mercredi 31 juillet 2013

Un après-midi de chien (Dog Day Afternoon). Oscar du Meilleur Scénario, 1975.

                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Moviecovers

de Sidney Lumet. 1975. U.S.A. 2h04. Avec Al Pacino, John Cazale, Penelope Allen, Charles Durning, Chris Sarandon, James Broderick.

Sortie salles France: 30 Janvier 1976. U.S: 21 Septembre 1975

Récompenses: Oscar du Meilleur Scénario Original, 1975
LAFCA du Meilleur film, 1975
National Film Preservation Board en 2009 (pour conservation à la Bibliothèque du Congrès des Etats-Unis).

FILMOGRAPHIE: Sidney Lumet est un réalisateur américain, né le 25 Juin 1924 à Philadelphie, décédé le 9 avril 2011 à New-York. 1957: 12 Hommes en colère. 1958: Les Feux du Théâtre. 1959: Une Espèce de Garce. 1959: l'Homme à la peau de serpent. 1961: Vu du pont. 1962: Long voyage vers la nuit. 1964: Le Prêteur sur gages. 1964: Point Limite. 1965: La Colline des Hommes perdus. 1966: Le Groupe. 1966: MI5 demande protection. 1968: Bye bye Braverman. 1968: La Mouette. 1969: Le Rendez-vous. 1970: Last of the mobile hot shots. 1970: King: A filmed record... Montgomery to Memphis. 1971: Le Dossier Anderson. 1972: The Offence. 1972: Les Yeux de Satan. 1973: Serpico. 1974: Lovin' Molly. 1974: Le Crime de l'Orient Express. 1975: Un Après-midi de chien. 1976: Network, main basse sur la TV. 1977: Equus. 1978: The Wiz. 1980: Just tell me what you want. 1981: Le Prince de New-York. 1982: Piège Mortel. 1982: Le Verdict. 1983: Daniel. 1984: A la recherche de Garbo. 1986: Les Coulisses du Pouvoir. 1986: Le Lendemain du Crime. 1988: A bout de course. 1989: Family Business. 1990: Contre Enquête. 1992: Une Etrangère parmi nous. 1993: l'Avocat du Diable. 1997: Dans l'ombre de Manhattan. 1997: Critical Care. 1999: Gloria. 2006: Jugez moi coupable. 2007: 7h58 ce samedi-là.


D'après un fait divers risible survenu le 22 AoĂ»t 1972 Ă  Brooklyn, Un après-midi de chien nous relate les bĂ©vues de deux braqueurs de banque ayant pris en otage 9 fonctionnaires durant 12 heures puis rapidement encerclĂ©s par les forces de l'ordre faute de leur incompĂ©tence. AussitĂ´t, mĂ©dias, journalistes et badauds s'en mĂŞlent pour se rĂ©unir autour de l'Ă©tablissement afin d'assister Ă  la mascarade la plus saugrenue de l'histoire de la criminalitĂ© ! Si bien que la prise d'otage vire ici Ă  une vĂ©ritable farce lorsque la population dĂ©chaĂ®nĂ©e s'autorise Ă  aduler la renommĂ©e du leader Ă©pris d'un Ă©lan contestataire envers la sociĂ©tĂ©.Avec un rĂ©alisateur aussi confirmĂ© que Sidney Lumet et la prĂ©sence indĂ©fectible deux acteurs au sommet de leur talent (Al Pacino et John Cazale forment un duo atypique de par leur complicitĂ© pataude et contrariĂ©e), Un Après-midi de chien dresse un tableau peu reluisant d'une sociĂ©tĂ© rĂ©pressive dont la mutinerie d'Attica rĂ©sonne tel un Ă©cho. Pour mĂ©moire, au sein de cette cĂ©lèbre prison, un soulèvement de prisonniers de nationalitĂ© majoritairement noire causèrent la mort de 29 d'entre eux contre 10 gardiens. C'est ce que clame Ă  la foule excitĂ©e Al Pacino, alias Sonny Wortzik, père de famille de deux enfants en pleine crise conjugale du fait de son idylle homosexuelle avec un homme. La raison invoquĂ©e de son braquage ? Pouvoir s'approprier une somme consĂ©quente afin de permettre une opĂ©ration chirurgicale (un changement de sexe) Ă  son amant !


Ainsi, avec un souci de vĂ©ritĂ© documentĂ©, Sidney Lumet soulève donc ici une question d'Ă©thique lorsque les services d'ordre (ici le FBI) envisagent de supprimer sans sommation un malfrat potentiellement parano et imprĂ©visible afin de sauvegarder la survie des otages. Sur ce point, le point d'orgue dramatique s'avère d'une cruautĂ© particulièrement amère quant Ă  la mĂ©thode expĂ©ditive empruntĂ©e au FBI afin de neutraliser le malfrat le plus instable. A la misère sociale scrupuleusement analysĂ©e (nous saurons tout de l'existence misĂ©ricorde que mène Sonny avec sa femme intarissable, son amant dĂ©pressif et sa mère obtus si bien que les forces de l'ordre les feront intervenir devant l'Ă©tablissement ou en interview mĂ©diatique), le rĂ©alisateur y introduit une bonne dose de dĂ©rision corrosive pour y caricaturer ce microcosme sociĂ©tal et mettre en exergue la situation alerte de marginaux au bout du rouleau. Cette dimension humaine impartie Ă  l'utopie de ces deux paumĂ©s Ă©cervelĂ©s et ce degrĂ© d'authenticitĂ© allouĂ© au cinĂ©ma vĂ©ritĂ© nous immergeant de plein fouet Ă  travers leur prise de conscience dĂ©pressive (prioritairement l'intimitĂ© nĂ©vralgique de Sonny). Ou comment deux chĂ´meurs sans repères en Ă©taient venus Ă  accomplir un acte aussi suicidaire que burnĂ© !


De par sa mise en scène virtuose d'une belle rigueur et le jeu criant de vĂ©ritĂ© des pieds nickelĂ©s Ă  l'humanisme torturĂ©, Un après midi de chien nous confronte Ă  un grand moment de cinĂ©ma pour relater la dĂ©rision d'un fait-divers impayable. En guise d'anecdote historique, après avoir purgĂ© une peine de 20 ans de rĂ©clusion, le leader du braquage (de son vrai nom, John Wojtowicz), reçu 7 500 dollars et 1 % des bĂ©nĂ©fices du film afin d'accorder des droits de son histoire. 

*Bruno
31.07.13. 3èx


mardi 30 juillet 2013

GENERATION PERDUE (The Lost Boys)

                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site hollywoodgothique.com

de Joel Schumacher. 1987. U.S.A. 1h37. Avec Jason Patric, Corey Haim, Kiefer Sutherland, Corey Feldman, Jamison Newlander, Jami Gertz, Edward Herrmann.

Sortie salles France: 13 Janvier 1988. U.S: 31 Juillet 1987

FILMOGRAPHIE: Joel Schumacher est un réalisateur, scénariste et producteur américain, né le 29 Août 1939 à New-York.
1981: The Incredible Shrinking Woman. 1983: SOS Taxi. 1985: St Elmo's Fire. 1987: Génération Perdue. 1989: Cousins. 1990: l'Expérience Interdite. 1991: Le Choix d'Aimer. 1993: Chute Libre. 1994: Le Client. 1995: Batman Forever. 1996: Le Droit de Tuer ? 1997: Batman et Robin. 1999: 8 mm. 1999: Personne n'est parfait(e). 2000: Tigerland. 2002: Bad Company. 2002: Phone Game. 2003: Veronica Guerin. 2004: Le Fantôme de l'Opéra. 2007: Le Nombre 23. 2009: Blood Creek. 2010: Twelve. 2011: Effraction. 2013: House of Cards. Prochainement: Breaking News.


