vendredi 31 mars 2023

"What the peeper saw" / La tua presenza nuda! / L'Enfant de la Nuit

                                        Photo empruntĂ©e sur google, appartenant au site stalkerjany.blogspot.com

de James Kelley et Andrea Bianchi. 1972. Royaume-Uni/Espagne/Italie/États-Unis/Allemagne de l'Ouest. 1h36 (version intĂ©grale). Avec Mark Lester, Britt Ekland, Hardy Kruger, Lilli Palmer, Harry Andrews, Conchita Montes.

Sortie salles France: 1973 (Ă  confirmer). Italie: 14 Octobre 1972

FILMOGRAPHIE: James Kelley est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste nĂ© en 1931 Ă  Angleterre, Royaume-Uni, dĂ©cĂ©dĂ© en 1978 Ă  Londres. 1971: Le Monstre des Oubliettes. 1972: What the peeper saw. 
Andrea Bianchi est né le 31 mars 1925 en Italie. Il était réalisateur et scénariste. Il est mort le 14 novembre 2013 à Nice, France. 1972: Diabolica Malicia. 1972: L'Île au trésor. 1972: What the peeper saw. 1974: Quelli che Contano. 1974: Basta con la guerra... facciamo l'amore. 1975: Nu pour l'assassin. 1976: La Moglie di mio padre. 1977: Cara dolce nipote. 1978: La moglie siciliana. 1979: Malabimba. 1981: Le Manoir de la Terreur. 1983: Altri desideri particolari. 1983: Morbosamente vostra. 1986: Dolce Pelle di Angela. 1987: Maniac Killer. 1987: l'Ange de la Mort. 1988: Incontri in case private. 1988: Racconti di donne. 1989: Massacre. 1989: Io Gilda. 1990: Qualcosa in più. 1990: Gioco di seduzione. 1991: Bambola di carne. 1993: Formula 3 - 1 ragazzi dell'autodromo.


Quelle bien Ă©trange curiositĂ© que cette sĂ©rie B ultra rare portant la signature du British James Kelley (Le Monstre des Oubliettes) et du transalpin AndrĂ© Bianchi (?), rĂ©alisateur du fameux Manoir de la Terreur que tous les fans de Bis connaissent sur le bout des ongles. "What the peeper saw" relatant avec sincĂ©ritĂ© et attention l'Ă©trange relation filiale entre un père en berne et son fils que sa nouvelle maĂ®tresse tente d'apprivoiser, entre maladresse, tendresse, apprĂ©hension, interrogation. Ainsi, au fil de leur discorde davantage orageuse (avec parfois de dĂ©rangeantes connotations sexuelles subtilement exposĂ©es, en naviguant entre champs et hors-champs), les rĂ©alisateurs effleurent puis abordent (par le biais d'hallucination ou de rĂ©els souvenirs ?!) les thèmes sulfureux de l'inceste et de la pĂ©dophilie sans l'ombre d'une vulgaritĂ©. Et ce mĂŞme si son final Ă  la fois surprenant et dĂ©routant brouille subitement les pistes tout en rĂ©solvant en dernier recourt les liens dĂ©lĂ©tères de cette famille dysfonctionnelle habitĂ©e par l'Ă©preuve du deuil, la paranoĂŻa, la suspicion meurtrière.


Dommageable toutefois que le rĂ©cit latent, puisque prenant son temps Ă  exposer la caractĂ©risation Ă©quivoque des personnages, fasse preuve d'un rythme ni captivant ni passionnant, mĂŞme si on reste sur le qui-vive, plus ou moins attentif Ă  l'Ă©volution vĂ©reuse de ce trio maudit Ă  moult niveaux de lecture si on fait fi de son Ă©pilogue brusquement rĂ©vĂ©lateur quant Ă  cet odieux jeu de manipulation que les acteurs endossent sobrement. A dĂ©couvrir donc, l'oeuvre esthĂ©tiquement "azurĂ©e" Ă©tant disponible en version HD 720 P chez le bloggeur Warning Zone. Avec mes remerciements pour leur gĂ©nĂ©reuse offrande d'avoir exhumĂ© de nulle part cette dĂ©couverte indĂ©pendante que l'on ne peut omettre de sa mĂ©moire sitĂ´t le gĂ©nĂ©rique clĂ´t. A rĂ©server toutefois Ă  un public averti fan de mĂ©trage aussi bien sulfureux qu'audacieux. 


Dédicace à Bertrand ^^

*Bruno

vendredi 24 mars 2023

Le Manoir des Fantasmes / Dark Places

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site notrecinema.com

de Don Sharp. 1974. Angleterre. 1h33. Avec Christopher Lee, Joan Collins, Herbert Lom, Robert Hardy, Jane Birkin, Jean Marsh.

Sortie salles France: 31 Octobre 1979. Angleterre: Mai 1975. U.S: Mais 1974

FILMOGRAPHIE SELECTIVEDon Sharp est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, acteur et producteur anglais d'origine australienne, nĂ© le 19 Avril 1922 Ă  Hobart (Australie), dĂ©cĂ©dĂ© le 18 DĂ©cembre 2011.
1963: Le Baiser du Vampire. 1964: Les Pirates du Diable. 1965: La MalĂ©diction de la Mouche. 1965: Le Masque de Fu-Manchu. 1966: Raspoutine, le moine fou. 1966: OpĂ©ration Marrakech. 1966: Les 13 FiancĂ©es de Fu Manchu. 1967: Le Grand DĂ©part vers la lune. 1968: Les Champions. 1973: Le Manoir des Fantasmes. 1978: Les 39 marches. 1979: Le Secret de la banquise.

 
Excellente production british, sortie tardivement chez nous (1979 contre 1974) et depuis occultĂ©e, hormis une miraculeuse parution DVD/Blu-ray chez ESC, Le Manoir des Fantasmes est une sĂ©rie B d’Ă©pouvante Ă  l’aura gothique, imprĂ©gnĂ©e par l’atmosphère d’une bâtisse jadis théâtre d’un massacre familial sur fond d’adultère.

Le Pitch Dans un asile, Andrew Marr lègue son manoir Ă  son ami Edward Foster. Juste avant de rendre l’âme, il lui avoue qu’une somme d’argent dort derrière ses murs. Le lendemain, Edward s’empresse d’investir les lieux… mais un notaire et un mĂ©decin, flanquĂ© de sa sĹ“ur, convoitent eux aussi le magot.

Avec sa trame habile, entre intrigue criminelle et Ă©pouvante spectrale, Le Manoir des Fantasmes distille un suspense rampant sur le sort d’une poignĂ©e d’ĂŞtres sans scrupules. Car empĂŞtrĂ© dans les manigances de rivaux cupides, Edward devra affronter leurs subterfuges - faussement surnaturels - tout en se heurtant aux fantĂ´mes rancuniers d’un passĂ© souillĂ©.


Avec ironie, Don Sharp entremĂŞle machination criminelle et apparitions, sous l’ombre du dĂ©funt Andrew Marr. Ă€ mesure qu’il gratte les parois du manoir pour exhumer le trĂ©sor, Edward, lui aussi, perd pied, jusqu’Ă  Ă©pouser la folie de son prĂ©dĂ©cesseur. Impossible de ne pas songer Ă  Shining pour cette dĂ©rive d’un homme, en proie Ă  ses dĂ©mons et au surnaturel qui suinte des murs. Par touches de flash-back, Don Sharp dĂ©voile l’adultère d’Andrew avec sa gouvernante (Jane Birkin, frĂ©missante de charme) et la cruautĂ© d’enfants ricaneurs, tourmenteurs infatigables. Soutenu par un casting royal, le film s’appuie sur le trio Christopher Lee, Joan Collins et Herbert Lom, dĂ©licieux d’arrogance et de perfidie. Et si l’intrigue prend son temps pour poser son climat vĂ©nĂ©neux, c’est pour mieux assĂ©ner un Ă©pilogue acide, dramatique, rĂ©vĂ©lant la vraie nature des tĂ©moins du massacre et le sort fatal rĂ©servĂ© aux nouveaux hĂ´tes.

 
"Le Manoir des Fantasmes - Spectres cupides et démence anglaise".
RĂ©alisĂ© avec soin, baignĂ© d’une atmosphère gothique et d’une campagne anglaise d’un envoĂ»tement pictural, magnifiquement cadrĂ©e, Le Manoir des Fantasmes se distingue par un scĂ©nario Ă©quivoque oĂą se mĂŞlent faux-semblants, spectres, possession et dĂ©mence - tout droit sortis de l’âme damnĂ©e (ou infortunĂ©e) de son anti-hĂ©ros. Formidable divertissement, Ă  l'artisanal. 

*Bruno
27.01.25. 5èx. Vost
24.03.23. 
19.01.14. 



mercredi 22 mars 2023

Amityville 3-D

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Richard Fleischer. 1983. U.S.A. 1h33. Avec Tony Roberts, Tess Harper, Candy Clark, Robert Joy, Lori Loughlin, Meg Ryan.

Sortie France en video: 1985. Salles U.S: : 18 Novembre 1983

FILMOGRAPHIE: Richard Fleischer est un rĂ©alisateur amĂ©ricain nĂ© le 8 dĂ©cembre 1916 Ă  Brooklyn,  et dĂ©cĂ©dĂ© le 25 Mars 2006 de causes naturelles. 1952: l'Enigme du Chicago Express, 1954: 20 000 lieues sous les mers, 1955: les Inconnus dans la ville, 1958: les Vikings, 1962: Barabbas, 1966: le Voyage Fantastique, 1967: l'Extravagant Dr Dolittle, 1968: l'Etrangleur de Boston, 1970: Tora, tora, tora, 1971: l'Etrangleur de Rillington Place, 1972: Terreur Aveugle, les Flics ne dorment pas la nuit, 1973: Soleil Vert, 1974: Mr Majestyk, Du sang dans la Poussière, 1975: Mandingo, 1979: Ashanti, 1983: Amityville 3D, 1984: Conan le destructeur, 1985: Kalidor, la lĂ©gende du talisman, 1989: Call from Space.

Avertissement: il s'agit de la version 2D chroniquée ici, la 3D n'étant qu'un simple outil à gadgets inutiles.

DĂ©moli par la critique et le public dès sa sortie, Amityville 3D ne mĂ©ritait pas Ă  mon sens tant de haine, aussi mineur soit le produit d'exploitation correctement emballĂ© par l'immense Richard Fleischer. Car si ce dernier ne semble pas vraiment inspirĂ© Ă  donner chair Ă  la franchise lucrative, il parvient nĂ©anmoins avec une modeste efficacitĂ© Ă  exploiter les clichĂ©s du film de hantise au grĂ© de petites scènes-chocs faisant leur petit effet de fascination (notamment celui, cruel, de l'incendie dans l'habitacle d'une voiture). Qui plus est tournĂ© en scope dans une photo soignĂ©e et correctement interprĂ©tĂ© par d'aimables seconds-couteaux (on reconnaitra d'ailleurs la nĂ©ophyte Meg Ryan pour sa 2è apparition Ă  l'Ă©cran), Amityville 3 inspire la sympathie au sein d'une ambiance fantastique parfois mĂŞme poĂ©tique quant Ă  la disparition d'une victime juvĂ©nile s'efforçant de communiquer avec ses parents sous l'apparence d'un ectoplasme de couleur mauve. 

Tant et si bien qu'Ă  la revoyure, avec le recul et en faisant preuve d'indulgence, ce petit divertissement sans prĂ©tention dĂ©gage mĂŞme un charme tangible constant auprès de son ambiance horrifique Ă©paulĂ©e qui plus est de quelques effets-spĂ©ciaux artisanaux attachants par leur cĂ´tĂ© perfectible faisant toutefois mouche la plupart du temps. Il s'agit donc selon mon jugement de valeur du dernier film honorable de la saga, et bien qu'il ne puisse jamais rivaliser avec les 2 premiers opus dans toutes nos mĂ©moires, Amityville 3 dĂ©gage une simplicitĂ© point disgracieuse Ă  travers son intrigue rachitique jamais ennuyeuse, notamment de par la complĂ©mentaritĂ© des interprètes se prĂŞtant sans outrance au jeu du "ouh, fais moi peur" avec parfois mĂŞme une expressivitĂ© dramatique rĂ©solument probante (le deuil familial qui entoure le rĂ©cit lors de sa dernière partie particulièrement Ă©pique). 

