vendredi 28 juin 2019

Ghoulies

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site sensacine.com

de Luca Bercovici. 1984. U.S.A. 1h21. Avec Peter Liapis, Lisa Pelikan, Michael Des Barres, Jack Nance, Peter Risch.

(probablement) InĂ©dit en salles en France. Sortie U.S: 2 Mars 1985 (ou 18 Janvier 1985)

FILMOGRAPHIELuca Bercovici est un réalisateur, acteur et scénariste américain né le 22 Fevrier 1957 à New York. 2006: The Making of 'Kill Your Darlings' (documentaire). 2000 Luck of the Draw. 1999 BitterSweet (Video). 1997 Convict 762. 1996/I The Chain. 1995 The Granny (Video). 1994 Profondeur. 1990 Rockula. 1984 Ghoulies.


Nanar des annĂ©es 80 ayant créé son petit effet de fascination auprès des rats des videos (il fut inĂ©dit en salles chez nous), Ghoulies est une sympathique production Charles Band surfant sur le succès de Gremlins rĂ©alisĂ© la mĂŞme annĂ©e. Petite bande fauchĂ©e nantie d'une intrigue Ă  la fois redondante et capillotractĂ©e (un jeune homme invoque les forces des tĂ©nèbres lors de frĂ©quentes messes noires afin de connaĂ®tre ses origines familiales, quand bien mĂŞme un dĂ©mon exhumĂ© d'outre-tombe tente de lui substituer sa place), Ghoulies amuse gentiment la galerie. Principalement grâce aux superbes crĂ©atures confectionnĂ©es par une Ă©quipe de techniciens parmi lequel y figure John Carl Buechler. Ainsi, ces gnomes d'une laideur velue Ă  la fois dĂ©lirante et fascinante vont semer la zizanie dans un manoir gothique (soigneusement Ă©clairĂ© et ornementĂ©) qu'un jeune couple et ses convives abriteront le temps de rituels sataniques.


Jouant les adulescents assez benêts, les comédiens méconnus s'efforcent de rendre attachant leur fonction de trublions avec autant de charme (notamment auprès des conflits sentimentaux entre notre anti-héros - en quête identitaire - et sa compagne) que d'irritation. Car à force d'outrances verbales et de gestuelles emphatiques, ceux-ci peuvent prêter à la lassitude, notamment faute d'un cheminement superflu dénué de surprises (franchement dommageable que l'intrigue soit si exsangue !). Pour autant, Luca Bercovici ponctue à bâton rompu son récit de scènes chocs parfois surprenantes (la langue géante agrippant la bouche d'une victime) afin de maintenir le spectateur en éveil. Egalement en ne cessant d'exhiber fréquemment à l'écran ces Ghoulies trouble-fête plutôt attachants à travers leur fantaisie grotesque naïvement expressive. Qui plus est, accompagnés d'un couple de nains d'allure médiévale et d'un mort-vivant vaniteux, Ghoulies divertit aimablement aussi vite oublié soit ce produit d'exploitation perfectible.


A redécouvrir d'un oeil distrait avec une pointe de nostalgie.
*Bruno

jeudi 27 juin 2019

Héros d'Apocalypse

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site aVoir-aLire.com

"L'ultimo cacciatore" d'Anthony M. Dawson. 1980. U.S.A. 1h37. David Warbeck, Tisa Farrow, Tony King, Bobby Rhodes, Margit Evelyn Newton, John Steiner.

Sortie salles Italie: 9 Août 1980.

FILMOGRAPHIE: Antonio Margheriti (Anthony M. Dawson) est un réalisateur italien, né le 19 septembre 1930 à Rome, décédé le 4 Novembre 2002 à Monterosi. 1960: Le Vainqueur de l'espace. 1962: Les Derniers jours d'un empire. 1963: La Vierge de Nuremberg. 1964: La Sorcière Sanglante. 1964: Les Géants de Rome. 1964: Danse Macabre. 1968: Avec Django, la mort est là. 1970: Et le vent apporta le Violence. 1971: Les Fantômes de Hurlevent. 1973: Les Diablesses. 1974: La brute, le colt et le karaté. 1975: La Chevauchée terrible. 1976: l'Ombre d'un tueur. 1979: l'Invasion des Piranhas. 1980: Pulsions Cannibales. 1980: Héros d'Apocalypse. 1982: Les Aventuriers du Cobra d'Or. 1983: Yor, le chasseur du futur. 1985: L'Enfer en 4è vitesse.


Pur produit d'exploitation surfant sur la vague du film de guerre vietnamien, HĂ©ros d'Apocalypse est symptomatique de ce que le cinĂ©ma italien pouvait produire de plus attractif Ă  l'orĂ©e des annĂ©es 80. Car bien avant Rambo 1 et 2Anthony M. Dawson nous offrait un film d'action belliqueux Ă  l'ultra violence dĂ©complexĂ©e, tant et si bien que ses scènes gores, Ă  la fois percutantes et spectaculaires, irriguent l'Ă©cran dans un dĂ©luge d'explosions et canardages Ă  tout va, Ă  feu et Ă  sang ! Le tout façonnĂ© avec un talent technique artisanal si bien que l'on reste encore aujourd'hui Ă©bahi par le rĂ©alisme de ses scènes chocs furieusement complaisantes (gros plans sur les chairs Ă©clatĂ©es dans des gerbes de sang Fulciennes !). Ainsi, si l'intrigue Ă©tique fait preuve de oisivetĂ© (le capitaine Morris a pour mission de dĂ©truire un Ă©metteur dans un camp vietcong après avoir rejoint une Ă©quipe de rangers ainsi qu'une journaliste retranchĂ©s dans une grotte customisĂ©e !), Anthony M. Dawson compte sur l'intensitĂ© des explosions et carnages en roue libre afin de plonger le spectateur dans un divertissement bourrin aussi bordĂ©lique qu'Ă©pique.


Servi par une plĂ©iade de seconds couteaux familiers des fans de Bis (on y croise David Warbeck, Tisa Farrow, Tony King, Bobby Rhodes et John Steiner), ces derniers se prĂŞtent au jeu belliciste avec un sĂ©rieux dĂ©sinhibĂ©. Car Ă  travers une combinaison de Voyage au bout de l'Enfer et surtout d'Apocalypse Now, nos acteurs transalpins surjouent leur fonction burnĂ© avec un irrĂ©sistible orgueil auto-parodique. C'est simple, on les croirait rĂ©unis au club Med de festoyer et s'extasier Ă  buter du viet dans une posture hĂ©roĂŻque rĂ©solument suicidaire ! C'est dire si Dawson s'adonne aux clichĂ©s tous azimuts, entre premier et second degrĂ©. Car n'hĂ©sitant pas lors de brèves occasions Ă  dĂ©tendre l'atmosphère par le biais de moments de cocasserie aussi grotesques qu'hallucinĂ©es (la fameuse compĂ©tition contre la montre du ranger pour rĂ©cupĂ©rer un fruit du haut d'un arbre en arpentant un sentier truffĂ© de vietcongs !), celui-ci se raille d'une bravoure surhumaine dans un esprit antimilitariste troupier. On sourit Ă©galement (voir on pouffe de rire) lorsque HĂ©ros d'Apocalypse se la joue Apocalypse Now Ă  travers des sĂ©quences cultes contournĂ©es ici dans un esprit bisseux. A l'instar du major Cash caricaturant dans son fanatisme guerrier le lieutenant-colonel Bill Kilgore (entrevu en surfeur dans Apocalypse Now), du message prĂ©ventif que les rangers Ă©coutent frĂ©quemment Ă  la radio afin de dĂ©missionner de leur poste offensif, ou encore de l'ultime chevauchĂ©e des Walkyries reprise ici en Ă©pilogue Ă  travers un thème orchestral contrefait.


