jeudi 24 novembre 2011

OUTSIDERS (The Outsiders)


de Francis Ford Coppola. 1983. U.S.A. 1h40. Avec C. Thomas Howell, Matt Dillon, Ralph Macchio, Patrick Swayze, Rob Lowe, Emilio Estevez, Tom Cruise, Glenn Withrow, Diane Lane, Leif Garret, Darren Dalton.

Sortie en salles en France le 7 Septembre 1983. U.S: 29 Mars 1983

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Francis Ford Coppola est un réalisateur, producteur et scénariste américain né le 7 Avril 1939.
1963: Dementia 13. 1966: Big Boy. 1968: La Vallée du Bonheur. 1969: Les Gens de la pluie. 1972: Le Parrain. 1974: Conversation Secrète. Le parrain 2. 1979: Apocalypse Now. 1982: Coup de coeur. 1983: Outsiders. Rusty James. 1984: Cotton Club. 1986: Peggy Sue s'est mariée. 1987: Jardins de Pierre. 1988: Tucker. 1989: New-York Stories. 1990: Le Parrain 3. 1992: Dracula. 1996: Jack. 1997: L'Idéaliste. 2007: l'Homme sans âge. 2009: Tetro. 2011: Twixt.


La même année que Rusty James, Francis Ford Coppola rend hommage à toute une génération des années 50, adaptant coup sur coup deux romans de Susan Hilton. Portrait chétif d'une jeunesse en pleine dérive, Outsiders nous dévoile en prime le talent de jeunes interprètes devenus depuis des stars notoires. En témoignent Tom Cruise, Ralph Macchio, Rob Lowe, Patrick Swayze, Emilio Estevez, Diane Lane ou encore Matt DillonA la fin des années 50, Ponnyboy et Johnny sont deux jeunes marginaux issus de la bande des Greasers. A la suite d'une bagarre avec la bande rivale des Soc, Johnny blesse mortellement l'un d'eux. Contraints de fuir la police au plus vite, ils se réfugient dans une église abandonnée avec la complicité de leur leader Dallas. Mais un gigantesque incendie mettant en péril de jeunes enfants va bouleverser leur destin dans leur héroïsme imposé. 
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Francis Ford Coppola nous livre ici sa "fureur de Vivre" à travers le portrait fébrile de deux jeunes délinquants livrés à eux mêmes, faute de parents décédés ou démissionnés de leur rôle pédagogique. Avec l'image paternelle du leader inflexible représenté par Dallas, Ponnyboy et Johnny n'ont que l'appui de cet acolyte pour pouvoir survivre dans un univers régi par la violence du phénomène de bandes rivales. Issus des quartiers défavorisés, les Greasers sont amenés à défier la bande des Socs, de jeunes bourgeois orgueilleux tout aussi arrogants mais desservis par leur tempérament hautain.
Après le meurtre tragique d'un des membres des Soc, Johnny et  Ponyboy vont devoir quitter leur commune pour se confiner vers une contrée bucolique en interne d'une église désaffectée. Recherchés par la police, ils vont réussir malgré tout à bluffer la population en portant secours à de jeunes enfants emprisonnés dans un gigantesque incendie. Néanmoins, à cause de son courage exemplaire de leur avoir sauvé la vie, Johnny va être sévèrement brûlé au 3è degré pour se retrouver en soin intensif à la suite de graves blessures. Quand bien même Ponnyboy et Dallas, plus motivés que jamais dans la rancune, se préparent à la prochaine rixe engagée avec ceux des Soc.


Avec une poésie mélancolique transcendant le crépuscule d'une nature flamboyante, le réalisateur témoigne d'une profonde tendresse pour ces deux protagonistes fustigés, totalement démotivés de leur condition de délinquant notoire. Des gamins au bord du marasme car en perte de repères, songeant à une vie plus paisible et harmonieuse où la gangrène de la violence serait totalement exclue de leur quotidien. Mais dans cette époque rebelle où la loi du plus fort est sans cesse embrasée par le phénomène de rivalités sociales et des bastons de rue, difficile de trouver un semblant de rémission pour pouvoir retrouver un équilibre social. Ces gamins épris de romance chimérique à travers les écrits de Autant en emporte le vent sont endossés par C. Thomas Howell et surtout Ralph Macchio. Deux acteurs néophytes dotés d'un charme  enfantin et d'une sensibilité naïve dans leurs vicissitudes alternant désespoir aigri et aspiration salvatrice. Tandis que le novice Matt Dillon crève l'écran dans celui du leader dur à cuire. Ancien taulard avide de reconnaissance mais finalement tout aussi vulnérable que ses comparses car désorienté d'une existence ébranlée par une société intolérante.


Hormis des passages un peu mièvres et désuets et d'un final trop vite expédié, Outsiders décrit avec une frêle sensibilité le portrait d'une jeunesse esseulée éclipsant leur innocence par un machisme viril. Si le film a aujourd'hui quelque peu vieilli dans sa simplicité narrative et sa musique vertueuse, il reste un témoignage touchant d'une génération en pleine effervescence, en quête perpétuelle d'un héros paternel. 

Dédicace à Karine Philippi
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Bruno Matéï
24.11.11



1 commentaire:

  1. Sans père le ciel est pervers….ce film est malheureusement trop oublié
    de la filmo de Coppola, dommage car c'est une vrai réussite à mes yeux.

    Un casting formidable qui traverse l'écran et dont on rêverai d'avoir
    en France.

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