mardi 31 janvier 2023

Full Metal Jacket

                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Stanley Kubrick. 1987. U.S.A. 1h56. Avec  Matthew Modine, Arliss Howard, Vincent D'Onofrio, R. Lee Ermey, Adam Baldwin, Dorian Harewood, Kevyn Major Howard, Ed O'Ross, John Terry, Kieron Jecchinis, Kirk Taylor

Sortie salles France: 12 Octobre 1987

FILMOGRAPHIE: Stanley Kubrick est un réalisateur américain, né le 26 Juillet 1928 à New-York, décédé le 7 Mars 1999 à Londres. 1953: Fear and Desire. 1955: Le Baiser du Tueur. 1956: l'Ultime Razzia. 1957: Les Sentiers de la Gloire. 1960: Spartacus. 1962: Lolita. 1964: Dr Folamour. 1968: 2001, l'Odyssée de l'Espace. 1971: Orange Mécanique. 1975: Barry Lindon. 1980: Shining. 1987: Full Metal Jacket. 1999: Eyes Wide Shut.


Une oeuvre choc nécrosée qui en dit long sur notre nature sépulcrale
MĂŞme si j'avoue avoir une prĂ©fĂ©rence pour Voyage au bout de l'Enfer et Apocalypse Now (les 2 rĂ©fĂ©rences ultimes du genre), si bien que j'ignore si Full Metal Jacket se dĂ©cline Ă©galement en chef-d'oeuvre, mais en tout Ă©tat de cause il reste sacrĂ©ment puissant, Ă©vocateur, estomaquant, mĂ©phitique par la gĂ©omĂ©trie de sa mise en scène Ă  couper au rasoir (notamment au niveau des impacts de balle sur les chairs Ă©clatĂ©es filmĂ©es au ralenti) illustrant sans ambages la descente aux enfers d'une poignĂ©e d'appelĂ©s ricains. De jeunes branleurs zĂ©lĂ©s conditionnĂ©s en machines Ă  tuer lors de la 1ère partie expĂ©rimentale se clĂ´turant sur un règlement de compte d'une intensitĂ© dramatique cauchemardesque, consĂ©quences psychotiques d'un souffre douleur trop fragile après avoir subi un lavage de cerveau au karcher. Quand bien mĂŞme le second acte nous fait suivre ses anti-hĂ©ros dĂ©boussolĂ©s lors d'une houleuse mission impromptue lorsqu'un tueur invisible les abattra un Ă  un du haut de sa tour d'un hangar dĂ©saffectĂ©. 


De par son aura d'Ă©trangetĂ© davantage prĂ©gnante et l'ambiguĂŻtĂ© de son message faussement pacifiste (tuer au nom de la libertĂ©, Ă  l'instar du soldat "guignol" arborant sur son casque "nĂ© pour tuer" puis sur sa veste de treillis le badge contradictoire d'un symbole de paix), Full Metal Jacket laisse un sale goĂ»t de souffre dans la bouche d'avoir suivi l'Ă©volution morale de ces soldats indignes abrutis par le conditionnement, le  goĂ»t du sang et de la violence putassière. Ainsi donc, Ă  la finalitĂ©, si Full Metal Jacket demeure aussi abject, Ă©prouvant (de façon insidieuse et feutrĂ©) et Ă©mĂ©tique, c'est qu'il nous dĂ©voile face camĂ©ra 1h56 durant la nature Ă©quivoque de l'homme apte Ă  se fondre dans le corps d'un barbare sans vergogne au nom d'une idĂ©ologie militaire patriotique. Il y Ă©mane au final un grand moment de cinĂ©ma capiteux portĂ© par le jeu irrĂ©prochable des acteurs se taillant une carrure primitive contagieuse lors de leur confrontation hideuse avec la mort. Si bien que sur le sujet rebattu de la guerre du Vietnam, Full Metal Jacket reste nĂ©anmoins l'un des meilleurs reprĂ©sentants (mĂŞme s'il arrive sur les Ă©crans un peu trop tard, d'oĂą son Ă©chec commercial) par sa rigueur vĂ©riste Ă  la fois insolite, furibonde, vĂ©nĂ©neuse. 