RĂ©ussissant par ailleurs l'exploit de nous immerger dans une vĂ©ritable jungle vĂ©gĂ©tative (on se croirait mĂŞme par instant dans Cannibal Holocaust, notamment Ă  travers ses pièges meurtriers !), HĂ©ros d'Apocalypse demeure un fleuron du film de guerre transalpin de par son immense gĂ©nĂ©rositĂ© de nous en foutre plein la vue Ă  renfort de tripes, de sulfateuses et d'explosions furibardes ! A revoir sans modĂ©ration, tel l'antidĂ©presseur de choix ! 

*Bruno
3èx

mercredi 26 juin 2019

Le Professeur / La prima notte di quiete / La première nuit de la Tranquillité

                                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb

de Valerio Zurlini. Italie/France. 2h12 (version intégrale). Avec Alain Delon, Lea Massari, Monica Dominici, Sonia Petrovna, Giancarlo Giannini, Renato Salvatori, Alida Valli, Adalberto Maria Merli, Salvo Randone, Liana Del Balzo.

Sortie salles France: 18 Octobre 1972 (1er Novembre 1972 selon d'autres sources). Italie: 27 Octobre 1972

FILMOGRAPHIEValerio Zurlini est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste italien, nĂ© le 19 mars 1926 Ă  Bologne, dĂ©cĂ©dĂ© le 27 octobre 1982 Ă  VĂ©rone. 1955 : Les Jeunes Filles de San Frediano. 1959 : ÉtĂ© violent. 1961 : La Fille Ă  la valise. 1962 : Journal intime. 1965 : Des filles pour l'armĂ©e. 1968 : Assis Ă  sa droite. 1969 : Quand, comment et avec qui ? 1972 : Le Professeur. 1976 : Le DĂ©sert des Tartares.

"L’amour, cet impossible lointain."

Romance Ă©corchĂ©e vive entre un professeur trentenaire et une Ă©tudiante de dix-neuf ans foudroyĂ©s par une passion dĂ©vorante, Le Professeur dĂ©sarçonne par son atmosphère sinistrĂ©e, traversĂ©e d’une mĂ©lancolie permĂ©able aux cicatrices morales de deux ĂŞtres hantĂ©s par le poids de l’Ă©chec et de l’insatisfaction sentimentale. Succès retentissant en Italie mais Ă©chec en France (allez comprendre), le film transfigure le genre mal-aimĂ© du mĂ©lodrame grâce au talent singulier de Valerio Zurlini, qui y imprime sa personnalitĂ© transalpine.

Son ambiance glauque, baignĂ©e d’une photographie blafarde, et les postures vulgaires de protagonistes peu recommandables - qu’il s’agisse de l’entourage avinĂ© de Daniel ou de celui de Vanina - nous enferment dans un drame conjugal aux faibles lueurs d’espoir.

La grande force de cette Ĺ“uvre fragile rĂ©side dans sa rĂ©interprĂ©tation du genre Ă  travers les thèmes Ă©culĂ©s mais ravivĂ©s de la trahison, de l’infidĂ©litĂ©, de la possessivitĂ© (notamment les rapports masochistes entre Daniel et son Ă©pouse, coexistant dans leur demeure opaque comme dans un tombeau en guise de routine dĂ©sespĂ©rĂ©e), de la jalousie et de l’amour insoluble.


Dans un rĂ´le d’amant torturĂ© et taciturne, Alain Delon Ă©lectrise tranquillement en promenant sa dĂ©gaine de chien battu, tel un fantĂ´me infortunĂ©, quasi suicidaire - jusqu’Ă  ce final expĂ©ditif oĂą il s’Ă©lance dans sa quĂŞte dĂ©sespĂ©rĂ©e de la muse perdue qu'il doit rejoindre pour toujours.
Face Ă  lui, l’Ă©lectrisante Sonia Petrovna magnĂ©tise l’Ă©cran Ă  chacune de ses apparitions sensuelles. Comme Daniel, le spectateur succombe Ă  son charme noir, redoutant pourtant l’aigreur insurmontable d’une relation prĂ©caire, noyĂ©e d’amertume, de malaise, de remords et de dĂ©sillusion.
Le Professeur aborde, tantĂ´t par la suggestion des regards et des silences (l'incroyable sĂ©quence du night club alternant les Ă©changes de regards en plan serrĂ©), tantĂ´t par la brutalitĂ© des corps et des Ă©treintes sauvages, la cruautĂ© de l’Ă©moi amoureux Ă  travers des esprits rebelles, victimes de leur propre marginalitĂ© et de leur isolement moral. 
Vanina, marquĂ©e par l’ombre d’une mère catin et des conquĂŞtes phallocrates qui l’ont façonnĂ©e, croise Daniel, lui-mĂŞme hantĂ© par la disparition du père et surtout par le suicide de sa sĹ“ur : deux âmes en ruine, cherchant dans l’autre une impossible rĂ©paration.

 
Ĺ’uvre atypique, irriguĂ©e de spleen et de pessimisme sous la lumière vacillante d’un climat vaporeux, Le Professeur explore la passion amoureuse comme l’ultime sursaut de losers nĂ©vrotiques, tentant de s’accrocher au fil tĂ©nu de la rĂ©demption sentimentale.
Un drame d’une noirceur somptueuse, audacieuse, lucide - oĂą chaque geste, chaque regard, semble s’Ă©teindre dans le dĂ©sespoir des cĹ“urs trop usĂ©s pour aimer encore au coeur d'un no man's land feutrĂ©.
Un film personnel et intime qui s’infiltre sous la peau et hante longtemps après la dernière image pudique.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir

3èx. VOSTF

mardi 25 juin 2019

Mausoleum. Prix du Jury au Rex de Paris, 1983.

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Michael Dugan. 1983. U.S.A. 1h37. Avec Bobbie Bresee, Marjoe Gortner, Norman Burton, LaWanda Page.

Sortie salles U.S: 13 Mai 1983

FILMOGRAPHIE: Michael Dugan est un réalisateur, scénariste et producteur américain. 2015: The Adventures of Turkey Dude (TV Mini-Series). 1999: Raging Hormones. 1983: Mausoleum. 1976: Super Seal.


