vendredi 23 août 2019

Le Sixième sens. Prix de la Critique, Cognac 87.

                                                                  Photo empruntée sur Google

"Manhunter" de Michael Mann. 1986. U.S.A. 2h00. Avec William L. Petersen, Kim Greist, Joan Allen, Brian Cox, Dennis Farina, Stephen Lang, Tom Noonan, David Seaman, Benjamin Hendrickson, Michael Talbott.

Sortie salles France le 22 Avril 1987. U.S: 22 Août 1986

FILMOGRAPHIE: Michael Kenneth Mann est un réalisateur, scénariste et producteur américain né le 5 Février 1943 à Chicago. 1979: Comme un Homme Libre, 1981: Le Solitaire, 1983: La Forteresse Noire, 1986: Le Sixième Sens, 1989: LA Takedown, 1992: Le Dernier des Mohicans, 1995: Heat, 1999: Révélations, 2001: Ali, 2004: Collatéral, 2006: Miami Vice, 2009: Public Enemies.


Récompensé du Prix de la Critique à Cognac en 1987, le 6è sens est la première adaptation au cinéma du roman Dragon Rouge écrit par Thomas Harris et publié en 1981. D'ailleurs, le même roman sera à nouveau adapté au cinéma en 2002 dans un remake aseptique réalisé par Brett RatnerDragon Rouge (même si la fin eut été remaniée). Echec public à sa sortie, le 6è sens dérouta certainement le spectateur de par l'ambition personnelle de Mann à parfaire un polar à la fois atypique et expérimental. Un agent du FBI reprend du service pour tenter d'appréhender un serial killer surnommé Dragon Rouge. Avec l'aide du psychiatre Hannibal Lecter, psychopathe renommé incarcéré à perpétuité pour homicides crapuleux, William Graham doit faire preuve d'introspection mentale afin de s'infiltrer dans la peau du meurtrier. 
.

A partir d'une enquête criminelle établissant un rapport complexe entre 2 serial-killers et un flic obstiné, fragilisé par son antécédente enquête mais délibéré à annihiler le mal, le 6è Sens a de quoi déconcerter le spectateur habitué aux thrillers en bonne et due forme. Si bien que la mise en scène expérimentale de Michael Mann, d'une recherche esthétique flamboyante donne vie à tout ce qui s'immisce dans le champs de l'action. La ville crépusculaire de New-York superbement éclairée, les pavillons résidents à proximité d'un océan sous un climat solaire, le design de l'ameublement et de ses objets domestiques, la nuit stellaire auquel des hommes de droit se fondent dans cette obscurité pour y extraire le Mal... Tous ces composants stylisés, harmonieusement mis en scène, concourent de nous magnétiser les sens de la perception. Quand bien même la partition synthétique de Michel Rubini et les tubes pop rock de David Allen ou The Reds vont largement contribuer à scander ce florilège d'imagerie épurée, de manière à nous envoûter à travers l'odyssée intrinsèque de deux hommes en lutte contre leurs démons. Peu aidé d'une structure narrative parfois complexe, l'enquête menée par un agent fébrile car compromis par l'influence d'un taulard psychopathe aussi roublard que retors nous déploie quelques maigres indices dans un souci documentaire afin de mieux coller à la réalité des faits exposés.


La seconde partie, beaucoup plus planante, romantique et expérimentale à travers la relation naissante entre le tueur épris d'affection pour une jeune aveugle, nous enivre un peu plus pour ce rapport trouble entre cette victime atteinte de cécité et son bourreau autrefois martyrisé, avide de reconnaissance. Tour à tour inquiétant, flegme mais aussi suave, impassible et aliéné, ce tueur singulier nous captive de son désarroi sentimental à contredire ses pulsions malsaines. Il faut dire que la prestance robuste de l'acteur Tom Noonan, au front dégarni et à la taille longiligne, ainsi que l'innocence candide de l'attachante Joan Allen doivent beaucoup au caractère oniriques de certaines étreintes sensorielles (les caresses charnelles de l'aveugle auprès du tigre du laboratoire). Ainsi, à travers ce duo intempestif baignant subitement dans l'insouciance et la plénitude, il y a ce rapport soudainement complémentaire à travers leur handicap commun d'y apprivoiser l'amour. Quant à la présence transie de William L. Petersen s'étant d'ailleurs fait connaître quelques années plus tard avec l'illustre série des Experts sponsorisée par TF1, celui-ci était inné pour incarner le profil assidu (mais oh combien torturé et tourmenté !) d'un inspecteur pugnace flirtant avec l'emprise du Mal. Son caractère opiniâtre extériorisé par son entière contribution à démasquer le tueur séditieux apportant beaucoup d'intensité à ce jeu du chat et de la souris qu'ils se disputent de manière névrotique.


Listen to my heartbeat.
Hypnotique, passionnant et envoûtant, désarçonnant, sibyllin et complexe (principalement auprès de l'investigation de l'agent en proie à ses théories personnelles), le 6è Sens se décline en modèle du thriller crépusculaire. Une forme de trip expérimental (à la limite du surnaturel) établissant un rapport diaphane entre le tueur victimisé d'une enfance galvaudée et un flic teigneux en perdition morale. Enfin, l'intrigue peut également se concevoir comme une réflexion sur l'acceptation de soi à travers la quête de l'épanouissement conjugal (tant auprès des rapports davantage conflictuels du flic et de son épouse que de ceux du tueur et de l'aveugle). Détournant admirablement les conventions du genre au gré d'une virtuosité formelle subjective, ce thriller fantasmagorique scandé d'une bande-son extatique laisse une étrange impression d'avoir vécu un grand moment de cinéma. On peut d'ailleurs le proclamer chef-d'oeuvre atypique grâce au trouble impact de son pouvoir de fascination. 