P.S: Dans l'un des Bonus de cette galette issue du coffret Bach Films, les cinĂ©astes acolytes Maury / Bustillo dĂ©fendent sans ambages ce 3è opus sans faire preuve d'ironie mal placĂ©e (quand bien mĂŞme la plateforme Psychovision dispo sur le net est Ă©galement de la partie pour dĂ©noter une suite toute Ă  fait honorable). Enfin, le film est ici prĂ©sentĂ© dans sa version intĂ©grale inĂ©dite en France (Tant Dvd que BR). 

*Bruno
11.03.19
22.03.23. 3èx

lundi 20 mars 2023

Le cerveau d'Acier / Colossus: The Forbin Project

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Joseph Sargent. 1970. U.S.A. 1h40. Avec Eric Braeden, Susan Clark, Gordon Pinsent, William Schallert, Leonid Rostoff, Georg Stanford Brown.

Sortie Salles: 8 avril 1970 (États-Unis), 11 juin 1971 (France). Diffusion TV: 26 janvier 1976 (L'Avenir du Futur)

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Joseph Sargent (Giuseppe Danielle Sorgente) est un réalisateur, acteur et producteur américain, né le 22 juillet 1925 à Jersey City, New Jersey (États-Unis), décédé le 22 décembre 2014 à Malibu (Californie). 1959: Street-Fighter. 1966: L'Espion au chapeau vert. 1970: Le Cerveau d'Acier. 1974: Les Pirates du Métro. 1975: La Nuit qui terrifia l'Amérique (télé-film). 1979: De l'or au bout de la piste. 1983: En plein Cauchemar. 1987: Les Dents de la Mer 4. 2008: Un coeur à l'écoute (télé-film).

Relativement rare Ă  la TV et plutĂ´t oubliĂ© mais heureusement Ă©ditĂ© en Dvd puis Blu-ray chez Movinside, Le Cerveau d'Acier est un excellent suspense d'anticipation comme les Seventies Ă©taient aptes Ă  nous concocter, entre sincĂ©ritĂ© et amour du genre. Et ce sans cĂ©der aux sirènes d'une action ostentatoire ici inexistante, tant et si bien que ce qui intĂ©resse Joseph Sargent est de nous narrer avec soin, intelligence et attention une fascinante intrigue (visionnaire) entre 2 super ordinateurs capables de provoquer une catastrophe nuclĂ©aire entre les Etats-Unis et l'URSS durant la guerre froide. Sorte de prĂ©curseur de Skynet vu dans Terminator. Et si on reste constamment captivĂ© par cette guerre des cerveaux lestement posĂ©e et inquiĂ©tante, on reste stupĂ©fiais par l'audace de sa conclusion au risque de laisser sur le carreau une partie des spectateurs qui n'en demandait pas tant pour son effet de surprise antinomique. Outre la soliditĂ© de la rĂ©alisation (peut-ĂŞtre la plus scrupuleuse de la carrière de Sargent), on est Ă©galement captivĂ© par le jeu dĂ©pouillĂ© du trop rare Eric Braeden endossant le crĂ©ateur de gĂ©nie avec un humanisme fĂ©brile toujours plus contrariĂ© en dĂ©pit de son assurance d'y gĂ©rer toutefois la situation hormis ses interrogations internes les plus alarmistes. Un formidable divertissement donc, adulte et cĂ©rĂ©bral car au plus près de la psychologie torturĂ©e de ses scientifiques et politiciens sur le qui-vive d'un danger pernicieux Ă©chappant Ă  leur contrĂ´le, Ă  leurs armes et Ă  leur intelligence. 


*Bruno
2èx

mardi 14 mars 2023

Bienvenue, Mr Chance / Being There

                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site fan-de-cinema.com

de Hal Ashby. 1979. U.S.A. 2h10. Avec Peter Sellers, Shirley MacLaine, Melvyn Douglas, Jack Warden, Richard A. Dysart, David Clennon.

Sortie salles France: 13 Août 1980. U.S: 19 décembre 1979

FILMOGRAPHIEHal Ashby (nĂ© William Hal Ashby) est un rĂ©alisateur, monteur, acteur et producteur amĂ©ricain nĂ© le 2 septembre 1929 Ă  Ogden, Utah (États-Unis), mort le 27 dĂ©cembre 1988 Ă  Malibu (Californie). 1970 : Le PropriĂ©taire. 1971 : Harold et Maude. 1973 : La Dernière CorvĂ©e. 1975 : Shampoo. 1976 : En route pour la gloire. 1978 : Le Retour. 1979 : Bienvenue, Mister Chance. 1981 : CĹ“urs d'occasion. 1982 : Lookin' to Get Out. 1983 : Let's Spend the Night Together. 1984 : Solo Trans (vidĂ©o). 1985 : Match Ă  deux. 1986 : Huit millions de façons de mourir. 1988 : Jake's Journey (en) (TV). 


"Un grand moment de cinéma en apesanteur transcendé par l'interprétation transie de quiétude: Mr Peter Sellers."
Attention OFNI, Ă  l'instar de l'hallucinante performance du gĂ©nie Peter Sellers (sans doute LE rĂ´le de sa vie !), Bienvenue Mister Chance ne ressemble Ă  rien de connu. Tout du moins lors de l'annĂ©e oĂą il fut conçu car on peut prĂ©tendre que Robert Zemeckis s'en soit tout de mĂŞme inspirĂ© avec Forrest Gump  quelques dĂ©cennies plus tard dans une version beaucoup plus commerciale, tous publics, Ă  la tendresse autrement dĂ©monstrative (mĂŞme s'il s'agit Ă©galement Ă  mon sens d'un grand divertissement vibrant d'humanitĂ©). Or, ici le rĂ©alisateur Hal Ashby ne s'embarrasse ni de fioritures ni de bons sentiments tant sa mise en scène personnelle adopte le parti-pris d'une oeuvre indĂ©pendante au service de ces personnages huppĂ©s gravitant auprès d'un Ă©nigmatique Ă©tranger apatride. Ainsi, c'est Ă  travers le portrait improbable de Mr Chance, jardinier tout juste sĂ©parĂ© de son dĂ©funt propriĂ©taire, que le rĂ©cit nous ait traitĂ© avec force et humour, entre lĂ©gèretĂ© et Ă©motion somme toute contenue pour y dresser son Ă©trange personnalitĂ© tributaire d'une nouvelle demeure que le couple Rand dĂ©cide de recueillir Ă  la suite d'un accident de voiture. Par consĂ©quent, 2h10 durant, nous allons partagĂ©s l'exclusive intimitĂ© de Monsieur Chance dans son nouveau foyer peuplĂ© de domestiques et d'invitĂ©s notoires. Un homme solitaire fĂ©ru de jardinage et de tĂ©lĂ©vision car terriblement introverti, indicible mais nĂ©anmoins infiniment attachant auprès d'un entourage davantage fascinĂ© par l'acuitĂ© de son innocence sans Ă©gale.

Et ce, mĂŞme si le FBI ou la CIA finiront par enquĂŞter sur son passĂ© lors de soupçons d'espionnage alors que les mĂ©dias y feront leur nouvelle coqueluche, tel un monstre de foire. Toute cette mise en scène au plus près des rĂ©actions perplexes des protagonistes Ă©tant subtilement traitĂ©e avec Ă©normĂ©ment de pudeur, de drĂ´lerie (jamais gouailleuse) et de profondeur psychologique. A l'instar de son hallucinant Ă©pilogue mystique impossible Ă  anticiper, mĂ©ditation pour la sagesse d'esprit. Hal Hashby nous dĂ©montrant avec une jubilatoire dĂ©rision qu'un homme sans personnalitĂ© ni ambition peut un jour accĂ©der sans le vouloir Ă  la consĂ©cration et la cĂ©lĂ©britĂ© grâce Ă  ses improvisations philosophiques communiquĂ©es par ses valeurs humaines dĂ©nuĂ©es d'orgueil, de jalousie, de vice et encore moins de colère. Peter Sellers crevant l'Ă©cran par son omniprĂ©sence timidement dĂ©calĂ©e, entre paix interne et calme tranquille dans une posture laconique jubilatoire, notamment eu Ă©gard de son regard enfantin inscrit dans le vide permettant du coup aux autres de se remettre en question afin de se donner un nouveau sens existentiel (notamment pour notre rapport anxiogène avec la mort qui se rapproche peu Ă  peu de nous). Quant Ă  Shirley MacLaine renouant avec ses sentiments d'adolescente dans une fureur de vie soudainement expansive, elle crève elle aussi l'Ă©cran par sa fragilitĂ© humaine, sa beautĂ© rĂ©confortante, sa fascination Ă©baubie de contempler Mr Chance dans un dĂ©sir sexuel irrĂ©pressible (la scène de masturbation est Ă  ce titre anthologique). 


« La vie est un Ă©tat d'esprit »
En dĂ©pit de 2/3 longueurs vite pardonnables durant la 1ère partie du rĂ©cit (les premiers rapports  de Chance amorcĂ©s avec Mr Rand et le prĂ©sident), Bienvenue Mister Chance est un grand moment de cinĂ©ma oĂą la comĂ©die politico-sociĂ©tale s'Ă©lève ici Ă  un niveau spirituel insoupçonnĂ©e. Et puis rien que pour la performance insensĂ©ment naturelle de Peters Sellers (accompagnĂ© d'une tendre Shirley MacLaine toute en douceur de miel), cet incroyable portrait d'un homme (extra)ordinaire (certains et certaines s'y reconnaĂ®tront) demeure profondĂ©ment Ă©vocateur, discursif pour son rapport innĂ©, candide Ă  la vie et celle de son entourage ayant Ă©garĂ© leur âme d'enfant. 

*Bruno

Récompenses
Los Angeles Film Critics Association Awards 1979 : Meilleur acteur dans un second rĂ´le pour Melvyn Douglas
Oscars 1980 : Oscar du meilleur acteur dans un second rĂ´le pour Melvyn Douglas
Golden Globes 1980 :
Golden Globe du meilleur acteur dans un film musical ou une comédie pour Peter Sellers
Golden Globe du meilleur acteur dans un second rĂ´le pour Melvyn Douglas
BAFTA Awards 1981 : BAFTA du meilleur scénario pour Jerzy Kosinski
London Film Critics Circle 1981 : Prix spécial à Peter Sellers pour sa carrière

lundi 13 mars 2023

La Petite Boutique des Horreurs / The Little Shop of Horrors

                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Roger Corman. 1960. U.S.A. 1h12. Avec Jonathan Haze, Jackie Joseph, Mel Welles, Dick Miller, Myrtle Vail

Sortie salles France: 1er juillet 1970. U.S: 5 Août 1960.

FILMOGRAPHIE: Roger Corman est un cinéaste américain, né le 5 avril 1926 à Détroit, Michigan. 1955: Day the World Ended. 1956: It's Conquered the World. 1957: Rock all Night. 1957: l'Attaque des Crabes Géants. 1957: Not of this Earth. 1957: Vicking Women. 1957: The Undead. 1958: War of the Satellites. 1958: She-Gods of Shark Reef. 1958: Swamp Women. 1958: Teenage Caveman. 1958: Mitraillette Kelly. 1959: Un Baquet de Sang. 1960: La Petite Boutique des Horreurs. 1960: La Chute de la Maison Usher. 1961: Ski Troop Attack. 1961: La Chambre des Tortures. 1961: Atlas. 1962: The Intruder. 1962: l'Enterré Vivant. 1962: l'Empire de la Terreur. 1962: La Tour de Londres. 1963: Le Corbeau. 1963: La Malédiction d'Arkham. 1963: l'Horrible cas du Dr X. 1963: l'Halluciné. 1964: Le Masque de la Mort Rouge. 1964: l'Invasion Secrète. 1965: Le Tombe de Ligeia. 1965: Not of this Earth. 1966: Les Anges Sauvages. 1967: l'Affaire Al Capone. 1967: The Trip. 1970: Bloody Mama. 1971: Gas-s-s-s. 1971: Le Baron Rouge. 1990: La Résurrection de Frankenstein.

Authentique film culte qui doit principalement sa rĂ©putation Ă  ses 2 jours de tournages que Roger Corman accepta Ă  la suite d'un pari avec son frère, La Petite Boutique des Horreurs est un rĂ©gal de comĂ©die noire horrifique. Tant et si bien qu'Ă  la revoyure, j'ai Ă©tĂ© surpris par le rythme effrĂ©nĂ© du rĂ©cit faisant la part belle Ă  l'excentricitĂ© des personnages communĂ©ment folingues ou borderline. Chacun des comĂ©diens très Ă  l'aise dans leur fonction un poil théâtrale suscitant un rĂ©el attachement tant ils parviennent Ă  nous communiquer leur fougue sĂ©millante face Ă  la curiositĂ© d'une plante carnivore grandissant de manière disproportionnĂ©e après avoir ingurgitĂ© des cadavres fraĂ®chement trĂ©passĂ©s. Qui plus est, elle est douĂ©e de parole au grĂ© d'un franc-parler colĂ©rique. 