Hit Vhs des annĂ©es 80 si j'ose dire sous le fameux Ă©tendard Super Video Productions, Mausoleum demeure l'archĂ©type de la sĂ©rie Z horrifique rĂ©alisĂ©e sans aucun gĂ©nie mais avec une tendresse Ă©vidente pour le genre. D'ailleurs, le jury du Festival du Rex de Paris ne s'y est pas trompĂ© lorsqu'il lui dĂ©cerna le Prix du Jury et le Prix d'interprĂ©tation FĂ©minine pour Bobbie Bresee en victime dĂ©moniale Ă  la fois sexy (son plus simple appareil nous est dĂ©voilĂ© Ă  plusieurs reprises en sus d'une opulente poitrine) et monstrueuse (crĂ©ature caoutchouteuse Ă  l'appui d'un final mĂ©morablement cartoonesque !). Le pitch: traumatisĂ©e par la mort de sa mère, Susan est attirĂ© par l'entitĂ© dĂ©moniaque sommeillant dans un mausolĂ©e. Depuis, après l'avoir rĂ©veillĂ©e, elle sombre dans une dĂ©chĂ©ance criminelle, quand bien mĂŞme son psychiatre tente de la ramener Ă  la raison. Nanar grand-guignolesque Ă©talant toutes les 10 minutes des sĂ©quences gorasses du meilleur cru artisanal, qui plus est renforcĂ© de dĂ©rision involontaire Ă  force de surenchère, Mausoleum baigne dans le divertissement du samedi soir au grĂ© d'une ambiance horrifique Ă©tonnamment attachante, pour ne pas dire atmosphĂ©rique.


On peut d'ailleurs parler de miracle tant le réalisateur en herbe décuple les maladresses sans complexe tant et si bien qu'il croit fermement à ce qu'il filme, et ce jusqu'à se permettre d'y parodier le genre lors d'une séquence burlesque insensée (score subitement jovial à l'appui !) lorsque la domestique afro prend à 2 reprises l'escampe après avoir observé de l'étage une étrange fumée d'un vert sensiblement fluorescent ! Mais outre l'aspect débridé de ses scènes-chocs agréablement épiques, inventives et décomplexées, Mausoleum est renforcé du surjeu des comédiens de seconde zone d'un sérieux inextinguible. Tant auprès de la domestique avinée susnommée, de l'époux de Susan inexpressif d'y décrypter son comportement anormal, du médecin débonnaire étonnamment preux lorsqu'il témoigne de la déliquescence corporelle de Susan, que du jardinier égrillard osant faire la cour à Susan par le biais du clin d'oeil fripon ! Un séquence olé olé pittoresque de par le mimétisme outrancier de ce dernier que l'on retrouvera d'autre part lors de l'ultime twist nonsensique résolument hilarant ! Ainsi, à travers ses postures machistes particulièrement triviales (notamment auprès de l'apparition plus furtive du livreur), Michael Dugan se permet d'y injecter des répliques aussi putanesques dignes d'un "Jacquie et Michel" que s'échangent les mâles en rut avant de forniquer Susan !


Pochette surprise horrifique surfant sur la tendance cartoonesque d'Evil-dead Ă  l'aide d'un budget low-cost, Mausoleum s'extirpe de la nullitĂ© grâce Ă  son Ă©tonnante gĂ©nĂ©rositĂ© et l'Ă©vidente sincĂ©ritĂ© de Michael Dugan fĂ©ru d'amour pour les bobines horrifiques fluos faisant office de train fantĂ´me. Un tĂ©moignage surrĂ©aliste de ce que pouvait nous offrir de mieux les annĂ©es 80 en terme de dĂ©lire Z expansif, Ă  redĂ©couvrir absolument dans la condition optimale du format HD ! 

*Bruno
2èx

RĂ©compenses: Prix du Jury, Prix de la Meilleure Actrice (Bobbie Bresee) au Festival du film Fantastique de Paris, 1983.

vendredi 21 juin 2019

L'Etrange vice de Mme Wardh

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site google.com

"Lo strano vizio della Signora Wardh" de Sergio Martino. 1971. Italie/Espagne. 1h38. Avec George Hilton, Edwige Fenech, Conchita Airoldi, Manuel Gill, Carlo Alighiero, Ivan Rassimov.

Sortie salles France: 14 Juin 1972. Italie: 15 Août 1971

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Sergio Martino est un réalisateur, producteur et scénariste italien né le 19 Juillet 1938 à Rome (Italie). 1970: l'Amérique à nu. Arizona se déchaîne. 1971: l'Etrange vice de Mme Wardh. La Queue du Scorpion. l'Alliance Invisible. 1972: Toutes les couleurs du vice. 1973: Mademoiselle Cuisses longues. 1973: Torso. 1975: Le Parfum du Diable. 1977: Mannaja, l'homme à la hache. 1978: La Montagne du Dieu Cannibale. 1979: Le Continent des Hommes poissons. Le Grand Alligator. 1982: Crimes au cimetière étrusque. 1983:2019, Après la Chute de New-York. 1986: Atomic Cyborg. 1989: Casablanca Express. 1990: Mal d'Africa. Sulle tracce del condor.


"C'est précisément l'accent mis sur le commandement: tu ne tueras point, qui nous donne la certitude que nous descendons d'une lignée infiniment longue d'assassins qui avaient le goût du meurtre dans le sang, comme nous l'avons peut-être encore". Sigmund Freud.

Remarquable giallo rĂ©alisĂ© par un des maĂ®tre du genre si bien qu'on lui doit notamment La Queue du Scorpionl'Alliance Invisible, Toutes les couleurs du Vice, Torso et Ton Vice est une chambre close dont moi seul ait la clef; l'Etrange vice de Mme Wardh bĂ©nĂ©ficie d'une intrigue solide pour tenir en haleine le spectateur jusqu'au mot Fin. De par la substantialitĂ© de son suspense plutĂ´t ciselĂ© et son casting 4 Ă©toiles parmi lesquels George Hilton en amant attentionnĂ©, Alberto de Mendoza en Ă©poux cocu, Ivan Rassimov en amant viciĂ© (qui plus est renforcĂ© de son physique satanique aux yeux reptiliens !) et surtout l'icone Edwige Fenech en maĂ®tresse plantureuse adepte du SM. Ainsi, si l'Etrange vice... met un peu de temps Ă  se mettre en place durant sa première demi-heure, et ce Ă  travers l'intrusion de 2 meurtres sadiques modestement rĂ©alisĂ©s (la couleur limpide du sang fait d'ailleurs un peu tâche pour pleinement convaincre), la suite s'avère davantage passionnante lorsque l'hĂ©roĂŻne constamment tourmentĂ©e par le tueur (puis brimĂ©e par son entourage fĂ©minin) tente de lui Ă©chapper Ă  travers des rebondissements imprĂ©visibles soigneusement charpentĂ©s.


Sergio Martino jouant lestement sur le simulacre parmi la diabolique dĂ©rision d'une intrigue criminelle ou s'y oppose un triangle d'amants suspects (on peut d'ailleurs dĂ©samorcer un certain rebondissement Ă  un moment propice de l'action censĂ©e nous interroger sur les vĂ©ritables motivations d'un d'entre eux). Erotiquement sensuel et osĂ© (pour l'Ă©poque) Ă  travers les poitrines dĂ©nudĂ©es frĂ©quemment mises en valeur, sanglant et brutal au grĂ© de meurtres toujours plus stylisĂ©s et impressionnants (dont un superbe jumpscare hyper efficace lorsqu'une main gantĂ©e tente de retenir une porte entrebâillĂ©e), l'Etrange vice de Mme Wardh demeure un cruel jeu de massacre et de soumission lascive. Notamment Ă  travers le personnage Ă©quivoque de Jean livrant depuis toujours une relation masochiste avec sa compagne soumise en proie Ă  une attraction/rĂ©pulsion Ă  la vue du sang. On peut d'ailleurs relever une superbe sĂ©quence onirique lors de sa première partie lorsque les amants s'adonnent Ă  un coĂŻt masochiste Ă  travers le fracas d'Ă©clats de verre.


