mardi 19 novembre 2019

Extrême Préjudice

                                                Photo empruntée sur Google, appartenant au site Notrecinema.com

de Walter Hill. 1987. U.S.A. 1h45. Avec Nick Nolte, Powers Boothe, Michael Ironside, María Conchita Alonso, Rip Torn, Clancy Brown, William Forsythe.

Sortie salles France: ? U.S: 24 Avril 1987

FILMOGRAPHIE: Walter Hill est un producteur, réalisateur et scénariste américain, né le 10 janvier 1942 à Long Beach, en Californie (États-Unis). 1975 : Le Bagarreur (Hard Times),1978 : Driver,1979 : Les Guerriers de la nuit, 1980 : Le Gang des frères James,1981 : Sans retour, 1982 : 48 heures, 1984 : Les Rues de feu,1985 : Comment claquer un million de dollars par jour,1986 : Crossroads, 1987 : Extrême préjudice, 1988 : Double Détente, 1989 : Les Contes de la crypte (1 épisode),1989 : Johnny belle gueule,1990 : 48 heures de plus,1992 : Les Pilleurs,1993 : Geronimo,1995 : Wild Bill, 1996 : Dernier Recours,1997 : Perversions of science (série TV),2000 : Supernova, 2002 : Un seul deviendra invincible, 2002 : The Prophecy, 2004 : Deadwood (série TV). 2006 : Broken Trail. 2012 : Du plomb dans la tête. 2016 : Revenger.


Réalisé entre Croosroads et Double Détente, Walter Hill rend hommage en 1987 à la Horde Sauvage de Peckinpah et aux 12 Salopards d'Aldrich en y juxtaposant deux bandes rivales compromises par la félonie (tant amicale que professionnelle et sentimentale). Si bien qu'un redresseur de tort, seul contre tous, est déterminé à faire sombrer Cash Bailey, un caïd de la drogue, ancien acolyte de jeunesse ayant eu autrefois une liaison avec sa compagne actuelle. Mais pour corser l'affaire, une armée de mercenaires, anciens vétérans du Vietnam passés pour mort, a pour mission d'éradiquer ce même trafiquant sous l'égide de la CIA. Ajoutez enfin entre ces conflits machistes à la verve parfois grotesque un enjeu sentimental autour de la mexicaine Sarita que se disputeront le Texas Ranger Jack Benteen et Cash Bailey en pleine dissension morale. En dépit d'une moisson de clichés, d'un scénario prévisible (même s'il tente de surprendre lors du second acte avec l'intrusion de nos vétérans en mission) et de personnages stéréotypés que les critiques de l'époque n'auront pas manqué de fustiger (en sus de son échec commercial), Extrême Prejudice joue la carte du film d'action du samedi soir sous le pivot d'une série B efficacement menée à défaut d'y révolutionner le genre.


Car si on a largement connu plus inspiré Walter Hill passé maître dans l'art du gunfight tonitruant (48 heures, les Guerriers de la Nuit, Sans Retour, Driver), Extrême Prejudice ne manque pas de charme, d'ultra violence chorégraphique et de charisme à travers ses gueules d'acteurs viriles bien connues de la génération 80. Et ce même si la plupart des seconds couteaux roulent des mécaniques à l'aide de réparties ironiques aujourd'hui obsolètes. En tout état de cause, Nick Nolte parvient sobrement à rehausser le niveau dans le rôle du shérif impassible à la moralité psycho-rigide. Sa posture hiératique ainsi que ses petits yeux bleus perçants affichant à l'écran une présence impérieuse assez prédominante. Quant à Powers Boothe, s'il livre une prestation moins intense que son homologue, il s'avère pour autant d'une élégance charismatique dans celui d'un trafiquant présomptueux jouant le leader snobinard (costard blanc poussiéreux à l'appui) à l'aide d'un cabotinage outrancier si je me reporte à ses réparties caustiques.


Western moderne traversé d'éclairs de violences résolument impressionnants, Extrême Prejudice se décline en honorable série B d'action sous l'impulsion d'une poignée d'acteurs zélés dénués de complexes à se fondre dans des situations périlleuses suicidaires. A l'instar de son carnage final apocalyptique, hommage évident au baroud d'honneur de la horde sauvage lors d'un règlement de compte anthologique saturé du montage ultra dynamique. 

*Bruno
19.11.19. 4èx
04.02.11. 91 v

lundi 18 novembre 2019

Le Zombie venu d'ailleurs

                                                  Photo empruntée sur Google, appartenant au site bubblegeek.eklablog.com

"Prey" de Norman J. Warren. 1977. Angleterre. 1h25. Avec Barry Strokes, Sally Faulkner, Glory Annen, Sandy Chinney, Eddie Stacey.

FILMOGRAPHIE: Norman J. Warren est un réalisateur, producteur, scénariste et monteur anglais, né le 25 Juin 1942 à Londres. 1962: The Dock Brief (troisième assistant réalisateur). 1965: Fragment. 1966: La Nuit des Généraux (troisième assistant réalisateur). 1967: Sailor from Gibraltar (troisième assistant réalisateur). 1967: Her Private Hell. 1968: Loving Feeling. 1976: L'Esclave de Satan. 1977: Le Zombie venu d'ailleurs. 1979: Outer Touch. 1979: La Terreur des Morts-vivants. 1981: Inseminoid. 1984: Warbirds Air Display. 1985: Person to Person. 1986: Gunpowder. 1987: Réveillon Sanglant. 1992: Meath School. 1993: Buzz.


Avec Inseminoïd et l'Esclave de SatanLe Zombie venu d'ailleurs fait parti des réussites modestes de Norman J. Warren. Un artisan bisseux adepte des produits d'exploitation particulièrement déviants dans sa conjugaison de gore craspec et de sexe sulfureux. Sous le titre fallacieux mais ironique du Zombie venu d'ailleurs (j'imagine la perplexité des spectateurs français lors de sa projo officielle !) se cache Prey (Proie). Un titre mieux approprié quant au scénario se focalisant sur la mission secrète d'un E.T à forme humaine en quête de protéines ! Véritable ovni dans le genre SF, Norman J. Warren livre sans doute son film le plus étrange de par son argument narratif illustrant l'intimité quotidienne de deux lesbiennes prises à partie avec un étranger. Ainsi, c'est aux abords de la forêt adjacente qu'elles rencontrent notre inquiétant visiteur venu de l'espace. Sous l'influence de Jessica et malgré la réticence de Joséphine, elles décident de le loger au sein de leur demeure champêtre. Cette trame quelconque dénuée de surprises nous condense donc durant 1h25 une scène de ménage à 3 alors que la dominatrice Joséphine éprouve toujours plus un penchant de haine et de jalousie face à l'intrusion du mâle. L'inquiétude se fait grandissante lorsque, dans les bois, des lapins sont retrouvés déchiquetés ! De son côté, notre extra-terrestre continue d'observer la posture de ces misandres alors qu'un beau soir, elle lui organisent une petite fête en le déguisant en femme ! Faute d'une jalousie possessive et d'une rancune masculine, la tension monte d'un échelon entre celles-ci jusqu'au drame inéluctable qui se dessine lentement !


