mercredi 30 septembre 2015

UNHINGED

                                                                             Photo empruntée sur Google, appartenant au site vhscollector.com  

de Don Gronquist. 1982. U.S.A. 1h22. Avec Laurel Munson, Janet Penner, Sara Ansley, Virginia Settle, John Morrison, Barbara Lusch.

Sortie salles U.S: 15 Octobre 1982

FILMOGRAPHIE: Don Gronquist est un réalisateur, scénariste et producteur américain.
1982: Unhinged. 1995: The Devil's Keep.


Listé dans la rubrique prohibitive "Video Nasties" à l'aube des années 80, Unhinged s'est inévitablement traîné une réputation de série B horrifique cradingue alors que certains amateurs de l'époque l'ont sans doute dénigré, faute du caractère timoré des séquences les plus sanglantes. Car hormis un final particulièrement choquant et malsain quant à la révélation de l'assassin et le meurtre sauvage qu'il ritualise vulgairement, Unhinged évite de se complaire dans une violence racoleuse en privilégiant l'atmosphère d'inquiétude régie autour d'une bâtisse funèbre. Après leur accident de voiture sur la route d'une campagne isolée, trois jeunes filles se retrouvent hébergées dans la demeure vétuste d'une mère et de sa fille. Mais la nuit, d'étranges respirations importunent leur sommeil quand bien même la disparition de l'une d'entre elles va attiser leur inquiétude. 


Avec son budget étriqué, sa réalisation aussi maladroite qu'intentionnée et ses comédiens amateurs au jeu théâtral, Unhinged ne s'affiche pas sous les meilleures auspices pour frissonner de plaisir. Surfant sur la vague du slasher initié par Halloween et Massacre à la TronçonneuseDon Gronquist privilégie néanmoins une ambiance Hitchcockienne (même si mon allusion au maître peut prêter à sourire !) au sein d'un huis-clos archaïque, à l'instar de l'attitude castratrice d'une mégère imposant sa dictature auprès de sa fille esseulée. Le réalisateur accordant beaucoup de crédit à leurs rapports de discorde avant de s'attarder sur la relation amicale que partagera l'une des convives avec cette dernière. Pendant ce temps, et avant de les blâmer à l'arme blanche, un mystérieux assassin rode autour de la bâtisse en les épiant par la fenêtre ! Avec son rythme languissant et son suspense menu, Unhinged exploite la thématique du dysfonctionnement familial au sein d'une intrigue nébuleuse lorsqu'on nous dévoile les aboutissants d'une révélation traumatique plutôt tirée par les cheveux. Toutefois, grâce à l'inspiration (malhabile) de la réalisation surfant sur le climat fétide de Massacre à la Tronçonneuse (l'entrepôt des macchabées) et le ressort psychologique de Psychose (la schizophrénie de l'assassin), ce point d'orgue cauchemardesque provoque chez le spectateur un sentiment tangible de malaise rehaussé de l'impact graphique d'un meurtre cradingue Spoiler ! ne laissant aucune échappatoire à l'héroïne ! Fin du Spoiler.


Produit d'exploitation au rabais par sa réalisation bricolée et le jeu limité des comédiens, Unhinged parvient néanmoins à cristalliser une ambiance lourde tantôt oppressante, tantôt envoûtante autour d'un obscur huis-clos. Sa dissonance musicale rehaussant l'aspect ombrageux d'un climat gothique aussi feutré que malsain. Pâtissant d'un rythme monocorde, cette curiosité timidement attachante (charme désuet à l'appui) est à réserver en priorité aux nostalgiques aguerris du genre. 

P.S: Pour les intéressés, le métrage est disponible en Dvd en France sous l'effigie Uncut Movies !

Bruno Matéï
3èx



mardi 29 septembre 2015

THE SUICIDE THEORY

                                                                             Photo empruntée sur Google, appartenant au site impawards.com

de Dru Brown. 2014. Australie. 1h38. Avec Steve Mouzakis, Leon Cain, Joss McWilliam, Matthew Scully, Todd Levi, Nicholas G. Cooper, Warwick Comber.

Sortie salles U.S: 10 Juillet 2015

FILMOGRAPHIE: Dru Brown est un réalisateur, scénariste et producteur australien.
2012: Sleeper. 2014: The Suicide Theory.


Seconde réalisation d'un jeune cinéaste australien, The Suicide Theory s'érige en petite oeuvre indépendante créant la surprise par son concept surréaliste (sauvé du ridicule par l'intelligence narrative et psychologique) et l'émotion qui en émane dans les contrariétés des protagonistes en quête de rédemption. Depuis ses tentatives ratées de suicide, Percival engage un tueur afin de mettre un terme à son existence esseulée. Après multiples essais inexplicablement infructueux, son assassin aguerri se prend de compassion pour lui au moment même où leur destinée va adopter une tournure inopinément bouleversante. Nanti d'un climat mélancolique palpable (notamment pour l'ambiance musicale du bar de nuit que notre duo fréquente en intermittence), de par le cheminement existentiel de deux personnages que tout oppose de prime abord, The Suicide Theory aborde les thèmes de l'autodestruction et de la destinée avec une surprenante pudeur.


Le réalisateur prenant soin de brosser leur portrait avec une sensibilité exponentielle, sachant que d'étonnantes révélations sur leur passé tragique nous seront dévoilées au fil de leur aparté psychologique. L'émotion fragile véhiculée par le brio du réalisateur et des deux acteurs nous prenant par surprise au gré d'une tournure d'évènements lourds de conséquences tragiques. Si la première partie du récit amorce une structure prévisible pour les exactions meurtrières du tueur à gages contraint de répéter les homicides sur sa victime increvable (éclairs de violence brutaux à l'appui !), la suite de leurs vicissitudes se focalise sur l'apprentissage de la compassion, l'écoute de l'autre et le respect d'autrui du point de vue de l'assassin en révélation identitaire. Son cheminement partagé entre son impuissance criminelle d'assister le suicidé, son appétence de vengeance et sa nouvelle stature héroïque lui ouvrant la voie de la raison existentielle parmi l'appui d'une destinée acquise d'avance. A travers ce thème métaphysique, le cinéaste tend à nous interroger sur le sens de notre fatalité par le biais des rencontres impromptues, de nos agissements personnels et des drames du quotidien n'ayant rien du fruit du hasard. C'est ce que nous illustre la seconde partie, notamment après nous avoir signalé l'intolérance de l'homophobie et la dépendance à la violence que les ignorants expriment par des pulsions de haine. A travers ce récit d'amitié en ascension compromis par l'inimitié rancunière, Dru Brown poursuit une autre réflexion sur le mal-être suicidaire où pardon, rédemption et culpabilité en seront les vecteurs psychologiques afin de décanter deux tragédies inconsolables.


"Vous avez beaucoup de chance d'être en vie"
Intrigant et captivant pour la tournure singulière des évènements (le scénario faisant preuve d'une structure baroque !), violemment brutal mais rattrapé par une émotion (à fleur de peau) au fil des états d'âme du duo maudit, The Suicide Theory déconcerte l'habitude du spectateur pris entre les mailles d'un drame psychologique inopinément bouleversant. Par le biais du suicide potentiellement salvateur et des conséquences de nos faiblesses (la rancoeur, l'inattention), il en émane un douloureux poème sur la sollicitation du pardon, la repentance criminelle et la logique de notre destinée où le hasard n'a pas lieu d'être. Un choc émotionnel nous prenant par stupeur d'une accablante confrontation entre coupable et victime ! (et inversement !).  