Conçu Ă  la base comme un divertissement pour ados, GĂ©nĂ©ration Perdue rĂ©ussit Ă  dĂ©passer son simple statut de commande grâce Ă  la modernitĂ© de sa variation vampirique plutĂ´t rock and Roll. Si bien qu'en l'occurrence, nos vampires se caractĂ©risent par de jeunes marginaux au look rebelle, profitant de leur Ă©ternelle jeunesse dans une insouciance libertaire. PhĂ©nomène culte chez les gĂ©nĂ©rations 80 et 90 rehaussĂ© d'un succès d'estime en salles, GĂ©nĂ©ration Perdue semble dĂ©fier les alĂ©as du temps tant il prĂ©serve encore aujourd'hui la mĂŞme fraĂ®cheur par le biais de son ambiance crĂ©pusculaire de fĂŞte foraine. Lucy Emmerson et ses deux jeunes fils dĂ©barquent dans la demeure familiale de son père en Californie. Durant une soirĂ©e estivale, l'aĂ®nĂ© fait la rencontre de la ravissante Star, une jeune fille tributaire d'un groupe de rebelles de sinistre renommĂ©e. LittĂ©ralement sous le charme, cette rencontre inopinĂ©e va totalement bouleverser la vie de Michael quand celui-ci va devoir se mesurer aux dĂ©fis dĂ©lĂ©tères que lui propose David, leader du clan. De retour chez lui, Michael semble souffrir du syndrome du vampire. Soutenu par une bande son rock endiablĂ©e et le fameux thème planĂ©taire "Cry Little Sister", GĂ©nĂ©ration Perdue condense une foule de qualitĂ© esthĂ©tiques et techniques pour sĂ©duire le spectateur avec un ton original pour l'Ă©poque.


Pour redorer du sang neuf au thème vampirique et ainsi convaincre la nouvelle gĂ©nĂ©ration, Joel Schumacher s'emploie Ă  dĂ©tourner certains codes et dĂ©cors archaĂŻques (telle la manière dont les vampires sont contraints de sommeiller, leur façon de se dĂ©placer dans les airs et de s'agripper aux victimes, mais aussi leur tanière confinĂ©e sous une grotte au dĂ©corum de flibustier) et les exploitent dans un contexte moderne de festivitĂ©s oĂą la jeunesse en villĂ©giature s'Ă©panouie chaque nuit d'Ă©tĂ©. Soin formel d'une photographie flamboyante, rĂ©alisation alerte fourmillant de trouvailles visuelles, action trĂ©pidante influencĂ©e par la bande dessinĂ©e (trois de nos fervents lecteurs vont reproduire les armes de combat et s'inspirer de certaines règles de conduite entrevues dans leur revue afin de dĂ©masquer le chef des vampires !), point d'orgue très spectaculaire (on se surprend aussi de la qualitĂ© des fx explosifs !) et surtout Ă©tude caractĂ©rielle d'adolescents dĂ©brouillards, redoublant de pugnacitĂ© pour contrecarrer l'hostilitĂ© des vampires. L'Ă©tonnante rĂ©ussite du film est notamment impartie au caractère crĂ©dible des enjeux de l'histoire. Sans jamais sombrer dans le ridicule, les pĂ©ripĂ©ties que nos hĂ©ros juvĂ©niles perpĂ©tuent avec bravoure et audace sont Ă©tablies dans une Ă©thique de respect pour les valeurs familiales et la sauvegarde d'un amour en perdition (la relation romanesque de Michael et Star est compromise par leur statut de demi-vampire !). Le jeu naturel de chacun des comĂ©diens (Kiefer Sutherland, absolument dĂ©lectable dans le rĂ´le insidieux du vampire intraitable, Jami Gertz se rĂ©vèle devant nos yeux avec une beautĂ© sensuelle ensorcelante et Jason Patric insuffle une prĂ©sence charismatique quasi animale !) renforce inĂ©vitablement son capital attachant. Qui plus est, les seconds rĂ´les attribuĂ©s aux ados dĂ©gourdis ne font jamais preuve d'outrance et de trivialitĂ© dans leurs agissements utopiques car ils tĂ©moignent d'une naĂŻvetĂ© humaine spontanĂ©e.


Sous l'Ă©gide d'un rĂ©alisateur aussi inĂ©gal et impersonnel, GĂ©nĂ©ration Perdue avait de quoi sombrer dans le produit aseptique pour rapidement prendre la poussière d'une relique. Mais grâce Ă  la probitĂ© de Schumacher, ce divertissement artisanal pĂ©tri de fraĂ®cheur, de fantaisies, d'actions fantastiques et de romance transcende l'ornière. Son irrĂ©sistible pouvoir de sĂ©duction Ă©manant notamment des Ă©treintes charnelles des amants Ă©ternels nous Ă©panouissant au rythme du tube lyrique "Cry Little Sister" de Gerard McMann !

30.07.13. 4èx
Bruno Matéï

vendredi 26 juillet 2013

L'ASCENSEUR (De Lift). Grand Prix Ă  Avoriaz 1984.


                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site notrecinema.com

de Dick Maas. 1983. Hollande. 1h35. Avec Huub Stapel, Willeke van Ammelrooy, Josine van Dalsum, Liz Snoyink, Wiske, Sterringa, Huib Broos, Pieter Lutz, Paul Gieske.

Sortie salles France: 22 Février 1984. U.S: 4 Juillet 1985

FILMOGRAPHIE: Dick Maas est un scénariste, réalisateur, producteur et compositeur hollandais né le 15 Avril 1951 à Heemstede (Pays-Bas). 1977: Picknick. 1977: Adelbert. 1981: Rigor Mortis. 1983: L'Ascenseur. 1986: Les Gravos. 1988: Amsterdamned. 1992: Flodder in Amerikia ! 1995: Les Lavigueur 3: le retour. 1999: Issue de secours. 2001: L'Ascenseur, niveau 2. 2003: Long Distance. 2004: Zien (video). 2010: Saints.


