mercredi 30 septembre 2015

Unhinged

                                                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site vhscollector.com  

de Don Gronquist. 1982. U.S.A. 1h22. Avec Laurel Munson, Janet Penner, Sara Ansley, Virginia Settle, John Morrison, Barbara Lusch.

Sortie salles U.S: 15 Octobre 1982

FILMOGRAPHIE: Don Gronquist est un réalisateur, scénariste et producteur américain.
1982: Unhinged. 1995: The Devil's Keep.


ListĂ© dans la rubrique prohibitive "Video Nasties" Ă  l'aube des annĂ©es 80, Unhinged s'est inĂ©vitablement traĂ®nĂ© une rĂ©putation de sĂ©rie B horrifique cradingue alors que certains amateurs de l'Ă©poque l'ont sans doute dĂ©nigrĂ©, faute du caractère timorĂ© des sĂ©quences les plus sanglantes. Car hormis un final particulièrement choquant et malsain quant Ă  la rĂ©vĂ©lation de l'assassin et le meurtre sauvage qu'il ritualise vulgairement, Unhinged Ă©vite de se complaire dans une violence racoleuse en privilĂ©giant l'atmosphère d'inquiĂ©tude rĂ©gie autour d'une bâtisse funèbre. Le pitchAprès leur accident de voiture sur la route d'une campagne isolĂ©e, trois jeunes filles se retrouvent hĂ©bergĂ©es dans la demeure vĂ©tuste d'une mère et de sa fille. Mais la nuit, d'Ă©tranges respirations importunent leur sommeil quand bien mĂŞme la disparition de l'une d'entre elles va attiser leur inquiĂ©tude. Avec son budget Ă©triquĂ©, sa rĂ©alisation aussi maladroite qu'intentionnĂ©e et ses comĂ©diens amateurs au jeu théâtral mais pleins de bonnes intentions, Unhinged ne s'affiche pas sous ses meilleures auspices pour frissonner de plaisir. 


Surfant sur la vague du slasher initiĂ© par Halloween et Massacre Ă  la TronçonneuseDon Gronquist privilĂ©gie nĂ©anmoins une ambiance Hitchcockienne (mĂŞme si mon allusion au maĂ®tre peut prĂŞter Ă  sourire !) au sein d'un huis-clos archaĂŻque, Ă  l'instar de l'attitude castratrice d'une mĂ©gère imposant sa dictature auprès de sa fille esseulĂ©e. Le rĂ©alisateur accordant beaucoup de crĂ©dit Ă  leurs rapports de discorde avant de s'attarder sur la relation amicale que partagera l'une des convives avec cette dernière. Pendant ce temps, et avant de les blâmer Ă  l'arme blanche, un mystĂ©rieux assassin rode autour de la bâtisse en les Ă©piant par la fenĂŞtre ! Avec son rythme languissant et son suspense menu rehaussĂ© d'un climat anxiogène tantĂ´t fascinant, tantĂ´t capiteux, Unhinged exploite la thĂ©matique du dysfonctionnement familial au sein d'une intrigue nĂ©buleuse lorsqu'on nous dĂ©voile les aboutissants d'une rĂ©vĂ©lation traumatique plutĂ´t tirĂ©e par les cheveux. Toutefois, grâce Ă  l'inspiration (malhabile) de la rĂ©alisation surfant sur le climat fĂ©tide de Massacre Ă  la Tronçonneuse (l'entrepĂ´t des macchabĂ©es) et le ressort psychologique de Psychose (la schizophrĂ©nie de l'assassin), ce point d'orgue cauchemardesque provoque chez le spectateur un sentiment tangible de malaise rehaussĂ© de l'impact graphique d'un meurtre cradingue Spoiler ! ne laissant aucune Ă©chappatoire Ă  l'hĂ©roĂŻne ! Fin du Spoiler.


Produit d'exploitation au rabais de par sa réalisation bricolée et le jeu limité des comédiens plaisamment bonnards, Unhinged parvient constamment à cristalliser une ambiance lourde tantôt oppressante, tantôt envoûtante autour d'un obscur huis-clos au climat d'insécurité fantasque. Sa dissonance musicale rehaussant l'aspect ombrageux d'un climat gothique aussi feutré que malsain. Pâtissant d'un rythme monocorde pour autant jamais ennuyeux, cette attachante curiosité au charme désuet est à réserver en priorité aux nostalgiques aguerris du genre. Finalement très sympa pour qui raffole des purs films d'ambiance crépusculaire.

P.S: Pour les intéressés, le métrage est disponible en Dvd en France sous l'effigie Uncut Movies !

*Eric Binford
26.01.22. 4èx



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