*Bruno
3èx

mercredi 25 janvier 2023

Danger planète inconnue / Doppelgänger / Journey to the Far Side of the Sun

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Robert Parrish. 1969. Angleterre. 1h41. Avec Roy Thinnes, Ian Hendry, Patrick Wymark, Lynn Loring, Loni von Friedl, Franco De Rosa.

Sortie salles France: 5 Juillet 1972. U.S: 8 Octobre 1969

FILMOGRAPHIE: Robert Parrish, nĂ© le 4 janvier 1916 Ă  Columbus (GĂ©orgie) et mort le 4 dĂ©cembre 1995 Ă  Southampton (État de New York), est un cinĂ©aste amĂ©ricain. 1951 : L'Implacable. 1951 : Dans la gueule du loup. 1952 : La Madone du dĂ©sir. 1952 : Aveux spontanĂ©s. 1952 : My Pal Gus. 1951 : Coup de feu au matin. 1954 : La Flamme pourpre. 1955 : Une femme extraordinaire. 1957 : L'Enfer des tropiques. 1958 : Libre comme le vent. 1959 : L'Aventurier du Rio Grande. 1963 : Ă€ la française. 1965 : Le Jour d'après. 1967 : Casino Royale. 1967 : Le Bobo. 1968 : Duffy, le renard de Tanger. 1969 : Danger, planète inconnue. 1971 : Les Brutes dans la ville. 1974 : Marseille contrat. 1983 : Pays d'octobre (Mississippi Blues), rĂ©alisĂ© avec Bertrand Tavernier. 

Je ne remercierai jamais assez Jean-Pierre Dionnet de m'avoir fait dĂ©couvrir cet incontournable de la SF moderne au sein de son Ă©mission phare "CinĂ©ma de Quartier" diffusĂ© sur la chaine Canal +. Car en dĂ©pit d'une première partie laborieuse, avouons-le, les 40 ultimes minutes du rĂ©cit valent Ă  elles seules le dĂ©tour si bien qu'elles nous tĂ©tanisent de fascination, stupĂ©faction et inquiĂ©tude de par son effet de surprise jamais vu au prĂ©alable sur la toile. Car digne d'un Ă©pisode longiligne de la 4è Dimension (auquel il aurait sans doute fallu raccourcir 20 bonnes minutes selon mon jugement de valeur faute d'un rythme plutĂ´t atone, en totale contradiction avec sa seconde partie vrillĂ©e), Danger Planète Inconnue cultive en prime l'audace de nous Ă©branler une ultime fois auprès de son Ă©pilogue glaçant laissĂ© en suspens. Si bien que le spectateur ne cessera de se triturer les mĂ©ninges, hantĂ© par la rĂ©vĂ©lation cuisante Ă  thĂ©oriser les faits exposĂ©s qui plus est dans un esprit documentĂ©. 

Et ce en dĂ©pit des nombreuses maquettes et FX cheap qui amĂ©nagent la scĂ©nographie tantĂ´t scientifique, tantĂ´t stellaire, ce qui d'ailleurs n'est point vraiment nĂ©gligeable tant le film dĂ©gage aujourd'hui une patine poĂ©tique pleine de charme Ă  travers l'amour du travail soignĂ©. Gerry Anderson, crĂ©ateur des Sentinelles de l'air et de Cosmos 1999 n'Ă©tant autre que le scĂ©nariste et producteur de cet improbable rĂ©cit mĂ©taphysique Ă  la thĂ©matique fulgurante. Quand bien mĂŞme l'illustre Roy Thinnes (Les Envahisseurs) et Raymond Burr (l'Homme de fer) se partagent la vedette lors d'une confrontation psychologique de longue haleine eu Ă©gard de la rĂ©vĂ©lation incongrue leur explosant en pleine face car davantage convaincus de cette impossible vĂ©ritĂ© gravitant autour du soleil. Ainsi, nous ne sommes pas prĂŞt d'omettre son intensitĂ© dramatique inopinĂ©e issue de l'ultime bobine après nous avoir donnĂ© le tournis 40 minutes durant, avec toutefois l'Ă©trange impression d'avoir assistĂ© Ă  2 mĂ©trages en un tant les ruptures de ton demeurent Ă  la fois fortuites, bipolaires, bicĂ©phales. 

