacuation de la terre en confectionnant des vaisseaux spatiaux adĂ©quats pour transporter la population, ou en cas d'Ă©chec, prĂ©parer une colonisation Ă  partir du dĂ©veloppement d'embryons humains. Contraints de s'exiler dans l'espace pour une durĂ©e indĂ©terminĂ©e, Joseph Cooper doit quitter prĂ©cipitamment son fils et sa fille inconsolable afin de tenter de trouver une alternative de secours, et sans savoir s'il reverra un jour ses enfants. 


Space-opera extrêmement ambitieux mais aussi abstrait et imbitable qu'un 2001, Interstellar nous fait vivre une expérience cinégénique hors des sentiers battus ! Christopher Nolan manipulant et maîtrisant nos sens émotionnels avec une virtuosité aussi vertigineuse que l'intensité musicale de Hans Zimmer ! Le tour de force technique imparti aux images sidérales d'une planète océan, d'un trou de ver et d'un trou noir nous transcendant également un dépaysement aussi crédible que celui de Gravity d'Alfonso Cuaron. Mais ce qui m'a principalement interpellé durant cette dérive spatio-temporelle où plane l'existence extra-terrestre, c'est sa dimension humaine impartie entre un père et sa fille. Leur brutale séparation étalée sur un nombre infinie d'années, leur tentative de communication à partir de messages audiovisuels envoyés depuis la Terre, et enfin leurs différences d'âge imparties à l'éventuelle retrouvaille laissent en mémoire des séquences intimistes bouleversantes dans leur relation précaire non avare d'aspiration ! Les thèmes de la famille, de l'amour, de la foi, de l'espoir, de l'optimisme étant illustrés avec une sensibilité écorchée vive ! A l'instar du dénouement renversant vécu à mon sens comme l'un des plus beaux moments de cinéma que j'ai pu vivre de mémoire de cinéphile. Déchirant car d'une intensité dramatique éprouvante, Spoiler ! la séquence érigée autour d'une retrouvaille Fin du Spoiler m'a littéralement crevé le coeur par sa puissance humaniste, sa dignité et son sens de loyauté. C'est donc pour moi avant tout une bouleversante histoire d'amour entre un père et une fille que nous relate Nolan avec un humanisme à fleur de peau, et avant que les rebondissements, subterfuges et cliffhanger ne viennent nous plaquer au siège !


D'une richesse thĂ©matique universelle dans sa rĂ©flexion spirituelle et mĂ©taphysique mais aussi dans sa notion temporelle, sa foi en l'optimisme et Ă  l'intelligence de l'ĂŞtre humain, Interstellar n'a pas besoin d'ĂŞtre studieusement analysĂ© pour apprĂ©cier le spectacle vertigineux auquel Nolan nous a prĂ©parĂ©. Dans une dĂ©mesure et, Ă  Ă©chelle Ă©gale, dans la pudeur ! VĂ©ritable ode aux sentiments et au sens de la responsabilitĂ©, Interstellar s'adressant de prime abord au coeur d'un vibrant tĂ©moignage. Celui du fondement familial, du courage et de l'espoir de concrĂ©tiser un avenir autrement optimiste par l'intelligence scientifique. Du cinĂ©ma sensitif Ă  coeur ouvert, Ă  l'instar de la prestance Ă©corchĂ©e du monstre sacrĂ© Matthew McConaughey

Bruno Matéï

                                      

mercredi 21 janvier 2015

WILD

                                                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site commeaucinema.com

de Jean-Marc Vallée. 2014. U.S.A. 2h00. Avec Reese Witherspoon, Gaby Hoffmann, Laura Dern, Michiel Huisman, Charles Baker, W. Earl Brown, Kevin Rankin.