En 1984, une petite production hollandaise d'un jeune rĂ©alisateur mĂ©connu dĂ©croche le prestigieux Grand Prix au Festival d'Avoriaz. Bien que dĂ©criĂ© par la plupart des cinĂ©philes qui auraient plutĂ´t privilĂ©giĂ© des oeuvres plus probantes comme Christine, Dead Zone (mĂŞme s'il se voit dĂ©cerner 3 prix secondaires !) ou encore le Dernier Testament, l'Ascenseur trouve quand mĂŞme son public dans les salles obscures si bien qu'il remporte un joli succès commercial. Cet engouement inattendu pour cette sĂ©rie B modeste est surtout favorisĂ© par l'originalitĂ© de son concept lorsque l'ascenseur d'un immeuble rĂ©sidentiel commet des actes meurtriers envers les quidams infortunĂ©s. Cette idĂ©e saugrenue, voire ridicule, est pourtant sauvĂ©e par l'ironie macabre du cinĂ©aste multipliant incidents meurtriers dans un sens effrĂ©nĂ© de l'efficacitĂ© alliĂ© Ă  son thème alarmiste: la technologie organique. A l'instar de cet aveugle trĂ©buchant maladroitement dans le vide après avoir appuyĂ© sur le bouton pour se rendre Ă  l'Ă©tage dĂ©sirĂ©. Ou encore lorsque le gardien se retrouve la tĂŞte coincĂ©e entre deux volets d'ascenseur alors que la cage commence subitement Ă  descendre pour lĂ  lui arracher ! Il y a aussi une autre sĂ©quence anxiogène de par son climat claustrophobe quand deux couples Ă©mĂ©chĂ©s vont se retrouver piĂ©gĂ©es dans l'enceinte de l'ascenseur pour y ĂŞtre asphyxiĂ©s.


Le scénario délirant (il y est question de micro puces douées de vie organique se régénérant d'après la machine d'un ordinateur !) s'attache donc à nous décrire l'investigation d'un dépanneur et d'une journaliste, déterminés à résoudre la mystérieuse défaillance technique empêchant la fonctionnalité ordinaire d'un ascenseur. Outre l'inanité des rapports conjugaux entre le héros et sa femme (leur mésentente s'avère peu crédible lorsque le mari impassible tente de lui réfuter son adultère avec sa collègue journaliste), le film véhicule un intérêt constant pour escompter la résolution d'une énigme débridée pointant du doigts les dangers de technologies innovantes. Sur ce point, on peut d'ailleurs souligner l'avant-garde de son thème d'anticipation si bien qu'il préfigure l'inoculation des puces électroniques en interne du corps humain (aujourd'hui l'identification d'un animal domestique peut-être imprimée sous la peau). On peut aussi évoquer dans un avenir proche les nouvelles lois envisageables auquel les puces seraient imposées dans le corps humain pour déjouer la progression d'une maladie (ce qu'évoque l'un des protagonistes lors de son analogie avec les puces organiques !).


De par son concept insensĂ© et le caractère Ă  la fois modeste et attachant des protagonistes, l'Ascenseur constitue une sĂ©rie B ludique dont le savoir-faire technique du rĂ©alisateur (les sĂ©quences chocs inventives, intenses et sardoniques se succèdent brillamment avec un sens du cadrage) renforce son capital irrĂ©sistiblement bonnard. 

RĂ©compenseGrand Prix au Festival du Film Fantastique d'Avoriaz en 1984

*Bruno
26.07.13.
6èx


jeudi 25 juillet 2013

Litan, La Cité des Spectres Verts. Prix de la Critique à Avoriaz, 1982.

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb

de Jean Pierre Mocky. 1981. France. 1h28. Avec Jean-Pierre Mocky, Marie José Nat, Nino Ferrer, Marysa Mocky, Bill Dunn, Georges Wod, Dominique Zardi.

Sortie salles France: 24 Février 1982

FILMOGRAPHIE: Jean Pierre Mocky (Jean-Paul Adam Mokiejewski) est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, acteur et producteur français, nĂ© le 6 Juillet 1933 Ă  Nice. 1959: Les Dragueurs. 1960: Un Couple. 1961: Snobs ! 1962: Les Vierges. 1963: Un DrĂ´le de Paroissien. 1964: La CitĂ© de l'indicible peur. 1965: La Bourse et la Vie. 1967: Les Compagnons de la Marguerite. 1969: La Grande Lessive. 1970: l'Etalon. 1970: Solo. 1971: l'Albatros. 1972: Chut ! 1973: l'Ombre d'une Chance. 1974: Un Linceul n'a pas de poche. 1975: l'Ibis Rouge. 1976: Le Roi des Bricoleurs. 1978: Le TĂ©moin. 1979: Le Piège Ă  Cons. 1981: Litan. 1982: Y'a t'il un français dans la salle ? 1983: A mort l'Arbitre. 1985: Le Pactole. 1986: La Machine Ă  dĂ©coudre. 1987: Le MiraculĂ©. 1987: Agent Trouble. 1987: Les Saisons du plaisir. 1988: Une Nuit Ă  l'assemblĂ©e nationale. 1988: Divine Enfant. 1990: Il gèle en enfer. 1991: Mocky Story. 1991: Ville Ă  Vendre. 1992: Le Mari de LĂ©on. 1992: Bonsoir. 1995: Noir comme le souvenir. 1997: Robin des Mers. 1997: Alliance cherche doigt. 1998: Vidange. 1999: Tout est calme. 1999: La Candide. 2000: Le Glandeur. 2001: La BĂŞte de MisĂ©ricorde. 2002: Les AraignĂ©es de la nuit. 2003: Le Furet. 2004: Touristes, oh yes ! 2004: Les Ballets Ecarlates. 2005: Grabuge ! 2006: Le Deal. 2007: Le BĂ©nĂ©vole. 2007: 13 French Street. 2011: Les Insomniaques. 2011: CrĂ©dit pour tous. 2011: Le Dossier Toroto. 2012: Le Mentor. 2012: A votre bon coeur, mesdames. 2013: Dors mon lapin. 2013: Le Renard Jaune.


Des masques, de la musique et des danses : dans la ville de LITAN chaque année, on fête ainsi les morts.
Mais cette année là...

RĂ©compensĂ© du Prix de la Critique Ă  Avoriaz en 1982 (mais de l'aveu du rĂ©alisateur sifflĂ© par Brian De Palma et John Boorman durant une reprĂ©sentation  !), Litan est l'un des rares films de Jean Pierre Mocky Ă  avoir su traiter le genre fantastique avec une ambition toute spirituelle. Le pitchDurant la fĂŞte de la saint Litan, un couple se retrouve impliquĂ© dans une sĂ©rie d'Ă©vènements mystĂ©rieux et meurtriers. PlongĂ©s dans une folie incontrĂ´lĂ©e, les habitants de cette citĂ© montagneuse semblent ĂŞtre victimes d'une machination scientifique rĂ©volutionnaire. AthĂ©e mais persuadĂ© que l'âme perdure au delĂ  de la mort, Jean Pierre Mocky nous illustre ici un rĂŞve fantasmatique aux allures de carnaval macabre. Baignant dans l'atmosphère irrĂ©elle d'un cadre naturel montagneux nappĂ© de brouillard, le rĂ©alisateur accorde un soin formel Ă  peaufiner ses dĂ©cors diaphanes de cimetière gothique, de grotte humectĂ©e ou d'hĂ´pital dĂ©labrĂ©, quand bien mĂŞme des villageois affublĂ©s de masques morbides sèment la zizanie parmi la foule hagarde.