BourrĂ© de sĂ©quences cocasses oĂą le sarcasme ne cesse de s'imposer Ă  travers le parti-pris de Corman  totalement dĂ©complexĂ© Ă  enchaĂ®ner les situations dĂ©bridĂ©es (Ă  l'instar de la cĂ©lèbre sĂ©quence de torture que le nĂ©ophyte Jack Nicholson accepte de s'infliger chez le dentiste en patient SM), la Petite Boutique des Horreurs se dĂ©marque de la routine de par l'originalitĂ© de son concept, son ambiance quasi surrĂ©aliste et la caractĂ©risation lunaire des personnages d'une spontanĂ©itĂ© rĂ©solument communicative. Et c'est ce qui fait le charme de cet adorable dĂ©lire macabre tournĂ© en noir et blanc avec des moyens limitĂ©s. Pour autant, Corman reste suffisamment retors pour emballer correctement son mĂ©trage 1h12 durant en dĂ©pit de l'Ă©troitesse des dĂ©cors se rĂ©duisant souvent Ă  un foyer domestique et au commerce du fleuriste. 

Rafraichissant en diable donc, La Petite boutique des Horreurs perdure son pouvoir inaltĂ©rable grâce Ă  la symbiose de sa folie macabre tributaire d'un humour noir dĂ©jantĂ© couramment payant. 

*Bruno
2èx

vendredi 10 mars 2023

Le Sadique / The Sadist

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de James Landis. 1963. U.S.A. 1h32. Avec Arch Hall jr., Richard Alden, Helen Hovey

Sortie salles U.S: Avril 1963

FILMOGRAPHIEJames Landis est nĂ© le 10 juin 1926 dans le Dakota du Sud, États-Unis. Il Ă©tait scĂ©nariste et rĂ©alisateur. Il est dĂ©cĂ©dĂ© le 17 dĂ©cembre 1991 en Californie, États-Unis. 1968: Jennie: Wife/Child. Gunsmoke (1955). Rat Fink (1965). Arch Hall Jr. in Deadwood '76 (1965). The Nasty Rabbit (1964). Le sadique (1963). Bing Russell in Stakeout! (1962). Carolyn Byrd and Bobby Diamond in Airborne (1962). 

ExtrĂŞmement rare et peu diffusĂ© Ă  la TV alors que Le chat qui Fume est parvenu Ă  l'exhumer de l'oubli grâce Ă  leur Ă©dition Dvd (pas très top hĂ©las en terme de qualitĂ© formelle mĂŞme s'il y a pire ailleurs), le Sadique est une excellente curiositĂ© parvenant Ă  maintenir l'intĂ©rĂŞt 1h30 durant en jouant efficacement sur l'unitĂ© de lieu et de temps qu'un serial-killer et sa donzelle monopolisent en molestant un trio d'Ă©trangers Ă©garĂ©s dans une casse de voiture fantomatique. FilmĂ© dans un noir et blanc plutĂ´t soignĂ©e (j'aurai tant aimĂ© le dĂ©couvrir en version HD), ce survival constamment intense surprend par la science de son suspense mĂ©tronome et de ses quelques Ă©clairs de violence Ă©tonnamment rĂ©alistes pour l'Ă©poque, quand bien mĂŞme il dĂ» influencer probablement une plĂ©thore de cinĂ©astes (on peut citer par exemple Kalifornia de Dominic Sena Ă  travers ce jeu de rĂ©volte et de soumission entre un couple de tueurs marginaux et ses victimes confinĂ©es en plein dĂ©sert). Si bien qu'il eut des problèmes avec la censure de l'Ă©poque tant le rĂ©alisateur mĂ©connu James Landis s'efforce de provoquer malaise et provocations triviales sous l'impulsion de 2 dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s infiniment dĂ©cervelĂ©s. 

Et si le jeune acteur Arch Hall Jr. peut parfois irriter Ă  travers ses yeux Ă©baubis saturĂ©s de rictus beaucoup trop outranciers dans la permanence, il reste pour autant Ă©tonnamment convaincant, intrigant en psychopathe pervers s'Ă©vertuant Ă  jouer gratuitement le tortionnaire primaire dans son instinct de rĂ©bellion et de supĂ©rioritĂ© dĂ©mesurĂ©s. Quant Ă  sa partenaire Judy endossĂ©e par Marilyn Manning, elle reste gentiment en arrière plan voyeuriste afin d'observer le spectacle de dĂ©cadence que son partenaire provoque avec appĂ©tence insatiable tout en participant de temps Ă  autre Ă  ces jeux de soumission. Enfin, les autres seconds-rĂ´les se fondent dans le corps de victimes dĂ©munies avec un dĂ©sarroi sobrement anxiogène tout en cultivant peu Ă  peu leur montĂ©e d'angoisse exponentielle quant Ă  la crainte de leur propre trĂ©pas. Le rĂ©cit âpre et rubigineux ne leur accordant aucune concession si bien que ceux-ci sont contraints de compter sur leur stratĂ©gie de dĂ©fense et d'instinct de survie parfois couillu afin de dĂ©jouer leurs oppresseurs.  

A dĂ©couvrir donc avec un vif intĂ©rĂŞt pour tous les amateurs de pĂ©pites infortunĂ©es. 

*Bruno
2èx

jeudi 9 mars 2023

Le Retour de Kriminal / Il marchio di Kriminal

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Fernando Cerchio. 1967. Italie/Espagne. 1h28. Avec Glenn Saxson, Helga LinĂ©, Andrea Bosic, Armando Francioli, Tomas Pico, Anna Zinnemann, Mirella Pamphili. 

Sortie salles France: 14 Mai 1969.