*Bruno
23.08.19. 4èx
25.01.12

Récompense: Prix de la Critique au festival du film policier de Cognac en 1987.

jeudi 22 août 2019

Curtains, l'ultime cauchemar

                                                        Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Richard Ciupka (as Jonathan Stryker). 1983. U.S.A. 1h29. Avec John Vernon, Samantha Eggar, Linda Thorson, Anne Ditchburn, Lynne Griffin

Sortie salle U.S: 14 Mars 1983

FILMOGRAPHIE: Richard Ciupka est un directeur de la photographie, réalisateur canadien d'origine Polonaise né à Liège en Belgique. 1983 : Curtains: l'ultime cauchemar. 1992 : Coyote. 1999 : Le Dernier Souffle. 2002 : La Mystérieuse Mademoiselle C. 2004 : L'Incomparable Mademoiselle C. 2006 : Duo.


Quelle bien étrange curiosité que ce psycho-killer aussi bien oublié que méconnu que le néophyte Richard Ciupka réalise platement sous l'impulsion d'un cast démanché. On apprécie quand même l'illustre présence de Samantha Eggar en candidate borderline aux gros yeux verts patibulaires (personnellement elle est même parvenue à me mettre mal à l'aise lors de quelques plans serrés), quand bien même le reste de la distribution tente de lui gruger sa place au gré d'une posture théâtrale. En gros, des concurrentes en herbe sont réfugiées dans un manoir sous la mainmise de leur directeur de théâtre afin de se disputer le rôle de leur vie. Mais un tueur masqué rode aux alentours pour les décimer une par une. Ultra bâclé, truffé d'incohérences et de maladresses narratives (notamment ce prélude ironique auquel l'héroïne joue les demeurées pour être internée en psychiatrie parmi la complicité de son mentor), Curtains a été écrit avec les pieds tant les situations éculées (surtout la seconde partie criminelle) et rebondissements attendus se vautrent dans l'asepsie. Pour autant, grâce à sa splendide photo, son décorum domestique timidement envoûtant et 1 ou 2 scènes chocs bonnards (notamment celle sur le lac gelé), Curtains dégage un charme horrifique à bâtons rompus pour l'amateur de rareté bisseuse. A découvrir donc avec toutefois une grosse louche d'indulgence, notamment lorsque l'on apprend que le réalisateur aurait quitté le tournage à mi-parcours pour céder sa place au scénariste: Peter Simpson ! Sacrée scène de ménage !


*Bruno

mercredi 21 août 2019

The Reef

                                                     Photo empruntée sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Andrew Traucki. Australie. 2010. 1h34. Avec Damian Walshe-Howling, Zoe Naylor, Adrienne Pickering, Gyton Grantley, Kieran Darcy-Smith.

Uniquement sorti en Dvd et Blu-ray le 21 Juin 2011

FILMOGRAPHIE: Andrew Traucki est un réalisateur, scénariste et producteur australien. 2013: The Jungle. 2012 The ABCs of Death (segment "G is for Gravity").  2012 Event Zero (TV Series) (1 episode). - Harriet (2012).  2010 The Reef .  2007 Black Water.


Injustement passé par la case Dtv, The Reef emprunte la voie modeste de la série B horrifique avec une efficacité permanente. Tant et si bien que les frissons qu'il nous procure à répétition s'avèrent d'autant plus éprouvants qu'Andrew Traucki ne s'embarrasse d'aucune fioriture pour y remédier. Pour cela, il compte notamment sur l'aspect documenté du fait-divers glaçant lorsque 5 touristes se retrouvent confinés au beau milieu de l'océan azur après que leur bateau eut incidemment coulé. Survival aquatique constamment tendu et angoissant sous l'impulsion de 4 survivants sévèrement mis à mal par l'hostilité du requin, The Reef insuffle un réalisme cauchemardesque eu égard des estocades de l'animal redoutablement véloce lorsqu'il s'agit d'alpaguer sa proie de la manière la plus sournoise et feutrée.


Et ce sans que Andrew Traucki ne recourt aux effets éculés si bien qu'il compte dans un premier temps sur l'expectative pour y structurer le suspense, notamment afin de mieux nous préparer à la descente aux enfers que subiront les victimes totalement impuissantes à recourir de l'aide depuis leur condition fortuite de claustration. Au-delà de son climat anxiogène redoutablement palpable auprès d'une photo limpide plutôt naturaliste, The Reef parvient d'autant mieux à foutre les jetons grâce à l'intensité d'expression à la fois démunie et épeurée de son cast méconnu endossant communément un jeu viscéral à perdre haleine. Ces derniers à l'humanisme sobrement sentencieux et aux réactions si censées usant de (faible) lueur d'espoir et de bravoure de dernier ressort pour tenter de s'extraire de l'eau en y escomptant un refuge terrestre. Ainsi, l'épreuve de force commune qu'ils opéreront de façon solidaire semble être contenue en temps direct tant leurs situations de stress, de désespoir et d'affolement s'avèrent aussi bien crédibles que perméables !


Cauchemar aquatique d'un réalisme escarpé probant dans sa faculté d'y cultiver une peur viscérale démunie auprès d'une intensité dramatique capiteuse, The Reef peut sans rougir figurer au palmarès des films de requins les plus angoissants et éprouvants depuis ses modèles les Dents de la Mer  et Open Water, voir peut-être aussi 47 Meters down.