Ainsi, le mystère de Litan semble émané d'une rivière jalonnée de feux-follets depuis qu'un séisme aurait peut-être libéré un minerais inconnu dissout dans l'eau. Au sein de cette fête des morts, il y a aussi les sinistres expérimentations d'un scientifique capable de démystifier les secrets inavoués de l'après-mort. Avec un désir prégnant de nous immerger dans un rêve insolite de bal costumé dénué de sens et de raison, Jean Pierre Mocky s'interroge sur le mystère insondable de la mort. Alors qu'un couple est témoin d'étranges phénomènes, telles ces disparitions et meurtres inexpliqués et l'avènement de cadavres hébétés, le secret de Litan semble s'éclaircir après les déclarations d'un revenant récalcitrant ! Pour se faire, pour l'idéologie du réalisateur, pas d'enfer ni de dieu après la mort mais une âme errante assoupie dans un rêve attendant le moment propice de s'y libérer. "Nous rêvons votre vie et quand notre rêve s'arrête alors vous mourrez", dira l'un des sujets expérimenté sous hypnose ! La réflexion métaphysique d'une mise en abyme (un rêve dans un rêve) est donc évoquée, la lutte de deux ombres dans un même corps, à moins que nous ne sommes que le songe d'une âme assoupie se donnant libre choix d'endiguer notre rêve à tous moments ! C'est d'ailleurs par un rêve prémonitoire vécu par l'héroïne que le film amorce son fantasme pour s'y matérialiser face à notre témoignage ! Ainsi, nous sommes donc peut-être le fruit d'une expérience d'un alchimiste créateur !


Le carnaval des âmes
DĂ©lire baroque Ă  l'imagerie paĂŻenne saisissante, farce macabre oĂą les morts sont dĂ©troussĂ©s de leur âme par une eau rocheuse ou dissĂ©quĂ©es par un mĂ©decin mystificateur, Litan intrigue, dĂ©route et fascine pour nous plonger dans le mystère le plus abyssal de notre existence: l'au-delĂ  de la mort. De par son pouvoir d'envoĂ»tement prĂ©dominant et sa mĂ©lodie orchestrale entĂŞtante, on peut aisĂ©ment concĂ©der que cette perle rare reste l'une des plus belles rĂ©ussites fantastiques pour un genre si boudĂ© et peu explorĂ© dans l'hexagone. Un authentique film culte en somme Ă  l'aura indicible prĂ©gnante. 

* Bruno
04.03.22. 4èx
25.07.13. 

Récompense: Prix de la Critique au Festival International du film fantastique d'Avoriaz en 1982.

Dormir et rĂŞver...
C'est comme si on flottait, on sent la prĂ©sence des autres morts autour de soi... Pas de ciel, pas d'enfer, rien... Rien, vous ĂŞtes lĂ  et vous attendez, quelque fois vous rĂŞvez mais ensuite le rĂŞve s'arrĂŞte.. Vous attendez que les vivants meurent et il nous rejoignent dans notre rĂŞve... Nous rĂŞvons votre vie et quand notre rĂŞve s'arrĂŞte alors vous mourrez... Nous sommes comme deux ombres luttant pour un mĂŞme corps, bientĂ´t nous ne serons plus qu'une âme... Eric ne sera plus que le souvenir de quelqu'un que j'ai Ă©tĂ© il y a très longtemps... Quelqu'un qui Ă©tait en vous, j'ai Ă©tĂ© plus fort que lui alors je me souviendrais de sa vie  comme si ça avait Ă©tĂ© la mienne...
                                          LITAN, LA CITE DES SPECTRES VERTS


mercredi 24 juillet 2013

ONLY GOD FORGIVES. Grand Prix au Festival du film de Sydney, 2013.

                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site flicksandbits.com

de Nicolas Winding Refn. 2013. France/Danemark. 1h30. Avec Ryan Gosling, Kristin Scott Thomas, Vithaya Pansringarm, Tom Burke, Ratha Pohngam, Byron Gibson.

Récompense: Grand Prix au Festival du film de Sydney, 2013.

Sortie salles France: 22 Mai 2013. U.S: 19 Juillet 2013

FILMOGRAPHIE: Nicolas Winding Refn est un scénariste, réalisateur, producteur et acteur danois, né le 29 septembre 1970 à Coppenhague (Danemark).
1996: Pusher. 1999: Bleeder. 2003: Inside Job. 2004: Pusher 2. 2005: Pusher 3. 2008: Marple - Nemesis (télé-film). 2009: Bronson. 2010: Valhalla Rising. 2011: Drive. 2012: Only God Forgives.


Après le succès inattendu Drive et la rĂ©vĂ©lation Ryan GoslingNicolas Winding Refn enchaĂ®ne avec Only God Forgives, rĂ©compensĂ© du Grand Prix Ă  Sydney. Trip mĂ©taphysique quasi expĂ©rimental, le rĂ©alisateur prend ici le contre-pied de son polar antĂ©cĂ©dent pour nous livrer un ovni beaucoup moins accessible pour le spectateur lambda peu habituĂ© aux ambiances hermĂ©tiques. Car ici, le rĂ©alisateur utilise le thème de la vengeance pour fignoler avant tout une mise en scène hyper travaillĂ©e dans des dĂ©cors stylisĂ©s et picturaux. A la suite de la mort de son frère, Julian voit dĂ©barquer l'arrivĂ©e de sa mère lui suppliant d'assassiner le responsable. Cette dolĂ©ance intransigeante d'une mĂ©gère castratrice va ĂŞtre le théâtre d'un règlement de compte sanglant entre Chang, officier de police vĂ©reux et Julian, cĂ©libataire introverti en quĂŞte existentielle. 


Pari audacieux que ce polar obscur noyĂ© dans un rythme languissant mais transcendĂ© par une ambiance envoĂ»tante et des Ă©clairs de violence soudains. Concerto emphatique sur la vengeance expĂ©ditive, Only God Forgives bouscule les habitudes du spectateur dans un spectacle onirique de sons et lumières. A l'intonation d'une partition musicale Ă©lectrisante, les antagonistes ressemblent ici Ă  des fantĂ´mes errants se provoquant communĂ©ment par des regards mutiques puisque les bavardages laconiques laissent souvent place aux coups de sabres pourfendeurs et gunfights assourdissants ! Balade nocturne dans un Bangkok crĂ©pusculaire illuminĂ© de nĂ©ons polychromes oĂą les prostituĂ©es ferment les yeux face Ă  la barbarie, Only God Forgives chorĂ©graphie la besogne de meurtriers renfrognĂ©s, ne cessant de se provoquer par des exactions vindicatives inutiles. La filiation, la paternitĂ© dĂ©chue sont ici abordĂ©s du point de vue de protagonistes meurtris d'un deuil infantile. En justiciers redresseurs de torts, ils souhaitent Ă©tablir eux mĂŞmes la sentence meurtrière afin d'apaiser leur rancoeur. Au milieu de cette confrontation sanglante, notre anti-hĂ©ros Julian va devoir se mesurer Ă  un ange de la vengeance indestructible. Compromis par la dictature tyrannique de sa mère (Kristin Scott Thomas est littĂ©ralement transie d'agressivitĂ© impassible !) et ayant vĂ©cu une enfance douloureuse (il avait prĂ©alablement assassinĂ© son propre gĂ©niteur dans son pays natal !), Julian va devoir combattre la figure divine d'un ange exterminateur dans une Ă©thique indĂ©cise en perte de repères. Car ici, notre gangster est un boxeur novice brisĂ© par la solitude et la dĂ©mission parentale mais nĂ©anmoins Ă©pris d'empathie auprès de la candeur des enfants martyrs. 