FILMOGRAPHIE: Fernando Cerchio, nĂ© le 7 aoĂ»t 1914 Ă  Luserna San Giovanni (Italie) et mort le 19 aoĂ»t 1974 Ă  Mentana (Italie), est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et monteur italien. 1944 : La buona fortuna. 1945 : Porte chiuse (it), corĂ©alisĂ© avec Carlo Borghesio. 1945 : Aldo dice 26x1, corĂ©alisĂ© avec Carlo Borghesio. 1948 : Cenerentola (it). 1949 : Gian le contrebandier . 1951 : Brigade volante . 1952 : Le Fils de Lagardère. 1952 : Il bandolero stanco . 1953 : LulĂą. 1954 : Addio mia bella signora . 1954 : Le Vicomte de Bragelonne. 1955 : quattro del getto tonante . 1956 : Le Fils du cheik . 1957 : Les Mystères de Paris . 1958 : Aphrodite, dĂ©esse de l'amour . 1959 : Judith et Holopherne . 1960 : La VallĂ©e des pharaons . 1961 : NĂ©fertiti, reine du Nil . 1962 : Totò contre Maciste. 1962 : Le Cheik rouge. 1962 : Par le fer et par le feu. 1963 : Totò et ClĂ©opâtre. 1964 : Totò contre le pirate noir. 1966 : Pour un dollar de gloire. 1967 : Le requin est au parfum. 1967 : Le Retour de Kriminal. 1969 : Les Pistolets de l'Ouest. 


C'est bien connu, rares sont les suites qui ont approchĂ© le niveau des films qui les ont inspirĂ©s. Et si Umberto Lenzi cède un an plus tard sa place, Fernando Cerchio relève brillamment le dĂ©fi pour nous concocter une sĂ©quelle bougrement ludique, drĂ´le, enlevĂ©e, dĂ©complexĂ©e, eu Ă©gard de la charpente de son intrigue Ă©rigĂ©e autour d'une chasse au trĂ©sor sous l'impulsion d'un rythme trĂ©pidant (parfois mĂŞme trop rapide). Toujours endossĂ© par Glenn Saxson, celui-ci demeure toujours aussi tranquille, sĂ»r de lui, charmeur, sournois, perfide, diaboliquement immoral dans la peau du squelette Kriminal dĂ©sireux d'agencer 4  bouddhas afin de reconstituer le parchemin d'un trĂ©sor enfoui au Moyen-Orient. Or, durant sa quĂŞte mĂ©ticuleuse, la police et d'autres personnages peu recommandables se mĂŞlent Ă  ses pĂ©rĂ©grinations exotiques afin de pimenter l'intrigue enrichie par moments de rebondissements fortuits. 


A l'instar de son surprenant final Ă  contre-emploi de tout ce que nous venions d'assister en terme de politiquement incorrect et de coups bas dĂ©nuĂ©s de scrupule. Or, pour en revenir Ă  sa libertĂ© de ton gĂ©nialement sarcastique, son prologue macabre ne manquait ni d'audaces, ni de dĂ©rision pour son refus de concession imparti au 3è âge. Film d'aventures exotiques donc au sein d'un genre policier marginal inspirĂ© des bandes-dessinĂ©es italiennes, les Fumetti, le Retour de Kriminal demeure une excellente surprise, un classique incontournable que les fans de la saga (et de Fantomas !) n'auront peine Ă  adopter. Si bien que dès le gĂ©nĂ©rique de fin gĂ©nialement sardonique par son esprit BD ouvertement prononcĂ©, nous n'avions qu'un dĂ©sir, revoir le 1er opus aussi jubilatoire que facĂ©tieux. 


*Bruno

Ci-joint chronique de Kriminal: http://brunomatei.blogspot.fr/2014/06/kriminal.html

mercredi 8 mars 2023

Destination Planète Hydra / 2+5 missione Hydra

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Pietro Francisci. 1966. Italie. 1h32. Avec Leonora Ruffo, Mario Novelli, Roland Lesaffre, Leontine May, Kirk Morris, Alfio Caltabiano, Nando Angelini. 

Sortie salles France: 23 Janvier 1974. Italie: 2 Octobre 1966

FILMOGRAPHIEPietro Francisci est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et monteur italien nĂ© le 9 septembre 1906 Ă  Rome, dĂ©cĂ©dĂ© le 1er mars 1977. 1934: Rapsodia in Roma. 1934 : La mia vita sei tu. 1941 : Edizione straordinaria. 1945 : Il cinema delle meraviglie. 1946 : Io t'ho incontrata a Napoli. 1948 : NoĂ«l au camp 119. 1949 : Saint Antoine de Padoue. 1950 : Le Prince pirate. 1952 : Le Prince esclave. 1952 : La Reine de Saba. 1954 : Attila, flĂ©au de Dieu. 1956 : Roland, prince vaillant. 1958 : Les Travaux d'Hercule. 1959 : Hercule et la Reine de Lydie. 1960 : Sapho, VĂ©nus de Lesbos. 1960 : La Charge de Syracuse. 1963 : Hercule, Samson et Ulysse. 1966 : Destination : planète Hydra. 1973 : Simbad le calife de Bagdad. 


Une aberration filmique hors du commun, hors du temps et de l'espace, si bien qu'il faut le voir pour le croire tant cette production transalpine nous laisse pantois d'effarement tĂ©lescopĂ© de stupeur. EditĂ© par Artus Films dans une copie Dvd relativement convenable, Destination Planète Hydra exploite la science-fiction en vogue au coeur des annĂ©es 60 avec une Ă©conomie de moyens dignes d'Ed Wood. Ainsi, 1h26 durant, nous assistions Ă  un scĂ©nario fourre-tout si improbable que l'on se perd parfois, notamment Ă  travers sa plĂ©thore de rĂ©pliques bonnards que des acteurs inexpressifs amorcent avec une fougue dĂ©complexĂ©e. Tant et si bien que la comĂ©die (de marivaudage) s'invite entre autre sans complexe dans l'aventure spatiale en dĂ©pit de la tournure dramatique de l'intrigue culminant vers une diatribe anti-nuclĂ©aire. Et si cette sĂ©rie Z ne s'avère guère passionnante, elle parvient sans rĂ©serve Ă  maintenir notre intĂ©rĂŞt de par notre curiositĂ© expansive d'y reluquer la prochaine sĂ©quence saugrenue afin de savoir jusqu'oĂą iront les crĂ©ateurs de cette immense farce transalpine dĂ©nuĂ©e de prĂ©tention. 