PlutĂ´t convaincant quant Ă  son intrigue machiavĂ©lique d'autant plus limpide, et toujours plus surprenant au fil de son suspense expectatif relançant l'action vers des virages diablotins, l'Etrange vice de Mme Wardh se joue de nos pulsions voyeuristes parmi la sensualitĂ© torride d'une victime volage qu'Edwige Fenech endosse fĂ©brilement. Entre fragilitĂ© dĂ©munie et trouble ambiguĂŻtĂ© du dĂ©sir SM. SublimĂ© par l'Ă©lĂ©gie musicale de Nora Orlandi, l'Etrange vice... peut sans rougir se targuer d'ĂŞtre un des meilleurs ambassadeurs du Giallo en plein âge d'or des Seventies. 

*Bruno
2èx 

jeudi 20 juin 2019

American Gothic

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de John Hough. 1987. U.S.A. 1h30. Avec Rod Steiger, Michael J. Pollard, Yvonne De Carlo, Sarah Torgov, Stephen Shellen, Mark Lindsay Chapman

Sortie salles France: 13 Mai 1988. U.S: Mai 1988

FILMOGRAPHIE: John Hough est un réalisateur anglais, né le 21 Novembre 1941 à Londres.
1969: Wolfshead : The Legend of Robin Hood. 1970: Eyewitness. 1971: Les Sévices de Dracula. 1972: l'île au Trésor. 1973: La Maison des Damnés. 1974: Larry le dingue, Mary la garce. 1975: La Montagne Ensorcelée. 1978: Les Visiteurs d'un Autre Monde. 1978: La Cible Etoilée. 1980: Les Yeux de la Forêt. 1981: Incubus. 1982: Le Triomphe d'un Homme nommé Cheval. 1986: Biggles. 1988: Hurlements 4. 1988: American Gothic. 1989: Le Cavalier Masqué (télé-film). 1990: A Ghost in Monte Carlo (Télé-film). 1992: Duel of Hearts (télé-film). 1998: Something to Believe In. 2002: Bad Karma.


Si on a connu John Hough beaucoup plus inspirĂ© avec ses oeuvres les plus notoires (Larry le dingue, Mary la garce, les SĂ©vices de Dracula, Les Yeux de la ForĂŞt, Incubus et surtout son chef-d'oeuvre la Maison des DamnĂ©s), American Gothic est suffisamment ludique et sarcastique pour passer un agrĂ©able moment. Satire sur l'intĂ©grisme Ă  mi-chemin entre Massacre Ă  la Tronçonneuse et Mother's day, l'intrigue empile les clichĂ©s usuels du psycho-killer (une bande de jeunes Ă©choue sur une Ă®le abritĂ©e par une famille rĂ©trograde aux us et coutumes psychorigides) avec une sensible efficacitĂ©. Notamment en y exploitant quelques trouvailles retorses afin de relancer l'action du survival sous l'impulsion de situations saugrenues (les jeux de la mort que s'encanaillent les adulescents attardĂ©s) et d'une victime borderline (car traumatisĂ©e par la mort de son nouveau-nĂ©) en proie Ă  une vengeance schizophrène lors de son dernier acte. Niveau casting, les jeunes acteurs dĂ©nuĂ©s de charisme font autant preuve de timide retenue que de maladresse Ă  tenter de s'extirper de la mort, quand bien mĂŞme Rod Steiger et sa compagne Yvonne De Carlo font preuve d'une modeste force de caractère dans leur fonction criminelle bâtie sur le fanatisme religieux. Et pour parachever, on peut s'enjailler des pitreries sardoniques que complotent communĂ©ment Janet Wright, Michael J. Pollard, William Hootkins en adulescents dangereusement fripons dans leur mode opĂ©ratoire du zigouillage.
Oubliable certes, mais divertissant.

*Bruno
2èx

mercredi 19 juin 2019

Le Peuple des Abîmes

                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site fan-de-cinema.com

"The Lost Continent" de Michael Carreras. 1968. Angleterre. 1h33. Avec Eric Porter, Hildegard Knef, Suzanna Leigh, Tony Beckley, Nigel Stock, Ben Carruthers, Dana Gillespie.

Sortie salles France: Inconnu. U.S: 12 Juin 1968

FILMOGRAPHIE: Michael Carreras est un producteur et réalisateur britannique né le 21 décembre 1927 à Londres et mort dans la même ville le 19 avril 1994. 1955 : Eric Winstone's Stagecoach. 1957: The Steel Bayonet. 1961 : Visa to Canton (en). 1961 : La Chevauchée des outlaws. 1963 : Maniac.
1963 : What a Crazy World. 1964 : Les Maléfices de la momie. 1967 : Les Femmes préhistoriques. 1968 : Le Peuple des abîmes. 1971 : La Momie sanglante. 1974 : Un dénommé Mister S.


Aberration filmique portant la signature de la célèbre firme Hammer, Le Peuple des Abîmes laisse le spectateur ébaubi par tant d'idioties aussi bien formelles que narratives. Car il faut bien avouer que le scénario saugrenu écrit par le réalisateur himself patauge à n'en plus finir dans le n'importe nawak en s'inspirant du roman de Dennis Wheatley. De par son amoncellement de séquences surréalistes mises en scène avec un sérieux inébranlable et ses FX caoutchouteux tout droits sortis d'un Kaïju. Et ce en dépit de quelques traits d'humour, probablement pour détendre l'atmosphère hostile, qu'un bout entrain sclérosé extériorise lors de moments inopinément héroïques. Le pitch: transportant sur son cargo de dangereux explosifs inflammables au contact de l'eau, le capitaine Lansen est pris à parti avec une partie de son équipage effrayée à l'idée de trépasser au moment de l'annonce d'une tempête. Echoués sur une étrange île semée de carcasses de bateau, ils font l'horrible découverte d'un peuple de conquistadors gouvernés par un ado monarque fanatique, quand bien même les algues et divers crustacés géants restent aux aguets de chair fraîche.


PassĂ© une première demi-heure d'exposition oĂą ça pĂ©rore pas mal, entre sous-intrigues amoureuses et action belliqueuse (la fameuse mutinerie), le Peuple des AbĂ®mes adopte une tournure radicalement Ă©pique lorsque les rescapĂ©s et leur learder Lansen se posent sur l'Ă®le des sargasses. Tant et si bien qu'en pleine cacophonie, ces derniers (d'autant plus marginaux, insolents, vĂ©reux ou couards !) n'auront de cesse de combattre des crĂ©atures mutantes et les conquistadors plus hostiles que jamais afin d'honorer leur roi fĂ©ru de sacrifices. De par son intrigue dĂ©structurĂ©e, ses digressions peu passionnantes et la sobriĂ©tĂ© du casting croyant dur comme fer Ă  ce qu'ils endurent (il faut d'ailleurs les voir s'affubler de harnais supportant 2 ballons de baudruche en amont de leurs Ă©paules afin de traverser le sable, et ce, avec sous leur pied des sortes de raquettes pneumatiques pour Ă©viter les algues carnivores !); le Peuple des AbĂ®mes renchĂ©rit notre Ă©moi face Ă  un spectacle surrĂ©aliste dĂ©nuĂ©e de dĂ©rision (ou alors si peu pour le second-rĂ´le Ă©voquĂ© plus haut). Parfois mĂŞme violent lors de sĂ©quences horrifiques un chouilla complaisantes et timidement Ă©rotique (l'amazone dissidente Ă  la poitrine opulente, la blonde nymphette fĂ©rue de mâles avinĂ©s), Le Peuple des AbĂ®mes a de quoi distraire autant que surprendre l'amateur de nanar improbable connaissant la rĂ©putation d'une firme aussi notoire que la Hammer.