Dédicace à Jen Winter
Bruno Matéï

lundi 28 septembre 2015

MEN IN BLACK

                                                                  Photo empruntée sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Barry Sonnenfeld. 1997. U.S.A. 1h38. Avec Tommy Lee Jones, Will Smith, Linda Fiorentino, Vincent D'Onofrio, Rip Torn, Tony Shalhoub, Tim Blaney, David Cross.

Sortie salles France: 6 Août 1997. U.S: 2 Juillet 1997

FILMOGRAPHIE: Barry Sonnenfeld est un réalisateur américain, acteur, producteur et directeur de la photographie, né le 1er Avril 1953 à New-York. 1991: La Famille Addams. 1993: Les Valeurs de la famille Addams. 1993: Le Concierge du Bradbury. 1995: Get Shorty. 1997: Men in Black. 1999: Wild Wild West. 2002: Big trouble. 2002: Men in Black 2. 2006: Camping Car (RV). 2012: Men in Black 3. 2016: Nine Lives.


Succès planétaire pour ce premier volet d'une illustre franchise, Men in Black est l'adaptation ciné du comics homonyme créé par Lowell Cunningham en 1990. A partir d'un pitch délirant détournant avec dérision la présence d'extra-terrestres au sein de notre société, Men in Black joue la carte de la comédie familiale sous l'autorité de deux agents en noir, experts en filature et traque d'une menace interplanétaire. En cool attitude, Tommy Lee Jones et Will Smith endossant le duo amical avec verve impayable (leur interrogatoire musclé imparti aux commerçants extraterrestres !) et héroïsme stoïque eu égard des gadgets ultra innovants (notamment l'outil permettant d'effacer la mémoire des témoins oculaires) que le doyen Agent K inculque à son équipier en herbe sur le champs de l'action.


Outre le caractère saugrenu de l'intrigue (une créature hostile débarque sur terre pour s'accaparer d'une galaxie préservée par le prince arquilien) et la stature distinguée de nos sympathiques agents secrets, le film tire parti de sa fantaisie grâce à l'univers excentrique décrit avec détails. Epaulé d'effets spéciaux en CGI souvent réussis, Barry Sonnenfield nous ouvre les portes du MIB, une agence ultra secrète surveillant les présences martiennes à travers les galaxies tout en tolérant depuis les années 50 leur arrivée hospitalière pour des milliers d'entre eux. D'une réjouissance sans modération pour les gags inventifs se chevauchant parfois avec l'action de poursuites homériques (le prologue sur les chapeaux de roue, l'échappée automobile au dessus du tunnel), Men in Black met également en appui le portrait insidieux d'une galerie d'E.T à la physionomie fallacieuse. Par le biais de leur investigation et de leur traque à appréhender un dangereux alien, nos agents étant contraints d'interroger (voir débusquer certains d'entre eux) ces E.T à forme humaine. On peut notamment louer la présence du fameux "méchant" de l'histoire, une créature arthropode (un cafard géant nous dévoilera le point d'orgue !) ayant dérobé l'enveloppe humaine d'un fermier après l'avoir tué, mais en l'occurrence dépourvu d'une posture dégingandée dans sa condition corporelle putrescente. Ce zombie extraterrestre provoquant (à l'instar d'un antagoniste du film Hidden !) des accès de violence erratiques lorsqu'il accoure dans les rues new-yorkaises pour se procurer du précieux pendentif !


Grâce à la complicité impayable de notre duo en roue libre, à l'univers excentrique formellement fascinant et à l'inventivité des gags et d'une action échevelée, Men in Black exploite son argument d'anticipation avec une dérision irrésistible. Mené sans répit donc, notamment grâce à l'efficacité d'une réalisation vigoureuse, cet excellent divertissement parvient surtout à réguler l'intérêt par les rencontres impromptues d'E.T de tous horizons que nos agents côtoient avec un flegme amusé. 

La chronique du 3è opus: http://brunomatei.blogspot.fr/2015/10/men-in-black-3.html


Bruno Matéï
4èx

    vendredi 25 septembre 2015

    MISSION IMPOSSIBLE: ROGUE NATION

                                                                                       Photo empruntée sur Google, appartenant au site lyricis.fr

    de Christopher McQuarrie. 2015. U.S.A. 2h12. Avec Tom Cruise, Jeremy Renner, Simon Pegg, Rebecca Ferguson, Ving Rhames, Sean Harris, Simon McBurney.

    Sortie salles France: 12 Août 2015. U.S: 31 Juillet 2015

    FILMOGRAPHIEChristopher McQuarrie est un réalisateur et scénariste américain, né en 1968 à Princeton, New Jersey.
    2000: Way of the Gun. 2012: Jack Reacher. 2015: Mission Impossible: Rogue Nation


    Cinquième volet d'une saga trépidante (plus inventive et attractive à mon sens que la série des James Bond !), Mission Impossible: Rogue Nation relance l'objectif ardu qu'Ethan Hunt doit aujourd'hui surpasser: c'est à dire prouver l'existence d'une organisation criminelle prénommée le Syndicat alors même que la CIA, délibérée à dissoudre l'IMF, se charge de l'appréhender sous l'autorité du gouvernement américain. Tandis qu'Ethan se rend à l'opéra de Vienne pour y déjouer un projet d'attentat contre le chancelier, il est épaulé par son équipier Benji Dunn au moment même où la nouvelle apparition d'une mystérieuse émissaire, Ilsa Faust, continue de semer le doute quant à sa véritable identité et ses mobiles meurtriers.


    Afin d'assurer le spectacle fertile en traquenards, stratagèmes d'espionnage (le centre de données sécurisé imposant une opération sous-marine claustrophobe afin d'y dérober un fichier), manipulations, traîtrises et subterfuges dans les tractations d'une transaction capitale, Christopher McQuarrie équilibre un scénario retors parmi l'intelligence de moult bravoures au service narratif. Outre sa séquence d'ouverture aérienne épique, on peut surtout vanter deux séquences anthologiques où la mise en scène virtuose alterne suspense exponentiel et action chorégraphique avec ce projet d'attentat infiltré en pleine procession théâtrale (hommage non dissimulé à Hitchcock et l'Homme qui en savait trop pour la géométrie scrupuleuse du montage !) puis avec une course-poursuite en motos multipliant itinéraires urbains et routiers avec vigueur aussi fluide qu'effrénée ! Pour épicer la mission de longue haleine (que Tom Cruise rempile avec le même héroïsme outre-mesure !) engagée dans la traque du magnat Solomane Lane (Sean Harris s'avère délectable de prétention avec son faciès monolithique !), l'aventure est également compromise parmi l'ambivalence d'un personnage féminin (remarquablement campée par la charmante et flegmatique Rebecca Ferguson). Une espionne pugnace redoutablement finaude dans son art de distiller l'ambiguïté auprès de ses supérieurs et de la compagnie MFI par un sang froid infaillible !