Les décors de carton-pâte, les détails électroniques du vaisseau (semblable à une boite de conserve vierge) et les costumes de carnaval de nos E.T ont beau tenté de simuler leur scénographie stellaire; il est inconcevable de s'immerger dans l'univers de pacotille en dépit de notre amusement permanent à observer leurs pugilats (étonnamment spectaculaires pour le coup !) et règlements de compte verbaux parfois même hilarants par tant de maladresse irraisonnée. Enfin, et pour parachever, on reste paradoxalement stupéfiais par la beauté lyrique de ses 2 ultimes plans romantiques sur fond d'horizon optimiste. A découvrir absolument donc (tout du moins 1 fois, de préférence entre cinéphiles éclairés), quand bien même cette curiosité un tantinet polissonne (l'actrice aux yeux azur arborant ouvertement ses formes charnues vaut son pesant de cacahuètes) s'avère rarement diffusée à la TV, alors que la génération 80 se remémora non sans nostalgie la projo du "Cinéma de Quartier" sélectionnée par Jean-pierre Dionnet


*Bruno
2èx

mardi 7 mars 2023

Dracula et ses Femmes Vampires

                                          
                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site ecranlarge.com

de Dan Curtis. 1973. Angleterre. 1h38. Avec Jack Palance, Simon Ward, Nigel Davenport, Pamela Brown, Fiona Lewis, Penelope Horner, Murray Brown.

Diffusion France TV: 12 Mai 1976. U.S: 8 FĂ©vrier 1974.

FILMOGRAPHIE: Dan Curtis est un producteur, scénariste et réalisateur américain, né le 12 Août 1927 à Bridgeport, Connecticut (Etats-Unis), décédé le 27 mars 2006 à Brentwood (Californie). 1966: Dark Shadows (série TV). 1970: La Fiancée du Vampire. 1971: Night of dark shadows. 1973: Dracula. 1973: The Night Strangler (télé-film). 1975: La Poupée de la Terreur. 1976: Trauma. 1977: Dead of Night. 1977: La Malédiction de la veuve noire (télé-film). 1992: Intruders (télé-film). 1996: La Poupée de la terreur 2 (télé-film).


RĂ©alisĂ© par Dan Curtis, un des maĂ®tres du Fantastique jamais reconnu Ă  mes yeux (on lui doit quand mĂŞme le chef-d'oeuvre Trauma et bien d'autres pĂ©pites parmi lesquelles The Night Strangler, La FiancĂ©e du Vampire, la PoupĂ©e de la Terreur et le fameux La MalĂ©diction de la Veuve noire); Dracula demeure une superbe adaptation tĂ©lĂ©visuelle du roman Ă©ponyme de Stoker. Si bien qu'il eut mĂŞme droit Ă  une sortie salles dans plusieurs pays tant le mĂ©trage cinĂ©gĂ©nique demeure techniquement soignĂ© qui plus est saturĂ© de rutilants dĂ©cors domestiques, alors que la nuit et ses alentours s'avèrent superbement Ă©clairĂ©s. Ainsi, sans rĂ©volutionner le mythe sĂ©culaire, Dan Curtis possède suffisamment de savoir-faire, d'affection et d'inspiration pour le mythe afin de rendre captivant un cheminement narratif que l'on connait par coeur. Et la preuve c'est qu'on marche Ă  nouveau sans sourciller 1h38 durant. Car Ă©maillĂ© de sĂ©quences atmosphĂ©riques immersives, tant auprès de sa scĂ©nographie gothique susnommĂ©e, de ses cryptes bleutĂ©es que de sa nature crĂ©pusculaire tantĂ´t onirique (notamment Ă  travers l'allure spectrale du vampire aussi mutique qu'impĂ©rial), Dracula parvient efficacement Ă  se renouveler sous l'impulsion d'un Jack Palance Ă©tonnamment inquiĂ©tant (pour ne pas dire idoine). 


Naturellement patibulaire Ă  travers sa mâchoire carrĂ©e et ses petits yeux viciĂ©s, ce dernier magnĂ©tise l'Ă©cran avec une sobre conviction si bien que l'on reste rĂ©gulièrement fascinĂ© par ses factions sournoises et son comportement parfois mĂŞme Ă©tonnamment singulier. De par ses exactions musclĂ©es que de ses mimiques contractĂ©es jamais ridicules. Quant aux seconds-rĂ´les assez investis dans leur posture hĂ©roĂŻque (la fraternitĂ© d'Arthur et de Van Helsing) ou dĂ©munie (les victimes fĂ©minines en proie Ă  l'hypnose puis Ă  la contamination) on parvient Ă  s'y identifier grâce Ă  leur jeu modĂ©rĂ© dĂ©nuĂ© d'emphase. Et pour parachever dans l'horreur ensorcelante, on apprĂ©cie Ă©galement les quelques apparitions pernicieuses des femmes vampires dissĂ©minĂ©es Ă  travers l'intrigue pour s'y insurger alors que son final en bonne et due forme demeure une fois de plus assez intense, Ă©trange et impressionnant quant Ă  la mort du Comte en proie une agonie solaire que Dan Curtis filme avec un brio Ă  la fois couillu et circonspect. 


Produit pour la TV dans une facture formellement splendide, ce Dracula 73 parvient donc Ă  s'extirper du carcan tĂ©lĂ©visuel grâce aux talents communs de Dan Curtis, du directeur photo, des seconds-rĂ´les et de Jack Palance mutuellement complices pour plonger le spectateur dans un rĂ©vĂ©rencieux cauchemar gothique ponctuĂ© de cadrages obliques du plus bel effet. 

* Bruno
15.03.13. 47 v
06.12.18. 
07.03.23. 3èx

lundi 6 mars 2023

Apocalypse dans l'océan rouge / Shark - Rosso nell'oceano

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Lamberto Bava. 1984. 1h36. Italie/France. Avec Michael Sopkiw, Valentine Monnier, Gianni Garko, William Berger, Iris Peynado

Sortie salles France: 23 Janvier 1985. Italie: 7 Septembre 1984

FILMOGRAPHIE: Lamberto Bava est un réalisateur et un scénariste italien né le 3 avril 1944 à Rome. Il est le fils de Mario Bava. 1980 : Baiser macabre (+ scénariste) , 1983 : La Maison de la terreur, 1984 : Apocalypse dans l'océan rouge, 1985 : Demons (+ scénariste),1986 : Demons 2 (+ scénariste),1991 : Body puzzle, 1991 : La Caverne de la Rose d'Or : La Princesse Rebelle, 1992 : La Caverne de la Rose d'Or : La Sorcière Noire, 1993 : La Caverne de la Rose d'Or : La Reine des Ténèbres, 1994 : La Caverne de la Rose d'Or : L'Empereur du Mal, 1994 : Desideria et le prince rebelle, 1996 : La Caverne de la Rose d'Or : Le Retour de Fantaghirò, 1996 : La Légende d'Alisea. 1997: La Princesse et le Pauvre, 1998 : Caraibi, 2001 : L'impero, 2006 : Ghost son.