Voilà en gros le résumé d'une intrigue aussi vaine que saugrenue, entre l'indécence d'une étreinte érotique un peu corsée et une exaction sanglante empruntée au cannibalisme ! Pour autant, aussi insensé soit-il, Le Zombie venu d'ailleurs réussit l'exploit de maintenir un intérêt constant face à ce drame conjugal où les crises d'hystérie s'emportent facilement ! De par l'ossature d'un climat malsain sous-jacent, d'une partition électronique dissonante et du jeu attachant (car si naïf) des comédiens amateurs,  Norman J. Warren parvient à insuffler une aura d'étrangeté prégnante au sein de cette dissension féministe. En prime, l'acteur inexpressif Barry Stroke réussit pleinement à nous intriguer à travers sa posture d'E.T aussi taciturne qu'impassible alors qu'il s'avère être un cannibale assoiffé de sang riche en protéines ! Qui plus est, sous sa troublante apparence humaine, le réalisateur nous dévoile lors de ses accès de démence une sorte de monstre hybride pourvu de canines animales alors que son nez semble substitué à une truffe de cabot ! (???). On appréciera aussi l'improbable épisode de la noyade filmée en slow motion expérimental lorsque nos deux héroïnes tentent d'extirper de l'eau l'alien en émoi ! Une séquence vaine incroyablement "autre" et incongrue appuyée d'une aura cauchemardesque !


Rencontre d'un certain type à éviter !
Hermétique, glauque, décalé et déroutant, Le Zombie venu d'ailleurs se décline en bisserie horrifique d'un autre âge, à l'époque insolente où l'Angleterre était capable de nous façonner des produits d'exploitation vains mais inexplicablement ensorcelants. Tant et si bien qu'il s'agit là de la marque de fabrique du vénérable Norman J. Warren, réalisateur scabreux et malhabile, mais véritable amoureux du genre en tant que franc-tireur. Un p'tit classique atypique donc à voir de préférence seul pour mieux se confronter à l'intimité du trio diabolique.

*Bruno
18.11.19. 4èx
12.11.13. 103 v

vendredi 15 novembre 2019

47 Meters Down: uncaged

                                                  Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Johannes Roberts. 2019. U.S.A. 1h30. Avec Sophie Nélisse, Corinne Foxx, Brianne Tju, Sistine Stallone, Davi Santos.

Sortie salles U.S: 16 Août 2019

FILMOGRAPHIE: Johanne Roberts est un réalisateur, producteur, scénariste américain, né le 24 Mai 1976 à Cambridge. 2019: 47 Meters down: encaged. 2018 : The Strangers: Prey at Night. 2016: In the Deep/47 Meters down. 2016 The Door. 2012 Storage 24. 2011 Roadkill (TV Movie). 2010: F.  2005 Forest of the Damned. 2004 Darkhunters. 2004: Hellbreeder. 2002/II Alice. 2001: Sanitarium (Video).


Sans jamais atteindre le degré d'intensité claustro de son surprenant modèle (plutôt mésestimé si je ne m'abuse), 45 Meters down: encaged ne manque surement pas de peps à travers sa moisson de scènes d'action se renouvelant grâce à la disparité des décors et de ses personnages scindés en 2 clans. Ainsi, en dépit d'un évident manque de maîtrise dans la mise en scène (notamment auprès de sa première partie parfois redondante lors de la partie de cache-cache à travers les catacombes entre survivantes et squales), Johanne Roberts ne manque pas de trouvaille visuelle (et de sonorité musicale ombrageuse !) à travers son incroyable scénographie maritime abritant un temple maya. Il fallait d'ailleurs oser exploiter un décorum aussi baroque sans jamais sombrer dans le ridicule, notamment si je me réfère à l'ornement des statues de pierre. Réaliste, crépusculaire et vertigineux, de par les nombreuses attaques que nos plongeuses tentent de déjouer lors d'une course contre la montre en perdition, 47 Meters down... joue la carte de la série B du samedi soir avec une efficacité assez payante. 


Même si on peut déplorer les clichés usuels (la souffre-douleur en initiation d'affirmation) et les facilités auprès de situations dénuées de suspense (ou alors pas si escompté que prévu selon ma sensibilité subjective). Et ce en s'inspirant sans complexe de The Descent 2, de par l'aménagement de grottes labyrinthiques nanties de couloirs étrangement hostiles que de son action en roue libre dénuée de concession. Qui plus est, nanti d'une photogénie étonnamment spectrale, les requins affamés de chair humaine parviennent parfois (souvent ?) à provoquer leur effet de frousse. Tant auprès de ces jump-scares cinglants disséminés ici et là que de leur course effrénée à alpaguer leur victime avec une voracité véloce. Leurs apparitions toujours plus imposantes provoquant un malaise tangible à travers leur morphologie démoniale si j'ose dire. Johannes Robert relançant notamment l'action dans de multiples directions impromptues à travers un final à rallonge intensément interminable. Probablement les meilleures séquences, tout du moins les plus haletantes et oppressantes, si bien que le réalisateur cultive en prime une incroyable cruauté à tester l'endurance de ses ultimes rescapés en initiation de dépassement physique et mental.


Un bon divertissement donc, honorablement interprété par des comédiennes juvéniles de seconde zone aussi bien méconnues qu'attachantes, de par leur fragilité morale et leur posture désorientée à repousser la terreur dans une fonction de débutante crédule. D'où l'attrait gentiment magnétique à observer leur solidarité commune (à 1 ou 2 exceptions couardes) dans une compétition de survie cruellement indécise. Et ce sans pouvoir prophétiser la prochaine victime...

*Bruno

Pour rappel la chronique de son modèle: https://brunomatei.blogspot.com/2016/08/in-deep.html

jeudi 14 novembre 2019

Chinatown. Oscar du Meilleur Scénario.

                                                    Photo empruntée sur Google, appartenant au site Amazon.com

de Roman Polanski. 1974. U.S.A. 2h11. Avec Jack Nicholson, Faye Dunaway, John Huston, Perry Lopez, Roman Polanski, John Hillerman, Darrell Zwerling, Diane Ladd.

Sortie salles France: 18 Décembre 1974. U.S: 20 Juin 1974

FILMOGRAPHIERoman Polanski, né Rajmund Roman Thierry Polański est un réalisateur, producteur et scénariste franco-polonais, également comédien, ainsi que metteur en scène de théâtre et d'opéra, né le 18 août 1933 dans le 12e arrondissement de Paris.  1962 : Le Couteau dans l'eau. 1965 : Répulsion. 1966 : Cul-de-sac. 1967 : Le Bal des vampires. 1968 : Rosemary’s Baby. 1971 : Macbeth. 1972 : Weekend of a Champion, coréalisé avec Frank Simon. 1972 : Quoi ? 1974: Chinatown. 1976 : Le Locataire. 1979 : Tess. 1986 : Pirates. 1988 : Frantic. 1992 : Lunes de fiel. 1994 : La Jeune Fille et la Mort. 1999 : La Neuvième Porte. 2002 : Le Pianiste. 2005 : Oliver Twist. 2010 : The Ghost Writer. 2011 : Carnage. 2013 : La Vénus à la fourrure. 2017 : D'après une histoire vraie. 2019: J'accuse.


Grand moment de cinéma mené de main de maître par Roman Polanski rendant ici hommage au film noir sous l'impulsion du duo incandescent Jack Nicholson / Faye Dunaway, Chinatown renoue avec le cinéma glamour des années 30 de manière aussi bien épurée qu'escarpée. Tant auprès de sa mise en scène perfectionniste (on peut d'ailleurs parler de "modèle" tant Polanski maîtrise le cadre sans vaciller), de sa charpente narrative (culminant vers une cinglante conclusion d'une radicalité dramatique traumatisante) que du jeu intuitif des acteurs éclaboussant l'écran de leur sobriété contrastée. Ainsi, à travers un suspense passionnant irrigué de corruption écolo autour d'un enjeu de pouvoir disproportionné (la construction d'un barrage hydraulique), Chinatown demeure une déclaration d'amour au film noir que Nicholson et Dunaway transcendent dans leur rapport feutré chargé de secrets. Dans la mesure où le détective Gittes se voit contraint de retrouver le (ou la) coupable de la mort de l'ingénieur en chef, Hollis Mulwray, qu'il se motive à résoudre après avoir été dupé par la requête d'un faux témoin. Quand bien même au fil de son épineuse investigation semée de rencontres inhospitalières, il n'aura de cesse de côtoyer menace et chantage avant d'y déjouer un secret inavouable auprès de la culpabilité éhonté d'une famille galvaudée d'amour interdit.


Ainsi, en opposant une motivation pécuniaire entre industriels véreux parmi Spoil ! la déviance sexuelle d'un riche homme d'affaire fin du Spoil (que Polanski suggère à travers l'intensité de mots timidement confessés en désespoir de cause), Chinatown adopte une ampleur davantage insoupçonnée sous l'impulsion de personnages interlopes tentant à tout prix d'étouffer l'esclandre. Photo sépia veloutée sous un rayon solaire aride (Los Angeles est en sécheresse à l'orée des années 30), direction d'acteurs hors-pair parmi des seconds-rôles saillants à travers leur fonction délétère dénuée de scrupule, partition musicale tantôt ombrageuse, tantôt langoureuse (signée Jerry Goldsmith svp !), Chinatown épouse autant une forme hypnotique qu'un fond substantiel à travers l'implication de rivalités couardes emmêlées dans une spirale de déconvenues, traîtrises et déveine. Et ce même si les forces de caractère contradictoires imparties à l'élégance magnétique de Nicholson et à la vénéneuse Faye Dunaway (bon Dieu cette prude présence emplie de contrariétés inavouables !) y sont pour beaucoup dans l'attrait envoûtant que suscite cette tragédie politico-familiale. Bref, Chinatown est un chef-d'oeuvre épuré, un vrai, que Polanski ose même transgresser jusqu'au bout de son propos, quitte à sévèrement contracter l'humeur du spectateur en guise d'adieu ! Le genre de proposition artistique que l'on ne rencontre qu'une seule fois par an sur la toile, approximativement parlant.


*Bruno
2èx

Récompenses:
New York Film Critics Circle Awards 1974 : meilleur acteur pour Jack Nicholson (également récompensé pour La Dernière Corvée)
Oscars 1975 : meilleur scénario original pour Robert Towne
Golden Globes 1975 : meilleur réalisateur pour Roman Polanski, meilleur film dramatique, meilleur acteur dans un film dramatique pour Jack Nicholson, meilleur scénario pour Robert Towne
BAFTA Awards 1975 : meilleur acteur pour Jack Nicholson (également récompensé pour La Dernière Corvée), meilleur réalisateur pour Roman Polanski, meilleur scénario pour Robert Towne (également récompensé pour La Dernière Corvée)
Bodil 1975 : meilleur film non-européen
Prix Sant Jordi 1975 : meilleur film étranger
Prix Edgar-Allan-Poe 1975 : meilleur film
Writers Guild of America Awards 1975 : meilleur scénario dramatique original pour Robert Towne
Kansas City Film Critics Circle Awards 1975 : meilleur acteur pour Jack Nicholson, meilleur acteur dans un second rôle pour John Huston
Fotogramas de Plata 1975 : meilleur acteur étranger pour Jack Nicholson (également récompensé pour Cinq pièces faciles)
National Society of Film Critics Awards 1975 : meilleur acteur pour Jack Nicholson (également récompensé pour La Dernière Corvée)
1991 : entrée au National Film Registry
2000 : entrée au Hall of Fame de la Producers Guild of America



mercredi 13 novembre 2019

Je suis une Légende

                                     Photo empruntée sur Google, appartenant au site cinemachoc.canalblog.com

"The Last man on Earth/L'ultimo uomo della Terra" de Ubaldo Ragona et Sidney Salkow. 1964. U.S.A/Italie. 1h27. Avec Vincent Price, Franca Bettoia, Emma Danieli, Giacomo Rossi-Stuart

Sortie salles U.S 8 Mars 1964

FILMOGRAPHIE PARTIELLESidney Salkow est un réalisateur, scénariste et producteur américain né le 16 juin 1909 à New York (État de New York), mort le 18 octobre 2000 à Valley Village (en) (Californie). 1936 : Four Days' Wonder. 1937 : Behind the Mike. 1938 : Tempête sur le Bengale. 1939 : Fighting Thoroughbreds. 1939 : Woman Doctor. 1939 : Street of Missing Men. 1939 : The Zero Hour. 1940 : Girl from God's Country. 1941 : The Lone Wolf Takes a Chance. 1941 : Time Out for Rhythm. 1942 : The Adventures of Martin Eden. 1942 : Flight Lieutenant. 1943 : La Cité sans hommes. 1943 : The Boy from Stalingrad. 1946 : Faithful in My Fashion. 1947 : Millie's Daughter. 1947 : Bulldog Drummond at Bay. 1948 : Sword of the Avenger. 1949 : La Rivale dell'imperatrice. 1950 : La Femme traquée. 1952 : Une fille à bagarres. 1952 : Le Faucon d'or. 1952 : Le Trappeur des grands lacs. 1957 : Gun Duel in Durango. 1957 : Chicago Confidential. 1960 : The Big Night. 1963 : Trio de terreur. 1964 : The Long Rifle and the Tomahawk. 1964 : Je suis une légende. 1964 : The Quick Gun. 1964 : Blood on the Arrow. 1965 : Le Massacre des sioux. 1965 : The Murder Game.


Sympathique 1ère adaptation du roman de Matheson (bien que celui-ci renia le film), Je suis une Légende vaut surtout pour la présence intuitive du gentleman de l'épouvante Vincent Price et pour son ambiance de désolation assez réaliste, notamment sous le pilier de sa photo monochrome renforçant l'inquiétude d'un silence feutré. On aurait tout de même apprécié un peu plus de conviction lorsque le docteur Robert Morgan se débat contre les vampires / zombies et leur perforent le coeur si bien que ces derniers, atones, peinent à insuffler l'effroi attendu (à l'exception du retour de son épouse décatie, unique effet de surprise véritablement effrayant de par l'expression de son regard aliéné !). Sobrement réalisé, Je suis une Légende se suit donc sans ennui à travers la quotidienneté esseulée du dernier survivant de l'humanité immunisé contre un terrible virus ayant décimé toute la planète. La 1ère partie s'attachant à nous décrire sa routine à façonner des pieux en bois pour y exterminer les vampires durant le jour, et ce avant que ne débarque une moisson d'assaillants encerclant sa demeure dès le crépuscule. 