En l'Ă©tat, quelques dĂ©cennies après sa sortie, Danger Planète Inconnue n'a absolument rien Ă©garĂ© de son pouvoir de fascination prĂ©gnant tout en se redorant une nouvelle renaissance via le support HD d'une super Ă©dition Elephant (qui plus est gorgĂ©e de bonus avec une nouvelle prĂ©sentation de Mister Jean-Pierre Dionnet). 

*Bruno
2èx

mardi 17 janvier 2023

Le Masque de Zorro

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Martin Campbell. 1998. U.S.A. Mexique/Allemagne. 2h17. Avec Antonio Banderas, Anthony Hopkins, Catherine Zeta-Jones, Stuart Wilson, Matt Letscher, Victor Rivers, L. Q. Jones .

Sortie salles France: 14 Octobre 1998 

FILMOGRAPHIE: Martin Campbell, nĂ© le 24 octobre 1943 Ă  Hastings (Nouvelle-ZĂ©lande), est un rĂ©alisateur, producteur et acteur nĂ©o-zĂ©landais.1973 : The Sex Thief. 1974 : Three for All. 1975 : Eskimo Nell. 1989 : La Loi criminelle. 1991 : Sans aucune dĂ©fense. 1994 : Absolom 2022. 1995 : GoldenEye. 1998 : Le Masque de Zorro. 2000 : Vertical Limit. 2003 : Sans frontière (Beyond Borders). 2005 : La LĂ©gende de Zorro (The Legend of Zorro). 2006 : Casino Royale. 2010 : Hors de contrĂ´le (Edge of Darkness). 2011 : Green Lantern. 2017 : The Foreigner. 2021 : La ProtĂ©gĂ©e (The ProtĂ©gĂ©). 2022 : MĂ©moire meurtrière. 

3 440 187 entrĂ©es rien que dans l'hexagone, Le Masque de Zorro n'a point usurpĂ© son joli succès international tant le rĂ©alisateur Martin Campbell Ă©paulĂ© du co-producteur Steven Spielberg se sont unis pour le meilleur de renouer auprès d'une aventure Ă  l'ancienne. Et ce mĂŞme si l'action autrement bondissante dĂ©mĂ©nage en diable par ses aspects spectaculaires nullement outrĂ©s (d'autant plus que les FX demeurent irrĂ©prochables, Ă  se demander si le numĂ©rique fut exploitĂ© !), rehaussĂ©s il est vrai d'un montage Ă  couper au rasoir et du panache des acteurs (Anthony Hopkins vole presque la vedette Ă  son partenaire bicĂ©phale, le très convaincant Antonio Banderas d'une vĂ©locitĂ© Ă  toute Ă©preuve en justicier latino !) s'en donnant Ă  coeur joie Ă  combattre l'ennemi lors de duels magnifiquement chorĂ©graphiĂ©s.  Ainsi, de par le pilier d'un pitch aussi intelligent que solide osant confronter 2 Zorros contre 2 ennemis impitoyables, le Masque de Zorro ne déçoit nullement Ă  conjuguer sur un rythme mĂ©tronome humour, tendresse, romance, drame, action et aventure auprès d'un emballage formel Ă  la fois Ă©lĂ©gant et luxueux eu Ă©gard du souci du dĂ©tail imparti aux dĂ©cors domestiques ou naturels oĂą l'onirisme perce parfois sous un horizon lyrique. 


En tablant d'autant plus sur la douceur de l'ensorcelante Catherine Zeta Jones (quel regard affirmĂ© sans jamais cligner de l'oeil noisette !) nullement potiche Ă  se fondre dans le corps d'une jeune femme opposĂ©e au dilemme parental de par son obscur passĂ© et Ă  l'amour naissant face Ă  un Zorro en herbe aussi finaud que badin (leur duel Ă  l'Ă©pĂ©e demeurant jouissif par l'inventivitĂ© d'un humour insolent). Ainsi donc, presque 30 ans plus tard, force et de constater que le Masque de Zorro n'a pas pris une ride (4è visionnage pour ma part) sous l'impulsion de ce cast haut en couleur Ă  jouer les redresseurs de tort ou les salauds sans vergogne au coeur d'un divertissement familial le plus intègre qui soit. Dans la mesure oĂą Ă©motion et action sont savamment distillĂ©es sans se laisser distraire par la facilitĂ© de la gratuitĂ© si bien que chaque personnage monopolise la narration, entre sobriĂ©tĂ© et dĂ©contraction, sans se laisser gagner par une violence triviale rĂ©fractaire Ă  la mythologie du vengeur masquĂ©. Et puis comment omettre ce rutilant gĂ©nĂ©rique imposant dans une suavitĂ©, et en guise de cerise sur le gâteau, la chanson I want to spend my lifetime loving you, tube aussi planĂ©taire chantĂ© par Tina Arena et Marc Anthony.


