
Strange Vomit Dolls
— Celui du coeur noir des images 🖤
mardi 21 juillet 2026
The Last Son: la Malédiction / Hideaways de Agnes Merlet. 2011. Irlande. 1h32.

lundi 20 juillet 2026
Trouble Every Day de Claire Denis. 2001. France/Allemagne/Japon. 1h41.
Vingt-cinq ans après sa sortie, redécouverte de Trouble Every Day, le film indépendant de Claire Denis, présenté hors compétition au Festival de Cannes en 2001 et qui fit alors couler beaucoup d'encre. À la revoyure, cette œuvre singulière me confirme qu'elle demeure un OVNI cinématographique. À la croisée du drame, de la romance et de l'horreur, Trouble Every Day est avant tout une drôle d'expérience: sensorielle, hypnotique, envoûtante.
Claire Denis y fait preuve d'une maîtrise étonnante (alors que je connais mal sa filmo), privilégiant une narration essentiellement visuelle. Ici, les images parlent donc davantage que les dialogues laconiques, conférant au récit une puissance de suggestion fascinante. La réalisatrice filme les corps en plan serré avec une sensualité trouble, s'attardant sur les étreintes, les peaux, les attouchements, les regards et les silences dans une démarche quasi tactile. Une approche qui n'est pas sans rappeler, dans un registre pourtant radicalement différent, la narration visuelle d'un Mad Max: Fury Road, où l'image devient le principal vecteur du récit.
Cette atmosphère ouatée et feutrée doit également énormément à la partition des Tindersticks. Portée par de somptueux arrangements de cordes, leur musique, à la fois mélancolique, fragile et obsédante, accompagne magnifiquement le film comme un écho permanent. Elle enveloppe chaque séquence d'une douceur quasi irréelle - en dépit de certaines violences sexuelles - et participe pleinement à cette sensation d'hypnose qui ne quitte jamais le spectateur.
Claire Denis s'entoure d'un trio d'acteurs particulièrement inspiré : Vincent Gallo, Tricia Vessey et Béatrice Dalle. Bien que cette dernière soit relativement peu présente à l'écran, elle marque et hante le récit. Sans jamais verser dans le cabotinage ou la complaisance, elle compose un personnage mutique, tragique, inquiétant et dérangeant. Deux séquences d'une violence extrême viennent d'ailleurs ponctuer le récit. Leur réalisme presque clinique et leur brutalité viscérale sont susceptibles d'éprouver même les amateurs d'horror show les plus aguerris.
Mais réduire Trouble Every Day à ces éclaboussures insalubres serait passer à côté de sa véritable nature. Claire Denis utilise l'anthropophagie comme la métaphore d'un désir amoureux et sexuel devenu pathologique, impossible à maîtriser. Shane Brown (Vincent Gallo) et Coré (Béatrice Dalle) sont prisonniers de pulsions irrépressibles qui condamnent toute possibilité d'aimer sans détruire. Tandis que Shane tente de préserver son mariage avec June (Tricia Vessey), Coré vit recluse sous la surveillance de son compagnon, le docteur Léo Semeneau, qui cherche désespérément un remède à cette mystérieuse affection.
Baignant dans un romantisme aussi désespéré que sulfureux, Trouble Every Day explore les thématiques du désir, des pulsions, de la dépendance affective, de la domination et de la soumission au sein du couple. Ici, la sexualité fusionne avec l'anthropophagie, comme si l'amour, poussé à son paroxysme, ne pouvait plus s'exprimer qu'à travers la dévoration de l'être aimé. Les protagonistes apparaissent alors comme des êtres meurtris, prisonniers d'une condition qui les condamne à transformer chacun de leurs élans amoureux en tragédie.
Le tout est sublimé par une mise en scène d'une élégance rare, où la douceur des images contraste constamment avec la cruauté de certaines séquences. Ce décalage permanent confère au film une force émotionnelle et sensorielle peu commune, tout en rappelant qu'il s'adresse à un public averti.
Ainsi, Trouble Every Day s'impose, à mes yeux, comme l'une des œuvres les plus audacieuses et les plus personnelles de Claire Denis. Beaucoup la considèrent d'ailleurs comme l'un de ses plus grands films, et je comprends désormais aisément pourquoi. Un film qui continue de hanter bien après le générique de fin et qui donne envie d'y revenir, malgré la rudesse de certaines scènes, tant il dégage un romantisme désespéré, une sensualité troublante et une mélancolie qui s'accrochent à nous.
Une œuvre singulière, dérangeante, profondément tourmentée et fiévreuse… et, assurément, un film inclassable à voir et à revoir.
Mutants de David Morley. 2005. France. 1h35.
