lundi 30 juin 2014

Pulsions Cannibales / Apocalypse Domani

                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site en.wikipedia.org

de Antonio Margheriti. 1980. Italie/Espagne. 1h36. Avec John Saxon, Elizabeth Turner, Giovanni Lombardo Radice, Cinzia De Carolis, Tony King.

FILMOGRAPHIE: Antonio Margheriti (Anthony M. Dawson) est un réalisateur italien, né le 19 septembre 1930 à Rome, décédé le 4 Novembre 2002 à Monterosi.
1960: Le Vainqueur de l'espace. 1962: Les Derniers jours d'un empire. 1963: La Vierge de Nuremberg. 1964: La Sorcière Sanglante. 1964: Les Géants de Rome. 1964: Danse Macabre. 1968: Avec Django, la mort est là. 1970: Et le vent apporta le Violence. 1971: Les Fantômes de Hurlevent. 1973: Les Diablesses. 1974: La brute, le colt et le karaté. 1975: La Chevauchée terrible. 1976: l'Ombre d'un tueur. 1979: l'Invasion des Piranhas. 1980: Pulsions Cannibales. 1980: Héros d'Apocalypse. 1982: Les Aventuriers du Cobra d'Or. 1983: Yor, le chasseur du futur. 1985: L'Enfer en 4è vitesse.


Sorti en pleine mouvance du gore transalpin, (Blue Holocaust, Anthropohagous, l'Avion de l'Apocalypse, Zombie Holocaust), quand bien mĂŞme L'Enfer des Zombies venait de remporter un succès international et que Cannibal Holocaust allait semer la controverse Ă  travers le monde, Antonio Margheriti exploite les filons du cannibalisme et du zombie movie (on empruntera plutĂ´t ici le thème d'infectĂ© !) afin de rameuter les foules. 

Le PitchRetenus prisonniers dans un camp de Vietcongs, le sergent Bukowski et son acolyte sont atteints d'anthropophagie lorsque qu'une jeune victime trĂ©buche incidemment dans leur cachot. SauvĂ©s in extremis par leur capitaine, les deux acolytes finissent par retourner dans leur pays pour suivre un traitement psychiatrique. LibĂ©rĂ© de l'hĂ´pital, Bukowski se rend dans un cinĂ©ma au moment mĂŞme oĂą ses pulsions meurtrières le rappellent Ă  la dĂ©mence. 

Dans le sillage de RageRambo, et VoracePulsions Cannibales nous dĂ©crit le calvaire de vĂ©tĂ©rans du Vietnam subitement atteints d'un Ă©trange mal, l'anthropophagie. Ainsi, en abordant les thĂ©matiques sociales du traumatisme de la guerre et de la difficile rĂ©insertion des vĂ©tĂ©rans US, Antonio Margheriti  en exploite un film d'action horrifique typiquement Bis dans sa facture dĂ©bridĂ©e laissant libre court Ă  une poignĂ©e de sĂ©quences chocs dĂ©complexĂ©es. 


Sciemment complaisant mais spectaculaire et jouissif, le sang est ici traitĂ© avec gĂ©nĂ©rositĂ©, d'autant plus que le travail artisanal effectuĂ© par Giannetto De Rossi demeure encore aujourd'hui des plus impressionnants. Petite perle de l'horreur transalpine encensĂ©e par Quentin Tarantino, Pulsions Cannibales allie donc horreur sociale et action ludique parmi l'efficacitĂ© d'une mise en scène nerveuse. Car menĂ© sur un rythme sans faille, cette sĂ©rie B tire parti de sa vigueur Ă  travers sa scĂ©nographie urbaine pour osciller fusillades sanglantes, altercations musclĂ©es, poursuites et meurtres en sĂ©rie sous l'autoritĂ© erratique d'un quatuor de cannibales incapables de refrĂ©ner leurs pulsions ! Il faut dire qu'en pleine agglomĂ©ration, la pagaille est de mise depuis que le sergent Bukowski infecta quelques victimes de son Ă©trange maladie. Sans doute un virus mĂ©connu qu'il choppa au fin fond de la jungle lorsqu'il n'Ă©tait qu'une machine de guerre. Cette maladie contagieuse auquel les assassins sont pourvus d'une addiction incontrĂ´lĂ©e pour dĂ©vorer la chair provoquant une fascination malsaine, de par leur comportement aussi instable qu'incontrĂ´lĂ©, et par leur instinct viscĂ©ral Ă  consommer la viande humaine. TraquĂ©s par les forces de l'ordre puis finalement retranchĂ©s dans les Ă©gouts de la ville, nos cannibales n'auront de cesse d'user de bravoure et constance pour riposter et tenter de survivre. 


De par son attachante galerie de personnages aimablement cabotins (la jeune voisine du capitaine, le chef de police et ses collègues zĂ©lĂ©s, l'Ă©minent mĂ©decin trop influençable ainsi que notre quatuor criminel commandĂ© par un John Saxon sobrement impliquĂ©), Pulsions Cannibales parvient Ă  divertir grâce au savoir-faire de sa rĂ©alisation aussi efficace que nerveuse dĂ©ployant des sĂ©quences horrifiques du plus bel effet sanguinolent. Si bien que les amateurs de gore aux rognons (du moins, dans sa version uncut) continueront de se rĂ©jouir de l'aspect Ă©mĂ©tique de certaines situations scabreuses lorsque nos cannibales usent de sadisme pour alpaguer voracement leurs proies. 

*Bruno
07.11.24. vf. 5èx
17.02.23. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire