Au fil du récit, nous apprenons que cet écrivain demeure profondément marqué par la disparition tragique de sa mère. Dès lors, son séjour dans l'établissement prend une tournure de plus en plus étrange lorsqu'il se lance sur les traces d'un personnage mystérieusement disparu, dont je tairai le nom afin de ne rien spoiler. Ce périple le confronte alors à une série de phénomènes surnaturels, notamment liés à la possible existence d'une sorcière dont l'ombre semble planer sur les sous-sols de l'hôtel.
Ce qui force le respect dans Hokum, c'est que Damian McCarthy ne prend jamais son spectateur pour un imbécile, encore moins pour un adolescent décérébré. Son récit, solidement structuré, repose autant sur l'exploration psychologique de son héros que sur un suspense horrifique savamment distillé. Jouant avec la suggestion, le silence, le hors-champ et quelques effets de surprise disséminés en arrière-plan, le réalisateur instaure une tension diffuse qui ne cesse de gagner en intensité. Et le résultat fonctionne admirablement puisque l'on est embarqué dans une enquête à la fois policière et surnaturelle sans pouvoir lâcher prise.
Ainsi, à travers les thématiques du deuil et de l'incapacité à l'accepter pleinement, de l'alcoolisme dont souffre le héros, de la culpabilité, de la rédemption et surtout de l'expiation, qui altèrent notre rapport à nous-mêmes et aux autres, Hokum impose un formidable suspense horrifique où des personnages volontairement ambigus nous interrogent constamment sur leurs véritables intentions. Interprétés avec une grande sobriété et sans la moindre outrance, ils participent à instaurer une atmosphère de méfiance permanente qui nourrit cette tension anxiogène, cette inquiétude permanente, cette angoisse parfois terrifiante.
En s'appuyant sur la figure mythologique de la sorcière, héritée des contes populaires et des grands classiques de l'épouvante que nous connaissons tous, Damian McCarthy construit un récit particulièrement habile qui entretient jusqu'au bout le doute quant à la véritable existence de cette présence maléfique. Le cinéaste joue ainsi avec les attentes du spectateur sans jamais lui offrir de réponses trop faciles.
Confiné dans les sous-sols de l'hôtel, l'écrivain O'Malley Bowman s'efforce non seulement d'élucider la mystérieuse disparition d'un pensionnaire, mais également d'affronter les blessures d'un passé marqué par la mort tragique de sa mère. C'est d'ailleurs ce qui permet à Hokum de ne jamais se limiter à un seul composant horrifique. Le film déploie une véritable dimension émotionnelle qui contribue à élever le genre vers une forme de maturité que les productions de cette catégorie ont tant besoin.
Tout en captivant son public, Damian McCarthy fait preuve d'ingéniosité dans l'exploitation de son micro-budget. Les recoins, corridors et sous-sols de l'hôtel deviennent les pièces maîtresses d'un véritable labyrinthe mental, sublimé par une photographie aux teintes sépia assez magnétiques pour nous séduire. Le réalisateur transforme ainsi chaque espace en source potentielle d'inquiétude et de danger, nous plongeant dans une expérience à la fois trouble, oppressante et fascinante.
Pour tous les amateurs d'horreur adulte, je vous recommande donc de découvrir ce petit métrage truffé d'astuces, d'intelligence et de qualités chères au genre que nous chérissons tous. Car Damian McCarthy nous offre un excellent moment d'angoisse où les genres nobles de l'horreur (ici, la plus souvent suggérée) et du drame psychologique se confondent à l'unisson, au service d'un récit aussi fort que finalement émouvant. A l'instar de cette ultime étreinte, sans repère spatial, qui ne laissera personne indifférent.


































