mercredi 30 avril 2014

Predator

                                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site futurefantastique.com

de John McTiernan. 1987. U.S.A. 1h47. Avec Arnold Schwarzenegger, Carl Weathers, Elpidia Carrillo, Bill Duke, Jesse Ventura, Sonny Landham, Richard Chaves.

Sortie salles France: 19 Août 1987. U.S: 12 Juin 1987

FILMOGRAPHIE: John McTiernan est un rĂ©alisateur et producteur amĂ©ricain, nĂ© le 8 janvier 1951 Ă  Albany Ă  New-York. 1986: Nomads. 1987: Predator. 1988: Piège de Cristal. 1990: A la Poursuite d'Octobre Rouge. 1992: Medicine Man. 1993: Last Action Hero. 1995: Une JournĂ©e en Enfer. 1999: Le 13è Guerrier. 1999: Thomas Crown. 2002: Rollerball. 2003: Basic.


Remember, 1987, date Ă  marquer d'une pierre blanche. John McTiernan accomplissant avec Predator un vĂ©ritable coup de maĂ®tre pour son second long reconnu depuis comme un classique incontestĂ©. Sans doute inspirĂ© par Terreur Extra-terrestre de Greydon Clark, sĂ©rie B culte au pitch similaire avec le mĂŞme acteur du rĂ´le-titre), mais aussi de Wolfen de Michael Wadleigh (pour la vision thermique de la crĂ©ature), John Mc Tiernan opte pour le divertissement Ă  grand spectacle en y combinant film de guerre en vogue (Rambo, Commando, PortĂ©s Disparus) et science-fiction rubigineuse (les rĂ©fĂ©rentiels Alien et sa suite, X Tro). DĂ©marrant sur les chapeaux de roue avec la mission pĂ©rilleuse d'un commando parti rĂ©cupĂ©rer un Ă©minent otage en pleine cambrousse, Predator frappe d'emblĂ©e par l'ampleur de sa mise en scène dont l'impact des scènes homĂ©riques nous laisse dĂ©jĂ  le souffle coupĂ© ! Cette petite mise en bouche dĂ©jĂ  jouissive n'est rien comparĂ©e aux prochaines motivations prĂ©datrices d'un extra-terrestre fĂ©rue de trophĂ©es humains ! C'est donc ici une chasse Ă  l'homme singulière que nous relate le rĂ©alisateur par l'intermĂ©diaire d'un rapace redoutablement pernicieux car roi du camouflage et du plaisir de la traque !


Sur le papier, si le scĂ©nario peut s'avĂ©rer de prime abord risible et aurait sans doute sombrĂ© dans la gaudriole Z auprès d'un aimable tâcheron, John Mc Tiernan en extrait un opĂ©ra d'action et de violence au souffle primitif ! (voir l'incroyable point d'orgue au cours duquel s'affrontent sauvagement Dutch et le prĂ©dateur !). PortĂ© sur les Ă©paules de la montagne de muscles des annĂ©es 80, Arnold Schwarzenegger  en impose d'ailleurs autant de sa posture saillante pour faire face Ă  la stoĂŻcitĂ© de son adversaire. Conçu par Stan Winston, le monstre au look rasta pourvu de gadgets meurtriers s'avère si impressionnant qu'il est depuis entrĂ© dans la lĂ©gende du bestiaire fantastique afin d'Ă©galer le xĂ©nomorphe Alien ! Mais avant ce duel homĂ©rique restĂ© dans les annales par son ampleur formelle et sa fĂ©rocitĂ© explosive, John Mc Tiernan nous aura peaufinĂ© un redoutable survival lorsqu'une Ă©quipe d'Ă©lite se retrouve piĂ©gĂ©e par une prĂ©sence hostile en interne d'une jungle. Incroyablement photogĂ©nique, ce milieu forestier semble vĂ©ritablement se partager la vedette avec l'ennemi invisible tant le cinĂ©aste exploite Ă  merveille sa vĂ©gĂ©tation très dense oĂą la paranoĂŻa de l'homme est notamment rĂ©duite Ă  l'Ă©tat de soumission. Ce sentiment d'insĂ©curitĂ© permanent rĂ©gi au coeur de la flore demeure d'autant plus palpable par l'anxiĂ©tĂ© des protagonistes en perdition, sachant que le prĂ©dateur se fond facilement Ă  travers la vĂ©gĂ©tation Ă  l'aide d'une combinaison Ă©lectronique pour mieux les alpaguer.


VĂ©ritable leçon de mise en scène exploitant Ă  merveille l'immensitĂ© du dĂ©cor naturel et la convoitise d'une crĂ©ature protĂ©iforme infiniment ensorcelante et dĂ©moniale, Predator marque Ă©galement de son empreinte un duel au sommet gĂ©rĂ© entre le survivant et l'Ă©tranger, communĂ©ment Ă©pris de rage de vaincre afin d'y asseoir leur suprĂ©matie. Chef-d'oeuvre formel baignant dans une dimension mythologique quand bien mĂŞme la vigueur des combats et de la musique Ă©pique redoublent de fulgurance Ă©motionnelle, Predator est probablement l'un des plus grands films d'action gĂ©nialement combinĂ© Ă  une science-fiction horrifique en vogue qu'Alien(s) imprima de son empreinte liminaire. 

La Chronique de Predator 2: http://brunomatei.blogspot.fr/2016/08/predator-2.html

*Bruno
4èx


                                                 

    mardi 29 avril 2014

    Wolf Creek 2

                                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site kinostar.com

    de Greg McLean. 2013. Australie. 1h46. Avec John Jarratt, Ryan Corr, Shannon Ashlyn, Philippe Klaus, Gerard Kennedy, Annie Byron.

    Sortie salles France: Prochainement...

    FILMOGRAPHIE: Greg McLean est un réalisateur, scénariste et producteur australien.
    2005: Wolf Creek. 2007: Solitaire. 2014: Wolf Creek 2.

    Neuf ans sĂ©parent Wolf Creek de cette sĂ©quelle, et le moins qu'on puisse dire, c’est que l’attente en valait la chandelle. Non pas que je trĂ©pignais d’espĂ©rer une suite Ă  ce panthĂ©on de l’horreur qui se suffisait Ă  lui-mĂŞme, mais ma curiositĂ© a fini par l’emporter : Greg McLean allait-il relever le dĂ©fi sans cĂ©der aux sirènes du produit standardisĂ© ?

    Ça dĂ©bute fort, avec une sĂ©quence d'ouverture qui donne d’emblĂ©e le ton crapuleux : un duo de flics zĂ©lĂ©s s’en prend Ă  notre tueur australien lors d’un contrĂ´le de routine. Évidemment, les rapports de force s’aiguisent Ă  coups de rĂ©parties venimeuses, jusqu’Ă  vriller en vendetta criminelle et inverser les rĂ´les de domination. Ce prologue percutant, sans rĂ©pit ni Ă©chappatoire pour les victimes, rappelle la patte tranchante du rĂ©alisateur : des mises Ă  mort d’un rĂ©alisme cru, presque insupportable, ici spectaculaires.