On apprécie également la dramaturgie escarpée d'un long flash-back nous détaillant un peu de quelle manière le virus s'est accaparé de la population (sans pouvoir intenter à la vie de Robert), notamment auprès de sa famille recroquevillée dans leur demeure en escomptant désespérément un vaccin qu'il  tentera d'expérimenter. La seconde partie, plus captivante à travers ses rapports humains plongés dans un climat d'amertume, se focalise sur la relation intime entre Robert et une rescapée aux intentions douteuses quant aux prochains rebondissements que Sidney Salkow exploite assez efficacement auprès de leur caractérisation à la fois amiteuse et parano. Quand bien même son final en demi-teinte étonne par sa brutale rupture de ton quant au sort précaire de notre héros en proie au lynchage de masse. D'ailleurs, à travers la caste des hommes en noir on apprécie d'autant plus son réquisitoire contre le fanatisme, l'intolérance et la paranoïa menant tout droit à l'erreur humaine dans leur refus d'approuver la différence. Enfin, à titre anecdotique, on imagine aisément que George A. Romero s'en est sans doute inspiré pour parfaire la Nuit des Morts-vivants sorti 4 ans plus tard, si bien que toutes les séquences nocturnes auquel les créatures s'agglutinent autour de la demeure anticipent le siège de la ferme du classique susnommé. A redécouvrir même si on est en droit de lui préférer les 2 versions suivantes tournées en couleurs avec beaucoup plus de peps.


* Bruno
13.11.19. 3èx
16.04.18. 

mardi 12 novembre 2019

Folle à tuer

                                                      Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Yves Boisset. 1975. France/Italie. 1h37. Avec Marlène Jobert, Tomás Milián, Thomas Waintrop, Michel Peyrelon, Michael Lonsdale, Jean Bouise, Victor Lanoux.

Sortie salles France: 20 Août 1975

FILMOGRAPHIE: Yves Boisset est un réalisateur français, né le 14 Mars 1939 à Paris. 1968: Coplan sauve sa peau. 1970: Cran d'arrêt. 1970: Un Condé. 1971: Le Saut de l'ange. 1972: l'Attentat. 1973: R.A.S. 1975: Folle à tuer. 1975: Dupont Lajoie. 1977: Un Taxi Mauve. 1977: Le Juge Fayard dit Le Shériff. 1978: La Clé sur la porte. 1980: Le Femme flic. 1981: Allons z'enfants. 1982: Espion, lève-toi. 1983: Le Prix du Danger. 1984: Canicule. 1986: Bleu comme l'Enfer. 1988: La Travestie. 1989: Radio Corbeau. 1991: La Tribu.


"Un homme qui déteste les enfants ne peut pas être un homme tout à fait mauvais". W.C. Fields. 

Rareté exhumée de l'oubli grâce à l'éditeur Studio Canal issue de la collection: Make My Day ! par Jean-Baptiste Thoret, Folle à tuer est un excellent polar réalisé par le franc-tireur Yves Boisset (Dupont Lajoie, R.A.S, Le Juge Fayard dit le shériff, le Prix du Danger, Canicule, Bleu comme l'Enfer). On ne peut donc que se réjouir de le découvrir pour la toute première fois dans une copie haute définition clinquante. Le pitch: Après avoir été soigné dans un centre psychiatrique, la gouvernante Julie Bellanger peut occuper un poste de gouvernante afin de surveiller le neveu d'un industriel tout juste orphelin après l'assassinat de sa mère. Mais victime d'un rapt auprès d'un mystérieux tueur, Julie et le petit Thomas vont tenter en désespoir de cause de s'évader malgré l'odieux chantage la désignant coupable aux yeux des forces de l'ordre. Thriller à suspense baignant dans le survival haletant lors de sa seconde partie, Folle à tuer ne nous laisse nulle répit en dépit de son action timorée (les fans de spectacle épileptique peuvent passer leur chemin) et d'un titre ironique fallacieux eu égard de la posture candide de la gouvernante incapable de céder à la violence (si on fait fi au départ de sa réponse punitive physiquement infligée à l'enfant) et pleinement lucide de ses actes réfléchis. Notamment auprès de son audacieuse habileté à s'extirper des situations létales parmi la complicité étonnamment affirmée du jeune Thomas.


Marlène Jobert occupant tout l'écran dans le corps fragile et sensuel d'une otage substituée en maman débonnaire afin de préserver la vie du bambin aussi impertinent qu'attachant lors de son évolution morale à la considérer avec davantage d'empathie. Quant au tueur étranger si équivoque et secret (écho à la tagline susnommée); le caméléon Thomas Millian se taille une carrure de crapule impassible dans sa détermination d'y supprimer otages et témoins gênants. Tant auprès des plus faibles et démunis, dans la mesure où femme et enfant n'auront droit à aucune clémence. Solidement mis en scène, notamment auprès de sa première partie à la fois intense, indécise et ombrageuse (sorte de huis-clos sarcastique de par les rapports de soumission que les assaillants tentent d'inculquer à leurs victimes), Yves Boisset ose même transgresser certains tabous lorsque la gouvernante et l'enfant sont à plusieurs reprises molestés ou humiliés (la séquences des spaghettis que Thomas est contraint de déglutir la bouche pleine) par leurs assaillants dénués de pitié Spoiler ! (notamment auprès d'un second-rôle sournois dont je tairais le nom ! fin du Spoil). Quant à l'expressive force de caractère de l'enfant incarné par Thomas Waintrop, sa surprenante complémentarité avec Marlène fait mouche à travers leur commun altruisme.  Notamment de par la confiance maternelle que Marlène Jobert lui suscite avec une douce sollicitude. A eux deux ils envahissent l'écran sans déborder si bien que l'on suit leurs incertaines vicissitudes  avec une inquiétude sous-jacente.


Film d'acteurs (jusqu'aux formidables seconds-rôles, à l'instar de Victor Lanoux en chauffeur rustre et libidineux et de Michael Lonsdale en entrepreneur snobinard) habilement dirigé par un cinéaste réfractaire au politiquement correct (certaines scènes de violence tranchée imputées comme punition à la femme ou à l'enfant feront grincer aujourd'hui les dents de quelques bien-pensants); Folle à tuer demeure un formidable thriller jouant avec les sentiments du spectateurs quant au sort finalement névralgique des otages (et antagonistes). A découvrir.   

*Bruno

Ci-joint l'avis de Thierry Alex Rogan :
Une sacré découverte !!

Grandiose !
Yves Boisset nous entraîne dans une histoire peu commune de kidnapping, machination et sur un rythme dont lui seul a le secret.
Un casting aux petits oignons, Jobert, Milian, Lanoux, Lonsdale et Bouise apporte le plus de ce Folle a tuer.
Boisset maîtrise son polar de main de maître, il arrive a filmé la violence sur l'enfant de manière choc, la rencontre entre Jobert et l'enfant est horrible, en 75 ce genre de scène soulevait moins de débat que de nos jours.
Folle a tuer aurait sans nul doute été dans mon top 10 en 1975.
Un film inoubliable...
⭐⭐⭐⭐

lundi 11 novembre 2019

Paranoiac

                                                     Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Freddie Francis. 1963. Angleterre. 1h20. Avec Janette Scott, Oliver Reed, Sheila Burrell, Alexander Davion, Maurice Denham, Liliane Brousse.