Ainsi, l'intrigue vrillĂ©e Ă  beau sombrer dans le ridicule Ă  force d'outrance, d'incohĂ©rences, d'approximations et de situations dĂ©bridĂ©es tous azimuts (le moine jouant en dernier ressort de l'orgue en pleine guĂ©rilla incendiaire !), Le Peuple des AbĂ®mes demeure un cocktail explosif d'aventures exotiques lors de son ultime heure belliciste. Quand bien mĂŞme nous ne connaĂ®trons jamais la vĂ©ritable destinĂ©e de nos hĂ©ros passĂ© leur moment de bravoure, Ă  l'instar de cette maraudeuse finalement empathique quant Ă  sa requĂŞte dĂ©sespĂ©rĂ©e de retrouver son fils en vie. Bref, dĂ©mentiel, foutraque et fichtrement cocasse. 

*Bruno
2èx

mardi 18 juin 2019

Le Silence qui tue

                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cult-trash-in-french-dvd-composite.blogspot.com

"The Silent Scream" de Denny Harris. 1979. U.S.A. 1h27. Avec Rebecca Balding, Cameron Mitchell, Steve Doubet, Avery Schreiber, Brad Rearden, Juli Andelman, John Widelock, Yvonne De Carlo, Barbara Steele.

Sortie salles France: 12 Novembre 1980. U.S: 18 Janvier 1980

FILMOGRAPHIE: Dennis Harris est un réalisateur et producteur américain, né le 10 Juillet 1930, décédé le 5 Mars 2007. 1979: Le Silence qui Tue.


Peu connu du public et toujours inĂ©dit sous support numĂ©rique chez nous, Le Silence qui Tue s'inspire du psycho-killer en vogue initiĂ© par Black Christmas et Halloween. Mais c'est plutĂ´t du cĂ´tĂ© de Psychose qu'il puise sa plus grande influence Ă  travers une trame linĂ©aire beaucoup trop chĂ©tive il faut avouer. En gros: une jeune fille trouve refuge dans une grande bâtisse en location parmi l'hospitalitĂ© de 3 pèlerins. Accueillie par un Ă©trange tenancier timorĂ©, celui-ci les averti de ne pas dĂ©ranger sa mère logeant dans une chambre Ă  proximitĂ© du grenier. Rapidement, un meurtre brutal Ă©branle leur tranquillitĂ© en marge de la plage. SĂ©rie B d'exploitation modestement campĂ©e par d'attachants comĂ©diens de seconde zone, quand bien mĂŞme Cameron Mitchell (en flic investigateur) et Barbara Steele (dans un rĂ´le mutique uniquement bâti sur la gestuelle) viennent s'incruster avec discrĂ©tion, le Silence qui tue nous offre le minimum syndical Ă  travers ses sĂ©quences horrifiques hors-champs Ă©paulĂ©es d'un suspense beaucoup trop timorĂ© pour captiver.


Pour autant, avec une Ă©vidente indulgence, l'inconditionnel du genre peut y trouver son compte grâce au charme de son ambiance horrifique symptomatique des annĂ©es 80 (mĂŞme s'il fut tournĂ© en 79). Tant auprès du jeu amiteux des acteurs, de son cadre cĂ´tier estival, de son dĂ©corum gothique lĂ©gèrement magnĂ©tique que de ses clichĂ©s plaisamment bonnards que l'amateur connait sur le bout des ongles. Qui plus est, sa dernière-heure Ă  la fois rĂ©vĂ©latrice en diable et fertile en agressions divertit dans un second degrĂ© involontairement cocasse, puisque Ă  la lisière de la semi-parodie, de par ces postures outrancières sensĂ©es provoquer apprĂ©hension ou effroi. NĂ©anmoins, on se laisse dĂ©river jusqu'au bout de cette intrigue machiavĂ©lique faisant intervenir la thĂ©matique de la famille dysfonctionnelle avec autant de maladresse que de bonnes intentions pour provoquer l'Ă©moi. Bougrement dommageable donc que l'intrigue Ă©tique n'eut pu faire preuve de plus de densitĂ©, de vigueur et d'angoisse palpable lorsque les potentielles victimes sont sur le point de trĂ©passer. Ce sera d'ailleurs l'unique essai derrière la camĂ©ra de Denny Harris disparu en 2007 pour une raison qui m'Ă©chappe.


A découvrir avec curiosité, uniquement chez les inconditionnels du genre.

*Bruno
3èx

lundi 17 juin 2019

The Killing Kind

                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.fr

de Curtis Harrington. 1973. U.S.A. 1h39. Avec Ann Sothern, John Savage, Ruth Roman, Luana Anders, Cindy Williams, Susan Bernard

Sortie salles France: 7 Avril 1973

FILMOGRAPHIE: Gene Curtis Harrington est un réalisateur et scénariste américain, né le 17 Septembre 1926, décédé le 6 mai 2007. 1975: The Dead Don't Die (Télé-film). 1974 La révolte des abeilles (Télé-film). 1973 The Cat Creature (Télé-film). 1973 The Killing Kind. 1971 What's the Matter with Helen? 1971 Mais qui a tué tante Roo? 1970 Vengeance en différé (Télé-film). 1967 Le diable à trois. 1966 Queen of Blood. 1965 Voyage sur la planète préhistorique. 1961 Marée nocturne. 1977: Ruby. 1978: Les Chiens de l'Enfer (télé-film). 1985: Mata Hari.


Inédit en salles (et en Vhs) dans nos contrées si je ne m'abuse, The Killing Kind est une excellente surprise horrifique bien ancrée dans son époque Seventie, de par son réalisme documenté, le grain de sa pellicule et son climat malsain qui y émane. Ainsi, on ne peut qu'applaudir l'initiative d'Artus Films d'avoir exhumé de l'oubli ce fort intéressant portrait de serial-killer que John Savage incarne avec un naturel inné alors qu'il s'agit de sa 5è apparition à l'écran. Ce dernier dégageant par moment une douloureuse appréhension lors de ses crises de démence fortuites que Curtis Harrington nous impose de manière improvisée par le biais du ralenti. Huis-clos intimiste relatant la quotidienneté triviale d'une mère débonnaire et de son fils sexuellement refoulé, The Killing Kid s'alloue d'un charme attachant eu égard des relations maternelles que le duo partage, entre chaleur humaine, insouciance excentrique (leurs concours de danse) et soupçon d'inceste (les bisous sur la bouche que la maman impose à son rejeton).