    Alors qu’on craint de revoir un couple de touristes allemands sombrer dans le mĂŞme piège, McLean dĂ©vie la trajectoire : il introduit un nouveau pèlerin solitaire, tĂ©moin malgrĂ© lui. Dès lors, Ă  partir d’un canevas habilement construit - oscillant entre action nerveuse (un accrochage sur bitume rappelant Duel), retournements inopinĂ©s et apparitions Ă©phĂ©mères de personnages secondaires -, le cinĂ©aste reformule le survival du point de vue d’un seul et unique survivant.

    Avec une intensitĂ© croissante et un sens aigu du suspense Ă©prouvant, Wolf Creek 2 renoue avec l’horreur hardcore d’un rĂ©el trop proche, quand un serial killer plus vrai que nature impose sa loi. Et c’est avec un humour noir profondĂ©ment dĂ©rangeant que McLean relance la tension : son tueur sadique propose Ă  sa victime un dĂ©fi. Une sorte de Questions pour un champion sous acide - parodie sardonique, gravĂ©e dans les annales. Les confrontations psychologiques entre les deux antagonistes font grimper la tension, jusqu’Ă  cet instant absurde oĂą le survivant, Ă  bout de nerfs, tente dĂ©sespĂ©rĂ©ment d’empoigner un marteau... 

    Ă€ travers les recoins suintants de la tanière de l’ogre, vĂ©ritable charnier aux corps moribonds, McLean continue de jouer avec nos nerfs. Son sens brut de la terreur et son art du crescendo font de Wolf Creek 2 une Ă©preuve sensorielle - tendue, extrĂŞme, malsaine - aussi puissante, convaincante que son modèle. Il le doit Ă  la maĂ®trise de sa mise en scène plus prononcĂ©e, Ă  la photogĂ©nie hallucinĂ©e du dĂ©sert australien (magnifiquement baignĂ© d’horizons crĂ©pusculaires), et Ă  l’interprĂ©tation dĂ©sormais iconique de John Jarratt : visage goguenard, domination suintante, sadisme Ă©rigĂ© en rituel. Il crève l'Ă©cran jusqu'au trauma. 


    Peut-ĂŞtre encore plus terrifiant, terriblement Ă©prouvant, Wolf Creek 2 secoue sans anesthĂ©sie. Il Ă©vite l’Ă©cueil de la redite grâce Ă  un scĂ©nario espiègle, aiguisĂ©, sardonique, qui pousse sa victime Ă  l’extrĂŞme bord de l’humanitĂ©. Une suite qui fait largement honneur Ă  son modèle, toujours aussi oppressive, sans Ă©chappatoire, cependant plus dĂ©complexĂ©e dans sa dĂ©rision carnassière. On est d'ailleurs mĂŞme en droit de la prĂ©fĂ©rer. 

    — le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤

    27.07.25. 2èx. Vost

    lundi 28 avril 2014

    Les Tueurs de l'Eclipse / Bloody Birthday

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site avoir-alire.com

    de Ed Hunt. 1981. U.S.A. 1h24. Avec Susan Strasberg, José Ferrer, Lori Lethin, Melinda Cordell, Julie Brown, K.C. Martel, Elisabeth Hoy, Billy Jakoby

    Sortie salles France: 26 Mai 1982

    FILMOGRAPHIE: Ed Hunt est un réalisateur, scénariste et producteur américain, né à Los Angeles.
    1973: Pleasure Palace, 1974: Diary of a Sinner, 1976: Point of no return. 1977: L'Invasion des Soucoupes Volantes. 1979: Plague. 1981: Les Tueurs de l'Eclipse. 1986: Alien Warrior. 1988: The Brain.

    Hit vidĂ©o des annĂ©es 80 paru sous la bannière d’Hollywood Video, Les Tueurs de l’Éclipse est une savoureuse bande d’exploitation fauchĂ©e, aurĂ©olĂ©e d’un capital sympathie indĂ©niable grâce Ă  la succession d’exactions meurtrières perpĂ©trĂ©es par de simples bambins.

    Le pitch : trois enfants, sans lien de sang, naissent le mĂŞme jour, lors d’une Ă©clipse. Ă€ l’aube de leurs 10 ans, sans explication rationnelle, ils dĂ©clenchent une sĂ©rie d’incidents mortels dans leur petite bourgade. En reprenant le thème de l’enfant tueur, Ed Hunt ne s’encombre ni de psychologie ni de cohĂ©rence, prĂ©fĂ©rant illustrer frontalement les mĂ©faits de ses chères tĂŞtes blondes. Le scĂ©nario enchaĂ®ne sans rĂ©pit les stratĂ©gies criminelles qu’ils mettent en Ĺ“uvre pour se dĂ©barrasser de leur entourage.

    Avec sa rĂ©alisation classique, ses comĂ©diens avenants – parfois cabotins, parfois apathiques (mention spĂ©ciale Ă  Lori Lethin, dont le visage si timorĂ© semble incapable de trancher entre la joie et la dĂ©tresse lors des scènes dramatiques !) – et ses dialogues Ă©lĂ©mentaires, Les Tueurs de l’Éclipse aurait pu sombrer dans le nanar. Mais il est sauvĂ© in extremis par le charisme diabolique de ses trois marmots, Ă©tonnamment convaincants.

    Avec leurs bouilles faussement innocentes et leurs regards viciĂ©s, le trio fascine lorsqu’il s’adonne aux actes les plus crapuleux. Jouant sur l’efficacitĂ© de leurs exactions et le raffinement de leurs subterfuges (comme lors de la party d’anniversaire), le film insuffle un dynamisme rĂ©jouissant, et s’autorise mĂŞme une violence frontale : coup de pelle, batte de baseball, balle dans la tĂŞte, flèche dans l’Ĺ“il. D’autant plus percutante qu’elle est le fait d’enfants Ă  peine âgĂ©s de 10 ans, rivalisant d’inventivitĂ© sadique pour piĂ©ger leurs proies – skateboard piĂ©gĂ© sur une rampe d’escalier, flĂ©chette jaillissant d’un placard, arme factice remplacĂ©e par une vraie dans la ceinture d’un flic, frigo mortel dans une casse automobile...

    Entre deux exterminations, ils s’offrent aussi quelques parties de voyeurisme, comme ce regard glissĂ© dans un trou de placard lors du strip-tease d’une potiche. Quant au final haletant, Hunt fait monter la tension lors de la sĂ©questration d’une baby-sitter et de son petit frère, tous deux contraints de se rebeller contre cette autoritĂ© criminelle hors de contrĂ´le.

      
    "La farce rouge des écoliers".
    Bis dans l’âme, Ă  savourer Ă  chaque rĂ©vision, Les Tueurs de l’Éclipse est une farce macabre transcendĂ©e par son irrĂ©sistible charme bonnard. Grâce au charisme sardonique du trio infernal, Ă  la vigueur de son rythme fertile en sĂ©quences-chocs, ce plaisir coupable et innocent divertit avec gĂ©nĂ©rositĂ©, portĂ© par l’attachante maladresse d’un Ed Hunt manifestement animĂ© d’une sincère motivation. Un petit classique qui n’a rien perdu de son efficacitĂ©, et qui mĂ©rite haut la main sa place auprès des meilleurs films d’enfants meurtriers des glorieuses eighties. Sans prĂ©tention aucune.