Sortie salles France: 31 Juillet 1963. Angleterre: 26 Janvier 1964

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Freddie Francis est un réalisateur, directeur de photographie et scénariste britannique, né le 22 Décembre 1917 à Londres, décédé le 17 Mars 2007 à Isleworth (Royaume-Uni). 1962: La Révolte des triffides. 1963: Paranoiac. 1964: Meurtre par procuration. 1964: l'Empreinte de Frankenstein. 1965: Le Train des Epouvantes. 1965: Hysteria. 1965: The Skull. 1966: The Deadly Bees. 1966: Poupées de cendre. 1967: Le Jardin des Tortures. 1968: Dracula et les Femmes. 1970: Trog. 1972: Histoires d'Outre-Tombe. 1973: La Chair du Diable. 1973: Les Contes aux limites de la folie. 1974: Son of Dracula. 1975: La Légende du Loup-Garou. 1975: The Ghoul. 1985: Le Docteur et les Assassins. 1987: Dark Tower.


Tourné un an avant Meurtre par procuration, Paranoiac renoue avec autant d'efficacité avec le thriller hitchcockien sous la houlette de Freddie Francis toujours aussi inspiré. Car si on est en droit de préférer Meurtres par procuration, Paranoiac ne manque pas d'atout pour séduire à nouveau le public particulièrement féru de psycho-killer. Car habilement construite, l'intrigue émaillée de rebondissements repose avant tout sur la caractérisation fébrile du génial Oliver Reed se taillant une carrure erratique dans celui d'un frère cadet aux penchants alcooliques au point de sombrer dans la démence. Littéralement transi d'émoi, l'acteur habité par ses névroses porte l'intrigue sur ses épaules avec une redoutable intensité expressive eu égard de ses crises colériques incontrôlées. Oliver Reed parvenant autant à inquiéter qu'à nous alarmer quant à son évolution morale escarpée dénuée d'empathie pour son entourage (à l'exception de sa tante Harriet).



Le pitch: Traumatisée par la mort de ses parents et de son frère aîné Tony, Eléanor aperçoit lors d'une homélie ce dernier en personne. Evanouie, elle est rapidement rapatriée chez sa tante Harriet avec qui elle vit depuis sa perte parentale. Mais quelques jours plus tard, les visions d'Eléanor se confirment lorsque Tony  réapparaît en lui prétendant qu'il est son véritable frère. Impeccablement dirigé auprès d'un casting très convaincant (à l'instar de la fragilité démunie de Janette Scott en femme introvertie sévèrement manipulée), Paranoïa joue la carte du faux semblant en inversant les rôles sous l'impulsion de personnages insidieux étroitement liés à un héritage. Freddie Francis privilégiant la caractérisation équivoque de ses protagonistes impliqués dans une discorde familiale préjudiciable. Dans la mesure où en levant le voile sur la véritable identité de deux personnages, les évènements délétères s'affirmeront plus violents et agressifs afin de taire un sombre secret. Et si l'intrigue ne réserve rien de surprenant quant au tenants et aboutissants de ces derniers se disputant l'autorité, Freddie Francis parvient efficacement à maintenir l'intérêt. Tant auprès de son suspense latent exploitant certains codes horrifiques que de la solidité de sa distribution au charisme prégnant.


Un bon thriller de la Hammer donc habilement dirigé dans un vénéneux noir et blanc. 

*Bruno

vendredi 8 novembre 2019

Hardware. Prix des Effets-Spéciaux, Avoriaz 91.

                                             
                                                     Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com 

de Richard Stanley. 1990. Angleterre. 1h34. Avec Dylan McDermott, Stacey Travis, John Lynch, William Hootkins, Iggy Pop, Carl McCoy, Mark Northover, Paul McKenzie, Lemmy, Mac McDonald, Chris McHallem.

Sortie en salles en France le 29 Mai 1991. U.S: 11 Janvier 1990

FILMOGRAPHIE: Richard Stanley est un réalisateur et scénariste sud-africain né à Fishhook le 22 Novembre 1966. 1990: Hardware. 1992: Le Souffle du Démon. 1996: l'Ile du Dr Moreau (remplacé par John Frankenheimer). 2011: The Theatre Bizarre (segment: The Mother of Toads)


"L'homme qui veut dominer ses semblables suscite la machine androïde. Il abdique alors devant elle et lui délègue son humanité. Il cherche à construire la machine à penser, rêvant de pouvoir construire la machine à vouloir, la machine à vivre."

Graine de film culte si j'ose dire auprès d'une frange d'amateurs férus d'expérience insolite,  Hardware est un ovni influencé par Blade Runner, Tetsuo, American Way ou encore Terminator. Inspiré de son moyen-métrage Incidents in an expanding universeRichard Stanley y reprend la trame en incluant le personnage d'un robot criminel perpétrant ses méfaits dans un immeuble en décrépitude. A titre anecdotique, apparaissent à l'écran les chanteurs Iggy Pop, Lemmy Kilmister et  Carl McCoy du groupe Fields of the Nephilim. Le pitchDans un désert aride, un homme collecte quelques carcasses de métal dont une tête de droïde qu'il décide d'offrir à une amie artiste. Dans l'immeuble retranché de celle-ci, la machine profite de sa négligence pour peu à peu se reconstituer et semer le désordre et la mort. Avec un budget et une interprétation précaire, Richard Stanley  préconise pour son premier long une ambition esthétique afin d'y décrire un climat futuriste en dégénérescence. Ainsi, sa tentative scrupuleuse de nous illustrer un univers post-apo régi par la technologie et la pollution est restituée avec sens du détail halluciné. Faute d'une trame étique, le réalisateur réussit à transcender ce défaut à travers son parti-pris formel en perpétuel recherche  visuelle. A travers une photo sépia teintée de filtres rouges et orangers, l'univers de pollution nous est sobrement présenté pour se focaliser ensuite dans l'intimisme d'un immeuble surveillé par des vigiles versatiles. Alors qu'un couple flâne dans une chambre tamisée, la démographie externe semble indolente à la vue de leur nouvelle existence post-nucléaire. Les bâtiments industriels laissant s'échapper d'étranges nappes de fumée toxiques quand bien même les lacs contaminés y déversent l'écume d'un poison irradié.  Quant à la populace atone, elle semble errer sans moralité si bien que certains d'eux se laissent vaporiser par les prises de drogue afin de fuir leur quotidienneté nécrosée. 


Alors que Mo s'absente quelques temps, son amie Jill se retrouve embrigadée à l'intérieur de son appartement après avoir sculpté la tête et le bras d'un androïde. De par ses systèmes électroniques inertes, le droïde parvient malgré tout à restaurer son corps de métal pour se régénérer et annihiler toute présence humaine. Ainsi donc, le faible intérêt narratif de ce huis-clos illustrant le combat pour la survie entre un droïde et une femme démunie est transcendé par une mise en scène hyper inventive multipliant les cadrages alambiqués à travers la foisonnement d'un montage clippesque littéralement cauchemardesque.  Richard Stanley synthétisant ici l'omniprésence de la matière métallique, la chaleur étouffante et l'électricité pour asservir l'humanité en chute libre. Car ce robot conçu à la base pour combattre l'ennemi est aujourd'hui apte à se rebeller afin de prendre le contrôle sur ses créateurs réduits à l'état de torpeur. Et si son apparence hostile peut paraître un peu trop mécanique, sa physionomie baroque et le sens du montage parviennent malgré tout à convaincre lors de ses nombreuses exactions  mesquines. Reconstituée avec les moyens du bord, cette artillerie technologique fascine donc le spectateur l'entraînant dans une sorte d'expérience viscérale à la fois vertigineuse et terriblement insolente (au risque parfois de lasser sans toutefois décrocher les yeux de l'écran). Et si l'affrontement belliqueux entre la machine et notre héroïne peut paraître futilement redondant, Richard Stanley réussit la encore à insuffler suffisamment d'efficacité de par l'ultra dynamisme du montage et sa fulgurance visuelle dédiée à une atmosphère aussi rubigineuse que fuligineuse. Une ambition formelle constamment bluffante combinant l'électronique et le métallique afin d'y violer nos chairs en état de déshumanisation.