David Morley signe une modeste série B horrifique qui transpire la sincérité et l'amour du genre. Je comprends d'autant mieux pourquoi Mad Movies l'avait tant défendu lors de sa sortie. Certes, son récit demeure relativement classique et sans grande surprise, mais le réalisateur parvient à insuffler une réelle efficacité à ce huis clos enneigé magnifiquement filmé dans les paysages de Haute-Savoie. Dès la première demi-heure, j'ai été séduit par son atmosphère particulièrement envoûtante grâce à une partition musicale mélancolique qui épouse parfaitement ce décor hivernal dévasté, où semblent suinter le danger, la putréfaction et la mort. La photo désaturée sublime ces paysages montagneux aussi photogéniques que dépaysants, renforçant encore davantage l'immersion dans ce film d'ambiance d'autant plus intimiste.
Face à eux se dressent des survivants aussi hostiles que désespérés, dont un duo d'antagonistes aussi violents que machistes, venant constamment ébranler leur quête. Les affrontements, d'une brutalité percutante, rappellent inévitablement 28 jours plus tard. Entre maquillages franchement convaincants, montage dynamique et attaques d'une férocité permanente, Mutants délivre un spectacle tendu, haletant et gore en diable. Les gerbes de sang, les corps mutilés et la violence omniprésente participent pleinement à cette ambiance sale, sombre et désemparée.
C'est bien connu, certains films ont simplement besoin d'une seconde - voire même d'une troisième - chance pour révéler toutes leurs qualités. A condition aussi de changer de regard pour que les choses puissent changer et s'ouvrir à nous. Mutants en fait désormais partie.
jeudi 16 juillet 2026
La Castagne / Slap Shot de George Roy Hill. 1977. U.S.A. 2h03.
Révision hier soir de La Castagne, réalisé en 1977 par George Roy Hill. Un film que j'avais découvert ado sur Canal+ un Mercredi soir, et qui m'avait alors profondément marqué par son côté jubilatoire et totalement assumé dans sa manière décalée de traiter le hockey sur glace, avec en tête d'affiche le monstre sacré Paul Newman (tout juste âgé de 52 ans) et une galerie de seconds rôles aussi décomplexés qu'attachants.
À la revoyure, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir une œuvre bien plus profonde, intelligente, authentique et réaliste que dans mes souvenirs. Derrière ses bagarres homériques et son humour cocasse, La Castagne raconte avant tout les derniers soubresauts d'une petite ville américaine frappée de plein fouet par le déclin économique. L'équipe de hockey locale devient alors le dernier espoir d'une population qui refuse de s'effacer. Reggie Dunlop, entraîneur-joueur proche de la retraite mais qui refuse de raccrocher, va comprendre alors que le public se passionne désormais davantage pour les affrontements que pour le sport lui-même, et n'hésitera pas à exploiter cette fascination pour tenter de sauver son équipe.
Ce qui m'a également frappé, c'est le temps que George Roy Hill accorde à planter son univers industriel et à faire vivre ses personnages pour mieux nous attacher à eux au fil de leurs conquêtes personnelles. Aujourd'hui, rares sont les films qui prennent autant le temps de respirer. Ici, chaque protagoniste existe pleinement, avec ses qualités, ses failles, ses espoirs et ses blessures, sans fard. Cette patience narrative confère au film une profondeur psychologique et une émotion d'autant plus touchantes qui fait toute sa grandeur.
Et puis il y a cette atmosphère si particulière, symptomatique des années 70. À travers le regard que porte George Roy Hill sur ses personnages, j'ai eu le sentiment de replonger dans une époque qui m'a paru plus simple, plus chaleureuse, plus civilisé, plus sensible car profondément humaine. Malgré la crise sociale qui pèse sur la ville, les relations entre les personnages semblent plus sincères, plus spontanées, plus innocentes. Sans idéaliser les années 70 (et Dieu sait si je sacralise cette décennie cinématographique), cette sensation de bien être m'a profondément touché et m'a rappelé combien notre époque actuelle me paraît souvent plus brutale, liberticide et individualiste.
Or, l'une des grandes qualités du film réside également dans son réalisme. Aussi extravagantes que puissent paraître certaines scènes, plusieurs d'entre elles s'inspirent de faits authentiques. Ainsi, cette séquence où un spectateur lance une clé au visage d'un joueur avant que la situation ne dégénère dans les tribunes est directement inspirée d'un véritable incident survenu lors d'un match au Canada, comme l'explique la journaliste sportive Sophie Serdini dans un passionnant entretien proposé parmi les suppléments du Blu-ray Elephant Films que j'ai pu voir après la projo. Une preuve supplémentaire que la réalité dépassait parfois la fiction. C'est d'ailleurs précisément lors des années 70 - selon les dires de Sophie - au Canada que le Hockey sur glace put s'implanter et accéder à une immense popularité (c'est même devenu une religion chez eux) en faisant preuve d'un culte de la violence commun de la part du public et des joueurs lors des matchs de compétition.