    * Bruno
    5èx

    jeudi 24 avril 2014

    UN TUEUR DANS LA FOULE (Two Minute Warning)

                                                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Notrecinema.com

    de Larry Peerce. 1976. U.S.A. 1h55. Avec Charlton Heston, John Cassavetes, Martin Balsam, Beau Bridges, Marilyn Hassett, David Janssen, Jack Klugman.

    Sortie salles France: 12 Novembre 1976

    FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Larry Peerce est un réalisateur américain, né le 19 Avril 1930 dans le Bronw, New-York.
    1973: Les Noces de cendre. 1976: Un tueur dans la foule. 1987: Queenie (télé-film). 1989: Wired. 1995: Mensonges et trahison (télé-film). 1999: Abus de confiance.


    En pleine expansion du genre catastrophe, le rĂ©alisateur mĂ©connu Larry Peerce exploite le filon pour mettre en scène Un Tueur dans la foule. Le pitch s'avère toujours aussi limpide. Un tueur embusquĂ© sur le toit d'un stade se prĂ©pare Ă  commettre un carnage durant la retransmission d'un match de football. DĂ©nichĂ© par la police, le capitaine Peter Holly tente de l'apprĂ©hender parmi l'ingĂ©rence d'une brigade spĂ©ciale. Avec sa rĂ©union de stars notoires (Charlton Heston, Gena Rowlands, John Cassavetes, Martin BalsamBeau Bridges), Un Tueur dans la Foule n'Ă©chappe pas aux traditionnels clichĂ©s pour nous dĂ©crire les liaisons houleuses de couples amoureux. Le problème, c'est qu'une fois de plus, ces seconds rĂ´les de faire-valoir s'avèrent dĂ©nuĂ©s d'intĂ©rĂŞt pour leur accorder une quelconque empathie face Ă  leur souci d'argent ou d'infidĂ©litĂ©. C'est donc du cĂ´tĂ© des rĂ´les principaux, en particulier celui du capitaine Holly, incarnĂ© avec virilitĂ© par Charlton Heston, et celui du chef de la brigade spĂ©ciale, endossĂ© avec pragmatisme par John Cassavetes, qu'Un Tueur dans la foule rĂ©ussit Ă  gagner notre enthousiasme. A eux deux, ils forment un tandem plutĂ´t solide pour nous convaincre de leurs stratagèmes Ă  tenter d'alpaguer le tueur.


    Si le début du film démarre en trombe avec l'acte crapuleux d'un homicide, le tueur exterminant lâchement au hasard d'une route un cycliste lambda, la suite peine quelque peu à insuffler de l'attention pour la représentation des seconds-rôles que j'ai précédemment reproché. Qui plus est, dès que le réalisateur pénètre sa caméra en interne du stade pour s'attarder sur le jeu des footballeurs et sur l'étude sportive des commentateurs, l'ennui se fait un peu pesant en attendant les prochains méfaits du tueur. C'est avec l'arrivée musclée de la brigade spéciale qu'Un Tueur dans la Foule peut enfin démarrer et y insuffler une certaine dose de suspense dans la manière dont elle va pouvoir l'appréhender. Le plus important n'est donc pas de savoir quand le tueur va pouvoir frapper et quels innocents seront ciblés, mais plutôt de comprendre de quelle manière la brigade va bien pouvoir accéder au toit du stade afin de le déjouer. Car positionné sur un abri bétonné, en amont de l'affiche des résultats, le meurtrier a trouvé la planque idéale afin de se prémunir des balles et tirer facilement sur ses proies. Une tension sous-jacente nous est donc retransmise avec l'attitude assidue des services de police à daigner grimper sur le toit, quand bien même un spectateur de la foule va lui aussi apercevoir sa fameuse planque à l'aide de ses jumelles ! Bien évidemment, la dernière partie du film, beaucoup plus intense et surtout spectaculaire, emprunte la voie de la catastrophe pour illustrer les exactions du criminel tirant au hasard de la foule ! Outre la violence cinglante assénée sur les innocents, les mouvements de foule en panique s'avèrent aussi impressionnants que réalistes par l'effectif de figurants déployés et leur désespoir d'échapper aux balles ! Quand aux motivations réelles de l'individu en question, le réalisateur préfère les occulter pour laisser sous entendre la folie d'un sociopathe !


    Hormis ses longueurs, ses situations rebattues et sa rĂ©alisation routinière, Un Tueur dans la Foule est suffisamment haletant et violemment spectaculaire pour se laisser gagner par son caractère diablement ludique. La prĂ©sence solide des vĂ©tĂ©rans Charlton Heston et John Cassavetes ajoutent au charme vintage que le genre catastrophe marque de son empreinte en cette Ă©poque florissante des annĂ©es 70.  

    Bruno Matéï
    3èx

    mercredi 23 avril 2014

    Soldat Bleu / Soldier Blue

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Notrecinema.com

    de Ralph Nelson. 1970. U.S.A. 1h55. Avec Candice Bergen, Peter Strauss, Donald Pleasance, John Anderson, Jorge Rivero, Dana Elcar.

    Sortie salles: 23 Avril 1971

    FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Ralph Nelson est un réalisateur américain, né le 12 Août 1916 à New-York, décédé le 21 Décembre 1987 à Santa Monica. 1962: Requiem for a Heavyweight. 1965: Les Tueurs de San Francisco. 1966: La Bataille de la Vallée du Diable. 1968: Charly. 1970: Soldat Bleu. 1972: La Colère de Dieu. 1975: Le Vent de la Violence. 1976: Embryo. 1979: Christmas Lilies of the Field (télé-film).


    "Depuis l'aube de l'humanitĂ©, l'homme a Ă©crit son histoire dans le sang. Mais il a aussi prouvĂ© que l'Ă©tincelle divine existe en lui. Il y a dans l'âme humaine une part d'ombre qui date du jour ou CaĂŻn a tuĂ© son frère. La fin du film montre, sans la moindre hypocrisie, les horreurs d'un combat oĂą la folie sanguinaire triomphe de la raison. Les atrocitĂ©s ne sont pas commises seulement contre l'ennemi, mais aussi contre des innocents, des femmes et des enfants. Horreur suprĂŞme: tout cela a bel et bien eu lieu".  
     
    "Sous l’uniforme, la honte".
    Western mythique, rĂ©putĂ© pour sa subversion d’une violence insoutenable, Soldat Bleu Ă©branla une gĂ©nĂ©ration de cinĂ©philes Ă  l’orĂ©e des annĂ©es 70. Si, un an auparavant, Sam Peckinpah avait dĂ©jĂ  offert un coup de fouet au genre par le truchement d’une ultra-violence chorĂ©graphiĂ©e, Ralph Nelson pousse le curseur plus loin pour dĂ©noncer l’horreur brute d’un massacre historique : celui des Cheyennes, survenu le 29 novembre 1864.

    Ce jour-lĂ , une unitĂ© de cavalerie amĂ©ricaine — plus de 700 hommes — attaque un paisible village cheyenne Ă  Sand Creek, dans le Colorado. Les Indiens dĂ©ploient le drapeau amĂ©ricain et un drapeau blanc de reddition. MalgrĂ© cela, la charge est lancĂ©e, implacable. 500 morts, dont la moitiĂ© sont des femmes et des enfants. Scalps arrachĂ©s, corps dĂ©membrĂ©s, viols en sĂ©rie. Le gĂ©nĂ©ral Nelson A. Miles, chef d’Ă©tat-major de l’armĂ©e, dĂ©clarera que ce massacre fut "peut-ĂŞtre le crime le plus ignoble et le plus injuste de l’histoire des États-Unis".