Métal Hurlant
Expérience cybernétique sublimée par la partition synthétique de Simon BoswelHardware se décline en trip expérimental de par son pouvoir de fascination halluciné. Car en dépit de la maigreur de son budget, d'un scénario superficiel et d'acteurs lunatiques, le réalisateur parvient avec dextérité à nous immerger dans son atmosphère de pollution solaire à l'humidité irrespirable. Ainsi, féru d'astuces afin de palier ces défauts précités, ce petit métrage singulier surgit de nulle part parvient à nous captiver dans un vortex de chair insalubre et de métal délétère pour nous hanter à jamais. 

*Bruno
08.11.19. 4èx
01.12.11. 235 v

jeudi 7 novembre 2019

Ulysse

                                               Photo empruntée sur Google, appartenant au site Senscritique.com

de Mario Camerini. 1954. Italie. 1h45. Avec Kirk Douglas, Silvana Mangano, Anthony Quinn, Rossana Podestà, Jacques Dumesnil, Sylvie, Daniel Ivernel.

Sortie salles France: 23 Novembre 1954. Italie: 6 Octobre 1954

FILMOGRAPHIE PARTIELLEMario Camerini est un réalisateur italien né le 6 février 1895 à Rome - mort le 4 février 1981 en Lombardie.1923 : Jolly. 1924 : La casa dei pulcini. 1924 : Saetta principe per un giorno. 1933 : Giallo. 1934 : Le Tricorne. 1934 : Come le foglie. 1935 : Je donnerai un million. 1936 : Ma non è una cosa seria. 1936 : Il grande appello. 1937 : Monsieur Max. 1938 : Battement de cœur. 1939 : Les Grands magasins. 1939 : Il documento. 1940 : Centomila dollari. 1940 : Une aventure romantique. 1941 : Les Fiancés. 1942 : L'Ombre du passé. 1943 : Je vous aimerai toujours. 1945 : Deux lettres anonymes. 1946 : L'angelo e il diavolo. 1947 : La Fille du capitaine. 1950 : Mara fille sauvage. 1951 : Due mogli sono troppe. 1952 : Une femme pour une nuit. 1953 : Les Héros du dimanche. 1954 : Ulysse. 1955 : Par-dessus les moulins. 1956 : Sœur Letizia. 1957 : Vacances à Ischia. 1959 : Premier amour. 1960 : La Rue des amours faciles. 1960 : Chacun son alibi. 1962 : Les Guérilleros. 1963 : Kali Yug, déesse de la vengeance. 1963 : Le Mystère du temple hindou. 1966 : Delitto quasi perfetto. 1971 : Io non vedo, tu non parli, lui non sente. 1972 : Don Camillo et les Contestataires.


"Cette histoire fabuleuse parle d'un monde où réalité et surnaturel coexistent, où Dieu et hommes s'affrontent. C'est le poème d'Ulysse, chanté par le grand Homère il y a 3000 ans."

Sans être un grand film du genre (bien qu'il cumule commercialement parlant 3 293 354 entrées dans nos contrées), Ulysse est un joli spectacle d'aventures mythologiques que l'italien Mario Camerini réalise sobrement sous l'impulsion de l'illustre Kirk Douglas. Celui-ci, comme de coutume fringant, expressif et bondissant, se taillant une carrure héroïque proéminente si bien que l'intérêt de l'intrigue repose beaucoup sur ses épaules. De par ses épreuves physiques et morales qu'il doit surmonter à travers de fantastiques rencontres, et ce afin de regagner son bercail. Tant auprès du fameux cyclope amateur de vin rouge (probablement l'une des séquences les plus ludiques et fascinantes car renforcée de trucages tout à fait efficaces), de l'inquiétante Circée (la situation la plus envoûtante lors de sa confrontation amoureuse avec Ulysse qu'elle tentera de convaincre à devenir immortel), des sirènes et leurs chants maudits que de son épreuve ultime avec les dissidents mégalos installés dans son propre fief. Outre la modestie de sa mise en scène correctement emballée, ses décors et sa photo oniriques, on apprécie notamment les seconds-rôles antagonistes assoiffés de pouvoir dans leur opportunisme à daigner écraser la notoriété d'Ulysse. Quand bien même Pénélope, superbement incarnée par la douceur ténue de Silvana Mangano !) magnétise l'écran avec une amertume désenchantée quant à son interminable attente d'espérer revoir son cher Ulysse délibéré à honorer sa condition humaine.


En dépit de son action timorée et de ses modestes péripéties, Ulysse parvient pour autant à séduire, charmer, voir même à captiver au fil d'une narration davantage scrupuleuse quant à la caractérisation du personnage mythologique mis à épreuve du courage, de la loyauté, de la bravoure et de la fidélité pour l'enjeu de l'amour éternel. Tant auprès de sa bien-aimée Pénélope, fébrile à escompter son retour des années durant, que de son fils Télémaque (incarné par l'excellent Franco Interlenghi) en proie aux valeurs familiales dans sa résignation morale à croire en la déférence paternelle. A revoir avec une évidente pointe de nostalgie teintée de langueur. 

*Bruno
3èx

"Le palais d'Ulysse, les rochers de Polyphème, le sourire de Pénélope, les charmes de Circé... Tout cela n'est désormais que poussière. Mais l'immortalité que le héros a refusé de la déesse, c'est le poète qui la lui offrira. Le chant d'Homère nous restera à jamais tel le sourire d'un Dieu." 

mercredi 6 novembre 2019

Die monster die ! / Le Messager du Diable

                                                        Photo empruntée sur Google, appartenant au site Allocine.fr

"Le Messager du Diable" de Daniel Haller. 1965. Angleterre/U.S.A. 1h20. Avec Boris Karloff, Nick Adams, Freda Jackson, Suzan Farmer, Patrick Magee, Paul Farrell.

Sortie salles U.S: 27 Octobre 1965 

FILMOGRAPHIEDaniel Haller est un directeur artistique, producteur et réalisateur américain né en 1926 à Glendale, en Californie (États-Unis).1965 : Le Messager du diable. 1967 : Les Anges de l'enfer. 1968 : The Wild Racers. 1970 : The Dunwich Horror. 1970 : Paddy. 1970 : Pieces of Dreams. 1971 : Nichols (série TV). 1972 : Le Sixième SenS (série TV). 1972 : Banyon (série TV). 1973 : Doc Elliot (série TV). 1975 : Khan! (série TV). 1975 : The Desperate Miles (TV). 1975 : The Blue Knight (série TV). 1976 : McNaughton's Daughter (TV). 1976 : Quincy (série TV). 1977 : The Hardy Boys Mysteries (série TV). 1977 : The Hardy Boys/Nancy Drew Mysteries (série TV). 1978 : A Double Life (TV). 1978 : Black Beauty (série). 1978 : Little Mo (TV). 1978 : Le Signe de justice (série TV). 1978 : Galactica (série TV). 1979 : Buck Rogers au XXVe siècle. 1979 : The Misadventures of Sheriff Lobo (série TV). 1979 : High Midnight (TV). 1980 : The Georgia Peaches (TV). 1981 : Margin for Murder (TV). 1982 : K2000 (pilote de la série TV). 1983 : Manimal (série TV). 1985 : Tonnerre mécanique (série TV). 1988 : Police 2000 (série TV).