Sortie salles France: 14 Janvier 2015. U.S: 5 Décembre 2014

FILMOGRAPHIE: Jean-Marc Vallée est un réalisateur et scénariste américain, né le 9 Mars 1963 au Québec.
1992: Stéréotypes. 1995: Les Fleurs Magiques. 1995: Liste Noire. 1997: Los Locos. 1998: Les Mots Magiques. 1999: Loser Love. 2005: C.R.A.Z.Y. 2009: Victoria: les jeunes années d'une reine. 2011: Café de Flore. 2013: The Dallas Buyers Club. 2014: Wild. 2015: Demolition.


"Le chemin qui mène à la sagesse est long, tortueux et semé d'obstacles".

Un an après l'oscarisé The Dallas Buyers ClubJean-Marc Vallée entreprend d'adapter l'histoire vraie de Cheryl Strayed à travers son périple de 1500 kms de marche à pied. Afin de tolérer le deuil de sa mère subitement éteinte d'un cancer, puis son divorce avec son compagnon, Cheryl décide d'entreprendre un pèlerinage de longue haleine pour évacuer ses démons, ses blessures et peut-être renouer avec une rédemption existentielle. Si le sujet avait déjà été magnifiquement traité dans Into the WildJean-Marc Vallée n'a aucunement l'intention de le plagier dans sa mise en scène personnelle à contre-courant de l'acuité émotionnelle du chef-d'oeuvre de Sean Penn


Le film se rĂ©servant un sentiment contenu dans le cheminement moral de l'hĂ©roĂŻne vouĂ©e Ă  se dĂ©passer pour accĂ©der Ă  la sĂ©rĂ©nitĂ©. Ce qui compte avant tout ici est donc de retranscrire avec vĂ©ritĂ© et pudeur les Ă©tats d'âme de cette excursionniste livrĂ©e Ă  sa raison d'ĂŞtre au beau milieu d'une nature contemplative, tout en alternant avec les flash-back concis de son passĂ© dĂ©chu. EndossĂ©e par Reese Whiterspoon, l'actrice porte littĂ©ralement le film sur ses frĂŞles Ă©paules dans un jeu de sobriĂ©tĂ© axĂ©e sur l'introspection torturĂ©e d'une solitaire hantĂ©e par les remords et le fardeau de la douleur. Celle d'avoir accumulĂ© les incidents de parcours, comme ses relations sexuelles multiples ou son addiction pour l'hĂ©roĂŻne, faute de son Ă©chec sentimental et de sa colère Ă  rĂ©futer l'injustice du deuil. Durant son Ă©preuve semĂ©e de rencontres impromptues avec des pèlerins et quidams parfois interlopes, elle tentera de comprendre les aboutissants de ses Ă©checs rĂ©cursifs dans une initiation identitaire. C'est donc une leçon de vie que nous retrace sans fioriture le cinĂ©aste, les alĂ©as de notre destinĂ©e commune auquel le hasard n'a aucune emprise. A travers cette remise en question du point de vue fragile de la femme (notamment sa paranoĂŻa instinctive de se confronter Ă  l'homme suspicieux !) et en se pardonnant Ă  soi mĂŞme ses erreurs, Wild met notamment en Ă©vidence le cĂ´tĂ© fructueux de nos incertitudes, de nos souffrances et faiblesses intrinsèques pour mieux concrĂ©tiser le bonheur !


Le chemin de la destinée
Avec son parti-pris authentique et son Ă©motion toute en retenue, Jean-Marc VallĂ©e illustre sans effets de style l'aventure humaine d'une femme en berne renouant difficilement avec la quiĂ©tude dans son cheminement existentiel. Mais envisageant sa vie comme un voyage insaisissable, sauvage et sacrĂ©e, et après avoir purgĂ© sa douleur dans une interminable errance solitaire, elle finira par retrouver le salut en s'acceptant telle qu'elle est.  

Bruno Matéï

mardi 20 janvier 2015

La Nuit de la Mort (Les Griffes de la Mort).