    Ce bref monologue final, rĂ©cit brut dictĂ© Ă  la toute fin du film, vient sceller le rĂ©el, confirmer l’authenticitĂ© du gĂ©nocide indien orchestrĂ© par l’impĂ©rialisme ricain. 

    SegmentĂ© en deux mouvements bien distincts, le film s’attache d’abord Ă  explorer la relation houleuse d’un duo d’amants en discorde. Après une embuscade sanglante provoquĂ©e par les Indiens — coĂ»tant la vie Ă  21 soldats — Honus Gent, soldat bleu, timorĂ© et candide, croise le chemin de Cresta Lee, une AmĂ©ricaine jadis capturĂ©e par un chef indien et restĂ©e deux ans parmi les siens. LivrĂ©s Ă  eux-mĂŞmes, ils vont devoir survivre dans un dĂ©sert hostile et rejoindre coĂ»te que coĂ»te le fort voisin.

    Incarnés par Peter Strauss et Candice Bergen, leur complicité Ă  l’Ă©cran doit beaucoup au contraste savoureux de leurs esprits : lui disciplinĂ©, elle rebelle. Le clichĂ© de la blonde potiche est ici inversĂ© au profit d’une femme impudente, dĂ©terminĂ©e Ă  faire entendre à la jeune recrue que son armĂ©e est coupable de crimes barbares, d’intolĂ©rance, de racisme. On est donc loin des poncifs du western lyrique cher Ă  John Ford, avec ses gentils soldats dĂ©fendant la civilisation contre les "sauvages" destructeurs de scalps.

    Qui plus est, l’usage d’une partition classique aux accents triomphants nous laisse ici un goĂ»t amer, dissonant, face au rĂ©alisme frontal des affrontements. Ă€ travers des ressorts de comĂ©die et de romance, Ralph Nelson parvient Ă  nous attacher Ă  ces personnages, Ă  suivre leur Ă©volution humaine, cette lente domestication de l’autre par la survie partagĂ©e.

    Mais avec l’arrivĂ©e de la cavalerie, le ton bascule. Le vernis tombe. Et Soldat Bleu se fait tranchant, brutal, implacable. En un souffle, l’aventure tourne au cauchemar. Ce contraste saisissant imprimĂ© sur les vingt-cinq dernières minutes agit comme un Ă©lectrochoc. Le film nous colle au mur, dans une intensitĂ© dramatique oĂą colère, dĂ©goĂ»t, tristesse et malaise s’entrelacent jusqu’Ă  l’Ă©coeurement.

    Dans une violence crue, sans fard, Ralph Nelson filme l’horreur : dĂ©capitations, scalps, dĂ©membrements, viols, infanticides… Le spectateur endure cette fureur bestiale, impuissant, tĂ©moin d’une humanitĂ© absorbĂ©e par sa propre folie sadique. Ces sĂ©quences, innommables et inoubliables, hantent l’esprit longtemps après le gĂ©nĂ©rique. Elles marquent au fer rouge.  

     
    "Le sang des blés bleus".
    Soldat Bleu, c’est une rĂ©flexion sur la cruautĂ© de la vengeance, une mĂ©taphore de la guerre du Vietnam, un rĂ©quisitoire contre la haine et la barbarie. L’un des westerns les plus crus, les plus intègres, que le cinĂ©ma ait osĂ© perpĂ©trer.

    Et si, de prime abord, la romance pittoresque nous avait tant rĂ©confortĂ©s, l’horreur gratuite qui en brise la quiĂ©tude ne nous Ă©pargnera aucun repli.
    Inoubliable. Éprouvant. Avec le cœur meurtri.

    Public averti.

    * Bruno
    3èx


    mardi 22 avril 2014

    Cujo. Prix du Public, Fantasporto, 1987

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Devildead.com

    de Lewis Teague. 1983. U.S.A. 1h31. Avec Dee Wallace Stone, Danny Pintauro, Daniel Hugh Kelly, Christopher Stone, Ed Lauter, Kaiulani Lee.

    Sortie salles France: 10 Août 1983. U.S: 12 Août 1983

    FILMOGRAPHIE: Lewis Teague (né le 8 mars 1938 à Brooklyn, New-York, Etats-Unis) est un réalisateur, monteur, acteur et directeur de la photographie américain.
    1974: Dirty O'Neil. 1979: The Lady in red. 1980: L'Incroyable Alligator. 1982: Fighting Back. 1983: Cujo. 1985: Cat's Eye. 1985: Le Diamant du Nil. 1989: Collision Course. 1990: Navy Seals: les meilleurs. 1991: Wedlock.

     
    "Quand le monstre du placard bave au carreau".
    D'après le cĂ©lèbre roman de Stephen King, Cujo est portĂ© Ă  l’Ă©cran en 1983 par l’habile faiseur de sĂ©rie B Lewis Teague. Succès commercial en salles et en vidĂ©o, ce classique de tension horrifique reste d’une fulgurance intacte, quarante-deux ans après sa sortie.

    Pour rappel : Ă  la suite d’une panne d’essence, une mère et son jeune fils se retrouvent piĂ©gĂ©s dans leur voiture, Ă  la merci d’un Saint-Bernard rendu fou.
    De cette intrigue aussi simple qu’inattendue, Lewis Teague tire un modèle d’efficacitĂ©, jalonnĂ© de sĂ©quences d’agressions d’une maestria inouĂŻe, devenues anthologies de terreur pure. En resserrant peu Ă  peu l’Ă©tau autour d’une ferme isolĂ©e, puis de l’habitacle surchauffĂ© d’un vĂ©hicule immobilisĂ© en plein soleil, le rĂ©alisateur orchestre un huis clos suffocant : dehors, le monstre Ă  quatre pattes rĂ´de, prĂŞt Ă  bondir et dĂ©chiqueter tout espoir de fuite.
    Chaque assaut, chaque tentative du chien pour forcer l’habitacle, nous percute par son rĂ©alisme cru ; Ă  l’intĂ©rieur, mère et enfant improvisent une dĂ©fense dĂ©risoire, tremblante, dĂ©routĂ©e.

    Pour corser encore le cauchemar, le bambin suffoque, ses crises d’asthme Ă©pousant la fièvre de la fournaise. Lewis Teague joue nos nerfs jusqu’Ă  la corde, dilate l’attente, libère la fureur en fulgurances de chair et de crocs. On reste interdit devant la performance du Saint-Bernard : masse baveuse, Ĺ“il torve, fureur contagieuse, dĂ©clenchĂ©e au moindre son strident — comme ce tĂ©lĂ©phone dont la sonnerie prolongĂ©e dĂ©chire le silence pour mieux convoquer la bĂŞte. On se demande encore comment les dresseurs ont mis en scène ces pugilats bestiaux d’un rĂ©alisme si Ă©corchĂ©.