Libre adaptation de la Couleur tombée du ciel d'après Lovecraft, Die monster Die ! demeure une excellente série B d'épouvante à défaut de révolutionner le genre gothique. Tant et si bien que cette oeuvre bricolée est rapidement sombrée dans les oubliettes eu égard de sa faible renommée, notamment si je me réfère à quelques critiques renfrognées exposées au hasard du net. Et c'est à mon sens fort dommage si bien qu'à partir d'une trame conjuguant horreur séculaire et science-fiction (la découverte d'une météorite radioactive par un savant fou), Die Monster Die fleure bon le cinéma Bis de par le jeu perfectible (mais franchement attachant) des comédiens de seconde zone (Nick Adams en investigateur hésitant et Suzan Farmer en maîtresse soumise par son patriarche manquent autant d'autorité que de maturité) et par sa réalisation timorée se focalisant principalement sur l'ambiance envoûtante d'une demeure gothique afin d'y renchérir un climat de mystère aussi latent qu'omniprésent.


Il est d'ailleurs étonnant de retrouver à l'affiche de cette production à la fois mineure et modeste la participation du vétéran Boris Karloff promenant sa vétuste dégaine dans un fauteuil roulant en propriétaire sournois d'une humeur détestable. Ainsi donc, sans pour autant faire preuve d'ambition, Die monster die ! fleure bon la sympathique curiosité, notamment eu égard de certaines séquences débridées faisant intervenir des monstres visqueux et plantes géantes (probablement un des meilleurs moments incongrus à travers son défilé de créatures sépias confinées dans la cage d'une cave). Et si l'intrigue quelque peu bâclée et routinière pâtie d'un manque d'intensité, son climat d'étrangeté perméable (saupoudré de visions giallesques quant à l'apparition d'un vieille dame emmitouflée de noir) ainsi que l'investigation progressive du héros tentant de démêler les tenants et aboutissants de mystérieuses disparitions nous converge à un final à nouveau délirant à travers ces maquillages approximatifs génialement ludiques (Boris Karloff recouvert d'une substance argentée après avoir été transformé en roche humaine, il fallait oser !).


Divertissement marginal si j'ose dire dans son curieux dosage d'épouvante et de science-fiction, Die monster die ! est loin de laisser indifférent à travers ses somptueuses images gothiques influencées par l'écurie Corman pour ses fameuses adaptations de Poe. Le récit efficacement entretenu impliquant d'autant plus un attachant petit suspense au gré de situations saugrenues échappées d'une bisserie transalpine (à l'instar des tronches vérolées des victimes du manoir). A redécouvrir donc sans s'y montrer rétif, tout du moins chez les amateurs de bizarrerie insolite au charme innocent. 

*Bruno
2èx  

mardi 5 novembre 2019

Fantôme d'amour

                                        Photo empruntée sur Google, appartenant au site chacuncherchesonfilm.fr

"Fantasma d'amore" de Dino Risi. 1981. Italie. 1h36. Avec Romy Schneider, Marcello Mastroianni, Eva Maria Meineke, Wolfgang Preiss, Michael Kroecher.

Sortie salles France: 29 Avril 1981. Italie: 3 Avril 1981

FILMOGRAPHIE PARTIELLE: Dino Risi (Milan, 23 décembre 1916 - Rome, 7 juin 20081) est un réalisateur et scénariste italien.1952 : Vacanze col gangster. 1953 : Le Chemin de l'espérance. 1953 : Le Signe de Vénus. 1953 : L'Amour à la ville. 1955 : Pain, amour, ainsi soit-il. 1959 : L'Homme aux cent visages. 1959 : Le Veuf. 1960 : L'Inassouvie. 1961 : Une vie difficile. 1961 : A porte chiuse. 1962 : La Marche sur Rome. 1962 : Le Fanfaron. 1963 : Il successo de Mauro Morassi. 1963 : Il giovedì. 1963 : Les Monstres. 1967 : L'Homme à la Ferrari. 1968 : Le prophète. 1970 : La Femme du prêtre. 1971 : Au nom du peuple italien. 1971 : Moi, la femme. 1973 : Rapt à l'italienne. 1973 : Sexe fou. 1975 : Parfum de femme. 1976 : La Chambre de l'évêque. 1977 : Âmes perdues. 1977 : Dernier Amour. 1978 : Les Nouveaux Monstres. 1980 : Je suis photogénique. 1980 : Les Séducteurs. 1981 : Fantôme d'amour. 1982 : Les Derniers Monstres. 1984 : Le Bon Roi Dagobert. 1985 : Le Fou de guerre. 1986 : Il commissario Lo Gatto. 1987 : Teresa. 1996 : Giovani e belli. 1996 : Esercizi di stile, segment Myriam. 2002 : Le ragazze di Miss Italia (TV).


Superbe romance déchue traitée par le spécialiste de la comédie italienne Dino Risi, Fantôme d'Amour est illuminé du couple maudit Romy Schneider / Marcello Mastroianni. Car abordant l'irrationnel à partir d'un amour fou qu'un expert fiscal réanime par autosuggestion (et potentiellement grâce à l'étrange rencontre d'une sosie abordée dans un bus), Fantôme d'Amour demeure un conte cruel sur l'échec sentimental lorsque celui-ci prend subitement conscience être passé à côté de l'amour de sa vie. Ainsi, à travers un climat mélancolique où rêve et réalité fusionnent auprès d'une scénographie naturelle brumeuse, Dino Risi laisse exprimer ses amants infortunés sous l'impulsion de comédiens en acmé. Dans la mesure où Romy Schneider se dévoile corps et âme face caméra avec une candeur tantôt bouleversante. Entre une posture décatie (derniers instants de sa vie miséricorde) et une autre contrairement radieuse (afin de satisfaire ses retrouvailles avec son amant). De par l'intensité nuancée de son frêle regard chargé de fine tendresse, de mélancolie et de remord, Romy nous communique ses douleurs morales et ses sentiments fougueux avec une authenticité diaphane.


Tant et si bien que l'on croirait réellement apparaître à l'écran le fantôme de Romy en personne  arpentant le fil narratif avec une alchimie capiteuse. Tant auprès de ses rides burinées par l'âge d'un obscur passé que de sa beauté radieuse lors de moments d'accalmie intime. C'est dire la puissance de ces images romantiques souvent jalonnées d'onirisme blafard ! (aucun rayon de soleil à l'horizon). Quand bien même son partenaire Marcello Mastoianni se laisse envahir par la ferveur de son regard avec une ardeur sentimentale déboussolée. Ainsi donc, à travers les thèmes de l'amour éternel, du temps s'étiolant inexorablement et de la vie après la mort, Dino Risi nous conte la plus belle et cruelle des romances lorsqu'un couple autrefois féru de passion tente de renouer les liens dans une dimension parallèle. A moins que tout ceci n'était que le fruit de l'imagination torturée de Nino, aujourd'hui marié à une épouse quelconque, et qui, pour fuir son ennui et sa routine conjugale se remémore ses réminiscences d'un amour de jeunesse inextinguible. Et ce jusqu'à en perdre la raison pour mieux la retrouver. Tel est le double niveau de lecture de Fantômes d'Amour traitant de l'amour éternel à partir des souvenirs de cet amant éploré car s'efforçant une ultime fois de réanimer son amour perdu par simple persuasion.