                                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Vhsdb

de Raphael Delpard. 1980. France. 1h34. Avec isabelle Goguey, Betty Beckers, Charlotte de Turckheim, Georges Lucas, Michel Debrane, Jean-Paul Lilienfeld, Michel Flavius.

FILMOGRAPHIE: Raphael Delpard est un acteur, rĂ©alisateur, scĂ©nariste, journaliste et Ă©crivain français, nĂ© en 1942 Ă  Paris. 1976: Perversions. 1978: Ca va pas la tĂŞte. 1979: Le Journal. 1980: La Nuit de la Mort. 1981: Les Bidasses aux grandes manoeuvres. 1982: Le Marionnettiste (tĂ©lĂ©-film). 1984: Vive le fric ! 1984: Clash. 1998: Les Enfants CachĂ©s (doc). 2009: Les Convois de la Honte.

RĂ©alisateur touche-Ă -tout ayant Ĺ“uvrĂ© Ă  deux reprises dans le champ du Fantastique, RaphaĂ«l Delpard est loin d’avoir convaincu les journalistes de l’Ă©poque, lesquels n’hĂ©sitèrent pas Ă  le discrĂ©diter pour ses tentatives audacieuses que furent La Nuit de la Mort et Clash. Sorti Ă  la mĂŞme pĂ©riode que Shining, La Nuit de la Mort fut Ă©galement boudĂ© par le public français, tandis qu’aux États-Unis, il connut un certain succès - au point que Tobe Hooper adressa au cinĂ©aste une lettre d’approbation. CommercialisĂ© ensuite en location VHS dans les rayons de nos vidĂ©oclubs, le film attisa la curiositĂ© des amateurs de gore, allĂ©chĂ©s par une jaquette explicite oĂą l’on distinguait la tĂŞte en lambeaux d’une femme ensanglantĂ©e, suspendue Ă  un croc de boucher. De quoi lui assurer, avec le temps, une petite cote d’estime. Film d’horreur franchouillard surfant sans vergogne sur la vague gore des bisseries transalpines, La Nuit de la Mort ose aborder le thème du cannibalisme dans le cadre anxiogène… d’une maison de retraite.

Rappel des faits: Alors qu’une nouvelle gouvernante, Martine, vient d’ĂŞtre recrutĂ©e par la directrice, les pensionnaires - avides de chair et de sang frais - s’apprĂŞtent Ă  sacrifier leur domestique actuelle afin d’accĂ©der Ă  une illusoire pĂ©rennitĂ©. Inquiète de cette disparition soudaine, Martine commence Ă  soupçonner le comportement interlope de ces vieillards trop polis pour ĂŞtre honnĂŞtes.

SĂ©rie B d’exploitation conçue avec une sincère volontĂ© de divertir sans fioritures, La Nuit de la Mort fait presque figure d’ovni dans le paysage hexagonal par son esprit foutraque et dĂ©bridĂ©, illustrant l’orgie dĂ©gueulbif de pensionnaires incapables d’accepter le fardeau de la vieillesse. Tour Ă  tour blagueurs, cyniques, mesquins et dĂ©licieusement polissons, ces cannibales du troisième âge constituent l’attraction principale de ce dĂ©lire macabre, lequel n’hĂ©site pas, dès son premier acte, Ă  surenchĂ©rir dans l’horreur vomitive. Impossible de ne pas Ă©voquer le fameux banquet sanglant oĂą nos vieillards se repaissent goulĂ»ment de la tripaille d’une Charlotte de Turckheim Ă©viscĂ©rĂ©e. Soutenue par des maquillages en latex minimalistes, la sĂ©quence provoque un choc rĂ©pulsif bien rĂ©el, notamment grâce Ă  la texture d’un sang Ă©pais et onctueux, mĂŞlĂ© Ă  des organes crus fraĂ®chement arrachĂ©s des entrailles.