    DominĂ© par la prĂ©sence magnĂ©tique de Dee Wallace Stone — effondrĂ©e, Ă©puisĂ©e, mais inĂ©branlable — Cujo offre Ă  son hĂ©roĂŻne une terreur de tous les instants, qu’elle incarne avec une conviction presque douloureuse. Danny Pintauro, gamin terrifiĂ© jusqu’au sanglot, captive et Ă©meut tant son effroi semble jaillir du ventre. Sa vulnĂ©rabilitĂ© achève de transmuter ce Saint-Bernard en croquemitaine, en ogre vorace, en monstre du placard incarnĂ©. 

    Satire amère sur la cellule conjugale fissurĂ©e (adultère, maltraitance, abus flottent dans l’air de la première partie), parabole sardonique sur l’enfance et ses peurs enfouies, Cujo explose littĂ©ralement dans ses quarante dernières minutes, suite ininterrompue de morsures et de hurlements Ă  fleur de portière. Soutenu par une partition tantĂ´t oppressante, tantĂ´t furieusement tonitruante, par un jeu d’acteurs qui vit sa peur jusqu’au spasme, et par une mise en scène redoutable de tension, Cujo reste un cauchemar implacable : le plus grand film d’agression canine jamais tournĂ©, encore inĂ©galĂ© Ă  ce jour (avec, Ă  ses cĂ´tĂ©s, le bouleversant DressĂ© pour tuer).
    Un monstre ? Non. Une bĂŞte foudroyĂ©e par le destin — et nous avec.

    *Bruno
    28.04.25. 5èx. VOST. 1h34.

    Récompense: Prix du Public au Festival du film Fantastique de Fantasporto, en 1987.

    Le DVD de Cujo sorti chez nous car édité par Mad Movies n'était pas le montage intégral (1h25, et donc 1h29 en 1080p).
    En revanche le Blu-ray sorti chez nous chez Carlotta l'est (1h35).
    La morsure de Cujo par la chauve souris est plus longue et détaillée. Dans le dvd Mad, la morsure est coupée plus tôt, on voit moins le sang qui coule sur le museau. Dans le blu-ray on insiste plus sur la dégradation physique de Cujo . La 1ère attaque de Cujo avec l'acolyte du garagiste est plus sale et prolongée (beaucoup plus d'éclaboussures de sang). La mort du garagiste est plus gore (morsure au cou en gros plan). La séquence dans la voiture est plus longue et intense (cujo tape plus sur les vitres, transpiration prolongée des protagonistes). Quand Donna sort de la voiture, les morsures sont plus graphiques. Quand Donna poignarde Cujo, c'est plus sanglant (il saigne plus abondamment). Et enfin pour l'épilogue, Donna serre Tad contre elle de manière plus longue pour renforcer l'émotion qui se dégage et le côté tranquille (avant l'estocade).


    lundi 21 avril 2014

    La Mort au Large / L'Ultimo Squala

                                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site ayay.co.uk

    de Enzo G. Castellari. 1981. Italie. 1h28. Avec James Franciscus, Vic Morrow, Joshua Sinclair, Giancarlo Prete, Micaela Pignatelli.

    FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Enzo G. Castellari est un réalisateur, scénariste, acteur, monteur et producteur italien, né le 29 Juillet 1938 à Rome (Italie).
    1967: Je vais, je tire et je reviens. 1968: Django porte sa croix. 1968: 7 Winchester pour un massacre. 1968: Tuez les tous... et revenez seul ! 1973: Le Témoin à abattre. 1976: Keoma. 1977: Une Poignée de salopards. 1977: Action Immédiate. 1979: La Diablesse. 1979: Les Chasseurs de Monstres. 1981: La Mort au Large. 1982: Les Nouveaux Barbares. 1982: Les Guerriers du Bronx. 1983: Les Guerriers du Bronx 2. 1987: Striker. 1987: Hammerhead. 1997: Le Désert de Feu.


    Profitant du filon commercial des 2 premiers opus des Dents de la mer, Enzo G. Castellari nous rend ici sa copie Z dans la pure tradition du Bis transalpin. Car reprenant le même schéma narratif que ces modèles, La Mort au Large illustre à nouveau les vicissitudes de touristes d'une station balnéaire pris à parti avec un dangereux requin ! Et pas des moindres puisqu'aux dires du chasseur Ron Hamer, il s'agirait du plus gros poisson jamais aperçu durant toute sa carrière. Lui et l'écrivain Peter Brenton décident donc d'entreprendre une traque en mer afin d'éradiquer l'animal, et ce depuis que le maire eut refusé l'annulation des festivités d'un concours de voiliers.


    Avec ses personnages ultra caricaturaux blablatant leurs rĂ©pliques impayables dans une posture contractĂ©e, ses situations rebattues et son budget dĂ©risoire, la Mort au large ne peut compter que sur l'efficacitĂ© du montage et de l'action rĂ©currente pour stimuler le divertissement. Afin d'alpaguer le requin, c'est donc sur les stratĂ©gies de quelques protagonistes que le rĂ©alisateur compte focaliser son intrigue en l'Ă©maillant de morts spectaculaires. De manière autonome, ils vont donc parcourir la mer Ă  bord de leur bateau, quand bien mĂŞme le maire de la ville dĂ©cidera de le traquer en hĂ©licoptère ! Ce qui nous vaut un bel effet gore assez spectaculaire et plutĂ´t efficace dans son effet minimaliste (suspendu dans le vide car agrippĂ© au patin de l'hĂ©licoptère, l'homme se fera arracher les jambes par la mâchoire du squale !). Du cĂ´tĂ© des mĂ©dias, un journaliste vĂ©reux au plus près de l'affaire profite Ă©galement de l'Ă©vènement pour s'attirer la notoriĂ©tĂ© et en soudoyant un chasseur de requin un peu trop zĂ©lĂ© (lĂ  encore, l'agression du requin laisse en exergue une mort grand-guignolesque du plus bel effet). Afin d'y pallier ses moyens dĂ©risoires, Enzo G. Castellari utilise notamment le stock-shot traditionnel pour substituer les rares apparitions du faux requin, mais aussi la maquette pour certaines sĂ©quences aquatiques (comme celle du crash de l'hĂ©licoptère ou lors du final explosif).


    Avec l'attachante bonhomie de comĂ©diens de seconde zone au charisme viril (James Franciscus / Vic Morrow) et la fantaisie involontaire de situations de panique, La Mort au Large joue la carte de l'exploitation sous un format modeste de sĂ©rie B. A l'instar du savoir-faire rudimentaire de son auteur mais tout Ă  fait appliquĂ© Ă  rendre une copie Z des plus divertissantes. Ajouter Ă  cela un score entĂŞtant suscitant la menace et vous obtenez la dĂ©clinaison la plus ludique de Jaws. Un divertissement aujourd'hui notoire qui fit d'ailleurs de l'ombre au futur projet des Dents de la mer 3 puisque ayant dĂ©passĂ© ses recettes commerciales en terme d'entrĂ©es ! 

    *Bruno
    4èx


    vendredi 18 avril 2014

    BRAINDEAD (Dead Alive). Grand Prix Ă  Avoriaz, 1993.

                                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site kraders.wordpress.com

    de Peter Jackson. 1992. 1h44. Nouvelle Zélande. Avec Timothy Balme, Diana Penalver, Elizabeth Moody, Ian Watkin, Brenda Kendall.