    Mené sur un rythme alerte ne laissant nul répit au spectateur, Mission Imposisble: Rogue Nation parvient à se démarquer de la routine grâce à ses séquences d'action renversantes (l'improbabilité de la bravoure s'insinue dans le domaine du crédible grâce à l'humour, l'inventivité et le réalisme d'une réalisation avisée) et la dextérité d'un scénario où protagonistes et antagonistes se disputent l'autorité avec une diabolique sagacité. Du Blockbuster intelligent donc d'une redoutable efficacité quand bien même le charisme distingué des comédiens s'y prête fougueusement avec une détermination en roue libre. 

    Bruno Matéï

    jeudi 24 septembre 2015

    LIAISON FATALE

                                                                                   Photo empruntée sur Google, appartenant au site movieposter.com

    "Fatal Attraction" d'Adrian Lyne. 1987. U.S.A. 1h59. Avec Michael Douglas, Glenn Close, Anne Archer, Ellen Hamilton Latzen, Stuart Pankin, Ellen Foley.

    Sortie salles France: 27 Janvier 1988 (Interdit aux - de 12 ans). U.S: 18 Septembre 1987.

    FILMOGRAPHIE: Adrian Lyne est un réalisateur et producteur britannique, né le 4 Mars 1941 à Peterborough (Grande Bretagne).
    1980: Ca plane les filles. 1983: Flashdance. 1986: 9 semaines et demi. 1987: Liaison Fatale. 1990: L'Echelle de Jacob. 1993: Proposition Indécente. 1997: Lolita. 2002: Infidèle. Prochainement: Back Roads.


    Phénomène de société au succès international mérité, Liaison Fatale préfigure le thriller érotique moderne en cette fin des années 80 bien qu'il s'inspirait déjà du pitch d'Un frisson dans la nuit réalisé par Clint Eastwood en 1971. Selon une récente enquête (2014) menée par Médiamétrie, plus de 13,27 millions de français auraient (re)vu le 7 Novembre 1993 à la télévision le thriller d'Adrian Lyne. Un réalisateur d'origine anglaise s'étant fait d'abord connaître avec des spots publicitaires avant de mettre en scène un drame de la jeunesse sur fond de sexe et de drogue, Ca plane les filles. C'est dire si ce phénomène planétaire nominé aux oscars marqua les esprits, principalement au niveau du magnétisme qu'invoque le duo torride et l'acuité d'un suspense dramatique toujours plus éprouvant.


    Prenant pour thème l'adultère du point de vue d'un notable respecté par sa profession et son équilibre familial, Liaison Fatale met en exergue une confrontation au sommet entre cet époux infidèle et une aguicheuse psychotique que Michael Douglas et Glenn Close endossent avec pugnacité galvanisante. Ce couple maudit étant littéralement habité par leurs pulsions de haine après s'être laissés attendrir par leur désir sexuel dans une passion dévorante. Nanti d'une tension progressive pour les harcèlements imposés à cet avocat contrarié, l'intrigue puise sa densité dans les rapports discordants qu'entretiennent successivement nos deux antagonistes avant l'explosion de violence d'une vendetta criminelle. Mis en scène de façon circonspecte pour son habileté à distiller un climat anxiogène particulièrement vénéneux, Adrian Lyne exploite sa trame érotique (la 1ère partie redouble de sensualité torride dans les étreintes sexuelles échangées entre amants !) par le biais d'une direction d'acteurs infaillibles (notamment des seconds-rôles à la riche dimension humaine) et d'une intrigue nauséeuse où la passion amoureuse est traitée ici d'un point de vue pathologique. D'une riche efficacité pour son rythme envoûtant, le cheminement narratif emprunte donc le sentier d'une lente descente aux enfers que l'époux infidèle va vainement tenter de remonter avec un flegme compromis au sentiment d'impuissance. La maîtresse psychotique redoublant de perversité à humilier son ancien partenaire avec des provocations toujours plus audacieuses. Le cinéaste prenant également soin d'aborder la crise conjugale du point de vue de l'épouse trahie (intensité dramatique sans pathos à l'appui !)  tout en soulignant une réflexion sur le pardon que cette dernière est prête à tolérer face à une situation inopinément délétère.


    "L'amour, quand c'est trop fort, ça peut faire peur, très peur !"
    Admirablement servi par deux acteurs époustouflants de charisme séducteur et de dépit solennel (Glenn Close s'avérant si inquiétante qu'elle fut menacée par lettres auprès d'une gente féminine après la sortie du film !) et dirigé avec brio par un cinéaste appliqué, Liaison Fatale exploite avec une belle efficacité son suspense horrifique où l'érotisme exaltant de la première partie n'était qu'un simulacre pour mieux nous converger vers une dérive psychotique à la terreur expansive. Fort de sa réputation notoire, ce thriller éprouvant n'a toujours rien perdu de son aura malsaine et de sa vigueur éprouvante. Un classique du genre à contre-courant du thriller lucratif pour midinettes ! 

    Bruno Matéï
    3èx 

    mercredi 23 septembre 2015

    TENEBRES

                                                                       Photo empruntée sur Google, appartenant au site silverferox.blogspot.com

    "Tenebre" de Dario Argento. 1982. Italie. 1h41. Avec Anthony Franciosa, Daria Nicolodi, John Saxon, John Steiner, Giuliano Gemma, Carola Stagnaro, Christiano Borromeo, Veronica Lario.

    Sortie salles France: 27 Avril 1982. Italie: 28 Octobre 1982. Interdit au - de 18 ans lors de sa sortie.

    FILMOGRAPHIE: Dario Argento est un réalisateur et scénariste italien né le 7 septembre 1940, à Rome (Italie). 1969: l'Oiseau au plumage de Cristal, 1971: Le Chat à 9 queues, Quatre mouches de velours gris, 1973: 5 Jours à Milan, 1975, Les Frissons de l'Angoisse, 1977: Suspiria, 1980: Inferno, 1982: Ténèbres, 1985: Phenomena, 1987: Opera, 1990: 2 yeux Maléfiques, 1993: Trauma, 1996: Le Syndrome de Stendhal, 1998: Le Fantome de l'Opéra, 2001: Le Sang des Innocents,2004: Card Player, 2005: Aimez vous Hitchcock ?, 2005: Jennifer (épis Masters of Horror, sais 1), 2006: J'aurai leur peau (épis Masters of Horror, sais 2), 2006: Mother of Tears, 2009: Giallo, 2011: Dracula 3D.


    Les artistes restent seuls, car le monde réel n'est pas le leur.
    Fleuron du Giallo moderne qu'Argento transcende avec une fulgurance stylisée, entre onirisme macabre et surréalisme expérimental (le fameux clip réalisé à la Louma auscultant de l'extérieur une demeure du point de vue du tueur !), Ténèbres tire ses lettres de noblesse au thriller transalpin sous l'influence d'un alchimiste inspiré par son expérience vécue ! Celle de la rencontre impromptue avec un fan obsessionnel qui le harcela au téléphone au point de lui avouer son désir de le tuer ! L'intrigue retraçant ici les vicissitudes d'un illustre écrivain américain venu séjourner à Rome afin de promouvoir son dernier bouquin, Ténèbres, au moment d'être persécuté par un mystérieux individu. Au même instant, un dangereux criminel s'en prend à de jeunes femmes lubriques alors que l'inspecteur Germani s'intéresse de près au contenu misogyne du roman de Peter Neal. 