P.S: Qualité 4K à tomber.

*Bruno
4èx

Récompenses:





samedi 14 janvier 2023

Rumba la vie

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Franck Dubosc. 2022. France. 1h42. Avec Franck Dubosc, Louna Espinosa, Jean-Pierre Darroussin, Marie-Philomène Nga, Karina Marimon, Catherine Jacob, Michel Houellebecq.

Sortie salles France: 24 Août 2022

FILMOGRAPHIE: Franck Dubosc, nĂ© le 7 novembre 1963 au Petit-Quevilly (Seine-Maritime), est un humoriste et acteur français. 2018: Tout le monde debout. 2022: Rumba la Vie. 

Quel cinĂ©phile ou spectateur lambda aurait misĂ© un clopet sur les talents insoupçonnĂ©s de Franck Dubosc derrière une camĂ©ra en prime de s'improviser scĂ©nariste Ă©mĂ©rite ? Sans compter ses nouveaux talents d'acteur confirmĂ©, n'en dĂ©plaise Ă  ceux qui ne parviennent pas Ă  dĂ©partager l'humoriste du comĂ©dien trop souvent rĂ©duit Ă  la trivialitĂ© faute de ses participations (autrement commerciales) Ă  Disco, Cineman et Camping (pour autant bonne comĂ©die sans prĂ©tention si je me rĂ©fère au 1er numĂ©ro plutĂ´t honnĂŞte, voir mĂŞme Ă©motif). Car après avoir surpris critique et grand public avec le splendide Tout le monde debout (on peut d'ailleurs parler de coup de maĂ®tre au sein du genre bankable de la comĂ©die familiale tant le tact de la mise en scène nous eut laissĂ© sans voix), celui-ci remet le couvert en prime de s'y qualifier dialoguiste et danseur dans sa tendre comĂ©die Rumba la vie rĂ©alisĂ©e 4 ans plus tard. Ainsi, en traitant du sempiternel sujet bateau d'un père tentant de renouer avec sa fille après des annĂ©es d'abandon, Franck Dubosc Ă©vite tous les clichĂ©s compromettants et situations tire-larmes grâce Ă  l'intelligence de son propos Ă  la fois prude et posĂ© afin de ne pas chavirer le navire vers la dĂ©viation du produit trivial pĂ©tri de guimauve ou de sentiments ostentatoires. 

Sans compter (euphĂ©misme !)  l'Ă©paisseur psychologique impartie au père (autrefois tributaire de la peur de l'engagement) et Ă  la fille communĂ©ment blessĂ©s par leur brutale sĂ©paration sans jamais s'apitoyer sur leur sort. Tant et si bien qu'une fois de plus, c'est tout l'inverse qui se produit Ă  s'extraire de la routine sous l'impulsion du cast fringant rĂ©solument impliquĂ© dans leur fonction Ă  la fois humaniste et pittoresque eu Ă©gard de la maĂ®trise de Dubosc Ă  doser sans excès aucun drĂ´lerie, poĂ©sie, tendresse, Ă©motion (et instants d'extravagance atypiques) auprès d'une trame que l'on ne voit jamais arriver. Outre les seconds-rĂ´les (en forme de clins d'oeil) Ă  la fois bonnards et attachants, on se surprend de la prestance de la nĂ©ophyte Louna Espinosa (son second long) exprimant sobrement ses Ă©motions naturelles (en prime de sa beautĂ© physique longiligne) sans se laisser distraire par la rancune ou la colère face Ă  un Franck Dubosc (Ă  nouveau) Ă©tonnamment drĂ´le, charmant, sensible, et donc touchant en papa contractĂ© Ă  la fois taiseux, introverti, un brin bourru sans jamais cĂ©der Ă  une caricature dĂ©sincarnĂ©e. Si bien que l'Ă©motion sous-jacente, timorĂ©e, rĂ©servĂ©e se transmet Ă  l'Ă©cran avec une digne pudeur entre 2/3 Ă©clairs de tendresse bouleversĂ©e. A l'instar de son final mĂ©lomane littĂ©ralement mĂ©morable, vĂ©ritable moment prodige d'anthologie d'une grâce Ă©purĂ©e Ă  faire chialer les machistes impassibles. D'ailleurs rien que pour ce final extrĂŞmement maĂ®trisĂ© pour son aura divine planant dans les airs, Rumba la vie est Ă  ne pas rater !