PassĂ©e cette scène coup-de-poing, La Nuit de la Mort glisse vers un suspense plus latent - entre autres lors d’une sĂ©ance inopinĂ©e de flagellation SM - tandis que Martine tente de dĂ©jouer les prochaines pitreries cannibales en menant son enquĂŞte nocturne. Sans jamais sombrer dans l’ennui, cette seconde partie maintient l’intĂ©rĂŞt grâce Ă  des chassĂ©s-croisĂ©s tendus entre les vieillards et une hĂ©roĂŻne toujours plus fouineuse. La galerie attachante de seconds rĂ´les sclĂ©rosĂ©s, la posture maladroite de Michel Flavius en boiteux dĂ©ficient, et surtout la sensualitĂ© trouble d’Isabelle Goguey accentuent le caractère dĂ©lirant de cette confrĂ©rie orgueilleuse, en dĂ©pit de maladresses et d’incohĂ©rences narratives assumĂ©es. Le final, bordĂ©lique Ă  souhait, renoue avec l’esprit gore du premier acte lors d'une succession de pĂ©ripĂ©ties haletantes autour de la survie de l’hĂ©roĂŻne, ponctuĂ©es de deux rebondissements aussi bienvenus qu’horriblement mesquins.

PortĂ© par un score dissonant, des dĂ©cors tantĂ´t sinistres, tantĂ´t franchement inquiĂ©tants - la chaufferie, la salle insalubre du banquet, ou encore ces longs couloirs Ă©troits oĂą dĂ©file une assemblĂ©e de vieillards en marche funèbre - et une ambiance malsaine constamment palpable, La Nuit de la Mort demeure l’une des rares rĂ©ussites franchouillardes dans le champ encore trop peu exploitĂ© du gore bisseux. Si la modestie de la mise en scène et le jeu amateur de certains seconds rĂ´les le rattachent parfois au film Z, il n’en reste pas moins profondĂ©ment attachant et furieusement divertissant, Ă  l’image de l’apparition aussi impertinente qu’inoubliable d’une Charlotte de Turckheim mise Ă  nu.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤

Ci-joint propos du réalisateur recueillis sur le site Nanarland

"C'est un film que l'on a fait avec des bouts de ficelle et des bouts de carton. Il nous a rapportĂ© de l'argent. (...) Il a Ă©tĂ© vendu aux Etats-Unis, en Allemagne, en Angleterre, en Italie. Tobe Hooper m'a envoyĂ© un tĂ©lĂ©gramme que malheureusement j'ai perdu (nous avions le mĂŞme diffuseur vidĂ©o) et lorsque je suis allĂ© Ă  Hollywood j'ai Ă©tĂ© absolument stupĂ©fait de rencontrer des gens qui avaient vu le film et qui me rĂ©citaient des rĂ©pliques entières du film en français, et qui disaient "Ce n'est pas un Français qui a fait ça, il n'y a aucune patte française." C'est très curieux et le film m'a valu une petite renommĂ©e. (...) Le film est sorti la mĂŞme semaine que Shining. C'est ridicule de sortir deux films fantastiques en mĂŞme temps (...) Le temps a fait que c'est devenu un film culte, au dĂ©but seuls quelques journalistes et le petit milieu du fantastique ont vĂ©ritablement apprĂ©ciĂ©, le public, lui, Ă©tait indiffĂ©rent.". 

3èx. Video projo 100 

lundi 19 janvier 2015

Les Rats de Manhattan / Les Mutants de la 2è Humanité / Rats - Notte di terrore

                             (CrĂ©dit photo : image trouvĂ©e via Google, provenant du site IMDb. UtilisĂ©e ici Ă  des fins non commerciales et illustratives).

de Bruno Mattei. 1984. Italie. 1h37. Avec Richard Raymond, Janna Ryan, Alex McBride, Richard Cross.