Sauvage et cruel, monotone et concis mais d'une beautĂ© contemplative ensorcelante, Only God forgives privilĂ©gie l'expĂ©rience atmosphĂ©rique et le lyrisme envoĂ»tant au sein d'une intrigue tortueuse imprimant la quĂŞte impossible d'une plĂ©nitude et de la repentance. On adhère et on se laisse bercer par la mĂ©lodie baroque ou on rejette en bloc cette ambition auteurisante de prĂ´ner avant tout une mise en scène prodige. Pour ma perception sensorielle, la balade funeste m'a laissĂ© une trace indĂ©lĂ©bile dans l'esprit !
24.07.13
Bruno Matéï

mardi 23 juillet 2013

OBLIVION

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site nowhereelse.fr

de Joseph Kosinski. 2013. U.S.A. 2h04. Avec Tom cruise, Morgan Freeman, Olga Kurylenko, Nikolaj Coster-Waldau, Melissa Leo, Andrea Riseborough.

Sorties salles France: 10 Avril 2013. U.S: 12 Avril 2013

FILMOGRAPHIE: Joseph Kosinski est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur amĂ©ricain, nĂ© le 3 Mai 1974. 2010: Tron: l'hĂ©ritage. 2013: Oblivion


Film d'anticipation grand public Ă  la portĂ©e mystique universelle (renouer avec l'autonomie du souvenir dans une doctrine d'altruisme et de sentiment), Oblivion est un nouveau spectacle d'une opulence visuelle inĂ©dite au sein d'un univers terrestre clairsemĂ©.

Envahie par une espèce extra-terrestre surnommĂ©e les "Scavs", la moitiĂ© de la terre fut dĂ©cimĂ©e après une guerre nuclĂ©aire entre les humains et ces envahisseurs. Depuis, les survivants se sont rĂ©fugiĂ©s sur la planète Titan sous le contrĂ´le d'un mystĂ©rieux ordinateur. 2077. A cause d'une loi interdisant de prĂ©munir les souvenirs, Jack et son alliĂ©e Julia ont perdu la mĂ©moire pour ĂŞtre installĂ©s dans une station afin de pouvoir surveiller la fiabilitĂ© des drones. Des engins volants capables d'extraire de l'eau de mer pour la transformer en Ă©nergie chez les humains expatriĂ©s sur Titan. Un jour, Jack est tĂ©moin du crash d'un vaisseau spatial. A proximitĂ©, il dĂ©couvre parmi des caissons une jeune femme en hibernation au visage familier. Il dĂ©cide de la ramener dans sa station sans savoir que son destin est subordonnĂ© Ă  l'avenir de l'humanitĂ©. 


Avec une ambition esthĂ©tique singulière, le rĂ©alisateur Joseph Kosinski se rattache au soin formel pour authentifier les dĂ©cors dĂ©charnĂ©es d'une terre dĂ©vastĂ©e par une guerre extra-terrestre. Un couple de geĂ´liers se contentent de surveiller du haut de leur station la surface aride de la terre Ă©vacuĂ©e de toute prĂ©sence humaine. Cet univers criant de rĂ©alisme blafard donne lieu Ă  des dĂ©cors de dĂ©solation de toute beautĂ©, renforcĂ©s par les teintes dĂ©saturĂ©es d'une photographie argentĂ©e. En ce qui concerne l'aspect technologique d'une civilisation extra-terrestre, lĂ  aussi un soin scrupuleux est prĂ©conisĂ© pour façonner des vaisseaux spatiaux circulaires au design immaculĂ© ou encore des drones de combat aussi furtifs que prĂ©cis dans leur cible ajustĂ©e. Avec l'illustre prĂ©sence de Tom Cruise aux commandes, l'acteur livre avec conviction une prĂ©sence hĂ©roĂŻque pugnace accentuĂ©e d'une prise de conscience humaniste en quĂŞte identitaire. Si le scĂ©nario Ă©troitement liĂ© au clonage (thème empruntĂ© Ă  une mĂ©taphore sur la rĂ©incarnation) et Ă  la rĂ©miniscence (notamment notre rapport affectif au souvenir) avait gagnĂ© Ă  ĂŞtre perfectible, il ne manque pas de nous captiver pour sa structure ciselĂ©e privilĂ©giant la densitĂ© romantique d'un couple en rĂ©demption ainsi que leur responsabilitĂ© majeure d'un enjeu imparti Ă  la survie de la Terre. DĂ©ployant par intermittence des sĂ©quences de combats aĂ©riens Ă  couper le souffle, Joseph Kosinski allie aussi une action belliqueuse vers son point d'orgue crucial avant de renouer avec un lyrisme prude militant pour une rĂ©flexion spirituelle. Notamment le sens de la bravoure et du sacrifice afin de rendre honneur aux dĂ©funts, mais aussi notre dignitĂ© Ă  prĂ©munir la vie des futures gĂ©nĂ©rations (comment un homme peut-il mieux mourir qu'en affrontant les dangers ! Pour les cendres de ces ancĂŞtres et les temples de ses dieux, dĂ©clarait le romain Orathius !).


Vivre et laisser mourir
Avec maĂ®trise technique et souci formel prĂ©gnant, Oblivion privilĂ©gie une belle place pour l'Ă©motion lyrique (accord musical au souffle romanesque Ă  l'appui !) avant de s'engager dans la virtuositĂ© de quelques sĂ©quences homĂ©riques. L'intensitĂ© humaine qui Ă©mane des personnages conquĂ©rants ainsi que sa rĂ©flexion formulĂ©e Ă  la dĂ©votion des sentiments transcendent aisĂ©ment l'aspect conformiste de son scĂ©nario. Ainsi, on garde en mĂ©moire un spectacle d'une beautĂ© Ă©purĂ©e enchanteresse. 

23.07.13
Bruno 

lundi 22 juillet 2013

LA PEUR AU VENTRE (Running Scared)

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site impawards.com

de Wayne Kramer. 2006. U.S.A. 2h02. Avec Paul Walker, Cameron Bright, Vera Farmiga, Chazz Palminteri, Karel Roden, Johnny Messner, Ivana Milicevic.

Sortie salles France: 1er Mars 2006. 24 Février 2006

FILMOGRAPHIE: Wayne Kramer est un réalisateur, scénariste et monteur sud-africain, né en 1965 en Afrique du Sud.
1992: Blazeland. 2003: Lady Chance. 2006: La Peur au Ventre. 2009: Droit de passage.


Polar hard-boiled menĂ© Ă  un train d'enfer, La Peur au Ventre est un pur divertissement stimulĂ© par une intrigue fertile en rebondissements (un peu trop parfois mĂŞme) mais qui ne s'embarrasse pas de certaines ficelles grossières durant son cheminement trĂ©pidant. Durant un deal de came, une rixe sanglante Ă©clate entre des gangsters et des flics ripoux provoquant la mort d'un des membres de la police. Afin d'Ă©viter la prison et celle de ses alliĂ©s, Joey dĂ©cide de planquer l'arme dans sa cave. Seulement, le camarade de son rejeton rĂ©ussit Ă  s'en emparer pour tenter de tuer son beau-père tyrannique. Par l'autoritĂ© de son leader, Joey ne possède que quelques heures de sursis afin de de retrouver l'arme du crime. 