En toute simplicitĂ©, et en comptant sur la dose antidĂ©pressive de poĂ©sie, de sensualitĂ© (la danse cubaine des corps), d'humour, de tendresse que ses personnages solaires dĂ©gagent entre assurance, indĂ©cision et maladresse innĂ©e, Franck Dubosc accomplit un nouveau miracle avec cette comĂ©die romantique initiatique dont l'intensitĂ© dramatique, rĂ©servĂ©e, cède (toutefois) place Ă  une vibrante Ă©motion pour l'introspection du père sentencieux emprisonnĂ© depuis trop longtemps dans l'incommunicabilitĂ©, la peur de l'Ă©chec, l'inconfiance pour tenter de s'extraire du carcan d'une solitude en perdition (pour ne pas dire pathologique).  
En attendant impatiemment le 3è long de Franck, nouvel auteur prodige de la tendre comĂ©die familiale française Ă  la fois adulte, modeste, humble, personnelle, jamais pĂ©dante ni dĂ©monstrative. 
Chapeau l'artiste. 

*Bruno

Ci-joint chronique de Tout le monde debout: http://brunomatei.blogspot.com/…/…/tout-le-monde-debout.html

mardi 10 janvier 2023

La Guerre des Polices. César du Meilleur Acteur: Claude Brasseur

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site ekladata.com

de Robin Davis. 1979. France. 1h43. Avec Claude Brasseur, Claude Rich, Marlène Jobert, Georges Staquet, Jean-François Stévenin, Étienne Chicot, David Jalil, Gérard Desarthe.

Sortie salles France: 14 Novembre 1979

FILMOGRAPHIERobin Davis est un rĂ©alisateur français nĂ© le 29 mars 1943 Ă  Marseille.1975 : Ce cher Victor. 1979 : La Guerre des polices. 1982 : Le Choc. 1983 : J'ai Ă©pousĂ© une ombre. 1985 : Hors-la-loi. 1989 : La Fille des collines. 

Formidable polar des annĂ©es 80 injustement oubliĂ© (mĂŞme s'il sort en Novembre 79, il a tout de mĂŞme un pied de l'autre cĂ´tĂ© par sa modernitĂ©, ses rĂ©parties cinglantes, le look des policiers, son Ă©rotisme et son rĂ©alisme), la Guerre des Polices tentait de rajeunir le genre Ă  l'aide d'un pitch particulièrement solide et si peu abordĂ© Ă  l'Ă©cran. Dans la mesure oĂą 2 hiĂ©rarchies policières (l'anti-gang, la brigade territoriale) se disputeront l'autoritĂ© Ă  apprĂ©hender un dangereux assassin, Hector Sarlat considĂ©rĂ© comme l'ennemi public numĂ©ro 1. Claude Brasseur endossant le commissaire Fuch entre arrogance, orgueil et provocation face Ă  son ennemi de l'ordre, le commissaire Ballestrat que campe avec aplomb Claude Rich en leader pisse-froid, machiste et misanthrope gagnĂ© par l'outrecuidance Ă  imposer sa mainmise. Chacun de leur camp abusant d'abus de pouvoir, de violence et de chantage Ă  interroger indic et tĂ©moins pour provoquer un guet-apens autour de Sarlat et ses sbires. Au centre de cette inimitiĂ© oĂą tous les coups (ou presque) y sont permis, Marlène Jobert tente d'apporter une touche de tendresse et de bon sens en s'interposant entre les deux dans une noble posture pour autant versatile eu Ă©gard de sa rancune Ă  feindre l'ĂŞtre aimĂ© Ă  la suite d'un règlement de compte injustifiĂ©. 

Outre l'aspect ludique, constamment captivant de ce scĂ©nario tranquillement posĂ© et exploitant notamment Ă  bon escient ses dĂ©cors urbains (parfois insolites, Ă  l'instar du final ferroviaire) et sa musique plus branchĂ©e qu'autrefois, la Guerre des Polices instaure plein de peps Ă  travers les portraits insolents de ses protagonistes irrĂ©prochables de par la conviction des acteurs Ă  la fĂŞte, jusqu'aux moindres petits seconds-rĂ´les et figurants symptomatiques de cette vitalitĂ© dĂ©complexĂ©e des annĂ©es 80. Car on omet quand mĂŞme aujourd'hui que Claude Brasseur, Ă©toile montante des annĂ©es 80, fut un si grand acteur (si bien qu'il repart avec un cĂ©sar l'annĂ©e plus tard pour cette prestation infaillible, au grand dam de son immense concurrent Patrick Dewaere magnifiĂ© dans SĂ©rie Noire !). On peut mĂŞme en dire autant de son rival charismatique Claude Rich Ă  se fondre avec masochisme (Ă  peine suggĂ©rĂ©) dans le corps d'un supĂ©rieur dĂ©testable, quand bien mĂŞme la solaire Marlène Jobert nous manque tant aujourd'hui après l'avoir redĂ©couverte ici dans une posture naturelle aussi fraĂ®che et attentive que dĂ©licatement langoureuse. 

Gros succès en salles Ă  sa sortie (1 792 679 entrĂ©es) et en Vhs locative (je m'en souviens comme au 1er jour) alors que de nos jours il reste très peu diffusĂ© Ă  la TV mais qu'il vient tout juste de s'extraire de l'anonymat grâce Ă  son Ă©dition commerciale estampillĂ©e "HD", la Guerre des Polices est un des meilleurs jalons du polar moderne, Ă  l'instar de La Balance, Police, Tchao Pantin, le Choix des Armes ou encore Le Professionnel et quelques autres. Et rien que pour la prestance fringante de ses comĂ©diens de l'ancienne Ă©cole totalement impliquĂ©s dans une trame burnĂ©e fustigeant la concurrence et ses consĂ©quences (parfois illĂ©gales) de l'institution policière, la Guerre des Polices est Ă  ne pas rater pour tous les amoureux de "policier punchy" oĂą l'humanisme fĂ©brile des persos prime sur l'action (plutĂ´t discrète et donc jamais gratuite).

*Bruno
3èx

Box-Office: 1 792 679 entrées en France

vendredi 6 janvier 2023

Revoir Paris

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Alice Winocour. 2022. France. 1h45. Avec Virginie Efira, BenoĂ®t Magimel, GrĂ©goire Colin, Maya Sansa, Amadou Mbow 

Sortie salles France: 7 Septembre 2022

FILMOGRAPHIE: Alice Winocour, nĂ©e Ă  Paris le 13 janvier 1976, est une rĂ©alisatrice et scĂ©nariste française. 2012 : Augustine. 2015 : Maryland. 2019 : Proxima. 2022 : Revoir Paris. 