    Scandé par le score électronique de Simonetti, Pignatelli et Moprantes, anciens membres du groupe Goblin, ce néo-giallo sublimé par la limpidité d'une photo tantôt azur tantôt opaline tranche net avec le pourpre des meurtres sanguins. Chargé d'un érotisme sensuel pour la stature dénudée d'actrices italiennes aux yeux félins et pour la ritualisation de leur châtiment perpétré par un misogyne incurable, Ténèbres réexploite les codes du Giallo avec un lyrisme audacieux. De par ce parti-pris moderniste de renouveler le genre parmi l'architecture d'une scénographie urbaine (mais aussi écolo !) tantôt onirique, tantôt surréaliste ! A l'instar de cette course poursuite nocturne rendue incandescente sous éclairage azur lorsqu'une héroïne est contrainte d'échapper à la menace d'un doberman alors que le tueur se prépare à l'alpaguer ! Cette frénésie cruelle redoublant d'intensité lorsque cette dernière ira se jeter dans la gueule du tueur en s'isolant dans sa propre demeure ! Concerto visuel et musical d'une horreur picturale semblable au gigantesque video-clip, Argento le compile avec la démesure infaillible d'une succession de meurtres aussi percutants que fébriles. Le spectateur étant cerné par ces images en ayant l'impossibilité d'échapper au sacre de l'artiste ! La sensualité du désir féminin se mêlant à la cruauté morbide des exactions d'un voyeur répugnant la perversité sexuelle avant de brouiller les pistes Spoiler ! d'une révélation bicéphale Fin du Spoiler


    La vision est l'art de voir les choses invisibles.
    A partir d'une intrigue orthodoxe conforme à la tradition du genre, Dario Argento transfigure le giallo avec le parti-pris moderniste de sensualiser la forme dans des teintes froides et rassurantes, quand bien même le gore festif (l'anthologie du bras sectionné auquel la victime moribonde viendra tapisser de rouge la virginité d'un mur !) explose l'écran parmi l'efficacité d'un script aussi vénéneux qu'insidieux ! 

    Dédicace à Mathias Chaput
    Bruno Matéï
    6èx

    mardi 22 septembre 2015

    FRENCH CONNECTION. Oscar du Meilleur Film,1972.

                                                                               Photo empruntée sur Google, appartenant au site nearpictures.com

    de William Friedkin. 1971. U.S.A. 1h43. Avec Gene Hackman, Roy Scheider, Fernando Rey, Marcel Bozzuffi, Tony Lo Bianco, Frédéric de Pasquale, Bill Hickman, Harold Gary.

    Sortie salles France: 14 Janvier 1972. U.S: 9 Octobre 1971

    FILMOGRAPHIE: William Friedkin est un réalisateur, scénariste et producteur de film américain, né le 29 août 1935 à Chicago (Illinois, États-Unis). Il débute sa carrière en 1967 avec une comédie musicale, Good Times. C'est en 1971 et 1973 qu'il connaîtra la consécration du public et de la critique avec French Connection et L'Exorciste, tous deux récompensés aux Oscars d'Hollywood.
    1967: Good Times. 1968: l'Anniversaire. 1968: The Night they Raided Minsky's. 1970: Les Garçons de la bande. 1971: French Connection. 1973: l'Exorciste. 1977: Le Convoi de la peur. 1978: Têtes vides cherchent coffres pleins. 1980: The Cruising. 1983: Le Coup du Siècle. 1985: Police Fédérale Los Angeles. 1988: Le Sang du Châtiment. 1990: La Nurse. 1994: Blue Chips. 1995: Jade. 2000: l'Enfer du Devoir. 2003: Traqué. 2006: Bug. 2012: Killer Joe.


    Traque infernale de deux flics délibérés à déjouer une organisation mafieuse comprenant les plus grands dealers de drogue à l'aube des Seventies, French Connection nous laisse le souffle coupé par son souci documentaire d'une mise en scène tirée au cordeau sous l'impulsion alerte de deux acteurs habités par la gagne. Gene Hackman endossant avec une hargne viscérale un détective sur le qui-vive des faits et gestes de ces rivaux, particulièrement Alain Charnier, contrebandier français à la tête du cartel d'héroïne, aujourd'hui chargé d'importer 32 millions de dollars de drogue sur le territoire ricain. Dans son appui professionnel et amical Roy Scheider lui prête la vedette avec une pugnacité plus avisée sachant par ailleurs que son compère aura décidé d'en tirer une affaire personnelle afin de se venger des brocards d'Alain Charnier (Fernando Ray s'avérant délectable de flegme et sournoiserie finauds en baron de la drogue !).


    Modèle de rigueur pour sa mise en scène virtuose, William Friedkin renouvelle en 1971 le genre policier avec le parti-pris obsessionnel de prôner un réalisme documentaire. C'est à dire transfigurer avec une précision chirurgicale une filature de longue haleine qu'entreprennent ardemment Popeye et Cloudy avant de se laisser entraîner vers les traques homériques instaurées en plein centre urbain. A cet égard, la séquence de poursuite automobile que Popeye doit arpenter afin d'alpaguer un dangereux criminel s'avère d'une intensité toujours inégalée pour la vigueur auquel Friedkin fait preuve face à un itinéraire routier semé d'embûches. Par le biais d'un découpage à couper au rasoir et ce sentiment permanent d'improvisation régi autour d'une population figurante, le cinéaste chronomètre le caractère inédit d'une poursuite infernale sachant que dans sa détermination primitive, Popeye s'efforce de suivre en véhicule le cheminement ferroviaire d'un train pris en otage. Bien avant cette séquence anthologique filmée à l'arraché, Friedkin aura pris soin de nous captiver parmi l'autorité draconienne de deux détectives chargés de prendre en filature jours et nuits les plus grands leaders du trafic de drogue. Grâce à cette réalisation alerte aussi maîtrisée que novatrice exploitant New-York comme un dédale tentaculaire, Friedkin parvient à rendre passionnante une traque policière de grande ampleur, entre deux descentes musclées au sein de bars malfamés et les règlements de compte sanglants entre mafia et force de l'ordre. A ce titre, ses éclairs de violence souvent spectaculaires font également preuve d'un réalisme couillu pour l'époque, à l'instar d'un tragique accident de voiture pris sur le vif sur l'aile d'une autoroute ! 


    Pourvu d'un suspense hypnotique et d'une intensité haletante sous l'impulsion névralgique de deux acteurs au sommet de leur carrière, French Connection inscrit sur pellicule l'un des faits divers les plus notoires d'une guerre (inlassable) contre la drogue avec un réalisme toujours aussi cinglant !  

    Bruno Matéï
    4èx

    Récompenses: Oscars du Meilleur Film, Meilleur Réalisateur, Meilleur Acteur, Meilleur Scénario adapté, Meilleur Montage en 1972

    lundi 21 septembre 2015

    FREDDY SORT DE LA NUIT

                                                                          Photo empruntée sur Google, appartenant au site avoir-alire.com 

    "New Nightmare" de Wes Craven. 1994. U.S.A. 1h52. Avec Heather Langenkamp, Robert Englund, Miko Hughes, Wes Craven, John Saxon, Robert Shaye.

    Sortie salles France: 4 Mai 1995. U.S: 14 Octobre 1994.