*Bruno
2èx 21.08.19
02.03.11

mardi 20 août 2019

Bubba Ho-tep. Prix Bram Stoker du meilleur scénario, 2004.

                                                        Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.fr

de Don Coscarelli. 2002. U.S.A. 1h32. Avec Bruce Campbell, Ossie Davis, Ella Joyce, Heidi Marnhout, Bob Ivy, Larry Pennell.

Sortie salle France: 15 Février 2006.

FILMOGRAPHIE: Don Coscarelli est un scénariste et réalisateur américain né le 17 Février 1954 à Tripoli (Lybie). 1976: Jim the World's Greatest. 1976: Kenny and Compagny. 1979: Phantasm. 1982: Dar l'invincible. 1988: Phantasm 2. 1989: Survival Quest. 1994: Phantasm 3. 1998: Phantasm 4. 2002: Bubba Ho-tep. 2012: John Dies at the end.


"Et ne pas, quand viendra la vieillesse, découvrir que je n'avais pas vécu."
Poème étonnamment émouvant sur la précarité de la vieillesse, Bubba Ho-tep n'a point usurpé sa réputation d'oeuvre culte depuis sa discrète sortie en salles en 2002 transcendée d'un bouche à oreille fougueux. Réalisateur notoire du chef-d'oeuvre Phantasm et du non moins fichtrement sympathique Dar l'Invincible, Don Coscarelli surprend à nouveau, et de manière autrement baroque, avec cette série B fantastico-déjantée dont le pitch génialement improbable vaut à lui seul le détour ! Imaginez 2 secondes la rencontre aléatoire du président Kennedy et du chanteur Elvis Presley réunis pour l'occasion dans un hospice à leur âge avancé, et qui lors d'un ultime baroud d'honneur devront affronter une momie égyptienne maudite afin de s'offrir une ultime enjeu existentiel ! Semi-parodique, pittoresque, décalé et débridé, Bubba Ho-Tep pallie son faible budget de par son imagination à revendre que son auteur franchement inspiré cultive en y alliant humour, action, tendresse et (douce) émotion sous l'impulsion de répliques drôlement décomplexées.


Si bien qu'à travers les thèmes délicats de la vieillesse, de la solitude, de l'impuissance (traitée avec autant de sérieux que de causticité) et du désir de reconnaissance (nos héros s'inventent un rôle pour tenter de briller à nouveau aux yeux des autres), Don Coscarelli héroïse ses personnages du 3è âge avec une tendresse immodérée pour leur dignité humaine. Ainsi donc, sous le pilier d'une histoire extravagante génialement ubuesque, Bubba Ho-Tep traite avec autant de dérision que de gravité de la condition des personnages âgées souvent repliées dans leur solitude, parfois même abdiqués par leur propre famille au sein d'un huis-clos peu avenant. A savoir celui des hospices blafards surveillés par des aides-soignantes orgueilleuses plutôt condescendantes. Et donc à travers cette histoire insensée de momie voleuse d'âme, Don Coscarelli iconise sa fascinante créature (FX artisanaux à l'appui !) et ses combattants Elvis et Kennedy à l'aide d'une émotion aigre douce eu égard de l'incroyable tendresse qu'il porte sur ce duo fragile en quête de sollicitude, de bienveillance et d'affection. Et ce sous le pivot auditif du score si élégiaque de Brian Tyler !


Réflexion spirituelle sur la candeur et la vigueur de l'âme lorsque l'on parvient à contrecarrer le mal, vibrant plaidoyer pour la cause du 3è âge en perte identitaire car souvent réduite à l'isolement et à l'indifférence, Bubba Ho-Tep touche droit au coeur à travers les actions fructueuses de ces héros sclérosés gagnés par l'utopie victorieuse du dépassement de soi. Tant et si bien que Bruce Campbell et Ossie Davis immortalisent leur cohésion amicale avec une force d'expression aussi bien mélancolique que pugnace dans leur volonté de ne pas se laisser gagner par la désillusion.  

*Bruno
3èx 

lundi 19 août 2019

Solitaire

                                                Photo empruntée sur Google, appartenant au site Allocine.fr

"Rogue" de Greg McLean. 2007. U.S.A/Australie. 1h32. Avec Radha Mitchell, Michael Vartan, Sam Worthington, Caroline Brazier, Stephen Curry.

Sortie salles France: 13 Août 2008.

FILMOGRAPHIE: Greg McLean est un réalisateur, scénariste et producteur australien.
2005: Wolf Creek. 2007: Solitaire. 2014: Wolf Creek 2. 2016 : The Darkness. 2016 : The Belko. Experiment. 2017 : Jungle.


Lorsque l'on songe qu'il s'agit du réalisateur de l'inoubliable Wolf Creek, il y a de quoi être sacrément désappointé. Car faute d'une intrigue à suspense au potentiel si faiblard, de son manque d'actions horrifiques et surtout d'intensité à travers une trajectoire de survie tracée d'avance, Solitaire fait office de pétard mouillé au sein d'une facture téléfilmesque pour couronner le tout. Pour autant tout juste regardable auprès des indulgents sous l'impulsion de la gentille bouille héroïque de Michael Vartan,  des apparitions parfois impressionnants du croco et de ses magnifiques paysages australiens lors de sa visite touristique du 1er acte, Solitaire s'oublie aussi vite sitôt le générique écoulé.

*Bruno
2èx

Récompense: Prix des meilleurs effets spéciaux pour Andrew Hellen, Dave Morley, Jason Bath et John Cox, lors des Australian Film Institute Awards en 2007.

vendredi 16 août 2019

Next Door

                                                 Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Naboer" de Pål Sletaune. 2005. Norvège/Danemark/Suède. 1h15. Avec Kristoffer Joner, Cecilie A. Mosli, Julia Schacht, Anna Bache-Wiig, Michael Nyqvis.