Avec son prologue pĂ©taradant dĂ©ployant une chorĂ©graphie d'Ă©changes de tirs sanglants, La Peur au Ventre n'hĂ©site pas Ă  façonner une rĂ©alisation stylisĂ©e pour mettre en valeur l'esbroufe d'une ultra violence spectaculaire. MĂ©chamment cinglant, ce polar brutal et palpitant vĂ©hicule une indĂ©niable efficacitĂ© dans sa narration linĂ©aire multipliant des revirements fortuits au creux d'une urbanisation lunaire livrĂ©e Ă  la corruption. Si en cours de route, certaines invraisemblances se compromettent dans la facilitĂ© (les nombreuses mĂ©saventures que Oleg doit traverser durant sa fugue, la facilitĂ© Ă  laquelle Joey rĂ©ussit Ă  enfiler la blouse et rĂ©cupĂ©rer la balle au sein du service hospitalier) et que son Ă©pilogue abuse d'une dramaturgie aussi inutile que simulĂ©e, le film n'en demeure pas moins captivant par sa vigueur effrĂ©nĂ©e . D'autant plus que le rĂ´le principal imparti au bellâtre Paul Walker est un choix concluant puisque l'acteur vĂ©hicule une prestance plutĂ´t viscĂ©rale dans sa stoĂŻcitĂ© Ă  provoquer ces adversaires. Anti-hĂ©ros Ă©rigĂ© sous la bannière du bad boy aux yeux bleux, notre comĂ©dien dĂ©gage une vĂ©ritable intensitĂ© Ă©motionnelle par son tempĂ©rament impĂ©tueux dĂ©clenchant parfois un hĂ©roĂŻsme suicidaire. Dans le rĂ´le de l'Ă©pouse maternelle, la charmante Vera Farmiga lui partage la vedette avec sincĂ©ritĂ© et nous surprend Ă©galement par son tempĂ©rament rĂ©actionnaire d'une pulsion expĂ©ditive lorsqu'elle dĂ©cide d'endiguer un couple de pĂ©dophiles. Enfin, dans la peau d'un ado maltraitĂ© en quĂŞte paternelle, le petit Cameron Bright grossit parfois le trait dans ses expressions de stupeur mais s'en tire tout de mĂŞme honorablement par sa prĂ©sence photogĂ©nique aussi flegme que taciturne.


Revolver
Polar brutal rondement menĂ© par l'adrĂ©naline d'actions intempestives, La Peur au ventre s'impose en excellent divertissement pour mettre en vedette une foule d'antagonistes Ă  l'immoralitĂ© sardonique. Sa rĂ©alisation inventive (montage assidu et clippesque) et moderne (couleurs saturĂ©es, slow motion chorĂ©graphiĂ©, sĂ©quence inscrite sur pause ou en dĂ©chronologie accĂ©lĂ©rĂ©e) ainsi que l'interprĂ©tation persuasive de Paul Walker (peut-ĂŞtre son meilleur rĂ´le Ă  l'Ă©cran !) nous permettent aussi de faire l'impasse sur quelques facilitĂ©s fantaisistes. Enfin, Ă  travers l'obsession passionnelle d'un des antagonistes pour son archĂ©type chimĂ©rique, on apprĂ©ciera l'hommage sincère adressĂ© Ă  une lĂ©gende du western cher Ă  Ford, John Wayne

22.07.13. 2èx
Bruno Matéï

vendredi 19 juillet 2013

7 JOURS A VIVRE (Seven days to live)

                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site schyzo-dead-house.purforum.com

de Sebastian Nemman. 2000. Allemagne/Tchecoslovaquie/U.S.A. 1h37. Avec Amanda Plummer, Sean Pertwee, Nick Brimble, Gina Bellmman, Sean Chapman, Eddie Cooper, Amanda Walker.

Sortie salles France: 9 Mai 2001

FILMOGRAPHIE: Sebastian Nemman est un réalisateur et scénariste allemand, né le 21 Juin 1968 à Lüneburg.
2000: 7 Jours Ă  Vivres
2002: Das Jesus Video (télé-film)
2006: Hui Buh - Le Fantôme du château


Série B d'épouvante blindée de références aux classiques du genre (Amityville, Shining, la Maison près du cimetière, l'Au-dela), 7 Jours à Vivre nous refait le coup du couple maudit (ils viennent de perdre leur enfant à la suite d'un incident domestique) parti s'exiler dans une bâtisse bucolique en guise de deuil infantile. Au préalable, un inquiétant prologue nous avait établi la découverte macabre d'une femme ventripotente, retrouvée tuméfiée sur une chaise par ses voisins, alors qu'à proximité, son mari en état de choc s'est avachi sur le coin du salon.
Ca commence fort avec la mort d'un bambin étouffé par une guêpe qui s'était dissimulée dans son petit déjeuner. La séquence éprouvante et réaliste s'exacerbe un peu plus quand le paternel décide d'infliger à son rejeton une trachéotomie en désespoir de cause. C'est après ce décès brutal que le couple décide d'emménager dans une vieille demeure isolée, située à proximité d'un marais. Rapidement, d'étranges évènements ébranlent le quotidien d'Ellen. Sujette à des hallucinations, de mystérieux indices lui révèlent de manière chronologique qu'il ne lui reste que 7 jours à vivre. De son côté, son mari Martin devient de plus en plus irascible et démystifie la paranoïa de son épouse sur la disparition de leur fils. Elle décide alors de consulter un psychologue...


Modestement rĂ©alisĂ©, 7 Jours Ă  Vivre n'invente rien avec son pitch Ă©culĂ© lorgnant surtout du cĂ´tĂ© de Shining (Martin, Ă©crivain en manque d'inspiration, est gagnĂ© par une folie incontrĂ´lĂ©e !) et des atmosphères chères de Lucio Fulci. Sur ce dernier point, il faut saluer le soin esthĂ©tique imparti Ă  sa photo sĂ©pia et surtout Ă  son climat gothique imprĂ©gnĂ© de brume. Avec un Ă©vident souci formel, Sebastian Nemman fignole des images macabres d'une beautĂ© picturale afin de renforcer l'aspect inquiĂ©tant d'une demeure isolĂ©e. L'architecture externe et son cadre naturel nous Ă©voquent instinctivement celle de la Maison près du Cimetière, tandis que la cave nous rappelle l'Au-dela pour son Ă©pilogue vouĂ© aux fantĂ´mes putrides revenus ici d'un marais maudit ! En prime, les interprĂ©tations convaincantes d'Amanda Plummer et de Sean Pertwee renforcent une certaine densitĂ© psychologique dans leur dĂ©veine rĂ©cursive et leur espoir de solidaritĂ© en perdition. Si l'intrigue balisĂ©e, non exempt de clichĂ©s, nous laisse un sĂ©rieux goĂ»t de dĂ©jĂ  vu, sa structure narrative laisse tout de mĂŞme planer un certain suspense. Et cela, jusqu'Ă  la frustration de ces 20 dernières minutes plutĂ´t prĂ©visibles nous laissant sur notre faim par la faute d'un dĂ©nouement aseptique.


Indubitablement, 7 Jours Ă  vivre ne laissera pas un souvenir impĂ©rissable auprès de l'amateur d'horreur Ă  sensations fortes. NĂ©anmoins, et Ă  condition d'ĂŞtre indulgent, le soin accordĂ© Ă  son atmosphère palpable, la qualitĂ© de l'interprĂ©tation et la beautĂ© de certaines images nous permettent de passer un moment ludique.  

