Redécouvrir aujourd’hui, en 2026, et pour la troisième fois Les Sous-doués en vacances, alors qu’à l’époque j’avais fait grise mine - écrasé par la comparaison avec son cultissime aîné, d’une hilarité en roue libre et inépuisable - relève presque du miracle.
Car aussi improbable que cela puisse paraître, et grâce à l’appui bienveillant d’un ami cinéphile qui m’a poussé à lui offrir une nouvelle chance, j’ai vécu un moment de détente si fun, décomplexé et gratifiant qu’il frôle l’irrationnel. Pourquoi un sentiment aussi trouble ? Parce que je me suis retrouvé projeté, à cœur ouvert, dans les années 80 les plus estivales.
Celles de l’innocence et de l’épanouissement, de la drague lourdingue et de la flânerie, de l’odeur de crème solaire, des skis nautiques et des thés glacés, des rires idiots, des vannes en dessous de la ceinture et des bains de soleil. Un flot de sensations qui m’a ramené à mon adolescence, à travers des réminiscences intimes aussi conviviales que la bande de Bébel - incarné par Daniel Auteuil, qui crève l’écran par son naturel grotesque - partis en villégiature à Saint-Tropez pour tenter de récupérer sa nouvelle amie Claudine (Grace De Capitani, délicieuse de candeur, toute en douceur d’âme et en éclats d’yeux azur), prise dans les filets du chanteur Paul Memphis, interprété par Guy Marchand, jubilatoire en machiste égrillard à l’effronterie sans égale.
Ainsi, si la plupart des gags relèvent d’une connerie insensée - parfois carrément débile - le film me paraît aujourd’hui infiniment plus amusant, drôle et charmant, parce que cette époque insouciante n’existe plus. Les années 80 à l’écran ne sont plus un décor d'artifice: elles deviennent une sensation. Les corps, les couleurs, les regards retrouvés de nos acteurs d'antan, leurs expressions risibles et enfantines, cette innocence un peu bête mais jamais méchante.
Tout dans Les Sous-doués en vacances transpire la bonne humeur, l’insolence amusée, la liberté tranquille, le plaisir de se taquiner et de se chamailler à travers des pitreries aussi grotesques que volontairement ridicules. Ce qui, à l’époque, n’avait pas fonctionné chez moi - alors même que je m’étais déplacé en salles, c’est dire à quel point je vénérais le premier opus - fonctionne ici à plein tube, nostalgie aidant.
Qu’on critique ou non cette suite moins reconnue, à nouveau menée par Claude Zidi dans une générosité débridée, le film m’apparaît aujourd’hui comme un vrai classique de la comédie populaire, plus amusant et plus charmant encore, précisément parce que cette époque révolue a laissé place, ailleurs, au cynisme et à la cupidité.
Plaisir innocent, grotesque et souvent ridicule, Les Sous-doués en vacances provoque rires et sourires par l’énormité même de ses gags décérébrés. Le film ne s'adresse pas à ton cerveau, mais au coeur et à la mémoire… et l’on quitte l’écran avec ce petit pincement, le sentiment cruel que tout cela n’existe plus nulle part ailleurs que dans nos souvenirs.
Info (Wiki): Dans son enquête de septembre 2014 concernant les meilleures audiences des films en prime time depuis 1989 lors de leur diffusion à la télévision française, Médiamétrie indique que Les Sous-doués en vacances a été vu par 14,6 millions de téléspectateurs le 17 avril 1990, arrivant en 4e position des meilleures audiences.















