    FILMOGRAPHIE: Wesley Earl "Wes" Craven est un réalisateur, scénariste, producteur, acteur et monteur né le 2 Aout 1939 à Cleveland dans l'Ohio.
    1972: La Dernière maison sur la gauche, 1977: La Colline a des yeux, 1978: The Evolution of Snuff (documentaire), 1981: La Ferme de la Terreur, 1982: La Créature du marais, 1984: Les Griffes de la nuit, 1985: La Colline a des yeux 2, 1986: l'Amie mortelle, 1988: l'Emprise des Ténèbres, 1989: Schocker, 1991: Le Sous-sol de la peur, 1994: Freddy sort de la nuit, 1995: Un Vampire à brooklyn, 1996: Scream, 1997:Scream 2, 1999: la Musique de mon coeur, 2000: Scream 3, 2005: Cursed, 2005: Red eye, 2006: Paris, je t'aime (segment), 2010: My soul to take, 2011: Scream 4.


    Pratiquant la mise en abyme afin de redonner un second souffle à la franchise, Wes Craven se prend un malin plaisir à détourner son mythe fondateur à travers un récit ombrageux où réalité et fiction continuent de se juxtaposer mais de manière plus leste que les antécédents opus. Car en l'occurrence, le célèbre croquemitaine a décidé de s'extirper de la pellicule afin de venir bouleverser la quotidienneté des véritables acteurs du premier volet ! Ou comment un monstre issu du fantasme d'un cinéaste parvient finalement à se matérialiser par sa volonté (celle du scénariste Wes Craven) pour prendre sa revanche sur ses créateurs l'ayant vulgairement réduit au monstre ricaneur ! D'où sa réflexion sur les ficelles du cinéma, l'addiction des fans hystériques et la démarche mainstream des suites à succès uniquement conçues pour engranger les dollars !


    Illustre héroïne du premier volet, on retrouve avec plaisir Heather Langenkamp interprétant dans son propre rôle avec toujours autant d'aplomb et de détermination une actrice maternelle confrontée à sa paranoïa d'une intuition improbable (la résurrection de Freddy délibéré à s'extraire de son inconscient pour s'introduire dans la réalité) quand bien même son fils est sujet à d'horribles cauchemars l'incitant à adopter un comportement pathologique de plus en plus schizophrène. Par le biais de ce témoin candide, Freddy en profite pour le molester avec endurance afin d'attiser la génitrice vers une ultime confrontation. C'est autour de ses rapports dysfonctionnels et du danger tacite que Wes Craven agence son intrigue afin de privilégier l'efficacité de l'expectative évitant le plus longtemps l'apparition escomptée (et redoutée) de l'homme aux griffes d'acier ! Grâce à la posture affirmée d'Heather Langenkamp et à l'aimable participation des seconds rôles (Wes Craven himself, Robert Englund et John Saxon), le film parvient à soutenir l'intérêt d'une tension sous-jacente en ascension. Notamment en surfant sur les clins d'oeil et références au premier volet, telle cette confusion du rêve et de la réalité que notre héroïne et son rejeton éprouvent avant les estocades (notamment celle en interne hospitalier) d'une dernière partie plus homérique et sanglante (on fera l'impasse sur quelques CGI foireux).


    Peut-être moins ambitieux que ne le laissait affirmer son script et beaucoup moins terrifiant que son modèle (alors que le boogeyman se prétend ici plus sombre !), Freddy sort de la nuit s'avère toutefois suffisamment efficace, divertissant et plutôt intelligent pour sa conduite narrative et ses thèmes abordés (notamment l'emprise de la fiction à travers notre quotidienneté) afin de nous contenter. Wes Craven s'interrogeant notamment avec scrupule sur sa responsabilité morale d'avoir engendré une franchise horrifique aussi lucrative qu'éculée ! (nos chères têtes blondes discernant aussi le mythe à l'instar du Père-noël ou de King-Kong !)

    Bruno Matéï
    3èx 

      vendredi 18 septembre 2015

      L'AU-DELA (The Beyond)

                                                                                    Photo empruntée sur Google, appartenant au site impawards.com

      "E tu vivrai nel terrore - L'aldilà" de Lucio Fulci. 1981. Italie. 1h27. Avec Catriona MacColl, David Warbeck, Cinzia Monreale, Antoine Saint-John, Veronica Lazar, Anthony Flees, Giovanni De Nava, Al Cliver.

      Sortie salles France: 14 Octobre 1981. Italie: 29 Avril 1981. Interdit aux - de 18 ans lors de sa sortie.

      FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Lucio Fulci est un réalisateur, scénariste et acteur italien, né le 17 juin 1927 à Rome où il est mort le 13 mars 1996. 1966: Le Temps du Massacre, 1969 : Liens d'amour et de sang , 1971 : Carole, 1971: Le Venin de la peur,1972 : La Longue Nuit de l'exorcisme, 1974 : Le Retour de Croc Blanc, 1975: 4 de l'Apocalypse, 1976: Croc Blanc, 1977 : L'Emmurée vivante, 1979: l'Enfer des Zombies, 1980 : la Guerre des Gangs, 1980 : Frayeurs, 1981 : Le Chat noir, 1981 : L'Au-delà, 1981 : La Maison près du cimetière , 1982 : L'Éventreur de New York , 1984 : 2072, les mercenaires du futur, Murder Rock, 1986 : Le Miel du diable , 1987 : Aenigma, 1988 : Quando Alice ruppe lo specchio, 1988 : les Fantomes de Sodome, 1990 : Un chat dans le cerveau, 1990 : Demonia, 1991 : Voix Profondes, 1991 : la Porte du Silence..


      Spectacle (enchanteur) de poésie morbide autour d'une scénographie gothique aussi ensorcelante qu'anxiogène (l'hôtel bucolique de la Nouvelle-Orléans et ses chambres poussiéreuses), L'Au-delà est entré au fil des décennies au panthéon du genre alors qu'à sa sortie il fut souvent dénigré à tort comme une vulgaire série B à la violence aussi gratuite qu'obscène. Revoir pour la énième fois ce mastodonte putrescent sans jamais se lasser de son impact visuel (intensité renforcée des maquillages hallucinés de Giannetto De Rossi !), sensoriel (l'impact olfactif de nos cadavres purulents !) et auditif (Fabio Frizzi se déchaînant à composer un contrepoint musical tantôt lancinant, tantôt mélodique !), prouve à quel point Lucio Fulci était un génie passé maître dans l'art de rationaliser notre peur intrinsèque, la hantise de la mort et de sa putréfaction corporelle. 


