jeudi 28 juin 2012

VIERGES POUR LE BOURREAU (Il boia scarlatto)



                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site fastmovieblog.blogpost.com


de Massimo Pupillo. 1965. Italie/U.S.A. 1h23. Avec Mickey Hargitay, Walter Brandi, Moa Tahi, Alfredo Rizzo, Rita Klein, Femi Benussi, Luisa Baratto, Gino Turini, Ralph Zucker, Barbara Nelli, Albert Gordon.

FILMOGRAPHIE: Massimo Pupillo est un réalisateur, scénariste et producteur italien, né le 7 Janvier 1929 à San Severo.
1961: Teddy, l'orsacchiotto vagabondo (doc). 1965: 5 Tombes pour un médium (le cimetière des morts-vivants). 1965: Vierges pour le bourreau. 1965: La Vendetta di Lady Morgan. 1968: Django le taciturne. 1970: Giovane Italia, Giovane Europa - Marternick (télé-film). 1970: L'Amore, questo Sconosciuto. 1980: Sajana, l'audace impresa


Un bourreau azimuté reprend du service pour embrigader une équipe de comédiens dans son château et leur perpétrer d'horribles tortures inquisitrices.


TournĂ© la mĂŞme annĂ©e que le charmant classique Cimetière des Morts-vivants (avec Barbara Steele !), Vierges pour le Bourreau est une peloche du samedi soir aussi ludique qu'hilarante dans son dĂ©lire festif dĂ©crĂ©tĂ© par un bourreau Ă©carlate en survĂŞtement rouge ! Le scĂ©nario tirĂ© par les cheveux est dĂ©jĂ  un mets de choix dans son inspiration hĂ©ritĂ©e du Masque du DĂ©mon ou plutĂ´t des fameux pulps pour adultes imprimĂ©s sur papier dĂ©crĂ©pi par souci d'Ă©conomie. D'ailleurs, les amateurs penseront sans doute au cĂ©lèbre roman photo, Satanik, publiĂ© la mĂŞme annĂ©e au pays transalpin, qui narrait les mĂ©faits d'un mystĂ©rieux criminel vĂŞtu d'une combinaison de squelette, torturant sans modĂ©ration de charmantes donzelles dĂ©vĂŞtues. Après son prĂ©lude influencĂ© par le chef-d'oeuvre de Bava auquel un bourreau dĂ©lĂ©tère condamnĂ© Ă  mort promet de revenir se venger quelques siècles plus tard, un photographe et sa troupe de comĂ©diens investissent un château rĂ©putĂ© abandonnĂ© afin de rĂ©aliser une sĂ©ance photos pour la publication d'un roman d'horreur. Mais la demeure est nĂ©anmoins dĂ©jĂ  rĂ©sidĂ©e par un Ă©trange propriĂ©taire renfrognĂ©, Ă©paulĂ© de ces géôliers tout aussi acariâtres. Il reconnait in extremis parmi les invitĂ©s une de ces anciennes idylles ! Dès lors, le majordome prĂ©alablement rĂ©ticent Ă  accueillir ses nouveaux hĂ´tes se rĂ©tracte pour finalement accorder sa grâce. Bien entendu, c'est dans ce manoir mĂŞme que notre bourreau sanguinaire fut jadis condamnĂ© au supplice de la Vierge de Nuremberg, et des morts mystĂ©rieuses ne vont pas tarder Ă  se manifester ! Notre fantomas en pijama rouge semble donc revenir de l'au-dela pour accomplir ses nouvelles exactions Ă  l'aide d'instruments de torture moyenâgeux !
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Hormis une première partie frivole et aseptisĂ©e, la suite est heureusement rattrapĂ©e par un dĂ©lire excentrique digne d'un carnaval dĂ©lurĂ© ! Le bourreau masquĂ© façon "Zorro" (qui n'est autre que le propriĂ©taire du château, sĂ©vèrement fĂŞlĂ© de la casquette !) accomplit ses tortures avec une hargne insolente et une fougue inĂ©branlable ! Certaines de ces Ă©preuves mises en scène avec une diabolique inventivitĂ© sont si incongrues qu'elles n'ont rien Ă  envier aux agissements du Dr Phibes ou Jigsaw, illustres tortionnaires concurrentiels des dĂ©cennies Ă  venir. A ce titre, la sĂ©quence oĂą l'une de nos protagonistes est emprisonnĂ©e par des cordelettes constituant une gigantesque toile d'araignĂ©e est un moment jouissif dĂ©licieusement extravagant. Surtout sachant que si l'une des cordes contractĂ©es venait Ă  rompre, une flèche s'Ă©lancerait violemment en direction de la victime pour venir la transpercer ! A partir du moment oĂą le bourreau sanguinaire dĂ©voile son vĂ©ritable visage et dĂ©cide d'entamer sans vergogne ses crimes sadiques, le film prend une tournure pittoresque irrĂ©sistible. D'autant plus que notre antagoniste dĂ©ficient s'en donne Ă  coeur joie Ă  exprimer avec fiertĂ© son exaltation pour accomplir ses odieux supplices. Les potiches dĂ©vĂŞtues et embrigadĂ©es crient leur agonie, les hommes pugnaces tentent tant bien que mal de se dĂ©mĂŞler de leur filet et le bourreau extraverti jubile Ă  outrance devant tant de fertile festivitĂ© !


Hormis un début paresseux sans éclat, Vierges pour le Bourreau se révèle à mi-parcours un savoureux nanar où les péripéties s'enchaînent sans répit avec le dynamisme d'une mise en scène assidue. Les combats de catch et les mises à morts pernicieuses sont illustrés avec ferveur dans des décors gothiques aux teintes colorées ! En prime, la cocasserie des dialogues exprimés par des trognes de seconde zone, son scénario farfelu et son ambiance rétro ne pourront que réjouir l'amateur puriste de bisserie saugrenue !

Dédicace à Artus Films
28.06.12. 2èx
Bruno Matéï

                                    

1 commentaire:

  1. Haaaa en voilà un bon petit film! J'ai bcp aimé. L'acteur qui fait le bourreau en fait des tonnes, mais qu'importe. Quand je pense à ce film, le terme qui me vient à l'esprit de suite est "kitsch". Bref à voir! Je ne regrette pas d'avoir acheté le DVD. Patte de Velours.

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