lundi 18 juin 2012

OBSESSION

                                      Photo empruntée sur Google, appartenant au site moviescreenshots.blogspot.com

de Brian De Palma. 1976. U.S.A. 1h38. Avec Cliff Robertson, Geneviève Bujold, John Lithgow, Sylvia Kuumba Williams, Wanda Blackman, J. Patrick McNamara, Stanley J. Reyes, Nick Kreiger.

Sortie salles en France: 18 Janvier 1977. U.S: 1er Août 1976

FILMOGRAPHIEBrian De Palma, de son vrai nom Brian Russel DePalma, est un cinéaste américain d'origine italienne, né le 11 septembre 1940 à Newark, New-Jersey, Etats-Unis. 1968: Murder à la mod. Greetings. The Wedding Party. 1970: Dionysus in'69. Hi, Mom ! 1972: Attention au lapin. 1973: Soeurs de sang. 1974: Phantom of the paradise. 1976: Obsession. Carrie. 1978: Furie. 1980: Home Movies. Pulsions. 1981: Blow Out. 1983: Scarface. 1984: Body Double. 1986: Mafia Salad. 1987: Les Incorruptibles. 1989: Outrages. 1990: Le Bûcher des vanités. 1992: l'Esprit de Cain. 1993: l'Impasse. 1996: Mission Impossible. 1998: Snake Eyes. 2000: Mission to Mars. 2002: Femme Fatale. 2006: Le Dahlia Noir. 2007: Redacted.


Hommage à Sueurs Froides d'Alfred Hitchcock, Obsession est une errance romantique avec la mort. A travers l'argument d'un banal kidnapping ayant mal tourné, Brian De Palma nous transcende une incroyable machination doublé de romance élégiaque. 16 ans après la disparition de sa femme et de sa fille, rongé par le remord et la culpabilité de n'avoir pu les sauver lors d'un kidnapping, un riche  entrepreneur séjourne 16 ans en Italie pour se remémorer leur première rencontre édénique. C'est dans la bâtisse d'une église qu'il fait connaissance avec Sandra Portinari, le parfait sosie de son ancienne défunte ! Obsédé par la trouble beauté de la jeune femme, Michael Courtland la courtise et réussit par l'inviter à déjeuner. Au fil de leurs rendez-vous, une liaison amoureuse se lie entre eux. Mais Sandra semble elle aussi peu à peu éprise de fascination pour la disparition d'Elizabeth Courtland. Thriller vertigineux si fragile de par son ambiance romantique ensorcelante et sa montée en puissance du suspense au fil d'un cheminement davantage ombrageux, Obsession insuffle une irrésistible ambiance ésotérique. Poème mélancolique sur l'amour galvaudé et la perte de l'être aimé, cette oeuvre infiniment prude nous dépeint de prime abord l'impossible deuil d'un veuf taciturne incapable de se pardonner un choix tranché au point d'enchaîner comme conséquence la mort soudaine de sa famille.


Quant à la seconde partie, beaucoup plus inquiétante et fébrile auprès des tourments amoureux des amants, elle nous transfigure un implacable suspense Hitchcockien dont l'issue culmine vers une bouleversante alliance rédemptrice. Scandé de la puissante mélodie orchestrale de Bernard Herrman, aussi suave que suspicieuse,  Obsession nous entraîne dans la contrée touristique de Florence en compagnie de deux amants avides de retrouver un amour éperdu. Mis en scène de manière épurée et baignant dans un lyrisme diaphane parmi ses couleurs voluptueuses, le suspense audacieux savamment instillé est en outre habité par l'interprétation des amants d'infortune. Dans celui du promoteur cossu, Cliff Robertson livre une interprétation bouleversante de par sa présence taciturne si réservée, d'autant plus noyé de chagrin et de culpabilité d'avoir ôté la vie de son épouse. Dans un double rôle équivoque, Geneviève Bujold transmet avec clémence et charme docile le personnage en demi-teinte d'une femme tourmentée par un passé traumatique. Enfin, l'excellent John Lithgow se joue un malin plaisir à se fondre dans le corps d'un homme d'affaire perfide uniquement appâté par le gain. Sa gouaille orgueilleuse et ses ambitions cupides émanant d'un opportunisme couard à daigner déprécier sa victime.


Liens d'amour et de mort 
D'un romantisme lyrique absolu à travers une mélancolie pudibonde, Obsession sillonne un voyage envoûtant où les songes du passé remontent à la surface afin de divulguer un secret éhonté. A travers l'improbable destinée de cet amant assujetti à sa passion amoureuse, Brian De Palma nous façonne finalement un magnifique profil d'amour paternel après nous avoir cruellement piégé au sein d'une conspiration sournoise. Illuminé de la chorale entêtante de Bernard Herrmann et transi d'émoi passionnel auprès du couple Robertson / Bujold, l'obscure obsession confine à la mélopée éperdue. Chef-d'oeuvre de hantise mortifère imprégnée de romantisme obsédant.

Bruno
19.06.12. 4èx

                                      

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