(Crédit photo : image trouvée via google, provenant du site imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
"Blood Feast."
Eli Roth est un grand gamin, turbulent, insolent, et surtout bien perché. Et c’est pour ça qu’on l’aime. Pour preuve avec Ice Cream Man, qui est à mon sens un pur hommage aux séries Z des années 80, tant il s’amuse comme un vilain petit canard avec son joujou, à renfort de gerbes de sang comme on en a rarement vu au sein de sa filmographie.
C’est dire si Ice Cream Man repousse les limites du sang, avec au moins une centaine d’effets chocs afin de bien vous faire comprendre que ce joyeux petit délire orgasmique injecte à rythme métronomique les séquences sanglantes les plus folles et barrées les unes que les autres.
Eli Roth est un grand gamin, turbulent, insolent, et surtout bien perché. Et c’est pour ça qu’on l’aime. Pour preuve avec Ice Cream Man, qui est à mon sens un pur hommage aux séries Z des années 80, tant il s’amuse comme un vilain petit canard avec son joujou, à renfort de gerbes de sang comme on en a rarement vu au sein de sa filmographie.
C’est dire si Ice Cream Man repousse les limites du sang, avec au moins une centaine d’effets chocs afin de bien vous faire comprendre que ce joyeux petit délire orgasmique injecte à rythme métronomique les séquences sanglantes les plus folles et barrées les unes que les autres.
La cause de ce carnage communautaire ? Les enfants d’une petite bourgade se transforment en mystérieux assassins après avoir ingurgité une crème glacée distribuée par un mystérieux marchand.
Et si le récit n’est finalement qu’une succession d’attaques sanguines commises par ces enfants fêlés du bulbe, on ne s’ennuie jamais, tant le climat de folie semble contaminer non seulement les enfants, mais également les spectateurs, assistant à un véritable jeu de massacre à la fois fun, réjouissant et surtout complètement cintré.
Tout ça pour dire que Ice Cream Man transpire la série Z - de luxe -, notamment à travers son format scope et sa splendide photo saturée. On sent très bien qu’Eli Roth, à travers le jeu parfois volontairement approximatif de certains acteurs - pour ne pas dire parfois grotesque, notamment chez les adultes - joue la carte de la dérision impayable totalement assumée. Car Eli Roth voue ici un amour immodéré à ces séries Z qui ont bercé son enfance et son adolescence à la fin des années 70 et durant les années 80.
Ainsi donc, à mon humble avis, ceux qui feront la fine bouche face à ce spectacle volontairement grotesque et festoyant seront ceux qui ne comprennent pas les codes de la série Z et qui ne parviennent pas à prendre au second degré un film sciemment bordélique, mal élevé, stupide, saugrenu. Car Ice Cream Man transpire une telle générosité, une telle ambiance festive et un tel climat de folie contagieuse qu’il me semble improbable de ne pas apprécier cette proposition grotesque, transpirant l’amour du nanar avec un art consommé des effets spéciaux artisanaux, du plus bel effet, qui rutilent ici à travers ces confitures de groseilles.
Ice Cream Man ne pourra déplaire qu’aux pince-sans-rire, qu’aux spectateurs qui n’ont jamais compris le sens de la série Z la plus jouissive, même si Eli Roth l’emballe ici de manière luxueuse à travers sa texture colorée. On sera également surpris par son final à rebondissements, en guise de cerise sur le gâteau, qui permet de comprendre d’où vient ce mystérieux marchand de glaces, quel est son but et qui se cache derrière sa mystérieuse panoplie bienveillante. À ce niveau, Harry Milton demeure agréablement étrange et inquiétant, tant l’acteur parvient à insuffler un charisme subtilement patibulaire à travers son sourire narquois et son regard faussement accueillant, tout en discrétion.
À tous les amateurs de nanars et de séries Z à la fois drôles et hyper sanglantes, Ice Cream Man est donc un spectacle fort sympathique. Eli Roth nous façonne le tout avec une décomplexion en roue libre, tant il semble s’amuser comme un sale garnement à nous concocter les scènes d’horreur les plus sanglantes et déjantées qu’il ait pu concevoir au sein de sa pléthorique filmographie. Avec, derrière cette apparente fantaisie cartoonesque, cette audace de glisser en filigrane une métaphore sur l'inquiétante progression de la violence chez les mineurs dans notre société moderne trop souvent considérée comme laxiste. Mais ceci est une autre histoire...
— Celui du cœur noir des images 🖤
Ci-joint le billet d'humeur d'Olivier Rossignot:
Je ne sais pas pourquoi, mais au vu du nombre de critiques catastrophiques, je soupconnais qu’Ice Cream Man pourrait bien me plaire. Probablement parce que cette manière de lui tomber à bras raccourcis dessus me semblait un peu suspecte, j’imaginais bien qu’Eli Roth ( dont je ne suis pas un immense admirateur non plus, j'aime Hostel 2 et Thanksgiving) allait continuer sa démarche de sale gosse qui n’en a rien à foutre et se vautrer dans le mauvais goût. Gagné ! Il ne s'agit pas de faire un grand film au scénario élaborer mais d'emplir l'écran d'un spectacle jouissif du chaos où toute la violence est possible, où les repères sautent, où les règles sociales s’effondrent et où tout est à peu près montrable. C’est obscène ? Je crois surtout que c’est très sain et cathartique.
En fait, Roth retrouve l’essence transgressive du gore — celle du pionnier H. G. Lewis —, le retour au grand guignol qui explose les tabous : et qu’est-ce que c’est drôle. Alors évidemment, Ice Cream Man a beau montrer ces enfants qui « s’amusent » avec les adultes, il ne cherche jamais à refaire du tragique à la Serrador (malgré les évidentes références), ce qui ne l’empêche pas d’aller très loin dans l’art brut de la mutilation et des viscères.
Pas de doute, notre époque a beau être particulièrement sinistre et cynique, elle n’aime pas qu’on lui crache à la gueule du sang et des enfants armés jusqu’aux dents pour écrabouiller les adultes. Moi, je trouve ça au contraire très appréciable qu’on s’en libère ainsi. On a mis l’élève Eli Roth au piquet pour son impolitesse et son plaisir de tâcher les murs ; moi, je le félicite de rester aussi enfantin, frondeur et de continuer à envisager le cinéma comme un doigt d’honneur.
En fait, Roth retrouve l’essence transgressive du gore — celle du pionnier H. G. Lewis —, le retour au grand guignol qui explose les tabous : et qu’est-ce que c’est drôle. Alors évidemment, Ice Cream Man a beau montrer ces enfants qui « s’amusent » avec les adultes, il ne cherche jamais à refaire du tragique à la Serrador (malgré les évidentes références), ce qui ne l’empêche pas d’aller très loin dans l’art brut de la mutilation et des viscères.
Pas de doute, notre époque a beau être particulièrement sinistre et cynique, elle n’aime pas qu’on lui crache à la gueule du sang et des enfants armés jusqu’aux dents pour écrabouiller les adultes. Moi, je trouve ça au contraire très appréciable qu’on s’en libère ainsi. On a mis l’élève Eli Roth au piquet pour son impolitesse et son plaisir de tâcher les murs ; moi, je le félicite de rester aussi enfantin, frondeur et de continuer à envisager le cinéma comme un doigt d’honneur.







