Revoir Paris et mourir serein.
Il y a des films qu'on attend pas qui emportent tout. Il y a des intuitions qui ne trompent pas quand on est notamment fan d'une actrice aussi forte (de caractère) et talentueuse que Virginie Efira (bon sang, comme j'aimerai lui dĂ©clarer Ă  voix ouverte: "je t'aime pour toujours"). Et puis il y a des oeuvres qui sont destinĂ©es Ă  nous Ă©branler sans Ă©motion programmĂ©e. Aussi rude, Ă©peurant et grave soit son sujet bateau parfois gĂ©nĂ©rateur d'Ă©motions Ă  gros bouillons de la part de cinĂ©astes mal intentionnĂ©s. Sauf que de la part d'une rĂ©alisatrice aussi lucide que pĂ©trie d'humilitĂ© pour aborder scrupuleusement sa thĂ©matique d'actualitĂ©, Revoir Paris nous bouleverse, nous enivre, nous attendri mĂŞme, de par son humanisme Ă©corchĂ© vif oĂą la retenue demeure pourtant le maĂ®tre mot afin de ne pas chavirer le navire vers un pathos de mauvais goĂ»t. Les victimes d'un attentat (avec une allusion Ă  celui du Bataclan) essayant ici de se reconstruire passĂ©e l'agression en se prĂŞtant mutuellement main forte auprès de leurs confidences (entre victimes et psychiatres Ă  l'Ă©coute), quand bien mĂŞme Mia (Virginie Elfira) s'efforcera de retrouver la mĂ©moire en interrogeant l'entourage meurtri tout en dĂ©pistant ensuite celui qui lui offrit la main en guise d'entraide et d'espoir la nuit du drame.

Superbement photographiĂ© au sein d'un Paris presque tranquille, avec un travail rigoureux sur l'Ă©clairage (Ă  la limite de la fĂ©erie sans s'y complaire), Revoir Paris demeure autant une introspection immersive de rude haleine Ă  travers le cheminement moral de Mia en quĂŞte d'exutoire, qu'une balade presque romantique entre une ville en mutabilitĂ© et un amant estropiĂ© en quĂŞte Ă©perdu de main secourable. On peut d'ailleurs aussi prĂ´ner le jeu si naturel de Benoit Magimel insufflant une force de caractère plutĂ´t altruiste et dĂ©complexĂ© quant Ă  ses rapports rapprochĂ©s avec Mia ballotĂ©e entre ses sombres rĂ©miniscences, sa culpabilitĂ© biaisĂ©e faute des accusations d'une mythomane inconsolable, et sa perplexitĂ© Ă  se rĂ©fugier dans les bras de son amant absent le fameux soir de l'attentat. Ainsi, Ă  travers le jeu extrĂŞmement persuasif des comĂ©diens (sans aucune diction théâtrale, Ă  l'exception d'un petit second-rĂ´le fĂ©minin), Revoir Paris s'entoure d'une splendide bande-son envoĂ»tante d'une justesse imparable pour susciter l'Ă©motion contenue alors que son prologue estomaquant de rĂ©alisme suggĂ©rĂ© joua la carte d'une terreur aussi couarde qu'animale lors d'une sĂ©quence imparable intelligemment concise.


Les Fantômes du Passé
Moment de cinĂ©ma en apesanteur au grĂ© d'une Ă©motion Ă  la fois fĂ©brile et chĂ©tive transie de pudeur, de sagesse et d'humilitĂ© (quel exemple de tolĂ©rance et d'Ă©ducation Ă  travers le personnage de Mia !), Revoir Paris rend hommage aux victimes des attentats, tant auprès des morts sacrifiĂ©s que des vivants-morts dĂ©ambulant tels des fantĂ´mes errants dans leur requĂŞte d'une seconde naissance. IlluminĂ© de la prĂ©sence candide de Virginie Elfira en bout de femme Ă©garĂ©e en proie au sacre de l'existence, Revoir Paris touche en plein coeur par sa facultĂ© innĂ©e Ă  nous immerger dans l'intimitĂ© de ces personnages nĂ©vralgiques au sein d'un climat urbain Ă  la fois Ă©purĂ©, fantasmagorique, feutrĂ©, naturaliste. Si bien que l'on en sort autant Ă©merveillĂ© et rassurĂ© que troublĂ© et commotionnĂ©. 

*Bruno

lundi 2 janvier 2023

Showgirls

                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Paul Verhoeven. 1995. U.S.A/France. 2h11. Avec Elizabeth Berkley, Kyle MacLachlan, Gina Gershon, Glenn Plummer, Robert Davi, Alan Rachins 

Sortie salles France: 10 Janvier 1996 (int - 12 ans). U.S: 22 Septembre 1995 (Int - 17 ans)

FILMOGRAPHIE: Paul Verhoeven est un rĂ©alisateur nĂ©erlandais, nĂ© le 18 Juillet 1938 Ă  Amsterdam. 1971: Business is business. 1973: Turkish Delices. 1975: Keetje Tippel. 1977: Le Choix du Destin. 1980: Spetters. 1983: Le Quatrième Homme. 1985: La Chair et le Sang. 1987: Robocop. 1990: Total Recall. 1992: Basic Instinct. 1995: Showgirls. 1997: Starship Troopers. 2000: l'Homme sans Ombre. 2006: Black Book. 2016: Elle. 2021: Benedetta. 