Famille dysfonctionnelle Ă©ludĂ©e de prĂ©sence paternelle, l'intrigue s'appuie donc sur le cheminement immoral de Terry terriblement perturbĂ© Ă  la suite d'un viol forcĂ© qui lui valu 2 ans d'emprisonnement. Ainsi, au fil de sa morne quotidiennetĂ© et de l'omniprĂ©sence d'une maman protectrice beaucoup trop possessive, envieuse et envahissante, Terry sombre dans la folie criminelle au moment d'aborder les jeunes femmes de son voisinage, notamment cette voisine trentenaire nantie de pulsions dĂ©viantes (elle lui avouera son fantasme de se faire violer !). Sans vraiment rĂ©server de surprises au fil d'un cheminement tracĂ© d'avance, Curtis Harrington compte donc sur le rĂ©alisme des situations horrifiques et sur les Ă©troits rapports du duo inconsĂ©quent afin de maintenir l'attention tout le long d'une Ă©prouvante dĂ©liquescence criminelle (les meurtres brutaux ou cruels faisant leur petit effet poisseux). Et cela fonctionne plutĂ´t bien si bien que durant plus d'1h35 nous parvenons Ă  nous familiariser auprès de ce duo Ă  la fois irresponsable et peu recommandable que le cinĂ©aste radiographie Ă  l'aide d'une sobre force d'expression. Tant auprès de Ann Sothern en maman dĂ©cervelĂ©e nourrie aux films TV et aux pop-corn que de John Savage en serial-killer en herbe hantĂ© de visions criminelles, notamment Ă  travers un songe Ă©rotique nonsensique particulièrement dĂ©rangeant Ă  travers sa posture d'enfant.


Pour l'amour d'une engeance.
Malsain et dérangeant dans un format de série B mineure pour autant intelligent et attachant à dépeindre sans fard ces profils coupables unis par l'amour maternel, The Killing Kid fait honneur au psycho-killer sous l'impulsion de protagonistes contrariés parvenant à susciter une véritable empathie lors du poignant dénouement irrigué d'amertume et de mélancolie. A découvrir.

*Bruno

vendredi 14 juin 2019

Brûle, sorcière, brûle !

                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.fr

de Sidney Hayers. 1962. Angleterre. 1h30. Avec Peter Wyngarde, Janet Blair, Margaret Johnston

Sortie salles Angleterre: 14 Mai 1962

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Sidney Hayers est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur anglais nĂ© le 24 AoĂ»t 1921 Ă  Edinburgh, Scotland, dĂ©cĂ©dĂ© le 8 FĂ©vrier 2000 Ă  Altea, Espagne. 1960: Le cirque des horreurs. 1959 The White Trap. 1959 Violent Moment. 1961: Les Gangsters. 1964: La rue du pĂ©chĂ©. 1962 BrĂ»le, sorcière, brĂ»le! 1961 Echo of Barbara. 1966: Minibombe et minijupes.  1966 The Trap . 1965 Three Hats for Lisa.  1971: Violence en Sous-Sol. 1971 The Firechasers. 1971/I Meurtre Ă  haute tension. 1970 Mister Jerico (TV Movie). 1969 L'Ă©toile du sud. 1972: All Coppers Are... 1976: One Away. 1975 Diagnosis: Murder. 1975 King Arthur, the Young Warlord. 1975 Mortelle rencontre. 1975 Cet emmerdeur de Charly.


Perle maudite du Fantastique occulte honteusement inĂ©dite en salles dans nos contrĂ©es, BrĂ»le sorcière BrĂ»le traite de la sorcellerie sous le pilier d'un scĂ©nario retors constamment imprĂ©visible si bien qu'il s'avère difficile d'y deviner l'issue potentiellement dramatique (sa conclusion expĂ©ditive pourrait d'ailleurs dĂ©concerter certains d'entre vous). Le pitch: Un professeur cartĂ©sien nie l'existence de la sorcellerie face Ă  ses Ă©lèves curieux de mysticisme. Or, quelques jours plus tard, il s'aperçoit que sa propre Ă©pouse pratique la magie noie après avoir dĂ©couvert divers ustensiles planquĂ©s dans les meubles de la maison. Ainsi, Ă  partir de ce pitch inquiĂ©tant fondĂ© sur le simulacre et le jeu de pouvoir et de persuasion, Sidney Hayers (le Cirque des Horreurs) rĂ©alise probablement son meilleur film tant il parvient Ă  nous scotcher au siège de par l'interprĂ©tation magistrale que forment Peter Wyngarde (transi d'Ă©moi nĂ©vrotique en victime parano !), Janet Blair (pĂ©nĂ©trĂ©e d'apprĂ©hension Ă  travers l'intensitĂ© de son regard dĂ©rangĂ©), Margaret Johnston (en mĂ©gère claudiquante insidieusement diabolique). Un casting irrĂ©prochable parvenant Ă  tailler une solide carrure Ă  son rĂ©alisme surnaturel, notamment afin de remettre vĂ©ritablement en question la foi du spectateur partagĂ© entre le folklore de la superstition et la raison de la science parfois inapte Ă  thĂ©oriser l'inexplicable.


Outre le jeu viscĂ©ral de ce triangle de comĂ©diens compromis aux forces occultes, BrĂ»le sorcière, brĂ»le tire-parti d'une mise en scène consciencieuse oĂą rien n'est laissĂ© au hasard. Tant auprès de son noir et blanc crĂ©pusculaire sensiblement tĂ©nĂ©breux que de l'exploitation retorse de ces dĂ©cors gothiques magnifiquement cadrĂ©s si bien que le cinĂ©aste use d'architectures et sculptures ornementales afin de faire progresser la trajectoire de survie du professeur et de son Ă©pouse brutalement mis Ă  mal avec la magie noire. L'intĂ©rĂŞt majeur de l'intrigue s'Ă©vertuant Ă  tester l'Ă©preuve cĂ©rĂ©brale du professeur en proie Ă  une succession d'Ă©vènements inexpliquĂ©s oĂą prime l'effet de suggestion. Ce dernier Ă  la psychologie subitement chĂ©tive s'efforçant de se raisonner avec logique afin de ne pas se laisser influencer par ces incidents potentiellement improbables. Ainsi, nanti d'un rythme trĂ©pidant Ă  travers ses moult rebondissements cauchemardesques Ă  donner le tournis, BrĂ»le sorcière BrĂ»le insuffle un climat anxiogène davantage sauvage et oppressant Ă  travers la course effrĂ©nĂ©e du professeur s'efforçant de sauver la vie de son Ă©pouse. Tout du moins lors de sa seconde partie Ă©pileptique (si j'ose dire) sachant que Sidney Hayers eut la judicieuse idĂ©e d'inverser les rĂ´les auprès de son 1er acte pour y dresser les liens amoureux unissant le couple infortunĂ©.


De par son rythme infernal (qui en surprendra plus d'un !), la subtilitĂ© de ses effets-chocs et le jeu magistral des comĂ©diens, BrĂ»le, sorcière brĂ»le demeure une perle rare du Fantastique Ă©thĂ©rĂ©, Ă  l'instar du chef-d'oeuvre de Jacques Tourneur, Rendez-vous avec la peur. Un cauchemar sur pellicule saturĂ© d'une partition stridente que l'on croirait issue d'une prod Hammer. A dĂ©couvrir d'urgence pour tous les amateurs de sortilège et autres diableries ne prĂŞtant nullement Ă  rire ! 

*Bruno
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jeudi 13 juin 2019

Le Battant

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Alain Delon. 1983. France. 2h02. Avec Alain Delon, François Périer, Pierre Mondy, Anne Parillaud, Andréa Ferréol, Marie-Christine Descouard, Michel Beaune, Gérard Hérold, Jean-François Garreaud, Richard Anconina.

Sortie salles France: 2 Février 1983

FILMOGRAPHIE: Alain Delon est un acteur et homme d'affaires français, nĂ© le 8 novembre 1935 Ă  Sceaux. 1973 : Les Granges BrĂ»lĂ©es (corĂ©alisateur non crĂ©ditĂ©). 1981 : Pour la peau d'un flic. 1983 : Le Battant.


Seconde et dernière rĂ©alisation d'Alain Delon, Le Battant renoue avec le succès commercial si bien qu'il engrange 1 935 094 entrĂ©es. Et si 2 ans auparavant Pour la peau d'un flic cumula un peu plus de 2 377 084 entrĂ©es, son exploitation Vhs chez RenĂ© Chateau battit des records, tant en terme de vente que locative. Hommage appuyĂ© Ă  son mentor le cinĂ©aste RenĂ© ClĂ©ment auquel il dĂ©dicace son oeuvre lors de l'ultime image, Alain Delon, acteur et rĂ©alisateur, nous fignole l'un des meilleurs polars des annĂ©es 80 selon mon jugement de valeur soutenu d'une tendresse mĂ©lancolique d'après cette Ă©poque rĂ©volue. Car lorsque l'on revoit Le Battant quelques dĂ©cennies après, on se surprend d'y renouveler un immense plaisir de cinĂ©phile puriste. De par la mise en scène avisĂ©e d'Alain Delon encore plus impliquĂ© devant et derrière la camĂ©ra que Pour la peau d'un flic, et toutes ces trognes d'acteurs burinĂ©s issus de la grande Ă©cole parmi lesquels s'y disputent l'immense François Perrier en mafieux perfide semi-retraitĂ©, Pierre Mondy en flic empotĂ©, AndrĂ©a FerrĂ©ol en maĂ®tresse insidieuse, Michel Beaune en fidèle acolyte infortunĂ© et enfin GĂ©rard HĂ©rold en maĂ®tre-chanteur flegmatique derrière une dĂ©froque de cadre supĂ©rieur. Ainsi, Ă  travers une intrigue plutĂ´t classique fondĂ©e sur le profil marginal d'un truand au grand coeur compromis par la trahison de son milieu et par une filature policière, Alain Delon donne chair Ă  son personnage avec une intensitĂ© ensorcelante. Tant et si bien que son regard azur Ă©lectrise l'Ă©cran Ă  chacune de ses apparitions distinguĂ©es dans un costard cendrĂ© immaculĂ©.


Celui-ci incarnant de par sa carrure virile le rĂ´le d'un repris de justice venant de purger 15 ans de prison pour un crime qu'il n'a pas commis passĂ© le braquage d'un diamantaire. Bien Ă©videmment, depuis sa sortie, outre la police aux aguets de ces faits et gestes, des gangsters iront s'en prendre Ă  son entourage afin de lui soutirer ses diamants planquĂ©s dans un endroit tenu secret. Relativement peu spectaculaire mĂŞme si certaines brèves sĂ©quences de poursuite en voiture impressionnent par leur rĂ©alisme nocturne, Alain Delon n'en cède pas moins Ă  de brutaux Ă©clairs de violence lorsqu'il se rĂ©signe Ă  se venger de ses rivaux de manière rĂ©solument expĂ©ditive. Ainsi, Ă  travers ses estocades criminelles tranchĂ©es, on s'Ă©tonne de s'attacher Ă  un personnage aussi glaçant que radical de par sa justice individuelle dĂ©nuĂ©e de clĂ©mence. Mais au-delĂ  de l'attrait passionnant de sa mise en scène Ă  la fois posĂ©e et studieuse ne cessant de magnifier ses personnages illĂ©gaux sous l'impulsion de gueules d'acteur infaillibles, Le Battant s'alloue d'une surprenante dimension romantique Ă  travers le couple Delon / Parillaud mutuellement amoureux lors d'un concours de circonstances alĂ©atoires. Anne Parillaud Ă©rotisant rĂ©solument l'Ă©cran avec beaucoup plus de certitude que Pour la peau d'un flic. Notamment en y dĂ©voilant Ă  nouveau, et Ă  plusieurs reprises, son simple appareil longiligne ultra sexy. Alain Delon s'efforçant sans complaisance ni mièvrerie de rendre crĂ©dible leur relation sentimentale Ă  travers des moments de tendre intimitĂ© aussi pures que candides. Ainsi, ses sĂ©quences d'une certaine fragilitĂ© Ă©motionnelle vise droit au coeur du spectateur sous l'impulsion du thème mĂ©lodique de Christian Dorisse particulièrement attachant (et rĂ©cursif).


Se permettant en outre d'y ajouter quelques efficaces traits de cocasserie Ă  travers le personnage Ă©pieur de Pierre Mondy Ă©paulĂ© de quelques figurants d'un naturel confondant, Le Battant demeure un excellent divertissement policier menĂ© tambour battant par le perfectionniste Alain Delon. On n'en demandait pas tant car c'est avec beaucoup d'Ă©motions que l'on redĂ©couvre aujourd'hui ce Battant, anti-hĂ©ros peu recommandable mais pour autant nanti d'une loyautĂ© et d'une compassion sentimentale somme toute poignantes. 

*Bruno
2èx

John Wick: chapitre 2

                                              Photo empruntĂ© sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Chad Stahelski. 2017. U.S.A. 2h02. Avec Keanu Reeves, Riccardo Scamarcio, Ian McShane,
Ruby Rose, Common, Claudia Gerini, Lance Reddick, Laurence Fishburne, Tobias Segal, John Leguizamo, Bridget Moynahan, Peter Stormare, Franco Nero.

Sortie salles France: 22 Février 2017

FILMOGRAPHIEChad Stahelski est un cascadeur, coordinateur des cascades, acteur, assistant réalisateur puis réalisateur américain né le 20 septembre 1968 à Fort Worth (Texas). 2014 : John Wick (coréalisé avec David Leitch). 2017 : John Wick 2. 2019 : John Wick Parabellum.