FILMOGRAPHIE: Bruno Mattei est un réalisateur, monteur et scénariste italien, né le 30 Juillet 1931 à Rome, décédé d'une tumeur au cerveau le 21 Mai 2007 à Rome (Italie).
1980: Virus Cannibale. 1980: L'Autre Enfer. 1982: Caligula et Messaline. 1981: Holocausto Porno. 1982: Les Aventures sexuelles de Néron et de Poppée. 1982: Pénitencier de Femmes. 1983: Révolte au pénitencier de filles. 1984: Les Rats de Manhattan. 1986: Bianco Apache. 1987: Scalps. 1988: Robotwar. 1988: Zombie 3. 1995: Cruel Jaws. 2003: Horror Cannibal 1 et 2. 2007: L'île des Morts-vivants. 2008: Zombie: la création.


"Les Rats de Manhattan : Opéra Z sous amphétamines"
Fleuron du Z transalpin, moins rĂ©putĂ© que son compère Virus Cannibale, Les Rats de Manhattan s’avère pourtant mieux rythmĂ© et aussi drĂ´le dans sa succession de pĂ©ripĂ©ties fantaisistes oĂą un groupe de survivants tente de dĂ©jouer la menace de rats meurtriers retranchĂ©s dans une bicoque dĂ©labrĂ©e. Ce pitch d’une simplicitĂ© dĂ©sarmante, enchaĂ®nant les situations grotesques d’attaques animales, est transcendĂ© par la prestance cabotine de comĂ©diens au comportement dĂ©libĂ©rĂ©ment extravagant — entre enjeux de survie grotesques et effets de panique surrĂ©alistes.

Qu’il s’agisse de leur performance outrĂ©e face Ă  la menace des rongeurs, de leur cohĂ©sion tantĂ´t combative, tantĂ´t couarde (un traĂ®tre se terre parmi eux !), de leur camaraderie potache (“Chui dev’nue toute blanche, euh !”) ou de leurs patronymes ridicules (“Chocolat”, “VidĂ©o” et “Lucifer” se disputent le pseudo le plus ringard !), tous semblent Ă©vadĂ©s d’une bande dessinĂ©e sous acide.

ConfinĂ© dans le huis clos d’une demeure dĂ©labrĂ©e, souvent plongĂ©e dans la pĂ©nombre, Bruno Mattei pallie son manque de moyens et sa scĂ©nographie restreinte par l'Ă©nergie d'une mise en scène fertile en pĂ©ripĂ©ties — notamment via les nombreuses agressions sanglantes. On retrouve d’ailleurs la signature bien italienne : insister sur l’imagerie gore des plaies purulentes et des chairs dĂ©chiquetĂ©es, quand d’autres effets spĂ©ciaux prĂŞtent franchement Ă  sourire dans leur aspect bricolĂ© (la tĂŞte d’un rat s’extirpant de la bouche d’une victime). Or, tout cela gĂ©nère l'effet rĂ©pulsif escomptĂ©. 


Pas le temps de surveiller sa montre : l’aventure affolante enchaĂ®ne les rebondissements horrifiques, aussi grotesques qu’impayables ! Et la mine sympathique des protagonistes, tous militants d’un esprit de fraternitĂ© Ă  la dĂ©rive, donne lieu Ă  des moments d’empathie hilarants dans leur fonction dĂ©soeuvrĂ©e.

Issu d’un pitch d’anticipation surfant sur la vague post-apo de Mad Max, Les Rats de Manhattan glisse rapidement vers le pur survival horrifique, oĂą une communautĂ© de laissĂ©s-pour-compte se fait exterminer un Ă  un. Le problème, c’est que le rĂ©sultat Ă  l’Ă©cran peine Ă  convaincre : censĂ©s ĂŞtre agressifs, les rats s’avèrent aussi inoffensifs que des peluches ! Souvent violemment balancĂ©s sur les acteurs pour simuler une vĂ©locitĂ© meurtrière, les rongeurs suscitent surtout la bonhomie dans leur incapacitĂ© Ă  jouer les bourreaux crĂ©dibles. Et le rĂ©sultat Ă  l'Ă©cran vaut son pesant de cacahuètes ! 