Inédit en salles en France. Norvège: 11 Mars 2005

FILMOGRAPHIE: Pål Sletaune est un réalisateur, scénariste et producteur norvégien, né à Oslo le 4 mars 1960. 1997 : Junk Mail (Budbringeren). 2001 : Amatørene. 2005 : Next Door. 2011 : Babycall.


Thriller schizo issue de Norvège si bien qu'il fut malencontreusement privé de salles chez nous (merci Studio Canal de l'avoir édité en Dvd !), Next Door passionne de bout en bout à travers une intrigue implacable au goût sulfureux de sexe et sang. Dans la mesure où il y est question de sado-masochisme lorsqu'un voisin en séparation conjugale finit par se laisser influencer par les fantasmes douteux d'une de ses voisines aguicheuses précisément effrontée. Le récit sinueux en forme de dédale psycho dressant scrupuleusement le portrait d'un homme fragile, introverti et timoré se laissant peu à peu envahir par ses pulsions perverses, faute de l'influence d'une jeune dévergondée en quête de soumission.


Ainsi, à travers son canevas criminel redoutablement efficace, si bien que le spectateur perplexe ne peut s'empêcher de se laisser voguer par cette ambiance feutrée pernicieuse, Pal Sletaune rend hommage à Répulsions et au Locataire de Polanski (2 oeuvres majeures de sa pléthorique carrière). Tant auprès de son ambiance d'étrangeté perméable en interne d'un huis-clos blafard étouffant (notamment auprès de ses corridors très étroits) que du portrait diaphane émis à cet homme esseulé en perte de repère depuis son deuil conjugal. Superbement interprété par des acteurs méconnus chez nous, nous nous identifions facilement à leur physionomie naturelle tout en redoublant d'appréhension quant à la contrainte démunie de John en proie à une succession d'incidents inexpliqués découlant des postures provocantes de son entourage perfide.


Trouble et passionnant à travers sa mise en scène magnétique confinée dans l'intimisme domestique, atmosphérique en diable et redoutablement inquiétant quant au cheminement narratif reptilien, Next Door scande le vénéneux thriller torride où les apartés lubriques virent aux violentes étreintes  dangereusement déviantes. A ne pas rater.   

*Bruno

jeudi 15 août 2019

John Wick 3: Parabellum

                                                     Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.fr

de Chad Stahelski. 2019. U.S.A. 2h12. Avec Keanu Reeves, Ian McShane, Halle Berry, Asia Kate Dillon, Lance Reddick, Laurence Fishburne

Sortie salles France: 22 Mai 2019

FILMOGRAPHIE: Chad Stahelski est un cascadeur, coordinateur des cascades, acteur, assistant réalisateur puis réalisateur américain né le 20 septembre 1968 à Fort Worth (Texas). 2014 : John Wick (coréalisé avec David Leitch). 2017 : John Wick 2. 2019 : John Wick Parabellum.


On prend les mêmes et on recommence ! Notamment au niveau formel (décors high-tech baroques entrecoupés d'une plage d'accalmie en plein désert marocain) que technique (les chorégraphies martiales s'avèrent toujours aussi épiques et vrillées). Or, beaucoup moins efficace et haletant que le second opus (pied de nez à la médiocrité de son modèle néophyte), faute d'une structure narrative dégingandée et d'une intrigue étique dénuée d'intensité dramatique, John Wick 3 ne vaut le coup d'oeil que pour ces monstrueuses scènes d'actions souvent dantesques, hallucinées, déjantées, hyperboliques, redoutablement inventives. Bougrement dommage donc car s'il eut bénéficié en guise de pilier d'un réel scénario, Chad Stahelski aurait pu nous parfaire une sorte de chef-d'oeuvre effronté. Reste un spectacle bourrin point déplaisant si bien que les fans devraient à nouveau y trouver leur compte.

*Bruno

mercredi 14 août 2019

Parasite. Palme d'Or, 2019.

                                                   Photo empruntée sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Bong Joon-ho. 2019. Corée du Sud. 2h12. Avec Song Kang-ho, Jang Hye-jin, Choi Woo-sik, Park So-dam, Lee Sun-kyun.

Sortie salles France: 5 Juin 2019. Corée du Sud: 30 Mai 2019

FILMOGRAPHIEBong Joon-ho est un réalisateur et scénariste sud-coréen né le 14 septembre 1969 à Daegu. 2000 : Barking Dog. 2003 : Memories of Murder. 2006 : The Host. 2009 : Mother. 2013 : Snowpiercer, le Transperceneige. 2017 : Okja. 2019 : Parasite.


Cache-cache pittoresque où se chevauche le jeu de massacre entre une lutte de classes (prolétaires vs bourgeois), Parasite génère une pléthore de situations imprévisibles impossibles à anticiper, si bien que les ruptures de ton laissent un sérieux goût d'amertume auprès de son (exceptionnelle) ultime demi-heure d'une rigueur dramatique poignante. Tant et si bien que nous ne sortons pas indemne de cette descente aux enfers dans les bas-fonds de l'hypocrisie humaine. Couronné de la Palme d'Or à Cannes, plébiscité par le public français avec ces 1 359 034 entrées, Parasite traite du misérabilisme social avec une rare intelligence caustique, à l'instar de la comédie vitriolée Affreux, sales et méchants d'Etore Scola (même si les oeuvres diffèrent dans leur traitement personnel).


Car traitant des thèmes de l'inégalité des classes, de la cohésion familiale - à travers un superbe poème d'amour paternel - et de l'hypocrisie auprès d'un enjeu de survie nutritionnelle, Parasite télescope les genres (comédie, drame, romance, horreur, thriller) selon le brio du réalisateur touche à tout, Bong Joon-Ho (Memories of Murder, The Host, Snowpiercer, Okja). Ce dernier rivalisant d'originalité et d'inventivité pour mettre en exergue les stratégies aussi bien perfides que sournoises d'une famille banlieusarde envieuse de confort et de cupidité auprès de l'hospitalité d'une famille bourgeoise engluée dans le matérialisme de leur cocon salubre. Ainsi, de par leur afféterie quotidienne dénuée d'insouciance et de contrainte morales, la famille Park est incapable de distinguer la toile d'araignée qui se tisse autour d'eux lorsque les chômeurs du clan Ki-taek auront décidé de prendre leur revanche sur une société arbitraire dénigrant les plus endettés et laissés pour compte.


Comédie acide brute de décoffrage à travers sa moisson de rebondissements tragi-comiques, Parasite s'érige en immense farce macabre au gré des actions vindicatives de ses fricoteurs en mal d'amour, d'agrément, de révérence et surtout de reconnaissance. Une oeuvre subversive remarquable de maîtrise et de lucidité à travers son humanisme éperdue que Bong Joon-ho imprime de sa personnalité pourfendeuse. 

*Bruno

Récompenses: Palme d'or, Prix de l'AFCAE, Cannes 2019
Festival du film de Sydney 2019 : Sydney Film Prize.

mardi 13 août 2019

The Green Hornet

                                          Photo empruntée sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Michel Gondry. 2011. U.S.A. 1h59. Avec Seth Rogen, Jay Chou, Cameron Diaz, Edward Furlong, Christoph Waltz, Emily Hahn, Edward James Olmos, Tom Wilkinson, Analeigh Tipton, Chad Coleman, Jamie Harris...

Date de Sortie France: 12 Janvier 2011, U.S.A: 14 Janvier 2011

FILMOGRAPHIE: Michel Gondry est un réalisateur de cinéma et de vidéo ainsi qu'un musicien français né le 8 mai 1963 à Versailles (Yvelines). 2001 : Human Nature, scénarisé par Charlie Kaufman. 2004 : Eternal Sunshine of the Spotless Mind, co-scénarisé avec Charlie Kaufman et Pierre Bismuth. 2006 : La Science des rêves. 2006 : Dave Chappelle's Block Party, documentaire/captation sur un concert de rue. 2007 : Soyez sympas, rembobinez. 2010 : L'Épine dans le cœur, documentaire sur sa grand-tante. 2011 : The Green Hornet. 2012 : The We and the I. 2013 : L'Écume des jours. 2014 : Conversation animée avec Noam Chomsky. 2015 : Microbe et Gasoil.


Etonnant de retrouver derrière les commandes le réalisateur poète Michel Gondry s'essayant pour la première fois au film de super-héros hollywoodien. Adaptation filmique de la série TV de 1966 incarnée par Bruce Lee, elle-même inspirée d'une BD et d'une série radiophonique des années 30, The Green Hornet est loin d'être déshonorant en dépit de son échec public en salles et de critiques à la fois mitigées et timorées. Car dénué de prétention dans un habile dosage de cocasserie, de romance (un houleux triangle amoureux entre nos héros et leur secrétaire) et d'actions rétros, The Green Hornet divertit modestement sous l'impulsion du duo bonnard Seth Rogen / Jay Chou jouant les super-héros avec une dérision semi-parodique.


Ainsi, si les amateurs de Blockbusters hyperboliques resteront probablement sur leur faim, notamment auprès de l'attrait lambda de nos héros dénués de super-pouvoirs (ils ne comptent que sur les arts martiaux et leur bolide gadgétisé pour se défendre contre l'ennemi), l'ambiance décontractée de leurs péripéties endiablées cultive un charme probant dans leur tentative récursive d'intimider un baron du crime (Christoph Waltz sensiblement pittoresque à travers son caractère pédant). Si bien que ces derniers, et afin de pimenter leurs aventures frauduleuses, auront décidé de se faire passer pour des "méchants" en concurrentiels afin de contourner les codes usuels du super-héros docile. Quand bien même en second acte, un 2è rival, procureur véreux beaucoup plus coupable qu'il n'y parait, s'invitera à la récréation en s'efforçant de faire assassiner le frelon vert.


Gentiment fripon, cocasse et non dénué de charme à travers sa facture rétro et l'humanisme des personnages en quête d'amitié, d'amour et de reconnaissance (notamment auprès de la sémillante  Cameron Diaz en secrétaire au franc-parler dévastateur), The Green Hornet demeure un bon divertissement, même si paradoxalement le second visionnage peut s'avérer dispensable.  

*Bruno

lundi 12 août 2019

Blue Jean Cop

                                          Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Shakedown" de James Glickenhaus. 1988. U.S.A. 1h37. Avec Peter Weller, Sam Elliott, Patricia Charbonneau, Jude Ciccolella, Blanche Baker, Antonio Fargas

Sortie salles France: 20 Juillet 1988

FILMOGRAPHIE: James Glickenhaus est un réalisateur, scénariste, producteur et acteur américain, né le 24 Juillet 1950 à New-york. 1975: The Astrologer. 1980: Le Droit de Tuer. 1982: Le Soldat. 1985: Le Retour du Chinois. 1988: Blue Jean Cop. 1991: Mc Bain. 1993: Le Triomphe des Innocents. 1995: Timemaster.