Quelque part dans le temps
Tendrement envoûtant, triste et mélancolique sous l'impulsion d'une mélodie désenchantée de Riz Ortolani (Cannibal Holocaust, La Longue Nuit de l'Exorcisme, Zeder), Fantômes d'amour aborde la passion amoureuse sous le prisme d'un irrationnel (fructueux ?) afin de consentir au duo infortuné d'y renouer les liens une ultime fois pour l'éternité.  

*Bruno

lundi 4 novembre 2019

Meurtre par procuration

                                           Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Freddie Francis. 1964. Angleterre. 1h23. Avec David Knight, Moira Redmond, Jennie Linden, Brenda Bruce, George A. Cooper.

Sortie salles France: ? . U.S: 17 Juin 1964

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Freddie Francis est un réalisateur, directeur de photographie et scénariste britannique, né le 22 Décembre 1917 à Londres, décédé le 17 Mars 2007 à Isleworth (Royaume-Uni). 1962: La Révolte des triffides. 1963: Paranoiac. 1964: Meurtre par procuration. 1964: l'Empreinte de Frankenstein. 1965: Le Train des Epouvantes. 1965: Hysteria. 1965: The Skull. 1966: The Deadly Bees. 1966: Poupées de cendre. 1967: Le Jardin des Tortures. 1968: Dracula et les Femmes. 1970: Trog. 1972: Histoires d'Outre-Tombe. 1973: La Chair du Diable. 1973: Les Contes aux limites de la folie. 1974: Son of Dracula. 1975: La Légende du Loup-Garou. 1975: The Ghoul. 1985: Le Docteur et les Assassins. 1987: Dark Tower.


Plutôt méconnu pour une production Hammer, Meurtre par Procuration surfe efficacement sur le thriller Hitchcockien de par son suspense lattent à rebondissements tributaire d'une intrigue machiavélique scindée en 2 actes. Le Pitch: traumatisée par la mort de son père par sa propre mère, Janet est sujette à de récurrents cauchemars morbides si bien que réalité et fiction vont progressivement fusionner dès l'apparition inexpliquée d'une inconnue affublée d'une cicatrice sur la joue. Car séjournant chez son tuteur, l'avocat Henry Baxter, Janet adopte un comportement davantage inquiétant en dépit de la sollicitude de l'infirmière Grace Maddox. Sans dévoiler les tenants et aboutissants de son 1er acte sardonique, Meurtre par Procuration joue avec les codes du thriller horrifique et du suspense sous l'impulsion de visions d'effroi que Janet subit dans sa psyché tourmentée. Des séquences chocs assez dérangeantes de par le réalisme de l'homicide perpétré sous les yeux horrifiés d'une ado en proie à l'horreur la plus imbitable. Une victime à la fois fragile et démunie car incapable de distinguer le vrai du faux lorsqu'une mystérieuse inconnue souhaite intenter à son équilibre mental quelques années plus tard.


Et si la résolution de sa première partie possède un air inévitable de déjà vu (sans pour autant jamais décevoir), la suite s'avère plus renversante et oppressante lorsque les rôles vont soudainement s'inverser avec une efficacité beaucoup plus alarmiste. Freddie Francis jouant autant avec nos nerfs que celles de la jeune Grace psychologiquement torturée à tenter de déceler la véritable personnalité de son compagnon (potentiellement infidèle) et à y démasquer Janet planquée à l'intérieur de la bâtisse. Moira Redmond se fondant dans le corps d'une femme véreuse avec une force d'expression davantage névrosée eu égard de la tournure dramatique de sa dérive punitive. Ainsi, de par son interprétation sobrement expressive, l'intensité permanente de Meurtre par Procuration repose beaucoup sur ses épaules fébriles, notamment afin de nous faire douter du (ou des) véritable(s) coupable(s) jouant l'ectoplasme pour la faire sombrer dans la folie. Et ce avant de nous ébranler avec son twist final aussi retors que justifié.



Série B modestement mise en scène à travers une scénographie monochrome soigneusement éclairée, Meurtre par procuration s'adonne au vénéneux thriller psychotique dans son récit de vengeance bicéphale si on tient compte des agissements de divers personnages s'adonnant aux règlements de compte avec une dangereuse motivation criminelle. Un excellent divertissement donc qui mériterait à être reconnu, même si la prestance de Moira Redmond y est pour beaucoup quant à l'intensité effrénée que cultive le récit sous son impulsion névralgique. 

*Bruno

vendredi 1 novembre 2019

976-Evil (la ligne du diable)

                                      Photo empruntée sur Google, appartenant au site primatemaster.blogspot.com

de Robert Englund. 1988. U.S.A. 1h32. Avec Stephen Geoffreys, Jim Metzler, Maria Rubell, Pat O'Bryan, Sandy Dennis

Sortie salles France: uniquement en Dvd. U.S: 24 Mars 1989

FILMOGRAPHIE: Robert Englund est un acteur et réalisateur américain né le 6 Juin 1947 à Glendale, Californie, USA. 2008: Killer Pad. 1989: Freddy, le cauchemar de vos nuits (TV Series) (2 episodes). 1988: 976-Evil.


Le pitch: Après avoir composé un numéro de téléphone leur promettant l'avenir, les citadins d'une bourgade sont victimes des sarcasmes du diable en personne en quête de suppôt influençable. C'est à cet instant qu'intervient Hoax, un jeune ado timoré et mal dans sa peau, délibéré à prendre sa revanche sur ses oppresseurs.


Si le 1er quart d'heure fait son petit effet de sympathie à travers la relation houleuse entre une bigote et ses 2 fils têtes à claque, 976-Evil plonge ensuite dans la vacuité. Faute d'un scénario n'ayant rien à raconter (et Dieu sait si l'idée de départ s'avérait aussi originale qu'intéressante), d'un cast inexpressif bougrement mal dirigé (à l'exception de Stephen Geoffreys timidement attachant avant qu'il ne vende son âme au diable) et surtout d'une réalisation bricolée pétrie de maladresse que le néophyte Robert Englund tente de palier à renfort d'une photo flamboyante (plutôt envoûtante il est vrai) et d'un humour sardonique pompé sur la saga des Freddy. Ainsi, de par ses péripéties à la fois clairsemées et routinières, son rythme poussif ne peut que susciter à l'ennui passés les 30 minutes de métrage. On se console toutefois sur 2/3 séquences horrifiques gentiment bonnards épaulées de maquillages réussis. Tant auprès des rares scènes gores que du visage strié du souffre-douleur substitué en démon punitif. Et si Robert Englund achève son naufrage auprès d'un final réfrigérant à nouveau insolite (l'enfer de glace), sa mise en scène inexistante s'avère incapable de provoquer une fascinante curiosité quand bien même l'intensité dramatique escomptée tombe à plat auprès des survivants en perdition.

*Bruno
3èx

Remerciement au blog "le primate indiscipliné"