Enfin, pour parachever le dĂ©lire, impossible de ne pas saluer l’audace d’un cliffhanger final qui ferait pâlir de jalousie Franklin J. Schaffner ! Un moment de suspense, saisi dans la stupeur d’une rĂ©vĂ©lation aussi improbable qu’hilarante !


SoulignĂ© par l’harmonium lugubre de Luigi Ceccarelli, Les Rats de Manhattan distille malgrĂ© tout une ambiance horrifique bien glauque dans le huis clos crasseux de sa bâtisse poussiĂ©reuse. D’une rare vacuitĂ© dans le cheminement de survie de ses protagonistes, l’aventure post-apo ne provoque pourtant jamais l’ennui, tant les incidents rocambolesques s’enchaĂ®nent avec une frĂ©nĂ©sie presque cartoonesque, oĂą l’homme, sĂ©vèrement malmenĂ©, semble beaucoup plus erratique que son oppresseur quadrupède.

Un divertissement fastueux, donc — comme seuls les Italiens en ont le secret. Sans doute le meilleur film de son auteur (voire mĂŞme le plus attachant), Ă  condition d’Ă©pargner L’Autre Enfer et Virus Cannibale

Bruno 
13.05.25. 4èx. VF

vendredi 16 janvier 2015

Freddy 3, les Griffes du Cauchemar (A Nightmare On Elm Street 3: Dream Warriors)

                                                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site rowsdowr.com

de Chuck Russell. 1987. U.S.A. 1h36. Avec Heather Langenkamp, Craig Wasson, Patricia Arquette, Robert Englund, Ken Sagoes, Rodney Eastman.

Sortie salles France: 17 Juin 1987. U.S: 27 Février 1987

Récompense: Prix de la Critique, Fantasporto, 1988.

FILMOGRAPHIE: Chuck Russel est un réalisateur, producteur, scénariste américain, né le 6 Août 1952 à Highland Park dans l'Illinois (Etats-Unis). 1987: Freddy 3. 1988: Le Blob. 1994: The Mask. 1996: l'Effaceur. 2000: l'Elue. 2002: Le Roi Scorpion. 2014: Arabian Nights.


Troisième volet de la franchise des Freddy, Les Griffes de Cauchemar renoue avec l'originalitĂ© du premier opus après une sĂ©quelle (bonnard) assez conventionnelle rĂ©alisĂ©e par Jack Sholder. C'est au dĂ©butant Chuck Russel, futur rĂ©al du Blob, The Mask et de l'Effaceur, qu'incombe la tâche de prendre la relève, et on peut dire qu'avec une intrigue haletante et le brio d'effets spĂ©ciaux rĂ©ussis, Freddy 3 rĂ©ussit Ă  divertir avec modeste efficacitĂ©. Qui plus est, outre l'aspect cosmĂ©tique de la psychologie des jeunes hĂ©ros, le rĂ©alisateur compte tout de mĂŞme Ă  les humaniser dans leur autonomie fragile Ă  redouter les attaques de Freddy et dans leur pugnacitĂ© Ă  relever ensuite le dĂ©fi pour le combattre communĂ©ment au sein de leur rĂŞve. On reconnaĂ®tra d'ailleurs l'attachante Patricia Arquette pour sa seconde apparition juvĂ©nile Ă  l'Ă©cran, et en terme de figuration, la futur star Laurence Fishburne dans celui d'un aide-soignant prĂ©venant. 