Si certains doutent encore du talent de James Glickenhaus, inoubliable auteur du Droit de Tuer (pour ne pas dire un des sommets du Vigilante Movie), ils feraient bien de jeter un oeil sur l'oublié Blue Jean Cop. Un Buddy Movie parfaitement mené dans son alliage d'enquête policière, de romance et d'action extravagante eu égard de l'inventivité des poursuites implantées en centre urbain que Glickenhaus exploite à travers des décors insolites (un luna-park, un avion, un bordel et un cinéma auquel le héros s'accrochera au réverbère pour rattraper un assaillant). Et si l'intrigue simpliste ne réserve aucune surprise ni originalité (remonter la filière d'une corruption policière à la suite de l'arrestation ambiguë d'un trafiquant de drogue ayant causé la mort d'un flic), on peut compter sur le savoir-faire de Glickenhaus et sur la complémentarité du duo bonnard Peter Weller (en avocat obstiné), Sam Elliott (en flic vieillissant pour autant expéditif) parvenant en intermittence à détendre l'atmosphère au gré de répliques ironiques. La réussite du métrage émanant justement de ce mélange de sobriété (pour sa structure narrative, son thème toujours d'actualité) et de décontraction (de par le jeu en dérision du duo héroïque s'autorisant des bravoures couillues), à l'instar de ses séquences d'action aussi impressionnantes qu'improbables que Glickenhaus chorégraphie avec une attention scrupuleuse afin d'y injecter un réalisme intense.


Symptomatique de l'ambiance chère aux années 80 (et donc truffé de charme à travers sa scénographie urbaine magnétique), Blue Jean Cop s'apparente à du cinéma de série B musclé, solide, carré, efficace, sans prétention, notamment auprès de son score électro sensiblement envoûtant. 

*Bruno

vendredi 9 août 2019

Anaconda, le prédateur

                                            Photo empruntée sur Google, appartenant au site Cdiscount.com

de Luis Llosa. 1997. U.S.A/Brésil/Pérou. 1h29. Avec Jennifer Lopez, Ice Cube, Jon Voight, Eric Stoltz, Jonathan Hyde, Owen Wilson.

Sortie salles France: 25 Juin 1997 (Int - 12 ans)

FILMOGRAPHIELuis Llosa Urquidi (né en 1951 à Lima) est un producteur de cinéma, réalisateur et scénariste péruvien. 1984 : Carmín (série télévisée). 1987 : Hour of the Assassin. 1988 : Crime Zone.. 1993 : Les Aventuriers de l'Amazone. 1993 : Sniper. 1993 : Fire on the Amazon (vidéo). 1994 : El Ángel vengador: Calígula (série télévisée). 1994 : L'Expert. 1997 : Escándalo (série télévisée). 1997 : Anaconda, le prédateur. 2005 : La Fiesta del chivo.


Pur produit d'exploitation surfant sur le filon du gigantisme par le biais d'un prédateur reptilien, Anaconda ne s'embarrasse d'aucune subtilité pour distraire le spectateur embarqué dans un survival somme toute convenu. A l'instar du traitement alimentaire des personnages d'une naïveté pittoresque; si bien que l'on songe d'instinct à ceux décervelés d'un épisode lambda de Vendredi 13, notamment auprès de leurs situations éculées qu'ils enchaînent malgré eux faute de leur incapacité à raisonner de la manière la plus censée. Pour autant, fort de son rythme effréné enchaînant quasi sans répit les scènes d'action horrifique à travers une scénographie exotique dépaysante, Anaconda s'extirpe de la nullité sous le moule du nanard bonnard. A condition évidemment de le savourer au second degré à travers sa pléthore de clichés la plupart du temps dénués d'intensité.


Bénéficiant d'FX numériques ratés alors que d'autres font étonnamment mouche (principalement au niveau des plans serrés de l'animal), Anaconda impressionne même par intermittence, notamment auprès du sort cruel de certains protagonistes (dont 1 que je n'ai pas vu venir !) s'efforçant maladroitement d'échapper à une double menace. Celle de l'animal tapi sous les eaux et celle du chasseur Paul Sarow, stratège individualiste s'efforçant de capturer vivant l'anaconda au mépris de ces hôtes portés en sacrifice. Qui plus est, de par sa surprenante distribution hétérogène (Jennifer Lopez, Ice Cube, Eric Stoltz, Jonathan Hyde et Owen Wilson se bousculent la vedette autour du monstre sacré Jon Voight cabotinant à n'en plus finir en salop sans vergogne affublé d'un rictus outré), on prend gentiment plaisir à suivre leurs vicissitudes entre deux/trois sourires nerveux. Eu égard de leur résignation à prendre au sérieux leur rôle de victime soumise en proie à une rébellion héroïque davantage payante auprès des plus vaillants. Chacun tentant désespérément de se débarrasser de Paul Sarow avec une maladresse attachante si je me réfère aux plus empotés.


Une récréation horrifique pas déplaisante donc, aussi mineure soit sa topographie narrative, renforcée d'un charme bisseux plus probant aujourd'hui, à l'instar de ses scènes chocs d'un grand-guignol assumé. 

*Bruno
3èx

jeudi 8 août 2019

Petits meurtres entre amis

                                                    Photo empruntée sur Google, appartenant au site Allocine.fr

"Shallow Grave" de Danny Boyle. 1994. Angleterre. 1h29. Avec Kerry Fox, Christopher Eccleston, Ewan McGregor, Ken Stott, Keith Allen.