19.07.13. 3èx
Bruno Matéï 

    PACIFIC RIM

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site filmosphere.com

    de Guillermo Del Toro. 2013. U.S.A. 2h12. Avec Charlie Hunnam, Ron Perlman, Idris Elba, Charlie Day, Burn Gorman, Clifton Collins Jr, Rinko Kikuchi.

    Sortie salles France: 17 Juillet 2013. U.S: 12 Juillet 2013

    FILMOGRAPHIE: Guillermo Del Toro est un réalisateur, scénariste, romancier et producteur américain, né le 9 Octobre 1964 à Guadalajara (Jalisco, Mexique).
    1993: Cronos. 1997: Mimic. 2001: l'Echine du Diable. 2002: Blade 2. 2004: Hellboy. 2006: Le Labyrinthe de Pan. 2008: Hellboy 2. 2013: Pacific Rim.


    Kaiju vs Jaegers
    Oubliez les baudruches clinquantes Transformers et leurs playmobil, Guillermo Del Toro cristalise avec Pacific Rim un rĂŞve de gosse pour des millions de spectateurs. Pur hommage aux Kaijus (films de monstres japonais apparus au cinĂ©ma dans les annĂ©es 50) mais Ă©galement au mecha (sous genre animĂ© des mangas cĂ©lĂ©brĂ© par Goldorak dans les annĂ©es 70 !), Pacific Rim transcende avec une virtuositĂ© inĂ©dite tout ce qui avait Ă©tĂ© conçu au prĂ©alable dans le gigantisme monstrueux.
    Blockbuster familial conçu pour émerveiller toutes les tranches d'âge, cet affrontement colossal entre
    Jaegers (robot ultra perfectionné que deux homme réussissent à télécommander par leur pensée commune !) et Kaijus nous plonge dans des rixes de destruction massive étourdissantes. Et pour mieux contempler ses altercations titanesques, Guillermo Del Toro filme toutes les séquences de nuit afin de mieux mettre en valeur les armures métalliques de nos robots guerriers et les écailles argentées de monstres protéiformes ! A titre d'exemple prégnant, leur combat survenant dans un Tokyo illuminé de néons flashy nous déploie des séquences démentielles de bastons homériques avec un sens du détail inouï. Car ici l'action fluide nous permet de nous immerger en interne des combats sans l'utilisation d'une caméra erratique (que ce soit au milieu de l'océan ou à l'intérieur de la ville !). Un privilège donc qui va permettre d'exacerber l'action avec une rare intensité émotionnelle .


    Outre la simplicité d'un scénario naïf prétexte aux confrontations pharaoniques (au fond du Pacifique, l'ouverture d'une brèche permet aux Kaijus d'envahir la terre pendant que des robots humanoïdes se préparent à la guerre !), Pacific Rim n'en n'est pas pour autant un épuisant pop-corn movie puisque la première heure prend le temps de nous décrire un univers technologique criant de vérité et de nous établir une complicité avec la caractérisation de nos héros. Que ce soit Raleigh Becket, jeune briscard pugnace mais affaibli par la disparition de son frère durant un combat de labeur, Stacker Pentecost, un colonel drastique au passé glorieux mais souffrant d'une certaine pathologie, et enfin Mako Mori, jeune japonaise pleine de bravoure mais ayant vécu un choc traumatique durant son enfance. En prime, son obscure relation paternelle avec le colonel la contraint de remettre en question sa collaboration avec Raleigh afin de pouvoir partir au front. D'autres seconds protagonistes fort en gueule sont également de la partie pour se mesurer aux Kaijus, tandis qu'un duo de scientifiques fébriles viennent égayer l'aventure de leurs extravagances cérébrales !


    Le choc des Titans
    Festival de pyrotechnie Ă  vous faire dĂ©coller la mâchoire, Pacific Rim Ă©quivaut Ă  la quintessence de l'actionner bourrin dans sa volontĂ© studieuse de faire rĂŞver son public avec humilitĂ©. Vouant son amour immodĂ©rĂ© pour ces robots d'acier et ces reptiles hostiles, Guillermo Del Toro concède un gigantesque spectacle populaire prĂ´nant les valeurs nobles du courage, de la pugnacitĂ©, de la fraternitĂ© et du sens du sacrifice, tout en glorifiant l'Ă©galitĂ© des sexes et l'unification des peuples.

    19.07.13.
    Bruno Matéï




                                          

    jeudi 18 juillet 2013

    Le Jour des Morts-Vivants / Day of the Dead

                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site whatculture.com

    de Georges A. Romero. 1985. U.S.A. 1h43. Avec Lori Cardille, Terry Alexander, Joseph Pilato, Jarlath Conroy, Richard Liberty, Sherman Howard.

    Sortie salles France: 10 Décembre 1986. U.S: 19 Juillet 1985

    FILMOGRAPHIE: Georges Andrew Romero est un réalisateur, scénariste, acteur, auteur américain, né le 4 Février 1940 à New-York. 1968: La Nuit des Morts-vivants. 1971: There's Always Vanilla. 1972: Season of the Witch. 1973: The Crazies. 1977: Martin. 1978: Zombie. 1981: Knightriders. 1982: Creepshow. 1985: Le Jour des Morts-vivants. 1988: Incidents de parcours. 1990: Deux Yeux Maléfiques. 1992: La Part des Ténèbres. 2000: Bruiser. 2005: Land of the Dead. 2008: Diary of the Dead. 2009: Survival of the Dead. 2011: Deep Red.

     
    "Dans les entrailles du dernier jour".
    Huit ans après le raz-de-marĂ©e Zombie, George A. Romero boucle sa trilogie avec Le Jour des Morts-vivants. EntourĂ© d’acteurs mĂ©connus et fidèle Ă  sa touche fĂ©ministe, il confie cette fois le rĂ´le principal Ă  une jeune femme, stoĂŻque comme une statue au milieu du chaos. Avec l’entremise du sorcier des chairs Tom Savini et la pulsation hypnotique de John Harrison, Romero Ă©rige Ă  nouveau sa vision de l’apocalypse, toujours aussi viscĂ©rale, toujours aussi spontanĂ©e.

    Dans l’antre d’une base militaire creusĂ©e dans la roche, une poignĂ©e de scientifiques et de soldats s’Ă©charpent pour sauver leurs peaux — tandis que dehors, la terre appartient aux morts.

    En huis clos, le cinĂ©aste nous enferme parmi la tyrannie de militaires abrutis et la rĂ©signation nerveuse de savants rongĂ©s d’angoisse. Il ressasse ses obsessions — l’incommunicabilitĂ©, l’individualisme — et se moque cruellement de l’homme, ce primate narcissique soudain confrontĂ© Ă  un dĂ©sordre qui le dĂ©passe. Plus psychologique que son prĂ©dĂ©cesseur, Le Jour des Morts-vivants plonge plus profond dans la chair de ses personnages — et c’est justement ce qu’on lui reprochera. 

     
    Romero esquisse un portrait de femme inattendu : Lori Cardille, encore novice, incarne Sarah, meneuse opiniâtre Ă  l’endurance presque virile. Son humanisme bute contre la brutalitĂ© bornĂ©e du capitaine Rhodes (Joseph Pilato, dĂ©licieusement cabotin), despote mesquin prĂŞt Ă  purger quiconque ose le dĂ©fier. Parmi ses compagnons, un latino fiĂ©vreux, incapable de brider ses fantĂ´mes, hait la froideur de Sarah et grince sous le poids de ses propres failles.