« Showgirls a certainement ruinĂ© la carrière d'Elizabeth Berkley. Il m'a aussi rendu la vie difficile, mais pas autant qu'il l'a fait pour Elizabeth. Hollywood lui a tournĂ© le dos. S'il y avait quelqu'un Ă  blâmer, cela aurait dĂ» ĂŞtre moi parce que c'est moi qui pensais qu'il serait intĂ©ressant de la montrer comme cela ». La carrière du rĂ©alisateur en sera Ă©galement chamboulĂ©e : « Je ne sais pas si c’Ă©tait la bonne chose Ă  faire, mais je l’ai fait, et quand le film est sorti cela n’a pas du tout Ă©tĂ© apprĂ©ciĂ©. Les gens ont haĂŻ ça, le public comme les critiques, et j’ai mis un certain temps Ă  m’en relever, ça a presque dĂ©truit ma carrière, d’ailleurs peut-ĂŞtre que ça me nuit encore aux Etats-Unis… » Paul Verhoven.

Sans ĂŞtre un chef-d'oeuvre ni le navet qu'il se coltine depuis sa sortie tant dĂ©criĂ©e (tant critique que public), Showgirls est un excellent pamphlet vitriolĂ© dĂ©voilant l'envers des paillettes du Showbizz Ă  travers le portrait corrompu d'une jeune danse nĂ©ophyte rĂŞvant d'accĂ©der Ă  la notoriĂ©tĂ©. Elizabeth Berkley se dĂ©voilant (Ă  nu) corps et âme Ă  travers un dĂ©filĂ© de sĂ©quences torrides ultra Ă©rotiques, notamment par l'impulsion de son dĂ©hanchĂ© rĂ©solument tranchĂ©. Celle-ci crevant l'Ă©cran (euphĂ©misme !) dans des rĂ´les successifs d'effeuilleuse et de showgirl avec une force de caractère et un franc-parler lui attirant une rivalitĂ© auprès du personnage modèle de Cristal (endossĂ©e par la sulfureuse Gina Gershon plutĂ´t Ă  l'aise d'aplomb, dĂ©complexĂ©e d'assumer sa fonction vĂ©nale de showgirl Ă  la fois autoritaire, tranquille et respectĂ©e). 

Ainsi, Ă  travers sa mise en scène clinquante illustrant de rutilants spectacles de danse lascives au sein d'une scĂ©nographie sciemment tape Ă  l'oeil, Paul Verhoven nous propose une galerie de personnages peu recommandables Ă  tenter d'accĂ©der Ă  la gloire et Ă  la cĂ©lĂ©britĂ© sans faire preuve de vergogne. Quand bien mĂŞme le personnel masculin exploite ses jeunes danseuses en tant que femme-objet en tentant de profiter de leur corps auprès d'hommes de pouvoir. L'intĂ©rĂŞt de l'intrigue Ă©manant du rĂ©cit initiatique de Nomi (Elizabeth Berkley) s'efforçant de respecter son corps et sa morale contre l'emprise d'une hiĂ©rarchie machiste oĂą comptent l'apparence et la performance du corps pour empocher la mise alors que celle-ci finira par se corrompre pour accĂ©der au podium avant de se remettre en question et conquĂ©rir la rĂ©demption.  

Volontairement provocateur par son Ă©rotisme couillu oĂą les actrices talentueuses osent se dĂ©voiler comme jamais, cynique et insidieux Ă  travers ses profils licencieux (hommes et femmes compris) corrompus par le sexe, l'argent et le pouvoir, Showgirl dĂ©gage au fil de son spectacle pailletĂ© une aura de souffre au sein du parcours moral de Nomi s'efforçant de prĂ©server sa dignitĂ© avant de la perdre et de la retrouver après avoir saisi les tenants et aboutissants d'une industrie Ă©rotique biaisĂ©e. 

*Bruno
2èx