Trois ans après le succès phĂ©nomène John Wick, le nĂ©ophyte Chad Stahelski rempile pour un chapitre 2 Ă©videmment bourrin en bonne et due forme. Sauf qu'en l'occurrence, si personnellement son modèle m'eut complètement laissĂ© de marbre dans son action en roue libre aussi vaine que gratuite (dĂ©solĂ© pour les fans) et ses personnages caricaturaux, John Wick 2: chapitre 2 m'a littĂ©ralement scotchĂ© au siège de par l'efficacitĂ© de son intrigue plus dense qu'au prĂ©alable et surtout de l'intensitĂ© des scènes d'action rĂ©solument hallucinĂ©es. Ainsi donc, aussi hyperbolique soit-il, John Wick: chapitre 2 s'avère Ă©tonnamment fun et jouissif sous l'impulsion de notre anti-hĂ©ros, tueurs Ă  gage monolithique traquĂ© tous azimuts par des mafieux mĂ©galos perfides. Sauf qu'ici on est Ă  fond avec lui pour suivre ses faits et gestes "surhumains" avec une fascination morbide ! Celui-ci Ă©tant contraint d'opĂ©rer un nouveau contrat auprès d'un opportuniste italien (assassiner sa soeur, nouvelle baronne du crime, afin de rĂ©cupĂ©rer son trĂ´ne) en lieu et place d'Ă©couler une paisible retraite. Or, Ă©videmment trahi par ce mentor, puis invoquant en dĂ©sespoir de cause un soutien auprès d'une confrĂ©rie de SDF (situation hallucinĂ©e pleine de rĂ©parties caustique !), John Wick ne cessera de fuir et de supprimer une armĂ©e de tueurs Ă  gage aussi intraitables que lui.


Bien Ă©videmment, l'intrigue simpliste (mais efficace car nanti d'enjeux plus Ă©prouvants quant au dilemme de Wick et inventive quant aux confrontations musclĂ©es parfois théâtrales) est un prĂ©texte afin d'aligner de façon mĂ©tronome des sĂ©quences d'ultra violence incroyablement percutantes. Tant auprès de l'ultra dynamisme du montage Ă  couper au rasoir que de leur chorĂ©graphie n'ayant rien Ă  envier aux meilleures prods nippones en mode "art martial". Qui plus est, usant de dĂ©cors tantĂ´t high-tech (le labyrinthe des glaces, la boite de nuit), tantĂ´t baroques (splendides architectures transalpines Ă  faire rougir Argento) Ă  travers une photo aussi glacĂ©e que rutilante, John Wick 2 enivre les yeux. Tant et si bien que son surrĂ©alisme assumĂ© se prĂŞte magnifiquement Ă  l'ambiance mortifère des confrontations dantesques se dĂ©cuplant au rythme d'une trajectoire de survie (labyrinthique) Ă  perdre haleine. Impassible, posĂ© et placide, Keanu Reeves se fond dans le corps du tueur Ă  gage avec un charisme distinguĂ© plutĂ´t inusitĂ©, notamment auprès de sa douce empathie pour son fidèle chien qu'il prĂ©serve hors-champ belliqueux. On est Ă©galement ravi de retrouver dans des seconds-rĂ´les saillants les gueules striĂ©es de Franco Nero (mĂŞme si toutefois discret en mafieux subsidiaire), Laurence Fishburne (en leader SDF nourri de sarcasme) et surtout Ian McShane (du haut de ses 76 ans !) en propriĂ©taire d'un hĂ´tel luxueux Ă  la fois Ă©quitable et draconien quant au sort prĂ©caire de son Ă©lève modèle.


Complètement dĂ©jantĂ© et dĂ©bridĂ© de par son ambiance surrĂ©aliste Ă©maillĂ©e de leste dĂ©rision, et son ultra-violence putassière aussi dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e que dĂ©complexĂ©e, John Wick 2 créé la surprise pour coiffer au poteau son insignifiant prototype. Et ce en assumant avec une ambition onirique fortuite un spectacle bourrin d'une carrure et d'une intensitĂ© fulgurantes. Chacun des protagonistes bellicistes se prĂŞtant viscĂ©ralement au jeu du gendarme et du voleur avec une douce ironie subtilement friponne, quand bien mĂŞme Keanu Reeves mène la danse macabre avec son Ă©lĂ©gance impĂ©rieuse. 

*Bruno

lundi 10 juin 2019

Pour la peau d'un flic

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site ekladata.com

d'Alain Delon. 1982. France. 1h47. Avec Alain Delon, Anne Parillaud, Daniel Ceccaldi, Jean-Pierre Darras, Xavier Depraz, Michel Auclair, Jacques Rispal.

Sortie salles France: 9 Septembre 1981.

FILMOGRAPHIEAlain Delon, né le 8 novembre 1935 à Sceaux, est un acteur et homme d'affaires français. 1973 : Les Granges Brûlées (coréalisateur non crédité). 1981 : Pour la peau d'un flic. 1983 : Le Battant.


13è au box office avec 2 377 084 entrĂ©es (alors qu'1 an au prĂ©alable; 3 Hommes Ă  abattre cumulait 2 194 795 entrĂ©es), Pour la peau d'un flic s'alloue d'un atout spĂ©cifique, celui d'avoir Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Alain Delon. Et on peut avouer sans rougir que pour une première rĂ©alisation (mĂŞme s'il co-rĂ©alisa les Granges BrĂ»lĂ©es en 73) l'acteur, plus fringant que jamais, s'en sort aussi bien derrière que face camĂ©ra. Car Ă  partir d'une intrigue efficace retraçant l'investigation Ă©pineuse d'un dĂ©tective privĂ© Ă  la recherche d'une fille disparue, Alain Delon dirige ce polar avec suffisamment de conviction, de soin et Ă©tonnamment d'humour pour nous divertir Ă  rythme mĂ©tronome. Entre scènes d'action percutantes (mĂŞme si elles s'avèrent assez rares), poursuites en bagnole, romance friponne (toutes les sĂ©quences dĂ©tendues entre le couple s'avèrent d'autant plus cocasses sous le pivot de dialogues inventifs) et confrontations psychologiques entre rivaux obtus.


Ainsi donc, grâce Ă  son imprĂ©vue dĂ©rision (parfois mĂŞme macabre), ses dĂ©tracteurs feraient mieux d'y jeter un oeil tant l'acteur ne se la joue pas orgueilleux en flic machiste consciencieux sur le point de dĂ©voiler au grand jour le vaste trafic de drogue d'une complicitĂ© policière. Outre sa cool attitude  Ă©paulĂ©e de son acolyte dĂ©vouĂ© Michel Auclair en faire-valoir semi-retraitĂ©, Pour la peau d'un flic affiche d'autant mieux une dĂ©contraction sensuelle parmi la prĂ©sence frivole d'Anne Parillaud. Une secrĂ©taire infidèle Ă©prise de tendresse pour son boss et jamais avare d'allusions grivoises pour Ă©rotiser l'atmosphère, quand bien mĂŞme l'actrice ose se dĂ©voiler dans son plus simple appareil après avoir Ă©tĂ© kidnappĂ©e par ses ravisseurs (qui s'en plaindrait !). Ainsi, sans livrer une prestance super convaincante, cette dernière parvient pour autant Ă  cultiver un certain charme naturel Ă  travers son second-rĂ´le de maĂ®tresse soumise et attentionnĂ©e peu Ă  peu emportĂ©e par l'ivresse de l'amour.


Polar ludique symptomatique de la décennie 80 auquel se disputait également sur d'autres affiches la star Bebel, Pour la peau d'un flic s'alloue d'un charme indéfectible en la présence du trio investigateur (particulièrement détendu pour y résoudre l'énigme) sous l'impulsion du tube planétaire d'Oscar Benton: "Bensonhurst blues". A revoir avec un pincement de nostalgie au coeur, notamment pour retrouver le talent hors-pair d'Alain Delon d'un charisme viril distingué inégalé dans le paysage français.

*Bruno