    Sortie salles France: 27 Avril 1993

    FILMOGRAPHIE: Sir Peter Robert Jackson est un réalisateur, producteur et scénarise néo-zélandais, né le 31 Octobre 1961 à Pukerua Bay, North Island (Nouvelle-Zélande).
    1987: Bad Taste. 1989: Les Feebles. 1992: Braindead. 1994: Créatures Célestes. 1995: Forgotten Silver. 1996: Fantômes contre fantômes. 2001: Le Seigneur des Anneaux. 2002: Les Deux Tours. 2003: Le Retour du Roi. 2005: King-Kong. 2009: Lovely Bones. 2012: Le Hobbit: un voyage inattendu. 2013: Le Hobbit: la Désolation de Smaug. 2014: Le Hobbit: Histoire d'un aller et retour.


    RĂ©putĂ© comme le film le plus gore de tous les temps, Braindead se complaĂ®t toujours plus dans l'absurditĂ© avec une fougue et un sens de l'invention dĂ©bridĂ©s ! Après avoir Ă©tĂ© contaminĂ©e par un singe mutant ramenĂ© d'IndonĂ©sie, la mère de Lionel se transforme peu Ă  peu en zombie et finit par transmettre son virus Ă  d'autres habitants de la rĂ©gion. Souhaitant prĂ©server sa vie, Lionel la planque Ă  l'intĂ©rieur de sa cave parmi trois autres macchabĂ©es. Mais l'arrivĂ©e dĂ©sinvolte de son oncle et d'une ribambelle d'invitĂ©s vont semer la zizanie dans la maison quand ils vont tenter de se dĂ©fendre contre ces zombies dopĂ©s aux stimulants ! Puisant son inspiration dans les comĂ©dies burlesques du temps du muet (celles de Buster KeatonLaurel et Hardy ou encore Charlie Chaplin pour la romance impartie au couple de hĂ©ros) et des bobines trash dĂ©jantĂ©es des eighties (Evil-dead, RĂ©-animator, Street Trash, Frères de Sang, etc), Peter Jackson nous concocte un film hardgore nonsensique et semble avoir Ă©tĂ© dopĂ© aux amphĂ©tamines pour nous avoir conçu autant de situations incongrues (le repas du pudding entre invitĂ©s chez la mère de Lionel, le couple de zombies en coĂŻt procrĂ©ant un mort-nĂ© vivant, la balade en poussette de ce dernier dans le parc familier, le pasteur expert en karatĂ© pour dĂ©membrer les zombies du cimetière !). 


    RĂ©compensĂ© du dernier Grand Prix Ă  Avoriaz en 1993, Braindead peut se targuer d'ĂŞtre le mastodonte du gore dĂ©complexĂ© oĂą rire et action se disputent sans relâche. L'incroyable Ă©nergie qui se dĂ©gage de la mise en scène de Jackson (abus de cadrages obliques et de zooms grossiers afin d'accentuer son caractère grand-guignolesque !), l'extravagance des personnages erratiques et l'horreur dĂ©ployĂ©e Ă  grands renforts d'hectolitres de sang nous plongent dans un carnaval horrifique toujours plus frĂ©nĂ©tique. A l'instar de ces 35 dernières minutes, anthologie du carnage vomitif contrebalancĂ© par une dĂ©rision aussi morbide que pittoresque. Sur ce point, comment oublier le massacre commis Ă  la tondeuse Ă  gazon que Lionel exĂ©cute avec une dĂ©mesure infernale ! Et si aujourd'hui Braindead n'a rien perdu de sa vitalitĂ© dans son pouvoir rĂ©crĂ©atif, c'est notamment grâce Ă  l'habiletĂ© d'effets-spĂ©ciaux artisanaux bluffants de rĂ©alisme ! Certaines sĂ©quences compilĂ©es en temps rĂ©el s'avèrent d'ailleurs si impressionnantes qu'on se demande comment les techniciens ont pu rĂ©ussir Ă  entreprendre de tels prodiges dans leur souci du dĂ©tail gore !


    Le chant du cygne du gore Ă  l'ancienne
    Jouissivement gore et dĂ©lirant par son esprit cartoonesque, Braindead est le grand huit d'une horreur ricanante culminant son apogĂ©e dans une dernière orgie apocalyptique ! Le redĂ©couvrir 20 ans après sa sortie prouve Ă  quel point la mise en scène virtuose de l'insatiable Jackson Ă©tait en avance sur son temps et que l'ère du numĂ©rique n'a pas encore surpassĂ© cette bacchanale de tous les excès ! 

    Bruno Matéï
    3èx

    RĂ©compensesGrand prix, Prix des Effets SpĂ©ciaux, Prix de la Critique au Festival du film fantastique d'Avoriaz 1993 
    Meilleurs effets spĂ©ciaux au Festival international du film de Catalogne en 1992.
    Silver Scream Award au Festival du film fantastique d'Amsterdam 1993.
    Meilleur film et meilleurs effets spéciaux à Fantasporto, 1993.
    Meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur (Timothy Balme) et meilleur scénario aux New Zealand Film and TV Awards en 1993.


    jeudi 17 avril 2014

    Le Silence des Agneaux / The Silence of the Lambs. Oscar du Meilleur Film, 1992

                                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site sites.psu.edu

    de Jonathan Demme. 1991. U.S.A. 1h58. Avec Jodie Foster, Anthony Hopkins, Scott Glenn, Ted Levine, Anthony Heald, Diane Baker, Kasi Lemmons, Brooke Smith.

    Sortie salles France: 10 Avril 1991. U.S: 30 Janvier 1991

    FILMOGRAPHIE: Jonathan Demme est un rĂ©alisateur, producteur et scĂ©nariste amĂ©ricain, nĂ© le 22 FĂ©vrier 1944 Ă  Long Island. 1974: 5 Femmes Ă  abattre. 1975: Crazy Mama. 1976: Fighting Mad. 1977: Handle with Care. 1979: Meurtres en cascade. 1980: Melvin and Howard. 1984: Swing Shift. 1984: Stop Making Sense. 1986: Dangereuse sous tous rapports. 1987: Swimming to Cambodia. 1988: Famous all over Town. 1988: Veuve mais pas trop. 1991: Le Silence des Agneaux. 1992: Cousin Bobby. 1993: Philadelphia. 1995: Murder Incorporated. 1998: Beloved. 2002: La VĂ©ritĂ© sur Charlie. 2004: Un Crime dans la TĂŞte. 2008: Rachel se marie.


    Grand classique du thriller moderne au mĂŞme titre que son homologue Seven, Le Silence des Agneaux remporta tous les suffrages auprès de la critique et du public grâce en prioritĂ© Ă  la rigueur d'un scĂ©nario charpentĂ© et Ă  une confrontation psychologique en acmĂ©. CouronnĂ© de 5 oscars dont celui du meilleur film, Le Silence des Agneaux doit autant sa renommĂ©e grâce au duo improbable formĂ© par Jodie Foster et Anthony Hopkins. Si bien qu'une agent du FBI doit collaborer avec un dangereux tueur en sĂ©rie pour tenter d'en apprĂ©hender un autre lâchĂ© en pleine nature. Cet entretien psychologique qu'amorce Clarice Starling avec le Dr Hannibal Lecter laisse en exergue des confrontations d'une grande intensitĂ© Ă©motionnelle si bien que cet anthropophage se joue malin plaisir Ă  fouiller dans l'esprit torturĂ© de la jeune inspectrice. En Ă©change de prĂ©cieuses informations afin de localiser le tueur Buffalo Bill (Ted Levine est Ă©galement effrayant en tueur androgyne frustrĂ© par sa sexualitĂ© !), Clarice est donc contrainte de lui divulguer un traumatisant secret antĂ©rieur. Celui d'avoir Ă©tĂ© tĂ©moin d'hurlements d'agneaux abattus sous ses yeux lorsqu'elle fut enfant. Depuis, ces nuits sont rĂ©gulièrement hantĂ©es par ces plaintes moribondes, et donc le fait de tenter de retrouver vivante la dernière victime du tueur pourrait peut-ĂŞtre lui permettre de mettre un terme Ă  ces cauchemars nocturnes. 