      Cette angoisse du néant, ce rapport viscéral au trépas, cette effluve nauséabonde émanant de cadavres décrépits ou de corps fraîchement torturés, l'Au-delà l'inscrit sur pellicule rubigineuse (photo sépia de Sergio Salvati à l'appui !) par le biais d'une caméra chirurgicale auscultant les plaies déchiquetées de l'agonie humaine. Si l'intrigue simpliste, voir incohérente diront certains, n'est qu'un prétexte à étaler à intervalle régulier des mises à mort d'anthologie jamais vues au préalable (même la séquence des araignées parfois décriée pour la facture mécanique d'une ou deux figurines parvient miraculeusement à nous transir d'émoi !), Lucio Fulci parvient à la transcender grâce à la symétrie d'une mise en scène étonnement stylisée (on peut prôner par exemple la mémorable fantasmagorie routière lorsque Emilie et son berger allemand se figent au milieu d'une chaussée sans destination !). Ou comment également réussir l'exploit de transfigurer les pires sévices crapoteux grâce à la beauté sulfureuse d'une poésie mortifère dédiée au spectacle pestilentiel (inoubliable supplice du bain d'acide consumant délicatement le visage d'une veuve avant de laisser écouler sur le sol une mousse crémeuse d'un rouge pastel !). Hymne effronté à la cruauté organique (le martyr christique de Schweick transgresse la morale d'une justice dépravée !), cantique à la mort mais aussi à la plénitude du repos éternel (voir l'épilogue fantasmatique décrivant avec une sidérante poésie picturale la vision du néant, représentation graphique du tableau de Schweick !), sarabande infernale de zombies en ascension (leur déambulation iconique au sein de l'hôpital provoque un malaise pétrifiant) auquel l'enfer entrouvre l'une de ses portes pour laisser libre court aux rituels meurtriers, l'Au-délà empoisonne ses personnages sous l'impulsion d'une entité fétide tout en les confrontant avec des phénomènes surnaturels nonsensiques ! La fresque du peintre (métaphore de l'enfer !) n'étant finalement que la prémonition de ces suppliciés que Fulci nous matérialise avec une fulgurance sépulcrale. 


      L'Etrange couleur des larmes de ton corps
      En dépit de la superficialité des dialogues et d'une direction d'acteurs perfectibles que leur charisme inquiétant parvient malgré tout à rehausser, l'Au-delà réussit l'exploit de nous parfaire le plus beau poème morbide jamais inscrit sur pellicule. Ou à l'instar de l'opéra gracile Suspiria et à travers la splendeur du néant, comment ornementer les pires sévices du châtiment humain par le biais d'une féerie macabre et d'un climat funèbre aussi évocateur que lyrique ! Envoûtant, angoissant et effrayant (Emilie entourée d'un quatuor de zombies gutturaux en interne de son salon, le plombier surgissant de la baignoire pour énucléer la domestique !), l'Au-delà est également sublimé par la présence suave de Catriona MacColl avec l'influence symbolique d'une non-voyante échappée de l'enfer. 

      Dédicace à Christina MassartMathias Chaput et Boss Ju
      Bruno Matéï. 5èx

      La critique de Mathias Chaput:
      Véritable ode à la putréfaction, « l’au-delà » est le meilleur film de Fulci à ce jour…
      Doté d’un onirisme incroyable et omniprésent (suffit de voir la fin du film pour comprendre que tout ceci n’était qu’un rêve !), le spectateur navigue entre irréel, horreur, angoisse et fascination…
      Tout est relaté merveilleusement, avec des morceaux de bravoure incroyable (notamment les scènes dans l’hôpital) , certaines séquences témoignent de l’horreur pure (les araignées), et les comédiens sont tous bien impliqués dans leurs rôles, laissant transparaitre leur angoisse et leur incompréhension face à des phénomènes qui les dépassent…
      De nos jours, certains le trouveront désuet et daté, ceci dit il ne faut pas occulter que « L’au-delà » est un pan du cinéma d’horreur d’auteur, véritable pilier, véritable renaissance d’un genre à son apogée vers le début des eighties !
      Un film de puriste en somme… pas donné à tout le monde !
      Dans ce paysage actuel de remakes à tout va, il est parfois bon de se replonger dans les œuvres des maitres, des dieux du gore !
      Et Fulci fait partie de cette catégorie …
      Certaines mauvaises langues diront que le maestro a pompé religieusement « Shining » (le coup de la chambre) ou « Suspiria » (le chien dévorant l’aveugle), en attendant il a su insufflé à son métrage un côté épique et surdimensionné dans l’horreur ultime !
      Considérons qu’il était littéralement en état de grâce et qu’il a accouché de quelque chose qui se vit, une EXPERIENCE, l’aboutissement d’une carrière donnant naissance à une perle, un morceau cristallin, reléguant tous les autres films du genre au rang inférieur et marquant la pierre tombale d’un certain cinéma populaire !
      Surprenant, exerçant une fascination empathique encore maintenant, « L’au-delà » est d’une puissance, d’une beauté et d’un impact hors du commun !!!!
      A voir religieusement…
      10/10 intemporel

      jeudi 17 septembre 2015

      IN THE CUT

                                                                                                Photo empruntée sur Google, appartenant au site ebay.com

      de Jane Campion. 2003. U.S.A/Australie/Angleterre. 1h58. Avec Meg Ryan, Mark Ruffalo, Nick Damici, Jennifer Jason Leigh, Micheal Nuccio, Sharrieff Pugh, Heather Litteer, Patrice O'Neal, Kevin Bacon.

      Sortie salles France: 5 Novembre 2003. U.S: 22 Octobre 2003.

      FILMOGRAPHIE: Jane Campion est une réalisatrice et scénariste néo-zélandaise, née le 30 Avril 1954 à Wellington. 1989: Sweetie. 1990: Un Ange à ma table. 1993: La leçon de piano. 1996: Portrait de Femme. 1999: Holly Smoke. 2003: In the Cut. 2009: Bright Star.


      Réalisatrice reconnue par la critique avec Un Ange à ma Table (Grand Prix du Jury à la Mostra de Venise, 90) et la Leçon de Piano (Palme d'Or, Cannes 93), Jane Campion change de registre en 2003 pour emprunter le mode du thriller avec In the Cut, d'après un roman de Susanne Moore. Prenant pour interprète principale l'illustre Meg Ryan dévoilée ici sans maquillage dans un rôle à contre-emploi de son image charmeuse et romantique, Jane Campion nous brosse un portrait de femme indépendante en perdition. Celle d'une professeur de lettres égarée entre sa solitude, son passé familial galvaudé et ses rencontres sexuelles sans lendemain. Meg Ryan, quasi méconnaissable, donnant corps à son personnage apathique avec une émotion contenue, une sensibilité contrariée et un tempérament versatile. Témoin malgré elle des exactions sordides d'un serial-killer démembrant ses victimes, le détective Malloy est contraint de l'interroger, faute du premier crime perpétré sous la fenêtre de son appartement. Rapidement, Frannie se laisse courtiser par ce dernier pour entamer avec consentement une relation lubrique. Mais l'arrogance du meurtrier à l'affût de ses déplacements ainsi qu'un 3è crime crapuleux vont bouleverser sa banale quotidienneté. 


      Thriller singulier dans la forme puisque le film esthétiquement crépusculaire se morfond dans un climat anxiogène indicible, In the Cut est une errance au bout de l'enfer urbain qu'une femme esseulée va emprunter de manière impromptue par sa fragile influence et ses rencontres plus ou moins marginales (si on excepte sa relation intrigante avec l'inspecteur Malloy). Chargé d'un érotisme torride par le biais de séquences charnelles particulièrement sensorielles, l'intrigue oppose les étreintes sexuelles à l'horreur de situations crapoteuses parmi l'errance d'une héroïne facilement malléable. Avec le parti-pris de réfuter les conventions du genre, Jane Campion s'intéresse surtout à fignoler son cadre urbain entaché d'une aura glauque vénéneuse autour de l'évolution ambivalente de Malloy et Franny, communément épris d'idylle entre jeux sexuels et désirs éthérés. Nanti d'un langage parfois cru et même de l'utilisation audacieuse d'inserts X lors d'une séquence clef confinée dans les toilettes d'un bar, la réalisatrice sème trouble et malaise afin de désorienter le spectateur embarqué dans une investigation policière à la progression indécise. Exploitant avec subtilité suspense latent, angoisse palpable et tension sous-jacente, In the Cut hypnotise les sens du spectateur parmi l'habileté machiavélique d'une réalisation auteurisante faisant honneur à l'étude caractérielle (l'identité de l'assassin s'avérant finalement peu louable). Avec son atmosphère aussi glauque que feutrée régie au coeur d'un New-York ombrageux et parmi les motivations lubriques de personnages (seconds-rôles à l'appui !) ne prêtant pas à la quiétude, le spectateur observe cette jungle avec l'impuissance de prêter main forte à notre héroïne vulnérable.