Sortie salles France: 19 Avril 1995 (Int - 12 ans)

FILMOGRAPHIE: Danny Boyle est un réalisateur Britannique, né le 20 Octobre 1946 à Manchester. 1994: Petits Meurtres entre amis. 1996: Trainspotting. 1997: Une Vie moins Ordinaire. 2000: La Plage. 2002: 28 Jours plus tard. 2004: Millions. 2007: Sunshine. 2008: Slumdog Millionaire. 2010: 127 Hours. 2013: Trance. 2015: Steve Jobs. 2017 : T2 Trainspotting. 2019 : Yesterday.


S'il accuse un tantinet le poids des années, le 1er essai de Danny Boyle couronné de récompenses et d'un succès public mérité demeure un sympathique thriller caustique à travers son jeu de massacre non dénué d'ambition stylisée et d'ambiance baroque (effets de caméra alambiqués, couleurs rutilantes proches du surréalisme, disparité de genres hybrides) saturée d'un score envoûtant (si on occulte ses dérives technos). Le pitch: à la recherche d'un co-locataire, un trio d'acolytes parviennent à désigner leur perle rare au moment même où celui-ci meurt d'une overdose dans sa chambre. Or, lors de la découverte macabre, le trio découvre une valise remplie de billets. Aguichés par le trésor après s'être ravisés de le livrer à la police, ils décident audacieusement de se débarrasser du corps. Rapidement, des malfrats sans vergogne recherchent leur collaborateur en y éliminant sur leur chemin témoins ou complices refusant de leur prêter main forte. Ainsi, en injectant efficacement saillies d'humour noir, violence sensiblement crue et intensité dramatique sous l'impulsion du trio fringant influencé par leurs instincts pécuniaires (on peut d'ailleurs prôner les prestances très enjouées de Kerry Fox, Christopher Eccleston et surtout d'Ewan McGregor en lurons criminels gagnés par la parano !), Petits meurtres entre amis déploie une palette de rebondissements à la fois facétieux et cruels eu égard de la tournure des évènements davantage délétères. Notamment en se référant à l'intrusion d'un duo de limiers à l'ironie retorse que Danny Boyle rehausse à travers des gueules d'acteurs chafouines.


Un bon thriller sardonique donc plutôt inspiré (en dépit de l'aspect tantôt brouillon de la mise en scène aux effets de style obsolètes), décalé, fougueux et parfois étrangement baroque. Tant auprès de ses étonnantes ruptures de ton que du jusqu'au-boutisme narratif que l'on reluque avec curiosité malsaine. 

*Bruno
3èx

Box-Office France: 1 113 351 entrées

Récompenses: Coquille d'argent du meilleur réalisateur au Festival international du film de Saint-Sébastien, Hitchcock d'or au Festival du film britannique de Dinard en 1994
Grand Prix et le prix du public au Festival du film policier de Cognac,
Prix du meilleur film au festival Fantasporto
Prix du public et du meilleur scénario au festival Premiers Plans d'Angers
British Academy Film Award du meilleur film britannique
Empire Awards du meilleur film britannique, du meilleur réalisateur et du meilleur acteur britannique (pour Ewan McGregor) en 1995.

mercredi 7 août 2019

Edge of Tomorrow

                                                   Photo empruntée sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Doug Liman. 2014. U.S.A. 1h54. Avec Tom Cruise. Avec Emily Blunt, Brendan Gleeson, Bill Paxton, Jonas Armstrong, Charlotte Riley, Noah Taylor.

Sortie salles France: 4 Juin 2014

FILMOGRAPHIEDoug Liman est un producteur, réalisateur et directeur de la photographie, américain, né le 24 juillet 1965 à New York (États-Unis). 1994 : Getting In. 1996 : Swingers. 1999 : Go. 2002 : La Mémoire dans la peau. 2005 : Mr. et Mrs. Smith. 2006 : Heist (série télévisée). 2007 : Mr. et Mrs. Smith (pilote série télévisée). 2008 : Jumper. 2010 : Fair Game. 2014 : Edge of Tomorrow. 2017 : The Wall. 2017 : Barry Seal: American Traffic. 2019 : Chaos Walking.


Spectacle pyrotechnique à couper le souffle sous couvert du voyage temporel récursif, Edge of Tomorrow détourne les codes usuels du blockbuster mainstream de par la densité de son scénario,  l'émotion fébrile que les personnages martiaux nous insufflent corps et âmes, sa scénographie futuriste plus vrai que nature et l'intelligence de sa maestria technique exploitant tous azimuts des actions dantesques au fil narratif. Jubilatoire, immersif et dépaysant à travers son format casse-gueule de jeu-video grandeur nature, Doug Liman redouble d'efficacité (on peut carrément proclamer le "modèle du genre") à imposer à ses héros de dernier ressort un survival homérique que se disputent une invasion extra-terrestre contre des militaires stoïques. L'intrigue enchaînant les divers niveaux de difficulté selon les réminiscences du commandant Cage tâtant toujours mieux le terrain et les positions de ses ennemis avec un héroïsme novice en ascension.


Ainsi, en commandant stratège à l'affût de la moindre estocade, Tom Cruise (d'un charisme strié toujours plus proéminent à travers sa force aussi bien tranquille que déterminée !) est contraint de revivre indéfiniment la même journée belliqueuse jusqu'à parfaire sa mission suicide culminant avec l'éradication de l'Omega. LE cerveau des extra-terrestres ayant la faculté de contrôler le temps afin de duper l'ennemi lors de débarquements prévisibles. Pour ce faire, Cage (Tom Cruise donc) est contraint de coopérer auprès d'une casse-cou notoire, la sergent Rita Rose Vrataski (incarnée par la ténue Emily Blunt de par son jeu nuancé de séduction) l'inculquant notamment à l'art du combat dans une combinaison high-tech apparentée à des robocops (pour ne pas dire des Transformers à taille humaine !). Regorgeant de morceaux de bravoures vertigineux, de par la vélocité des E.T tentaculaires redoutablement voraces et sournois; et la cohésion héroïque du duo Cage / Rose les combattant avec un charisme oh combien épique, Edge of Tomorrow détonne en diable à travers son périple belliciste semé de rebondissements et trouvailles (l'alibi du sang afin de permettre à Cage de revivre le même jour et ainsi atteindre la partie finale de la délivrance). Doug Liman prenant notamment soin de crédibiliser un univers crépusculaire (son final en apothéose) par le biais de séquences nocturnes d'une beauté funèbre onirique.