Le pitch: Dans un institut psychiatrique, de jeunes patients deviennent les nouveaux souffre-douleur du Boogeyman aux griffes d'acier. RescapĂ©e du premier opus, Nancy Thompson va y apporter son soutien pour les aider Ă  le combattre en communautĂ©. Avec l'aide d'un thĂ©rapeute ayant pour mission de retrouver le cadavre de Freddy afin de l'enterrer sous une terre bĂ©nite, les Ă©tudiants vont de leur cĂ´tĂ© tenter de l'annihiler en interne de leurs cauchemars. Dès lors, une lutte sans merci s'engage entre nos hĂ©ros et le tueur, sachant que certains d'entre eux ont la facultĂ© d'extĂ©rioriser des pouvoirs surnaturels par le biais du songe ! Une intrigue efficace donc, menĂ©e sans temps morts de par son jeu de duperie entre rĂŞves et rĂ©alitĂ©, son lot de meurtres aussi spectaculaires que redoutablement inventifs, son humour sardonique et enfin son action Ă©chevelĂ©e conçue Ă  travers la chimère du rĂŞve ! Ce qui donne Ă©galement lieu Ă  une scĂ©nographie onirico-macabre de par la variĂ©tĂ© des dĂ©cors baroques et crĂ©pusculaires ! Et pour consolider la psychologie torturĂ©e du personnage de Freddy, nous en apprenons un peu plus sur ses origines par le biais d'une apparition maternelle divulguant prĂ©cisĂ©ment dans quelles conditions sordides son fils bâtard fut enfantĂ©, et donc pour quelle raison il voue une aversion viscĂ©rale pour les enfants ! 


Pur divertissement prioritairement bâti sur l'aspect festif d'effets spĂ©ciaux aussi remarquables qu'impressionnants, Freddy 3 Ă©vite honorablement la surenchère grâce Ă  l'alibi d'un scĂ©nario bien construit oĂą les hĂ©ros persĂ©vèrent en bravoure de par leur loyautĂ© solidaire, et ce en dĂ©pit du sacrifice de certains d'entre eux (on est d'ailleurs surpris de la tournure dramatique impartie Ă  un personnage essentiel !). DĂ©nuĂ© de prĂ©tention, Chuck Russel assure donc le quota d'une sĂ©rie B horrifique cartoonesque avec une volontĂ© sincère de livrer un spectacle flamboyant. 

*Bruno
23.10.20. 5èx


jeudi 15 janvier 2015

WHIPLASH

                                                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site imgkid.com

de Damien Chazelle. 2014. U.S.A. 1h46. Avec Miles Teller, J. K. Simmons, Paul Reiser, Melissa Benoist, Austin Stowell, Jayson Blair.

Sortie salles France: 24 Décembre 2014. U.S: 10 Octobre 2014

FILMOGRAPHIE: Damien Chazelle est un réalisateur et scénariste américain, né le 19 Janvier 1985 à Providence (Rhode Island).
2009: Guy and Madeline on a Park Bench. 2013: Whiplash (court-métrage). 2014: Whiplash. 2015: La La Land.


Célébration au jazz et à tous ces néophytes mélomanes rêvant de consécration, Whiplash est une épreuve de force d'une intensité à couper au rasoir ! Pour ces plages musicales les plus incisives afin de parfaire la réussite, celle ordonnée par un chef d'orchestre féru d'élitisme, et pour cette relation masochiste entamée entre ce dernier et un batteur en ascension. Le cinéaste filmant ses compositions musicales à l'instar d'un match de foot ou d'un combat de boxe auquel tous les participants studieux s'affrontent pour déployer le meilleur d'eux mêmes. Rehaussé d'un montage rapide étourdissant de maîtrise géométrique, Whiplash est un véritable uppercut émotionnel pour l'affrontement au sommet imparti entre un jeune musicien avide de notoriété et un professeur tyrannique n'hésitant pas à humilier chacun de ses candidats.