    Ainsi, leur relation psychologique fondĂ©e sur la psychanalyse et la requĂŞte d'informations capitales finit donc par les rapprocher dans une confiance mutuelle teintĂ©e d'affection. C'est la une des grandes originalitĂ©s du rĂ©cit permettant d'entretenir un rapport Ă©quivoque entre l'intĂ©gritĂ© d'une inspectrice audacieuse et la manipulation d'un Ă©minent psychiatre d'une intelligence singulière mais tributaire de ses dĂ©mons. DominĂ© par la performance glaçante d'Anthony Hopkins (sa 1ère apparition reste dans toutes les mĂ©moires !), l'acteur se fond dans la peau du serial-killer de manière magnĂ©tique de par sa posture monolithique rehaussĂ©e d'un regard impassible figĂ© dans le vide. Il en Ă©mane une aura malsaine insaisissable par son esprit de persuasion et sa dĂ©mence anthropophage ! Avec fragilitĂ© humaine, Jodie Foster incarne une inspectrice en herbe perspicace et pugnace, Ă  l'instar de son franchissement au repère de Buffalo Bill (ce qui nous vaut un final terrifiant bâti sur la peur du noir !). En alternance, elle nous insuffle Ă©galement une Ă©motion anxiogène Ă©prouvante lorsqu'elle se laisse gagner par des souvenirs douloureux (la mort brutale de son père, la terreur des agneaux sur le point de trĂ©passer) et lorsqu'elle doit faire face Ă  sa survie de manière autonome (son fameux face Ă  face avec Buffalo). 


    "La plus grande rĂ©vĂ©lation est le silence" 
    A la fois bouleversant, tendu et terrifiant, Ă©prouvant, malsain et perturbant Ă  travers sa mise en scène sobrement documentĂ©e, Le Silence des Agneaux puise sa force dans sa dimension dramatique, dans l'intelligence du scĂ©nario ramifiĂ© et dans le pouvoir de suggestion imparti Ă  la psychanalyse et Ă  sa scĂ©nographie morbide (notamment cette dĂ©couverte d'un corps putrescent dans la morgue oĂą l'on extrait de sa bouche un cocon d'insecte). Enfin, l'oeuvre gĂ©nialement vĂ©nĂ©neuse n'aurait peut-ĂŞtre pas gagnĂ© son galon de pur chef-d'oeuvre sans la complicitĂ© incongrue du duo Starling/Lecter Ă  marquer d'une pierre blanche. Un couple sulfureux bâti sur le rapport d'influence et de considĂ©ration que Jodie Foster et Anthony Hopkins retransmettent avec une ambivalence infiniment trouble. Et ce jusqu'Ă  sa conclusion irrĂ©solue Ă  l'aura de souffre et au pouvoir Ă©motionnel terriblement dĂ©stabilisants. Du grand art pour le genre avec l'Ă©trange impression de dĂ©couvrir une oeuvre mutante Ă  chaque rĂ©vision (il faut d'ailleurs privilĂ©gier la VO pour son attrait vĂ©riste Ă  la limite du reportage).   

    *Bruno
    04.01.23. 5èx

    Récompenses: Oscar 1992 du Meilleur Film, Oscar du Meilleur Acteur (Anthony Hopkins), Oscar de la Meilleure Actrice (Jodie Foster), Oscar du Meilleur Réalisateur (Jonathan Demme), Oscar du Meilleur Scénario: Ted Tally.
    Prix Edgar-Allan-Poe du Meilleur Scénario, Ted Tally

      mercredi 16 avril 2014

      Seven

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Notrecinema.com

      de David Fincher. 1995. U.S.A. 2h07. Avec Brad Pitt, Morgan Freeman, Kevin Spacey, Gwyneth Paltrow, R. Lee Ermey, Richard Roundtree, John C. McGinley.

      Sortie salles France: 31 Janvier 1996. U.S: 22 Septembre 1995

      FILMOGRAPHIE: David Fincher est un réalisateur et producteur américain, né le 28 Août 1962 à Denver (Colorado). 1992: Alien 3. 1995: Seven. 1997: The Game. 1999: Fight Club. 2002: Panic Room. 2007: Zodiac. 2008: L'Etrange histoire de Benjamin Button. 2010: The Social Network. 2011: Millénium. 2014: Gone Girl.


      Ernest Hemingway a Ă©crit: "le monde est beau et vaut qu'on se batte pour lui". 
      La seconde partie, je suis d'accord.

      RĂ©fĂ©rence absolue du genre (avec son acolyte le Silence des Agneaux), Seven fut autant un succès commercial que critique lors de sa sortie. Et le revoir aujourd'hui prouve Ă  quel point David Fincher  entreprit avec son 2è long-mĂ©trage une oeuvre proche de la perfection, Ă  l'instar du travail mĂ©thodique accompli par John Doe, tueur inspirĂ© des 7 pĂŞchers capitaux. Jugez en ! A sept jours de la retraite, l'inspecteur Somerset est contraint de rĂ©soudre une affaire criminelle particulièrement difficile avec l'aide du jeune recru, David Mills. Ensemble, ils vont tenter de mettre la main sur l'un des tueurs les plus retors et machiavĂ©liques ayant comme seul ambition d'y parfaire son chef-d'oeuvre ! Thriller morbide d'une noirceur nihiliste, Seven rĂ©exploite l'investigation criminelle et la traque au serial-killer avec un goĂ»t prononcĂ© pour l'amertume. Tant par l'aigreur d'un flicard sclĂ©rosĂ©, fatiguĂ© d'avoir eu Ă  rĂ©gler des affaires sordides dans un monde gangrenĂ© par le pĂŞcher, que par l'Ă©thique amorale d'un criminel studieux entièrement soumis Ă  l'autoritĂ© de Dieu. De par son climat pluvieux inscrit dans la morositĂ©, David Fincher annonce la couleur blafarde d'une citĂ© urbaine entièrement soumise Ă  l'arrogance du tueur auquel deux inspecteurs sur le qui-vive redoubleront d'effort afin d'y dĂ©jouer son prochain homicide. Sans jamais verser dans une quelconque complaisance, Fincher joue entièrement la carte de la suggestion car nous ne verrons jamais de quelle manière explicite le tueur accomplit ses exactions.