Furieux spectacle pyrotechnique d'un souffle homérique inextinguible, Edge of Tomorrow conjugue parmi l'astuce singulière du voyage temporel actions et émotions fortes sous l'impulsion du couple alerte Cruise / Blunt se partageant les stratagèmes guerriers avec une endurance spartiate. Du cinéma d'évasion d'un lyrisme martial comme on en voit peu dans le paysage bourrin si bien que les FX numériques s'avèrent ahurissants de vérisme !

*Bruno
2èx

Récompenses: Boston Online Film Critics Association Awards 2014 : meilleur montage
Phoenix Film Critics Society Awards 2014 : meilleures cascades
San Diego Film Critics Society Awards 2014 : meilleur montage
Critics' Choice Movie Awards 2015 : meilleure actrice dans un film d'action pour Emily Blunt
Saturn Awards 2015 : meilleur montage

mardi 6 août 2019

Bienvenue à Zombieland

                                                    Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Zombieland" de Ruben Fleischer. 2009. U.S.A. 1h28. Avec Woody Harrelson, Jesse Eisenberg, Emma Stone, Abigail Breslin, Amber Heard, Mike White, Bill Murray.

Sortie salles France: 25 Novembre 2009. U.S: 2 octobre 2009

FILMOGRAPHIERuben Fleischer est un réalisateur américain né le 31 octobre 1974. 2009 : Bienvenue à Zombieland. 2011 : 30 minutes maximum. 2012 : Gangster Squad. 2018 : Venom. 2019 : Retour à Zombieland.


                                  "Règle numéro 32: savoir savourer les petites choses."

Le pitch: Columbus, jeune survivant stoïque, rencontre sur sa route clairsemée Tallahassee, un cow-boy solitaire s'évertuant à dénicher le twinkie, une génoise fourrée à la crème. Durant leur itinéraire routier, ils font la rencontre de 2 jeunes soeurs beaucoup plus retorses qu'elles n'y paraissent. Aussi méfiants qu'attirés l'un pour l'autre dans ce contexte dystopique, ils vont finalement apprendre à se connaître et se respecter, notamment en affrontant leur peur et leur timidité avec autant de bravoure que d'audace. 

Succès phénomène outre-atlantique, Bienvenue à Zombieland s'est rapidement forgé une réputation de savoureux divertissement à travers son classique alliage d'action, de gore (principalement sa 1ère demi-heure), d'humour et de tendresse que Ruben Fleischer met en exergue avec l'appui d'un cast si attachant. Nos 4 preux héros portant l'intrigue sur leurs épaules avec une attachante bonhomie, eu égard de leur maladresse cérébrale (particulièrement les comportements des hommes représentés par Columbus et Tallahassee) et de leur tempérament contradictoire à se mettre inévitablement à dos le sexe opposé. Tant et si bien qu'à travers leurs prises de bec gentiment friponnes on peut y soulever une réflexion sur l'incommunicabilité entre les sexes et la crainte d'ouvrir son coeur à une charmante inconnue lors d'un contexte de fin du monde générant paranoïa, solitude, amertume et individualisme.


Or, durant le vaillant parcours de nos 4 héros parcourant des contrées hautes en couleurs, ceux-ci finiront par saisir l'importance de l'esprit d'équipe, de la cohésion humaine afin de mieux se préserver de la solitude et de la mort. Ainsi, par le biais d'un road movie somme toute simpliste, Ruben Fleischer parvient à distraire et surprendre sans réserve dans son enchaînement de situations à la fois cocasses et décalées que le spectateur ne parvient pas à anticiper (aussi simplistes soient ces évènements horrifiques décomplexés). Récit initiatique, surtout auprès de Columbus si contrarié et timoré à affronter sa phobie (celle du clown) et la gente féminine, Bienvenue à Zombieland conjugue romance, horreur cartoonesque et drôlerie avec un charme plein d'innocence. Si bien que le film jamais avare de répliques ciselées et de rencontres ubuesques génialement attendrissantes (l'intervention de Bill Muray en personne dans sa nouvelle posture de clown triste) parvient à cultiver son rythme de croisière jusqu'au final festif se confinant en interne d'un Luna park. Nos héros une fois de plus divisés par leur manque de confiance tentant de déjouer la menace des zombies en se réfugiant dans les manèges à sensation de haute altitude. Là encore, de par sa simplicité enfantine et sa tendre drôlerie émanant des actions indécises ou autrement pugnaces des personnages, Bienvenue à Zombieland fait mouche sans une once de prétention.


Petite leçon de vie à travers les dissensions entre les sexes, Bienvenue à Zombieland exploite la série B horrifique avec un ton aussi frais et léger que débridé et décalé, à l'instar de nos valeureux nomades s'évertuant à offrir le meilleur d'eux mêmes avec une tendre complicité réservée. Une très bonne surprise étonnamment touchante, sincère et révérencieuse auprès du grand public.  

*Bruno
2èx