Pour les amateurs de série Z involontairement drôles, Apocalypse dans l'océan rouge demeure un incontournable du genre que Lamberto Bava gère avec autant de maladresse que de motivation sincère à emballer non sans une certaine attention son produit d'exploitation en dépit de ses moyens techniques limités. Outre l'attrait ludique de son scénario capillotracté surfant sur les plate-bandes des Dents de la Mer et de The Thing (ici une pieuvre mutante apte à régénérer ses cellules pour se multiplier à l'infini au coeur de l'océan) et de son action bricolée souvent facétieuse par tant de balourdises, on apprécie surtout le surjeu des acteurs de seconde zone au charisme si inexpressif qu'ils invoquent une irrésistible sympathie à s'efforcer de se prendre au sérieux au gré de situations alarmistes toujours cocasses, pour ne pas dire parfois hilarantes. D'autre part, à la revoyure, j'ai été particulièrement surpris par l'efficacité du rythme que Bava parvient à maintenir sous l'impulsion de clichés éculés ne laissant jamais place à l'ennui. Tant et si bien qu'Apocalypse dans l'océan rouge fleure bon le produit transalpin des années 80 comme seule cette décennie était apte à nous concocter auprès de nos chers italiens pillant sans vergogne les classiques Outre-Atlantique avec toutefois une attention et une sincérité somme toute artisanales. Et même si on aurait souhaité un final plus original et spectaculaire, le charme permanent qui émane de ce succédané est encore plus tangible en notre époque révolue


*Bruno 
2èx

jeudi 2 mars 2023

Tuez-les tous... et revenez seuls ! / Ammazzali tutti e torna solo

                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Notrecinema.com

de Enzo G. Castellari. 1968. Italie/Espagne. 1h40. Avec Chuck Connors, Frank Wolff, Franco Citti, Leo AnchĂłriz, Giovanni Cianfriglia, Alberto Dell'Acqua

Sortie salles France: 15 Juillet 1970. Italie: 31 DĂ©cembre 1968

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Enzo G. Castellari est un réalisateur, scénariste, acteur, monteur et producteur italien, né le 29 Juillet 1938 à Rome (Italie). 1967: Je vais, je tire et je reviens. 1968: Django porte sa croix. 1968: 7 Winchester pour un massacre. 1968: Tuez les tous... et revenez seul ! 1973: Le Témoin à abattre. 1976: Keoma. 1977: Une Poignée de salopards. 1977: Action Immédiate. 1979: La Diablesse. 1979: Les Chasseurs de Monstres. 1981: La Mort au Large. 1982: Les Nouveaux Barbares. 1982: Les Guerriers du Bronx. 1983: Les Guerriers du Bronx 2. 1987: Striker. 1987: Hammerhead. 1997: Le Désert de Feu.


On ne peut que remercier Jean-Baptiste Thoret de nous avoir inclus au sein de sa prestigieuse collection "make my day" Tuez les tous et revenez seuls, en double programme de 4 de l'Apocalypse, qui plus est comme de coutume en Dvd et Blu-ray afin de contenter les chalands. Car si on peut avouer sans rĂ©serve qu'il s'agit probablement d'un western mineur dans le paysage du western italien, Enzo G. Castellari possède suffisamment de mĂ©tier, de savoir-faire, d'habiletĂ© pour nous livrer un pur divertissement oĂą l'action, quasi omniprĂ©sente, demeure le maĂ®tre mot de ce spectacle efficace surfant sur le succès des 12 Salopards (Jean-Baptiste Ă©voquera par ailleurs en prĂ©face d'y citer la rĂ©fĂ©rence Le Bon, la Brute et le Truand de Leone). Et si sa trajectoire narrative semble tracĂ©e d'avance Ă  travers cette mission d'ex taulards recrutĂ©s pour dĂ©rober de l'or planquĂ©e dans des caisses de dynamite, quand bien mĂŞme leur leader, Clyde Mc Kay, aura l'obligeance de les occire au moment de prendre la fuite, Tuez les tous et revenez seuls s'avère moins conventionnel que prĂ©vu de par ses rebondissements impromptus renforcĂ©s d'un final sans moral qui risque de faire grincer quelques dents. 


Ainsi, au grĂ© de son action plutĂ´t inventive et soigneusement chorĂ©graphiĂ©e, saturĂ©e d'autre part de cadrages parfois alambiquĂ©s, elle ne s'avère Ă©tonnamment jamais gratuite puisque tributaire d'un cheminement Ă©pique redoublant explosions, bastonnades et fusillades lors des confrontations entre bons et mĂ©chants qu'on ne se lasse de suivre. Nos anti-hĂ©ros ruisselants de sueurs dans leur visage insalubre filmĂ© en plan serrĂ©, quand bien mĂŞme on s'extasie de contempler autour de leurs dĂ©placements ses splendides panoramiques que symbolisent d'immenses plaines dĂ©sertes brĂ»lĂ©es par le soleil. Des mercenaires pugnaces donc quelque peu attachants auprès de leur sens de bravoure et du courage, et ce en dĂ©pit de leur rĂ©flexion faillible Ă  suspecter quel traitre pourrait s'emparer du trĂ©sor avant de jouer l'esprit d'individualitĂ© pour mieux sauver leur peau et ainsi emporter la mise. Les comĂ©diens communĂ©ment bonnards insufflant un charisme de seconde zone qui ravira les amateurs de cinĂ© Bis, Ă  l'instar de la prĂ©sence autoritaire de Chuck Connors endossant un personnage anti-manichĂ©en assez imprĂ©visible dans son profil Ă  la fois sournois et ambivalent. 


Un bon p'tit western donc Ă  voir ou Ă  revoir si bien que l'on reste concentrĂ© durant toute l'aventure de par sa mise en scène chiadĂ©e au service d'une forme inventive si on est observateur mĂ©ticuleux. Avec en sus 2 sĂ©quences sous-marines plutĂ´t singulières pour le genre ! 

*Bruno