      L'amour en berne
      Angoissant et oppressant, sensuel et provocant, malsain et éprouvant (l'épicentre traumatique s'avère d'une intensité dramatique aussi rigoureuse que bouleversante !), In the Cut bouscule les habitudes du spectateur impliqué dans un thriller d'un érotisme instable, de par les frustrations sexuelles et la désillusion des protagonistes en dépit amoureux. Sans doute un des thrillers les plus marquants des années 2000 malgré sa retenue publique. 

      Dédicace à Arnaud Kovac
      Bruno Matéï
      2èx

      mercredi 16 septembre 2015

      A TOMBEAU OUVERT

                                                                                    Photo empruntée sur Google, appartenant au site cineclap.free.fr

      "Bringing Out the Dead" de Martin Scorsese. 1999. U.S.A. 2h00. Avec Nicolas Cage, Patricia Arquette, John Goodman, Ving Rhames, Tom Sizemore, Marc Anthony, Cliff Curtis.

      Sortie salles France: 12 Avril 2000. U.S: 22 Octobre 1999.

      FILMOGRAPHIE: Martin Scorsese est un réalisateur américain né le 17 Novembre 1942 à Flushing (New-york). 1969: Who's That Knocking at my Door, 1970: Woodstock (assistant réalisateur), 1972: Bertha Boxcar, 1973: Mean Streets, 1974: Alice n'est plus ici, 1976: Taxi Driver, 1977: New-York, New-York, 1978: La Dernière Valse, 1980: Raging Bull, 1983: La Valse des Pantins, 1985: After Hours, 1986: La Couleur de l'Argent, 1988: La Dernière Tentation du Christ, 1990: Les Affranchis, 1991: Les Nerfs à vif, 1993: Le Temps de l'innocence, 1995: Un voyage avec Martin Scorsese à travers le cinéma américain, 1995: Casino, 1997: Kundun, 1999: Il Dolce cinema -prima partie, A Tombeau Ouvert, 2002: Gangs of New-York, 2003: Mon voyage en Italie (documentaire), 2004: Aviator, 2005: No Direction Home: Bob Dylan, 2006: Les Infiltrés, 2008: Shine a Light (documentaire), 2010: Shutter Island. 2011: Hugo Cabret. 2013: Le Loup de Wall Street.


      Oeuvre à part dans la carrière de Martin Scorcese, de par son climat mortifère aussi envoûtant que déconcertant, ainsi qu'un cheminement narratif imbibé de mélancolie existentielle, A Tombeau Ouvert s'édifie en expérience surréaliste à tendance spirituelle. Ambulancier noctambule, Frank Pierce côtoie la mort chaque nuit lorsqu'il tente de secourir des blessés caractérisés par des marginaux suicidaires, vieillards avinés, trafiquants de drogue, délinquants criminels et sdf psychotiques. Ereinté par la fatigue et angoissé à l'idée de ne pouvoir sauver plus de vie, il sombre dans une perpétuelle morosité avant de se raccrocher à la compagnie amicale d'une jeune fille en berne. 


      Humour noir sous acide, personnages extravagants aux comportements non-sensiques, ambiance crépusculaire d'un New-York hanté par les âmes des défunts, A Tombeau Ouvert bouscule l'habitude du spectateur tributaire du bad trip d'un secouriste égaré dans sa névrose paranoïaque. Celle de témoigner chaque nuit de la mort d'autrui, d'entendre par télépathie le cri salvateur d'un mourant réfutant l'idée de survivre, quand bien même la famille se morfond dans l'angoisse de craindre le trépas. Au milieu de cette situation sinistrée où les cadavres viennent remplir chaque jour les morgues des hôpitaux, notre héros insomniaque tente timidement de se réconforter auprès d'une âme en peine, une jeune fille toute aussi aigrie à l'idée de se rapprocher de la mort. Baroque, stylisée, alambiquée, la mise en scène inventive de Scorsese se voue à désincarner la scénographie cauchemardesque d'une cité urbaine abritant les plus défavorisés avant de les soutirer à la vie. Outre sa facture blafarde particulièrement tangible rehaussée d'une photo fiévreuse, A Tombeau Ouvert est également privilégié du talent de ses interprètes s'adaptant naturellement à leur posture fragile. Nicolas Cage endossant avec humanisme sentencieux un ambulancier en perdition morale car partagé entre             l'amertume morbide et l'abattement besogneux à perdurer sa quotidienneté professionnelle. Patricia Arquette lui prêtant la vedette avec une vulnérabilité toute aussi précaire dans sa fonction esseulée de fille paumée. 


      Rendez-vous avec la mort
      Baroque, décalé, excentrique, ténébreux, mélancolique et anxiogène, A Tombeau Ouvert n'a pas pour ambition de caresser le spectateur dans le sens du poil, faute notamment d'une ambiance dépressive émanant des états d'âme du héros ainsi qu'une narration alerte aux situations débridées. Martin Scorsese interrogeant incessamment la conscience de ses témoins sur la difficulté d'apprivoiser la mort et sa fatalité parfois cruelle avant de se raccrocher à une idéologie christique. Une oeuvre profonde aussi fragile que délicate comme le souligne sa réflexion existentielle sur le sens de la mort.  

      Bruno Matéï
      3èx

      mardi 15 septembre 2015

      TUEURS NES. Grand Prix Spécial du Jury, Mostra de Venise, 1994.

                                                                             Photo empruntée sur Google, appartenant au site moviepostershop.com 

      "Natural Born Killers" d'Oliver Stone. 1994. U.S.A. 2h02 (Director's Cut). Avec Woody Harrelson, Juliette Lewis, Tom Sizemore, Tommy Lee Jones, Rodney Dangerfield, Everett Quinton, Jared Harris, Pruitt Taylor Vince, Edie McClurg, Russell Means, Lanny Flaherty, Robert Downey Jr.

      Sortie salles France: 21 Septembre 1994. U.S: 26 Août 1994

      FILMOGRAPHIE: Oliver Stone (William Oliver Stone) est un réalisateur, scénariste et producteur américain né le 15 septembre 1946 à New-York.
      1974: La Reine du Mal, 1981: La Main du Cauchemar, 1986: Salvador, Platoon, 1987: Wall Street, 1988: Talk Radio, 1989: Né un 4 Juillet, 1991: Les Doors, 1991: JFK, 1993: Entre ciel et Terre, 1994: Tueurs Nés, 1995: Nixon, 1997: U-turn, 1999: l'Enfer du Dimanche, 2003: Comandante (Doc), 2003: Persona non grata, 2004: Looking for Fidel (télé-film), 2004: Alexandre, 2006: World Trade Center, 2008: W.: l'Impossible Président, 2009: Soul of the Border, 2010: Wall Street: l'argent ne dort jamais. 2012. Savages.


