(Crédit photo : image trouvée via google, provenant du site imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
Hier soir, découverte du fameux L'Abandon de Vincent Garenq. Et il s'agit effectivement d'un film choc, à la fois éprouvant, intense, glaçant et terrifiant. Si bien que j'ai été particulièrement surpris par l'attention portée par le réalisateur à construire son récit de manière extrêmement limpide, puisqu'il va droit à l'essentiel pour dépeindre les derniers jours de Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie assassiné et décapité à la sortie de son collège par un terroriste tchétchène.
Et donc, ce qui frappe lorsqu'on se laisse voguer par L'Abandon, c'est son réalisme scrupuleux et la puissance expressive de ses interprètes, tant les jeunes comédiens que les adultes, tous d'une grande sobriété. Si bien que je me suis surpris, durant tout le film, à parler à certains protagonistes, tant j'oubliais que j'étais face à un film et tant je me sentais révolté par les propos de certains d'entre eux, notamment les plus lâches et les plus mensongers.
Et donc, ce qui frappe lorsqu'on se laisse voguer par L'Abandon, c'est son réalisme scrupuleux et la puissance expressive de ses interprètes, tant les jeunes comédiens que les adultes, tous d'une grande sobriété. Si bien que je me suis surpris, durant tout le film, à parler à certains protagonistes, tant j'oubliais que j'étais face à un film et tant je me sentais révolté par les propos de certains d'entre eux, notamment les plus lâches et les plus mensongers.
Car le film traite également de la manière dont un mensonge diffusé sur les réseaux sociaux peut aboutir à la mort d'un innocent, à travers la thématique du poison de l'islamisme radical.
L'Abandon est d'autant plus passionnant qu'il est moralement éprouvant de témoigner, de manière impuissante, du désarroi progressif d'un professeur d'histoire-géographie qui s'est donné corps et âme à inculquer à ses élèves les bonnes valeurs et la pédagogie. On assiste alors, quasi impuissants, à sa détresse lorsqu'il tente d'exprimer sa bonne volonté, son bon sens, sa bienveillance et surtout sa clairvoyance, lui qui cherche à respecter toutes les religions, tandis que certains parviennent à déformer ses propos et à diffuser sur les réseaux sociaux une parole biaisée, un témoignage mensonger qui mènera finalement à son propre assassinat.
L'Abandon est d'autant plus puissant psychologiquement et bouleversant émotionnellement qu'il est remarquablement mis en scène avec tact. J'ai notamment été surpris par le soin apporté à sa photographie, en parfaite adéquation avec le sujet du récit : une image presque clinique, extrêmement soignée et particulièrement bien éclairée, qui forme un contraste saisissant avec les visages et les expressions des élèves et des professeurs complètement démunis et angoissés, à mesure que cette affaire prend une tournure médiatique disproportionnée.
À travers L'Abandon, on remarque également la lâcheté de certains professeurs décidés à se désolidariser de Samuel Paty depuis qu'il aurait osé écarter de sa classe des élèves musulmans lors d'un cours consacré aux caricatures de Mahomet par Charlie Hebdo afin de débattre sur la liberté d'expression. Alors que la vérité est évidemment toute autre : Samuel Paty avait au contraire pris soin de respecter les sensibilités religieuses de ses élèves en leur proposant un choix, comme nous l'illustre si bien, en temps réel, le film avec beaucoup de justesse et de dimensions humaines.
Et lorsque le générique défile, on se sent à la fois bouleversé et révolté par cet hallucinant récit, cet événement d'une barbarie sans nom, que Vincent Garenq traite avec intelligence, pudeur et respect quant à la fidélité de l'histoire véritable.
Tout est ici retracé avec fluidité, clarté et vérité, notamment pour rendre hommage à Samuel Paty, ce professeur d'histoire-géographie profondément investi dans son métier, extrêmement attentif et respectueux envers ses élèves, se vouant corps et âme à leur transmettre les leçons de la vie, de l'histoire, de la politique et de la société.
Et donc L'Abandon est évidemment une oeuvre d'utilité publique, indispensable, qui devrait être diffusé dans toutes les écoles, collèges et lycées de France, et même ailleurs, tant pour respecter la noble personnalité altruiste de Samuel Paty que pour rappeler les ravages de l'intégrisme religieux le plus vil et le plus sournois qui gangrène nos sociétés modernes.
— Celui du cœur noir des images 🖤

