Et donc, sous ses allures de comédie populaire, La Castagne en souligne une réflexion étonnamment lucide sur la fascination qu'exerce la violence dans le sport, à l'instar du chef-d'oeuvre dans toutes les mémoires: Rollerball. Plus les affrontements deviennent spectaculaires et ingérables, plus le public en liesse en redemande. George Roy Hill observe cette dérive de masse avec beaucoup d'humour, sans jamais perdre de vue l'humanité de ses personnages unis par l'esprit de camaraderie et l'amour de leurs compagnes.
Le réalisateur n'oublie donc pas les relations sentimentales qui unissent ou déchirent ses protagonistes. Les déboires amoureux de Reggie, comme ceux d'un des joueurs, sont traités sans émotions programmées. Car jamais le film ne sombre dans le mélodrame ou la facilité des bons sentiments. Pourquoi ? Parce que son émotion demeure pudique, sincère et noble. Mais surtout, on sent que George Roy Hill éprouve de la tendresse pour cette galerie de personnages cabossés, solidaires et profondément attachants.
Considéré par beaucoup comme le plus grand film consacré au hockey sur glace, La Castagne n'a assurément pas usurpé sa réputation. Avec ses 841 770 entrées en France, il demeure effectivement l'une des plus grandes réussites du cinéma sportif.
Près de cinquante ans après sa sortie, cette géniale comédie bonnard n'a rien perdu de sa fougue expansive, de son intelligence ni de sa générosité. Derrière ses bagarres mémorables en mode "Laurel et Hardy" et son humour pittoresque, George Roy Hill signe une chronique sociale d'une réelle finesse et une réflexion toujours actuelle sur le spectacle de la violence qu'on a coutume de s'extasier. Immense film au demeurant, alors qu'au descriptif du Blu-ray édité par Elephant on parle plutôt de "chef-d'oeuvre" du film de Hockey. Rien que ça.
P.S: parait que la version québécoise est à mourir de rire.
mercredi 15 juillet 2026
Bachrooms de Kane Parsons. 2026. U.S.A. 1h50.
lundi 13 juillet 2026
Adoration de Fabrice du Welz. 2019. France/Belgique. 1h38.
samedi 11 juillet 2026
Evil Dead Burn de Sébastien Vaniček. 2026. 1h48. U.S.A.
Le Réveil de la Momie / The Mummy de Lee Cronin. 2026. U.S.A. 2h13.
Sous ce nouveau regard, j'ai découvert un métrage bien plus efficace que dans mon souvenir, porté par un casting convaincant, qu'il s'agisse des parents (alors que j'avais eu un vrai problème d'identification pour le personnage du père endossé par Jack Reynor) ou de la jeune fille possédée par cette entité ancestrale.
Mais surtout, à mon sens, ce qui rend Le Réveil de la momie aussi distrayant qu'intéressant réside dans son audace à injecter des scènes de violence gore à la fois sales et cruelles. D'autant plus que, par moments, le film n'hésite pas à prendre des enfants pour cibles. Et là, c'est plutôt couillu, voire presque déviant tant certaines séquences surprennent par leur cruauté graphique (notamment cette liturgie sectaire tournée en camescope lors du transfert de Katie).
Après nous avoir déjà bien amusés avec Evil Dead Rise, Lee Cronin signe une nouvelle série B dénuée de prétention, mais tout aussi divertissante et malsaine dans son attrait pour un gore particulièrement insalubre, pour le plus grand bonheur des amateurs d'hémoglobine qui tâche et laissent des traces sur leur tee-shirt. Son aspect visuel s'avère en outre relativement soigné, jouant sur des teintes claires, jaune orangé et solaires qui confèrent un bel exotisme aux paysages désertiques égyptiens comme aux rues du Caire.
Mais ce qui renforce encore le capital sympathie du film émane du charisme patibulaire de la momie, ici incarnée par une adolescente. Un choix audacieux, original et surprenant, d'autant que Nathalie Grace se montre tout à fait convaincante, impressionnante et parfois même terrifiante. Sa rapacité, sa cruauté et son sadisme, avec lesquels elle propage la mort autour d'elle, témoignent d'un véritable art de la perversité sournoise.
Ainsi, Le Réveil de la momie s'impose comme un bon divertissement horrifique, relativement soigné et bien interprété. L'intensité dramatique est d'ailleurs parfois mise en valeur par le désarroi de parents totalement impuissants face à la dégénérescence morale de leur enfant, toujours plus diabolique.