Oubliez donc la simplicité de son intrigue, et pour les réfractaires au Jazz, soyez même rassurés, le film dégageant une telle acuité dans son suspense implacable (Andrew Neiman va t'il accéder au rêve avant que son professeur ne le détruit moralement ?), une telle énergie viscérale dans ce duo au sommet, et une telle immersion musicale dans les sonorités éclectiques des instruments de Jazz, que le plus amateur d'entre nous se surprend à tendre l'oreille la plus prévenante afin d'ausculter le morceau d'anthologie régi de main de fer ! A travers les rapports à couteaux tirés d'un élève et de son maître, et les méthodes despotiques employées par celui-ci, Whiplash nous questionne sur l'abus de pouvoir et la notion d'élitisme (favoriser les élèves les plus talentueux au détriment des plus faillibles, quitte à briser la vie des plus fragiles !), sur la limite séparant la passion de l'obsession, sur le désir du dépassement de soi et la détermination d'accéder à la réussite au risque de se décourager, faute d'un professeur orgueilleux avili par sa dictature. Quelle est à la limite à ne pas franchir lorsque l'esprit est habité par la gagne, quel est le seuil de tolérance à appliquer afin de se prémunir contre l'éventuel échec ? Faut-il également s'infliger le dilemme du choix cornélien lorsque les sentiments amoureux peuvent ternir la concentration et la constance de l'épreuve professionnelle ?


Full Metal Jacket, ou La Rage de Vaincre
Spectacle musical Ă©tourdissant de rythme, de rigueur et d'Ă©motions dans son panel de sueurs, de larmes et de sang, Whiplash fait figure d'ovni pour son registre allouĂ© Ă  l'intimitĂ© Ă©colière du Jazz. Outre la virtuositĂ© de sa mise en scène scrupuleuse, on est estomaquĂ© par le brio viscĂ©ral des acteurs transis de frĂ©nĂ©sie passionnelle (le novice Miles Teller et le briscard J. K. Simmons se disputant le pouvoir avec un masochisme dĂ©mesurĂ© !). La tension infernale de leur relation houleuse culminant vers un point d'orgue de rude Ă©preuve ! Un film inoubliable, un moment de cinĂ©ma singulier oĂą les sens sensitifs du spectateur sont totalement asservis par l'alchimie du cinĂ©aste ! A couper le souffle !

Bruno Matéï 

Récompenses:
Festival international du film de Calgary 2014 : People's Choice Award
Festival du cinéma américain de Deauville 2014 : sélection en compétition
Grand prix du jury
Prix du public
Festival du grain à démoudre 2014 : prix du public
Festival du film de Mill Valley 2014 : prix du public
Festival du film de Sundance 2014 : sĂ©lection « U.S. Dramatic Competition »
Grand prix du jury
Prix du public
Festival international du film de Valladolid 2014 :
Golden Spike du meilleur film
Pilar MirĂł Award pour Damien Chazelle
American Film Institute Awards 2014 : top 10 des meilleurs films de l'année
Boston Society of Film Critics Awards 2014 :
Meilleur acteur dans un second rĂ´le pour J. K. Simmons
Meilleure utilisation de musique dans un film
Chicago Film Critics Association Awards 2014 :
Meilleur acteur dans un second rĂ´le pour J. K. Simmons
Réalisateur le plus prometteur pour Damien Chazelle
Meilleur montage pour Tom Cross
Los Angeles Film Critics Association Awards 2014 : meilleur acteur dans un second rĂ´le pour J. K. Simmons
New York Film Critics Circle Awards 2014 : meilleur acteur dans un second rĂ´le pour J. K. Simmons
New York Film Critics Online Awards 2014 : meilleur acteur dans un second rĂ´le pour J. K. Simmons
Toronto Film Critics Association Awards 2014 : meilleur acteur dans un second rĂ´le pour J. K. Simmons
Washington D.C. Area Film Critics Association Awards 2014 : meilleur acteur dans un second rĂ´le pour J. K. Simmons
National Society of Film Critics Awards 2015 : meilleur acteur dans un second rĂ´le pour J. K. Simmons (1re place)
Vancouver Film Critics Circle Awards 2015 :
Meilleur film
Meilleur acteur dans un second rĂ´le pour J. K. Simmons
Golden Globes 2015 : Meilleur acteur dans un second rĂ´le pour J. K. Simmons