(Crédit photo : image trouvée via google, provenant du site imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
Hier soir, révision de Beast, de Baltasar Kormákur, réalisé en 2022. On peut d'ailleurs rappeler que le cinéaste fut l'auteur du formidable et (déjà ) impressionnant Everest. Or, ici, le film qui nous intéresse est une excellente série B du samedi soir, puisqu'il joue habilement la carte du survival, aussi bien en huis clos qu'en extérieur, à travers les splendides paysages d'Afrique du Sud.
D'un point de vue formel, on en prend plein les yeux tant les décors naturels demeurent éblouissants et immersifs sans nous dériver vers la déviation de la carte postale. Pour rappeler le contexte narratif, le film retrace les vicissitudes du docteur Nat Samuels, interprété par Idris Elba dans sa force tranquille et de sureté, qui voyage avec ses deux filles en Afrique du Sud afin de surmonter le décès de son épouse, emportée par une longue maladie. Il tente ainsi de renouer des liens avec celles-ci, qui lui reprochent son absence répétée, aussi bien durant sa séparation conjugale qu'au moment où elles avaient le plus besoin de lui.
Évidemment, pour épicer l'intrigue, nos trois protagonistes vont se retrouver coincés dans une réserve naturelle gérée par leur ami Martin Battles, lorsqu'un lion devenu particulièrement agressif à la suite d'une attaque de braconniers décide de s'en prendre à tout être humain croisant son chemin.
Ainsi, Beast joue pleinement la carte du survival. On pourra d'ailleurs songer inévitablement au mythique Cujo de Lewis Teague, notamment lors des nombreuses séquences se déroulant dans l'habitacle d'un véhicule, où le lion tente de pénétrer à l'intérieur afin d'atteindre ses occupants. Sur ce point, le film est une franche réussite, tant la tension est gérée avec soin et maîtrise, notamment grâce à d'amples mouvements de caméra particulièrement habiles pour graduer la tension.
Mais ce qui frappe avant tout, et demeure proprement effrayant lors des scènes d'agression, c'est le réalisme ahurissant des effets spéciaux numériques. Tout au long du métrage, on se surprend à se demander s'il s'agit de véritables lions ou d'animaux entièrement recréés en images de synthèse. C'est dire à quel point, sur le plan technique, Beast constitue une réussite remarquable. Cette prouesse contribue largement à décupler les émotions fortes disséminées dans une intrigue habilement construite, le réalisateur relançant constamment l'action grâce à de nouvelles situations et à l'introduction progressive de personnages supplémentaires.
Je n'irai pas plus loin afin d'éviter tout spoiler, notamment au niveau de rebondissements fructueux habilement pensés par des personnages à la capacité débrouillarde, mais le film constitue également, en filigrane, un manifeste anti-braconnage particulièrement salutaire. D'un point de vue militant pour la cause animale, c'est assurément une bonne piqure de rappel.
Sur le plan dramatique, le résultat s'avère également convaincant. Certes, Baltasar Kormákur ne cherche pas à approfondir outre mesure la relation passée entre Nat et son épouse, mais plusieurs séquences intimistes entre le père et ses filles et quelques flash-back oniriques, sont plutôt touchants. Malgré le caractère plutôt convenu de cette crise familiale, le film parvient sincèrement à émouvoir grâce à l'humanisme de ses personnages, à leur solidarité et à leur complicité pugnace. Cette dimension humaine apporte un supplément de réalisme à ce survival généreusement pourvu en séquences d'action et de terreur parfaitement orchestrées.
Au final, Beast est un fort sympathique divertissement horrifique du samedi soir dont les amateurs de B movie sincères, généreux et efficaces auraient tort de se priver. D'autant qu'ici, je le répète, les effets spéciaux numériques atteignent un degré de réalisme franchement bluffant, renforçant encore l'impact de scènes de terreur particulièrement percutantes. Quant à l'improbable affrontement final entre l'homme et la bête, Baltasar Kormákur a l'intelligence de ne jamais sombrer dans la surenchère, préférant privilégier un certain réalisme afin de rendre cette confrontation ultime encore plus brutale, violente et cauchemardesque. Et cela fonctionne à l'unisson tant les blessures infligées sur l'homme sont d'une brutalité viscérale implacable.
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ANECDOTES:
Le tournage a eu lieu en Afrique du Sud, dans de véritables réserves naturelles, ce qui explique la beauté et l'authenticité des paysages.
Baltasar Kormákur adore les longs plans-séquences. Beaucoup de scènes semblent filmées en une seule prise grâce à des raccords numériques invisibles. Cela contribue énormément à la tension et à l'immersion. Plusieurs spectateurs ont d'ailleurs souligné cet aspect après la sortie du film.
La scène du coup de poing au lion a été l'une des plus difficiles pour Idris Elba. L'acteur a expliqué qu'il devait doser parfaitement sa rage et sa peur alors qu'il n'avait absolument rien devant lui sur le plateau.
Une anecdote amusante : un vrai lion a été amené sur un plateau annexe afin que les équipes d'effets spéciaux puissent étudier ses mouvements et son pelage. À la suite d'un malentendu, certains membres de l'équipe ont cru qu'un lion s'était échappé, provoquant un petit moment de panique générale !
Enfin, le film a coûté environ 36 millions de dollars et n'en a rapporté qu'un peu plus de 59 millions dans le monde. Il n'a donc pas été un énorme succès commercial, ce qui est dommage car beaucoup de spectateurs, l'ont depuis réévalué.