Mais on retiendra surtout, à travers cette production Blumhouse, des effets gores d'une redoutable méchanceté ainsi que le charisme à la fois hostile et troublant de la momie incarnée par Nathalie Grace, étonnamment crédible en créature démoniaque. Lee Cronin parvient en effet à conjuguer avec une certaine originalité le thème de la possession démoniaque à celui de la momie, sans jamais déséquilibrer son récit. Cet équilibre renforce les qualités de ce sympathique métrage, solidement mené sur le plan narratif. Et même si l'ensemble peut parfois sembler réchauffé pour ceux et celles connaissant par coeur le schéma narratif du mythe de la momie, on adhère volontiers à cette histoire de malédiction ancestrale que des parents tentent de déjouer par amour pour leur fille. D'autant plus que l'humour sardonique est omniprésent durant tout le stratagème criminel de leur rejeton.
vendredi 10 juillet 2026
La Petite maison dans la Prairie / Little House on the Prairie créé par Rebecca Sonnenshine. 2026. U.S.A. Saison 1 / 8 épisodes.
À tel point que j'ai dégusté avec parcimonie les sept premières saisons avec un plaisir toujours aussi égal, même si j'avoue avoir trouvé les 3 dernières saisons moins passionnantes lorsque Laura devient adulte et se marie pour fonder une famille. Aujourd'hui, je voue une profonde affection à la série de Michael Landon (et à lui même, il est le coeur qui bat de la série) au point de la revoir fréquemment car je me sens bien avec elle, au cœur d'une époque révolue que je ne connaîtrai jamais. Une série culte transgénérationnelle, intelligente et didactique (socialement parlant), bien moins sirupeuse que sa réputation ne le laisse croire, en dépit de cette déferlante populaire qui ne s'est jamais éteinte (TF1, M6, 6ter et Téva en sont les preuves médiatiques).
Scary Stories / Scary Stories to Tell in the Dark de André Ovredal. 2019. U.S.A. 1h48.
Scary Stories ne déroge pas à la règle de la modeste réussite dans sa tentative de nous proposer un teen movie horrifique, inspiré de la série de livres d'Alvin Schwartz. D'abord conçu pour séduire les adolescents, le film n'oublie heureusement (et à ma surprise !) jamais les adultes grâce à un premier quart d'heure volontairement classique (la visite d'une demeure hantée), nécessaire à la mise en place des personnages et de leur environnement, avant d'opérer une rupture de ton aussi dramatique qu'horrifique où le réalisme de plusieurs séquences choc finit par nous surprendre durablement.
L'une des plus grandes réussites du film réside dans l'originalité et le design de ses créatures fantastiques, à la fois inquiétantes, fascinantes et terrifiantes, tant elles semblent relever de l'inédit. La patte de Guillermo del Toro, coproducteur et coscénariste, n'est d'ailleurs probablement pas étrangère à cette recherche esthétique d'un onirisme macabre dont chaque apparition laisse une empreinte durable.
Et c'est bien là la grande force de cet aimable divertissement, toujours plus attachant et efficace au fil de son évolution narrative. Une sorte de Stranger Things plus posé, moins tape-à-l'œil et moins stéréotypé, qui privilégie une progression dramatique alerte, palpitante et psychologique à travers le parcours poignant de la jeune Stella, bien décidée à rétablir la vérité autour de Sarah Bellows, victime des mensonges et de la cruauté de sa propre famille. Une cruelle tragédie d'hantise maudite qui gagne en force lors de ce final à la fois poétique et émouvant sans céder aux bons sentiments lacrymaux.
L'idée de ce livre qui écrit sur papier en direct pour retranscrire les pires angoisses de nos jeunes héros avant de les matérialiser dans leur quotidien est aussi judicieuse que fascinante lorsque leurs démons les plus intimes viennent les tourmenter au gré de séquences percutantes, magnifiquement mises en scène dans le seul désir de nous faire croire à l'improbable.
Baignant dans une superbe photo Scope aux teintes automnales, au cœur d'une bourgade ricaine de la fin des années 60 digne de l'univers de Stephen King, Scary Stories convainc sans peine que des héros en culotte courte puissent investiguer et s'opposer à un Mal insidieux sans jamais sombrer dans le zèle ou les effets de manche. Toujours plus captivant au gré de confrontations sporadiques où chaque apparition fantastique fait l'effet d'un électrochoc horrifique - l'épouvantail, les araignées, le zombie démembré ou encore l'inoubliable Femme Pâle dans les couloirs de l'hôpital -, le film parvient à réconcilier les spectateurs adolescents comme les adultes grâce à son amour indéfectible du genre, qu'André Øvredal imprime à chacun de ses projets avec autant de savoir-faire que d'attachante maladresse lorsque l'ambition dépasse parfois les résultats.
Derrière sa métaphore de la peur, du mensonge et des traumatismes engendrés par la guerre du Vietnam, Scary Stories s'impose donc comme l'une des plus belles réussites d'André Øvredal, aux côtés de Troll Hunter, du sous-estimé Le Dernier Voyage du Demeter, et de l'excellent The Autopsy of Jane Doe.
