      C'est dans la résultante du crime et dans la version des faits exposés que Seven laisse gambader notre imaginaire vers un abîme d'ignominies. Que ce soit le châtiment invoqué à la gourmandise (l'obèse mort étouffé par sa propre bouffe), à la paresse (la lente agonie d'un drogué avachi sur son lit 365 jours durant !), à l'orgueil (le visage d'une jolie femme lacérée au couteau) ou à la luxure (le jeu sexuel du godemiché perforant), les tortures infligées sur chacune des victimes nous sont remémorées avec force et détails par les témoins, médecins ou complices éventuels (tel celui contraint de collaborer au pêcher de la luxure !). Sans compter sur la sagacité de notre duo d'inspecteurs ! Outre la rigueur géométrique d'une mise en scène virtuose (la poursuite impromptue dans l'immeuble du tueur culminant vers le centre urbain), David Fincher élabore une montée en puissance du suspense qui atteindra son apogée lors d'un final apocalyptique. La tension graduelle dont John Doe sait faire preuve pour intimider les inspecteurs lors de son escorte en véhicule redouble d'acuité lorsque ce dernier osera leur avouer ses deux plus beaux méfaits. Cette dernière partie absolument anthologique (pour moi l'une des plus terrifiantes séquences de l'histoire du cinéma 20 minutes durant !) distille un tel climat de malaise que le Mal en personne semble y être le principal instigateur. On peut d'ailleurs établir une filiation avec l'aura malsaine d'une entité maléfique qui imprégnait la pellicule de Friedkin dans le fameux Exorciste. Notamment cette analogie entre l'inspecteur Somerset et le père Damien Karras puisque tous deux gagnés par une non-croyance. Qui plus est, le tueur venu de nulle part (John Doe est une fausse identité !) souhaite y laisser son empreinte et transmettre son rituel biblique à tous les dégénérés de la terre !


      "La peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine mène à la souffrance"
      Chef-d'oeuvre de suspense et de tension dĂ©voilant un regard sinistrĂ© sur la nature humaine, Seven demeure notamment un fabuleux numĂ©ro d'acteurs que Kevin Spacey monopolise avec autant de tranquillitĂ© apathique que de cynisme impassible ! Vertigineux jusqu'au malaise viscĂ©ral, on en sort littĂ©ralement ivre de traumatisme. 

      *Bruno 
      4èx. 20.12.24. Vostf.

      Récompenses:
      Meilleur film et meilleur scénario au festival Fantasporto,1996.
      Saturn Awards du meilleur scĂ©nario et du meilleur maquillage en 1996.
      MTV Movie Awards du meilleur film et du meilleur mĂ©chant (Kevin Spacey) en 1996.
      Hochi Film Award du meilleur film Ă©tranger en 1996.
      Empire Awards du meilleur film et du meilleur acteur (Morgan Freeman) en 1997.
      Prix du public du meilleur film Ă©tranger aux prix Sant Jordi du cinĂ©ma en 1997.
      Blue Ribbon Award du meilleur film Ă©tranger en 1996.

      mardi 15 avril 2014

      LAST DAYS OF SUMMER (Labor Day)

                                                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Notrecinema.com

      de Jason Reitman. U.S.A. 1h51. Avec Kate Winslet, Josh Brolin, Gattlin Griffith, Tobey Maguire, James Van Der Beek, Clark Gregg, Brooke Smith.

      Sortie salles France: 30 Avril 2014. U.S: 31 Janvier 2014

      FILMOGRAPHIE: Jason Reitman est un réalisateur, producteur et scénariste canadien, né le 19 Octobre 1977 à Montréal.
      2005: Thank You for Smoking. 2007: Juno. 2009: In the Air. 2011: Young Adult. 2013: Last days of Summer


      Cinéaste canadien révélé par Juno, In the Air et Young Adult, Jason Reitman n'en finit plus de nous surprendre avec son cinquième long-métrage adapté d'un best-seller de Joyce Maynard.
      Romance éperdue à la sensibilité prude, de par l'humanisme chétif de ses personnages, Last Days of summer relate la destinée amoureuse d'un couple en berne condamné à l'expectative. L'histoire d'amour impossible entre un évadé de prison et une jeune femme timorée, vivant recluse dans sa demeure parmi l'attention de son jeune fils. De prime abord, Jason Reitman s'attache à retranscrire la tendre relation qui unit cette mère et son enfant quand le père a démissionné de ses fonctions pour entreprendre une existence plus conforme à ses espérances. Taciturne et introvertie, car perturbée par un lourd passé, Adele ne croit plus en l'amour depuis son divorce jusqu'au jour où un étranger quelque peu menaçant décide de séjourner dans son foyer afin de fuir la police. Au fil leurs entretiens journaliers, Adele et le jeune Henry vont peu à peu se laisser attendrir par la bienséance de l'individu prodiguant confiance et respect d'autrui. Également tributaire d'un grave passé au secret inavouable, ce dernier finit par s'identifier à la fragilité sentencieuse de la jeune femme au point d'en tomber amoureux. De son côté, l'adolescent délaissé de sa mère commence à s'interroger sur les réelles motivations de l'inconnu, quand bien même sa mauvaise fréquentation avec une jeune adolescente va prolonger sa remise en question.


      Avec sa mise en scène Ă©purĂ©e Ă©ludĂ©e de fioriture, Jason Reitman filme cette romance Ă©lĂ©giaque de manière gracile, Ă  l'image de cette nature bucolique qui environne nos hĂ©ros. Outre la densitĂ© des enjeux incertains, l'intensitĂ© du rĂ©cit Ă©mane surtout de la sincĂ©ritĂ© des comĂ©diens que le cinĂ©aste filme avec maturitĂ© et refus de sentimentalisme. La manière limpide Ă  laquelle il nous conte son histoire dĂ©diĂ©e aux tourments nous implique dans une Ă©motion vulnĂ©rable qu'un suspense exponentiel va venir renforcer dans sa toute dernière partie. Sans chercher Ă  manipuler gratuitement les mĂ©canismes de la tension, Jason Reitman exacerbe en point d'orgue un dĂ©nouement des plus prĂ©caires dans son mode du thriller et sublime au passage une profonde histoire d'amour. En abordant les thèmes de la famille, de l'infidĂ©litĂ©, de la dĂ©mission parentale, SPOILER ! de l'erreur judiciaire, du deuil infantile FIN DU SPOILER et du fragile passage Ă  l'adolescence, Last Days of summer traite ses rĂ©flexions Ă  travers l'affliction d'amants dĂ©savouĂ©s d'un lourd passĂ© SPOILER ! mais auquel la patience finira par vaincre leur dĂ©veine FIN DU SPOILER. Du point de vue de la pubertĂ©, le personnage d'Henry observe cette nouvelle relation avec inquiĂ©tude et interrogation, avant de comprendre les sens de l'amitiĂ© et de l'Ă©quilibre familial bâtis sur la confiance, le respect, la tolĂ©rance et l'amour.


      "Il faut une infinie patience pour attendre toujours ce qui n'arrive jamais". 
      Admirablement dirigĂ© et servi par un trio de comĂ©diens d'une dignitĂ© humaine bouleversante, Last Days of summer rejette la sinistrose afin de renouer avec l'Ă©popĂ©e romanesque et dĂ©montre que le sentiment amoureux reste l'Ă©lĂ©ment le plus alĂ©atoire et cathartique de notre destinĂ©e. A vos mouchoirs mesdames !

      Bruno Matéï