    Pendant que les zombies, muselĂ©s derrière des grilles rouillĂ©es, attendent leur heure, deux camps rivaux s’autodĂ©voraient dĂ©jĂ . Le Dr Frankenstein, savant fou, tente d’apprivoiser Bub — zombie moribond, inoubliable pantin incarnĂ© par Sherman Howard. BientĂ´t, le chaos Ă©clate : la base s’ouvre, les morts s’engouffrent, et la dernière heure, jusqu’alors tendue par la haine humaine, Ă©clate en une orgie de chair et de tripes.

    Plus satirique encore que Zombie, Le Jour des Morts-vivants se gausse des militaires, crĂ©tins congĂ©nitaux Ă  l’ego surdimensionnĂ©, et de la science, arrogante rivale de Dieu. Dehors, l’armĂ©e des goules attend, mâchoires claquantes, boyaux Ă  l’air. LĂ  encore, Tom Savini signe des prodiges : membres arrachĂ©s, entrailles rĂ©pandues, crânes Ă©clatĂ©s — tout filmĂ© sans dĂ©tour ni hors-champ pudique.


    Certes, le film est peut-ĂŞtre le plus fragile de la trilogie — budget famĂ©lique, scĂ©nario inĂ©gal — mais ses atouts demeurent implacables : psychologie charnue, narration entaillĂ©e d’ironie noire, explosions de sang orgasmique, ambiance unique, Ă  l'instar de cette bande-son exotique qui bat comme un cĹ“ur malade. Assez pour en faire, malgrĂ© tout, un classique dĂ©finitif du genre.

    --Bruno
    18.07.13. 5èx

     
    Récompenses: Prix d'Interprétation Féminine, Prix des Effets-Spéciaux au Festival du Rex de Paris en 1986.
    Prix Spécial Gore


    mercredi 17 juillet 2013

    QUI VEUT LA PEAU DE ROGER RABBIT (Who Framed Roger Rabbit)

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site movie-bar.com

    de Robert Zemeckis. 1988. U.S.A. 1h43. Avec Bob Hoskins, Christopher Lloyd, Joanna Cassidy, Stubby Kaye, Alan Tilvern, Richard LeParmentier, Joel Silver.

    Sortie salles France: 18 Octobre 1988. U.S: 22 Juin 1988

    FILMOGRAPHIE: Robert Zemeckis est un réalisateur, producteur et scénariste américain, né le 14 Mai 1951 à Chicago (Illinois).
    1978: Crazy Day. 1980: La Grosse Magouille. 1984: A la poursuite du diamant vert. 1985: Retour vers le Futur. 1988: Qui veut la peau de Roger Rabbit. 1989: Retour vers le Futur 2. 1990: Retour vers le Futur 3. 1992: La Mort vous va si bien. 1994: Forrest Gump. 1997: Contact. 2000: Apparences. 2000: Seul au monde. 2004: Le Pôle express. 2007: La Légende de Beowulf. 2009: Le Drôle de Noël de Scrooge. 2013: Flight.

    Oscars 1989: meilleurs effets visuels (Ken Ralston, Richard Williams, Edward Jones, George Gibbs), meilleur montage sonore (Charles L. Campbell, Louis L. Edemann), meilleur montage (Arthur Schmidt) et Oscar pour une contribution spéciale (Richard Williams).
    BAFTA Awards 1989: meilleurs effets visuels (Ken Ralston, Richard Williams, Edward Jones, George Gibbs)


    Couronné de 4 oscars un an après sa sortie, Qui veut la peau de Roger Rabbit n'a pas volé ses prestigieuses récompenses tant il continue de nous bluffer par son exploit technique à avoir su allier personnages de chair et d'os et héros d'animation. Avec la nouvelle recrue Roger Rabitt, ce divertissement roublard nous présente un nouveau toon à la spontanéité virevoltante, entouré d'une femme fatale à la sensualité ardente ! Avec sa trame policière située dans l'après guerre des années 40, Robert Zemeckis rend autant hommage au film noir qu'aux dessins animés de notre enfance érigés sous le label de Warner Bros (les fameux Looney Tunes !) et de Walt Disney (on y côtoie Dumbo, Blanche Neige et consorts). En redécouvrant aujourd'hui ce blockbuster familial, nous nous surprenons encore du soin circonspect intenté à la perfection des effets-spéciaux où des protagonistes humains cohabitent parmi la familiarité de personnages d'animation ! Qui veut la peau de Roger Rabbit s'avère d'autant plus bluffant de réalisme dans ses moult péripéties endiablées qu'il réussit à émerveiller le spectateur lambda âgé de 7 à 77 ans.


    Son intrigue charpentĂ©e bourrĂ©e de revirements fortuits nous propose une vĂ©ritable Ă©nigme policière que doit mener le dĂ©tective Eddy Valiant (Bob Hoskins, Ă©tonnamment flegme et gentiment bougon!) Ă©paulĂ© d'un comparse peu commun, Roger Rabbit. A eux deux, ils forment un duo explosif dans leur tentative de dĂ©busquer le meurtrier d'un producteur mais aussi mettre la main sur un mystĂ©rieux testament. Durant leur investigation, ils vont devoir se confronter Ă  l'autoritĂ© drastique de l'Ă©trange Juge DeMort (Christopher Lloyd, diabolique de mĂ©galomanie hautaine !) accompagnĂ© de ses sbires, les Fouines (des toons railleurs particulièrement sardoniques !), communĂ©ment dĂ©libĂ©rĂ©s Ă  retrouver la trace de Roger Rabbit. En effet, ce dernier se retrouve suspectĂ© de l'assassinat de Marvin Acme, producteur de films d'animation et inventeur ayant eu la veille de sa mort une Ă©ventuelle liaison avec Jessica Rabbit !
    Ce pitch hérité d'un roman de Gary K. Wolf (Who censored Roger Rabbit ?) et publié en 1981 est une occasion singulière d'opposer des personnages humains avec une foule de toons novices et notoires ! Avec un sens inventif sans cesse renouvelé (comme cette soudaine plongée dans l'univers urbain des Toons ou l'invention mortelle de la Trempette afin de pouvoir les dissoudre !), Qui veut la peau de Roger Rabit déploie sans modération une prolifération de gags échevelés dans une action ininterrompue (course poursuite en plein centre-ville à bord d'une voiture d'animation, rixes en tous genres entre toons et humains et point d'orgue explosif pourvu d'une révélation inopinée !).


    Parfaitement Ă©quilibrĂ© par sa drĂ´lerie insolente (mais jamais erratique !) et la tendresse impartie Ă  tous ces protagonistes hybrides (la sĂ©quence mĂ©lancolique dĂ©crivant une Betty Boop passĂ©iste est touchĂ©e par la grâce !), Qui veut la peau de Roger Rabbit est un bijou de fĂ©erie fantaisiste. 
    Sans jamais surenchĂ©rir dans une esbroufe gratuite car au service d'un scĂ©nario retors, cet exploit technique insuffle son pouvoir sĂ©ducteur pour le respect accordĂ© Ă  ses icĂ´nes d'animation, alors que Roger Rabbit va imposer son statut d'Ă©toile montante de "Toon Reality" !  

    17.07.13. 3èx
    Bruno Matéï