      Film culte à la polémique tempétueuse dès sa sortie en raison de sa violence triviale ultra sarcastique, Tueurs Nés traite de ce thème du point de vue psychotique d'un couple de serial-killers engagés à éradiquer la vie d'autrui avant de succomber à leur romance. Trip expérimental d'une fulgurance visuelle exubérante (foisonnance de plans rapides et concis modifiant sans prévenir texture et colorimétrie de l'image !), cocktail au vitriol d'humour noir, d'action cartoonesque et d'ultra violence décomplexée, Oliver Stone allie l'hyperbole et la surenchère afin de porter en dérision la schizophrénie de l'homme hanté par son instinct meurtrier. Ou comment renouer ici avec une liberté épanouie du point de vue immoral de tueurs galvaudés par leur enfance martyr ! A travers ces écorchés de la vie incapables de refréner leur haine, Oliver Stone en profite pour dénoncer la responsabilité morale de nos sociétés modernes se vautrant dans la vulgarité avec une complaisance irresponsable via le tube cathodique !  


      Sur ce point, on peut d'ailleurs prôner la manière satirique à laquelle le réalisateur se raille des sitcoms familiales (rajout de rires outrés en fond sonore afin de mieux manipuler le public et l'inciter à ricaner !) pour vulgariser la jeunesse de Mickey et Mallory ! Retraçant de manière débridée et dans un maelstrom d'images ultra agressives leur équipée sauvage avant leur arrestation médiatique puis leur évasion, Tueurs Nés se porte en réquisitoire sur la complicité des médias à engendrer des criminels de masse au travers de leurs émissions sensationnalistes en quête d'audimat. En l'occurrence, ces reportages racoleurs combinant images d'archives et reconstitution factice afin de glorifier le parcours morbide des tueurs en série les plus scandaleux. La quête du scoop le plus crapuleux commenté par des journalistes véreux ayant perdu toute notion de lucidité et de moralité au sein d'une société de décadence ! Baignant dans un climat perpétuel de folie furieuse, en martelant notamment le spectateur de métaphores cauchemardesques émanant des esprits torturés du couple criminel, Tueurs Nés puise son intensité et sa fascination par le portrait imparti à sa jungle de désaxés. C'est à dire l'être humain conditionné à refouler sa violence dans une société civique mais ici contraints de laisser extérioriser sa déchéance animale sous l'influence libertaire d'un couple de tueurs ! Parmi cette posture cabotine et outrancière, les acteurs habités par leur rôle s'en donnent à coeur joie dans les exubérances en roue libre ! Que ce soit Roberft Downey Jr en journaliste cupide subitement réveillé par l'autonomie de son instinct meurtrier, Tom Sizemore en flic sournois tributaire de sa déviance sexuelle, Tommy Lee Jones en directeur pénitentiaire habité par une démence castratrice, Woody Harelson en sommité criminelle et enfin Juliette Lewis donnant corps à son personnage impavide avec constance inquiétante et une sensualité naturelle trouble ! 


      Film malade habité par la frénésie d'une violence compulsive, farce au vitriol dénonçant avec dérision insolente l'ascension de la Real TV (le débriefing carcéral et la tuerie qui s'ensuit en direct live !) et la responsabilité des médias et des journalistes en quête du scoop le plus éhonté, fable cinglante sur le pouvoir de l'image, l'influence de la violence cinématographique et la fascination morbide éprouvée pour les serial-killers, Tueurs Nés est une expérience sensorielle sous impulsion reptilienne. Une catharsis en somme au tueur qui sommeille en chacun de nous !

      Bruno Matéï
      3èx

      Récompenses: Mostra de Venise 1994, Grand prix spécial du jury et Prix Pasinetti de la meilleure actrice pour Juliette Lewis


      lundi 14 septembre 2015

      FIRESTORM

                                                                              Photo empruntée sur Google, appartenant au site chinesemov.com

      "Fung Bu" de Alan Yuen. 2013. Hong-Kong/Chine. 1h49. Avec Andy Lau, Gordon Lam, Ka-Tung, Yao Chen, Jacqueline Chan.

      Sortie salles Hong-Kong: 19 Décembre 2013

      FILMOGRAPHIE: Alan Yuen est un réalisateur, scénariste, acteur et producteur chinois
      1994: Ai qing jia you shan. 2002: Seung Fei. 2013: Firestorm.


      Polar d'action co-produit entre la Chine et Hong-Kong, Firestorm reprend le concept de base d'un modèle du genre, Heat de Michael Mann pour les récurrents agissements de braqueurs professionnels s'en prenant à des camions de transport de fond parmi des moyens disproportionnés (outre leur artillerie militaire, la séquence d'ouverture utilise de manière inédite une grue afin de désosser un fourgon blindé !).


      Il s'agit donc d'une incessante rivalité entre ces derniers et les forces de l'ordre que nous relate fébrilement Alan Yuen, quand bien même sous argument corrupteur, le héros principal (l'inspecteur Yan Bin qu'endosse avec aigreur charismatique Andy Lau) est entaché d'une justice aussi sournoise qu'expéditive pour maîtriser ses assassins. Si le scénario n'apporte rien de neuf pour son incessant jeu de chat et de la souris entre flics et truands sans pitié Spoil ! (un gosse y trinque sous les yeux impuissants du paternel !) fin du Spoil, l'énergie de la mise en scène, l'habile dosage des séquences d'actions aussi spectaculaires qu'inventives et l'ambiguïté du héros prêt à braver sa profession pour éradiquer le Mal insuffle une redoutable efficacité au cheminement narratif. En parallèle, Alan Yuen s'intéresse également à mettre en appui la tentative de rédemption d'un second-rôle en sursis, un jeune ex-taulard partagé entre le désir de renouer avec sa marginalité et celui de se racheter une conduite afin de récupérer l'amour de sa compagne. Mené sans répit car surtout dédié à l'impact homérique des fusillades sanglantes, règlements de compte, poursuites effrénées en véhicule et confrontation finale au paroxysme de l'apocalypse (stratégie d'attaque catastrophiste à l'appui !), Firestorm n'oublie pas de provoquer l'émotion parmi la caractérisation humaine d'un flic en voie de perdition morale depuis la mort d'un acolyte. Parmi la dramaturgie d'un évènement aussi brutal, Firestorm gagne donc en intensité tout en portant un regard subversif à l'identité de son personnage obnubilé à l'idée d'éradiquer ses assassins quelqu'en soit les moyens requis, quand bien même l'empathie éprouvée pour son indic progressera lorsque ce dernier tentera une bravoure de dernier ressort.


      Se clôturant par le chaos d'une confrontation furieusement belliqueuse en plein centre urbain (comptez 20 bonnes minutes de pyrotechnie à feu et à sang !), Firestorm exploite habilement l'esbroufe à l'aide d'une virtuosité géométrique et l'intensité narrative d'une guerre de clans parmi l'autorité véreuse d'un anti-héros obsédé par sa justice criminelle. 

      Dédicace à Jean Michel Micciche.
      Bruno Matéï